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\K^^frtiT O'BDtJCATION PHYSiail'
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I.P.Qaej
NOUVELLE AXATOMIE ARTISTIQUE
DU CORPS HUMAIN
II
COURS SUPÉRIEUR
MORPHOLOGIE
LA FEMiME
DU MÊME AUTEUR CHEZ LE MÊME ÉDITEUR :
ANATOMIE ARTISTIQUE
Description des formes extérieures du corps humain au repos et dans les principaux mouvemi^nts. Ouvrage accompagué de 110 planches, reulerinaul plus de 300 ligares dessiaées par l'auteur. Deux volumes 'm-i" Jésus dans uu portefeuille (En réimpression).
(Ouvrage couronné par l'Académie des Sciences, prix Montyon, et par l'Académie des Beaux-Arts, prix Bordin,)
NOUVELLE ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
I. Cours pratique. Éléments d'anatomie.— L'HOMME. Un volume in-8° écu, 50 planches et 29 ligures dans le texte.
II. Cours supérieur. Morphologie. — LA FEMME. Un volume in-8» écu, 61 planches et 61 figures dans le texte, comprenant ensemble plus de 500 dessins originaux.
III Cjurs supérieur. Physiologie. —ATTITUDES ET MOUVEMENTS. Ud
Volume in-8° écu avec Ot planches et lâ.o figures dans le texte.
IV Cours supérieur. LE NU DANS L'ART. *Les arts de l'Orient
classique : Éjypte-Chaidée-Assyrie. Un volume in-S" écu abondamment illustré.
V. Cours supérieur. LE NU DANS L'ART. ** L'art grec. Un volume in-S" écu abondamment illustré.
VI. Cours supérieur. LE NU DANS L'ART. *** L'art chrétien. Depuis les origines jusqu'à la Bi'udissance. Un volume in-S" écu abondamment illustré.
NOUVELLE ANATOMIE ARTISTIQUE — LES ANIMAUX
î. LE CHEVAL. Un volume in-S» écu illustré de 18 planches et de figures.
CHEZ D'AUTRES ÉDITEURS :
Physiologie artistique de l'homme en mouvement. Un volume in-S* de 3.»iJ pages avec 123 ligures dans le texte, dessin îcs |)ar l'auteur, et 6 planches «fi pliototypie.
Canon des proportions du corps humain. Un volume in 8"» de 90 pages avec figures dans le texte. Ouvr.igc accompagné d'une statue en plâtre des profjortions du corps humain. (Hauteur : 1 mctre.)
Introduction à l'étude de la figure humaine. Un volume in-8® de l'.Mj pages.
L'Art et la Médecine. Un volume in-4<» de o6i pages, illustré de 345 repro- ductions d'œuvres d'art.
(Ouvrage couronné par l'Académie des Beaux- Arts, prix Bordin.)
NOUVELLE ANÂTOMIE ARTISTIQUE
DU CORPS HUMAIN
I I
COURS SUPÉIMCUR
MOKPilOLOGIE
LA FEMME
l'AR
Le D' PAUL ïUniîRR
U !; V H n K il E L I N ST I I l T
IVXUIS
I.TRHAIHIE PL.ON LLS PETïTS-llLS l)i: VLOS ET yOUllRIT
s , H U K (• A II A N C I K H K , G*
Gopyri^'ht 1920 by Plon-Nourril et C'«.
Droits de reproduction et de traductio» réservés pour tous payt.
AVANT-PROPOS
Ce petit livre est un fragment Je mon Cours à l'École des Beaux- Arts, dans lequel, à cMé des Leçons j)raliques consacrées à l'analomie élément<iire et déjà publiées dans un premier volunie 4 , je traite de la forme extérieure, de la physiologie artistique (altitudes et mou- vements) (2) et de l'interprétation artistique du nu aux diverses épo(jues de l'cirt
De cette partie de mon Cours que l'on pourrait appeler cours supé- rieur, j'extrais aujourd'hui les notions de morphologie, et plus parti- culièrement celles qui ont trait à la femme.
A ceux qui se demanderont pourquoi je ne donna pas ici une place égale aux formes masculines, je répondrai qu'elles ont été déjà traitées avec toute l'ampleur désirable dans un premier et important ouvrage danatomie artistique (3) publié il y a déjà trente ans et que, depuis cette époque je n'ai rien d'essentiel à y ajouter. Mais, dans ce travailla forme féminine n'a été abordée qu'accessoirement et comme en passant. Je crois donc le moment venu de combler cette lacune en consacrant à la femme un volume spécial, d'autant plus que le meilleur moyen de décrire les formes de la femme étant de les com- parer à celles de l'homme, ces dernières sont loin d'»Hrc absentes du présent ouvrage qui offre ainsi un tableau à peu près complet des formes humaines en général.
(\ Souvelte anolomte arittitque. Vol. I. Court prattque. Elément* d'fiuatomxr. — L homme Paris, IMorj-Nourril « l C", éditeurs, 190G.
(2) Ces questions de physiulogie ont déjà fait l'objet d'un volunno. Physiologie artiitK/ue dt l hommt en mourtment. ISn vol. in-8» du 330 paj^fs, avi-r iiW lip^un-s <laiis 11- Inli' cl 6 plarictics in pli(iti>lypie. Uoin, t'diteur. ««ys.
(3i Anatomte arhâlique Peicrtyltun des (onnri exlerteurft du corpt humain au repos et dims let prt irtfiaux tntucemenls. Iu-4*avec llU plaiicNe^ l'aii'». l'Ion éili- IfVir. 1890
n AiNAIOMlR ARTISTIQUE DU CORPS IH'MAIN
Tl y est dgairment parlé de Tenfant mais d'une façon malheureu- sement assez confise, et cela à cause de la richesse même de notre sujet principal et des limites dans lesquelles nous avons dû nous rnainteiiir
Pour composer l'illustration de ce petit volume, nous avons puisé dans nos cartons où, depuis notre entrée à l'École des Beaux-Arts, s'accumulent des dessins destinés à noter au jour le jour des détails de conformation curieux ou simplement intéressants. Ces dessins, exécutés plus ou moins hâtivement, revêtent en général la forme de croquis traités tantôt au crayon Conté, tantôt à la mine de plomb. Il en est mc^me quelques-uns qui ont été faits, sur papier teinté, aux deux crayons.
Nous n'avons pas cru nécessaire de les reprendre pour en composer des ensembles plus homogènes. Il nous a se^^blé, au contraire, que, par leur caractère de notes prises sur nature et sans idées préconçues, ils avaient un accent de vérité que les photographies elles-mêmes n'ont pas toujours.
Nous nous sommes donc borné à choisir les croquis qui nous ont paru les plus démonstratifs et à les grouper de manière à composer des planches se rapportant au même sujet. C'est ainsi que se trouvent rapprochés des dessins d'intensité fort variable et de facture parfois trè^ différente.
C«.lui qui croirait trouver ici des modèles de perfection et de beauté se tromperait étrangement. Là n'a pas été notre but. Notre oeuvre est exclusivement scientifique. Loin de chercher la réalisation d'un idéal artistique quelconque, toujours éminemment variable avec les époques et avec les individus, elle s'essaie à montrer sim- plement aux artistes ce qui est et les raisons de ce qui e>X. Sans vou- loir délinir ce qu'on appelle couramment le beau et le laid, dont les limites d'ailleurs n'ont jamais été nettement fixées, elle se contente de mettie en valeur, autant que possible, les conditions de l'état normal. Pour y atteindre, nous nous attachons surtout à signaler les déleilu(jhités qu'il importe avant tuut de ne pas reproduire lors-
A VA.NT-PHOPOS III
qu'elles se rencontrent >ur les modèles. Mais nous n'oublions pas que le libre jeu des organes et Tintégiilé des fonctions qui constituent l'état de santé sont compatibles avec des formes variées entre les- quelles le cboii de l'artiste doit s exercer librement.
Cet ouvrage ne ressemble donc en aucune farun à d'autres parus dans ces derniers temps et qui tentent de définir les t beautés » de la femme, ou (]ui veulent enfermer, dans une forme unique, lexpressiun de 1 état nmmal et de la santé.
Notre but a été plus modeste, et j'ai tenu, tout au début de ce livre, à le nettement indiquer.
En retardant cette publication, des circonstances heureuses auraient pu enricbir encore la masse des documents sur lesquels elle repose. M.iis il vient un temps où il faut songer à la récolte sous peine de voii la moisson perdue sur pied faute de m(jissoiineurs.
Il a semblé, en outre, à quelques uns de mes auditeurs que cette partie de mon cours présentait queb^ues aperçus nouveaux dont liiitérrt dépassait le cercle forcément restreint des élèves. Nous oDrons donc aujuurd'bui aux artistes le résultat de nos observa- tions telles qu'elles sont, suivant le précepte du poète : qui ne sut M- borner, etc., etc.. Ce n'est pas que j'aie la prétention de rien aiq'rendre de nouveau à ceux qu'une longue expérience a lamiliarisés avec toutes leâ variétés de la forme humaine. .Mais peut-être trouve- ront-ils dans ce petit traité, condensées et formulées d'une façon plus ♦ xacte, des connaissances qu'ils ont mis longtemps à acquérir et dont rfnq)iri>ine laisse toujours subsister un peu d'imprécision. Kn rensei- gnant les artistes sur les mitdalités diverses que l'inépuisable et féconde nature ne cesse de leur uffiir. il doit les aider à mieux juger et comprendre la réalité où ils cherchent leurs modèles.
1/homme et la femme sont établis sur le mi^me modèle. Ils dérivent d'un type uni(|ue. Décrire les formes de la femme, c'est iiulicpier surtout par cpioi elles dilTèrent de celles de l'homme, i/anatomie est la m»^me
îV ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
pour les deux. La morphologie seule varie non seulement avec le sexe mais aussi avec chaque individu. Ces variations n'out pour ainsi dire pas de limites et constituent l'individualité physique de chacun.
A ce point de vue, il peut s'établir une longue série de types inter- médiaires se transformant insensiblement les uns dans les autres et aux deux extrémités de laquelle se trouvent les types les plus diffé- renciés, d'un côté les types masculins, de l'autre les types féminins les plus purs C'est dans ces types intermédiaires que les anciens ont puisé pour créer l'image si curieuse de leur hermaphrodite (1).
Les caractères morphologiques de Thomme et de la femme sont la conséquence de différences dans le volume et dans les proportions des mêmes éléments anatomiques et aussi parfois dans leur mode de répar- tition, ainsi que dans leur plus ou moins grande finesse.
Les parties sur lesquelles portent ces variations sont principalement les os, la graisse et la peau.
11 en résulte que nous distinguerons, chez la femme, trois sortes de caractéristiques morphologiques : les caractéristiques osseuses, grais- seuses et cutanées.
Nous les décrirons dans une première partie et, dans une seconde, nous aborderons la morphologie de chacune des principales régions.
(1) L'hermaphrodite, tel que l'a «onçu et figuré l'art antique, n'est pas un «as de tératologie La malformation des organes sexuels n'y entre pour rien. C'est un mt'langf, une sorte d'amalgame des formes extérieures de l'homme et de la femme. Une telle conception demandait, pour être e'xécutée, une science pro- f tnde des formes. L'hermaplirodite du Musée de Berlin est la plus étonnante réalisation de ce type.
NOUVELLE ANATOJIIE ARTISTIOL'E
LA FEMME
CARACTÉIUS7I0TJi:S OSSEUSKS
Nous traiterons, en deux cbapilres distincts, premièrement des propor- tions qui sont toujours sous la dépendance de la longueur et du volume des os, et en second lieu, de la conform.ition particuliiTe, suivant les sexos, de certaines parties du squelette.
I. — LES PROPORTIONS.
Il importe tout d'abord d'ét.tbiir les {(roportioiis inoveimes de l'individu. Ce canon moyen, basé exclusivement sur des données scicntiliques, n'est, il est vrai, qu'une al straction. 11 n'en constitue pas moins une régie t:énérale qui régit les rapports des diverses parties du corps entre elles. Il est comme un Centre autour dupiel les individualités évoluent dans un sens ou «ians l'antre II ne représente exactement am-une de ces individualités et cepen- dani se rnpprorhe le i)liis de toutes à la fois. Seul, il peut permettre la com- p;irai.son entre les proportions de riioiium' et colltvs <!«' la ftMiuiit'
PROPOHTIONS ItK l/ HOMME (pi. 1).
Le canon mo^en de l'homme a été doimé, il v a longtemps déjà, par le docteur 'lopinard (1) en se basant sur les mensurations fort nombreuses
(1; tlevuntt d'cuiUropoloyie yénerale, IfcbS.
AWATOMli: AiiTlbTlQUE DU GUKPS UUMAlW
Planche 1. — Caractéristiques osseuses. Proportions moyennes de l'homme.
La tôle est comprise 7 fois 1/2 dans la hauteur du corps. Une horizontale passant par l'angle iuterne dos yeux la divise en deux parties égales.
Le tronc mesure 4 hauteurs de tête, du vertex au pli fessier.
Le membre inférieur mesure également 4 têtes, du sol au milieu du pli de l'aine correspondant, dans la profondeur, à l'articulation de la hanche.
Le milieu du corps est situé au-dessous du pubis, à la racine des organes.
Le membre supérieur ne compte pas tout à fait 3 tètes i/È.
La grande envergure dépasse la hauteur de la taille.
On relève aux membres les égalités suivantes :
Au membre supérieur, la distance qui s'étend du dessus de l'acromion au-dessous de la tête du o« métacarpien est divisée en deux parties égales par le sommet de l'olécrâne ou la fossette condylienne située au même niveau.
Au membre inférieur, le ceutre de la rotule divise en deux parties égales la dis- tance qui s'étend du sol à l'épine iliaque.
C A R A C T É K I s T 1 0 U i: s OSSEUSES
l'L. 1,
Proportions n«<'\< tmcs Ao riioiiunc.
I
l'ROPORÏIONS DK L'IlOMMt: 5
prises arilérieuremeiitpar tous les anlliro|tologistes. Jeme suis borné à donner urie forme à ce canon uniquement fait de chiffres et à y a{»pli"iuer la méthode artistique qui prend une des parties du corps comme unité de mesure, ou module, et j'ai choisi, à cet eiïet, la hauteur de la lète. Il a été rendu ainsi plus démonslratif et d'une application plus facile (1). Ce canon scientifique, fait d'après des mensurations absolues, s'est laissé morceler avec une grande précision suivant la nulhode des artistes. Et c'est un eieniple remarquable de l'excellence do l'observation chez ces derijiers dont le coup d'œil et l'intuition avaient ainsi devancé les patientes recherches des savants.
Ce canon mojen de l'homme européen adulte peut se résumer ainsi : . La tète, qui sert de commune mesure, est comprise 7 fois \ /:2 dans la hau- teur du corps; elle est elle-même subdivisée en deux parties égales par une ligne horizontale passant par l'angle interne des ^eux.
Le tronc, y compris la tète, mesure 4 hauteurs de tète. Les subdi- visions correspondent à des points de repère situés à la partie antérieure et à la partie postérieure du torse. La première subdivision, tangente au menton en avant, coupe la nuque, en arrière, un peu au-dessus de la proéminente. La deuxième correspond aux mamelons en avant et, en arriére, à la région dorhale. un peu au-dessus de la pointe du scapulum. La troisième est située, en avant, aux environs du nombril et, en arrière, elle louche la limite supérieure de la fesse. La quatrième enfin coupe, en avant, les organes, tout à leur partie inférieure et, en arriére, elle se confond avec le pli fe»- sicr. De tous ces points de repère, ce dernier est le plus important en raison de sa fixité.
On relevé, en outre, à la partie antérieure du torse, dautres points de reftère également fixes, parce qu'ils a[qtartiennenl au squelette. Ainsi, l'épine iliaque est située à 1/4 de tète au-dessous de la troisième division qui passe par l'ombilic, ou mieux à 3/4 de tête au-dessus de la limite infé- rieure du tronc. De l'épine iliacjue, on mesure 2 létes, en direction ver- tirale. jusfju'a la clavicule, et aussi, du même point à la fourchette du •lernum, en direction oblifjue.
Il s'ensuit que la clavicule est située à 1/4 de tête au-dessous du menton et que le creux sternal, situé un peu plus bas, en est distant
(1) Canon drs prop triions du ovpt humain, i'ari», Cli. Dolagrave, 1833.
6 ANATOMlh: ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
d'enTiron 4/3 de tête; ce qui correspond à la hauteur du cou mesuré en avant.
Le membre inférieur mesure, comme le torse, 4 tètes, du sol jusqu'au pli de l'aine en sa partie médiane qui correspond, dans la profondeur, à l'articulation de la hanche. Mais ces deux mesures, tronc et membre infé- rieur, chevauchent l'une sur l'autre de juste une demi-tête. Il en résulte que la figure dans sa totalité n'a que 7 têtes 1/2 de haut et que son milieu correspond au centre de la partie commune, c'est-à-dire à mi-distance de la limite inférieure du torse et de la limite supérieure du membre inférieur, en un point situé à la racine des organes.
Le membre inférieur se subdivise ainsi : du sol à l'interligne articulaire du genou, 2 têtes; de ce dernier point à un travers de doigt au-dessus du grand trochant»^r, à la hauteur du milieu du pli de l'aine, 2 têtes égale-' ment.
Vu par sa face interne et par sa face postérieure, le membre inférieur mesure 3 têtes 1/2, du sol au pli fessier et à peu de distance du périnée.
On relève également, sur le membre inférieur, les égalités suivantes:
De l'épine iliaque au centre de la rotule, la distance est la même que du centre de la rotule au sol. Cette mesure peut être prise d'une façon un peu différente en comprenant la rotule entière dans chacune de ses moitiés ; par exemple, du sol au-dessus de la rotule et du dessous de la rotule à l'épine iliaque. Mais alors cette nouvelle mesure peut s'appliquer également au torse, de la fourchette sternale au-dessus du pubis.
Le membre supérieur mesuré, dans sa totalité, du sommet de l'acromion à l'extrémité du doigt médius, compte plus de 3 têtes et pas tout à fait 3 tètes 1/2 (1). Au membre supérieur, on trouve les égalités suivantes déjà signalées par Léonard de Vinci et souvent rappelées dans les ateliers : du sommet de l'acromion à l'olécrane, la distance est la même que de l'olé- crane à la tête du troisième métacarpien, et chacune de ces mesures égale une tète 1/2. Le sommet de l'olécrane peut être remplacé avantageusement, comme point de repère, par la fossette condjlienne.
La coudée, ou la distance comprise enire le dessus de l'olécrane et l'ex- trémité inférieure <lu doigt médius, mesure 2 têtes.
(\) Voir, pour le dt.tnil, mon Canon des proportions du corps humain. Delagrave, éditeur.
PROPORTIONS DE L'HOMMK 7
Les principales mesures de largeur du tronc sont les suivantes : La plus granile largeur des épaules n'alteint pas 2 tètes. Le diamètre bi-trochantérien, ou la [dus grande largeur des hanches, égale une tête i/2.
Proportions de la femme (pL 2).
Dans leurs canons, les artistes ont généralement donné à la femme les mêmes proportions en hauteur qu'à l'homme. Les subdivisions du corps sont les mêmes et les points de repère aussi. Ils n'ont guère insisté que sur les différences d'étendue des divers diamètres transverses du torse. Mais un travail d'ensemble n'a pas été fait, comme pour l'homme, sur les proportions moyennes scientifiques de la femme à cau.se de l'insufflsance du nombre des mensurations la concernant, les recherches anthropologiques ajanl sur- tout porté sur des sujets masculins {{).
(1) J'ai été ainsi conduit, j^our combler autant que possible cette lacune, à mesurer un grand nombre de sujets f«nii?ii/is. Je ne les ai pas choisis «npèciale- inent. d'après un idéal quelconque. Je les ai me.';un''S tous au fur et à mesure qu'ils se présentaient à mon observation, et leur stul point commun est d'être modèles de profession. Ils sont au nombre de cent au-dissus de vingt ans, d'après lesquels j'ai établi un canon moyen comparable au canon moyen de l'horum''.
Toutes les mesures ont été prises, sur cba'|ue sujet, suivant une même méthode faoihléepar rem[)loi de feuilles de mesure imjtrimées d'avance.
Pour faciliter la comparaison i ntre l'Iiommc et la feiunie, j'ai appliqué mon système de mesures sur un nomlue gullisant de modèles hommes afm d'établir une moyenne qui. étant obtenue par les mornes procédés, put être mise en parallèle avec la moyenne des modèles femmes.
Cette moyenne bomuie déduite des mesures prises .sur trente sujets e<t, comme on pouvait s'y attendre, presque idititique au canon moyen des antliro[»ol(>gisles décrit plus haut La seule mesure qui dillère sensiblement sur les deux est le diamètre des épaules, plus largos sur la moyenne de mes trente modèles que sur le t-anou moyen. La raison de «etle dilTérenee existe peut être dans la sélection des sujets que j'ai mesurés, qui tous eirr- lieut la profession do niodèles et dont qui-Iqu*;s-un8 étaient des athlètes remarquables.
Av('<' cette réserve, il rue so.tjMe (|uo le canon moyen admis par les antliropo- logistes est assez proche de la moyenne ohtenue avec les me-urcs de mes trente Bujets hommes, pour que je xois autorisé à me servir de cette dernière comme tenue de comparaison avec Ih moy«'nne des mesures prisrs hur un nombre de femmes tieaucoup plus grand S'il était besoin, la simditudc des professions, hommen ft fomuies étant modèles, rendibit la comparaison encore plus légi- time
AiNAlOMlE AKllbllQUE DU CORPti HUMAIN
Planche 2. — CARACTÉnisTiguEs osselses Proportions moyennes de la femme,
La tête est comprise 7 fois 1/2 dans la hauteur du corps.
Le tronc, du vertex au pli fessier, mesure plus de 4 hauteurs de tête. Le point
de repère inférieur, constitué par le pli fessier, dépasse sensiblement la limite
inférieure de la 4« tète. Le milieu du corps est situé au niveau du bord supérieur de la symphyse
pubienne. Le membre inférieur, du sol à l'articulation coxo-fémorale, n'atteint pas tout à
fait 4 têtes, conséquence d'une plus grande longueur du torse. Le membre supérieur n'a pas 3 tètes 1/2. La grande envergure n'atteint pas la hauteur de la taille.
CARACTERISTJQUKS OSSEUSES
4-
Pl 2.
l'roportious inoycmios do la f<iiimt'.
PHOI'ORTIONS DK LA FKMMK 11
C'est donc d'après nos mensurations personnelles qu'a été établi le tableau ci-dessous sur lequel se trouvent rapprochées les deux moyennes, celle de l'homme et celle de la femme (tableau I).
Tableau I (1). — Proportions moyennes de l'homme et de la femme
en mesures absolues.
Toise, hauteur au-dessus du sol.
Homme. Femme
Verlex 1(i7 158,03
Fourchette sternale 130 130.41
Nombril 99,6 93,99
Épine iliaque antérieure et supérieure 93,5 88.32
Grand trochanter (dessus) 87,4 8i,90
Bas du pubis 82,09 75,06
Proéminente 141,3 13ri,04
Tubérosité iliaque 96,2 92.38
Sommet du sacrum 90 87,01
Pli fessier 70,6 70,06
(1) Chacun des tableaux qui suivent reproduit, dans rensernble, les feuilles impri- m^^ts d'a\ an< e dré-linées à recevoir les mensurations et di»|>ost es ainsi qu'il suit :
1-n Id'le. une pla< o fst rj'servre pour le non), l'Age, la nalionalilé du sujet à m»'.suier.
Puis. It s niesuro sont groupées suivant la nature de l'instrument qui sert à les prendre et indiqué lui-niéme en leHros italiques.
Vil mot sur < hacun de ces groupes et sur les instruments qui nou.s ont servi.
Le sujet étant placé dins la station droite sans elTort. la lotte niubile est tout d'ab(jrd aniei • e en face de lui et un i)eu sur le {•<')ié, et la branche supérieure en est descendue successivement au niveau des dillérenls points du corps dont elle indi(|ue la hauteur au-dessus du sol. C'est tout d'abord les points situés en avant ou sur le cftU:. puis ceux placés en arrière obtenus alors soit en déplaçant la toise, soit en faisant retourner le sujet Ces mesures jieuvent être prises nsseï rai)i- deiiieiit pour que le sujet garde rmimobililé complète, condition de la régularité de i'upt ration.
La toise peut être remplacée par le dispositif suivant qui n'exige aucun mslrument anlliiop( m« triipie spéeial. Le sujet est placé contre un mur sur lequel eit fiïéc d'iivauce une reglrlte de boi> verli» aie Celle réglette sert de guide au petit côté dune équerre ordinaire dont le grand côté est amené successivemeul en regard des points à me^urer. tUe porte en i»ulre les divi ion- métricjues commençante partir du sol
Le iotuf/u» d'efiuitêtiir, qui actI au g'*oupe do mcM.i* > ^uivul.ten. peut être quel*
li AJNATOAllE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Compas.
Homme. Femme.
Diamètre bi-huméral -42,5 36,85
— bi-acromial ". . . 39,1
Diamètre transverse thorax maximum 29,4 25,40
— vertical du thorax 32,06 31,40
— bi iliaque externe 28,78 30,10
— bi-iliaque antérieur 23,87 23,49
— bi-trochantérien 32,6 33,31
— bi-lemoral supérieur 32 33,65
— bi-iliaque postérieur 8,87 10,33
— thorax antéro-postérieur 20,4 17,60
— sacro-pubien 19,8 20,68
Membre supérieur en totalité 75,58 69,78
Coudée 45,78 41,54
Médius 11,5 10,67
Main 18.8 17,37
Pied 26,2 24,25
Uu sol à interligne art" du genou 45 41 ,91
Du sol à sommet malléole interne 8,58 7,76
Glissière.
Hauteur tète 22,99 '21,06
couque. Pour plus de facilité, je me suis servi d'un compas construit spécialement» porleiif d'un arc de cercle indiquant en centimètres le degré d'écartement des extrémités et dont la faible courbure des branches permettait d'obtenir aussi facilement les mesures en surface que les mesures d'épaisseur.
La (jlissiére dont il est question ici est la glissière aulliropométrique. Elle peut ôtre remplac» e au besoin par un système de réglette et d'équerre facile à ima- giner. On peut y suppléer également en prenant, avec la toise, la hauteur du dessous du mr-nton, au-dessus du sol.
Le ruban métrique est appliqué sans exercer de constriction.
Le compas angulaire ?e compose de deux tiges articulées de façon qu'elles laissent apparent le sommet de l'angle qu'elles font entre elles en s'ouvrant. Ce sommet est appliqué, pour les mesures relevées ici, à la naissance de la rainure interfessière, ou en un point du creux épigastriciue correspondant à la pointe de l'appendice xyphoïde, les deux branches passant par le milieu des fossettes lom-
PROPORTIONS DK LA FKMME 13
Ruban métrique.
Homino. Femme.
Circonférence. Thorax au-dessous des seins
dans le repos respiratoire 80,1 71,89
Circonférence des hanches au niveau du tro-
chanter 91 ,4 93,13
Tour de laille » 65,88
Cowpas angulaire.
Angle sacre ei"! 78M7
Angle x; phoidien 7:2»5 60*>98
Compas d'inclinaison.
Inclinaison du sternum 2GM 27"67
Inclinaison du sacrum 18"6 29*12
Poids 04^753 r>5'002
Nous voyons, dans ce lableau, *\ue, sur l'iiomiue niovon »le 1 m. 67 corres- pondant à la femme moy* une de i m. 58, le plus grand nombre des mesures remportent sur celles correspondantes de la femme, ce qui semble d'ailleurs a>sez naturel, étant donné la ilirr»'renco entre les tailles. C'est ainsi que nous relevons les chiffres suivants notés on centimètres :
La hauteur de la tête •-.st de 2i.^9 chez l'H. et de 21. 06 chez la P.
Le inemhre supérieur 75.58 — C'.^.78 —
La «Duilt-e 45,78 — 41.54 —
La main 18,8 — 17.37 —
baires ou ai'pliquées le Ion;; dt^s rolionis des cartila^jcs cost.mx. Le compas o«t rt'p'Tlé en.-'uite sur la feuille de nie-ure, et le tracé des hr.inchrs marqué au crayon. L'aiifile ainsi décrit est mesuré ensuit»' au rapporteur
Le comjitit d incïinniton, dcsiinù à donner le degré d'inclinaison d'une surfaee par rapport à la verticale, a été tpécialement construit h cet ellet: il est décrit page 58 note 1 .
Les mesures indiiiuèes ici aurau-nt pu être nuilliplii-et. On s'est contenté des principale-^ nlin de ne point abuser de la boime volonlf des ntijcts. Prin»» toutes suixntit la micmic nu thode et par le même observateur, elles sont l'arfaili ment cuiiiparables chez lei diirOrcDts sujets, ce qui était le piincipai résultat a obtenir.
14 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Le membre inférieur (de
l'épine iliaque au sol) 93,5 chez l'H. et de 88^32 chez la F.
La jambe 45 — 41,91 -
Le pied 26,2 — 24,25 —
Par contre, la hauteur du torse de la femme tendrait à égaler celui de l'homme et même à le dépasser légèrement, si nous en croj'ons les mesures suivantes déduites de notre tableau :
Creux sternal à pli fessier 59,4 chez TH. et 59,75 chez la F.
Creux sternal à bas du pubis, . 53,91 — 55,35 —
Le thorax de l'homme l'emporte dans toutes ses dimensions sur celui de la femme :
Diamètre transversal 29,4 chez l'H. et 25,40 chez la F.
— vertical 32.06 — 31,40 —
— antéro-postérieur. . . è0,4 — 17,60 —
Angle xyphoïdien 72,5 — 60,98 —
Tour de poitrine 89,1 — 71,89 —
Il CQ est de même de la largeur des épaules :
Diamètre bi-huméral : 42s5 chez l'H. et 36^85 chez la F.
Mais l'inverse se produit dans la moitié inférieure du torse, où nous voyons le bassin de la femme l'emporter, dans toutes ses dimensions, sur celui de l'homme, à l'exception d'une seule, le diamètre bi-iliaque anté- rieur, ce qui tendrait à démontrer que le bassin de la femme est relative- ment plus fermé que celui de l'homme. Voici, en effet, les chiffres que nous relevons :
Diamètre bi-iliaque externe 28,78 chez l'H. et 30,10 chez la F.
— • — antérieur.. 23,87 — 23,49 —
— — postérieur. 8,87 — 10,.H3 —
— bi-trochantérien 32.6 — 33.31 —
— sacro-pubien 19,8 — 20,68 -
Angle sacré 62,7 — 78,17 —
Tour de hanche 91,4 — 93,13 —
L'inclinaison plus grande du bassin chez la femme ressort également de nos mensurations :
Inclinaison du sacrum : 18», 6 chez l'H. et 29», 12 chez la F.
PROPORTIONS UK LA FEMME 15
En transformant ces mesures absolues en mesures relatives à la taille = 400 (tableau II), les différences que nous venons de noter entre l'homme et la femme s'accentuent, sauf sur deux points. Le diamètre vertical du thorax l'emporte chez la femme, la longueur de la main également. On remarque en outre, chez la femme, l'augmentation de la distance du sol à la fourchette sternale et à la proéminente, ce qui est la conséquence de la plus grande longueur du torse chez elle 11 en est de même pour la tubérosité iliaque et le sommet du sacrum dont la plus grande élévation au-dessus du sol semble être le résultat de l'inclinaison plus grande du bassin.
Tableau il. — Proportions moij^mtes de l'homme et de la femme ramenées à la taille ■== 100.
Toise, hauteur au-dessus du sol.
Il^mme. Femme.
Verlex 100 100
Fourchette sternale 81,4 82,21
Nombril 59,6 59,25
Épine iliaque antérieure et supérieure 5G 55,67
Grand trochanter (dessus) 52,3 52,26
Bas du pubis 49,1 47,31
Proéminente 84,6 85,12
Tubérosité iliaque 57,6 58,23
Sommet du sacrum 53,8 54.85
Pli fessier 45,8 44,54
Comj'as.
Diamètre bi-biiineral 25,4 23,23
— bi-acromial 23,4
— transverse thorax maximum 17,6 16,01
— vertical du thorax 19,2 19,79
— bi-iliaque externe 17,2 18,97
— bi-ilia(jue antérieur 14,2 14, SO
— bi-troebanlérien r),5 20.93
bi-fémoral supérieur 19,1 21,21
— bi-iliaque postérieur 5,3 6,51
— thorax antéro-postérieur 12,2 1 1 ,09
— sarro pubien 11,8 13.03
16 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Compas.
Homme.
Membre supérieur en totalité 45,2
Coudée 27,4
Médius 6,8
Main 11»2
Pied 15,6
Du sol à interligne art'" du genou 26,9
Du sol à sommet malléole interne 5,13
Glissière.
Hauteur tête 13,7
Ruban métrique.
Circonférence. Thorai au-dessous des seins
dans le repos respiratoire 53,3
Circonférence des hanches au niveau du tro-
chan ter 54,7
Tour de taille »
Compas angulaire.
Angle sacré 37''4
Angle x}phoïdien 40°3
Compas d'inclinaison.
Inclinaison du sternum 45"6
Inclinaison du sacrum HM
Poids 38^600
Femme.
43,98 26,18
6,72 11,94 15,28 26,41
4,89
13,27
45,31
58,70 41,53
49°27 38"44
17''44 18-35 34^673
Pour mettre ce canon mojen de la femme à la portée des artistes, i nous faut procéder, comme nous avons déjà ait pour le canon moyen d l'homme, c'est-à-dire le subdiviser en prenant une de ses parties, comm commune mesure, qui, dans l'espèce, est la hauteur de la tête.
Nous trouvons ainsi, dans l'application d'une même méthode au
PROPORTIONS DK LA FKMMK 17
d<^iix canons, de nouveaux élémeiils de comparaison qui mettent en valeur, sous un autre aspect, les similitudes et les dissembfances déjà signalées en partie.
En comparant les «leux canons ainsi tracés Ipl. i et pi ii, nous consta- tons tout d'abord que les membres s'j subdivisent exactement de la mêtne faç^n. Au tois.*, au contraire, si dans la moitié supérieure les similitudes persistent, les diiïérences s'accusent en bas et sont la conséquence natu- relle de la longueur plus gr.inde du torse cbez la femme C'est ainsi que, chez elle, les limites inférieures du torse dépassent, par en bas, les rep-res indiqués pour l'homme. Le pli fessier, par exemple, descend notablement au-dessous de la limite inférieure de la quatrième tète. Lt l'éj'ine iliaque antérieure et stipérieure se trouve située au-de-sous du quart supérieur de cette quatrième tète, au lieu d être juste à ce niveau conmie chez l'homme. Le milieu de la figure se trouve en conséquence reporté un peu plus haut. Au lieu d'être, comme chez Ihomme, situé au-dessous du [>ubis, il est placé juste au niveau du bord supérieur de la sjmphvse pubicrme.
On observe aussi que la ^lande envergure n'atteint [>as la hauteur de la taille chez la femme, tandis qu'elle la dépasse chez l'homme. Dans cette diminution relative de la grande envergure entre, pour une part, la faiblesse des différents diamètres du thorax, airsi que l'anmindrissement de la lar- geur des épaules
Quant aux mesures de largeur du torse, U méthode artistique, avec la hauteur de la lète et ses subdivisions comme unité de mesure, ne se pn-te I>as aux précisions que nous ont données les njesures absolues eri cenli- m'tres. Toutefois on peut noter que si, chez l'homme, la largeur des épaules mesure deux têtes, elle n'v atteint pas chez la f»'mme. Chez celle- ci, au contraire, la largeur des hanches l'emporte sur la largeur dos han- ches masculirn s, dont la mesure exacte est une tête et demie.
Le grand nombre des sujeîs femmes que nous avotis mesurés nous per- met d»* comparer entre elles les grandes et les petites tailles. A cet efl't, tous nos sujets ont été r'assés par ordre de taille la moyenne des cinquante premiers représente les grandes tailles, et la moyenne des rin- quanlc derniers les petites tailles. La mojenn» générale vient s'inienaler entre les tleux ("est ainsi qu'un coup d'd'il j»»té sur les Jeux tablfaux (tableaux 'A 1 1 i) permet de constater qu'en mesures ab&olurs, toutes les proportions sont [dus giandes dans les grandes tailles que dai.s les petites,
i
18 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
à la seule exception de l'inclinaison du bassin, qui augmenterait ainsi avec la diminution de la taille.
Tableau III. Proportio7is en mesures absolues des grandes et des petites tailles chez la femme.
Toise, hauteur au-dessus du sol.
Grande taille. Moyenne. Petite taille
Vertex 163,56 458,63 453,70
Fourchette sternale 43i,61 430,44 426,20
Nombril 92,20 93,99 90,78
Épine iliaque ani'« et sup" 91,55 88,32 85,09
Grand trochanter (dessus) 85,42 82,90 80,38 •
Bas du pubis 77,88 75,06 72,24
Proéminente 139,28 435,04 430,80
Tubérosité iliaque 95,70 92,38 89,05
Sommet du sacrum 90,38 87,04 83,64
Plifessier 73,49 70,66 67,82
Compas.
Diamètre bi-huméral 37,69 36,85 36,04
— transverse thorax maxi-
— mum. 26,08 25,40 24,73
— vertical du thorax . 32,17 31,40 30,63
— bi-iliaque externe. ..'.... 31,07 30,10 29,13
— bi-iliaque antérieur 24,44 23,49 22,86
_ bi-trochantérien 34,19 33,31 32,43
— bi-fémoral supérieur 34,54 33,65 32,75
— bi-iliaque postérieur 10,65 40,33 40,01
— thorax antéro-postérieur 48,01 47,60 47,20 ^ sacro-pubien 21,47 20,68 49,90
Membre supérieur en totalité 71,92 69,78 67,65
Coudée 42,68 41,54 40,39
Médius 40,91 40,07 40,43
Main 47,84 47,37 46,91
Pied , 24,94 24,25 23,56
Du sol à interligne art" du genou. 43,50 41,91 40,33
Du sol à sommet malléole interne. 7,99 7,76 7,54
PROPORTIONS DL: LA FKMME i9
Glissière.
Grande taille. Mojenne. Petit* taille.
Hauteur lète 21,41 21,00 20,70
liuban métrique.
Circonférence. Thorax au-dessous des seins dans le repos respira- toire 73,82 71,89 69,95
Circonférence des hanches au niveau du trochanter 05.49 93. i3 90.78
Tour de taille GS,06 05,88 63,71
Compas angulaire.
Angle sacré 79M2 78''n 77°22
Angle ivphoïdien 01»24 60°98 60-72
Compas d'inclinaison.
Inclinaison du sternum 1>7''88 27''G7 27°46
Inclinaison du sacrum 28'26 29"! 2 29"1)8
Poids 58^994 55'002 oi'OlO
Tai:lkal' W. — Proportions ramenées à la taille = 0
des grandes et des petites tailles chez la ft-mme.
Toise, hauteur au dessus du sol.
Grande taille. Afoxenne. Petite taille
Vertex iOO.OO 100.00 100.00 '
Fourchette sternale 82,23 82,21 82.10
Nombril rj9.42 59,25 59,00
Épine iliaque ant" et sup'» 55,î»7 55,07 55,30
Grand trochanter (dessus) 52.22 52,26 52.29
Bas du pubis 47,01 47,31 47,00
Proéminente 85,15 85J2 85,10
Tubérosilé iliaque 58,51 58.23 57,93
Sommet du sacrum 55 25 54,85 51.41
Pli fessier 41.92 44.54 44.12
20 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORl'S HUMAIN
Compas. .
Grande taille. Moyenne. Petite taille.
Diamètre bi-huméral 23,04 23,23 23,42
— transvecse thorax maxi-
mum 15,93 16,01 16,08
— vertical du thorax 19,06 19.79 19,92
'— bi-iliaque externe 18,99 18,97 18,95
bi-iliaque antérieur 14,74 14,80 14,87
bi-trochantérien 20,90 20,93 21,09
— bi-fémoral supérieur 21,11 21,21 21,30
— bi-iliaque postérieur 6,51 6,51 6,51
— thorax antéro-postérieur . 11,01 11,09 11,19
— sacro-pubien 13,18 13,03 12,94
Membre supérieur en totalité 43,97 43,98 44,01
Coudée ; 26,09 26,18 26.27
Médius 6,67 6,72 6,78
Mail 10,90 10,94 11
Pied 15,24 15,28 15,32
Du sol à interligne aW du genou. . 26,59 26,41 26,23
Du sol à sommet malléole interne . 4,88 4,89 4,90
Glissière.
Hauteur tête 13,09 13,27 13,46
liuban métrique.
Circonférence. Thorax au-dessous des seins dans le repos respira- toire 45,13 45,31 45,51
Circonférence des hanches au niveau
du trochanter 5^37 58,70 59,06
Tour de taille 41,61 41,53 41,45
Compas angulaire.
Angle sacré 48*37 49''27 50"24
Angle xjphoïdien 37''44 38°44 39"50
PROPORTIONS DE LA F^MMli 21
Compas d'inclinai'iun.
Grande tai le. Mojenne. Petite taille.
Inclinaison du sternum 17' 04 17 44 17".S<)
Inclinaison du sîtcruiii 17''27 18'35 19°50
Poids * 3G'0O8 34^073 33M88
Mais les choses changent si ces mesures absolues sont transformées en mesures relatives à la taille = iOO. Dans ce cas, la tête, le membre supé- rieur, les diamètres transvt-rses du torse augmentent dans les petites tailles, comme aussi la hauteur du torse, le tour de hanche et naturellement aussi l'inclinaison du bassin.
La méthode des moyennes, dans l'élude des propoi tioiis, olFre de sérieux avantage , ainsi qu'on vient de le constater, mais elle ne saurait exclure l'étude des individualiés, toujours {ileine d'enseignements et seule capable de mettre en valeur certaines [larticularités masquées par les moyennes. Je n'en dontierai qu'un exemple
Il résulte des moyennes précédentes que, dans les grandes tailles, les membres inférieurs sont relativement plus longs que le torse, tandis que c'est l'inverse dans les petites tailles, remartjuables souvent [)ar la brit'veté des jambes Ces données s'accordent avec l'opinion généralement admise, et vraie dans son ensemble, que les dilTér 'tices de taille se font surtout aux dépens des membres inférieurs.
Or la nature se plaît, pour ainsi dire, À r»»mpre le cadre dans lequel on a la prétention de l'enfermer et à réaliser îles cxcepticuis aux ré^^les «ioiié- iiles que tendent a établir les moyennes. Aiu.^i il n'est pas rare il'observer un torse court ch'z un sujet de pitiic taille, et un torse longchi'z un autre de grande taille. I*^t l'on pourra rencontrer cleux femmes de même taille, soit petites, soit grandes, avec, chez l'une, un torse relativement long et, chez l'autre, un torse relativement court .\vec beaucoup de sagacité, le doc- teur .Manouvrier a attiré 1 altentio s sur ces deux tvpes.pour les(juelsil acréé des iiéologismes «jui tiennent compte de la longueur des membres (1)
Cette opposition entre la longueur des deux moitiés de la ligure humaine,
(1) Il désigne sous lo uoni de braeliyskfle les sujets qui ont des jamltos courtes et sous celui do mncr )sk»^le rtui (jni ont li> latnbos lon;iUCs par ra(>p Tt au torse. (Uiillelint et Meinuira de lu Sucieie d'Antftiopoluyxe de l'ari$, i90i, u* 3.)
ANAIOMIE AKTlbTlQUli DU GORPb HUMAIN
PlANCHK 3. — CAnACTÉRlSTIQDES 0SSBDSK8,
Variélt^s dans les proportions. Sujets chez lesquels dominent les proportions de la moitié inférieure du corps (longues jambes) A ou celles de la moitié supérieure (courtes jambes) B. Une ligne pointillée horizontale divise la hauteur des figures debout juste par la moitié. Sur la droite, les mêmes sujets dans la position accroupie. '
L'examen comparatif de ces différentes figures peut donner lieu à d'inté- ressantes remarques. On observera, par exemple, dans ces deux types, les différences de hauteur du coade et du poignet, par rapport à la ceinture et au pubis, etc.
La station accroupie met bien en valeur les proportions relatives de la cuisse et du tronc, dans les deux cas.
CARACTÉRISTIQUES OSSEUSES
Pl 3.
li^^
Proportiouî», VarirU-s.
L /^ V
PROPORTIONS UK LA FI.MMK , 25
torse et membre inférieur, peut être l'occasion d'une série de remanjues intéressantes (pi. 3).
Dans la station droite, les bras tombant naliirellement le long du corpg, le poignet, sur le type t jambes courtes », n'atteint pas le niveau de la limite supérieure du pubis, taudis que, sur le tvpe t jnmbes longues », il descend bien au-dessous de cette région Si nous considérons la hauteur du coude ou de la saignée par rapport à la ceinture, nous voyons que si les jambes sont courtes, ceinture et coude sont situés à peu près au même niveau. Avec des jambes longues, le coude descend manifestement au- dessous de la taille.
La station assise mettra en valeur la longueur du toise par rapport à celle des membres inférieurs.
£t la station accroupie, comme celle qui est représetitee sur les figures de la planche 3 fera naître des opfiositions saisissantes. Chez les « jambes courtes », le genou Fi'atleint pas la hauteur de l'aisselle, pendant «jue, rhez les«janjbes longues», le genou peut dépasser le dessus de l'épaule. La com- paraison entre les deux tvpes peut être continuée dans d'autres positions variées et donner lieu à de curieuses et inslmclives observations. L'artiste y trouvera les raisons d'attitudes à préférer, chez un t\ pe plutôt que chez un autre; il y verra un excjnple, parmi les plus frappant'*, de l'importance du cliMix lin iiiodt'Ie pour reiitlre ufie action donnée.
A côté de.s proportions en longueur, il y a les prop(»rlions en largeur. A côté des individus longs, minces, svejies, il ^ a les individus larges, cnrrés, i forte carrure, Irapus. De là, deux types très dilTénn's, doués d'aptitudes diverses, de «lualilé'. opposées et, au point de \ue plastique, exprimant des idées dissemblables. Malgré l'ampleur de son bassin, la femme, de par la gracilité généiale de se-, membres, se i attache plutôt au type long
Il n'est pas rare, à ce point de vue. de trouNor chez certains suj«'ls un défaut d'harmonie analogue à celui qui crée, à |»ropos des proportions en longueur, le type « jambes longues » et le type « jambes rourtes »
Je veux pirler de ces femmes dont les deux moitiés du corps, moitié BUprrieure et moitié inférieure, semblent appartenir à «les sujets difTérenls, chez lesquelles, par exemple, la moitit^ supérieure graeile, mince et svelte, s'adapte à une moitié inférieure large et trapue, bassin puissant, membres inférieurs courts, solides et épais. Il y a, dans ce type, une exagération dei tendances morphologiques normales (pti, jointe au contraste dû à la réuDion,
26 ANAÏOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
chez un même sujet, de J significations expressives opposées, a porté les artistes à s'en servir quelquefois ; mais il n'en est pas de même pour le type inverse, thorax développé, épaules et membres supérieurs puissants avec bassin ét'oit et jambes grêles, dont le caractère contradictoire s'éloigne trop de la normale pour être à notre avis conseillé dans les œuvres d'art.
Proportions de l'enfant
Sans entrer dans une étude détaillée des lois de la croissance, je me con- tenterai d'exposer ici les faits principaux qui peuvent aider. les artistes à donner aux figures d'enfant des proportions en rapport avec les différents âges, et j'emprunterai la plupart des notions qui vont suivre aux travaux du savant anthropologiste belge Quételet (1).
Très rapide dans la première période de la vie, la croissance diminue au fur et à mesure des progrès de l'âge. La taille s'accroît jusqu'à trente ans chez l'homme, mais dans une très faible proportion à partir de vingt- cinq ans. « En considérant la grandeur absolue, dit Quételet, la croissance devient d'autant moins rapide qu'on s'éloigne davantage de l'époque de la naissance. Dans la première année le développement en hauteur est de près de deux décimètres pour les filles comme pour les garçons; pendant la deuxième année, il se trouve réduit de moitié et ne s'élève pas à un décimètre. L'accroissement annuel est réduit au quart ou à cinq centi- mètres vers douze ans, et il continue à diminuer jusque vers l'âge de vingt ans, où il devient à peu prés nul pour les filles, pour les hommes, il se ter- mine un peu plus tard. »
La croissance subit toutefois des irrégularités, des temps d'arrêt sous l'influence de certaines conditions physiologiques encore mal déterminées. Il résulte toutefois d'un certain nombre d'observations régulièrement prises, qu'elle s'accélère d'une façon manifeste aux approches de la puberté. Quant à la taille finale, c'est presque uniquement du sexe et de la race qu'elle dépend.
Pour ce qui est des autres dimensions du corps, largeur et épaisseur, elles ne subis.sent pas un accroissement proportionnel à l'accroissement en hauteur. La largeur du torse, par exemple, ne croît pas proportionnelle-
(1) Anthropométrie, 1871.
PROPORTIONS I)K LKNFANT
ment à la taille, et il est constant que les individus de petite taille sont généralement plus trapus que ceux de haute stature.
Des recherches de Quélelet, on peut conclure avec une approximation suffisante que l'enfant, à sa naissance, a un peu moins du tiers de la hau- teur totale à laquelle il parviemlra; à trois ans, il a atteint la moitié de cette hauteur; Ters se|)t ans, les deux tiers, et vers dix ans, les trois quarts. Mais un autre point important à connaître pour fixer les proportions de l'enfaiit, c'est l'accroissement relatif des diverses parties du corps aux dif- férents âges. Et c'est encore dans les travaux de Quételet que nous trou- vons les renseignements les plus précis à ce sujet.
D'une façon générale on peut dire que les [>arties les plus dévelop[)ées au moment de la naissance sont celles qui se développent ultérieurement le moins vite. Quételet dit un peu différemment que la croissance est d'autant plus grande qu'elle s'él«>igne davantage du sommet de la tète. C'est ce que démontrent, en effet, les faits observés par cet auteur, parmi lesquels les, plus intéressants k relever pour nous sont les suivants :
A la naissance, la hauteur de la tête est à \u\ï prés la moitié de ce qu'elle sera après le complet développement de l'individu. La tête se dévelopi)e plus en hauteur que transversalement; toutes les mesures verticales se doublent à peu prés et c'est surtout par leurs parties inférieures que cet accroissement s'opère.
II en résulte que l'enfant a la fiyure d'un ovale plm court que celui de
l'adulte, et que la ligne horizontale qui divise la tête en deux parties égales étant
située chez iadulte au niveau des angles internes des yeux, doit, chez l'enfant,
\ ]i être reportée jd ut
hnut (Fig. { )
Le cou croît <lans les mêmes proportions (jue la létc.
Le tronc tri- ple sa hauteur initiale.
Le diamètre
Fie. 1. — Scbënu d une tête d adulu» A et d une tète de In-b.'' B. transverSB dtl
Une ligne horizon taie p<>intilU-« paaie par U* milieu de la hauteur dr<« deui fleuret * thoraX eit UQ
AiSAlOiMlE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN 0 1 2 3 4
4 létes
5 têtes
FiG. S — Sclii'nias de l'enfant aux différents âges. Toutes les figures sont ramenées à !a méuK' hauteur qu'une ligne horizontale discontinue partage en deux parties égales.
peu plus que doublé, le diamètre aniéro-poslérieur ne s'augmente que de 1 à 2,36.
La longueur du membre supérieur, moins la main, est doublée entre quatre et cinq ans, triplée entre treize et quatorze ans, puis quadruplée au moment du développement complet.
iJ'autre i)urt, la main est doublée entre cinq et sept ans, puis triplée à l'âge adulte.
Des os du membre supérieur, ce sont ceux de l'avant-bras qui croissent avec le plus d'intensité.
Le membre inférieur est doublé avant la troisième année, triplé à sept ans, quadruplé à douze ans et quintuplé à vingt ans.
La cuisse acquiert cinq fois sa longueur primilive. La jambe croît dans le rapport de 1 à 5,52.
Cbez l'enfant comparé à l'adulte on peut conclure de ce qui précède que tous les membres sont jdus courts — ce qui donne au torse plus d'importance — et les membres inlérieurs plus courts encore que les membres supérieurs.
Le milieu du corps est donc situé chez l'enfant bien au-dessus du point
P i{ U 1' 0 1{ 1 I O N b D L L'L > f A N T
T
19
0 i.-t. s
't'ffs et demie
Pic. î (suite). — Le» chiffres du haut indiquent les années; ceux du bas, le non bre des t^tes comprises dans la hauteur de la taille à 1, 4, 9, 16 et 25 ans.
OÙ il se trouve rhez l'adulte, et sa drtermination suivant les /i{?es aitlorn à fixor la longueur relative des membre.s inférieurs et du torse.
A la nnissancé, le point méilimi du corps dans le sni'i de la hauteur est au-dessus du nombril; à deux ans il est au nombril; à Iroi^i ans sur ii liijne qui joint les hanches; à dur ans sur celle qui joint l>'S trochant^-rs; et à treize ans au puh\%. Clioz l'adulte il est silué plus bas. rointne nous l'avons vu, à la naissance de- ofganes (li- i, p. 28-29.)
Pour ce qui est de la grande envergure il est intr*ressant de noter qu'a la naissance elle est nioi'idro que la taille. Mlle l'égile vers tnus et cinq an*» Kt ce n'est que vers l'âge de quatorze ans quelle la d»*|»a«ise d'une manière sensible.
he 1k connaissance du rapiiort de la grande envergure à la taille on pci;l ilcjà lirer quelques indicalions sur li's proportions du membre supérieur. Si nous roniftarons ce dernier au membre inférieur, voici quebjiies r» marques iniérnss -ntes. Vers sept ans la longueur du hras jusqu'à iextiemitë de la mnin trjale la hauteur de la bifurc^itinn CpérinêeJ au-dfssu^ du sol. Avant cette époque le bras est comparativement plus grand; après il est moindre.
m AiNATOMlE AKTibilyiJE DU CORPS HUMAIN
Planche 4. — Caractéristiques osseuses. Squelette de la femme. Vue antérieure et vue latérale.
D'une manière générale, le squelette de la femme dillere de celui de l'homme par une masse moindre, un aspect plus lisse, des arêtes plus délicates et des empreintes d'insertions musculaires, dépressions ou aspérités, moins accen- tuées. En outre, certaines de ses parties, comme la tète, le bassin, le thorax et la colonne vertébrale, ont une conforniation un peu spéciale dont il est parié plus luia.
CARACTKRISTIQUES OSSEUSES
l'L
Scjuelello de In n-mme. Vue antérieure A. Vue latérale B
PROPORTIONS DE L'ENFANT 33
Relativement à la taille, voici quelles sont les proportions du pied et de la main.
A partir de cinq ans la main est le neuvième de la taille. A tous les âjjes le pied forme environ 0,45 ou 0.16 de la hauteur totale prise pnur unité .4 dix ans le pieil égale la hauteur de la léte. Avant dix ans le pied est plus court, après il est plus long.
Enfin les rapports simples de la taille à la hauteur de la tê'e sont les suivants :
La hauleur de la tète est conipiise dans ia hauteur du corps :
Quatre fois à un an ;
Cinq fois à quatre ans;
Six fois à neuf ans ;
Si'pt fois à la période de l'adolescence;
Sept fois et demie chez l'adulte arrivé à son complet développement.
Nous avons pmsé que les données ;ï»'nérales qui [)récèdent peuvent aider les artistes dans la représentation de Tenfance sans qu'il soit nécessaire de leur fournir pour chaque âge un tvpe déterminé de proportions.
C'est ainsi que la figure 2, qui résume les proportions aux différents âges eu ne tenant compte que de la situation du milieu de la figure et du nomhre de têtes comprises dans la hauleur totale, paraît déjà donner des rensei- gnements fort intéressants pour étahlir les lignes générales d'une figure (ienfant à un âge déterminé.
Pour élre plus romplet, il faillirait également préciser les fornie> mêmes . de l'erifaiice aux différents âges, mais cette question des formes enfantines, malgré l'intérêt qu'elle [leut présenter, est presque toute à faire. On peut noter toutefois que les » hamltini i de la Henaissance, comme le> « amours t du «lix-hui'iéme siècle, nous inonlrenl le plus souvent des formes plus jeunes que leur âge. Ainsi l'enfant avant 5 tètes de haut et répondant n l'âge de quatre ans, (jui (tarait avoir été spécialement choisi par les artistes pour représenter l'enfance, a piesrjue toujours les formes rondes, pleines et potelées des enfants de un à ileui ans.
Je n'insiste pas sur les gestes et les attitudes données à ces enfants qui S'>nt presque toujours seiidilohlcs à ceux «les adultes, au lieu d'avoir la giuchcrie charmante caractéristique du jeune âge.
Il est encore un autre écueil dans la représentation de l'enfance que les rrtistcs n'ont pas toujours é>ité. Kn voulant faire des figures d'enfants, ils
S
34 ANATOMJE ARTISTIQUE DU COaPS HUMAIN
Planche 5. — CARACTÉnisTiQUEs osjçeises. Squelette de la femme. Vue postérieufe,
CARACTÉRISTIQUES OSSEUSES
Pl. 0,
Squelette de la fcinnie. Vue postérieure
IMU NCII'ALKS PAKTIES DU ^sQL'ELKTlE 37
ont quelquefois représenté inconsidérément des nains, par le seul fait de l'exagération du contraste, vrai en somme dans i'enlance, qui résulte de la longueur du torse opposée à la brièveté des membres.
II. — CONFORMATION SPÉCIALE DES PRINCIPALES PARTIES DU SOUELETTE
Dans son ensemble, le squelette de la femme est d'une masse moindre «jue celui de Ibomme. (PI 4 e 5.) Les os sont plus petits, leur surface est plus lisse, leurs arêtes sont plus délicates, les aspérités qui servent aux insertions musculaires sont moins accusées Mais, a la tête et au Ironc, en particulier au bassin, il s'ajoute des caractères spéciaux qui méritent une description à part.
Té rK (pi. G).
i>e crâne rcinwiin enijirunte d'abord aux caractères généraux du sque- lette les traits suivants : poids et volume moindres, épaisseur des parois diminuée, surface plus unie et saillie plus faible de toutes les crêtes, aspé- rités ou apopb^ ses servant au.v insertions musculaires, telles que la protu- béiance et les crêtes occipitales externes, les crêtes sus-mastoidiennes et temporales, les apoplnses mastoïdes, zvgomatiques et orbitaires, etc. Les contours et la surface de la région faciale sont plus lisses et plus arrondis, les fosses canines sont moins profondes. Les maxillaires supérieurs ainsi que les dents sont moins volumineux. Le maxillaire inférieur est plus petit, sou angle est plus ouvert, se rapprocbant en cela de la forme inlan- lile
Mais, en (l<in)rs de ces caractères (jui ont pour causes geiicr.iies une masse moindre et un plus faible développement mu.«iCulaire, il en est d'au- tres qui consistent en une conformation un peu dilfereiite et qui, influant directement sur la forme extérieure, impriment a la tête féminine son aspect caractéristique.
L'e>l d'abord rellacement plus ou moins comj>let des bosses suurcilicres et de la sa llie (bosse nasale; qui les r<'joint sur la li|:ne médiane. Puis, la partie faciale de l'os frontal s'élcve prescjue verticalement et rejoint la partie crânienne en formant avec elle un angle plus fermé, au niveau du(]uel les bosses frontales sont plus saillantes. Les b ssos pariétales sont
ANAÏOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche 6. — Caractéristiques osseuses. Crâne masculin et crâne féminin.
Crâne féminin. — EfJ'acement des bosses sourcilières et de la bosse nasale. Front vertical se continuant directement avec les os nasaux. Vertex aplati. Saillie des bosses frontales et pariétales.
Crâne masculin. — Saillie des bosses sourcilières et de la bosse nasale sur- plombant la racine du nez. Frontal fuyant.
CARACTÉRISTIQUES OSSEUSES
l'L 6
A. Cr&nc inasculiu.
B. Crâne féminin.
PRINCIPALIS PARTIES DU SQUELETTE 41
également plus développées. Enfin, la région du vertex est aplatie dans son ensemble. 11 n'est pas sans intérêt de rafipeler ici que la saillie des bosses frontales et pariétales est un des caractères du crâne de l'enfant.
Le crâne masculin se distingue par le relief des bosses sourcilières et nasale en bas d'un frontal d'as-pect fujkant.
11 convient d'ajouter que tous les crânes féniitiins n'ont pas aussi nets et précis les caractères sur lesquels je viens d'insister. Il en est qui présentent quelques formes viriles, et la contre-partie existe pour le crâne masculin. Il n'en est pas moins vrai, ainsi qu'on le verra au chapitre des formes extérieures, que le tvpe féminin le plus pur est celui dont le siiuclelte de la tète présente les caractères spéciaux que je viens d'indiquer.
Cnine du nonveau-uê (lig. 3 13).
Ce qui frappe tout dabord Krsqu on examine le squelette de la tête de l'enfant à sa naissance, c'est la dillérence de volume entre la portion faciale et la portion crânienne — face très réduite sous un crâne volumi- neux, — différeiice que j'ai déjà eu l'occasion de relever au chapitre des proportions, qui demeurera un des grands caractères de la tête de l'enfant et ne s'atténuera qi.e jirogressivement au fur et à mesure des progrés de Idge.
A propos du crûne féminin, j'ai déji'i si{:nalé d'autres caraclérisliques du crâne inlantile consistant dans une saillie exagérée des bosses frontales et pariétales, qui constituent de véritables proéminences. Il convient d y ajouter un eiïacement considérable de l'angle du m.ixillaire inférieur dépourvu de dents.
Enfin, les diflérents os dont se compose le crâne ne s'engrènent point comme ( hez l'adulte. Leurs bords sont contigus et réunis par des sutures membraneuses qui permettent à ces os de ^e déplacer les uns sur les autres par un léger chevauchement. Mais toutes les sutures ne permettent pas un jeu égal aux pièces qu'elle.^ relient. II en résulte néanmoins, dans certaines conditions données, une diminution des dinèrents diamètres du rninc, destinée à f;ivoriser le mécanisme de l'accouchement.
En outre des trajets linéaires membraneux qui forment les buluie.<^, il existe, aux points où se rencontrent les angl(^^ de certains os du crdne, des espaces membraneux plus considérables, dils/o»<(a;i;//<f>
Les l'onlanelles sont au nombre de six Deux sont i(//)^i>ii)rs et médianes.
4â
ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
L'antérieure, grande fontanelle ou hregmatique, est grande, quadrilatère et se trouve à la réunion des pariétaux et du frontal. La fontanelle postérieure, petite ou lambdatique, est une petite lacune triangulaire, située à la ren- contre des pariétaux et de l'occipital, c'est-à-dire des sutures lambdoïte et sagittale.
Les quatre autres fontanelles sont situées de chaque côté du crâne :
Fio. 3, — Crâne de vieillard A et crâne de nouveau-né B.
fontanelles latérales, antérieures et postérieures, qui se trouvent aux points de rencontre des os de la région et sont d'ailleurs très réduites.
Les progrés de l'ossification rétrécissent peu à peu les fontanelles, d'abord les latérales, puis les supérieures, qui ne disparaissent complète- ment que vers l'âge de deux ans. On les a vues quelquefois persister chez l'adulte.
La croissance des os du crâne s'achève par l'oblitération des sutures, qui & lieu vers trente ans. D'après Gratiolet, l'ossification est plus précoce dans les races inférieures, chez lesquelles elles se produit d'avant en arrière, tandis qu'elle a lieu d'arrière en avant dans les races supérieures, favo- risant ainsi, chez celles-ci, le développement des parties antérieures du cerveau.
L'os frontal est formé, à la naissance, de deux moitiés symétriques
PRINCIPALES PARTIES DU SQUELKTTK 43
réunies par une suture qui persiste très longtemps et ne disparaît entière- ment que \ers 1 à^e de vingt ans.
Crâne du vieillard (fig 3 A).
Le caractère de sénilité du crâne consiste dans l'ankvlose, denier terme de rohlitératioii des sutures. II se produit également, dans la vieillesse, des troubles Irophiques qui amènent un amincissement sur certains os, les pariétaux le plus soutent, coïncidant avec un épaississement sur «l'autres points.
Mais, au point de vue morphologique, le caractère le plus saisissant du crûne du vieillard le. rapproche, jusqu'à un certain point, de celui de l'enfiiit par la diminution en hauteur de la face, conséquence de la perle «les (lents et de l'alrophie des alvéoles qui en résulte. Cette diminution de hauteur de la face s'accompagne, chez le vieillard, de projerlion en ayant du menton, qui s'avance à la reneontre de la saillie nasale, en même temps que les lèvres, qui ne sont plus soutenues par l'armature df^nlaire, ont une ten'lance à rentrer dans l'intérieur de la bouche.
La projection en avant du menton esl également due à une autre cause ûsi-ez curieuse, consistant dans l'ouverture de l'anjzle maxillaire par une sorte de retour à la forme infantile Cet angle est, à la naissance, de 150* à lO'i». Par les progrès de l'âge, il se ferme et, chez l'ailulte, il est de 110" à l!i > (]h<^z les vieillards, alors que les dents sont tombées, il revient à i'AO' et 140% dimensions voi.sines de celles de l'enfant dont les dents ne sont pas encore sorties.
COLON.NK VEHTKBRALB (pi. 4 et 5).
C'est dan> la régiorj lombaire <iue les dirrérencos exisfenf entre les deux sexes.
Ainsi la courbure lombaire est plus accusée chez la femme, et, sur ce point, tous l 'S anatomistes sont d'accord. Elle s'ajoute k une plus grande inclinaison du bassin pour réaliser la cambrure lombaire, dite aussi ensel- lure, qui distingue en général le sexe féminin
louant à la hauteur de la colonne lombaire, on a longtemps considéré qu'elle était plus grande chez la femme et qu'il en résultait un accroisse- ment du diamètre vertical de la cuvi é abdominale, mieux adaptée ainsi À
44 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
la gestation. Mais les dernières recherches plus précises de Papillault et de Charpy s'accordent pour donner à la femme une colonne lombaire un peu moins haute que celle de l'homme, toutes proportions gardées.
Si la femme a la taille plus longue et plus mince, il faut en trouver l'explication dans un thorax plus étranglé à sa base, dans un bassin moins haut, et non dans une plus grande dimension de la colonne lombaire.
Thorax (pi. 4 et 5).
Chez l'homme, le thorax, bien développé, a un diamètre transverse qui l'emporte largement sur le diamètre antéro-postérieur. Sa base, bien dilatée, a sa largeur maxima sur la huitième côte. L'angle xyphoïdien (1) dépasse 80°. Les dernières côtes ne rentrent que faiblement.
D'après nos mesures, les diflerent s diamètres ont les proportions moyennes suivantes :
Dianièli e Iransverse 29^4
— antéro-postérieur 2f.«.4
— vertical ;■i2^()6
On s'accorde généralement à reconnaître au thorax léminin un sternum court, un resserrement plus accentué de sa portion abdominale qui aboutit à une taille plus fine, et des formes plus arrondies contrastant avec le type mâle à pans taillés plus carrément. D'après nos observations, le thorax féminin se ferait remarquer en outre par une prédominance relative du diamètre vertical.
La moyenne établie d'après nos mesures donne, en effet, pour les diffé- rents diamètres 1rs chiffres suivaiits :
Dianièli e Iransverse 2K«,40
— antéro-postérieur 17s60
— vertical 31«,40
Or, si nous comparons ces mesures avec celles du thorax masculin, nous trouvons sur toutes une différence en moins pour le thorax féminin, mais cette différence yarie entre les différents diamètres. Elle est de 4 centi-
(1) On dé.H^'nc, bous le nom d'angle xyphoïdien, l'angle compris entre les deux bords de l'écliancrure antérieure du thorax. Jl est formé par deux lignes qui. suivent les rcboids costaux et se rencontrent à l'appendice xyplioïdc.
PRINCIPALEà PAHT1E6 DU SQUELETTE 45
mètres pour le transverse, de 2', 8 Dour rantéro-postérieur et de 0*,66 seu- hment p»our le vertical.
Il en résulte que ce dernier, ne le crdant que de très peu à celui de riioinme, demeure chez la femme relativement élevé, comparativement aux autres sensiblement moindres.
Cliaip^- dislingue trois t^pes de thorax chez la femme, un type large, un type rond et un type long. D'ajtrts nos observations, c'est le tvpe long qui s Tait le plus fréquent.
La longueur du thorax s'accorde avec le rétrécissement déjà signalé de 8 1 moitié inférieure et la diminution de l'ouverture de l'angle x\|(hoïdien dont la mo^enne, chez la femme, est de 60°, pendant que, chez l'homme, la movenne est de 72'.
La circonférence thoracique donne une moyenne de 71 chez la femme et de 89 chez l'homme. En outre du tvfie ordinaire, certains auteurs ont voulu disliriguer un type costo-supériour, dans lequel le maximum Iransverse est à la quatrième côte avec un maximum antéro-poslèrieur au milieu du sternum Le thorax est bombé et le haut de la poitrine est très développé. Mais rharpy a fait observer que ce développement de la moitié supérieure se faisait au détriment de la moitié inférieure, remarquable alors par son rlroitesse. Il a ronstatè, en effet, ce type coslo-supérieur sur des femmes qui portaient, sur leurs viscères et notamment sur le foie, des traces irrécusables de la déformation par les vêtements.
L'usage abusif du corset, et surtout du corset cintré qui fut la mode pen- dant si longtemps, altère la cage thoracique, jusqu'à la déformer complè- tement, tout au moins dans sa moitié inférieure. Cruveilhier a bien décrit ces altérations, que l'on peut résimier ainsi : les dernières côtes, refoulées en dedans, en avant et en haut, impriment leurs traces sur Ips viscères (foie, rate, etc ) et les refoulent vers la cavité thoracique; rabaissement du dia- phr.ipme dans l'inspiration est ainsi fort limité; aussi la femme tient-elle a utiliser la partie supérieure du thorax dans la respiration L'étranglement de la taille produit le tassement de l'intestin qui va refouler les organes contenus dans r»'xcavatinn pelvienne. Il n'est pas rare de rencontrer sur le foie des sillons creusés par les côtes.
I)«ns la moitié inférieure du thorax, les extrémités antérieureR d»'8 côtes de chaque côté se rapprochent si bien que les cartilages C0i>t;4ux deviennent parallèles, que l'angle xiphoïJien disparaît, remplacé par un ^illon long et
ié
^«ATOMi. ART,«x,OUK Z,U C0KP« HUMAiN
« /. - CARACTERISTIQUES 09SECSES.
Bassin de l'homme.
CARACTÉRISTIQUES OSSEUSES
Pl :.
ém fff. mifléi trtÊ I»
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Fia 3 — PtAX urtmAt.
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Bassin do l'Iiomme.
l'RINCfl'ALES PARTIES DU SQUELETTE 49
étroit, partant da creux de l'estomac pour s'élari'ir seulement au niveau Je l'ombilic.
C'est là le terme extrême d'une déformation qui n'a pas toujours besoin d être aussi accentuée pour être fort préjudiciable à la santé.
La mode du corset droit a fait disparaître les gros inconvénients du corset cintré, et la taille de guêpe n't^ntre plus dans l'idéal de nos élégantes. Le corset droit a le grand avantage de dégager l'épigastre et tout le thorax inférieur en prenant son point d'appui sur les os du bassin, mais son danger, qu'il importe aussi d'éviter, est la compression exagérée de l'abdomen, dont les organes ont également besoin de se développer librement.
Bassin (pi. 7 et 8).
Le bassin est, de tout le squelette, la partie la plus différenciée chez la femme, car il est directement en rapport avec les fonctions spéciales qui lui sont dévolues. Il est plus large et moins haut que relui de 1 homme. On donne généralement les rhirTres suivants:
Homme. Femme.
Lar;;eur mosur< e des points les plus éloignés
de la crête iliaque 28 c. 30 c.
Hauteur 20 c. 18 c.
Ces différences «le proportion sont déjà fort caractéristiques. Mais en desrendant aux formes de détail, on constate, en outre, que, chez la femme, les fosses iliaques sont plus larges, plus évasées et en général plus déjetées en dehors; le sacrum est plus concave, plus large à sa base et inoins haut ; le petit bassin est plus bas et plus spacieux; le détroit inférieur est plus large; la svmphvse pubienne esl moins haute; les arcades pubiennes sont ouvertes, hirges, à lèvres déjetées en dehors; les ischions sont plus distants; la grande échancrure scialique est plus ouverte et moins profonde; l'inclinaison du bassin dans son ensemble est plus prononcée; enfin les cavités coljloîdes sont plus éloignées l'une de l'autre, d'où résulte une obliquité plus grande des fémurs
Les mensurations aux(}uell»-s nous nous sommes livré et (jiie nous avons consignées plus haut (tabl. {) nous permettent d'établir que, même d'une façon absolue, le bassin de la femme l'emporte dans toutes ses dimen- ftions. à l'exception d'une seule (1), sur celui de Ihomme.
(1) Le diaïuétre bi-iliaque antérieur.
50 AiNATOMlE AK116TIQUE DU COUPS HUMAIN
Planche 8. — Caractéristiques osseuses. Bassin de la femmo.
Le bassin de la Femme diffère de celui de l'homme en ce que, dans l'eusemblo, il est moins haut et plus large. En outre, les fosses iliaques sont plus étendues, le sacrum plus concave et moins haut, le petit bassin plus spacieux, le détroit inférieur plus large, les arcades pubiennes plus ouvertes.
CARACTKRISTIQUKS OSSKUSES
l'L. 8.
hw <• iaonuB vteiiMt «««c k
Ca'iM eM}lo««i.
Fie. 1 — Plo »A-rt*l£l'R.
r«Mn«i:4 •l»q'<«.
Cocrp 4<li»uai •••( ri«cftin H
Fie. t. - Pla.1i rofTttui'ii.
C«>mji
Fie. 3. — Pco urtiÀL.
0* raU aidOT «.i.
Bassin de la femme.
IMUNCIPALEb l'AHTItS DU SQUELETTE
53
En outre des caradéres généraux du bassin féminin dont je viens de parler, il v a lieu de signaler quelques variations individuelles qui ont de l'importance au point de vue morphologique.
Bassin ouvert et bassin fermé (fig. 4). — Chez les animani, le bassin csL long et étroit, et i t^piiie iliaque antérieure et supérieure, au lieu d'être tournée vers la ligne médiane, est déjetée en dehors, de sorte que, contrairement à ce qui a lieu jdans l'espèce humaine, le diamètre bi-iliai^ue antérieur est plus considérable que le diamètre bi-iliaque externe. Sans jamais atteindre cette conformation, il est des cas dans lesquels la for- rnult' hufn.'iine tend à s'en rapprocher.
Fie. 4 — i< isHiiis nuvrrtf et l>«ssins fermte.
A (T'urhe, ha*«int •l'hommft AB. A droilf. (>ai<in< Ar frmm^* CD. Fn hmii, bats^n» frrm«'t \<". Kii b«a, hattiii» nu«(*rit BD.
5i ANATOMlii ARTISTIQUE DU COKl'S HUMAIN
La ceinture osseuse formée par le bassin est séparée en deux parties par le détroit supérieur. C'est, au-dessus, le grand bassin et, au-dessous, le petit bassin. Le petit bassin, qui commence au détroit supérieur, se termine, en bas, par une autre partie fétrécie qui est le détroit inférieur. Les dimen- sions du petit bassin et de ses détroits importent seules pour l'accomplisse- ment régulier de la parturition. Quant aux proportions du grand bassin, elles peuvent varier sans influencer la gestation de façon notable.
Aussi observe-t-on, au sujet de la conformation du grand bassin, de grandes variations individuelles, aussi bien cbez la femme que chez l'homme. Deux t)pes extrêmes sont à noter : le bassin largement ouvert et le bassin fermé.
Daas le premier type (B, D, fig 4), l'ilion s'évase, s'étale pour ainsi dire, les crêtes iliaques s'éloignent l'une de l'autre et les épines iliaques se portent en dehors. Le bassin s'ouvre en avant. Dans ce cas, les dimensions du diamètre bi-iliaque antérieur se rapprochent de celles du diamètre bi- iliaque externe, sans jamais les égaler toutefois.
Dans le second t\pe (A, C, fig. 4), au contraire, l'ilion se redresse, les crêtes iliaques s'incurvent transversalement et les épines iliaques se rap- prochent l'une de l'autre. Le bassin se ferme. Les dimensions du diamètre bi-iliaque antérieur diminuent et s'éloignent davantage de celles du diamètre bi-iliaque externe.
C'est donc une erreur de considérer comme un des caractères obligés du bassin de l'homme le resserrement de la circonférence du bassin qui est le propre du bassin fermé. Car les deux types se rencontrent dans les deux sexes et, suivant la statistique de Charpj, le bassin ouvert serait même un peu plus fréquent chez l'homme, qui en présenterait les types les plus accentués.
Si nous considérons seulement la diflërence d'étendue entre le diamètre bi- iliaque externe et le diamètre bi-iliaque antérieur, différence qui traduit le degré de courbure de la moitié antérieure de la circonférence supérieure du bassin, les chiffres que l'on obtient sont en faveur d une plus grande accen- tuation de la fermeture du bassin chez la femme. Cette différence est, en effet, de0*,61 chez la femme, tandis que, chez l'homme, elle n'est que de 4*,91.
Il résult(3 de ceci qu'il existe des hommes avec un bassin ouvert et des femmes avec un bassin fermé, d'où des variétés individuelles qui semblent aller à rencontre de la notion courante et vraie, somme toute, du bassin large chez la femme et du bassin plus étroit chez l'homme, mais qui,
I'RI.NCIPaLKS I'ARTIKS Dl] SQUELETTE 55
au contraire, à tout bien considérer, ont l'avantage de mettre une limite aux exagérations auxquelles se sont livrés, à ce sujet, certains artistes. Klies contribuent à mettre en valeur ce fait sur lequel nous insistons dans nos cours, depuis longtemps, à savoir que l'étroitesse du bassin, cbez riiomme, ne saurait dépasser un certain degré, et qu'une belle largeur des hanches fait partie d'une bonne et solide conformation. De même, chez la femme, la largeur des hanches ne saurait s'exagérer sans dépasser les bornes d'une ("'nstitution normale.
Dans les formes extérieures de la région du bas-ve[itre et de l'aine, ces deux types de bassin jouent un rôle important, ainsi "que nous le verrons quand nous traiterons de la morphologie de ces régions. Le bassin évasé chez l'homme concourt à réaliser le type large, qui présente, d'autre part. un puissant thorax développé en largeur et des membres massifs doués de ri\uscles d'un beau vohnne
Position du sacrum (lig. 5). — Le sacrum peut être plus ou moins entré entre les deux os coxaux, de manière que le promontoire, c'est-à-dire l'angle (jue forme la colonne lombaire et le sacrum, se trouve situé plus l)as ou [dus haut par rapport au détroit supérieur. Dans le tvpe « promon- toire haut ». la disl.iTii'o (iiii sépare la crête iliaque des dernières côtes s'ac-
Fir. 5 — l'osition du wcrum par : ' l"*-"«iti. \, j-xu v<y nur.
b. Mcrum haut placé C. sacrum . - '<■ Im^mm; d'où il r.»ulU-. d.»»
Icf troii c«», une hauti ur du IUmu ,iui. r, ..t. . ainsu quon pj-ut •"- n r.-u.lre, compte «ur c«« scJn'mJi*, par l'iiili r»all.- <|ui iM-parr la d.rincre càU de 1* crétr iliaque. Une ligne poinlilllc« horuonUle pa*»e «ur U» irujs fijjurr» ftll méiuc iiircAu de l'ot u)i«L
56 AlsATOiMiE ARTISTIQUE DU C0RP6 HUMAIN
Planche 9. — Caractéristiques osseuses. Diamètres transverses du torse.
Exemples de bassin relativement étroit A et de bassin large B. Même dans ce dernier cas, la largeur des hanches ne dépasse pas celle des épaules.
CARACTÉRISTigUKS OSSKISKS
Pl. i;.
Diiftiiit'treii tr»iiiNrrt»ei du loriw?.
PRINCIPALKS PARTIES DU SQUELETTE 5»
croît, et les proportions en hauteur «lu flanc augmentent. C'est l'inverse dans le tvpc du « promontoire bas », qui s accompagne de brièveté du flanc.
Suivant Charpv, sur 80 bassins examinés, la iJifférence de hauteur variait de 50 à '.io millimètres. Le tj pe à promontoire bas s'est rencontré dans la proportion de r5 '/o, le type haut dans £0 "/,, le reste était du t^pe moven.
A quelques unités près, les deux sexes présentent, à ce sujet, le même pourcentage.
Orientation du bassin. — Sur le vivant, le bas>in n'est guère hori- zontal (jue dans la station assise, le siège reposant sur les ischions. Dar;s la station verticale, il s'incline manifestement de façon a présenter en avant sa circonférence supérieure. Cette inclinaison varie avec les indi- vidus, mais on peut considérer comme une moyenne la position dans laciuelle lt> bord antérieur du pubis et les deux épines iliaques antérieures et supérieures sont compris dans le même plan vertical.
Il suflit d avoir observé quelques modèles pour se rendre compte des variations que subit la li|;ne sinueuse qui suit le contour postérieur de la moitié inférieure du torse. Cetlc ligne épouse d'abord la concavité de la colonne lombaire pour circonscrire ensuite la convexité de la région sacrée et des fesses Aux reins, elle révèle les variatioiis de courbure de la rolonne lombaire; au sacrum, elle tradui l'inclinaison du bassin. iJans l'ensemble, elle reproduit ce qu'on est convenu d'appeler l'ensellure du torse ou la cambrure.
(>barpj* a démontré que la courbure des reins subit (juelques variations suivant les individus et qu'elle est toujours un peu plus accentuée chez la femme (jue chez l'homme.
.Mais les variations de l'inclination du bassin sont plus considérables et jouent un plus grand rôle dans la production do l'ensellure
Aussi l'inclinaison du bassin a-t-elb' plus particulièrement retenu l'al- tenlion des analomisles. On a d'abor»! recherché cette inclinaison par rap- port h la colonne vertébrale. .Mais quand on parle d'inclinaison pelvienne, on a surtout en vue l'inclinaison du bassin sur une ligne idéale verticale ou horizontale. La plupart des auteurs ont choisi pour représenter l'aie du système le diamètre anléro-postérieur du d» troit supérieur En pré- sence de la difficulté de sa mesure sur le vivant, (Jiarpv là remplacé par l'axe de la sunpinse pubienne ({ui, facilement abordable sur le cadavre.
6U ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
n'est pas sans être d'un accès moins sûr et plus délicat sur le vivant. Le résultat auquel il est arrivé sur le cadavre est d'un haut intérêt, parce qu'il établit, d'une façon indiscutable, l'étendue des variations individuelles en dehors de l'influence de l'attitude et du maintien. Sur 116 sujets, il a trouvé que l'obliquité de la sjmphjse pubienne varie de 45" à 70°. Le chiiïre 45 correspond à ce que j'appellerai le bassin droit et le chiffre 70 au bassin incliné.
Dans mes recherches à ce sujet sur le modèle vivant, j'ai eu recours à une autre méthode d'une grande facilité d'application. Elle consiste à mesurer l'inclinaison de la face postérieure du sacrum à l'aide d'un compas spécial (i).
Voici les résultats obtenus :
Sur 30 hommes, la 'moyenne de l'inclinaison de la surface sacrée est de iS", avec minimum de 6" et maximum de 30°.
Sur 100 femmes, la moyenne est de 29°, avec minimum de 17° et maximum de 43°.
Les sujets observés peuvent se répartir ainsi suivant le degré de l'iucli- naison :
Sur 30 bommes :
Le bassin droit mesure de G*» à 12»
— moyen — 12° à 20»
— incliné — 20° à 30»
Sur 100 femmes :
Le bassin droit mesure de ". . . l?" à 25*
— moyen — 20» à 36"
— incliné — 36^ à 43»
Dans chacune de ces catégories, on compte :
Pour le bassin droit 25 sujets.
— moyen 61 —
— incline 14 —
(1) Ce compas se compose d'une plaque de bois destinée à la région sacrée, sur laquelle on la maintient soigneusement appliquée d'une main, pendant que de l'autre on soulève jusque l'horizontale une tige de cuivre articulée à son bord supérieur. []n niveau d'eau fixé sur cette branche mobile du compas p'ermet d'obtenir l'horizontalité parfaite. Un demi-cercle gradué donne la mesure de l anyl(j luil |<ar la plaque de bois avec la verticale.
PRINCIPALhS PARTIKS DU SQUELKTTE 61
Il résulie de ces chilTres : !• que l'inclinaison du bassin f>l manifestement plus grande chez la femme que chez l'homme ;
2* Que chez la femme, le nombre des bassins moyens est le plus considé- rable (01); viennent ensuite les bassins droits (:25), et les bassins inclinés sont en [dus petit nombre.
Si l'on voulait ne retenir que les sujets dont l'inclinaison du bassin répond exactement à la moyenne i9', considérant comme bassin incliné ceux qui mesurent davantage et comme bassin droit ceux qui mesurent moins, on CQmpte :
A ay» 10 sujets bdssin moyen.
Au-dessus 50 — — incliné.
Au-dessous 40 — — droit.
La prédominance, duns ce cas, du nombre des bassins inclinés (50) sur celui des bassins droits (40) provient de la proportion qui existe dans le groupe moyen (61) entre les bassins moyens (10), les bassins inclinés (30) et les bassins droits (!.")).
D'où il résulte que, dans les proportions au voisinage de la moyenne, le iiumbie des bassins inclinés est plus considérable que celui des bassins droits, tandis que si l'on considère les degrés extrêmes, c'est le nombre des b tssins droits qui l'emporte.
L'inclinaison du bassin varie avec les attitudes. Elle diminue dans la station assise Elle angmt^nte dans la station à genou aus>i bien chez Ihomm»' que chez la femme, ce qui résulte de linextonsibilité, au dtda d'un certain degré, du droit antérieur de la cuisse qui, dislendu parla flexion du genou, attire à lui le bord antérieur du bassin, pendant que la flexion de lu cuisse sur le tronc, dans la station assise, libère le bassin et lui peimet de be redresser jiisqu'à atteindre l'horizontale.
blAMKTHES THANSVKHSES DU TOHSE.
Dans la différenciation des sexes, les dilTérences dans les diamètres trans- vcrses du torse occu|»ent une première place.
On distingue aux épaules comme aux hanches doux mesures de largeur, deux diamètres, l'un pris sur le stiuelelte du tronc lui-même, diamètre bi- acromial, diamètre bi-ilia<|ue, l'autie pris sur le vivant et englobant la ra- cine des membres, diamètre bi-huméral, diamètre bi-trochantérien Jig. 6 )
62 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Ce sont ces derniers qui nous intéressent plus parliculièreinent et l'on donne les chiffres suivants :
Homme. I emn.e.
Diamètre bi-huméral 39 35
— bi-trochantérien 31 32
Différence 8 3
Nos mesures nous fournissent des chiffres un peu plus forts :
Hommes. Femmes.
Diamètre hl-huméral , 42,5 36,85
— bi-trochantérien 32,6 33.31
Différence 9,9 3,54
On voit que la différence entre les deux diamètres est sensiblement la même, dans les deux cas, chez la femme, tandis que, dans nos mensura- tions, elle s'accroît sensiblement chez l'homme.
Si ces mesures sont ramenées aux proportions relatives à la taille ^^ 100, les résultats sont à peu près les mêmes, comme en témoignent les chiffres suivants :
tiomrce. Femme.
Diamètre bi-huméral 25,4 23,23
— bi-trochantérien 19,5 20.93
Différence 5,9 2,b0
Si l'on considère, au contraire, les diamètres transverses du tronc, abstraction faite des membres, diamètres bi-acromiaux et diamètres bi-iliaques externes, leurs rapports sont en sens inverse chez l'homme et chez la femme.
Chez l'homme, le diamètre bi-acromial l'emporte toujours sur le diamètre bi-iliaque. Chez la femme, au contraire, le diamètre hi-iliaque l'emporte sur le diamètre bi-acromial, mais la différence est moindre.
Voici des chiffres :
Homme. îemme.
Diamètre bi-acromial 32 cent. 29 cent.
Diamètre bi-iliaqiie :^8 — 3'J —
Différence entre les deux diamètres 4 — 1 —
Si l'on rejoint par des lignes droites les points extiêmes de ces différents diamètres (fig. 6), on remarque qu'elles figurent des trapèzes dont les
PRINCIPALES PARTIES OU S 0 U F. l. E T T E
«3
petits et grands côtés sont orientés dans le même sens pour les diamètres comprenant les racines des membres, tandis «lu'ils sont orient/'s en sens inverse pour les diamètres du squelette du torse seul.
Les diamètres transverses du torse aux épaules et aux hanches ne s'ac-
.y
/
\ s ^--.>-
Fie I. — Di&mètrM transverses du torse chet l'horarae et chez la frinme.
Les traits Jiiconliiiiis indiquent les diamètres de la rarine des inrnibr<-s, diaciiétic lii huiinral ri iliamètre bi>tro. hant<'rirn. Los irails on pom illé indi'iuent !•■!> •liamclret uns sur le s |ii<U-lte du irtmc lui-inénie, diamètre bi-croiiiial ei diamèire lii iliaque interne. Os derniers ririoncrivenl un trapi-/>- qui a été lé^éremcnl teinté de gris.
croissent pas proportionne letnent à la taille. En mesures ah.soiiies, res diamètres Konl plus grands dans les grandes tailles que dans les petites. Mais si nous ramenons ces mesures en proportion de la taille -= 100. nous constatons que, dans les petites tailles, la largeur du torse est relativement plus grand',' (juc dans les grandes. Voiii los I liiiïrt'8 :
Grands taille. Pclite taille.
/ Kpaulos...,
M sures aljsolues \ Hancli»'» en centimètres i
( hilTiTBiico.
ilvpautcs. . . ifanchis.. DilTêreu' e
|
37.fi9 34.19 |
?6.01 33.43 |
|
3.50 23,04 ÎÎ0.90 |
3.5(( 23. 4i |
-^M
1.33
64 ' ANAlOAllli AUTISTIQUE DU CUiiPà HUMAIN
Planche 10. — Muscles.
Écorché superficiel féminin. Vue antérieure et vue latérale.
I.a myologie, chez la femme, ne diffère point de ce qu'elle est chez l'homme. La masse musculaire est moindre, mais, si le volume des muscles est plus petit, leur forme et leurs insertions au squelette ne changent point.
MUSCLES
Pl. 10.
Muscles df la fcnuiu». Vue antérieure cl vue latérale
PRINCIPALES PARTIKS OU SQUELETTL: 67
Chez la femme, les deux diamètres du torse tendent donc vers l'égalité et, en raison de la plus grande accumulation de gr.iisse aux hanches, l'at- teignent quehiuefois, mais le ra{>j)orl inverse ne se réali>e jamais.
Il n'est donc p.is exact de comparer le tronc dans son ensemble à un œuf dont le gros bout serait lourné en sens dillérent dans les deux sexes, en haut (liez l'homme, en bas chez la femme.
11 existe dans la nature de grandes variations relativement aux «limensions transverses du torse (pi 9). Les sujets aux épaules larges et au bassin moyen- nement développé ne sont pas rares. Les déesses antiques sont toutes taillées sur ce modèle. Et la jeunesse, qui s'accompagne d'un pannicule adipeux modéré, donne à certaines jeunes filles l'allure de jeunes adoles- cents Tandis que, Hans l'Age rmlr, l'on rencontre les puissantes localisa- lions graisseuses qui, jointes au développement du squelette, créent les types aux larges et amples bassins.
Après les os, il conviendrait de parler des muscles. Mais ils sont exacte- ment les mêmes chez la femme que chez l'homme. D'un volume général moindre, ils ne jouent pas, dans la forme féminine, le rôle qu'ils ont chez l'homme Leur relief est d'ailleurs atténué, chez la femme, par la couche de graisse dont nous allons parler au chapitre suivant. Toutefois la graisse n'est pas l'unique agent des formes féminines normales qui doivent résulter d'un harmonieux concours des modelés gi;ii>Reux et des modelés muscu- laires.
Je n'ai donc pas à d-crire ici les muscles de la femme et je renvoie le lecteur à la partie élémentaire de ce cours, publiée il v a déjà une dizaine d'années. Il m'a semblé bon néanmoins de les résumer en deux planche* repré&eutant i'écorché buperliciel (pL 10 et pi. 11).
68 ANAÏOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche H. — Muscles.
Écorché superficiel féminia. Vue postérieure.
MUSCLES
IM.. 11
Muscles de la femme. Vue po»l<^rieuro.
CARACTÉRISTIQL'ES GRAISSEUSES
Il est de notion courante qu'une des principales dilTérences morpholo- giques, entre l'homme et la femme, consiste en ce que, chez cette dernière, la graisse plus abondante adoucit les heurts de l'érorché, efface plus ou moins les saillies osseuses, et, en résumé, arrondit les surfaces, j creusant, en certains endroits, des [ilis et des fossettes caract»Tisli(juos.
C'est sur cette notion vraie en elle-même, quoique assez simpliste, qu'ont vécu jusqu'ici les artistes. Mais, en réalité, la questiim est un peu plus complexe, et les idées généralement admises sur le rôle de la graisse dans la conformation féminine ont besoin d'être revues et précisées.
Il est vrai que l'anatomie médicale a s^stomatiquemont néiiligé l'rtude du tissu adipeux. Pour les anatomistes penchés sur le cadavre, la graisse a toujours été sans intérêt, encombrante, nuisible k la clarté et à la netteté des préparations. C'est 1' « anatomie vivante » <jiii a montré la part consi- dérable que prenait la graisse dans la morphologie du corps humain et lui a rendu la place légitime qu'elle doit avoir à côté du squelette et des muscles.
Elle a mis en lumirre ce fait caijilal (|ue la cuuclie graisseuse qui tlouble la pe.iu ne varie pas seulement d'un individu à un autre, réalisant ainsi le iy\te des gras et celui des maigres, mais qu'elle change d'épaisseur, sur un même sujet, suivant les régions du rorps, devenant ainsi l'unique cause de formes spéciales que le scjuelette et les muscles ne peuvent expli- quer.
Du même coup ont été démontrées l'existence de la graisse même chez les sujets ré{»utés maigres et son importance physiologique surtout chez la femme. Chez tout sujet bien portant une réserve de graisse est nécessaire, et la crainte de l'obésité ne doit pas conduire à la faire disparaître entièrc- menl. Ces réserves de grais.->e s'accumulent en tles endroits de prédiKvtion. Elles sont bien connues des éleveurs et des vétérinaires qui leur ont donné, chez les animaux, le nom de maniemenU Dans l'espèce humaine, ou lei
71
72 AiNATOMlE ARTISTIQUE DU COUPS HUMAIJM
Planche 42. — Caractéristiques graisseuses. Schéma des locali?ations graisseuses chez l'homme et chez la femme. Le trait noir avec ses diOVrences d'épaisseur indique les variations de l'épaisseur du pannicule adipeux chez l'homme. La zone claire qui lui est extérieure montre le développement que prennent chez la femme les mêmes localisations grais- seuses.
A. Coupe verticale antéro-postéricure sur laquelle sont indiqués les tracés des coupes horizontales suivantes :
B. Par le milieu des seins perpendiculairement au thorax. Cette section rencontre l'extréniilé inférieure du sternum, la cage thoracique, la septième ou huitième vertèbre dorsale, et passe au-dessous du scapulum. En arrière, elle coupe les spinaux dorsaux et le faisceau radié du grand dentelé, tous deux recouverts par le grand dorsal, et, en avant, le grand pectoral.
C. l'ar le milieu du flanc. Cette section rencontre la colonne vertébrale vers la troisième lombaire, coupe les grands droits do l'abdomen, les trois muscles latéraux de l'abdomen, grand oblique, petit oblique et transverse, l'extrémité inférieure du grand dorsal et les spinaux lombaires,
D. I*ar le travers de la hanche. Cette section passe par l'épine iliaque antérieure et la tubérosité iliaque postérieure, coupe le sacrum près de sa base, les moyens et petits fessiers près de leur milieu, le grand fessier à sa partie supérieure et les spinaux lombaires.
E. Par le pubis (dessus) et le grand trochanter. Cette section passe au-dessus de l'ischion, rencontre, en avant de la tête fémorale, une masse musculaire for- mée des muscles internes de la cuisse, du couturier, du droit antérieur et du tenseur et coupe, en arrière, le grand fessier.
F. Par la partie supérieure de la cuisse, au-dessous du grand fessier.
CARACTÉRISTIQUKS GRAISSFUSKS
I>L. 12.
Schéma dos localisations graisseuses chez l'homme et chez la frnmie.
I
CARACTÉRISTIQUES GRAISSEUSES 75
appelle les localisations graisseus s. Elles ont, en général, le même si» ge chez l'homme et chez la femme. La seule différence est que, chez celle dernière, elles sont beaucoup plus abondantes et deviennent un des prin- cipaux caraclères sexuels secondaires.
En dehors des proportions d<i squelette, c'est donc à la graisse que revient le rôle prépondérant dans la différenciation morphologique des sexes. Si bien que, dans certains cas palhologiiiues, sa disj)arilion atténue ou mèmp supprime les caracl» rcs sexuels de la forme, surtout si le cas s'accom- pagne d'un bassin ouvert chez l'homme et d'un bassin fermé chez la femme. L'excès d'embonpoint conduit au même résultat en faisant dispa- raître les localisations graisseuses spécifiques dans l'accumulation grais- seuse générale.
La graisse affecte dans l'organisme deux localisations différentes.
L'on sait que toute la surface de l'écorché esl recouverte d'une grande aponévrose continue qui l'entoure de toutes parts. C'est l'aponévrose géné- rale d'enveloppe que la dissection détruit d'ordinaire pour montrer le muscle à découvert,
La graisse s'accumule au-dessus et au-dessous.
Au-dessous, elle remplit les vides que laissent entre eux Fes différents organes; elle comble dt-s inlersli.es musculaires, accom|)agne les vaisseaux et les nerfs, entoure les li^amenis et les insertions musculaires Elle constitue le tissu adipeux d'interfosilion. Elle n'est jamais en quantité con- sidérable même chez les gens tris gras et son rôle moiphologique e>t restreint (1).
Il n'en esl pas de même du tissu adipeux situé au-dessus de la gran»le envelo{ijie aponévroticiue, tliredenient au-dessous de la peau à lacjuelle il est intinuinent uni. 11 porte le nom de panmcule adipeux sous culnne, et son rù!e morphologique est très important. 11 (st cause que la peau n'est pus directcinenl appliquée sur l'écorché. O'est dans son inléritur que se for- ment les localisations dont l'effet e.>-t d'ajouter, aux formes osseuses et
(1, Toutrfois le tissu adipeux d'inlerposiliun tient en certains points une place qui vaut d'être signalée. C'est lui ({ui n nqilit le creux de l'aisselle, le pli de l'aine et le creu.x poplité Au-dessus du tendon rutulien, il witervi< nt dans le mécanisme d„' rariiculuiioii du ^'euou et datis l'extension de celte arliculalion furnie deux K ImN latéraux iinpnrlants dans la niorplndogie de la régiuii.
Enlin, la lioule giai.>-»euse de Hi(-I>al lunible, à la faee, le vide qui ciible, lur 1» I pielette. au dessous de l'os jugal.
76
ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
aux formes musculaires, d'autres formes spéciales qui méritent de prendre rang à côié des précédentes sous le nom de formes graisseuses.
Ce sont ces formes qu'il importe de préciser. Les recherches dans ce but ont été entreprises sur le vivant, et une disposition anatomique spéciale de
Couche cornée.
Couche de Malpighi.
Papilles.
Derme ou chorion.
Feuillet réticulé superficiel adhérent.
Pelotons adipeux.
Feuillet profond non adhérent à l'aponévrose générale d'enveloppe.
Epiderme. t3 ( Derme.
Pannicule adipeux.
Aponévrose générale|, d'enveloppe. Muscles. '
II'.. '. — Coupe verticale d'un pli de la peau, d-après une planche murale dessinée
par le D' Chicotot.
la couche graisseuse les a rendues faciles, permettant de mesurer, par un procédé rapide et simple, son épaisseur dans les diverses régions.
Cette disposition anatomique est la suivante (fig. 7) :
Le pannicule adipeux est formé de trois couches : une couche superfi- cielle faite d'une lame réticulée intimement unie à la peau; une couche profonde, sorte de feuillet celluleux qui glisse facilement sur l'aponévrose •générale d enveloppe et entre les deux, en quantité variable, la graisse
CARACTEKIôTldUES GRAISSEUSES 77
sous forme de pelotons m.«inleiius dans des loges r(MiNliliiées [lar des cloisonnements cellulaires.
Il résulte de cette disposition que si Ion fait uri [tli à la peau, on entraîne forcément avec elle le panniçnle adipeux qui j^lisse sur les parties profondes. D'où il suit que, dans un pli de la peau, il y a deux fois l'épais- seur de la (leau elle-inèrne et deux fois répai>>eur du pannicule adipeux. Mais comme l'épaisseur de la peau est une valeur à peu près const.nite qui ne dépasse pas 1 à 2 millimètres, la différence d'épais.^^eur des plis cutanés répond donc à des différences d'épaisseur du pannicule adipeux.
Il suflit donc de mesurer l'épaisseur des plis cutanés aux différents endroits du corps pour a[iprécier les variations du pannicule adipeux sur un même individu. Un compas d'épaisseur spécialement construit a «et effet facilite cette recherche. Mais avec un peu d'habitude on arrive, à 1 aide de p'is faits simplement avec les doigts, à une précision suffi- sante
Au torse, les localisations graisseuses sont communes aux deux sexes. Elles existent prin<-ipaieiijeiit à la région nianimaire, à lahiioinen, au flanc et aux fe«-scs (pi. M).
Sur les limites du torse et aux membres, elles sout plus spéciales au sexe féminin (pi. d5).
Nous allons dire un mot des principales en les classant par ordre d'im- portance.
Localisation graisseuse de la fesse. — Le volume et la forme de cette région ne sont point dus, comme on le pense généralement, au muscle ^Tand fessier, quelque volumineux qu'il soit. La graisse joue là un rjle prépondérant. Les fesses fermes et en pointe de l'adolescence sont dues à un tissu graisseux dense et résistant (pi. I.'S) Les fesses aplaties des vieillards tiennent en grande partie à la fonte et à la disparition du même tissu. On peut remarquer, eit outre, que, même chez les individus qui pre.senlent un déveh^ppement musculaire considérable, avec un panni- cule graisseux aussi réduit que possible, comme les allétes et les gyiu- nastes, la fesse offre une saillie très peu marquée. Elle est même parfoi^i aplatie et, sauf ({uand le muscle se contracte, elle a une consistance molle cl fluctuante que les fesses dites j^rai^seuses n'ont j»as au même degré.
Chez la femme, au contraire, qui est peu musclée d'ordinaire, la région
ArSATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche 13. — Caractéristiques graisseuses. Exemples de localisations graisseuses des fesses et des flancs.
A, B. Foi-scs volumineuses chez de jeunes modèles.
C. Le modèle B dans la station assise.
D. Fesses aplaties de vieillard.
E. Croquis montrant, chez un jouuo sujet, le flanc se confondant en bas avec la fesse et limité en haut par un sillon profond qu'accentue la station hanchée.
F. Bourrelet graisseux du flanc chez un homme un peu gras.
G. Bourrelet graisseux du flanc distinct, chez certains sujets, de la saillie muscu- laire du grand oblique, disposition qu'accentue le reuversement du torse en arrière.
CAUACTKHISTigrKS (i U A I SSK l' S KS Vi . \X
£. >:
LocaliHationH )(ruiHH«iiiit"« Am fr^Hcf» ri <l«*n fliaricK.
CARACTERISTIQUES GRAISSEUSES
%i
fessière prend un développenoent remarquable presque euiièrement dû à la gra!s.>e. Et c'esl à la graisse également que la fesse doit sa forme, «consé- quence d'une dispDbilion anatoinique spéciale sur laquelle nous revien- drons et qui maintient nettement délimité, en bas par le pli fessier, la masse graisseuse accumulée dans cette région. De plus, la largeur du bas- sin, chez la lemine, en augmente encore l'étendue transversale et ajoute à l'importance excejitionnelle que la localisation graisseuse fcïsière ac(ji.iLrt
iijr'-<-lit giai«t^ut da
lombaire UUrale -urc
loaibiir«liit'nil«
Itif. r .-un
Ri>urr«lFl graito^ut (iu flauc.
F>i>«.-lt'- l.mhiirr |jti*rs;r
la (cmne. i
Fie. 8. — Bourrelet grais^uz du fljuic chez rbomiiie et cht-ï la femme.
au point d'en faire un des premiers éléments de différenciation sexuelle.
En aucune autre partie de l'organisme, d'ailleurs, la graisse n'est aussi abondante.
Bourrelet graisseux du flanc. — Après la fesse, la partie posté- rieure du tlaiic lient le second rang dans l'échelle des localisations grais- seuses.
En cet endroit, sur la limite des reins, il existe constamment, même chez les maigres, un véritable bourrelet graisseux qui non seulement comble un vile normal sur l'écorché, mais fait encore une saillie très nette dont l'importance a été méconnue. Chez les sujets qui commencent À faire de
82 ANATOMIE AKTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
l'embonpoint, le bouirelet graisseux du flanc prend rapidement un déve- loppement remarquable; mais c'est chez la femme que la graisse accumulée en cet e région acquiert son plus grand développement (fig. S).
Celte nla;^se graisseuse atteint, par en haut, les limites de la région, c'est-à- dire le sillon supérieur du liane qui la sépare toujours de la région sous- scapulaire souvent aussi envahie par la graisse. Dans ce cas, un sillon oblique plus ou moins profond se creuse à cet endroit, qui s'accentue dans le hancliement, du côté de la jambe portante (pi. 13, l-^).
En bas, au contraire, le bourrelet graisseux du flanc n'a guère, chez la fe:nme, de limites précises et se confond avec le tissu graisseux de la partie supérieure de la fesse, si bien que les deux régions, fesse et flanc, semblent se confondre et que la fesse augmentant de hauteur paraît remonter jusqu'à la taille.
La graisse de cette région fait disparaître la fossette latérale lombaire supérieure qui correspond à l'angle rentrant de la crête iliaque et qui est constante chez l'homme, de sorte que, chez la femme, la fossette lombaire latérale inférieure correspondant à la tubérosité iliaque subsiste et, par son isolement même, gagne en importance (lig. 8).
Chez certains sujets et en particulier chez le vieillard, il arrive parfois que la surface du flanc est divisée par un sillon oblique qui sépare sa partie antérieure musculeuse du bourrelet graii-seux situé en arrière (pi. 13, G). Cette disposition s'accentue lors du renversement du torse en arrière.
Localisation graisseuse de l'abdomen. — La peau de l'abdomen est doublée d'une couche graisseuse toujours moins abondante que dans les deux régions précédentes, contrairement à l'opinion courante qui fait du développement abdominal le signe principal de l'embonpoint. Il n'en est pas moins vrai que l'épaisseur de la graisse de l'abdomen l'emporte sur celle des régions immédiatement voisines, différence qui s'accroît rapide- ment dès que le- ventre i^rend un peu de volume.
Cbez la lemme, la graisse qui s'accumule en celte région lui donne un aspect caractéristique. Llle a son siège de prédilection autour de l'ombilic, entre la taille et le pli courbe situé à quelques travers de doigt du pubis. L'ombilic se trouve ainsi placé au fond d'une sorte de cratère dont la pro- fondeur varie avec l'abotidancc de la graisse environnante. Le modelé des muscles grands druJls de l'abdomen, toujours bien accentués chez un
CARACTÉRISTIQUES G R A I SS K USKS 83
homme musclé est plus atténué chez l;i femme à cause de la superposition de la graisse en question, mais il n'en [)ersisle pas moins nettement chez les beaui modèles.
Ajoutons que, contrairement à ce qui arrive chez l'homme, la graisse chez la femme est en général plus abondante dans la région sous-ombilicale qu'au-dessus de l'ombilic (pi. i2).
Localisation graisseuse de la région mammaire, r- Même chez l'homme, dont la mamelle est rudimentairo, le tissu giaisseui joue un rôle important dans la forme de la région Ce tissu augmente d'importance de haut en bas, de façon à acquérir sa plus grande épaisseur dans la partie inférieure. Si bien que le relief de toute la région n'est pas uniquement dû au muscle grand pectoral, mais, comme à la fesse, le tissu graisseux y entre pour une part.
Il arrive parfois que celte localisation graisseuse est assez délimitée autour du mamelon pour être la cause d'un modelé spécial sorte de sein rudimentaire souvent bien observé par les artistes de l'Antiquité et de la Henaissance
Chez la femme, c'est de la graisse, beaucoup plusipie de la glande mam- maire elle-même, que dépendent le volume des seins, leur forme hémisphé- rique ou conique et aussi leur affaissement quand elle disparait.
Localisation cervico-dorsale. — Sur les limites du cou et du dos, au niveau île l'apunévrose ovulaire du Irapéze, coiffant pour ainsi la saillie (le la proéiniiionle, il existe souvent, chez la femme d'âge mur, une accu- mulation graisseuse assez volumineuse pour former comme une véritable tumeur. .Mais cette formation aiiipeuse n'est point l'apanage exclusif des femmes qui, sur le retour, prennent un peu d'embonpoint. Klle se ren- contre aussi chez les jeunes filles (pi l-i) Sa constance n'est pas abs«due. Lorsqu'elle existe, ses contours sont assez nettement dilimitis et il ne faut pas la confondre avec l'épaississemcnt constant et à limites diffuses du pannicule adipeui qui double la peau de la nuque.
Masse adipeuse prépubienne. — A la partie inférieure ilu torse, en avant, on observe, .surlout chez la femme, une accumulution de grai.sse qui couvre la svinpbyse pubienne. Df T rnu' triangulaire, elle est limitée
84 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche 14. — Caractéristiques graisseuses.
Localisation graisseuse cervico-dorsale chez une jeune fille de dix-neuf ans. Cette form^ n'est pas l'apanage exclusif de l'âge màr, bien qu'elle y soit plus fré- quente et plus développée.
CAKACTklUSTfglKS (i K A I SSK USKi
Pi.. J4.
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Lociliautiuii i;raiiu<-iiiip i-t-rvicu-ilomaU'
CAHaCTEHISTIQUKS GHAibbLL^hiS 87
en haut par le pli horizontal sus-pubien et, sur les côtés, par les sillons obliques des cuisses. C'est principalement à elle qu'est due la saillie de toute la région.
Localisation graisseuse post-deltoidienne. — A la partie posté- rieure et supérieure du bras, en arriére de l'insertion delloï-lienne, s'accu- mule, chez la femme, une masse graisseuse plus ou moins volumineuse mais fortcaraclori>lique (pi. i6). Klle est la cause de l'élargissement, dans le sens antero-postérieur, de la racine du bras. Elle ajiparait avec d'autant plus de netteté que le bras est porté en arrière, et il est certaines poses qui la mettent particuliéremetit en valeur (pi. 15 C, [)). Ses contours sont as.sez nets, et, cliez les femmes musclées, le modelé du triceps ajiparait au-dessous dans la moitié inicrieure du bra.s.
Localisation graisseuse sous-trochantérienne. — Cette locali- sation graisseuse joue un rôle important dans la l'orme féminine. Elle con- siste en une masse de graisse parfois très volumineuse située à la partie supérieure et externe de la cuisse (pi. 15, E, F, <i) La saillie qui en résulte comm^'nce en haut au nivetu du grand Irochanter, atteint rapidcrnent son maximum d'épaisseur, puis diminue graduellement pour cesser au nivcMu du tiers inférieur de la cuisse. Au-dessous, se distingue le sillon latéral externe de la cuisse, qu'elle comble dans sa partie supérieure.
En avant et en arrière, ses limites sont bien moitis nettes. En kvant, elle se confond avec le tissu graisseux de la face antérieure de la cuisse et, en arriére, avec celui de la fesse
Lorsque la graisse de ces deux régions est abondarjle, on observe souvent, à leur surface, de multiples dé, 'fessions plus ou moins profondes qui les font ressemblt-r, dasse/. loin il e>t vrai, caria régularité du dessin manque, À un rembourrajjc capitonné. La comparaison mérite toutefois d'être retenue à cause de la raison anatomicjue «{ui est la cause de ce singulier aspect dû à l'existerice de tractus fibreux inextensibles icliant la face pro- fonde de la peau a l'aponévrose d'enveloppe au niveau des dépressions La graisse faisant saillie dans les intervalles, l'analogie avec le mécuniKUie du capitonnage est assez frappante.
Les localisations graisseuses de la fesse et de la cuisse prennent, dans certaines races, un développement extraordinaire et vraiment monstrueux
88 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche 15. — Caractéristiques graisseuses. Localisations graisseuses de la racine des membres.
A, B, C. Localisation graisseuse post-deltoïdienne chez le même «u et vue sous divers aspects. Le renversement du bras en arrière accentue le relief de cette localisation.
D. Croquis pris sur un autre modèle.
E, F. Localisation graisseuse sous-trochantérienne vue en avant et en arrière chez un modèle d'un certain âge.
G. Même localisation graisseuse chez un modèle moins âgé appartenant au type des fausses maigres.
UAKALTEKiSTIgrKS <iKAlSSKrSKS 1», . i;,.
LoctlisatioriK ^ruiMM^iiBen .1^ U rié.iiie .!,•« iMeinhre».
CARACTÉRISTIQUES GRAISSEUSES
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Jij,'. 9). La sléatopygie des femmes boschimaries et hottentotes n'est pas a lire chose. Le volume "seul diffère et nos Européennes nous en montrent tous les degrés d'atténuation. Il est néanmoins un caractère différen- tiel iiitr rt'ssant à signaler, c'est que. dans la vraie sléa- topvgie, quelle que soit l'abondance de la graisse qui s'ac- cumule dans la fe>se, au point d'en faire un vérilahle promorjloire qui sert de siège aux enfants, elle reste exactement confi- née dans la région, elle ne se confond pas, conmie il ar- rive chez les Euro- pèetines, avec la graisse du bour- relet du flanc, tou- jours, chez les Doschimanes et les Hottentotes, séparé de la fesse par un profond sillon.
hir.. 9. — 5ttat(Ji)\j,'ie des ilottcritotca,
A, B. Même sujet vu par derrière et de profil. C. Sujet plus jeune, de profil.
Répartition de la graisse sur les membres (fig. 10). — D'une manière générale, l'èpais.scur <lu pannicule adij)eux sous cutané diminue de la racine des membres vers l'extrémité
Au membre supérieur, cette diminution tout le long de la face postérieure est d'une constance remarquable et ne souffre pas une seule exception sur les 20 sujets examinés à ce propos. C'est naturellement à la partie supé- rieure, au niveau de la localisation post-deltoïdiennc, qu'il est le plus épais.
9S
ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Vient ensuite, au bord interne, la région du coude, à deux exceptions près sur 20.
Au bras, le maximum d'épaisseur est en arrière, et le minimum, en avant, au niveau du biceps. Au niveau du coude, la moindre épaisseur est en dehors. A l'avant-bras, l'épaisseur est plus grande en dedans qu'en dehors et en dehors qu'en arriére. Enfin, au dos de la main, la graisse disparaît presque entièrement. Ces résultats sont consignés sur les schémas ci-contre (fig. 40) et
représentés par les chiffres disposés le long des profils.
Au membre infé' lieur, l'accumula- tion graisseuse est notablement plus abondante qu'au membre supérieur. Il se produit à la cuisse une curieuse opposition entre la face externe et la face interne . En dehors, la couche graisseuse, qui est représentée par la masse sous-tro- chantérienne. va en diminuant au fur
et à mesure qu'elle s'approche du genou. En dedans, c'est le contraire. Faible à la racine du membre, elle augmente d'épaisseur en descendant pour acquérir à la face interne du genou une importance souvent consi- dérable qui joue un rôle dans la morphologie de la région. Je n'insiste pas ici sur les formes graisseuses de la partie antérieure de l'articulation.
La forme bombée eri avant que présente la cuisse, chez certames femmes, est due à un pannicule adipeux abondant, toujours plus épais
25,4
28.5
FiG. 10. — Épaisseur du pannicule adipeux au membre supérieur et de la cuisse chez la femme.
Le< chiffres indiquent cette é[)aisseur en millimètres, que la force du trait noir renrésente approximativement.
CAHACTKKI8T10UKS G M A I S.> L USES 93
d'ailleurs dans cette région qu'à la face interne et à la face externe.
Les localisations graisseuses si spéciales au sexe lerniuin ont, pour ainsi dire, une existence indépendante du reste du tissu adipeux. Elles n'existent pas chez l'enfant; elles ne se développent qu'au moment de la puberté, prenant place ainsi parmi les caractères sexuels secondaires, et leur part est importante dans la réalisation du type féminin Des causes variées d'amaigrissement peuvent faire fondre le pannicule adipeux sans les atteindre. Même à l'état normal, cette séparation plus cm moins nette entre les deux formations graisseuses peut exister et il n'est pas rare de voir des localisations graisseuses abondantes chez des sujets dénués de graisse par- tout ailleurs. Cette disposition réalise un t^pe bien connu que l'on désigne sous le nom de « fausse maigre ».
C'est généralement, dans un pannicule adipeux généralisé plus ou moins abondant, que se développent les formations grai>sfuses spéciales qui sont bien loin d'atteindre, chez toutes les femmes, un égal développement.
Il existe, sous ce rapport, de nombreuses variations individuelles. Dans certains cas, les localisations graisseuses modérément développées se fondent sans limites précises avec la graisse voisine, créant ainsi un type pariiculiérrrnent harmonieux, auquel on pourrait rattacher les Vénus antiques. Dans d'autres, la localisation plus développée acquiert plus d'indé- pendance et occasionne des formes plus variées, parfois même particuliè- rement heurtées. C'est dans les œuvres de la Renaissance, surtout de la Henaissanre allemande, qu'on les rencontre. De la fusion des localisations graisseuses dans un pannicule adipeux dense et ré.«.istant résulte cette forme pleine, simple et puissante que Hajdiaël s'est plu à représenter et dont les fres(]ues de la Farnésine offrent de magnifiques exemples. Dans les figures féminines de .Michel-Ange, le muscle l'emporte sur la graisse.
En dehors de ces cas dans lesquels les diverses localisations graisseuses de tout le corps semblent obéir à une mémo loi, il en est d'autres fort nombreux où l'inégaliié de leur développement domine la scène et conduit à des variétés inor[)hologiques en nombre pour ainsi dire indélini.
J'en signalerai deux exemples relatifs à la conformation des hanches et des cuisses sur un sujet vu de face (fig. il).
Si une localisation graisseuse des hanches peu abondante coinride afoc un hirge déTelop[)emenl de la localisation sous-trochanléricrme, les courbei
94 ANATUMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche 16. — Ca«actéristiques graisseuses, Dôplaoement de la graisse sous l'influence de la constriction habituelle du corset.'
A, B. Bande dorsale et chute du ventre chez le même sujet (25 ans), constric- tion des côtes inférieures. La forme dorsale s'accentue dans certaines posi- tions, par exemple dans la station hanchée. C. Même sujet.
D, E. Mêmes déformations à un degré moindre d'accentuation (modèle de 26 ans).
F. Constriction de la base du thorax et chute du ventre chez un jeune sujet (19 ans).
G. Chute du ventre chez un modèle plus âgé (45 ans), 11. Id. chez un autre modèle (28 ans).
CARACTElUSTIgUES GHAISSKL'SKS P... Iti.
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C A R A C T É H I s T I Q U K s G R A 1 S ^ t U S i: S
97
symétriques qui embrassent la partie inférieure du torse féminin repro- duiront la forme d'ufie amphore. Mais si c'est l'inverse, et «ju'une abon- dante accumulation de graisse aux hanches existe en même lemfts que l'absence complète de locali-ation sous-trocbanlérienne, la forme d'amjdiore disparaîtra pour se rapprorbor <le oeil»' d'un autre vase moins harmo- nieux, voire même d'une véritable toupie.
C'est ain>i que la femme, bien que formée des mêmes org.ines. des mômes tissus que l'homme : mêmes os, mèm»s muscles, mêmes vaisseaux et mêmes nerfs, possède cependant des fur- '^ mes infiniment plus va- riées La principale causi- de cette variété qui rend la l'orme féminine comme ondoyante et diverse et si difficile à fixer, réside jus- tement dans les variations pour ainsi dire sans limite de ce tissu presque flui»le, ne se présentant point sous la forme d'organes distincts comme les os et les mus- cles, et dont l'accumulation constitue les localisations graisseuses.
Il semble même que la femme, non contente de cette variété que lui a don- née la nature, s'ingénie à en augmenter les manifestations d'une façon artifi- cielle, (^'est ainsi que, sous la coiistrirlion contiimc des vêtements en «erlains points du corps, la graisse finit par se déplacer et devient la cause dune mor- phologie nouvelle bien faite pour dérouter l'observateur. Un des exemples le<« plus curieux en est doimé par la compression du corset sur le milieu du korse. La ;;raisse reflue pour ainsi dire en haut et en bas aux limites de la zone romprimêe et produit en arriére, vers le milieu du dos, et en avant, au bas de I aluiomeu, des iiiodiUcalions de la forui*' (-arai'lêiisliijues.
Fie. 11. — \uiia:ioiis du |*r<itil Jts iiductirs rt des cuis.<4-s suivant la |irt-doiiuiiaiice de la litca- lisjiliuit sutis-IroclMiitirtmiie A, ou la |>t<<i»- miiianri* de la loc^ilisaiiuii des hanrhcs B. l'an* les drii\ ligures, la •ilhuui-tle de I i*corcbé esf la m«^inr
98 ANATOMIK ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Nous avons observé, sur certains modèles, une manière de longue bande saillante étendue en travers du dos, au-dessus du sillon oblique dû au faisceau radié du grand dentelé (pi. 16) dont nous n'avons pas reconnu de suite la signification. Mais sa situation juste au-dessus du bord supérieur du corset et sa coïncidence constante avec la déformation abdominale ne laisse guère de doute sur sa véritable cause. L'étranglement de la taille qui souvent l'accompagne vient confirmer cette manière de voir. En avant, la graisse descend au bas du ventre, qui fait, au-dessus des plis le limitant infèrieuretnent, un véritable bourrelet. Les aines en sont comme empâtées et chargées de graisse.
Ces déformations sont surtout fréquentes chez les nersonnes d'âge mûr, dont le tissu graisseux, moins ferme et plus fluide, doit se laisser plus facilement déplacer.
La constriction de la jarretière au-dessus du genou est souvent la cause d'un sillon circulaire très préjudiciable à la bonne conformation de la région. Il est aisé de constater, par le procédé que j'ai indiqué plus haut (p. 77) et qui consiste à mesurer Tépaisseur comparative de plis faits à la peau en différents endroits, que la graisse a totalement disparu juste au niveau du sillon laissé par le lien, tandis qu'elle persiste en quantité par- fois considérable au-dessus et au-dessous. La femme présente cette défor- mation avec d'aulant plus de fréquence que, chez elle, le genou est le siège d'amas graisseux parfois considérables, particulièrement à sa partie interne.
CARACTÉRISTIQUES CUTANÉES
De la peau. — La [teau est une enveloppe membraneuse continue, résistante et élastique, étendue sur toute la surface du corps. Elle n'offre, en aucun point, de solution de continuité et, au niveau des oiilices natu- rels, elle se continue, sans interruption, avec les muqueuses. Sa résistance est considérable, son élasticité lui permet de se modeler pour ainsi dire sur les jiarties profondes, comme fait un maillot souple et élislique à la surface du corps. Dans les mouvements, elle accompagne et suit exacte- ment le déplacement des parties profondes, se laissant distendre s'il v a lieu, revenant ensuite sans dilTiculté à sa forme première. Dans la jeu- nesse, cette élasticité est parfaite, mais elle tend à dimiimer avec les pro- grès des ans, et cet anaiblissement de l'élasticité est la cause, dans la vieillosse, des plis cutanés connus sous le nom de rides.
La peau est d'une épaisseur qui varie suivant les régions, et oscille de {\t millimètre à 2 millimètres. Elle est de 3 millimètres à la paume des mains et à la plante des pieds; elle atteint jusqu'à 4 millimètres à la nuquf
La peau est doublée, ainsi que nous l'avons vu au chapitre précédent, d'une couche graisseuse qui adhère intimement à sa face profonde et dont l'épai.sseur variable donne naissance aux localisations graisseuses que nous venons d'étudier, l'eau et graisse intimement unies glissent sur les parties profond. -s, ce qui permet au tégument de s'adapter exactement aux déplacements des organes |irofonds, ainsi (jue de glisser et de fuir pour ain.^i dire sous la pression ou le choc des agents extérieurs.
La peau se compose de deux [»arties, une partie profonde, U derme, et une partie superlicielle, l'èpidermi (fig 7).
Le derme seul reçoit des vaisseaux et des nerfs qui pénètrent jusqu'à sa partie la plus superlieielle <lans une multitude de petites élevures, les papilles, qui hérissent sa surface. Sa couche profonde, ou réticulée, est
400 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
constituée par des trabécules entre-croisés en tous sens et qui relient la peau à la couche graisseuse sous-jacente. C'est au derme que la peau doit sa résistance, son élasticité et aussi sa sensibilité.
L'épiderme, qui recouvre le derme, est uniquement constitué par des cellules épithéliales disposées en deux couches. La couche profonde reçoit dans son épaisseur les pnpilles dermiques dont la trace disparaît à la surface cutanée, à l'exception toutefois de la paume des mains et de la plante des pieds, où Je fins sillons circonscrivent les rangées papillaires.
Cette couche profonde de l'épiderme, en contact direct avec les papilles, est molle et humide. Elle porte le nom de couche muqueuse ou de Malpighi et est le siège d'une accumulation de pigment qui a lieu surtout dans les cellules cylindriques appliquées directement sur le derme et devient l'unique cause de la couleur de la peau. Le nègre ne doit sa coloration qu'à la quantité plus considérable des dépôts pigmentaires.
Dans la couche superficielle ou couche cornée, les cellules s'aplatissent de plus en plus en s'éloignant de la profondeur et se dessèchent progressi- vement. Les plus superficielles de ces lamelles, impiopres désormais à des fonctions animales, se détachent de l'épiderme et, comme des éléments morts, tombent dans le milieu extérieur.
La surface de la peau est parcourue de plis nombreux (1).
Suivant leur cause on distingue :
i" Les plis par adhérence, c'est-à-dire ceux qui sont occasionnés par la présence de tractus fibreux qui unissent la peau aux parties profondes, comme le sillon de la ligne médiane du corps en avant et en arrière, le pli fessier, le pli de l'aine, le pli de l'aisselle, les plis de flexion des membres;
2* Les plis par mouvements occasionnés par la flexion du cou, du torse et l'extension des membres;
3° Les plis musculaires occasionnés par la contraction des muscles de la face ;
(1) Qu'il s'agisse d'une élone ou de la peau, le mot pli se prend dans deux sens difiérents; tantôt il désigne des saillies plus ou moins longues, des replis formés par l'adossement de deux épaisseurs de la peau; tautôt de simples dé- pressions linéaires qui, suivant leur largeur, prennent la forme de sillons ou de gouttières. En rt'sumé, il y a des plis creux ou rentrants et des plis saillants. C'est (les premiers surtout que s'occupe l'anatomie des formes. Ils sont d'ailleurs les plus nombreux, tels sont le pli de l'aine, le pli du coude, etc.
CAKACTLlUïil IQULS CUTANËKï. loi
4° Les plis par perte de l'élasticité de la peau, qui sont les rides de la vieiilfsse;
5° Kriliri les [.lis <le stniolure, sur lesquels iiuus uous étendrons plus spé- cialement parce qu'ils inlluent sur l'aspect de la peau
Ces plis de structure plus ou moins microscopiques sont de deui sortes. A la face interne des mains et des [lieds, ce sont les aillons papillaires reproduisant le dissin des rangées des pupilles dermiques et dont nous avons déjà parlé.
Sur le reste du corps, de véritables petits plis de lorme \an;iL»le sont designés parfois sous le nom de hachures ou de ndts losauyiques. Ils ont été étudiés, sous le nom de rides par ressort, par Gerdv, qui en a donné une description minutieuse et très exacte (1;
t Les rides pur ressort, dit-il, sont produites par l'elasLiciLe même de la peau; aussi chan-'cnt-elles singuliéiement i»ar les tiraillements qu'on lui fait éprouver. Elles jouent un grand rôle dans les reflets qu'elles impriment a la lumière. Ces riiics sont extrêmement fines, on ne les aperçoit qu'à la loupe sur presque toute la surface du corps. En les regardant de près sur le poignet et sur la main, on peut Jusqu'à un certain point les étudier à l'd'il nu
€ I)e ces rides, les unes all'ectent l'apparence d'une suite de quadrilatères en losange, d'autres la forme de lignes à peu près parallèles, qui commu- niquent entre elles par des rides intermédiaires, obliques ou transversales, moins visibles; d'autres encore sont irreyulières. Les premières, qui sont quadrilatères à peu près, s'observent au pli du coude, autour du poignet, au dos de la main. Les secondes, qui sont linéaires, se voient dans les mêmes points, mêlées aux précédentes. On les distingue îiussi au ventre des doigts. Les troisièmes existent sur tout le reste du corps à peu prés, et ne se ▼oient bien qu'à la loupe. Elles forment des réseaux irréguliers
« Ouand on tire la peau dans un sens, ces diverses rides s'^ allongent aussitôt, et aussitôt (ju'on tire la peau dans le sens opposé, elles s'v allon- gent encore, précisément comme les mailles d'un lilet Les rides quadrila- tères et linéaires, ou du moins celles d'entrt elles (|ui sont les plus visibles, sont dirigées en sens inverse des grands mouvements auxquels elles obéis- sent. Ainsi elles sont transversales autour du poignet et sur le dos de la
(1) (iLNur. Analumtt du formet fjln ituret du cor\it huma\n. 18f*J, p. 307.
102 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
main; longitudinales entre les tètes des os du métacarpe et transversales au dos des doigts; ainsi encore elles suivent des directions opposées dans les lieux où la peau doit s'étendre dans plusieurs sens à la fois ; par exemple, entre le pouce et l'index, sur les tètes des os du métacarpi^
ï II suit de laque, par leur seule direction, on pourrait indiquer les mou- vements de la partie où on les observe, et auxquels elles paraissent desti- nées à se prêter librement. Elles servent aussi, touces, à l'ampliation de la peau dans l'embonpoint. Telle paraît être surtout la destination des rides longitudinales du ventre des doigts. Les rides irrégulières n'en ont pas d'autre habituellement; et c'est probablement parce qu'elles doivent servir au déploiement de la peau en tous sens, qu'elles ne sont pas, comme les rides régulières, plus prononcées dans un sens que dans l'autre; celles-ci, en effet, ne diffèrent des autres que par ce caractère. Elles forment des réseaux comme les rides irrégulières, mais des réseaux dont les mailles sont plus prononcées dans un sens que dans l'autre. Ces rides, en cédant et en se déployant dans l'embonpoint, donnent à la peau une surface unie et luisante, où la lumière se réfléchit avec éclat ; en se rapprochant et se recouvrant par le froid, elles font saillir le derme dans leurs intervalles et donnent lieu à la chair de poule. »
A part cette dernière explication de la chair de poule dont la cause est tout autre, ainsi qu'on le verra plus loin, il n'y a rien à reprendre à la description qui précède.
De la présence du lacis enchevêtré de ces petites rides à la surface de la peau ou de son absence, dépend son aspect mat ou luisant.
La coloration de la peau ne varie pas seulement avec les races qu'elle servait à diviser, suivant l'ancienne classification, en race blanche, race jaune et race noire, elle varie aussi avec les individus, et dans la race la plus décolorée, dans la race blanche, ces variations sont très sensibles. On distingue, en effet, des peaux très blanches et plus ou moins rosées, des peaux jaunâtres et des peaux brunes. Sur un même sujet, la teinte de la peau n'est pas égale partout, et elle devient souvent un peu plus soutenue et comme ambrée sur certaines parties du corps.
Ce ton local de la peau dépend de la nature et de la quantité des grains de pigment que renferment les cellules de la couche la phis profonde de l'épidermo
Mais il est d'au très facteurs de la coloration cutanée qui viennent s'ajouter
CARACTKRÎSTIQUKS CUTANflES 103
au précédent. C'est d'abord la richesse plus ou moins grande de la circu- lation sanguine dont l'importance est démontrée par la pâleur de la svncope et la rougeur qui monte parfois au visage, élément variable, d'aiibnirs, suivant les individus et, sur un même individu, avec les réirions et les sen- timents qui l'animent.
De plus, la peau est transparente, ainsi qu'on peut s'en convaincre en regardant à contre-jour les endroits où elle se détache assez mince, comme sur le bord des espaces inter<li;.Mtaux, au pavillon de l'oreille, aux paupières. Et cette transparence augmente, chez la femme, avec le degré de (inesse de la fieku 11 en résulte que la coloration des parties qu'elle recouvre, comme le ventre rouge des muscles et les aponévroses blanches et nacrées, appa- r><It plus ou moins au travers d'elles suivant les régions.
La multiplicité des petites rides décrites plus haut donne à la teinte de la peau sa niatité Et le follet abomlant répandu partout ajoute aux causes qui pré«"édent un nouvel élétnent
Ce« follets, qui couvrent toute la surface du corps, lui constituent comme une dernière enveloppe lumineuse sous certains aspects, car ils sont blonds et retiennent la lumière, lis sont surtout bien visible^> sur les prolils qu'ils cernent d'une sorte d'auréole, mais ils n'en existent pas moins sur les sur- faces où ils jouent nécessairement un rôle. Leur direction ne pout-olle point contribuer à dormer à ces surface.^ un certain aspect en quoi consiste, €n [»artie tout au moins, ce qu'on appelle l'enveloppe de la forme?
Des poils (pi. il). — Parmi les dfp«*ndances de l.i peau, je ne [larlerai l»as des ongles, sur les(}uel.s une observation même superficielle rerjsoigne suffisamment l'artiste. 11 n'en est [»us de même des poils, qui, à pari les cheveux et la barbe, passent généralement inaperçus. Or, il faut savoir que riionmie, k l'égal des animaux, a toute la surface du corps recouverte d'un véritable pelage, avec cette diiïérence l»>utefois, (ju'à part certaines régions 1res limitées, tous ces poils n'atteignent j-as leur développement complet et restent à l'état de follet. Leur étude n'en est pas moins intéressante, car ils existent avec une égale abondance aussi bien chez la fenmie que chez l'homme Les seules p.-irties du corps qui en soient dépour\u«N sont la plante des [>ieds et la paume des mains
Le poil naît dans la profondeur de la i eau, au milieu des aréoles grais- seuses du pannicule adipeux qui la double, par une partie renilec formant
lOi AiNATOMlE AHTISÏIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche 17. — Caractéristiques cutanées. Les poils.
A. Follicule pileux.
B. Lignes d'implantation et de direction des poils à la surface du corps chez l'homme comme chez la femme, d'après Beaunis et Bouchard.
C. Lignes d'in)plantation des poils de la tête. Les poils follets sont représentés par des traits fins qui deviennent gros aux endroits où les poils arrivent à leur complet développement pour former les sourcils, les cheveux et la barbe.
C A R A C T E RI ST I 0 U KS C UT A N K KS
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CARACTERISTIQUES CUTANÉES 107
la racine et portant le nom de bulbe (pi. 17 A) Il y est logé dans une sorte de poche allongée, composée de plusieurs tuniques ou membranes et dont le fond est occupé par une papille, d'où dérivent les éléments du poil. Cette poche est le follicule pileux auquel s'adjoignent d'autres organes placés 1 itéralement. C'est d'abord une ou deux petites glandes — glandes sébacées — dont les canaux excréteurs s'ouvrent dans l'intérieur même du follicule à sa partie supérieure. Le produit de sécrétion de ces glandes est une matière grasse, matière sébacée, qui se répand à la surface de la peau qu'elle lubrèfic.
Des fibres musculaires lisses (1) forment les muscles redresseurt des poils. Ces petits muscles, sous la forme de faisceaux ojlindriques ou aplatis, prennent naissance dans les couches profondes du derme, pour se porter obliquement, au nombre de deux ou trois, vers le fond du follicule auquel ils sont annexés et s'implantent sur ce follicule, un peu au- dessous de ses glandes sébacées. Lorsque ces faisceatix viennent à se contracter, les follicules sont soulevés et comme projetés en dehors, for- mant ainsi à la surface extérieure de la peau ces myriades de petites éle- vures dont l'ensemble constitue le phénomène connu sous le nom de chair de poule.
Lorsque l'on contemple la robe d'un cheval, on remarque que les poils, dirigés dans un sens variable suivant les régions, décrivent des sortei d'ondes qui réfléchissent vivement la lumière. En cerlains points, ce sont de véritables tourbillons, centres où les poils convergent ou bien d'où ils s'éloignent en divergeant. D'autres fois ils sont disposés comme de grandes nappes qui se rencontrent formant ainsi une ligne saillante ou bien qui, au contraire, s'éloignent laissnnt à leur point de -lèpart une véritable raie.
L'fie disposition analogue des poils se rencontre à la surface du corps humain ijue la planche 17 fig. B est destinée à mettre eu relief
On voit des toirbillons divergents à l'angle ifilerne de l'œil, à l'oc- ciput, au creux de l'aisselle, au pli de laine, à l'angle interne de la fesse, au dos du pied ft <le la main...; des tourbillons convergents sous
(1) Lcb litircs iDUsciil.ii.es lisseu s*: «listiiiguciit. au poiiil d« vue fonrlionnei, dm fibres musculaires striées en ce qu'elles ije se conlractenl pas sous rinnucnce de la Volonté Elles n'entrent en action que do inarut're r. Ilexo Ellrs exi'tirit on d'.iulrcs eiulroiU de l'organisme, en ;»articulier «lan> la paroi <lo iinloslin dont illes coujposeol exclusivement la l'oucbe niusculaire
108 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
l'angle de la indchoire, sur l'olécrane, à l'ombilic, à la racine des organes...
Une longue ligne nodale sur les côtés du tronc rejoint le tourbillon de l'aisselle à celui de l'aine. Les poils divergent de chaque côté de cette ligne. Par contre, sur la ligne médiane du torse en avant comme en arrière, on voit les poils converger et former comme un long épi, etc..
En certaines régions généralement bien limitées, ces poils, dont le très grand nombre demeure à l'état de follets, se développent complètement pour former les cheveux, les sourcils, la barbe, les poils de l'aisselle et ceux du pubis. Strictement limité à ces régions, le développement des poils est constant et normal. Mais il arrive souvent chez l'homme qu'en d'autres points du corps les follets subissent un accroissement plus ou moins marqué. Ce qui est fréquent sur les membres dans toute leur étendue. Au torse,' il n'est pas rare de voir de véritables touffes de poils au milieu de la poitrine, au sommet des épaules, à la région sacrée, dans la région sous- ombilicale et tout le long de la ligne médiane.
Chez la femme, la peau et ses dépendances présentent des caractères particuliers. La peau est remarquable par sa finesse et par sa blancheur. Si les cheveux sont plus longs et plus abondants, tous les poils à la surface du corps sont réduits à l'état de follet. Il n'y a d'exception que pour le creux de l'aisselle dont le fond est occupé par quelques touffes de poils peu abon- dants et pourlarégiort du pubis, qu'il est d'usage néanmoins, dans les arts, de représenter dépourvue de poils. Si la présence des poils dans cette dernière région est constante chez la femme, il convient de faire remarquer qu'ils y restent étroitement limités et qu'ils ne dépassent jamais le sillon trans- versal qui la borne supérieurement, tandis que, chez l'homme, presque toujours ils remontent plus ou moins haut dans la région hypogastrique et gagnent même la partie interne et su[)érieure des cuisses.
La femme, de par sa constitution même, est soumise à des conditions biologiques spéciales que nous n'avons pas à étudier ici en détail. Il nous •ufTira de signaler que des travaux scientifiqties récents ont montré que l'adipose était une des conséquences nécessaires de ces conditions biolo- giques. Il convient d'y rattacher également l'absence de pigment cutané et la rarel»' et la décoloration des poils. Une corrélation intime existe entre la graisse et U pigment et, dés le commencement du siècle dernier, une loi biologique avait été émise qui disait que la proportion du pigment dans
CARACTÉRISTIQUES CUTANÉES 409
l'épiderme est en raison inverse de la quantité du tissu adipeux sous- jacent. Cette loi n'a pas été infirmée.
C'est vers un résultat de sens contraire que tendent les processus intimes de la vie du mâle. Et les conséquences morphologiqu«'s de cette orientation physiologique inverse sont l'existence de deux types Sexuels dont les extrêmes sont : un màl<' très maigre et très pigmenté, une femelle munie des localisations graisseuses spécifi(jues et douée d'une colo- ration cutanée claiie.
Naturellement ces tvpes extrêmes ne sauraient se reproduire d.ms Ions les individus, car il en est de plus ou moins mâles et de plusou moins femelles. Le tjpe su(Ti>amment mâle ou suffisnmment femelle est bien celui qui parait se rencontrer le plus fréquemment dans l'humanité; mais au degré le plus élevé de ladiiïérencialion sexuelle, on conçoit très bien les sujets très mâles et très femelles, chez lesquels se rencontreront au plus haut degré les caractéristiques adipeuses et pigmenlaires dont il vient d'être question.
Les théories évolulionnistes en honneur aujourd'hui attribuent i l'homme un ancêtre fort lointain, encore proche de l'animalité, et remar- quable par la vigueur de ses muscles, l'absence de graisse sous la peau, la coloration foncée du tégument et l'abondance des poils répandus sur toute la surface du corps. Les sexes ne se seraient distingués à cette éi'oque primitive que par l'existenre des organes spéciaux iiêces>airos à la repro- duction et, les caractères sexuels secondaires manquant, l'hoiume et la femme se devaient ressembler comme deux frères. On admet alors qu'à la suite d'un long temps, sous l'action de causes variées encore mal définies, une transformation progressive s'est accomplie tendant à la réalisation da tjpe actuel doué d'une vigueur moindre, d'une quantité de grais.se variable, d'un tégument de coloration plus ou moins claire et sur lequel les poils disparus en grande partie ne sont demeurés abondants qu'en certains points déterminés.
Mais par suite de conditions inhérentes à leur constitution propre, les difTérenriations somali(pies ont été plus considérables chez la femme «jue chez l'homme. L'homme s'est dépigmenlé, mais moins que la fcnune. Il est plus glabre que ses ancêtres, mais moins que sa compagne. Ft s'il est plus gras que son ascendant h demi sauvage, il ne possède pas l'adipose spéci- fique «lu sexe féminin.
Celte théorie qui donne à l'homme et à la femme une morphologie
110 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
semblable à l'origine conduit à la réalisation des tjpes extrêmes diffé- renciés qui seraient pour la race blanche : le mâle brun au torse velu, aux pigmentations cutanées intenses, aux muscles saillants sous un pannicule mince; la femelie rousse à la peau transparente, aux pilosités longues et clairsemées, munie des localisations adipeuses spécifiques largement déve- loppées (i).
(1) Celte inti.ressante question a été fort bien traitée par le docteur P. Clergeau dans son ouvrage: Différenciations adipeuses et pigmentaires du type féminin au point de vue de la plujsiologie, de l'art et de l'anthropologie, auquel nous avons empruulé les principaux détails qui précèdent.
FOIiMKS EXTÉRIi:URES DES RÉGIONS
Dans les descriptions du nu féminin, nous ne suivrons que de loin le morcellement de la surface du corps en de nombreuses régions adopté pour faciliter l'étude de la morphologie chez l'homme déjà entrepris-.* ailleurs avec détail (1).
l'ulti*.
R^'isioa fiD«minairc.
Rétr «out-niamnaira Alidumen.
Fir.. \t — Tupo^'rapltic morphoIogi<|iie eomparée âe l'hoaune et Je 1* frmrac
(Plan aiiU'-rirur.)
(1) Anatomif artiitique. Description des torm9s extérieuret du corps humain. VWo, éditeur. 18'J0.
Mi ANATOMlb: AKTlbTIQUE DU G0Ri»6 HUMAIW
Planche 18. — TAtb. Front et œil normal
A l'ront léminin avec un croqui.s le tidiisformaut en Iront masculin par nne inclinaison en arrière de toute sa partie supérieure et par la saillie des bosses sourciliùres et nasales donnant naissance à l'écliancrure du u-'z
B Œil du même sujet vu de face.
Lcg autri'8 yeux appartiennent à un autre sujet, ils sont vus sous trois aspects, de [irolil, de troi.-. (Quarts et de face et représeattis ouverts (C), à demi fermés (D) et icruics complètement (E).
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115
Néanmoins je crois utile de reproduire ici les figures qui y sont con- sacrées dans ce premier ouvrage (fig. ii et 13), parce qu'en premier lieu elles montrent bien les analogies morpliol<»gi(jues fondamentales qui existent entre l'homme et la femme et qu'ensuite elles sujipléeront, dans une certaine mesure, à l'absence, dans les descriptions qui vont suivre, de J'indicalion délaillêe de leurs points de démarcation.
Il en résultera, dans notre exposé, une simplification qui n'est possible aujourd'hui qu'à cause de l'étude préalable déjà faite, dont il importe
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Ré.ion «<tpulalf
Ré::inn (oat M hirc.
Fic. 13. — Tupugraphic luurphologiquc cumpart'e de rhumme et de U (emme.
(PUn |H>tt^rieur.)
116 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
d'avoir toujours présents à l'esprit la précision et les détails. Je prie donc le lecteur de s'y reporter, s'il y a lieu, pour la clarté de ce qui va suivre.
Car l'homme et la femme dérivant du même type, la connaissance appro- fondie de l'un facilite et éclaire singulièrement l'étude de l'autre. Au moment où j'aborde la morphologie féminine, je suppose donc connue celle de l'homme qui n'en recevra pas moins, par une action en retour naturelle, un complément d'éclaircissement fort utile, au point de vue surtout des généralisations et des formes d'ensemble. Le plus souvent, en effet, nous partirons de la forme masculine connue pour montrer comment, par des simplifications ou de légères altérations, se trouve constituée la forme féminine. D'autres fois, nous suivrons le chemin inverse. Il est bien entendu que nous avons en vue les types les plus accusés et les plus complets qui, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, occupent les confins opposés d'une série composée, dans la nature, d'une quantité de formes intermédiaires participant plus ou moins des deux extrêmes. Car, sous des rapports variés, combien d'hommes sont femmes et réciproquement combien de femmes présentent des caractères masculins.
TliTE
Dans la forme de la tête, le squelette tient la première place. C'est ainsi qu'à son sommet, la boite crânienne dessine son ovoïde sous la chevelure qui n'en voile que les détails, pendant que la face qui regarde directement en avant reproduit, dans toute sa partie supérieure, la forme de l'os fron- tal. Nous verrons aussi la part prépondérante que les os nasaux, les jugaux et les deux maxillaires prennent dans la conformation du reste du visage.
C'est aux différences qui existent dans la charpente osseuse que la tête, chez l'homme et chez la femme, doit ses traits généraux les plus carac- téristiques.
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Le front est partage en doux plans réunis, à angle plus ou moins obtus, au niveau des bosses frontales. Le degré de cet angle est plus près de l'angle droit chez la femme, tandis qu'il s'en éloigne davantage chez l'homme, de telle sorte que, chez celle-là, le plan inférieur du frontal est presque vertical et les bosses frontales sont plus saillantes, pendant que, chez celui-ci, le front est plus finant et les bosses frontales généralement moins accusées
Le front reproduit presque exactement la forme de l'os sous-jacent, mais non comph'tement toutefois. Car, si les bosses frontales du squelette ^e lisent parfaitement sous la peau, la bosse nasale, chez certains sujets, occupe le fond d'une dépression occasionnée par les saillies latérales de la masse des sourcils. Sur ce point encore, existe une différence capitale entre l'homme et la femme. Chez l'homme, la bosse nasale, toujours bien accentuée, accompagnée sur les r(Ués d'une région sourciliérc épaisse, détermine une forte saillie transversale terminant le front par en bas, et surmontant une encoche plus ou moins profonde qui conduit à la racine du nez. Chez la femme, au contraire, le plan presque vertical du front descend sans arrêt jusqu'au niveau des oi bites et se continue sans interruption avec le dos du nez La bosse nasale et les arcades sourciliéres osseuse» n'existent pour ainsi dire pas chez la ft*mm«* 'pi. 18 \)
Toutefois l'arcade du sourcil ne doit pas élre confondu*: ate* l'arcade
117
ils ANATOMlt AhilbTlQUE DU COHl'S HUMAIN
Planche 19. — Tête.
K\ennple de sourcil placé très bas, d'où la diminution de hauteur de la paupière puprricure chez un jeune modèle vu de profil (A), de profil perdu (B), de trois quarts de face, les yeux bien ouverts (C), et id les yeux à demi baissés (D). Los yeux du même modèle sont dessinés plus bas de face et de profil, grands ouverts (K). à demi fermés (F) et fermés (G).
H. Autre umd. le montrant un sourcil haut placé vu de profil. Sur le même modèle, œil vu do face ouvert (J), fermé (K), demi fermé de face (L), demi ferme de profil" (M).
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FORMKS KXTÉRIEURES DES RÉGIONS — TÊTE ii<
orbilaire qui termine le frontal par en bas Superposées à leur partie interne, ces deux arcades se séparent presque toujours en dehors, par suite de la direction dilTérente qu'elles suivent en se portant dans celte direction, l'arcade du sourcil se dirigeant un peu en haut et l'arcade orbitaire en sens opposé. Il en résulte que le sourcil repose tout entier sur l'os frontal et que l'apofihjse orbilaire externe, située un peu au-dessous de la queue du sourcil, fait son relief sous la peau de la paupière supérieure en haut et en dehors (i.l. 20, B, C).
Sourcil.
Le sourcil est une élevure transversale pourvue de poils qui sépare le front de la paupière supérieure I.a peau, très mobile, en est é[»aisse, doublée dégraisse et, à sa face profonde, s'attachent plusieurs mu5cles de l'expres- sion destinés à le mouvoir.
Le sourcil décrit, au repos, un arc de cercle peu accentué dans sa moitié interne, qui est quelquefois rectiligne, mais toujours nettement marqué en dehors. Les poils cpii le composent, de même couleur que les cheveux, ont une direction qui n'est pas la même dans tout leur parcours. Dans la partie int«*rne, ils sont tous dirigés de bas en haut et couchés les uns sur les antres. Ils forment le point le plus épais du sourcil, dit tête du sourcil. Ils s'inclinent ensuite en dehors pour prendre la direction horizontale, dc?iennent plus longs, [)arfois se hérissent. Puis, s'avançant à la rencontre de poils venus du front, ils forment comme un épi plus mince et plus ctroit qui s'api elle la ijueue du sourcil pi 17, C)
L'espace inlersourcilier, complètement glabre d'ordinaire, est exccption- Dellement pourvu de poils qui font que les deux sourcils se rejoignent sur la ligne médiar»e. Il existe de gramles variélés qiiant à la quantité et à la longueur des poils qui garnissent le sourcil.
Chfz la femme, l'arc du sourcil bien dessiné est plus mince et [)lui accentué. Les poils sont striclemont limités à l'éroilc r<gion
La situation du sourcil, par rapport au globe de lipil, est variable II peut en être plus ou moins distant, augmentant ou diminuant ainsi la hauteur de la paupière supérieure, haut placé sur le plan même de l'os frontal, ou descendu au niveau du bord supérieur de l'orbite. Plus il est haut, plus sa courbure s'accentue. Plus il est bas, plus il devient horizontal f pi 19. (!, H, J).
Sous l'influence de» passions, le sourcil s'élève ou s'abaisse, exagère sa
m
ANATOxMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
courbure ou devient recliligne, horizontal ou oblique dans un sens ou dans l'autre. Même dans le repos de la physionomie, le sourcil conserve 'chez les
FiG. a
FiG. 15
Fi 'urc 14, montrant le globe oculaire découvert en dehors par le rebord orbitaire
externe p acé plus en arrière que les autres reborJs. I igure 15, globe oculaire enchâssé dans l'orbite.
personnes âgées, une des formes passagères de la passion, imprimant ainsi à la physionomie une expression permanente.
OEiL (pi. 48, 49, 20, 21).
Orbite. — Logé dans l'intérieur de l'or- bite avec l'appareil musculaire destiné à le mouvoir, le globe de l'œil ne montre au dehors, parl'ouverture des paupières, qu'une portion de son segment antérieur; il est en- châssé lui-même dans le quadrilatère osseux qui forme le pourtour du trou orbilaire. Cette [lorlion du squelette se fait sentir tout autour de l'œil et joue un rôle capital dans les for- mes de la région. Dalou disait qu'il n'était pas malaisé de modeler un œil, mais que le difficile était de le bien enchâsser. Il importe donc de bien préciser les rapports du globe de l'œil avec les bords de la cavité osseuse qui l'abrite (fig. 44, 45, 46). Le bord supé-
Pio. 16. — Globr oculaire entoure de quelques-uns des muscles qui wrvfnt h le mouvoir, avec la gl:iiidc jacrym.dc placée en haut <l eu dehors {vue snp'rri'ure). La paroi RiifMTir nrc de l'orbite a été R ' Une ligne tangente
h ' > orijitairog inlcrne et
• '" 'oinmcnt le globe
' : par aillfurs, se
tr l en d' Ijors.
FORMKS EXIERIKURKS DES RÉGIONS — TÊTE lf3
rieur est le plus saillant; fin et délié chez la femme, il appartient au frontal et supporte le sourcil. L'inférieur, formé par les bords correspondanls des os de la pommette et de l'os maxillaire supérieur, est peu ou point appa- rent, il se déjtrime en dehors. Le côté interne se confond avec les plans latéraux du nez, et le côté externe, concave, reporté en arrière, découvre l'œil qui, moins abrité de ce côté, apparaît en entier sur une tête vue de profil (fig 14). On sait, en effet, que, sur le squelette, l'orbite ne s'ouvre pas direc- tement en avant et que sa base se trouve contenue dans un plan vertical légèrement incliné en bas et en même temps fortement dévié en dehors et en arriére Le globe oculaire placé en son milieu, plus prés toutefois du bord supérieur que de l'inférieur, est dirigé directement en avant. II en résulte que, protégé en dedans par la racine du nez, en haut et en bas par les rebords orbitaires supérieur et inférieur, il est presque lotaloment découvert en dehors par le rebord orbitaire externe situé plus en arriére et de forme concave.
Toutefois les jeui sont, suivant les sujets, plus ou moins enfoncés dans l'orbite. Les jeux saillants, à fleur de tête, s'opposent aux jeux profondément enfoncés. Dans les premiers, la fente palpébrale repoussée en avant s'ouvre plus grande et l'œil est rond; dans les seconds, au contraire, l'ouverture palpébrale moins grande est plus taillée en amande et l'œil est [)lus petit (pi. il, A, H, q.
Les dimensions apparentes do l'œil dépendent donc de deux facteurs, de sa saillie et de l'ouverture de la fente palpébrale, le globe oculaire lui- même ne présentant d'un sujet k l'autre que de minimes variations indivi- duelles, nullement on rapport d'ailleurs avec la variété et l'étendue des dimensions apparentes.
Paupières. — Kn avatit du globe de l'œil, s'étend une cloison fibreuse attachée au pourtour de l'orbite et formant comme le squelette des pau- pières qui y sont directement api)liquée8. Celte cloison est divisée en deux parties d'aspect el de texture dilTérents, une partie centrale et une partie périphériqne, La partie centrale circonscrit l'ouverture des paupières et e^t formée de deux pièces d'apparence cartilagi- iieii«.e, résistantes, souples et flexibles, <jue l'on désigne du nom de cartiliifjes larses (lig. 17). Ils diffèrent A chaque pauj-ière de forme et d'étendue. Le tarse supérieur ressemble à un croissant à . .- , • i ..^ • r^.
lié ANATOMiE ARTibTlQUE DU CORPS HUMAIN
Flanche 20. — l'êia Paupières.
A. Portion orLitaire de la paupière supérieure horizontale.
U. C. l'or lion oïLitaire de la paupière supérieure divisée dans sa hauteur i^ap un pli ipii souligne l'apophyse orbitai'e externe,
D. Porliuii orhitaire de la paupière supérieure vciticale. OEd boursouflé, vu de profd ouvcit (K). derai-lermé {F)t fermé (G); vu de tace, ouvert i^ II), demi- fermé (J j, icriué (K).
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Pl. 20.
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convexité dirigée en haut, il mesure en son milieu un centimètre de hauteur. Le tarse inférieur revêt la forme d'un long rectangle disposé transversale- ment et d'un demi-cenlimélrc de haut.
Les deux tarses s'appliquent et se moulent pour ainsi dire sur le gloLe oculaire. Leurs extrémités internes et externes sont réunies par un ligament qui les rattache solidement au bord orbitaire correspondant.
Tout au pourtour des tarses et de leurs ligaments, s'étend jusqu'aux rebords orhitaires la [tartie périphé- rique de la cloison, — partie désignée sous le notn de ligament'i larges des paupières, — d'une structure fibreuse beaucoup plus faible et iné_i,'ale et qui ferme en avant la cavité orbi- taire (fi g. 18)
Il convient d'ajouter que celte cavité est remplie jusqu'au burti par un tissu graisseux dans leijuel se trouvent comme novés le nerf op- tique, le globe de l'd'il, les m scies et tous les autres organes, vai.s- seaux ou norfs qui font partie de l'appareil de la vision. Cette graisse & pour mi^^iori d'en préserver la délicatesse, lors dos mouvements du globe oculaire. Mais, de plus, par son abondance ou sa pauvreté, par les hernies qu'elle peut envoyer au travers des parli»'s aiïaiblies ries liga- ments larges, elle constitue un élément morphologi«|ue imp<»rtanl de la région.
La cloison fibreuse (jue je viens de «lécrire ferme en avant le trou orbi- taire et constitue la couche profonde des paupières dont elle fait partie iiihV'rantp. Sur elle, viennent s'ajipliqucr une couche moyenne con.stiluée par le muscle orbiculaire de l'œil et une couche superficielle formée par la peau particulièrement fine et délicate. Ces trois couches sont étroitement unies entre elles (fig. 19 et 20)
La paupière supérieure commence en haut immédiatement sous le sourcil et la paupière inférieure se continue en bas avec la peau de la joue. Sans
Pin. 18. — l'aroi oLltiraiit complète- ment la base de l'orbite. Cette paroi est formée au centn- par les car- tiiojfcs tarses et à la p.'ripbérie fjoiir les ligaments larp-s. .\ sa surface, les |»arli(S faiblis par où pourront se produire les oernies graisseusi'S sont teintées de noir.
lis awatomie artistique du corps humain
Planche 21. — Têtk.
A, B. Deux exemples d'un œil enfoncé, se trouvant par suite assez distant de la
racine du nez sur le profil. C. Œil saillant.
ni)'. Œil bridé vu de profil, D' le môme de trois quarts. K. Œil japonais.
F. Œil triangulaire.
G. Poclie graisseuse de la paupière inférieure.
H l'oclics graisseuses des deux paupières de face, H' de profil. J l'ocliB grais.<eu?e de la paupière inférieure de face, J' de profil. K.. Poches gi aisscuses aux deux paupières de face, K' de profil.
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FORMES EXTÉRIEURES DES RÉGIONS — TÊTE
131
parler de la fente palpébrale, la séparation des deux paupières est marquée, en dedans, par un petit relief transversal sur lequel se réfléchit vivement la lumière et qui est le fait du ligament tarsal interne. Au [toint correspon- dant en dehors, c'est au contraire une dépression qui sépare les paupières et repose sur le ligament tarsal externe. La paupière supérieure est beau- coup plus longue que l'inférieure.
F..-,. \9. ~ d'il fermé.
Fir.. JO. — (Eil ouvert l.o pointillé iiidi({ue le bord citt-riie de lorlutc et le dessin des lK>rds des pau- pières.
Struclurr drt paiipièrf» composée! de trois couches ; une coucho profonde formé* des Iipaiii>-nlt lar^'os atl.iclH's au rel>ord de lorbite et aui tarses (en noir), une couche s>i|ier- ficiill)-. la peau (en pris) el une couche interui^diaire (en clair) où le pointillé indiijue la section du muscle orliiiaire.
Les paupières, voiles membraneux étendus du pourtour de l'orbite au devant de l'œil, sont donc, toutes deux, composéei de deux parties, une partie centrale répondant au tarse ([)ortion tarsale) en rapport avec le globe oculaire lui-même, et une partie périjibérique, extérieure à la pre- mière, reposant sur les parties molles qui séparent le globe oculaire de l'orbite (portion orbitaire).
Je décrirai successivement la portion centrale ou tarsale des deux pau- pières, et leur portion périphérique ou orbitaire.
1" Portion centrale ou tarsale des paupières. — Cette portion est celle qui, reposant directement sur le globe oculaire, en reproduit la forme arrondie et saillante; elle circonscrit la fente palpébrnî«» et par ses
13? ANATOMIE ARIISTIQUE DU CORPS HUMAIN
mouvements permet l'ouvertore et l'occlusion de l'œil. Dans ces mouve- ments, la plus grande partie de la course est fournie par la paupière supé- rieure qui monte ou descend au-devant du globe oculaire en se moulant sur lui, pendant que la paupière inférieure ne subit que des déplacements assez restreints.
La fente palpébrale est limitée par les bords libres des paupières qui se rejoignent en dedans et en dehors formant deux angles, l'interne ou grand angle et l'externe ou petit angle (fig. 21).
! Portion orbitaire.. ., ■
y>^ '••■..., ""^ .Sillon palpebral supi^rieur
Portion tarsale.... r--. .■■-■' '
Caron-cule lacfjmsle,
Port'on tarsale...
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( Poition orbita
P inférieure
■ ■ Sillon nasal.
' ■- Sillon malaire.
FiG. 21. — Plis des paupières.
Les bords libres des paupières ont une certaine épaisseur, un à deux mil- limf'tre.s. Ils s'appliquent éti-oitement contie le globe de l'œil et sont légè- rement arrondis en dehors. Ils portent les cils distribués en lignes irrégu- lières sur toute leur épaisseur, d'où il suit que la rangée des cils n'est point une ligne idéalement mince, mais plus ou moins épaisse.
Les cils sont plus longs chez la femme que chez l'homme. Ils sont plus lon^s à la pauftiére supérieure et se recourbent vers le haut; à la paupière inférieure ils sont plus courts et se courbent en sens inverse, de sorte que dans la fermeture des paupières les cils s'adossent par leur convexité ; et il arrive que ceux de la paupière inférieure disparaissent complètement sous l'abri de ceux d'en haut
I^e bord libre de la paupière su[)èrieure, lorsque l'œil est ouvert, est nû}é dans l'ombre des cils, tandis que celui de la paupière inférieure, se présentant à découvert, réfléchit vivement la lumière. Enfin, le bord de la paupière supérieure décrit un arc beaucoup plus accentué que celui de la paupière inférieure.
L'angle interne a la forme d'une échancrure arrondie, comblée par une
FORMES EXTÉRIEURES DES RÉGIONS — TÊTE 133
petite élevure rose formée d'un amas de glandes sébacées et qui s'appelle la caroncule lacrymale. II ne faut pas la confondre ave*, la glande du même nom qui n'est point visible et se trouve placée à l'opposé, enfouie sous l'angle externe et supérieur de l'orbite (fig. 16). La partie du bord libre des paupières qui entoure la caroncule ne porte pas de cils et rejoint la partie ciliaire par deux petites élevures opposées l'une à l'autre — l'une en haut, l'autre en bas — et percées à leur sommet d'un petit perluis qui conduit les larmes destinées à lubrifier l'œil jusijue dans les voies lacry- males aboutissant à l'intérieur des fosses nasales
L'angle externe est plus ou moins aigu et marqué d'un sillon superficiel qui continue le borJ libre de la paupière supérieure.
En raison de l'obliquité du trou orbitaire qui s'ouvre en avant et en dehors, comme je l'ai déjà signalé, l'angle interne est situé sur un plan antérieur à celui de l'angle externe. De plus, une ligne qui passerait par ces deux angles et qui constitue l'axe de l'œil n'est point parfaitement horizontale. Elle «e dirige un peu en haut et en dehors, disposition qui exagérée constitue un des caractères de l'œil mongol. Lorsque l'œil se ferme, la paupière supérieure recouvre l'angle externe, qui paraît s'a- baisser.
Plis palpclbraux (fig. 21). — La partie centrale et nettement globu- leuse des p.uipi.rcs est séparéi' de la partie pt-riphérique par un sillon cir- culaiie interron)pu au niveau des angles et par suite divisé en deux : en haut, le sillon palpébral supérieur, en bas, le sillon palpébral inférieur.
Lorsque les deux veux sont formés, le sillon paljiébral supérieur, large et peu profond, contourne le globe oculaire voilé. Il suit «lune un trajet courbe à concavité inférieure, naît, en dedans, au-dessus de la caroncule pour se terminer, en dehors, dans la dépression située près de l'angle externe de l'œil.
Lorsque l'œil s'ouvre (fig. 20) la portion tarsale, entraînée avec le tarse lui-même au bord supérieur duquel s'attache le muscle releveur de la paujiiére supérieur»', s'engage s«ius la portion orbitaire (jui la recouvre, non conjpK tement toutefois En effet, la partie la plus Toisine du bord libre, dans une étendue de quelques millimètres, reste toujours visible. E1I«) apparaît sous la forme d'un rebord plus ou moins large, .suivant les indi- vidus, légèrement gonllè chez les enfants et chez la icMume, et toujours
134 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
plus large en son milieu, au-dessus de la pupille, qu'aux extrémités, au voi- sinage des commissures.
Au sillon palpébral supérieur, sorte de vallée superficielle lorsque l'œil est fermé ou pli profond lorsque l'œil est ouvert, correspond en bas le sil- lon palpébral inférieur, moins arqué, moins profond et situé plus près de la fente palpébrale. Il naît au-dessous de la caroncule lacrymale, prend la forme d'une dépression curviligne et finit à l'angle externe.
Cette portion tarsale de la paupière inférieure est d'ordinaire légè- rement gonflée, beaucoup moins haute que la région correspondante de la paupière supérieure. Elle ne reproduit pas exactement la forme du tarse sur lequel elle repose. Dans l'occlusion de l'œil, elle s'élève légè- rement, allant au-devant de la paupière supérieure qui fournit un plus long trajet et rendant plus superficiel le sillon qui la limite par en bas. Lorsque lœil est grand ouvert, elle s'abaisse davantage, tournant vers la lumière son bord libre qui suit un trajet plus curviligue. Elle diminue un
peu de hauteur, mais jamais le sillon palpébral inférieur ne se creuse
i' très profondément. '
Ce sillon présente plusieurs variétés. Parfois très rapproché du bord libre, il s'en éloigne d'autres fois jusqu'à un centimètre. Assez souvent, au lieu de suivre une direction horizontale, il est franchement oblique et n'existe qu'en dedans. Il part de l'angle interne, se dirige en bas et en dehors, donnant ainsi à cette partie de la paupière un aspect triangulaire. La partie externe est alors dépourvue de sillon, ou n'en possède qu'un très léger le long du tarse.
Le sillon oblique s'accompagne presque toujours d'un ou deux sillons accessoires situés au-dessous de lui, plus rarement au-dessus.
Portion orbitaire ou périphérique des paupières (lig. 21 et 22). — En haut, cette partie de la paupière supérieure commence au bord inférieur du sourcil, pour se terminer au sillon palpébral supérieur au iiiili»'U, et, sur les côtés, au niveau des ligaments tarsiens.
En bas, les limites de la partie orbitaire de la paupière inférieure sont analogije.s. Elle s'étend du sillon palpébral inférieur au niveau du bord inférieur de l'orbite, qu'elle dépasse un peu d'orvlinaire pour se continuer arec la peau de la joue. Sa limite inférieure est formée par deux sillons oblique.s indépendants et fort inégalement tracés. Le plus constant et le
FOUMES EXTEHILURES DLS RÉGIONS — TÊTE
135
plus accentué est l'interne, qui comnoence au-dessous du ligament palpébral interne, descend obliquement sous un angle de 45° et se termine assez brus- quement quelquefois [lar une petite fossette au niveau d'une ligne verticale qui passe par le milieu de la paupière. Il sépare la paupière du plan latéral du nez, et mérite le uom de sillon nasal. Simple gouttière arrondie dans le jeune âge et chez la femme, il s'accentue par le jeu des muscles. Souvent il se distingue par sa coloration, laissant, chez les blondes, transparaître la teinte bleuâtre d'une veine située à son niveau et, chez les brunes, il est parfois le siège d'une traînée sombre qui peui aller juscpj'a la teinte de suie.
Le sillon oblique externe, sillon malaire, fait défaut chez les enfants et les jeunes gens. Il n'apparaît souvent qu'à la fin de l'ûge mûr et peut mariquer, même chez le vieillard. Il est situé un peu au- dessous du bord de l'os malaire dont il suit la direction. II commence, eu dehors, dans le sillon de l'angle externe de l'œil et finit, en dedans, au niveau de l'extré- •mité du sillon obli(pie précédent. Les deux sillons s'unissent parfois pour former un denn-cercle régulier, donnant une forme
ovale à la paupière. Le plus souvent, les deux plis ne se raccordent pas, le pli interne descend plus bas et il reste entre les deux extrémités un petit f'space plissé assez confus : la paupière paraît triangulaire et son sommet descend sur la joue. L'accentuation de ces formes n'apparaît que par les (»roj:rès de l'/^gf.
Les moitiés périphériques des paupières offrent à lï'tude des détails rnctrphologiques du plus haut intérêt.
.\ la paupière supérieure, la portion orbitaire apparaît sous deux aspects difTèrcnts. Le [dus souvent, elle forme un véritable pli plus ou moins épais», d- scendant sur la portion tarsienne dont elle laisse toujours libre la partie la plus ^voisine de la fente palpèbralc, ainsi que je l'ai dojk Mi Dans sa partie supérieure, elle se déprime légèrement avant de rejoindre le sour- cil. Son bord inférieur, (jui linntc le sillon palpébral, n'est pas toujours uniformément courbe. Il se rcdress*» parfois vers le milieu. Ce pli se ter*
FiG. 22 — ' Rajijiorls de Topil avec 1^ ^'l<>l>o o< ul.iire à la liase de l'orl>ite indiquas en pointillé.
436 ANAIOMIE AKTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
mine, en dedans, au niveau d'une forte dépression qui surmonte l'angle interne de l'œil. En dehors, il surplombe l'angle externe, se prolonge vers la tempe en suivant un trajet rectiligne ou courbe et remonte se joindre à la saillie' de la queue du sourcil.
11 existe parfois un second pli fort mince qui est comme un dédouble ment du premier et qui s'applique exactement sur la portion tarsale (pli tarsal des auteurs) (pi. 19, J et L). Une forme analogue se produit lorsque l'œil est à moitié fermé, au moment où la paupière, se déroulant pour ainsi dire sous l'influence du mouvement d'abaissement, voit sa por- tion orbitaire divisée en deux parties par un sillon surtout accentué en dehors, une partie inférieure appliquée sur le tarse et une partie supé- rieure soulevée par l'apophjse orbitaire externe. Ces formes de mou- vement disparaissent lors de l'occlusion complète de l'œil (pi. 48, D, et 19, F).
Sous un second aspect plus rare, la partie orbitaire de la paupière supé- rieure ne forme point de saillie. Elle est étendue comme un toit plus ou moins oblique allant du sourcil en arrière de la portion tarsale, qui apparaît alors dans une beaucoup plus grande étendue. Cette disposition accompagne souvent une situation assez haute du sourcil (pi 20, A).
A la paupière inférieure, la portion orbitaire placée sous la portion tar- sale est limitée en bas par les deux sillons obliques décrits plus haut. Dans toute sa moitié intonie, elle est déprimée, au-dessus du sillon nasal. Elle se relève en dehors pour faire une saillie variable.
Ces portions périphériques des paupières sont le siège de fréquentes déformations qui modifient l'aspect des yeux et sont occasionnées, soit par un boursouflement général ou partiel avec ou sans allongement de la p'?au, soit par la graisse de l'orbite venant faire hernie au travers des liga- ments larges.
Lorsque les paupières sont boursouflées, comme il arrive souvent chez les jeunes enfants, la portion orbitaire supérieure descend comme un mur Terlical sur la partie tarsale qu'elle recouvre presque complètement (pi. 20, IJ et E). Ce boursouflement est i)arfois localisé à la partie interne, recouvrant complètement la caroncule. 11 n'est pas rare de voir cette dis- position, qui est presque la règle chez les tout jeunes enfants, persister, à un certain degré, dans l'adolescence (pi. 21, D, D', D''). Sa constance, sa persistance à tous les âges, son exagération qui en fait une sorte de bride
FOHMIÙS KXTEHltURKS DKS REGIONS — TLTE 137
falciforme cachant tout l'angle interne de l'œil, sont un des caractères de la race jaune ([>\. 21, E)
La paupière inférieure a aussi parfois sa portion orhilaire légèrement gonflée avec maximum de saillie en dehors et accentuation des sillons qui la séparent, par en bas, du n^z et de la joue.
Le simple relâchement des tissus a pour effet d'allonger la peau des pau- pières et cet allongement se traduit par les formes suivantes :
A la paupière supérieure, la portion orl)ilaire retombe et descend au- devant de la portion tarsale jusqu'au niveau du bord libre qu'elle peut masquer dans toute son étendue. Parfois la partie externe seule est le siège de cette chute {«alpebrale, et l'ouverture de l'œil prend un aspect triangulaire (pi 21, F). Lorsque cette piose est générale et très marqtièe, le relèvement de la paupière s'exécute incomplètement et les yeux restent voilés.
A la paupière inférieure, le relàrbement de la peau, accompagnement obligé de l'âge, se traduit par un plissement en tous sens, surtout marqué dans le sens transversal, et par l'accentuation des plis qui la bordent par en bas et au-devant desquels même elle desrend inégalement. Ce jilisse- mi nt de la peau, dans ce cas, s'observe également à la paupière supérieure dans toute son étendue et jusque dans la région tarsale d'ordinaire si unie
La cloison fibreuse qui ferme l'orbite en avant s'affaiblit avec l'âge et au tf'tvers des parties les plus faibles, d'ailleurs toujours situées aux mêmes endroits, la graisse, qu'elle a pour mission de contenir, vient faire hernie et donne naissance à des reliefs occupant des points fixes (fig. 18)
A la paupière supérieure, c'est au-dessus de l'angle interne, comblant plus ou moins un creux constant d'ordinaire, «lue se produit l'élevure due à la graisse, et dans cet endroit seulement (pi. 21 , H)
Tandis qu'à la paupière inférieure c'est dans toute son étendue que s'accumule la graisse en (juestion, mais avec prédominance sur les côtés; ainsi se trouve constituée une vèrital)le poche bien connue, soulignée en bas [lar les deux sillons latéraux réunis et très accentués (pi. 21, G, H, J, K). l.e plissement cutané déjft signalé et occasionné parla perte de l'élasticilè de la peau dans la seconde moitié de l'Age mûr et dans la vieillesse vient s'ajouter et se superposer aux déformations graisseuses.
Globe oculaire. — Sans entrer dans les détails de la constitution de
{6^ AxNATOMlE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
l'appareil oplitiue qu'est l'organe de la vision — véritable chambre noire
il nous faut dire quelques mots maintenant de la portion du globe de
l'œil visible par l'ouverture palpébrale.
Au centre, un segment de la sphère apparaît, transparent comme du cristal ci d'une convexité analogue à ^celle d'un verre de montre. C'est la cornée, sertie pour ainsi dire dans la membrane blanche très solide et résis- tante qui forme tout le reste du globe oculaire et qui se nomme sclérotique. Le relief de la cornée sur cette dernière est tel qu'il est parfaitement appréciable au travers de la paupière abaissée. La sclérotique n'est visible que dans une faible portion de son étendue. Elle est recouverte d'une membrane très fine d'un blanc jaunâtre, la conjonctive, qui se réfléchit de la face profonde des paupières sur le globe de l'œil pour se terminer aux limites de la cornée. Le blanc de l'œil est plus ou moins pur, suivant que la conjonctive, toujours semée de petits vaisseaux, est plus ou moins injectée de sang ou infiltrée de graisse. 11 est blanc bleuâtre, comme chez les enfants, lorsque la sclérotique peu épaisse et la conjonctive peu vasculaire laissent transparaître légèrement Ja teinte noire de la membrane qui. la[>isse intérieurement, comme dans tous les appareils optiques, le globe de lœil.
Immédiatement derrière la cornée se trouve placé un diaphragme plan et vertical qui porle le nom d'iris et dont l'orifice central, — la prunelle ou la pupille, — qui paraît obscur parce qu'il s'ouvre dans l'intérieur du globe oculaire, a la faculté de s'agrandir ou de se rétrécir, suivant les circons- tances, pour laisser passer un plus ou moins grand nombre de rajons lumi- neux. L'iris est coloré, bleu, brun, noir, etc..
D'ordinaire, l'iris est légèrement recouvert par la paupière supérieure pendant qu'il vient affleurer, en bas, le bord libre de la paupière infé- rieure. Il n'est pas rare, lorsque l'œil est saillant, de voir l'iris bordé, en bas, d'un liséré blanc de sclérotique qui le sépare de la paupière inférieure; d'autres fois l'iris est entièrement entouré d'un cercle blanc, ce qui donne a i regard un aspect étrange et comme effaré.
Nez.
Le nez, par sa partie la plus supérieure, est en continuité directe avec le front. (:btz l'homme, une échancrure constante inarque la racine du nez et
FORMES EXTÉRIEURES DES REGIONS — TÊTE
139
est occasionnée par la saillie médiane de la partie inférieure du front, au niveau de la bosse nasale, bosse visible surtout sur le squelette, mais (}ui, bien que transformée souvent sur le nu en dépression par les saillies sourci- licres, n'en conserve pas
Ichaucriiie nasals. Ririoe du ikl
\^
Oui du Det.
Silloo na«olaMal...<r'
Fi>;. 23. — Coiiformalion du nex.
moins son relief sur le plan de la racine du nez. Chez la femme, cette échan- crure manque, et son ab- sence constitue avec la ver- ticalité du front un des traits les plus frappants de son profil. La ligne du front se continue directement avec la ligne du nez, ce qui ne veut pas dire que les doux lignes suivent la
même direction, car cette dernière se relève toujours, si peu que ce soit, de façon à décrire avec la précédente un angle plus ou moins obtus ouvert en
avant. Ce n'est que dans la forme conven- tionnelle adoptée par l'Antiquité grecque qu»' Ion voit le dos du iM'Z continuer la «lirec- tioii du front.
Ees os nasaux, nui soutiennent la racine et le dos du nez dans sa partie supérieure, sont continués (>ar des pièces carlilagiiieuses
Fie. 24. — Carlila^ci qui conipus«-nt !»• squi'lclt<r du nei.
qui servent de squelette au reste <ie l'organe ffi^' 24).
La base du nez est libre et tournée en bas.
Je ne décrirai pas dans les détails les variations déforme du dos du nez, de même que les diiïérences d'orientation de sa base (pi 2i)
La base du nez est percée de deux ouvertures sé{>arèes par une cloison
440 ANATOMIE ARTISTIQUE UU COUPS HUMAIN
Planche 22. — Quelques profils.
A. Nez relevé.
B. Nez long et droit. Lèvre supérieure bien ourlée.
C. Nez droit. Front vertical.
D. Front bombé.
E. Nez légèrement busqué.
F. Nez droit, relevé.
G. Profil d'une jeune paysanne rappelant le profil grec.
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FORMKS KXTÉRIKUHES DES REGIONS — TÊTE 143
médiane et qui sont les narines. Ces ouvertures sont de forme ovalaire avec grosse extrémité dirigée en arrière, et la cloison s'attache sur le milieu de la lèvre supérieure par une partie plus épaisse. La base du nez s'élargit sur les côtés pour former les ailes du nez. Elle possède à son extrémité antérieure un renflement qui est le lobule du nez.
Les ailes du nez sont circonscrites en haut et en arriére par un sillon curviligne qui les sépare du reste du nez et des joues. Les narines s'ouvrent en Las et en dehors, ce qui tient à ce que la cloison qui les sépare descend plus bas que le bord inférieur des ailes. D'où il suit que ses oriOces appa- raissent toujours sur une figure vue de profil (fig. :23).
Le lobule est parfois uniformément arrondi ; d'autres fois, il présente divers plans déterminés par les inflexions des cartilages qui culreFit dans sa struc- ture; il n'est pas rare alors, sur un nez sec et maigre, de voir le lobe se di\iseren deux saillies étroites, séparées par un léger sillon vertical et dues aux deux cartilages qui de chaque côté entourent l'ouverture des narines. Le dos du nez est souvent mtrqué d'un léger renflement au point de réunion des os du nez avec les cartilages.
La peau du nez est mince au niveau de la racine, où elle se double d'une couche cellulo-graisseuse assez épaisse et qui se continue avec celle du front et des sourciU, tandis que, sur le lobule, ainsi que sur l'aile du nez et sur la cloison, elle est 1res épaisse et adhère inlimement à la couche sous- jacenle. Les glandes sébacées y sont très nombreuses, principalement sur le lobule et sur les ailes, ce qui donne souvent un aspect luisant à la région, à cause de la matière grasse qui se réfiand à sa surface. La sécrétion des glandes sébacées se fige ijuclquefois ilans le conduit excréteur et se montre alors sous l'aspect d'un petit point noir. Une simple [tression exercée sur le pourtour de l'orifice oblitéré suffit alors pour en faire sortir un petit c>lindre de matière sébacée qui ressemble à un polit ver jaune avec une petite tête noire. De là, l'expression vulgaire : tirer les vers du nez.
Chez 1.1 femme, la peau, beaucoup plus fine, a raremetit l'aspcot ^uisant et
est moins riche en glandes sébacées. Le nez mince et délicat, aux narines
fines et mobiles, au lobule sec et modelé par plan, est un des attributs du
visage féminin.
B o u c il K .
La bouche est circonscrite par les lèvres, (jni reposent sur la saillie des arcades dentaires. La rencontre des dents d'en haut et de relies d'en bas
U4
AMATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Commissure Interstice labial FiG. 25. —
Conformation des lèvres. Rapport de la bouche avec les dents.
maintient la hauteur des lèvres; aussi, lorsque les dents manquent, comme il arrive chez le vieillard, les lèvres diminiienL de hauteur et semblent rentrer dans la bouche. Il n'est pas inutile de faire remarquer que les dents qui
se rencontrent sont les mo- laires; les dents de devant se croisent à la manière des lames d'une paire de ciseaux; les supérieures descendent au- devant des inférieures, qu'elles circonscrivent. Lorsque la bouche est fermée, les dents rapprochées au contact en arrière et croisées en avant, comme il vient d'être dit, l'in- terstice des lèvres rapprochées sans effort correspond environ à la partie médiane des inci^ sives d'en haut (fig, 25, 26). Les dents de la femme sont plus petites, d'un émail plus blanc et plus régulières que celles de l'homme. La lèvre supérieure est creusée d'un sillon vertical médian à la partie supérieure duquel vient s'implanter la cloison du nez. Un sillon semblable, moins profond et plus large, existe aussi sur la lèvre inférieure et se ter- mine brusquement sur la saillie du menton.
Les bords vermeils des deux lèvres sont consti- tués par la muqueuse et l'endroit où elle s'unit avec la peau est marqué d'un liséré saillant qui en arrête les contours. Malgré la variété de leurs formes, ils répondent toujours à un tjrpe différent aux deux lèvres et d/torminé par les phases de leur développement.
La lévro supérieure se forme en trois parties qui se soudent ensemble dans les premières semaincH do l'embryon, une partie médiane e Fio. :itt. — Rapport de la
, I . • I , i . . . , bouche avec les dent»
deux l;itM.ilf;8 (leur réunion incomplète occa (profil).
FORMES RXTiilRfEURRS DES RÉGIONS — Tl'TF Un
sionne la malformation dite bec de lièvre). C'est pourquoi la lèvre supérieure est composée de trois parties, une médiane, constituée par une éminence arrondie faisant suite au sillon médian, et deux latérales, sous la forme de deux bourrelets symétriques qui s'effilent vers les commissures (fig. 25).
La lèvre inférieure est due à la réunion de deux productions latérales qui opèrent leur soudure sur la ligne médiane, avant même que la lèvre supé- rieure soit constituée. Aussi la vovons-nous formée de deux moitiés symé- triques séparées par un léger sillon persistant, trace de la formation embryonnaire. C'est ainsi qu'à la double arcature qui donne au boni de la lèvre supérieure l'apparence d'une accolade, répond à la lèvre inférieure une courbure unique. La lèvre supérieure l'emporte toujours en saillie sur l'inférieure. Quant à leur épaisseur, elle est fort variable suivant les indi- vidus. Et l'on rencontre dans la nature de nombreux types diffèrenls, depuis les lèvres largement ourlées, jusqu'aux lèvres minces qui font ressembler la boucbe à l'entaille d'un coup de couteau.
Les extrémités externes des deux lèvres effilées se joignent en formant les commissures que deux petites éminences cutanées abritent en debors et sur lesquelles vient mourir le sillon naso-labial (fig. 27)
M E N T 0 N .
Le menton termine la face par en bas II fait une saillie fort variable suivant les individus, uniformément arrondie chez les uns, marquée chez les autres d'une dépression métliane. Cette dépression est due à la pré- sence d'un raphé médian qui unit à l'os la face profonde de la peau à cet endroit. La saillie du menton est un caractère humain et n'existe pas chez les singes Elle est occasionnée d'une part par le corps du maxillaire infé- rieur sur lequel repose le menton et d'autre part par l'accumulation d'un tissu graisseux assez dense qui double la peau.
Le menton est nettement limité en haut par un sillon courbe qui le sépare de la lèvre inférieure (/Wj mento-lahial) (fig. 27). 11 s'arrondit [lar en bas, où il empiète légèrement sur la face inférieure II est séparé ilu sous- mcnton par un pli transversal plus ou moins profond, mais constant et qui ne s'efface jamais, quel que soit l'embonpoint. Ce pli Mus-mrntonnier sép. re nettement le menton, sur les faces chargées «le graisse, des reliefs traii-venaux qui chargent la région sous-mentonnière et que l'on désigne Yulgairemenl sous le nom de second et troisième nienton.
146
ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Sur les côtés, le menton n'a pas de limites aussi précises. Chez l'homme, il s'élargit avant de se continuer avec le bord inférieur des joues. Mais,
nord de la l osse tomporali- .
'A
s lion ntio-labial /'■'A
Commisfurr des lèrns....
Siiloo rommistaral
Sillun mi Dto-lab al '
S lloQ (Out-mi DtODQ rr. . . .
Sillon naso-labal. S'Uon
commjssural.
S lion jiigal. Sllon jugal accossoiif.
FlG. 21
Plis de la face.
chez la femme, il est généralement plus étroit et forme la petite extrémité de l'ovale que dessiné le visage dans son ensemble-
Tempe.
Les tempes continuent le front en dehors. Elles répondent sur le squelette aux fosses temporales, mais n'en reproduisent que très exceptionnellement, et chez les gens très maigres, la forme excavée. En effet, sur le vivant, la dépression temporale est occupée par un muscle puissant qui comble et au delà, même chez la femme, la fosse du même nom, d'où résulte la forme toujours un peu arrondie de la régîon surtout à sa partie supérieure. En haut, elle se continue sans interruption avec le sommet de la tête, mais, en avant, elle est séparée du front par une ligne courbe saillante répon- dant au relief osseux qui borde, à ce niveau, la fosse temporale et se con- tinue avec le N)rd supérieur de l'os des pommettes. Très accentué souvent chez l'homme, il est toujours senti chez la femme. 11 sépare la tempe de l'œil et la saillie horizontale de l'arcade zygomatique lui fait suite par en
FORMES kxti:rii:uri:s des régions — tête u?
bas. Dans toute sa partie inférieure, au-dessus de cette arcade, la tempe est un large méplat.
Joue.
L'os de la pommette continué en arrière et en dehors par l'arcade zvgo- matique forme avec le maxillaire inférieur le squelette de la région et v joue un rôle morphologique important. La saillie exagérée de l'os malaire situé aux limites de la face antérieure et de la face latérale im[»rime au visage l'aspect large et a()lati qui caractérise les races mongoles
L'arcade zygomatique maintient la largeur du visage et par la dépres- sion <lc sa racine postérieure au-devant du trou au Jilif imprime à la joue sa forme arrondie transversalement.
La conformation <le toute la moitié inférieure des joues est sous la dépendance du maxillaire inférieur, qui, toujours plus petit chez la femme, concourt à donner à sa face l'ovale qui la caractérise, pendant que chez l'homme le développement du maxillaire inférieur, joint à celui du mas- séter, donne à son visage l'aspect anguleux et carré.
La joue, en avant, est séparée de la pau[>iére inférieure par le sillon nasal, fl de la lèvre supérieure par un autre sillon, le sillon naso-lahial (lig. i7). Entre les deux, la joue remonte ohli(juement pour rejoindre le plan latér.il du nez, dont elle est séparée par un sillon large et jieu profond.
L'angle du maxillaire inférieur soutient la joue en bas et en arriére, où elle est séparée du cou par un sillon assez large (jui suit le bord antérieur du niu«cle sterno-mastoidien. Cet angle, de degré variable, avec l'âge n'est très visible que chez les {»ersonnes très maigres, mais il n'en a [»as moins, par son degré d'ouverture et par son r^^Iicf, un»' importame ni.injut'-i' sur I.i forme d'* la région.
Chez les personnes jeunes, les sillons de la face se bornent à ceux que nous avons déjà signalés, sillon naso-labial, sillon mento-labial, sillon Bous-menlonnier. Mais avec les progrés de l'Age, d'autres sillons se creusent sur la joue qui sont remarquables f>ar leur constance. Le premier qui appa- raisse nîtit sous la ^aillie de la pommette et descend verli<aleinent, jus- qu'à rejoindre «juelquefois le pli sous-raentonnier On jieut l'appeler pli juijal. Un seeond pli. moins marqué et qui suit la même diroclion, vient s'ajouter plus tard au précédent dont il est comme l'accessoire. Il est situé à peu de distance en dehors et coupe la joue en son milieu. Ces plis se
148 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
creusent avec les années et apparaissent surtout sur les visages maigres. Ils sont, le premier surtout, un des premiers signes du ravage des ans. Et s'ils sont moins apparents chez les personnes grasses, une observation attentive en révélera aisément les premiers indices révélateurs. Ils sont un guide précieux pour le modelé des joues (fig. 27).
Oreille.
Le pavillon de l'oreille, situé sur les limites de la face, du crâne et du cou, a, dans son ensemble, une forme ovoïde dont la grosse extrémité est tournée en haut. Il adhère aux parois de la tête par son tiers antérieur environ. Le reste du pavillon présente donc une face interne distante du crâne de un à un centimètre et demi, mais qui quelquefois s'en écarte beaucoup plus. Son grand axe n'est pas vertical, mais un peu oblique de haut en bas et d'ar- rière en avant. Bertillon lui donne pour dimensions 6"", 2 de longueur et 3,6 de largeur. Chez la femme, il est plus petit, mais il ne saurait descendre au-dessous de certaines proportions. Sa position est déterminée par le con- duit auditif exierne. Et sur le profil d'une tête dont le masque est vertical, il est généralement compris entre deux lignes horizontales parallèles dont la première passe par le sourcil et la seconde par la base du nez.
Le pavillon auriculaire ressemble à un cornet aplati suivant son grand ^,_-_ axe dont la paroi, plusieurs fois repliée
Fouelle naviculairc... .^ .^^-^,j\
"t/^^k\ sur elle-même, offre un assemblage de
t ij tssjw Conque formcs singulières qui varient bcaucoup Tragus suivaut les sujets, mais que l'on décrit . . ,^- de la façon suivante (fig. 28) :
"'"^"* '' ^.^N|^J Au centre, une cavité, sorte d'anti-
"* '"" chambre du conduit auditif externe qui
KiG. 28. — Pavillon de l'oreille. y aboutit i la couque. A la périphérie,
un repli qui borde toute la partie supérieure et fiostéricure du pavillon : Vhélix. L'hélix, par son extré- mité antérieure, prend naissance au fond de la conque, au-dessus du conduit auditif. Il se lerniino en bas par une masse charnue ovoïde, libre sur ses faces et adbérente à la joue par la partie la plus élevée de son bord antérieur sfMilemcnt et qui est le lobule. La cavité de la conque est bordée en arrière par Vanthélix, qui se termine
Hélix ^,.r /^^
Anthc-lix — •■ W^^i^^^'W/
KuHMKs i:xtf:rii:ures dks régions — tête
n»
en haut par deux brandies entre lesquelles se trouve une dépression, la fosse naviculaire. L'hëlii et l'anlhélix sont, en outre souvent séparés par une fossette allongt.'e, la fosse scaphuiie. Enfin deux saillies, en bas et en avant, rétrécissent l'entrée de la conque en la réduisant à une sorte d'inci- A B c n F '
FiG. 20. — Quelques exemples de mauvaise conformation du pavillon de 1 oreille.
A. Oreille non ourlée.
B. Bordure inégale et aplatie.
C. lobule adhèrent.
D. Conque traversée.
E. Ix)bule nul.
.F. I.obuIe hypertrophié.
sure fort caractéristique; c'est, en avant, le tragus qui abrite l'entrée du conduit auditif, puis, en arriére et en ba«5, Vantitrngus qui prolonge l'antliélix.
C.ctte description correspond à la nor- male, mais il existe fréquemment, chez les motiéles, des altérations de cette forme dont larliste doit au moins connaître les principales qui sont : l'absence de l'an- tliélix (oreille non ourlée), l'absence du lobule ou son hypertrophie, son adhé- rence à la joue dans toute sa hauteur, la sHillie anormale de I hélix qui divise la conque en deux cavités, etc. (fig. 29)
Au-dessous de l'oreille et en arriére de la iiiAchoire, se trouve creusée la dépres- sion sous-a>iriculaire, limitée en arriére par la saillie de l'apophyse masioïde et le bord antérieur du muscle stcrno-mas- loldien qui s'y attache Celte saillie
osseuse très prononcée est séparée du Fk.. 3o. — Diagramme de u Un. pavillon auriculaire par un silhm profond (l> «pré» le profcMrur L*:niri )
y
InO ANATOMII-: ÀRTLSTIQUE DU CORPS HUMAIN
qui limite sa portion adhérente et conduit, en bas, à la fosse sous-auricu- laire.
Je terminerai la description des formes du visage par la figure ci- contre (fig. 30\ que j'emprunte au très intéressant ouvrage du professeur Lanteri (i).
Elle résume admirablement les formes de la face. Les masses indiquées par des contours ne sont point occasionnées par un élément anatomique unique. Les os, les muscles et aussi la peau y concourent également. Ce sont en résumé des formes mixtes. M. Lanteri accompagne cette figure des observations les plus judicieuses et qui révèlent un sens de la forme très profond.
e Ces formes, dit-il, ainsi circonscrites existent avec une certaine variété de dessin et de façon plus ou moins accentuée, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Sur la face de l'enfant, où elles paraissent manquer totalement, on peut, lorsqu'on est prévenu, les retrouver indiquées par des plans extrêmement délicats.
« Sur la figure d'une personne âgée, elles apparaissent très clairement. Si 8ur une face qui semble de forme très simple l'existence de ces masses ne frappe pas, un éclairage intense à jour frisant révélera, sur la figure du modèle, une variété de demi-teintes, résultat des plans ou dépressions qui séparent ces formes devenues alors clairement apparentes. Par ce procédé, on évitera ces formes rondes et lisses sans variété dans le modelé et qui sont dénuées de délicatesse et d'expression. »
(1) Modellinfi a guide for Teachers and slndents. By Ed. Lanteri, professor of sculpture at tlie royal collège ol" art South Kensinglon. London ; Chapman and Hall, Ltd. 11, llenrietta Street. W. G. l'.)02.
TORSE
Le torse de la femm'^ et celui de l'homme diff^Tent entre eux par le déye- lopp-^raent inégal et de sens inverse de leurs deux moitiés supérieure et inférieure (fig 31),
L'homme remporte par le volume de la moitié supé- rieure qui donne au torse masculin le tvpe thoracique, pendant que la femme, an contraire, par le dévelo[>pe- ment de la njoitié inférieure, se rattache au type abdomi- nal.
Unautre caractère liiïéren- tiel est, chez la femme, l'ac- centuation «le la cambrure lombaire, conséquence d'une colonne lombaire un peu plus incurvée et d'une plus grande inclinaison du bassin
Je rappelle ici les figures 12 et 13 consacrées à la topo- ginphie morphologique com- parée de l'homme et do la
femme Elles aiderontà fixer le*? idées sur les limites précises des régioni dont il va être successivement trait-.
Pic. 3i — Srht'ma du torse df 1 homme !> et (lu tors4' df la ft mnx iNito alHlunimal)
, i-n-
ncmerit incliné, un pru plut dics U fcmiur qu« cbej rhommr.
Cou
La rharponte musculaire du cou est composée, en arrière, dos muselps de la nuque et, sur les côtés, des slerno-mastoiidiefis appuvés sur quelquesmusclcf 131
\-6i ANATOAIIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche 23. — Cou.
Charpente du cou de profil A, de face B. Os hyoïde, larynx et corps thyroïde
chez l'homme. C, D. Figures montrant le rôle inverse du larsnx et du corps thyroïde dans la
forme du cou chez l'homme et ciiez la temme.
cou
l»L. i3
Charpente du cou.
FOBMKS i:Xl KRIEURES DKS RÉGIONS — TORSE 155
profonds. Le faible développement musculaire, chez la femme, est la cause de la gracilité de la nuque, dont la formé" générale est néanmoins la même que chez l'homme avec les deux saillies latérales séparées par une d-'pres- sion médiane plus ou moins [irofonde. Pour la même raison, le plan latéral du slerno-mastoïdien n'apparaît point distinct et se confond avec les régions voisines. Ce n'est qu'à ses insertions inférieures, à la clavicule (tendon a|)lîiiî) et surtout au sternum (tendon arrondi), de chaque côté du creux sus- steriial, que ce muscle se révèle, à l'extérieur, par un modelé spéoial qui s'accentue dans les mouvements et s'étend au muscle tout entier lors de la rotation de la tète Au repos, la forme d'ensemble du cou est presque uniformément arrondie.
Dans sa partie antérieure, plus spécialement désignée sous le nom de gorge, le cou voit sa morphologie dominée non {)lus par les muscles ref>ré- sentés ici par «luelques unités minces et plates se modelant sur les parties profondes (muscles sous-hyoïdiens), niais par des organes spéciaux à la régioïi dont ils sont en quelque sorte le squelette, et dont le dévelop[»ement inégal imprime, à cette partie du cou. un caractère bien distinct et spécial à chaque sexe.
En effet, îe grand espace vide qui existe sur le squelette, entre le maxil- laire inférieur et le somin»H du thorax, est en partie occupé {)ar les voies supérieures de la respiration (pi. 23, A et B). A l'os hjoîde, qui occupe le fond du sillon séparant la gor;:e de la région sous-mentonniére, se trouve suspendu le larynx aufjuel succède la trachée-artère. Et une glande désignée sous le nom de corps thyroïde est apjiliiiuée sur celte dernière tout à sa partie sii[»ériourp Larynx et corps thyroïde sont les deux i)rganes essentiels de la région.
Le larynx, appareil carlilagineux où se forme la voix, a lapp^rence d'une pyramide triangulaire orientée de telle façon qu'un des côtés est dirigé en avant et que la hase est tournée en haut, pendant que le sommet tronqué et arrondi s'aliouche en bas avec la trathée-artére. L'angle de la base, dirigé en avant, est tortrmont émoussé et il est la cause de la saillie connue sous le nom d-' pomme d'Adam dette saillie constante chez l'homme, mais variable suivant les individus, n'existe pas chez la femme à cause d'un moindre volume de cet organe.
Le corps thyroïde est une glande à surface lisse formée d'une partie médiane étroite, sorte de pont, qui réunit deux lobes latéraux volumineux
156 ANAÏOMIE ARTISTIQUE DU COUPS HUMAIN
Planche 24. — Cou.
Schf^ma du cou long et du cou court. Dans ces deux exemples, la colonne cervi- cale est de même longueur. Seules ont varié les limites osseuses du cou, maxillaire inférieur petit C, D ou volumineux A, B, sternum et clavicules élevts A, 6 ou abaissés C, D.
cou
l'i. i4.
Raison aualomuiue Jes variation» de longueur du cou.
FORMtS EXTÉRIi:URKS DES RÉGIONS — TORSE 159
placés sur les côtés de la trachée et qui remontent jusque sur les parties latérales du larynx.
Généralement peu volumineux chez l'homm*», le corps thyroïde n'inté- resse guère la forme extérieure, pendant que, par son développement cons- tant chez la femme, il tient sous sa dépendance toute la morphologie de la partie inférieure et antérieure du cou. II est la cause de l'élargissement et du modelé arrondi de la région, chez celte dernière, juste au-dessus de la fourchette slernaie. Cette saillie, dont l'exagération morbide constitue le goitre, sui» les déplacements de la trachée et monte et descend lors des mouvements de déglutition.
Le modelé de la partie antérieure du cou est donc essentiellement dilTé- rent dans les deux sexes. Chez l'homme, il est dominé par la saillie angu- leuse du larynx ou pomme d'Adam; chez la femme, c'est le relief doux et uniforme de la glande qui l'emporte (pi. 23 C, D, et 25 A, 13).
Ajoutons, pour comjdéter la morfdjologie du cou féminin, l'existence de plusieurs plis cutanés circulaires qui sont des [)lis de llexion et semblent être un attribut de beauté puisqu'on les désigne sous le nom de collier de Vénus (pi. 26).
A première vue, le cou paraît plus long chez la femme que chez l'homme, ce qui est <lù au volume moindre des muscles, à la politesse du maxillaire infé- rieur et souvent à la chute des épaules .Mai<?, sous ce ra[)port, il y a de grandes variations individuellesq<.i dépendent du déplacement des limites osseuses du cou (pi. 24). Ainsi, à la limite supérieure, si l'os occipital constitue en arrière une lorme lixe.le maxillaire inférieur en avant, .««uivant le degré de son déve- loppement, aiigmente ou diminue la hauteur ap[iarenle du cou. Il en est de même à la limite inférieure, jiar suite de la situation variable du sternum, de la clavicule et des épaules en général. L'r» long cou coïncidera toujours avec un thorax {dus ou moins déprimé, des clavicules obli«jues en bas et en d- hors et des éjtaules tombantes. C'est souvent là un caractère recherché par les arli;»- tes, que les maîtres de la Renaissance ont en général accentué et qu'.Mbert Durer accompagne toujours d'un développement exagéré du trapèze
Lorsque le cou est long et mince, sa direction générale suit celle de la colonne cervicale (pi. 25, C et h) Il est plus ou moins incurvé avec con- ▼exilé tournée en avant, et c'est cette disposition qui a pu faire comparer par les poètes le cou de la femme au cou du cygne.
A la partie inférieure du cou, il convient de signaler, chez lu femme, le
iôO ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche 2o. — Cou. Cou masculin et quelques exemples de cous fémmins.
A. Très forte saillie de la pomme d'Adam chez l'homme.
B. Convexité de la face antérieure du cou et absence de la pomme d'Adam chez la femme (modèle de 18 ans).
C. Id. chez un antre modèle (17 ans) avec augmentation du cou en longueur. D Cou long avec localisation graisseuse cervicale dorsale (modèle de 25 ans).
E, F. Proportions moyennes du cou. On remarque en E une légère saillie du
larynx. G. Cou court.
cou
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Cou iiittscuiiD et c'uus féminins.
FORMES FXTÉRIEL'RRS DKS RÉGIONS — TORSE (63
creux sus-stcrnal moins profond que chez l'homme, les saillies clavicu- laires moindres limitant des creux sus-elaviculaires, ou salières variables suivant l'état d'embonpoint et la position des épaules, l'élévation de ces dernières en augmentant la profondeur. Sur les côtes, le développement musculaire (trapèze et muscles sous-jacents) produit un élargissement du cou en bas et en arrière qui, sur un sujet vu de face, dessine deux lignes courbes, convexes, inclinées, descendant du milieu du cou vers le sommet de l'épaule. Cette forme, constante chez l'homme un peu musclé, est souvent remplacée chez la femme par une ligne droite ou même concave
Enfin, en arriére, il nous faut signaler une forme exclusivement fémi- nine. Nous savons que, chez l'homme, à la limite du cou et du dos, l'apo- névrose ovalaire du trapèze dessine un méplat de même forme au milieu duquel s'élève la saillie de la proéminente, (^hez la femme, non toujours, mais assez souvent, surtout chez les personnes qui ont pris un peu d'em- bonpoint, relief osseux et méplat disparaissent sous une saillie à surface uniforme et arrondie due à une accumulation graisseuse assez nettement localisée et que j'ai déjà signalée plus haut (pi. ii et pi 25 D)
Poitrine. — Il convient de nommer ainsi, aussi bien <*hez la femme que chez Ihomme, non plus seulement les seins que l'on désigne aussi quelque- fois sous le nom de gorge, mais toute la partie supérieure du torse corres- pondant, en avant, à la cage*lhoracique
Nous avons vu ailleurs que, chez l'homme, cette région se subdivise natu- rollcment en plusieurs régions secondaires : au centre, la région sternale rorrps[»ondant à l'os sternum et, sur le côté, deux régions superposées, la région mammaire correspondant au muscle grand pectoral et. au-dessous, la réjçion sous-mammaire reposant sur les dernières côtes
11 n'y a pas lieu, chez la femme, de maintenir ces subdivisions, bien qu'il soit possible de les retrouver (vojez fig. 12), et il est préférable de comprcmlrc en une seule descri[ition, tout le haut du torse ré{»ondant au thorax en a\ant
Le développement de la mamelle, qui est un des principaux attributs du sexe féminin, ne doit pas faire oublier les autres traits morphologiques de la région. Car le sein, quel que soit sa forme, a besoin d'être bien assis et doit être entouré de détails de conformation qui ont leur base dans la structure même de la poitrine.
164 AiNATOMlE ARTISTIQUE DU COUPS HUMAIN
Planche 26. — Coa, Collier de Vénus.
A. A'. Plis du cou assez visibles chez une jeune fille de 19 ans,
B. l'iis du cou très visibles chez une jeune fille de 48 ans.
C. Plis du cou chez une femme de 47 ans, ayant eu de l'embonpoint et comùien- çant à maiorir.
cou
Pl. 26.
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Collier de Wnim.
FOHMi:.> i:Xl ÉRI tURKb DKS RÉGIONS — TORSK
16"
La forme convexe de l'ovolde thoracique se révèle toujours à l'extérieur, quelle que soil l'épaisseur des parties molles qui le recou\ rent. Le point le [dus saillant en avant et en haut correspond au sternum, dont la convexité anté- rieure est toujours plus accentuée chez la femme.
L'angle sternal, qui répond à l'union de la première pièce sternale avec la seconde, dessine une crête transversale et mousse qui divise la région en deux plans inclinés. L'un supérieur, limité, en haut, par la fourchette ster- nale et qui se confond, sur les côtés, avec les régions voisines sans ligne de démarcation précise ; l'autre, silué au-dessous, qui desrend entre les deux seins pour ahoutir au creux épigastrique.
Sur les côtés, le dessin des côtes apparaît quelquefois, surtout ch*>zles sujels maii:res, et, dans la partie infé- rieure du thorax (réj;ion sous-mam- maire), hordée en dedans par la saillie des cartilages costaux. Dans la moitié supérieure, un muscle puissant, le grand pectoral, s'interpose entre la peau et la cage thoracique dont le modrié ne peut apparaître (|ue discrè- tement au voisinage du sternum. Dans le reste de la région, en effet, le muscle
augmentant d'épaisseur domine seul la forme et dessine, à sa partie infé- rieure et au voisinage du bras, un puissant relief qui forme le bord anté- rieur de l'aisselle.
C'est sur ces assises (fig. 3i) que s'él.'ve le sein, s'élendant de la troisième à la septième côte, c'est-à-dire reposant sur la quatrième, la cinquième et la sixième débordant le grand pectoral par en bas et orienté dans une <i rection intermédiaire au plan antérieur et au plan latéral. Le mamelon se trouve situé vers le milieu de la saillie, plus prés du bord supérieur que du boni inférieur, au point de rencontre des deux plans, et tourné en haut Les seins sont séparés par un esj»ace médian de plusieurs travers de doigt qui diminue de largeur avec l'augmentation de leur volume.
Une vallée plus ou moins large descend donc entre les deux seins jusqu'au creux épigastrique, avec lequel elle se continue en «'élargissant et s'v ter- mine en pente douce. A ce niveau, il arrive parfois qu'un véritable enfonce-
Fic. 3J. — AbMv 5 aiiatomiqui s du »< in.
Ib8 ANATOMIE ARTISTIQUE DU GOKPS HUMAIN
Planche 27. — Poitrine, Seins bifin conformés, bion que de volume et de forme variables.
A. B, D Seins héiuisphériques; G. Sein conique.
E, F. Tuurax infundibuliforme chez une jeune fille de 14 ana.
POITIUN F*:
Pi.. 27.
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Seini bien conforineN Thorax infiin(iil>nlif(>rine.
KO H M ES EXTÉHIKCRES DES RÉGIONS — TORSE
171
ment de l'extrémité inférieure du sternum détruit toute l'harmonie «le la région. Lorsque cette malformation est 1res accentuée, comme sur la figure 33, l'artiste ne saurait s'y méprendre, mais le thorax infundibuli- forme, ainsi que l'on nomme cette iléfonnalion spéciale, peut exister à d«'s degrés atténués, et comme il nous a été donné de la rencontrer sur des mo- dèles de profession (pi 27. E, F;, d'ailleurs assez bipn conformés, il nous a semblé intéressant d'en instruire les artistes.
Les seins doivent se détacher nettement du plan qui les entoure, et toujours, au- def^sus et en dehors d'eux, doit se voir la saillie du môle musculaire étendu entre le thorax et l'humérus et qui constitue lobord antérieur de l'aisselle. Jamais le sein ne doit être séparé de l'épaule par une vallée qui ne pourrait être que l'indice d'une pauvreté musculaire excessive.
Les formes assez variables du sein [t"u- vent être ramenées à deux types : le t \ ()o hémisphérique et le t^pe conique (pi '21}
(!hez certains sujets et particulièrement dans certaines races inférieures, ce dernier type s'exagère au point de ressembler à une
mamelle d'rfnimal. La forme hémisphérique est la plus répandue chez les Européennes xM.iis l'hémi.sphère n'est jiirnais d'une régularité géométriijue, la moitié inférieure étant généralement plus accentuée que la moitié supé- rieure. Même, sur un sein [>eu volumineux, jeune et ferme, on observe que, de profil, la courbe, co'ivexe au dessous du mamelon, est très surbaissée et même légèrement con -ave au-dessus
Le mamelon repose d'ordinaire sur une réole de coloration brune et fai- Bant une légère saillie. Il existe à ce sujet, de même que pour le volume du mamflon, d'assez grandes variations individuelles et certaines femmes ont une aréole fort étendue et très saillante. L'absence presque totale d'aréole s'f^bserve également.
Le volume du sein, de même que sa forme, n'est pai dt) uniquement À la (iféieuce de la glande mammaire. L'existence d'un tissu 'graisseux qui
10
tiG. 3,i — Hiorax infundibuliforme cbi'2 un vieillard.
172 AiNATOWlE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
Planche 28. — Poitrine.
Seins hauts, A, B, C,
Seins bas, D, E, F.
Relèvement da sein du côté du bras levé. Aisselle, G, B.
POITRINE
PL. 28.
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Seini haut* et Min» bu*.
FUHMLS tXTEHIi:URi:S DES RÉGIONS — TORSE 175
entoure la glanJe, comme pour la prolcger, y entre pour une bonne part. C'est l'abondance de graisse qui, en augmentant leur volume, fait que les seins arrivent prc^ciue a se toucher sur la ligue médiane et ne sont plus séparés que par une vallée plus ou moins proforule. La même cause les rend lourds et tombants. Un sillon profond les circonscrit alors par en bas, pendant que, sur un sein bien conformé, ce sillon, tout en étant plus accentué que celui qui le limite par en baut, est toujours superficiel et largement ouvert. Si, sur un sein graisseux, la limite inférieure qui le sépare de la région sous-mammaire s'accentue toujours avec l'afcumulation de la graisse, ses autres liraifes par contre tendent à disparaître. Il se noie pour ainsi dire dans la graisse des régions voisines. En haut, sa surface continue celle de la poitrine; en dehors, il recouvre la saillie du grand pectoral et se prolonge jusque dans l'aisselle.
La localisation graisseuse du sein est peut-être une des plus variables «le toutes celles que préseme la femme, et elle écbappe souvent à la loi qr,[ régit les autres; c'est ainsi qu'il n'est {)as rare de voir des jeunes filles dont toutes les localisations graisseuses sont absentes ou à peine développées, présenter des seins très volumineux, pendant (|ue d'autres sujets d'âge mûr, jtorteurs d'une couche graisseuse partout abondante, montrent de tout petits seins.
La siluiti m d i sein n'est pis maintenue par une disposition anatomique rigide, d où il suit que d'assez grandes variations existent sous ce rap- port ([»! 28). Il y a des femmes qui ont les seins haut placés et d'autres au contraire qui les ont situés as.sez bas, sans qu'ils soient volumineux po.ir cela. Il est vrai que la mode quelquefois s'en mêle. A répo(iuede la Uenais- sance, il était bien porté d'avoir sur une poitrine plutôt maigre, des seins petits, assez éloignés l'un de l'autre et placés très haut presque bous la cla- vicule. Je ne sais jusqu'à quel point les femmes d'alors parvenaient à réaliser de telles formes. Il est vraiscnblable, qu'autrefois comme aujourd'hui, la nature mèmi? y)uait le princip.il rôle, et que beaucoup devaient se résigner à ne pas suivre la mode, (lar, s'il est toujours possible, sous le vêlement, de parer à une défaillan'^e, il est des exubérances que nul artiticc ne sau- rait mas(|uer ou entraver. Les artistes de l'époque n'en ont pas moins laissé, dans leurs œuvres, maints spécimens de cet idéal fort curieux
Épaule. — De forme arrondie, l'épaule dépasse en dehors la saillie dd
176 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
l'acromiou. Un seul muscle, le deltoïde, soulevé lui-même par latêle humé- raie, occupe la région limitée en avant par le sillon pectoro-deltoïdien et confondue en arrière, sans limite précise, avec la région scapulaire où pénètre le tiers postérieur du muscle. Saillante en avant, aplatie en arrière, l'épaule se déprime en dehors et en bas au niveau de l'insertion deltoïdienne, toujours marquée, sur le nu, par une dépression dont la constance est due, malgré une assez grande quantité de graisse qui adoucit les heurts de l'écorché, aux adhérences qui unissent à son niveau la peau aux parties profondes.
Chez la femme dont la peau est doublée d'un pannicule adipeux même modéré, l'épaule ne montre de tous côtés que des surfaces courbes adoucies qui se relient insensiblement aux parties voisines.
L'épaule n'est reliée â la cage thoracique que par un seul point fixe qui consiste dans l'articulation de l'extrémité interne de la clavicule avec le sternum, l'omoplate n'étant maintenue sur la face postérieure de la cage thoracique que par les muscles qui y prennent insertion. Il en résulte que la raison de la position normale de l'épaule réside dans les forces toniques combinées de tous les muscles de la région. C'est ainsi que l'affaiblissement de la moitié supérieure du trapèze et de l'angulaire de l'omoplate occasionne un abaissement du moignon de l'épaule, pendant que l'exagération de leur force produira un effet opposé.
La faiblesse de la partie inférieure du trapèze et du grand dorsal arrondit transversalement le dos, creuse la poitrine en faisant saillir les clavicules ei avancer le moignon de l'épaule. La prédominance tonique du grand pec- toral et (lu grand dentelé conduit au même résultat.
La position normale de réf)àule due à un heureux équilibre des forces musculaires se traduit de la façon suivante :
La clavicule est horizontale et, sur une vue de profil, le moignon de l'épaule est situé juste au milieu d'une ligne horizontale qui passerait par l'angle stcrnal. CIk-z l'homme très musclé, la clavicule devient oblique en haut et en deb a-s tandis que chez la femme elle s'incline très souvent en sens inverse, en raison de son faible développement musculaire. L'accen- tuation de cette dernière disposition conduit aux épaules tombantes (}ui sont l'apanage des figures de la Uenaissance. Une des conséquences de cette chïile des épaules est d'atténuer la fosse sus-claviculaire, qui tend à dispa- r.'nUe même chez les sujets de peu d'embonpoint, et d'ajouter à l'harmonie
FORMES EXTKRIKUKKS DES RÉGIONS — TORSK 177
de la ligne la plénitude des surfaces. Dans le cas contraire, lorsque les épaules sont hautes, ce qui se rencontre assez fréquemmerit chez les modèles, ras()ect d'ensemble a été défini par le qualificatif A éjxmles en porte-manteau, et Ks clavicules fortement obli<jues en haut et en dehors augmentent la profondeur des fosses sus-claviculaires désignées sous le nom de salières. Le cou alors devient court, tandis que, lorsque les épaules s'abaissent, il gagne de hauteur, ainsi que nous en avons donné la raison précédemment. (Voj. p. 87.)
Bien rarement les deux épaules sont exactement situées nu même niveau. Presque toujours l'une des épaules est plus haute que l'autre, et le plus souvent c'est la droite
Aisselle. — Lorsque le br.is retombe naturellement le long du coijis, l'aisselle a la forme d'un sillon très profond à direction antéro-postérifure. Ce n'est que lor>que le bras s'écarte du tronc que ce pli, en s'élargis- sant, devient le creux de l'ahaellc, auquel on dislingue quatre parois. Les parois latérales se continuent sans lignes de démarcation avec les régions voisiiif's, la paroi interne avec le thorax, la paroi externe avec le bras, mais les deux autres parois fornjent de véritables rebord», sortes de iiiL^les jetés entre le thorax et le m« inbre supéiieur. La paroi aptérieure, épaisse et arrondie, est fornu e |)ar l'enroulement des faisceaux superficiels et pro- fonds du grand pectoral. La paroi po.siérienre, qui descend plus bas, est