NOUVEAU BULLETIN
DES SCIENCES, . PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE
DE PARIS.
I AI IP SI A AT PP I IS SP AP A
TOME II. 5°. Année.
PARIS,
J. KLOSTERMANN fils, Libraire de l'École Impériale Polytechnique, rue du Jardinet, n°. 15.
M. DCCC. XII.— AUTRE
ER TS 9) ST Ne oo MG | CÉLNIRE
LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE,
POUR 0
JANVIER
1812,
D'APRÈS L'ORDRE DE RÉCEPTION.
NOMS.
Membres émérites.
MM.
BFRTHOLLET. . . . HAMARCRE NC Moxcs AU Nr Docassne. : . .— MAPrACRIE Ne CORREA DE SERRA. TOoNKNELLIER. . .« ,
Membres résidans.
SILVESTRE. . . BRONGNIART. . VAUQUELIN. . . Aero AU Cooursenr-Moxr- BRRT US le Gizzer-LAUMONT ÉTATER NE MERE VRE ee CU Proxy . Bosc. 4 GEOFFROY- St.- Hi- LAIRE. … + Cuvier (Georg. ï DOMERIE . : . . . Larry. Descosmizs . LasrEexrir:. . + . DREMERV . . . + LACEÉPEDE. .:. . .
Dates de Réceptions.
14 sept. 1793. 21 sept. 1799. 28 sept. 1705. 10 août 1794. 12 janv. 1797. 17 déc. 18u2. 11 janv. 1806.
51 Juill. 1794.
10 déc. 1788. Id. 9 nov. 1780.
50 juillet 1792:
14 mars 1703.
28 mars 1705.
14 sept. 1793. 14.
28 sept. 1703. 12 janv. 1794:
Id. 25 mars 1705. 20 août 1706. 24 sept. 1706. 3 déc. 1796. 2 mars 1797. 20 août 1797.
1er, juin, 1798.
NOMS Dates de Réceptions, MM. Cuapraz. . . . . | 27 juill. 1708. Oxavier. . . . . | 21 juin 15G0. BREL ee 14 févr. 1800. DecaANDOLLE. . . 5 octob. 1800. ÉTOT. CRE. 2 févr. 1601.
DErEuzE. 22 juin 1801. BrocHanT. . . 2 juill. 1807. Cuvier CT ] 17 déc. 1802. Moez . . . 11 mars 1803. TuenarD.. . . . | 12 févr. 18053. POISSON EN Id. Gax-Lussac. . . Id.
HACHETTE. . . . DELAROCHE . . .
34 janv. 1807. Id.
ÂAMPÈRE. . . . . 7 févr. 1807. HPARCET. 2: « 14. GRARD ME 19 sept. 1807.
Du Perir-Tuouars Id.
PARISET. 0. 14 mai 1808, NTITUS ETES avril 1810. ARAGOM IS: Id. INYSTEN : . : : Id, LAUGIER. - 14. Ronan 7e Id. CRHEVREUL .. Id.
16 mai 1810. 9 févr. 1811.
PuissANT . . . DESsmMAREsT.. ._. DrcaLnoïs.7 à .2. | 25 4) GUERSENT. . . . 9! mars 1811. BrEr: 0 : LD: Id.
LISTE DES CORRESPONDANS DE LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUX.
NOMS Er RÉSIDENCES.
DUMAS. - 4° Re . Montpellier. GEOFFROI (VILLENEUVE).
DANDRADAS AMP. Coimbre. NTELTÈRES CPU BERLINGHIERI . . . . « « . « Pise. CHAUSSRER AN 20002 0 1,
BONNARD Er... Li sl. Arnay-le-Duc. NAN=MONS LR Bruxelles. NANTES © NEA ER PRESS D Pavie. CHANERANS sie Besançon. RAMBOUEG: . . . . . . . .. Cérilly. ÆROUEELOT. 10208 2141 2 Orléans. INRGOTAS 2. ML re Caen. IMÉLDARS a RU R eMe te 8 ee Strasbourg. AIDRTNE PS Sas MER Genève. TATHETLLE. MURS R
USTERDE 22521 LLE PRE iStabe Kock Paie te se ef nid eq As Bruxelles. HRDÈRE US 201 eau Rochefort. SÉHMEISSER (ere ele aile Hambourg. ARTMTA RUS ele enetalete te Id.
à À AO à DONE MRTA TARE ALRE . -. Strasbourg. GOSSES SAM Ie lasse Genève. GIDEOT ARR etre te 1. -Vanldo. EDEN AT MEN dore olelate St.-Geniez,. FISCHER St ee Lulu à Le Le Moscow. BOUCHER.\. -.. ... , « +. . Abbeville, Norte u Béfort. BOISSEL Pere lot ip teielle
MABRONT 20. ie: . Florence. BROUSSONET (Victor). . Montpellier. Larr (P.-Aimé). . . .. .. Caen.
D AUSSURE NS A Seau tele Genève IVASSALI-EANDI . . . . . . . Turin BUNDVAN NE PRRUR TIMES Id. PURLI (Pierre). UN Naples. BLUMENBACH.. . . . . . .. Gottingue. FLERMSTA DIE Late nee, »1 1e CoQUEBERT ( Ant.). . Rheims. CAMPER CE JE . Franeker. RAMOND) 0e Nele eue sl Clermont-Fer. FENETRE ER Madrid. PALISSOT DE BEAUVOIS. .
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RÉSIDE NCES.
NOMS ET
MM. BONNARDI 1 Crete | MARCHER T0 ele (6 Va Genève. NO UNGS A M reel ai de Londres. ADAM UE ES US PE Id. HÉRICARD-THURY . . . .. B'RISSONSN RC CALE Gand COSTAZ NE NE PNR GORDTER LT EUMAIENSENr SEHREIBER Le 40) O UT Moustier. DODUNLLIEN: Pise Le Mans. FLEURIOT DE BELLEYUE. . La Rochelle. BATEE Lane UE DAVARTOTEE Elles Naples BAYONS RES UPS "RP Madrid BROTERO 2 2 ete Coimbre SŒMMERING. . .. . .. ... Francfort. PABrO DE LLAVE... . . |. | Madrid. BRERLSS AN EMAIL: 5 NAN Falaise. PANZERS EMEA TUNER Nuremberg. DESGEANDS SLA 14. Rennes. DAUBUISSON 21e AE Toulouse. NVABDEN nn Aa Ada New-York, GÆRTNER fils. . . . . . .. Tubingen. GIRARD M a denanen A ele Alfort. CHPADNNE EN EURE Wittemberg. LAMOUROUX.: TN UE QU Caen.
FREMINVILLE (Chzistoph.) Nantes.
BATARD EE CHMENETEAN Angers Poy-FERÉDE CÈRE . . . . Dax. MARCEL DE SERRES. . . Montpellier. DESYAU ES RES DEEE Poitiers. BAZOCHES- LIEU Séez RTSSO soirs ete Me NE Nice DAVY DE LA ROCHE. . Angers. B1GOT DE MoROGUES. . . . Orléans. IBRISTANS het late A Id. OmaAzIUS D£ HALLOIS . . . Emptinnes. LEONHARD: "1 20.0 0e Hanau. DESSAIGNES: 2212101. 12M2 Vendôme. DESANGTIS: ae snne Rome. AUGUSTE ST:-HILAIRE . . Orléans,
COMMISSION DE RÉDACTION
DU
NOUVEAU BULLETIN.
MM.
Zoologie, Anatomie et Physiologie
CRPILALES ND ESSENCE ARNE Cuvisn (Frédéric) . . : . F.C. Botanique, Physiologie végétale, Agri-
culture, Economierurale. . . . .. MTRBEC A MEN Le Lure M. Minéralogie , Géologie . . . . . .. BronGnianT (Alexandre). . A. B. Chimie et Arts chimiques . - - - . Caspacyse 2. Lee C. Physique et Arts mécaniques "1.4. AMPEREN, 44 - ENMNEN AS: Mathématiques et Astronomie . .'. Poisson. . . . . . . .. SAUT Médecine et Sciences qui en dé-
Déndentie. = eo vis QT: LEGALOIS.- CURE LC
Secrétaire-Rédacteur.
STE REn PR ET es, Le SE PT
Nota. Les Articles ou Extraits non signés sont faits par les Autcure des Mémoires.
DPOADN AR D OL L'ETTN.,
DES SCIENCES, PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE.
Paris, Janpier 1812. — RARE TETE SES 2004 D IT PTE HISTOIRE NATURELLE.
PHYSIOLOGIE ANIMALE.
Extrait d'un Mémoire de M. Legallois, sur le principe des Jorces du cœur, el sur son siège.
Novs avons donné , il y a deux ans et demi, les principaux résultats des premières expériences de M. Legallois, sur la décapitation des animaux, et sur les fonctions de la moëlle épinière. Depuis cette époque ; l'auteur a continué ses recherches, et procédant toujours d’ex- périence en expérience, il a découvert que le principe des forces du cœur réside dans la moëlle épinière. Nous renfermerons l'analyse de son mémoire dans une suite de propositions qui comprendront ses _ premiers aperçus, et tout ce qu'il ÿ a ajouté depuis.
Le principe du sentiment et des mouvemens du tronc a son siège dans la moëlle épinière et non dans le cerveau ; mais le premier mobile de la respiration réside dans ce lieu de la moëlle alongée, qui donne nais- sance aux nerfs de la huitième paire.
Par cette double disposition, la section de la moëlle épinière près l'occiput et la décapitation anéantissent les mouvemens inspiratoires sans faire cesser la vie dans le tronc, lequel ne meurt que d’asphyxie, et au bout du même tems que si la respiration avait été empêchée de toute autre manière; en supposant qu’on ait arrêté l’hémorrbagie.
En remédiant à l'asphyxie par l’insuflation pulmonaire, on peut prolonger l'existence de l'animal pendant un tems, dont le maximum est le même, dans ce cas, qu'après la section des nerfs de la huitième paire.
Si la décapitation , au liea d’être faite près l’occiput, l'est sur le crâne
Tom, II, No, 52. 5e. Année. I
No. 52,
INSTITUT NAT. 27 Mai et 3Juin181r,
(6) de manière à ménager le lien dans lequel réside le premier mobile de la respiration, et à le laisser en continuité avec la moëlle épinière, l'animal pourra yivre et respirer de ses propres forces et sans aucun secours, jusqu'à ce qu'il meure d’inanition. C’est le maximum de son existence dans cet autre cas; mais, par des causes bien connues, les animaux à sang froid sont les seuls qui puissent y atteindre.
Non-seulement la vie du tronc dépend en général de la moëlle épi- nitre, mais celle de chaque partie dépend spécialement de la portion de cette moëlle dont elle recoit ses nerfs; en sorte qu’en détruisant une certaine étendue de moëlle épinière, on ne frappe de mort que les parties qui reçoivent leurs nerfs de la moëlle détruite. Toutes celles qui recoivent les leurs de la moëlle non détruite, demeurent vivantes plus ou moins longtems. Si, au lieu de détruire la moëlle, on y fait des sections transversales, les parties qui correspondent à chaque segment jouisseut du sentiment et du mouvement volontaire, mais d’une maniere aussi indépendante entre elles que si, au lieu de couper simplement la moëlle, on eüt coupé transversalement tout le corps de l'animal aux mêmes endroits. En un mot, il y a dans ce cas autant de centres de sen- sations bien distincts, qu'on a fait de segmens à la moëlle.
Pour que la vie continue dans une partie quelconque du corps , outre lintégriié de la moëlle correspondante, une autre condition est néces- saire , c’est la circulation. Si l’on intercepte la circulation daus une parue, Ja mort y survient constamment; mais lors même que ce dernier effet a lieu de la manière la moins équivoque , la vie ne tarde pas à renaître, si l'on parvient à rétablir la circulation dans cette partie, et notamment dans la moëlle.
La mort ne survient jamais soit dans une partie, soit dans tout le corps, aussitôt après que la circulation y a été interceptée, mais seule- ment au bout d’un certain tems. Ce tems, qui est déterminé dans les animaux de même espèce et de même âge, est d'autant plus long dans ceux à sang chaud, qu'ils sont plus voisins de leur Daissance. Ainsi lors- qu'on arrête tout-à-conp la circulation dans des lapins, soit en liant , soit en arrachant le cœur, la sensibilité ne s'éteint qu’au bout d'euviron quatorze minutes, quand ils sont nouveilement nés; au bout de deux minutes et demie quand ils ont quiuze jours, et au bout d'une minute quand ils ont trente jours. Dans les animaux à sang froid, elle ne s'éteint qu’au bout de plusieurs heures. Le tems que les animaux survivent dans celte expé- rience, caractérise tellement la cessation de la circulation, qu'il est distinet de ce qui a lieu par toute autre cause de mort. Par exemple, il est toujours plus court dans un animal de quelque ‘espèce et de quel- que âge que ce soit, que celui au bout duquel l’asphyxie ferait périr le même animal. ÉREET Lg
Puisque dans une partie, quelconque du corps , la vie dépend spécia-
(1)
lement de l'intégrité de la moëlle correspondante et de la continuation de la circulation, et que, suivant la théorie de lirritabilité hallérienne, les mouvemens du cœur, ét par conséquent la circulation, sont indé- pendans de la puissiänce nerveuse , il semblerait qu'on pourrait faire vivre à volonté telle où telle portion d'un animal, après avoir frappé de mort toutes autres parties, en détruisant la moëlle qui leur correspond : mais il n’en est pas ainsi. Après la destruction d’une certaine étendue de moëlle épinière, en quelque lieu de la colonne vertébrale qu'elle ait été faite, la vie ne se continue dans les parties dont la moëlle est restée iitacte qu'un tems déterminé, et plus ou moins court, suivant l’âge de l'animal. Or, la durée de la vie, dans ce cas, se trouve être précisément la même qué si le cœur eût été arraché dans un animal de même espèce et de même âge. Tous les antres phénomènes qu'on observe alors, tels que la vacuité des carotides, l'absence de l’hémorrhagie après l’amputation des mem- bres , etc., concourent à prouver que la destruction de la moëlle a privé le cœur instantanément des forces nécessaires à l’entretien de la cir- culation , sans arrêter d’abord ses mouvemens, lesquels ne sont plus que des mouvemens d’irritabilité. (La suite au numéro prochain.)
CHIMIE VÉGÉTAL E.
Examen chimique des feuilles de Pastel et du principe extractif quelles contiennent ; Tsatis tinctoria ; 4 à la première classe de l'Institut, le 26 août 1611; par M. Cuevreut. ( Extrait. )
Daxs l’analyse du Pastel que j'ai publiée en 1808, je n'avais pu pro- noncer sur la nature de plusieurs substances , parce que la quantité de matière que j'examinai avait été loin de suflire à tous les essais qui étaient nécessaires, pour arriver à des conclusions positives. Je desirais beaucoup de reprendre ce travail , non-seulement pour déterminer ce que je n'avais fait que de soupconner, mais encore pour décou- vrir ce qui avait pu méchapper, et pour rectifier les erreurs que j'avais pu commettre ; car quelque soin que l’on apporte dans une analyse végétale, on ne peut jamais se flatter d’avoir tout vu, et sur-tout d’avoir toujours bien observé ce que l’on a vu.
L'analyse des principes immédiats des végétaux est encore très-éloignée de la perfection de l'analyse minérale; dans celle-ci, on a de grands avantages sur la première : on peut comparer la somme des produits de l'analyse avec la quantité de matière qu’on a examinée; les principes inor- ganiques sont faciles à reconnaître par des propriétés bien distinctes, on peut faire sur eux un grand nombre d'essais, saps craindre de les dénaturer;
IKSTITUT NAT,
(8)
les dissolvans les plus actifs, les agens les plus énergiques peuvent étre employés à leur séparation. Dans l'analyse végétale, au contraire, il n'y a qu'un trés-petit nombre de cas où la balance puisse assurer que les produits sont égaux au poids de la matière analysée; par conséquent il est dificile d’avoir toujours la certitude que l'on a obtenu tous les principes immédiats de cette matière. La mobilité des élémens de ces principes les sollicitant continuellement à prendre une nouvelle forme , il faut borner l'emploi des instrumens d’analyse;. l'énergie de ces agens qui les rendait si utiles dans l'analyse minérale, est une cause qui en proscrit l'usage dans l'analyse des végétaux. De là, il résulte que la faiblesse des réactifs que l'on est forcé d'employer , permet bien rarement des séparations exactes ; quand on veut isoler seulement deux principes qui sont combinés un peu fortement, on ne fait presque toujours que des combinaisons avec excès de l’un des principes, et l’on ne peut guère espérer de faire une séparation exacte , que quand il y a une grande diffé- rence de cohésion entre les élémens de la combinaison.
De la dificulté d'isoler certaines substances , il est arrivé que l'on a établi des espèces de principes immédiats, d’après l'observation d’une ou deux propriétés qui n'appartenaient à aucun des principes connus , et qu'on a distingué les corps auxquels on à attribué ces propriétés, par des noms particuliers. Quand on a fait ces distinctions on ne s’est pas rappelé que des propriétés nouvellement observées pouvaient aussi bien appartenir à des combinaisons qu’à des corps nouveaux, qu’en consé- quence la première chose qu’on devait faire, avant d'établir une espèce de principe immédiat, était d'obtenir ce principe isolé de tout autre. C’est pour avoir négligé ces considérations que l’on a pris des pro- priétés appartenant à des combinaisons pour des êtres réels , et qu'aux diflicultés naturelles à la chimie végétale, il s'en est joint d’autres, qui ont beaucoup augmenté les premières
Par la raison que les principes, dont je viens de parler, n'avaient été distingués que par un petit nombre de propriétés, qu'on ne les avait jamais obtenus à l'état d'isolement complet , il en résultait um tel vague dans l'énoncé de leurs caractères, que l'on rangeait parmi ces principes 1ioutes les matières que l'on trouvait n'avoir pas de ressemblance avec les principes immédiats bien définis, et qui n’a- vaient pas par elles-mêmes de propriétés bien distinctes ; ainsi dès qu'une substance faisait un précipité avec la gélatine, on lui donnait le nom de tannin; dès qu'on obtenait une matière colorée qui ne cristal- lisait pas, qui donnait des pellicules par l’évaporation , qui précipitait plusieurs dissolutions métalliques , et qui s’attachait aux étoffes , on lui donnait le nom d’extractif. Je crois être le premier à avoir prouvé que Ja propriété de précipiter la gélatine ne pouvait seule servir à caractériser un Corps; Car, si cette propriété apparlient à des principes immédiats ,
(9)
elle est souvent le résultat d'une combinaison ; qu’en conséquence, lé mot de tannin devait être proscrit de la liste des principes des végétaux, puis- qu'il ne présentait rien de fixe à l'esprit. |
Dans le mémoire que j'ai l'honneur de soumettre au jugement de la Classe, je pense pouvoir assurer que l'extractif doit avoir le même sort que le tannin ; mais avant de présenter mon travail, je citerai l'opinion de plusieurs chimistes, sur le sujet que je vais traiter.
MM. Fourcroy et Vauquelin, dont les nombreux travaux ont été si utiles à Ja science, avaient d’abord admis l'existence de l’extractif; mais depuis ils ont renoncé à cette opinion , comme on pourra s’en Con- vaincré en lisant le passage suivant, qui est extrait de leur mémoire : sur l'existence d’une combinaison de tannin et d'une matière animale dans quelques végétaux. « C’est peut-être aussi cette matière ( la combinaison « de tannin et de matière animale), qui, ainsi que quelques autres « combinaisons de différens principes végétaux auxquelles elle peut se « u'ouver mêlée, à été prise depuis plus d’un demi-siecle, pour un prin- « cipe unique, qu'on a nommé eu trait des plantes. Cela est certainement « vrai pour les plantes astringentes, et spécialement pour les racines, « les bois, les écorces, etc. , qui ont ce caractère. »
« Ïl serait tres-intéressant d'examiner avec soin, et sous le rapport qué « nous indiquons ici, les extraits qu’on prépare en pharmacie, et de recher- « cher si le nom d’extractif, adopté depuis 1787, pour désigner un “« principe homogène dans les plantes, doit rester dans l’état actuel de « la science. » :
« En attendant qu'on se livre à ce travail utile, nous assurerons que « les substances végétales qu'on emploie’en teinture pour donner des « brunitures er des pieds de couleur aux draps communs , contiennent “une combinaison de tannin et de maticre animale 5.
M. Braconnot , à qui la chimie végétale doit plusiéurs travaux intéres- sans , a pensé de son côté que l’extractif ne Jui paraissait être que le résultat d'un commencement de décomposition de la matière colorante jaune des plantes (1). Avant M. Braconnot , j'avais remarqué l’analogie qu'il y avait entre celle matière et l’extractif; puisque dans ma première analyse du pastel , j'avais cra devoir l'appeler matière extractive (2) jaune.
Je vais exposer maintenant le précis de mon analyse et celui de mes æxpériences sur l’extracuf du pastel. ‘
ANALYSE.
1°. Après avoir écrasé et éxprimé les feuilles du pastel , j'ai obtenu un suc vert et un marc formé pour la plus grande parue du ligneux de la
G) Annales de chimie, tom. 70. (2) Id., tom. 68.
Tom. III. No. 52. 5e, Année.
5
(10) plante ; j'ai filtré le suc: par ce moyen , j'ai séparé une fécule d’un beau vert ; j'ai d'abord examiné cette fécule , et ensuite le suc filtré.
S Ier. Examen de la fécule verte.
20, Cette matière était d’un vert-bouteille , tirant au bleuâtre; elle avait une odeur assez forte; elle était formée d’une matière végéto-animale , du principe qui colore les feuilles en vert, et auquel on a donné le nom de résine verte , de cire et d'indigo (1). Je l'ai analysée de la manière "suivante :
30, Je l'ai fait macérer pendant plusieurs jours dans l'alcool , celui-ci s’est coloré en vert foncé , en dissolyant de la résine verte.
J'ai traité ensuite le résidu par l'alcool bouillant ; le premier lavage était d’un beau vert. Il a déposé, par le refroidissement , de La cire colorée en vert; cette coloration prouve une affinité réelle entre la résine verte, etla cire, car l'alcool bouillant , chargé de cette résine, n’en laisse jamais précipiter lorsqu'il se refroidi. Le second lavage s’est comporté comme le premier , seulement la cire qu'il a déposée n'avait qu'une légère couleur verte, par la raison que ce layage ne contenait point autant de résine verte que le premier , et qu'a cause de cela, la résine y était plus fortement retenue ; eufin, l’on a obtenu des layvages qui ont déposé de la cire colorée en bleu par de l'indigo.
4°. À mesure qu'on lavait la fécule verte, l'alcool prenait une couleur qui tirait de plus,en plus sur le bleu ; à cette époque, une quantité notable d'indigo a commencé à se dissoudre; comme l’indigo n’est pas , ou qu’infiniment peu soluble dans l'alcool froid , le lavage alcoolique par le refroidissement, perdait de sa couleur bleue en déposant de l'indigo ; mais malgré cela, 1l restait toujours une portion de ce principe en disso- lution , laquelle ÿ était relenue par l’afinité dela résine verte. Pour séparer cette portion , j'ai fait évaporer , et j'ai mis le résidu dans l'alcool froid ; celui-ci a dissous la résine verte et a laissé la plus grande partie: de l'indigo. On pourrait peut-être employer la dissolution de résine verte et d'indigo pour colorer certaines liqueurs spiritueuses , l'alcool qui tient ces deux principes en dissolution étant d’un très-beau vert.
5°, L'indigo, qui se sépare par le refroidissement du lavage alcoolique , est sous la forme de petites aiguilles pourpres semblables à celles de Findigo sublimé., Pour let voir dans toute sa, beauté, il faut l’exposer à un rayon de soleil, et le regarder par réflexion. J'ai tout lieu de penser
(1) Et probablement d’un principe aromatique analogue à celui des crucifères.
(Cr) que l'affinité de la résine verte pour l'indigo favorise la cristallisation de ce principe , en retardant sa précipitation. Lorsque les cristaux d’indigo sont rassemblés sur un filtre, ils présentent des pellicules d’un très-beau pourpre. 6°. J'ai fait bouillir pendant plus d’un mois 2 grammes de fécule verte avec de l'alcool, sans pouvoir arriver à obtenir un lavage incolore. L'alcool qui ne se colorait pas après 5 minutes d’ébullition , se colorait après 10 minutes. Ces derniers lavages étaient d'un bleu superbe, tant qu'ils étaient chauds; mais par la concentration et le refroidissement, ils per- daient la plus grande partie de leur couleur bleue, en laissant déposer de l'indigo, et ils restaient colorés en vert léger par un peu de résine. * 7°. La fécule verte qui avait bouilli avec l'alcool était colorée en gris verdâtre. La résine verte et l'indigo qu’elle retient après ce traitement, prouve que la matière végéto-animale qui s’y trouve a une grande affinité pour ces deux principes. $S IL
Examen du suc filtré.
8. Lorsqu'on porte le suc du pastel à l’ébullition, il se coagule beaucoup de matière végéto-animale, qui est blanche dans quelques parties, verte et rose dans d’autres. J'ai été curieux desavoirs’il était possible de séparer des matièreshomogènes par la simple action de la chaleur ; en conséquence, j'ai fait chauffer le suc, et j'ai observé les phénomènes suivans : à 44° centig. , il a commencé à se coagulér; lorsqu'il a eu 55°, je l'ai filtré, 1l est resté sur le papier une matière d’un beau vert. En traitant celle-ci, par l'alcool, j'ai enlevé la plus grande partie de son principe colorant ,
ui était de la résine verte ; j'ai remis le suc sur le feu, de 55° à 70°, est coagulé de la matière végélo-animale teinte en rose ; par l'alcool froid j'ai dissous de la couleur rouge; par l'alcool bouillant j'ai dissous de la couleur rouge et de l’indigo. La couleur rouge est acide , je la crois analogve à celle des fruits qui est naturellement bleue , et qui forme avec les acides une combinaison rouge. L’indigo qui se coagule avec la matière végéto-animale n’est qu’en très-petile. quantité, parce que la plus grande partie de ce principe reste dans la fécule verte.f
g. Le suc séparé de la matière végéto-animale qui s'était coagulée , a été exposé à l’'évaporation ; il s'est déposé un sédiment formé de petits cristaux brillans, c'était du citrate de chaux ; ainsi que je m’en suis assuré en le décomposant par l’acide sulfurique. C'est à ce sel qui se dépose avec la matière végéto-animele, lorsqu'on soumet lesuc depastel à l'ébullition, qu'est dù le carbonate de chaux qu'on trouve dans les cendres de cette matière. Le suc séparé du citrate de chaux a déposé par plusieurs évaporations
(12)
du sulfate de chaux mèlé de citrate ; quand je l'ai jugé suffisamment concentré ; je l'ai mêlé à l'alcool à 34°. , et j'ai traité le résidu jusqu'à ce qu'il parut ne plus rien donner à l'alcool. Le résidu insoluble délayé dans l'eau a laissé une matière gélatineuse formée de phosphate, de sulfute et citrate de chaux. La solution évaporée a donné des cris- taux de sulfate de potasse mélé de sulfate de chaux; Veau-mère de ces cristaux était sous la forme d'un liquide brun épais ; Y'épuisai ee liquide par l'alcool bouillant , je le délayai dans l’eau , et j'obtins une gelée inso- lable formée d'une matière animale, de, couleur jaune , d'un acide végétal libre, de phosphate de chaux, de magnésie de fer et de manganèse: . 10°, La solution aqueuse du liquide brun était formée d'une matière animale qui m'a paru différer de la matière végéto-animale, d’un acide libre végétal d'un principe volatil ayant l'odeur d'osmazôme , d'un principe colorant jaune, de sucre liquide, d'une matière gommeuse, de.nitrate de potasse, de phosphate de chaux , de phosphate de magnésie et de fer, de chaux et de magnésie, qui paraissaient être unis à l'acide végétal: car on les obtint, par lincinération, à l’état libre ou de carbonate; ce qu'il y a d'étonnant, c’est qu'on ne peut précipiter par l’ammoniaque le phosphate de chaux de la solution aqueuse du liquide brun ; il ne se précipite alors que du phosphate ammoniaco-magnésien ; cela prouve que le phosphate de chaux ou ses élémens sont retenus en dissolution par d'autres corps que par un acide libre,
119, J’akensuite examiné les matières du suc de pastel qui avaient été dissoutes par l'alcool; la dissolution de ces matières a donné à'la distil- lation un produit qui contenait de l'acide acétique , de l’'ammoniaque 4 des traces d'un principe ayant l'odeur de crucifères, et celui qui a l'odeur d'osmazôme : le résidu mélé à l’eau et chauffé , afin de séparer l'alcool , a° déposé des pellicules et des flocons qui m'ont présenté les propriétés de l’extractif oxigéné. En faisant concentrer: la liqueur d’où Pextractif avait été séparé, j'ai obtenu beaucoup de nitrate de potasse cristallisé ; en répétant plusieurs fois ces opérations , jg suis arrivé à avoir un liquide qui ne donnait plus de cristaux de nitre, et qui né donnait presque plus d’extratif par l'eau et l'évaporation.
12°, Ce liquide, traité de cette manière, était acide ; il contenait une assez grande quantité d'un principe colorant jaune , car Ja laine et la soie alunées qu’ou y a plongées ont pris une couleur jaune tirant au fauve ; il contenait de La matière animale , laquelle était précipitée par l'acide sulfurique, par la noix de galle, par l'acide muriatique oxigéné : outre ces substances , il contenait encore un peu de gomme et de sucre liquide , de l'acétate d'ammoniaque , de l'acétate de potasse, du muriate de potasse , du nitrate de potasse , un peu de sulfate de chaux | un peu de magnésie et d’oxide de fer. :
13°. J'ai essayé d'isoler la couleur jaune des matières auxquelles elle est
TV13) é unié; au moyen de l’acétate de plomb. Pour cela , j'ai fait quatre précipitations successives ; les trois premières ont été faites avec l’acétate de plomb, et la quatrième avec le sous-acétate. Les deux prerriers préci- pités étaient d’un brun roux , le troisième était d’un jaune citron , enfin le quatrième était d’un jaune léger : ces précipités étant favés, je les ai délayés dans l’eau, et je les ai soumis à un courant de gaz hydrogène sulfuré ; j'ai obtenu des dissolutions jaunes qui étaient formées à très-peu près des mêmes substances , savoir d’un acide de couleur jaune , et de matière animale ; celle qui provenait des deux premiers précipités conte- nait plus de matière animale que celle qui provenait des deux autres. Je n'ai pu déterminer la nature de l'acide incristallisable, il a présenté plusieurs des propriétés de l'acide malique ; mais je n’assurerai pas qu'il soit semblable à cet acide ,parce qu'il ne serait point impossible qu’un acide végétal naturellement cristallisable fût combiné à un principe colo- rant, et à de la matière animale, de manière à ne pouvoir cristalliser , et à présenter les propriétés de l'acide malique.
14°. Quoique la liqueur eùt été précipitée par un excès d’acétate et de sous-acétate de plomb, cependant elle contenait encore beaucoup de couleur jaune , ainsi que de la matière animale.
159, II suit de là, que quand on verse des quantités fractionnées d’acétate de plomb dans le liquide soluble dans l'alcool, il se forme des combinai- sons quine diffèrentles unes des autres que par la proportion des principes ; les premières qui se précipitent, contiennent plus des principes moins solubles que celles qui se précipitent ensuite ; la combinaison qui reste en dissolution ne se maintient à cet état, qu’à la faveur de l'acide acétique qui a été mis à nu ; et ce qui le prouve , c’est que quand on a chassé cet acide par l’évaporation , on obtient un nouveau précipité , non-seulement avec lesous-acétate de plomb, mais encore avec l’acétate deplomb ordinaire. Pour terminer mon analyse, je n'at plus qu'à parler du précipité qui s'était formé dans la liqueur Ne étendue d’eau , et qui jouissait -des propriétés qu'on a attribuées à l’extractif (11°).
16°. Cette matière était acide , je l'ai épuisée par l’eau : par ce moyen, j'ai
dissous de l'acide , du principe colorant jaune, quiétait dé la même nature que celui qui avait été dissous par l'alcool , et de la matière animale. Ce lavage a teint la laine et la soie alunées en jaune fauves par l’évaporation , il s’est couvert de pellicules, et a donné des flocons de matiere animale combinée à un peu d’acide et de couleur jaune ; ainsi , voilà trois corps qui ont été enlevés à l’extracuf au moyen de l’eau. * La partie de lextractif qui n’avait pas été dissoute par l'eau, était acide ; elle a été soumise à l’action de l'alcool bouillant ; ce qui n’a pu être dissous était formé de matière animale retenant un peu de couleur jaune , et assez d'acide pour rougir le papier de tournesol.
Los layages alcocliques ont été réunis et ‘disuillés ; sur la fin de la
(14)
distillation, j'ai ajouté un peu d’eau, pour faciliter le dégagement de laicoul; il est resté une liqueur d’un rouge brun et une matière solide brune.
La liqueur contenait de l'acide, de la couleur jaune’et un peu de matière animale; il était évident qu'on pouvait la considérer comme une dis- solution d'un extractif avec excès de couleur jaune et d'acide. D’après cette considération et la forte affinité qui existe entre les principes de l’extrac- üf, j'ai pensé qu'il pourrait se faire que l’extractif dépouillé de sa matière animale aurait la propriété de précipiter la gélatine. L'expérience a confirmé cette conjecture ; ainsi voilà deux combinaisons séparées de l'extractif, l'une insoluble, qui est avec excès de matière animale ; l’antre soluble, avec excès de couleur et d'acide , qui précipite la gélatine à la manière d’une substance astringente. Ce résultat prouve qu’une substance naturelle , très-différente de la noix de galle , peut jouir de la propriété tanpante , et confirme les idées que j'ai émises sur la nature du tannin ; ce résultat appuie l'opinion de MM. Fourcroy et Vauquelin sur l'extractif qu'ils ont présumé être une combinaison de matière animale et de taunin ; mais il faut remarquer que la nature de l’extractif du pastel est différente de celle de la combinaison observée par MM. Fourcroy et Vauquelin ; car cette dernière est formée de la matière astringente qui se trouve dans la noix de galle , tandis que celle du pastel est formée d’une couleur jaune et d’un acide qui n’est pas le gallique.
Quant à la partie de l’extractif qui avait été dissoute par l'alcool , et qui en avait été précipitée par l’eau , je n'ai pu y découvrir que de l'acide, de la couleur jaune , et de la matière animale. Ce qu'il y a de remar- quable, c'est que ceue combinaison est soluble dans l'alcool , et qu’elle se rapproche par là des matières résineuses , la dissolution alcoolique de celte combinaison peut être concentrée sans laisser précipiter de pellicules et des flocons ; mais des l'instant qu'on y met de l’eau, il se forme des pellicules , et il se dépose des flocons , parce que l’eau affaiblit l’action de l'alcool en se combinant avec lui. On avait attribué à l’extractif Ja propriété d'être précipité en pellicules et flocons par l’oxigene de l'air, cela peut arriver dans quelques cas ; mais l’expérience que je viens de rapporter fait voir que ces flocons peuvent être également produits par uue matière qui se précipite de son dissolvant parce que la force de celui-ci vient à diminuer.
De ces expériences , il suit que l’extractif du pastel est une combinaison de matière animale , d’une couleur jauve, et d’un acide que je n'ai pu déterminer à cause de sa petite quantité. Ce résultat confirme les doutes que MM. Fourcroy et Vauquelin avaient émis sur l’existence de l’extraetif. D'après ce que nous savons de l’aflinité des matières animales pour les principes colorans ,on pouvait soupconner la nature d’un extractif ana- logue à celui que je viens de décrire: car on disait que l’extraetif se
C:5) rencontrait dans les sucs de plantes que l’on a fait coaguler ; or, la coa- gulation ne sépare jamais la totalité des matières animales ; lessucs con- uennent presque toujours un acide libre et une matière colorante, consé- quemment ces corps doivent former une combinaison ternaire. Quand le suc n’est pas assez acide pour retenir tonte la combinaison en dissolution, on obtient par l’évaporation des pellicules et des flocons qui ne sont que de la matière animale combinée à un peu d'acide et de couleur, et souvent à un sel terreux, La matière de l’extractif du pastel explique pourquoi on a attribué à ce principe la propriété de teindre, pourquoi on lui a attribué celle d’être précipitée par l'acide muriatique oxigéné ; la première est évidemment due au principe colorant, la seconde à la matière animale. Je suis loin de prétendre que tout ce qu’on a décrit sous le nom d’extractif, soit semblable à celui du pastel; mais les considérations que je viens d'exposer me font présumer qu'il y en a un grand nombre qui ont une composition analogue à la sienne.
Des expériences rapportées dans ce Mémoire il suit que les feuilles du pastel contiennent : 1°. Du ligneux ; 20. de la résine verte ; 3°. de la cire; 4°. de l'indigo ; Bo, une matière végéto-animale ; 6°. une matière coloranie rouge ; 7°. un principe colorant jaune ; 8°. un. acide végétal-incristallisable ; 9°. du sucre liquide; r0°, une matière gommeuse ; 11°. une matière animale qui m'a paru différer de la matière végéto-animale; 12°. un principe odorant qu'on trouve dans les cruciferes et qui paraît contenir du soufre ; 13°. un principe nouveau qui a l'odeur de l’osmazôme; 14°. du citrate de chaux ; 15°. de sulfate de chaux; 16°. du sulfate de potasse ; 17°. du phosphate de chaux ; 18°. du phosphate de magnésie ; 19°. du fer ; 20°. du manga- nèse; 21°. de l’acétate d’ammoniaque ; 22°. de l’acétate de potasse. ; 23°. du nitrate de potasse ; 24°. du muriate de potasse.
CHIMIE MINÉRALE.
Sur la précipitation des Métaux. par l'hydrogène sulfuré ; par M. Gav-Lussac.
Les chimistes pensent généralement quelles métaux qui. ont beaucoup d'affinité pour l’oxigène et qui décomposent l’eau , comme le manganèse, le fer, le zinc, l’urane , le nickel, le cobalt, etc. , ne sont point précipités de leurs dissolutions par l'hydrogène sulfuré, à moins qu'il n’y ait le concours de doubles affinités. M. Gay-Lussac prouve que cette opinion n'est point fondée, et que l'hydrogène sulfuré seul précipite tous les métaux dans dés circonstances convenables. k
Ann. DE CHiniz,
Nov. 1811.
(16)
Ce gaz, abstraction faite de sa nature particulière , jouit de toutes les propriétés des acides. Comme eux il rougit la teinture de tournesol et sature les bases; mais sa constitution le rapproche davantage des acides gazeux , et l'éloigne au contraire beaucoup de ceux:qui ayant moins de volatilité, exercent dans les combinaisons une action beaucoup plus grande. C'est ainsi que le carbonate de plomb est décomposé par les acides nitriqueet muriatique, et que réciproquement l'acide carbonique ne précipite point le plomb de ses combinaisons avec ces mêmes acides. Cependant il ne serait point éxact d'en conclure que l'acide carbonique pe précipite point le plomb dans aucune circonstance ; on sait aù COntfaire qu'il décompose en partie l’acétate, dont l'acide est beaucoup plus faible que les acides minéraux.
En comparant, sous ce rapport, l'hydrogène sulfuré à l'acide cärbo- nique, M. Gay-Lussac a cherché s'il ne décomposerait js les combi- naisons du manganèse, du fer, etc., avec des acides faibles. Ia donc préparé des acétates, des tartrates.et des oxalates de ces métaux, et en y versant de l'hydrogène sulfuré, il a obtenu constammént des précipités semblables à ceux que, produisent les hydrosulfures. 11 fait observer néanmoins que la précipilation n'a pas été complette, et on devait s'y auendre.
En employant des dissolyans plus faibles encore que les acides vÉgé- @ux, on obtient alors une précipitation complette du métal par l’hydro- gène sulfuré. Ainsi les ammoniures de fer, de nickel, etc., sont entie- rement décomposés par ce gaz. C’est un moyen de séparer les métaux solubles dans les alcalis des substances qui s’y dissolvent aussi, et qui ne sont point précipitées par l'hydrogène sulfuré. On peut également l'employer avec avantage pour obtenir des hydrosulfures métalliques purs; car les hydrosulfures alcalins dont on se sert ordinairement pour cet objet , sont presque toujours plus ou moins Sulfurés, et ils-donnent par conséquent des précipités qui le sont aussi, à moins que l’on n’emploie un excès d'hydrosulfüre pour dissoudre lesoufre.
On détermine encore la décomposition'des sels métalliques, qui n'aurait pas lieu par l'hydrogène sulfuré seul , en ÿ ajoutant de l’acétate de potasse. Ce fait est remarquable en ce que , quoiqu'il n’y ait pas de décomposition apparente par les doublés'aflinités’, elle a réellement lieu dans le liquide ; car autrement l'hydrogène sulfuré ne produirait point de précipitation.
En résumé , l'hydrogène sulfuré formant avec tous les métaux des com- binaisons insolubles, qui sont des sulfures ou des bydrosulfures , il les précipitera constamment lorsqu'ils seront tenus en dissolution par des agens plus faibles que la plupart des acides minéraux.
En dissolvant ainsi les oxides métalliques dans la potasse ou dans l’am- moniaque , l'auteur est parvenu en mélant ces dissolutions deux à deux, où en ajoutant à chacune de l’eau de barite , de strontiane où de chaux, à
(Can) former des combinaisons qu'ou n’obtiendrait point en prenant des dissol- vans beaucoup plas forts, dont Paction sur les oxides l’emporterait sur l'afinité mutuelle de ces mêmes oxides. Il en fera le sujet d’une note par- ticulière,
PU viS ICO OU, EF.
Mémoire sur l'axe de réfraction des Cristaux , et des Substances organisées ; lu à la première classe des sciences physiques et mathématiques de l'Institut, le 19 aoûti811, par M. Marus. (Extrait.)
JE vais faire à la Classe, la description des moyens que j'emploie pour retrouver l’axe de cristallisation et de réfraction dans les cristaux qui ne conservent plus de traces de leurs formes primitives , telles que les masses de cristal de roche qui ont été taillées pour divers usages, et que les opticiens destinent ensuite à la construction des instrumens d'optique. Le procédé est actuellement en usage dans les ateliers où lon construit les microscopes de M. Rochon. Il sert encore plus facilement à déter- miner l'axe de réfraction des cristaux qui n’ont pas été déformés, et son application m'a conduit à des résultats généraux relatifs à la structure des cristaux , et à celles des substances végétales et animales dont je vais aussi rendre compte à la Classe.
J'ai dit, dans mes précédens Mémoires , que pour déterminer dans quel sens un rayon de lumière était polarisé, il fallait faire tourner dans sa direction un cristal doublant les images, et observer’ le sens dans lequel le rayon n'éprouve plus les modifications de la double réfraction. La direction de la section principale du cristal indique alors celle des pôles du rayon. Réciproquement la direction des pôles du rayon étant connue, on en déduit celle de la section principale. Enfin, pour une face quel- conque , naturelle ou artificielle, la section principale étant un plan per- peudiculaire à la face réfringente et parallèle à l'axe de réfraction, si on détermine ce plan pour deux faces quelconques, l'intersection de ces deux plans donnera nécessairement la direction de l’axe de cristallisation et de réfraction ; ce qui est l’objet du problême.
Voici actuellement comment je parviens 4 reconnaître dans tous les cas les sections principales. La méthode que j'emploie dans cette circons- tance est celle que j'ai décrite dans mon dernier Mémoire, et qui consiste à interposer et à faire mouvoir entre deux corps polarisans fixes, la substance dent on veut déterminer l’action sur la lumiere.
Je commencerai par rappeler qu'on parvient toujours à des résultats analogues ; Soit te emploie pour polariser la lumière les substances qui donnent la double réfraction, soit qu’on emploie simplement des
Tome IL Nc. 52. 5°. Année. 3
INSTITUE AT,
Soc. Puizowaz.
(18) corps qui la réfléchissent. Ainsi, dans mon dernier Mémoire, j'employais, pour polariser la lumière, la réflexion d’une glace; et pour analyser le rayon modifié, un rhombhoïde de spath calcaire, dont la section prin- cipale était parallèle au plan de réflexion, parce qu'il s'agissait de com- parer à-la-fois les intensités des rayons polarisés dans les deux sens. J’ob- servais en même tems que la lumiere réfractée ordinairement , n’avait que deux maximum et deux minimum, et que la lumière réfractée extraordi- nairement avait quatre maximum et quatre minimum ; Circonstance qui
me sert à expliquer les phénomènes qui dépendent à-la-fois et de la
double réfraction et de la réflexion qui a lieu dans l'intérieur des cris- taux. Dans le cas dont il s’agit ici, comme on n’a pas à comparer des intensités de lumière, et comme il faut seulement déterminer un phéno- mène absolu , j'emploie un appareil encore plus simple, composé de deux glaces non étamées , et dont la seconde face est noircie à la flamme d’une lampe. ( La fin au numéro prochain. )
MÉCANIQUE.
De la mesure de la force tangentielle dans les machines à arbre tournant; par M. Hacuerre.
Dans la plupart des machines, le moteur agit sur les ailes d’une roue fixée à un arbre, imprime à l'arbre un mouvement de rotation sur son axe, et ce mouvementse transmet à la résistance. Pour calculer l'eflet dynamique de l’arbre tournant , il faut mesurer la vitesse de cet arbre et sa force tan- gentielle : on connaît la vitesse par le nombre de tours que l'arbre fait en un tems déterminé; mais On n’a pas encore un moyen exact de mesurer la force tangentielle : la mesure de cette force est de la plus grande importance dans la mécanique-pratique. M’étant occupé de cette question , je vais communiquer à la Société le résultat de mes recherches.
Tout le monde connaît le dynamomètre de M. Regnier. Il consiste en un ressort , dont les tensions correspondent à des poids connus. On s’est servi de cet instrument pour déterminer le plus grand poids ou la plus grande pression dont une force donnée est capable. On l’a ensuite appliqué à la mesure de la force journalière d’un cheval. Un dynamomètre fixé par un bout au trait d’un cheval , et de l’autre bout à la résistance que le cheval doit vaincre, indique évidemment l'effort capable de vaincre cette résistance; en sorte que le produit de cet effort mesuré en poids, muluplié par le chemin que le cheval parcourt en un jour de travail , détermine l'effet dynamique dont le cheval est capable en un jour.
M. Regnier s’est proposé de mesurer la force tangentielle d’un arbre de manivelle mue par un ou deux hommes. Pour résoudre cette question , il a substitué à Ja manivelle ordinaire un ressort qui est fixé par un bout à
((1g°)
l'arbre tournant; et qui porte à l’autre bout une poignée. L'homme qui tient la poignée ne peut pas vaincre la résistance fixée à | arbre , qu'il ne plie le ressort; l'arc qui mesure le chemin que ] extrémité du ressort par- court, correspond aa poids qui mesure l'effort de l’homme appliqué à la manivelle. Ce moyen de mesurer la force tangentielle est d’une appli- cation dificile, etne peut pas d’ailleurs servir à mesurer une grande force, comme celle d’un arbre tournant, mu par l’eau, par le vent ou par les combustibles.
M. Whitt, mécanicien, (rue et hôtel Bretonvillers, à Paris). a pré- senté à l’une des expositions des produits de l’industrie francaise, un moyen de mesurer les grandes forces tangentielles. Les mécaniciens qui connaissent depuis longtems cette invention ; et M. Wbitt lui-même , ne l'ont encore appliquée à aucune machine; elle n’est décrite dans aucun ouvrage , et je ne la connais pas assez pour en donner la description.
Ce que je propose est une application très-simple du grand dynamo- mètre , dont les tensions correspondent à des poids qui ont pour limites 5 à 600 kilogrammes.
Voici la question. On a deux arbres tournans, dont les axes sont parallèles ; à l'un est appliqué un moteur tel que l’eau, le vent, etc. ; à l’autre est fixée une résistance : quels que soient le moteur et la résis- tance, on propose de déterminer la force tangenticlle des arbres tournans,
Qu'on imagine entre deux plans perpendiculaires aux axes parallèles des arbres tournans, deux roues qui s’engrènent et qui tournent autour de ces axes. Supposons que la première roue soît fixée à l'arbre qui tourne par l’action du moteur, et que la seconde roue puisse avoir autour de l’axe du second arbre, un mouvement de rotation indépendant du mouve- ment de rotation de cet arbre. Cette dernière condition sera remplie, si on à fait au centre de la roue , une ouverture d’un diamètre égal à celui d’un collet cylindrique, qui a même axe que le second arbre ; alors cette roue peut tourner sur le collet de l'arbre, comme une roue de voiture sur son essieu.
Enfin, qu’on se représente sur une circonférenee dont le centre est sur l'axe du second arbre , et dans un plan parallèle et très-peu distant des circonférences des roues, deux points ; l’un fixe sur le second arbre, et l'autre fixe sur la roue qui tourne autour de cet arbre. Ayant attaché un dynamomètre à ces deux points, il est évident que la première roue engre- nant la seconde , elle la fera d’abord tourner pour tendre le dynamomètre, et que la-tension du dynamomètre étant capable de vaincre la résistance, la seconde roue et son arbre auquel la résistance est appliquée , tourneront en même tems. Or, d'après cette expérience , on connaîtra la corde de l'arc, suivant laquelle s'exerce la tension du dynamomètre; donc on Pourra, par un calcul très-simple , déduire la force tangentielle , cor- respondante à un rayon déterminé.
Si le second arbre était mis en mouvement par une manivelle,
((20:) comme dans les machines à feu à double effet, la branche de manivelle perpendiculaire à l'arbre, tournerait à frottement libre sur un collet de cet arbre, et portérait sur son prolongement ; un anneau auquel serait attachée l'extrémité d’un dynamomètre ; dont l’autre extrémité serait fixée à l'arbre tournant,
Lorsque l’action du moteur varie, le dynamomètre’ est toujours tendu de la même manière, pour ÿainere la résistance constante; sealement les vitesses des arbres varient, mais on connaît les instrumens propres à mesurer, ces changemens de vitesse! :
Si l'action du moteur est suspendue momentanément, le dynamometre cesse d'être tendu. Pour tenir compte des variations dans les tensions du dynamomëtre , on pourrait substituér au curseur ordinaire de cet instru: ment, un autre Curseur portant un crayon, qui indiquérait, même en l'absence de l'observateur, les changemens de tensions. On a déja résolu cette question de mécanique, pour indiquer les variations de la colonne de mercure dans le baromètre. ,
On a supposé l'axe de l'arbre tournant auquel est appliquée la résis- tance, parallèle à l’axe de l'arbre ‘qui recoit l’action du moteur; mais quel que sou, le mécanisme, par lequel::on transmet l’action du moteur au premier arbre , et quelle que soit la direction de cet arbre, on mesurerait la résistance qui lui esr appliquée , en y ajoutant une roue qui tournerait ce frottement libre sur un collet, et en attachant le dy- namomèire, comme il vient d'être dit ;.à la roue et à l'arbre.
Dans le cas des arbres à axes parallèles ; on peut supposer que l’arbré auquel est appliquée la résistancé ; n'appartient pas au moulin ou à la machine dont l'autre arbre fait paitie; alors on appliquera au second arbre telle résistance factice qu'on voudra; du gere de celle qu’on produit par des freins , et on obtiendra la mesvre de la résistancé et de l'effet dynamique du moteur, sans qu’il soit nécessaire de changer la construction première du moulin ou de la machine.
Voici maintenant les principaux avantages qui résultent de cette nou- velle application da dynamometre : 1°. le moteur restant lé même, et faisant varier la résistance, les vitesses de rotation des arbres tournans varieront, et où déterminera par un petit nombre d'essais, les vitesses qui correspondent au maximum d’effer dynamique du moteur.
2°. Connaïissant les vitesses de rotation d'un arbre, qui correspondent aux résistances qu'on applique à cet arbre, tous les moyens par lesquels on détermine la vitesse constante ou variable de rotation , serviront à mesu- rer la résistance qui correspond à cette vitesse.
5°. Une roue hydraulique étant construite dé manière qu’elle recoive toute l’action de l’eau motrice , on connaîtra exactement l'effet dynamique
de l’arbre tournant de cette roue , et on aura une mesure indirecte , mais trés-exacte , du cours d’eau qui fait mouvoir fa roue.
NOUVEAU BULLETIN
D ES S'CI-E NC ES,
PAR LA SOCIÉTE PHILOMATIQUE.
Panrs. Février 1812.
HISTOIRE nr Re DE: BOTANIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE.
e. ’ lé Ci * Le ® Résumé de différens Mémoires sur la Graine et la Germination ; par M. Mirse (1).
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Linné , tout en nommant les cotylédons, /euilles séminales , dit qu'ils türent leur origine du vitellus (du perisperme, sans doute), et qu'ils sont semblables aux cotylédons des animaux; ,ce qui ne rappelle guère l'idée de feuille. M. de Jussieu subsutue le nom de /obes séminaux à celui de /euilles séminales. M. Richard, dans son Dictionnaire et dans son Analyse du fruit, nomme les cotylédons sans les définir. Les cotylédons sont les premières feuilles dans la graine. Dans une foule de genres, leur analogie avec les feuilles, etsur-tout avec les /euilles primordiales , est frappante. -( Exemple : abies, pinus, anagallis, géranium, etc. ; presque tous les monocotylédons. ) Les cotylédons jouent un grand rôle dans la germination ; l'observation l'indique, l'expérience le démontre : ils facilitent, par leur alonsement, l’évolution de la radicule et de la plumule des monocotylédons.
Lorsqu'on retranche les cotylédons, ce n’est pas la blessure qui tue le fœtus végétal , ainsi que l’a avancé un botaniste moderne , puisque M. Desfontaines a vu se développer très-bien des embryons dicotylédons, divisés longitudinalement en deux parties qui portaient chacune un lobe séminal.
ER A D LISE? CRETE APT CE NU NITOT ETAT
(x) L'auteur a lu avec attention, les critiques que l’on a faites de ses Mémoires, il a étudié de nouveau les graines et les germinations qui ont donné lieu à des attaques plus ou moins graves ; il a négligé une foule d’objections insignifiantes , et en dernier résultat, il s’est plus souvent affermi dans ses opinions qu'il ne les a modifiées.
Tom. II. No.53. 5e, Année. 4
Soc. PinLOMAT,
(22) |
Les embryonsmonocotylédons sont quelquefois munis d’un /obule, petite lame charnue , opposée au cotylédon, mais placée un peu plus haut. Le lobule est las seconde fenille de l’embryon. Sa petitesse, sa position, et ‘sur-tout son absence dans la plupart'des plantes dites wnilobées, déterminent à ne le pas considérer comme un second cotylédon. Il se montre tantôt avant la germination ( Exemple : ægylops , triticum, avena , etc. ), tantôt après. {Exemple : asparaguss ) Sa forme est celle d’une écaille (Exemple : ægylops, asparggus ; ELG ), ou d’une demi-gaine. (Exemple : lolium temulentum. ) ,
Les embryons monocotylédens peuvent être divisés en deux classes : 1°. les embryons dont la plumule est interne ( plumula' interna); cestà-dire , logée dans la sübstance même du cotylédon. La plumule de ces embryons ne se forme souvent pas avant la germination, et elle n'offre jamais de tigelle, petite tige intermédiaire entre le collec et le bourgeon de la plumule. D'ordinaire , @endant la germination, le cotylédon des em- bryons à plumule interne, paraît à la surface de la terre en tout ou en partie (cotyledo epigæa ). (Exemple : gllium, asparagus , ornitho- galum, hyacinthus , etc. ) LL
20, Les embryons dont la plumule est externe ( plumula externa ), c'est-à-dire, située à la surface du cotylédon. Cette plumule, qui a tou- jours une tigelle, est en général toute formée, et même saillante avant la germination. Pendant Ya germination , le cotylédon reste dessous la terre ( cotyledo hypogæa), et ne sort point des tégumens séminaux. (Exemple : graminées, zostera? ruppia ? )
La cavité du cotylédon qui reçoit la plumule, quand elle est interne, et la feuille primordiale qui recouvre et cache les autres feuilles de la plumule , quand cette plumaule est externe , sont deux espèces différentes de gaines de feuilles ou coléophylles. :
Une même famille offre quelquefois des plantes à plumule externe, et d’autres à plumule interne. ( Exemple : cyperacées ? graminées. )
On peut diviser les embryons à plumule exteérne en trois classes : 1°. ceux dont la radicule fait corps avec le cotylédon , et parait de nature à rester passive pendant et après la germination. ( Exemple ruppia, zostera. );,2°, ceux dont la radicule est latérale relativement à la masse de l’embryon , et recouverte d’un appendice cotylédonaire en forme d’étui ou de sac , espèce de coléorhize. ( Exeniple : graminées. ) ; 5°. ceux dont la radicule est terminale et pourvue ou non d'une coléorhize. (Exemple : carex maæina, scirpus lacustris et supinus, lc, )
Les embryons à plamule interne ont toujours leur radicule terminale relativement à leur masse. On peut les diviser en deux classes : 1°. ceux qui ont une coléorhize ( Exemple : canna ); 2°. ceux qui n’ont point de coléorhize. ( Exemple : triglochin palustre et maritimum ; juncus
(25) bufonius ,ornithogalum longibracteatum, allium cœpa , alisma , butomus, hyacinthus serotinus, etc., etc. ):
Avant la germination, la coléorhize est souvent unie par un léger tissu céllulaire à la radicule. (Exemple : holcus saccharatus , cornucopiæ cuculatum , etc. ) D'autres fois, elle y adhère-à tel point qu’elle ne peut en être distinguée ; et dans ce cas , elle se détache par lambeaux pendant la germination, ( Exemple : canna. ) j :
Quand lembryon est dépourvu de coléorhize , il n’est pas rare que la base du cotylédon produise à son point d'union avec la radicule, un petit bourrelet circulaire, ou seulement une couronne de poils très-déliés. (Exemple : allisma , butomus, triglochin , juncus ; etc: ) Un bourrelet se forme aussi quelquefois dans les embryons dicotylédons. (Exemple : mirabilis, cucumis, martynia, quelques rumezx, etc.)
La radicule est la racine dans la graine, et son caractère essentiel consiste-en ce qu’elle reçoit l'extrémité inférieure de tout lé ’systéme vasculaire de l'embryon. S'il est démontré que les trois mamelons de racines qu'en a observés dans la coléorhize du coïx et de TAordeum se partagent l'extrémité inférieure du système vasculdire, pourquoi ne consi- dérerait-on pas ces mamelons comme autant de radicules ? L'existence de plusieurs radicules dans un embryon ne répugne point à la raison.
Chaque radicule a toujours, dans l’origine, sa coléorhize particu- lière ; maïs en peu de tems les cloisons de séparation s’évanouissent, et dès lors plusieurs coléorhizes n’en forment plus qu’une. (Exemple : coix, hordeum. )
Les radicelles naissant de tout autre point que de la base de l’em- bryon , ne peuvent étre confondues avec la radicule, lors mêmes qu’elles sont pourvues d’une espèce de coléorhize.
La coléophylle des embryons monocotylédons , soit'qu’elle appartienne au cotylédon, (Exemple : canna, caryota , asparägus, etc.), soit qu’elle appartienne au bourgeon de la plumule, (Exemple : graminées , excepté oryza; Carex maximäy SCirpus Supinus, elC,), ne s'ouvre pas par suite d'un déchirement mécanique , comparable à celui de la coléophylle située à la base des pétioles des cocoloba , mais par suite d’un amin- cissement et d’une séparation organiques , favorisés par la légère pression de la plumule ; phénomène que l’on peut comparer, jusqu'à certain point, à la division longitudinale de la coléophylle située à la base des “pétioles de plusieurs poivres , des figuiers, etc. Sous ce rapport, la coléo- phylle de la ‘plumule des monocotylédons ne diffère de leurs feuilles engainantes que parce que celles-ci s'ouvrent plutôt ; encore voit-on les feuilles de l’'a/lium :cœpa sortir tardivement les unes des autres, comme la plumule sort du cotylédon.
Lorsque la coléophylle fait partie du cotylédon, tantôt elle s'ouvre
à ;
(24) par un simple trou sans former de saillie ( Exemple : naïas , alisma, sagittaria, butomus , potamogeton , zanichellia, allium , etc. ), et tantôt elle s’alonge en un cône plus ou moins grand, et se perce à son sommet. ( Exemple : oryza, canna, caryota, asparagus , ete.) Le cône, trans- formé en gaine, se prolonge souvent d’un côté , à la manière d’une feuille engainante. ( Exemple : asparagus. ) =
Lorsque la coléophylle n’est autre que la feuille primordiale, elle monte à la lumière, se perce à son sommet, se prolonge latéralement et ressemble plus ou moins aux autréS feuilles de la plumule. ( Exemple : graminées. ) à
Le collet de l'embryon est situé entre Ja base de la plumule et la base de la radicule ; quelquefois ces deux bases sont contigües , et le collet se réduit à n’être guëre, avant et même après la germination , que la ligne de jonction du caudex ascendant et du caudex descen- dant. ( Exemple : canna, triglochin, ornithogalum, dadlium , etc. ) D'autres fois la plumule et la radicule sont ‘contigües avant la germi- nation ; mais lorsque l'embryon se développe, le collet s’alonge et sépare la radicule de la plumule. ( Exemple : commelina , tradescantia dans les monocotylédons, cucumis dans les dicotylédons. ) D'autres fois en- core, dès avant la germination, le collet à une longueur notable. (Exemple : alisma , naïas, butomus', etc. , dans les monocotylédons; mirabilis, eic., dans les dicotylédons. ) Si le collet tend à descendre avec la radicule, il appartient@au caudex descendant ; s'il tend à monter avec la plumule, il appartient au caudex ascendant. W périt avec la radi- cule dans les monocotylédons, quand la base de la plumule s’est enra- cinée. ( Exemple : commelina. ) Même chose-a lieu souvent pour la tigelle
uand des radicelles se sont développées à la base de la feuille primor- di. (Exemple : beaucoup de graminées.)
Il n’y a qu'un conducteur de l'aura semigaliss dans les graminées ; c’est ce qu'on voit bien en faisant l'anatomie, non de la graine, mais de l'ovaire. (Mémoires de l'Institut, 1808, 1°". semestre, pag. 351.) Ce conducteur prend naissance à la base de l'embryon et paraît y adhérer ; il passe du tégument séminal dans la paroï de l’ovaire, où il se partage, tantôt en deux branches ( Exemple : blé, orge, etc. , et aussi maïs, selon M. du Peut-Thouars), tantôt en un plus grand nombre. (Exemple : ho/cus saccharatus } (1). Bien entendu que la véritable place de lombilic est imdi- quéee par le passage du conducteurs du tégument séminal dans la paroi de
(:) Le nombre des filets vasculaires qui se rendent de la base du style à la base de l'ovaire s’élève à 10, ou peut-être davantage, dans l’Aolcus saccharatus ; mais plusieurs vont manifestement au point d'attache du fruit, et sontles vaisseaux nourriciers du péri- carpe; néanmoins il y à apparence que le conducteur reçoit plus de deux faisceaux,
!
(25) l'ovaire. Quant à la graine, pour réduire l'exposé de ses caractères généranx en termes techniques, précis et clairs , autant que possible, on dira qu’èlle est périspermée oblique ; qu’elle a un tégument propre adhérent ; qu'elle a un ombilic basilaire, postérieur, et un .embryon périphérique latérak inférieur.
La radicule de certains embryons est accompagnée d'une rhisiophyse, appendice de formes diverses, qui semble être un reste du système ombi- lical, si toutefois ce systême communique directement avec l'embryon. Un sac membraneux, en forme de cupule, fixé à Pombilic par son extrémité inférieure , laissant apperc?voir une cicatrice à son fond, recou- vert par le tégument propre de la ,raine, mais en étant bien distinct, et recevant Ja base cicatrisée de l’amande (Exemple : pinus maritima, pinea, etc.), se montre dans les genres pinus, abies, larix, cedrus. (Voy. Ann. du Mus., tom. 16, pag. 451 et suiv. ) Ces mêmes genres, ainsi que le thuya, offrent un embryon dont la radicule est terminée par une substance qui, en état de siccité , est racormie, et qui étant humec- tée, se ramolit, se gonfle, se dilate à la façon du gluten. Cette substance , distincte du périsperme par-ses propriétés physiques, adhère plus ou moins à son üssu, selon la remarque de M. Richard. Pendant la ger- mination, le.sac membraneux, et non pas le tégument propre de la graine pressé par la radicule, s’'alonge en une gaine que l'on pren- drait facilement pour une coléorhize, et se déchire quand il ne peut plus céder à la force expansive de Fembryon. C’est, ce semble, parmi les’ rhiziophyses que doit être classé cet organe, qui, à juger par les cicatrices correspondantes, et par certains autres rapports organiques, à été pri- mitivement attaché au bout de la radicule.
Les embryons du cycas et du zamia ont une rhiziophyze filiforme, très- longue, repliée et peletonnée sur elle-même. Le taxus, le podocarpus et l’aristolochiaglematis ont une rhiziophyse filiforme , droite et courte. L’enveloppe charnue des zingiber, des alpinia, etc. , n’est peut-être qu’une rhiziophyse détachée de la radiculc. M. Decandolle a découvert, il y a quelques années, la rhiziophyse charnue du rymphæa, qui renferme complettement"lembryon : un appendice semblable existe dans le poivre et le saururus.
Quoiqu'il soit vrai que Ja rhiziophyse ait d'ordinaire une connexion parenchymateuse avec le périsperme, comme celui-ci est dépourvu de vaisseaux, que sa substance est très-différente de celle de la rhiziophyse, et qu'à l’époque de la maturité, ces parties, si peu en rapport d’orga- nisauon, s'isolerit l’une de Pautre , ( Exemple : 2>mphæa ), ou se dessè- chent à lenr point de contact , de façon que funion organique dégénére en ane simple adhérence mécanique ( ce qu'on reconnaît à des signes qui ne sont pas équivoques ), il est évident que Gœrtner a eu raison de dire que le périsperme est distinct et séparé de l'embryon.
(26)
Le nymphæa, le poivre et le saururus, ainsi que le nelumbo, ont deux cotylédons. Les cotylédons de cette dernière plante, que Bernard de Jussieu range dans les papaveracées, et M. Ventenat, dans les renonculacées,
sont réunis par leur base et font corps avec la radicule , petit mamelon au centre duquel aboutit l'extrémité inférieure du système vasculaire. Gœrtner assigne clairement la place de cette radicule, lorsqu'il dit «An ceratophy lo atque nelumbo id tantum à cotyledonibus distat vitellus, qudd lobi ejus circa basin sum, aded latè‘inter se et cum radiculi coalité sunt, ut hanc penitüs abscondant..…..» ( Introd. 148. ) Mais Gœærtner trouve une différence entre le vitellus et les cotylédons, et sur ce point il n’est pas d'accord avec le savant M. Sprengel. (Philosoph. Bot., ed. 4, p. 178 et 179) , et beaucoup d’autres botanistes.
Le gunera, le piper, le saururus , le nymphæa , le nelumbium se tiennent par un grand nombre de caractères , et peuvent constituer une famille par enchuïnement. (Les pipéritées. )
La graine du pteri$ cretica ; semée convenablement , produit une sorte de cotylédon latéral , une plumule roulée en crosse, et un chevelu qui tient lieu de radicule. On se sert ici du mot graine, sans prétendre rien décider relativement à l'existence des sexes ; mais on observe, indépen- demment de toute applieation particulière, que l’absence d’enveloppe sémi- nale, la pluralité de radicule, et peut-être même la formation organique d'un germe sans fécondation préalable, n’excluent pas l’idée de graine.
Ce sentiment estadmis aujourd’hui par plusieurs naturalistes. M. Sprengel, par exemple , termine quelques remarques sur les plantes cryptogames , par la phrase suivante : wrde efficitur, vera semina his familiis imper- fectioribus esse, quæ sine actu fæcunglationis génerata speciem propagant. {Voy. Philosoph. Bot., pag. 159.) Certains polypes produisent de véri- tables œufs, quoiqu'’ils soient privés de sexes. Serait-il bien sage d’aflirmer que dans les plantes la même chose ne puisse jamais avoir lieu ?
Extrait d'un Mémoire sur la structure de la Pomme de terre; par ÎM. A. Virrars , doyen de la Faculté de Médecine de Strasbourg, correspondant de l’Institut, etc., avec une planche.
M. Viccans est connu depuis longtems comme médecin et comme à a H ‘botaniste cultivateur et voyageur ; dans,ce mémoire , à ces qualités, il Sept. Tom. 42; p:97: joint celles de chimiste et de physiologiste. 11 le commence par une notice courte mais exacte de l'introduction de ce précieux végétal en Europe, sur ses caractères botaniques et Sa culture ; il remarque qu'il
Jour. GÉN. DE Méo
1e (27) Ja vu dans les Alpes cultivé au-dessus du point où s'arrêtent le seïgle et les forêts à 1800 toises.
Passant ensuite à l'examen deses qualités intérieures, il indique plusieurs circonstances de-sa culture qui rendent ses tubercules plus ou moins savou- reux, sains ou délétères. Ainsi, il remarque que lorsque les tuber- cules se trouvent hors de terre, par une cause quelconque, ils prennent une couleur verte, et qu'il se manifeste dans toute la partie colorée beau - coup d’äcreté ; il en est de même de ces tubercules qui ont été enta- més ou blessés par accident, ou par la larve du hanñneton ; ils acquièrent une odeur vireuse. Passant en revue différentes manières d’apprêter les pommes de terre, il reconnait dans toutes la présence d’un suc âcre et narcotique , qui senlève par lébullition ou s’évapore par la forte chaleur de la cuisson ; mais en même tems ces moyens enlèvent aussi des parties nutritives, et il en donne pour preuve que les cochons et les chez vaux s’engraissent beaucoup plus promptement avec la pomme de terre crue, et qu'ils en sont plus friands que lorsqu'elle est cuite.
M. Villars a ensuite cherché à reconnaître le siège où résidait cette propriété vireuse ; il a reconnu d’abord que c'était daps la partie fibreuse ; car ayant recueilli lg marc qui restait sur le châssis, après la préparation de la fécule, et qui n’est autre chose que les fibres végétales , il l’a préparé comme aliment; mais de quelqu’assaisonnement qu'il se soit servi, cette substance :a été toujours très - mauvaise , même en lui rendant de la fécule; ensuite, appelant à son secours l'analogie, il a présumé que, comme dans tous les autres végétaux reconnus comme dangereux, cette qualité vireuse résidait dans le suc propre. Voulant encore pénétrer plus avant , il a eu recours à un excellent microscope, et il a cherché par son moyen à déterminer la structure des molécules les plus intérieures, et il représente leur configuration dans une planche contenant huit figures.
. I a d’abord reconnu que la farine de pomme de terre était composée de globules ovoïdes, ayant depuis + de ligne jusqu’à -£ : ils sont lisses , brillans , et laiteux comme des globules de mercure : en cuisant, ils acquièrent un tiers de plus en diamètre, et deviennent moins brillans ; leur surface est comme gersée et fendillée. Dans la pomme de terre gelée et détériorée par cette cause , ils sont plus petits de moitié.
Dans ce cas, le réseau des fibres est plus facile à observer; alors les globules sont plus rapprochés des fibres. Observant ensuite les fibres , il à trouvé qu’elles composaient un réseau disposé en mailles , de figure ordi- nairement bexagone irrégulièr. Le diamètre de ces fibres lui a paru être de —— de ligne environ.
200
Parmi le réseau, il a observé çà et là des renflemens plus épaissen forme de trompe ou d’entonnoir cylindrique, dans lesquels il présume qu'est contenu le suc cylindrique , sans pourtant oser laffirmer.
(28)
* Ayant ensuite placé des portions de ce tissu réticulaire dans un verre de montre avec de l’eau, ii a tenté de les colorier avec différentes liqueurs. 1} a d’abord fait couler dans le verre une goutte de son sang chaud; il a été attiré et ensuite s’est porté sur la fibrine qu'il a coloriée en jaune rougeâtre, d’une manière très-prompte el très-uniforme, au point que les globules du sang ont disparu , et se sont décomposé à l'instant. Trois jours après, l’eau s'étant évaporée en partie, il a apercu un certai nombre de cubes de muriate de soude ou sel marin de à de ligne de diamètre. Dans l’eau de puits ordinaire, le sang n’a pas pro-. duit de cubes comme avec cette fibrine de pomme de terre , ce qui lui fait présumer que ce réseau a une propriété particulière qui a été inconnue jusqu’à présent. Te
Outre les fibres du réseau , M. Villars a observé de plus des fibres dures presque ligneuses , qui ont la forme et le volume cylindrique d’un cheveu de -= de ligne environ de diamètre, bifurquées et trifurquées, ondulées transversalement par des lignes très-fines. '
Elles se font reconnaître sous la dent, en mangeant la pomme de terre; car elles sont dures, coriaces , ayant un goût rance et de pourri ; à la vue , elles paraissent comme des veines rouges parmi la fécule. L’au- teur les regarde comme une espèce de maladie comparable aux pierres des poires. [l paraît, suivant lui, qu’elles ont la propriété d’enchainer pour ainsi dire l'odeur vireusé et désagréable.
Voulant ensuite ‘prendre un point de comparaison dans un autre végétal, M. Villars a examiné Ja fiue fleur de farine de froment ; il a trouvé ses molécules beaucoup plus petites et plus irrégulières que celles de la pomme de terre. Ils n'avaient que de —- à — de ligne de dia- mètre. La poudre à cheveux et l’amidon n'ont pas paru différens. Ce n’est pas , suivant M. Villars, cette ténuité des molécules qui soit la seule cause que la farine soit plus propre x poudrer que la fécule de pomme de terre ; mais c'est de plus que la chaleur ne laltère pas si facilement, qu'elle contient moins d'eau, et qu’elle est moins prompte à la perdre et à la reprendre.
L'auteur a ensuite passé à l'examen de la pomme de terre germée ; son réseau est beaucoup plus fin et plus alougé; il ne contient qu'un petit nombre de globules, et beaucoup plus petits, puisqu'ils n’ont que de — à = de diamètre ; de plus, ils sont différemment placés. 1 présume , avec beaucoup d'apparence, que leur diminution en nombre et en diamètre vient de ce que la végétagon et la vialité de la pomme des terre a le pouvoir et le moyen de dissoudre, d’atténuer et de déplacer les globules de la fécule, pour les faire servir à son accroissement et à sa multiplication. 7
IL résulte donc , suivant lui, de cette dissection microscopique, que
(29) Ja partie déléière de la pomme de terre appartient à la fibre ligneuse ct au suc propre, et que la partie globuleuse, farineuse possède au con-
taire la propriété nutritive , non-seulement pour les animaux, mais pour les plantes elles-mêmes.
Jusque-là M. Villars expose ces faits comme simple observateur, mais ensuite il se croit permis de les rapporter à une théorie de physiologie générale dont il a consigné les bases dans des ouvrages précédens; mais il le fait avec toute la réserve qui convient au Ssinalste Rappelant des fais qu'il a publiés précédemment , et qui ont été confirmés par d'autres observateurs , il s'élève à des considérations générales sur l'accroissement des corps organisés. D'abord il cite un Mémoire publié en 1804, et dédié à Fourcroy, dans lequel il dit qu'ayant exposé de l’eau de pluie au soleil, dans des fioles de verre bien bouchées ; il y a vu naître des globules lai- teux ; qu'ils sont devenus opaques et verts ; qu'ils ont fini par se réunir en ligne continue en forme de chapelet ; qu’il en est résulté deux espèces de conferves; qu'examinant ensuite la structure des nerfs, de la moëlle et du cerveau , il a reconnu que toutes les parties étaient formées de globules isolés dans le principe; qu'il paraissait que toutes les autres parties des animaux provenaient de globules isolés , tels sont ceux du sang. Raporo- chant ensuite les faits contenus dans.ce dernier Mémoire , il regarde l'ac-
croissement dans les deux règnes comme une espèce de cristallisation globulaire.
M. Villars a joint à son Mémoire une planche dans laquelle il représente les différentes parues dont il parle, grossies au microsccpe. A. P.
PHYSIOLOGIE ANIMALE.
Extrait d'un Mémoire de M. Legallois ; sur le principe des forces du cœur, et sur son siège. ( Fin de l’article. )
Dans toutes les espèces et à tous les âges, la destruction d’une portion Insrirwr var. quelconque de la moëélle épinière a toujours pour effet d'affaiblir les à7 Mai et 3Juini8ar. forces du cœur : mais la portion qu’il faut détruire pour porter leur affaiblissement au-dessous du degré nécessaire à l'entretien de la circu- lation, varie dans les différentes espèces , et elle est d'autant plus Jongue dans la même espèce, que l'animal est plus voisin de l’époque de sa naissance.
Si, avant de détruire la moëlle, on fait des ligatures soit à l'aorte, soit à quelques gros troncs artériels , les résultats sont différens, et la destruction de la même portion de moëlle, qui, sans ces ligatures,
Tom. III, No. 53. 5e, Année. 5
(50) aurait arrêté subitement la circulation, sera insuflisante pour produire cet effet. En général, en resserrant par des ligatures l'étendue des par- ties auxquelles le cœur doit distribuer le sang, On diminue la somme des forces dont cet organe a besoin pour remplir sa fonction, et l’on raccourcit à mesure la longueur de la moëlle indispensable pour l’entre- tien de la circulation.
La destruction d’une portion de moëlle insuffisante pour arrêter la cir- culation générale, la diminue toujours beaucoup dans les parties corres- pondantes à la moëlle détruite, et y fait jusqu’à un certain point l'office d’une ligature. 11 arrive de là que lorsqu'on détruit la moëlle successi- vement par petites portions, elen mettant un certain intervalle de tems entre chaque destruction , on en peut détruire sans arrêter la circulation ; une longueur beaucoup plus grande que celle suflisante pour produire cet effet , si elle eût été détruite en une seule fois.
Soit par ce procédé, soit par des ligatures faites aux artères , il n'y a aucune portion de moëlle épinière qu’on ne puisse empêcher de coopérer à l'entretien de la circulation, sans que cette fonction soit arrêtée, et il n’y en a aucune qui ne puisse devenir suflisante pour l’en- tretenir. C’est sur cela qu'est fondée la possibilité, réalisée par l’auteur, de conserver la vie dans un troncon isolé, et extrait du milieu du corps d’un animal. Mais de quelque manière qu'on s'y prenne dans ces expériences, toutes les fois que l’on va jusqu'à anéantir l’action de la moëlle dans toute sa longueur, la circulation est arrétée sans retour.
On peut déduire de ces faits les conséquences suivantes :
La vie est due à une impression du sang artériel sur le cerveau et la moëlle épinière, ou à un principe résultant de cette impression.
Cette impression une fois produite, ce principe une fois formé, a toujours une durée quelconque, mais variable, suivant l’âge et l'espèce des animaux. Par conséquent, il n’y a aucun moyen de tuer un animal instantanément, ou plutôt il n’y en a aucun autre que la destruction simultanée du ceryeau et de toute la moëlle épinière.
La prolongation de la vie dépend du renouvellement continuel de cette impression, à-peu-près comme un corps mu, en vertu d'une première impulsion, ne peut continuer de se mouvoir indéfiniment qu’autant que la même impulsion est répétée par intervalles.
C'est cette impression, c’est ce principe formé dans le cervean et la moëlle épinière, qui , sous le nom de puissance nerveuse, et par l'inter- médiaire des nerfs, anime tout le reste du corps , et préside à toutes les fonctions.
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Le cœur emprunte toutes ses forces de ce même principe, de même que les autres parties en empruntent le sentiment et le mouvement dont elles sont douées , avec eette différence que le cœur puise ses forces dans tous les points de la moëlle épinière, sans exception , tandis que chaque partie du corps n’est animée que par une portion de cette moëlle ( par celle dont elle reçoit ses nerfs.)
L'action de ce principe sur le cœur n’est pas la même dans toutes les espèces , et dans la même espèce elle est plus considérable à mesure que l'animal est plus voisin de l’époque de sa naissance.
C'est du grand sympathique que le cœur reçoit ses principaux filets nerveux , et c’est uniquement par ce nerf qu’il peut emprunter ses forces de tous les points de la moëlle épinière. 11 faut donc que le grand sympa- thique ait ses racines dans cette moëlle, et dès-lors toutes les questions qui se sont élevées sur l’origine de ce nerf, et que jusqu'ici l'anatomie n’avait pu pe , Se trouvent complettement résolues par la voie expéri- mentale.
On ne peut plus admettre qu'il existe dans le même individu deux vies distinctes, Fa vie animale et la vie organique, que le cerveau est le centre unique de la vie animale, et que le cœur indépendant de la puis- sance nerveuse est le centre de la vie organique. .
La mort n'étant que l'extinction du principe formé dans le cerveau et la moëlle épinière par l’action du sang artériel , elle peut n’être que artielle quand l'extinction l’est elle - même; elle est générale quand extinction a lieu dans toute l’étendue du cerveau et de la moëlle épinière.
La mort partielle admet une véritable résurrection toutes les fois que la portion de moëlle épinière demeurée vivante peut fournir au cœur des forces suffisantes pour ranimer la circulation dans la portion morte. Si la mort générale est irrévocable , ce n’est pas que la reproduction du principe dont il s’agit ne puisse s’opérer dans toute l’étendue de la moëlle épinière, tout aussi bien que dans une portion au bout d’un tems plus ou moins long après son entière extinction ; mais c’est que le cœur ayant perdu toutes ses forces par l'effet même de cette extinction, sans aucun moyen de les recouvrer, la circulation a cessé pour jamais. En un mot, l'extinction du principe de la moëlle épinière , et la cessation spontanée de la circulation sont deux choses inséparables , et dont l’une annonce cons- tamment l’autre.
Parmi les signes certains de la mort , il faut donc compter tous ceux qui prouvent que la circulation a cessé. C’est pour cela que la vacuité des
INSTITUT NAT, Août i8rr.
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carotides en est un infaillible , lors même que les battemens du cœur con- tinuent ; d'où il suit qu'il s’en faut bien que le dernier terme de la vie s'étende jusqu’à l'abolition de l’irritabilité dans cet organe.
P'HPSISMAMONELE.
Mémoire sur Taxe de réfraction des Cristaux ; et des Substances organisées ; lu à la première classe des sciences physiques et mathématiques de l'Institut, le 19 août1811, par M. Marus. (Fin de l’'Extrait. )
Je fixe perpendiculairement à un tableau vertical, une de ces glaces, en l'inclinant à l'horison de 54° 35/; je place au-dessous la seconde, eu l'inclinant également à l’horison de 54° 35’, mais en lui faisant faire avec le tableau un angle de 35° 25/. Dans cette position, la lumière qui, après avoir été réfléchie par la première glace, parvient verticalement à la seconde, a perdu la faculté d’être réfléchie par celle-ci et la pénètre en entier. Si on place entre ces deux glaces un cristal doué de la double réfraction , et disposé de mauière que sa section principale soit perpen- diculaire à l’une ou l’autre glace, la lumière qui le traverse conserve ses propriétés, elle n’est pas réfléchie par la seconde glace. En plaçant l'œil dans le prolongement du rayon qui serait réfléchi, on n’aperçoit pas de lumière. Si la section principale du cristal cesse d’être perpendiculaire, à l’une ou l’autre glace, la lamière qui le traverse est divisée en deux faisceaux polarisés en sens contraire, el qui en tombant sur Ja seconde glace, ne sont plus dans la disposition qui les soustrait à la réflexion partielle. L’œil reçoit alors une certaine quantité de lumière réfléchie qui est à son maximum, quand Ja section principale du cristal a décrit autour de la verticale un angle de 45°, et qui devient nulle de nouveau
uand la section principale a décrit un quart de circonférence. On place
onc, entre les deux glaces, une tablette horisontale percée d’une ouver- ture rectangulaire , dont les côtés sont parallèles et perpendiculaires au tableau vertical. On passe le cristal sur cette ouverture, et on le fait tourner jusqu'à ce que la lumière qui le traverse ne soit plus réfléchie par la seconde glace, et que le fond de celle-ei paraisse totalement obscur. On le fixe dans cette position, et on trace sur la face inférieure deux lignes parallèles aux côtés de l'ouverture rectangulaire. Si actuellement on fait dans le cristal deux sections perpendiculaires à la première face , et parallèles aux lignes tracées , une de ces sections sera nécessairement
(35)
parallèle à l'axe de cristallisation. Pour la reconnaïtre , il faut faire subir à ces nouvelles faces la mnême épreuve qu’à la première. Dans l’une d'elles, les nouvelles lignes rectangulaires seront perpendiculaires à celles de la première face, ce qui indique qu'elle est perpendiculaire à la section priucipale : dans l’autre, qui est alors nécessairement parallèle à l'axe, les deux lignes rectangulaires seront inclinées à l'intersection des faces , et une de ces lignes donnera la direction de l'axe. Pour la déterminer, il suffra de faire une nouvelle section parallèlement à une quelconque de ces lignes. Si, dans celte troisième section, les lignes rectangulaires sont l'une parallele et l’autre perpendiculaire à celle qui à dirigé la section, celle-ci indique réellement la direction de l’axe. Si, au contraire, dans cette troisième section, le phénomène de la dépolarisation cesse d’avoir lieu , c’est-à-dire , si en faisant tourner le cristal , la glace qui doit réflé- chir la lumière reste constamment obscure, la direction de l'axe est per- pendiculaire à la ligne qui a dirigé la section, et par conséquent perpen- diculaire à la dernière face.
On voit, par ces opérations, que trois sections au plus, et souvent deux , suflisent toujours pour retrouver l'axe de réfraction et de cristalli- sation d’un corps, quellesque soient d’ailleurs les altérations qu'il peut avoir subi dans sa forine extérieure. Mais ces trois opérations , nécessaires au minéralogiste qui veut déterminer l’axe de cristallisation d’une subs- tance, ne sont pas nécessaires à l'artiste qui coustruit un micromitre. Celui-ci peut, dès la première opération , reconnaître le sens conve- nable à la taille des cristaux, pour obtenir le phénomène qu'il se pro- pose de produire. Si, dans la première section qu'il a obtenue, les lignes rectangulaires sont perpendiculaires à Celles de la première face, il peut tailler deux prismes, dont les arêtes soient parallèles à Ja ligne qui à dirigé la section. Dans chacun de ces primes , l'axe de réfraction est per- peudiculaire à l’arête, mais différemment incliné sur les faces; ce qui suffit pour produire l'effet proposé, comme je l'ai prouvé dans la théorie que j'ai donnée de ce genre de phénomène. ( Voyez la Théorie de la double réfraction , pages. 270-276. )
Si, au contraire, dans la première section qu’il a obtenue, les lignes rectangulaires sont inclinées à l'intersection des deux faces , il doit tailler un prisme dont l’arête soit parallèle à la première ligne, et un autre dont l’arête soit parallèle à la seconde. Dans l’un de ces prismes , l’arête est parallele à l'axe du cristal; dans l'autre, elle lui est perpendiculaire. Cette disposition est celle à laquelle les essais de M. Rochon l'avaient conduit.
La méthode qui sert à retrouver l'axe des substances douées de la double réfraction , peut servir à fortiort pour reconnaitre si un cristal est doué
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ou non de cette propriété ; car toutes les fois que la glace qui doit réflé- chir la lumière paraîtra constamment obscure, on en conclura que le cristal ne jouit pas de cette propriété. Lorsqu’au contraire la glace paraîtra alternativement obscure et éclairée, on en conclura que le cristal es doué de la faculté de doubler les images. Cette méthode étant indépe Ë dante de la quantité de l’écartement des images, sert à-la-fois ie ne cristaux, dont la double réfraction est très-forte, et pour ceux .. Ie quels la division des images est très-faible. Elle est la seule Abecbte pour ces derniers , parce que la dispersion des images étant beaucou
plus forte que celle de leur écartement, on ne peut, dans aucun "ri obtenir leur séparation. ,
En soumettant à ce genre d'analyse toutes les substances minérales diaphanes , et les divers produits chimiques susceptibles de cristalliser je parviens à ce résultat général , que toutes ces substances sont douées de la double réfraction , hormis celles qui cristallisent en cube ou en octaèdre régulier. Ainsi, comme ces dernières sont en plus petit nombre, au lieu de faire comme autre fois, une liste des substances qui jouissent de cette propriété , il faut faire actuellement une liste de celles qui en sont pri- vées. Cette observation peut conduire à la connaissance des formes de quelques substances, dont la cristallisation n’est pas exactement déter- minée. Ainsi l’eau congelée, par exemple, offrant un axe de cristallisa- tion , il est probable que sa forme n'est point un Oclaëdre régulier, comme on l'avait soupçonné. ë
Je dois ajouter que les substances qui affectent la forme prismatique ont ordinairement l'axe de réfgction parallèle aux arrêtes du prisme , quelque soit d’ailleurs leur forme primitive. 2
Mais ce qu'il y a de plus extraordinaire , c’est que toutes les substances organisées, végétales ou animales, soumises à la même épreuve, parti- cipent de cette propriété des cristaux. J'ai placé, dans les mêmes cir- constances , les parties fibreuses et transparentes des feuilles et des fleurs les pellicules qui recouvrent l’aubier, de la soie, des laines et des cheveux blancs, des écailles, de la corne, de l'ivoire, des plumes, des peaux de quadrupèdes et de poissons, des coquilles, du fanon de baleine, etc. , et toutes ces substances ont modifié la lumière de la même manière que les corps cristallisés. Toutes ont, pour ainsi dire , un axe de réfraction ou de cristallisation, comme si elles étaient composées de molécules d’une forme déterminée, disposées symétriquement les unes par rapport aux autres.
Cette observation, cependant, semble pouvoir s'expliquer de deux manières. Ou ces substances sont réellement composées de particules organisées comme les cristaux, Ou ce phénomène tient aux propriétés
(35) générales de la lumière réfléchie et réfractée que j'ai reconnues précé- demment. Je discuterai cette matière dans un autre Mémoire, en rappor- tant les expériences qui doivent décider cette question.
ÉCONOMIE DOMESTIQUE.
Procédé pour obtenir le Sirop de Miel, aussi beau que le sirop de sucre.
livres. onces.
NOR TS MS SES, DNA RATE SENS 6 IE, Lo anne DUO MOIER EE ENS ALL RE A LUS 1 Craie réduite en poudre. : + 4... . > Charbon pulvérisé, lavé et desséché . . . . . » Blancs d'œufs (battus dans 4 onces d’eau)... »
et Ur O1 QE
On met le miel, l’eau et la craie dans une bassine de cuivre dont la capacité doit être de moitié plus grande que le volume du mélange, et on fait bouillir ce mélange pendant deux minutes; ensuite on verse le charbon dans la liqueur, on le mêle intimement avec une cuiller, et'on continue l'ébulliion pendant deux autres minutes ; après quoi on ajoute le blanc d'œuf, on le mêle avec le même soin que le charbon, et on continue de faire bouillir encore pendant deux minutes. Alors on retire la bassine de dessus le feu, on laisse refroidir la liqueur environ un quart-d’heure, et on la passe à travers une étamine, en ayant soin de remettre sur l’étamine les premières portions qui firent, vu qu’elles entraînent tou- jours avec elles un peu de charbon, Cette liqueur, ainsi filtrée , est le sirop convenablement cuit. -
Une portion du sirop reste sur l’étamine, adhérant au charbon, à la craie et au blanc d'œuf; on l'en sépare par l’un des deux procédés qui suivent.
Premier procédé. On verse sur ces matières de l’eau bouillante jusqu’à ce qu'elles n’ayent plus de saveur sucrée; on réunit toutes les eaux de lavage, et on les fait évaporer à grand feu, en consistance de sirop. Ce sirop, ainsi cuit, contracte une saveur de sucre d'orge, et ne doit point être mélé, par cette raison, avec le premier.
Deuxième procédé. On verse en deux fois, sur la matière précédente, autant d’eau bouillante qu’on en a employé pour purifier la quantité de matière sur laquelle on opère; on la laisse filtrer et égoutter : on
SOCIÈTÉ PHILOM,
Ts OT (ex
A
soumet le résidu à la presse, on réunit toutes les eaux, et on s'en sert pour une autre purification.
Observations. 1°. Le sirop fait par le procédé qu’on vient de décrire est d'autant meilleur, que le miel est de qualité supérieure. Celui qu’on obtient avec le miel Gâtinais, et à plus forte raison avec le miel de Narbonne, ne peut point être distingué du sirop de sucre. Celui qu'on obtient avec le miel de Bretague n’est point bon.
20. Avant de se servir de l’étamine, lorsqu'elle est neuve, il est néces- saire de la laver à plusieurs reprises avec de l’eau chaude ; autrement elle communiquerait une saveur désagréable au sirop, parce que, dans cet état, elle contient toujours un peu de savon.
30. 11 faut que le charbon qu'on emploie soit bien pilé, lavé et des- séché : saps cela l’opération ne réussirait qu’en partie. On peut se servir avec succès du charbon qu'on prépare en grand chez M. Vallée, phar- macien, rue Saiut-Victor, n°. 06.
La totalité du sirop qu'on obtient est égale en poids à la quantité de miel employée, et une livre de sirop peut remplacer avantageusement une demi-livre de sucre ordinaire. Si donc l’on a employé le miel à 30 sous la livre, en y ajoutant 4 sous pour les frais de confection du sirop, ce qui est beaucoup trop, ce sirop reviendra à 34 sous la livre, et fera le profit d’une demi-livre de sucre de 3 francs.
Erratum du N°. 51, page 355.
Œnisostemone , lisez : Anisostémone.
Fr LLISSIITS * or
ANAL SE
Les abonnés au Bulletin des Sciences, publié par la Société philomatique depuis et compris le mois de juillet 1791, jusques et compris le mois de ventose an 13 (1803), sont prévenus que les tables qui terminent cet ouvrage, sent mises en vente chez
M. KLOSTERMANN fils, rue du Jardinet, n°. 15; elles se composent,
1°. D'une table raisonnée des matières contenues dans le troisième et dernier tome du Bulletin;
2°. D’un tableau, par ordre de sciences, de tous les objets énoncés dans les trois omes ;
3°. D'un supplément à la table raisonnée des deux premiers tomes, Quatre feuilles in-4°. petit-texte. Prix : 2 fr. 50 c.
L'abonnement est de 14 fr., franc de port, et de 13 fr. pour Paris; chez J. KLOSTERMANN fils, acquéreur du fonds de Mad. V°e. Bxnnanp, libraire, rue du Jardinet, n°. 13, quartier St. André-des-Aris.
NOUVEAU BULLETIN D'EMES CLIENCES,
PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE:
. .
Paris. Mars 1812. ——— st RTS TER EDIT STE CHIMIE MINÉRAL E:
Extrait d'un Mémoire sur les Oxides’ de fer ; par M. Giv-Lussac.
M. Gay-Lossac, après avoir fait un exposé de ce qu'on à fait sur les oxides de fer, et après avoir montré combien il règne encore d’incer- titude , tant sur leur nombre que sur la proportion d’oxigène qu'ils renferment, expose le résultat ‘des expériences qu'il a faites sur cet objet.
11 démontre qu'il y a trois oxides de fer parfaitement distincts, comme M. Thenard l'avait avancé , et il détermine les diverses circonstances dans lesquelles chacun de ces oxides se forme.
On obtient l'oxide au premier degré toutes les fois que le fer décom- pose l’eau au moyen d'un acide, sans que celui-ci fournisse de l'oxigène,
11 est composé de
RO ES CR Ducs, = dictée once AN TO0:0: OuRéne. Lin eorbe su sr neridire ARRET 2030
M. Gay -Lussac a troûvé celte proportion en dissolvant le fer dans les acides sulfurique et muriatique faibles , et en concluant l'oxisène du volume du gaz hydrogène obtenu. Get oxide est celui que MM. -Chenevix et Thenard ont fait connaître , et qu'ils ont désigné par le nom d’oxide
Tom. III, No. 54. 5e, Année. 6
No. 54,
ANN. DE CHIMIE,
(58) blanc. Les dissolutions dans lesquelles il entre ont pour caractère de précipiter en blanc par les alcalis, et par le prussiate triple de po- 1asse. 2
On obtient l’oxide au second degré, toutes les fois que l’on brûle du fer dans le gaz oxigèene, ou dans l'air à une haute température , et mieux encore toutes Jes fois que l’eau seule est décomposée par le fer, soit à froid, soit à une chaleur rouge. Il est composé de
Her RAM ent ROLE 2 OR OMR EE Li CHEN RTE ENGe Oxigene- 4... RE bee ONE NBA ON A RNONS, STAES
Cet oxide est gris-noir quand il est en masse; mais quaud on le préci- pite de ses dissolutions il paraît brun foncé, et vert quand il est très- divisé, et qu'il n’en reste que quelques molécules en suspension. Il est très-magnétique , quoique beaucoup moins que le fer; sa densité est de 5,1072, l’eau étant à 18° centig. /
Le meilleür procédé pour obtenir cet oxide pur, est de faire passer un courant de vapeur d’eau sur du fil de fer très-fin, jusqu’à ce qu'il ne se dégage plus d'hydrogène.
L’oxide rouge de fer forme avec l'acide sulfurique un sel blanc, ana- logue au précédent, et qui a été décrit pôur la première fois parM. Bucholz. On l’obtient facilement en faisant chauffer de l'acide sulfurique concentré avec l’oxide rouge, ou en faisant bouillir ce même acide sur la limaille de fer, ou enfin en en versant dans vne dissolution un peu concentrée de sulfate rouge. Ce sel peut exister avec des proportions très- variables d'acide. Quand il en contient le moins possible, en conservant cependant sa blancheur, il est peu soluble dans l'eau froide : elle le décompose même peu-à-peu en lui enlevant sou acide et un peu d'oxide, et il reste de l'oxide jaune rougeûtre : l’eau chaude produit beaucoup plus prompte- ment cette décomposition. Quand le sel contient plus d’acide , l’eau froide et l’eau chaude les dissolvent complettement.
Il est très-remarquable que l’eau produise des oxides différens, lors- qu'elle est décomposée seule ou par le moyen des äcides. Ce fait prouve la grande tendance qu'ont en général les acides a maintenir les métaux aw plus bas degré d'oxidation, et par conséquent leur plus grande affinité pour ces oxides. | é in | ;
M. Gay-Lussac, après avoir examiné les diversès circonstances dans lesquelles le fer s’oxide ,-et méme ce qui se passe dans le mélange de deux sulfates, dont l’un est au maximum el Re au 7ninimum, en conclut qu'il n'y a que trois oxides de fer bien distincts, et qu'il n’est pas nécessaire de recourir à un plus grand nombre pour expliquer les couleurs variées que présentent les précipités de fer. Il examine ensuite les change- mens que la nature bien déterminée des trois oxides de fer peut porier
(39)
dans la nomenclature minéralogique, et il prouve que Jes espèces qu’on avait désignées par le nom d’oxidules , comme les oxides de Suède et ceux de la vallée d'Aoste, sont identiques avec l’oxide noir contenant 37,8 d’oxigène par quintal de fer, et qu'ils doivent porter une autre dénomina- tion. Il lui a paru qu'il n’existe dans la nature dans l’état de pureté que deux oxides de fer : l’oxide noir et l’oxide rouge. L’oxide blanc ne S'y trouve qu'en combinaison avec l'acide carbonique dans les fers spathiques blancs; ceux qui sont bruns contiennent souvent beaucoup de fer spa- thique blanc, et il paraît que c'est dans l’état de ce dernier sel qu'ils ont été lors de leur formauon,.
M. Gay-Lussac ne s’est pas borné à examiner la décomposition de l'eau par le fer, lorsqu'elle est seule ou mélée avec un acide. Il a trouvé que l’étain en se dissolvant dans l’acide muriatique , et en décomposant l'eau, ne prend que 13,5 d’oxigène par quintal d’étain , et que, lorsqu'on fait passer un courant de vapeur d’eau sur le métal, à une température rouge, on oblient un oxide blanc, semblable à celui que l’on forme avec l'acide nitrique, et qui est composé d’après ses expériences de
Etain © MU MSP PNB HO ED MON TR nr ELU 1 hr 0030r SRE STE PNR ER Lie EAN ER D EE pet) PR PE DE
Le troisième oxide que forme le fer, est Foxide rouge connu de tous les chimistes ; il est composé d’après les expériences de M. Gay-Lussac de
CR A EM IE Stilo PANNE RL EE RS AT O0 O0. MARCHE PTE VS PAU she lraiete es grades uen 42,51.
IL l'a obtenu en faisant passer de l'acide nitrique en vapeurs sur du fer rouge. , AiEtyé
Ces divers oxides de fer forment avec les acides, mais particulièrement avec l'acide sulfurique, des sels très-remarquables. Le sulfate d'oxide noir a des couleurs très-variables suivant la quantité d’oxide qu'il contient ; il est d’abord jaune citrin , puis jaune verdätre , jaune brun, jaune rou- getre , et enfin rouge brun foncé, lorsque l'acide qu’on suppose étendu de deux fois son volume d’eau, est complettement saturé. Ce sulfate donne des cristaux verts, dont la: forme est celle d’un rhombe terminé par un biseau partant de la plus grande diagonale du rhombe, et qui sont du sulfate de fer au minimum; de sorte qu'il s'est fait un partage d’oxigène, et qu'il en est résulté du sulfate au minimum qui a cristallisé, et du sulfate au maximum qu'on trouve dans la liqueur. Il se dépose souvent avéc les cristaux une poudre blanche qui est un sulfate acide contenant peu d’eau, parce que les cristaux en contiennent beaucoup : celte circonstance con- court sans doute à sa formation. On obtient tres-facilement ce sel, en traitant l’oxide noir par l'acide sulfurique concentré , ou en versant un
(40) peu de cet acidé dabs une dissolution de sulfate d'oxide noir un'peu rapprochée. > |
Les dissoluuons de l’oxide noir ont pour caractère:
1°. De précipiter en brun foncé par les alcalis ;
2°. De donner avec le prussiate triple de potasse un beau précipité bleu qui serait peut-être préféré pour la peinture ;
5°. De donner aussi avec la dissolution de noix de gale un précipité bleu très-intense. I] serait aussi possible que ces dissolutions de fer fussent plus avantageuses que les autres pour la fabrication de l’enere, pour la couleur noire sur laine ou sur soie, et pour l'impression des toiles peintes ;
4%. L’ammoniaque dissout J'oxide noir précipité de ces dissoluuons,
quoique moins abondamment que l’oxide blanc; à ,.,2°. Elles absorbent le gaz mitreux et deviennent brunes, mais ciles en prennent moins que les dissolutious de l’oxide blanc ; 6°. L'alcool n'y fait pas de précipité dans l'instant; mais au’ bont de quelques heures, 1l détermine un partage dans la liqueur : il se forme des cristaax de sulfate au r7énimum d’oxidation , et il reste une dissolution de sulfate au maximum ; 7°. Les précipités qu'y produisent les carbonates saturés et concentrés, ‘se redissolvent facilement dans un excès de ces mêmes carbonates. Le zinc, au contraire, ne forme jamais qu'un seul oxide composé de ANCIENS EP PE Re Dire cc vepee Dés ter SEA ONO UE Qribene MIE AN AU. rieue «ct ee NA RE soit qu'on l’oxide par l'acide nitrique, soit qu’on le dissolve dans l'acide muriatique où dass l'acide sulfuriqué;
Enfin, puisqu'il y a trois oxides de fer, on doit obtenir Îorsqu’on décompose leurs dissolutions par les hydrosulfures'alcalins, des hydro- sulfures de fer contenant des quantités de soufre déterminées par la quäntité d’oxigène combiné avec éhaque oxide, et par conséquent il est probable qu'il existe dans la nature trois espèces de sulfures bien distinctes, ‘correspondantes à ces hydrosulfures (1).
PH Y SI QU E. "6 Mémoire’ sur l'origine et la génération du pouvoir éléctrique ; tant dans les frottemens que dans la pile de Folia, lu à
la Classe des soiences physiques et mathérnatiques de l'Ins- titut, le 23 septembre 18141, par M. Dessaicnes.
Journä »e Purs, , GE Mémoire auquel l'auteur a donné un supplément’ dans une lettre
1811,
D
(1) Mém. d’Arcueil, tom. 2, pag. 174 et 195.
(41)
.
à M. de Lamétherice, insérée dans le journal de décembre 1811, con- tient un grand nombre de faits d’où il'résulte que la température des apparals, et surtout la différente température des diverses parties de ces appareils, a la plus grande influence sur la production de l'électricité. Nous réunisssons ici dans un même article le mémoire et sorf supplément.
L'ambre, le soufre, le verre et la cire d'Espagne ne donneut aucun signe d'électricité quand on les plonge , même brusquement, dans le mer- cure, lorsque leur température est égale à celle de ce métal, et moindre que 10° centigr. L'auteur a fait ses expériences en commencant à la tem- pérature de — 16°. L’ambre commence à devenir électrique par ce pro- cédé a 715; lesoufre et la cire d'Espagne à 15°; Île verre à 20° : tous cessent de l'être entre 60° et 8o°, et ne le redeviennent plus à des tem- pératures plus élevées. Ces corps ne deviennent jamais électriques , lors- qu'au lita de les plonger dans ce liquide, on les en retire lentement, en supposant toujours que le degré de chaleur est le même; mais lorsque les corps idio-électriques dont nous venons de parler sont plus chauds que le mercure, ils s’électrisent constammeut, et par immersion, et par émersion. Un seul degré de différence dans la température suflit pour produire cet effet, qui est'en général d'autant plus sensible que la diffé rence est plus grande , on observe cependant qu'un cylindre de verre à 100° plongé dans du mercure à — 18°, n’y devient électrique que quant il se féle, mais il l'est alors à un haut degré. Quand c’est le mercure qui est:plus chaud que le corps qu'on y plonge ou qu'on en retire, l’élec- tricité est beaucoup plus faible pour nne même différence de tempéra- ture, parce que le mercure refroidit béaucoup moins promptement dans ce cas que ne le fait le corps idio-électrique lorsqu'il est le plus chaud.
Le soufre s'électrise positivement dans tous ces cas, quel que soit Pétat de l’atmosphére ; mais Je verre, l’'ambre, la cire, le papier, le coton, la ‘soie et la laine, prennent constament une électricité positive quand le ‘baromètre est bas, et que l’air pousse au chaud, et une électricité néga- tive lorsque le baromètre est haut, et que l'air pousse au froid. Il arrive souvent que l'électricité est positive dans du mercure allié d’étain, et né- ‘gative dans du mercure pur. La nature de l'électricité change aussi , sui- vant l'iutervalle-plus où moins grand des. deux températures; on peut observer positive pour un intervalle de peu de degrés, et négative pour ‘une plus grande différence, .…. Eu frottant les mêmes corps sur la Jaine:, au lieu de les-plonger dans Jemercure, on observe également qu'il ne se produit d'électricité que .daùs, des températures qui ne sont nitrop basses ni trop élevées , et que la nature de l'électricité dépend du degré de chaleur; ce ‘qu'avait déja observé Bergman.
(42)
Le simple contaet da mercure ne produit d'électricité -dans les mêmes corps que quand sa température est différente de la leur, et qu'elles ne sont toutes deux ni inférieures à 0°, ni supérieures à 75°. On observe encore ici que l'électricité est ordinairement positive pour une petite différence dans le degré de chaleur, et négauve quand cette différence est plus grande. Line
Des disques métalliques isolés perdent aussi la ficulté de devenir élec- triques par frottement, à une température très-basse. Ils reprennent promptement cette faculté en les chauffant un peu dans la main. L’élec- tricité est d'abord négative; elle augmente d’abord, et diminue eusuite, à mesure que Ja température augmente, en continuant de chauffer le métal , il redevient non excitable, et ensuite positif.
L'électricité positive que donnent les métaux chauffés au soleil, de- vient en un instant négative par un Courant d'air froid, ou en les plongeant dans du mércure froid.
Les métaux ne deviennent électriques au soleil que parce qu'ils s’y échauflent plus rapidement que le support qui les isole ; ils cessent de l’être lorsqu'on les y laisse assez longtems pour que le support y prenne la même température. Lorsque les disques métalliques sont na- turellement négatifs, on les rend positifs l'hiver, et quand lair pousse au froid , en refroidissant le support, et l'été, par un vent de sud ; et quand le barometre est bas, en chauffant le support. S'ils étaient positifs, on les rendrait négatifs; dans le premier cas, en chauffant le support, et dans le second en le refroidissant.
M. Dessaignes joint à ces faits, qui sont indépendans de la nature du métal dont les disques qu'on électrise sont composés , d'autres résul- tats relatifs aux divers métaux ; il a trouvé qu’à l'exception de l’étain et de l’antimoine, qui sont toujours négatifs, tous Îes métaux sont naturel- rellement variables du positif au négatif; que le pouvoir des pointes pour faire naître l’état négatif est très-grand sur le zinc, un peu moindre sur l'argent, très-faible sur les autres métaux, et nul sur le bismuth ; que quand les métaux ne sont pas excitables , et qu'ils le deviennent lors- qu’on les expose au soleil, l'électricité se manifeste d’abord dans ceux qui sont meilleurs conducteurs du calorique, l'argent étant au premier rang, et le plomb au dernier.
Les métaux où l'électricité a le plus d'intensité, sont l'argent et l’étain, puis viennent le cuivre et le zinc, ensuite le platine et l'or, enfin, le plomb , l’antimoine , le fer et le bismuth.
Lorsque le baromètre est tres-haut, le fer et le bismuth sont toujours positifs, quelque froid qu'il fasse; les autres métaux deviennent posi- wifs quand il ne fait pas trop froid dans l’ordre suivant : l'argent, l'or, le platine, le cuivre, le zinc et le plomb. L’antimoine et l’étain ne le deviennent jamais. Le froid fait repasser ceux qui en sont susceptibles,
(45) à l'état négalif dans l’ordre inverse, le plomb, le zinc, le cuivre, lé pla- une, l'or et l'argent. Quand le baromètre est bas, et la température très-élevée, ils deviennent tons négatifs dans cet ordre : l'argent, l'or, le platine, le fer, le bismuth, le plomb, le cuivre et le zinc, et repassent à l'état positif, quand la température baisse; mais ce changement arrive toujours dans le même ordre, l'argent, le premier, et le zinc, le der- nier, ensorte que-l'ordre ne devient point inverse comme il arrive dans les changemens qui ont lieu lors des grandes élévations du baromètre.
M. Dessaignes termine le mémoire que nous analysons par des expé- riences tendantes à prouver que l’action galvanique d’un disque .de zinc posé sur un disque de cuivre, etcelle d’une pile montée à l'ordinaire, disparaissent lorsqu'on les plonge dans un mélange frigorifique; il avait cru d’abord que cette action augmentait avec la température du liquide environnant, quoi- qu'ileùtobsérvé un cas où elle’avait cessé dans l’eau bouillante. C’estsur cette dernière’partie de son mémoire qu'il est revenu danssa lettre du 18 novembre à l’auteur du Journal de physique: il résulte des expériences qu'il y déerit, 1°. qu'on faitdisparaître également l’action galvanique par un froid de 18° cen- tigrades au-dessous de zéro, et par la chaleur de l’eau bouillante, pourvu que cette température, tres-basse ou trés-élevée , soit précisément la même à tous les points de l'instrument; 2°. que l’action reparaît quand la tempéra- ture cesse d’être partout la même, par exemple, lorsqu'une des extrémités d’une pile voltaiïque est plus chaude que l'autre, et que cette action a d'autant plus d'intensité que la température e$t plus inégale aux deux ex- trémités de la pile. Enfin, l’auteur rapporte quelques expériences qu'il a faites sur l’électricité qu’on excite par le contact de deux branches métal- liques homogènes, mais de températures différentes. Il à produit, par exemple, des contractions très-vives dans les muscles d’une grenouille, en les plaçant sur le manche d'une cuiller d'argent pleine d’éther, et refroidie par l’'évaporation de ce liquide, puis en établissant une com- municalion avec un fil du même métal entre cette cuiller et une se- conde cuiller vide et en Contact avec les nerfs moteurs de ces muscles. En mettant aussi de l'éther dans la cuiller qui toache les nerfs, on voit l'action galvanique diminuer et cesser en même tems que la diflérence de température des deux cuillers. Plusieurs des expériences dont nous venons de rendre compte, avaient été faites longtems avant M. Des-
_Saignes en Allemagne et en Italie, lors de la discussion élevée entre Galvani et Volta sur la cause des phénomènes galvaniques, que le savant dont ils ont conservé le nom, attribuait aux propriétés des organes mus- culaires , et Volta à l'hétérogénéité des métaux employés dans l'arc exci- tateur. M. de Humboldt, ‘dont les travaux sur la théorie naissante du galvanisme , ont fait connaître à cette époque uu grand nombre de faits nouveaux et intéressans , éXamina sur-tout avec attention l'induence de la diversité de température sur la production de l'électricité galvanique.
Soc. PHILOMNATe
(44) Ses observations etises expériences sur cette branche. de la physique sont réunies dans l'ouvrage qu'il publia en Allemagne avant son dé- part pour l’Amérique, et dont le premier volume à été traduit en Français, etimprimé chez Fuchs en 1509, sous ce titre : Expériences sur le galva- nisme, eten général sur l'irritation des fibres musculaires etnerveuses. A.
»
MATHÉMATIQUES:
_ Sur lattraction des Sphéroides ; par M. Bror.
.
Sorexr &,b ,c,les coordonnées rectangulaires d’un point quelconque de l'espace; supposons que ce point soit attiré, suivant les lois de l'attraction céleste , par un sphéroïde homogene-dongé de forme et de position. Si l'on nomme / la fonction quiexprime la somme des molécules divisées par leurs
distances au pointattiré, M. Lagrange a fait voir que les coefliciens différen- ] NL Qt QT TOP PUTIE à j
Sn e) ETES ris négativement, expri r'AC= tiers partiels date de P gauiv » Cxpriment les altrac
tions exercées par le sphéroïde sur ce même point, parallèlement aux
lignes a, b, c. M. Laplace a fait yoir ensuite que la fonction Fest assujettie à l'équation différentielle partielle CAT 4 dry dr En En pee dæ db? .de
Lorsqu'une fonction de plusieurs variables est ainsi assujétie à une équation différentielle partielle, on peut considérer cette équation comme uue condition qui détermine complettement la forme de la fonction relativement à toutes les variables, quand cette forme est donnée relative- inent à toutes les variabies moins une, tant pour la valeur primitive de la fonction, que pour un certain nombre de ses coefliciens diflérentiels. Si l'on applique cette considération à l'équation précédente, qn concevra que l’on en peut déduire des rapports généraux entre les attractions exer- cées par le sphéroïde, selon les diverses positions du point attiré ; c’est ce que j'ai fait dans un mémoire imprimé, dans jes volumes de linstitut, pour 1806. En particularisant les résultats de maniere à les appliquer aux sphéroïdes elliptiques, j'ai montré de cette manière que l'expression générale de leur attraction sur un point extérieur peut se déduire linéai- rement et par de simples différentiations de l'expression particulière qui convient aux points extérieurs situés dans le plan d’une des trois sec- tions principales. Or, dans ce dernier cas, M. Legendre a fait voir que
(45)
les expressions des attractions peuvent s'intégrer directement avec facilité , et leur valeur se trouve être le produit de deux facteurs, dont l'un est la masse de l’ellipsoïde et l'autre une fonction des excentricités et des coordonnées du point attiré ; et comme les différentiations qu'il faut faire subir à ces expressions particulières , pour en composer l'expression générale , ne portent que sur les coordonnées du point attiré, il s'ensuit que celle-ci se partagera encore de la même manière; d'où résulte le théorème connu, que les attractions de deux ellipsoïdes quelconques sur un méme point extérieur sont entre elles comme leurs masses.
Cette démonstration fort simple cesserait d’être applicable, dans le cas où les projections du point attiré sur les plans des sections principales tomberaient dans l’intérieur de ces sections; car les intégrations qui donnent les valeurs absolues des attractions, devant être prises dans des limites différentes, selon que les points sont intérieurs ‘ou extérieurs au sphéroïde , on ne peut plus en comprendre les résultats dans les mêmes formules. Cependant, il est facile de plier encore notre démonstration à celte circonstance par le moyen d’une simple transformation de coor- dohnées, C’est l’objet de la note que je présente à la Société.
Par le point attiré, je mène une ligne droite qui ne rencontre pas le sphéroïde : cela est toujours possible, pourvu que le point douné soit extérieur au sphéroïde, et. que l'étendue de celui-ci soit limitée. Nom- mons 8 l'angle de cette droite avec l'axe des c, et désignons par + l’angle que sa projection sur le plan des a et b forme avec l'axe des 4. Par le centre du sphéroïde, que je suppose être l'origine des coordonnées, je mène une ligne droite parallèle à la précédente, je la regarde comme l’axe d’une nouvelle coordonnée c', que je substitue à c; c’est-à-dire qu’au lieu de rapporter la position du point attiré aux coordonnées, a, b, c, je les rapporte à trois nouvelles coordonnées a!, b!, c'; donc les deux premières sont parallèles aux a et b, et la troisième parallèle à la ligne que nous venons de mener obliquement sur le plan des deux premières. Puisque cette ligne ne rencontre pas le sphéroïde, la difficulté que nous voulons éviter n'aura plus lieu relativement à elle : il ne reste donc plus qu’à transformer l'équation différentielle partielle de manière à y intro- duire ces nouvelles coordonnées.
Or, en cherchant l'expression des a/b'c! en fonctions de abc, il est visible que l'on aura
a! = a+ ctang 8 cos 4 b' = b + c'tang 8 sin 4
c NE
; cos À
Tom, TI. No. 54. 5e, Année.
at
( 46) | or, en général, si l’on regarde successivement F comme fonction de abc et de a'b'c', on aura
dr” dF. da! 7 LA dd”. dc! da da da db! da dc! : ‘da mn (= dV dc! \° 24d'V da! db! 2dV $ da! de” = (D a) + à a ( + ) da db’ da da ‘ da'd' ‘do da
2@V. db! dc aV d'a! dy. d'b aV dc! char ua de 0 dde de dc der 0 de l'td 2
dE HT. on aura des expressions analoouespour —— —— ; mais d’après les ra os aur P SUESP db: dec: pres 1es rapp
gui existent entre a/ble! et abc , on a
da! da! da! j ;
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— =: ne) pol Se tan sin
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—— = © = O0 =
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et d’après ces valeurs, on aura AP POP Il: API LdWe da nd oo) nds dés
ie HR Per PRET ang ÿcos KE van in -r25 be Pi PP pi PS SET TT cos & EP LFP dif de da? db a ne EE | ire RAA rite fe MERE US L ÉTAMES UT —— tang* # cos? pt = tang” 8 sin ® tp se ET 2 dV >dV Es 2 dF sin 4. ; 7771 da’ db! PETER CT da dé ‘cos Se Abd cost É et en faisant la somme de ces termes, l'équation en }” devient
dr LE LL040 Fa OL {u + ang ia a AT Hp HUE LA D en AT
22V à 2dV (En 0 os 2d'V sin8coso + ZyguVn8" 9 sin @ cos @ + TRE À AA OM CN AIT
(47)
maintenant l'intégrale de cette équation peut être représentée par une série de la forme
2: c!° c'3 F = A+ A + A, — + A, mans €lC. A A, À, 43... étant des fonctions de a! et b!, indépendantes de c/, Si
l'on substitue cette expression et ses diflérentielles dans notre équation transformée, et que l’on égale séparément à zéro les termes affectés des mêmes puissances de c/ , on verra : 1°. que les deux premières fonctions 4 et À, resteront tout-à-fait arbitraires ; 2°. que toutes les autres fonctions 4, 4,... se déduiront des deux précédentes linéairement et par de simples différentiations.
Tout se réduit donc à déterminer ces deux fonctions Æet 4,, qui sont en effet les arbitraires de l'intégrale ; or, cela est facile quand on connaît les expressions des attractions du sphéroïde sur les points extérieurs situés dans le plan d’une des sections principales.
En eilet , il est visible que 4 et 4, sont égaux aux valeurs de et de
FT dans le cas de c' nul; si donc on eonnaissait F et ax pour un dc! dc! à
point quelconque du plan des L’ et a! extérieur au sphéroïde, et dont les coordonnées fussent b'et a! , on aurait les valeurs de ces deux arbitraires , et par suite celle de toute l'intégrale. Or, ces deux quantités sont com- pletiement déterminables quand on connaît les valeurs correspondantes
Aide dr. da ? db? ‘dc sur ce point du plan des & et al; car les relations trouvées plus haut
entre les coefficiens différentiels du premier ordre de la fonction # nous donnent en général, c! étant quelconque,
> qui sont les attractions exercées par le sphéroïde
CL LAON LME AN COUR LA AE LATE a ro da de? db db’ cosbde de ‘da 216 ef rte à cela a donc lieu aussi dans le cas ou c’ est nul ; or, c/ — o donne
ay” dd” d7
€ = 0 ; c’est-à-dire, que le point pour lequel il faut avoir — ; — 3; —, ? 4 x P T dar \db'arde estextérieur au sphéroïdeetsitué dans le plan desb'etc'. Dans ce cas, onsaitque les attractions sont de la forme Ms, Mo', Me", Métantla masse du sphéroide ets, v!, vl! des fonctions desexcentricités et des coordonnées du pointattiré.
(48) x OA AR 10 ilen sera donc de même de —; - = puisqu'ils se déduisent linéai-
da” db dc dr. da’. ad”
rement de ——; —;,——;, el par suite, il en sera de méme en sénéral db dc P 1 nn: SFr
da de là fonction F et de ses coeficiens différentiels ; ce qui complette la démonstration du théorème, On voit de plus qu'en la présentant de celte manière , elle n'est plus sujette à la Xmeulié qu’occasionnent les coordonnées rectangulaires , parce que la troisième ligne c/ étant menée de manière que la coordonnée, c' du point attiré ne rencontre pas le sphéroïde, le point où elle perce le plan des £/ et a! , ou des b/ et a! , est nécessairement hors du sphéroïde aussi; et c'est pourquoi l'on peut lui appliquer les formules relatives a l'attraction des points extérieurs situés dans le plan d’une des sections principales.
Je profiterai de cette occasion pour annoncer à la Société quelques résultats
d’un travail sur le perfectionnement deslunettes achromatiques,dont je m'oc- cupe depuis longtemsavecM. Cauchoïs, habile opticien. Quandon considère un nombre quelconque de lentilles formées par des surfaces de révolution, disposées et ceintées sur un même axe; si l’on suppose qu'un rayon lumineux, faisant avec cet axe des angles quelconques, vienne percer la première lentille et sortir par la dernière, les angles qu'il fera avec l'axe après sa sortie feront fonctions des angles qu'il faisait à son arrivée, et aussi des rayons et des intervalles de lenulles. Je développe ces fonctions en séries convergentes, sans rien négliger, et j'y introduis la condition essentielle de toute lunette, savoir que les rayons qui sont entrés parallèles entre eux, sortent paralicles , quel que soit le point de ieur incidence sur la première lenulle. La nécessité de cette indépendance me donne les véritables relations qui doivent avoir lieu entre les surfaces de l'objectif et de l’oculaire, pour détruire les aberrations de refurgibilité et de sphéricité. Ces relations sont différentes de celles qui ont été données jusqu’à présent par les géomètres, 10. parce qu’ils négligeaient dans leur approximation des termes du même ordre que ceux qu'ils conseryaient; 2°. parce qu'ils ne trouvaient ,pas toutes les conditions qui doivent exister. Outre l'avantage d'être compleutes et rigoureuses , mes formules ont encore celui d’être présentées sous une forme telle que l’on peut les interpréter immédiatement, et connaître à la seule inspection l'effet que produirait sur les courbures des verres les valeurs que l’on peut attribuer aux indéterminées qu’elles renferment. L'extrême habileté de M. Cauchois dans l’art de Poptique, et les essais nombreux qui l'ont conduit à une pratique presque certame pour des dimensions d'objectifs, où la réussite était généralement regardée comme l'effet du hasard , me font espérer que la réunion de nos efforts donnera à celte théorie des lunettes plus de simplicité et d’exactitude qu'elle n'en avait précédemment.
( 49 ) Sur les Eprouvettes de la poudre de chasse; par M. Hacurrrr.
Ox sait que M. Regnier a eu l'idée heureuse d'ajouter à Ja romaine un curseur , qui indique de combien un ressort revenu à son état pri- milif, a élé tendu. Ce curseur consiste en une petite rondelle de drap ou de cuir, qui glisse à frottement sur un fil de fer ou de cuivre. Lors- qu'en tend le ressort, la rondelle d'abord en contact avec la branche du ressort, suit celte branche, et Jorsque le ressort se détend , la rondelle s'arrête à l'extrémité de la course de la branche du ressort.
La romaine et son curseur forment la partie principale de l'instrument qu'on nomme Æprouvette à peson. Ce que j'ai à dire de cet instrument,
n’a pour objet que d'en rendre l'usage plus général , et d'en faire un véri- table dynamomètre pour la poudre à canon.
En examinant l'éprouvette à ressort, il est facile de voir que cet instrument ne donne pas des mesures comparatives ; il indique des ten- sions de ressort qui correspondent à des poids déterminés : mais il ne fuit pas connaitre de quelle hauteur ces poids ont descendu, pour teadre le ressort. Cependant un effet dynamique se mesure par un poids élevé à une certaine hauteur; ainsi, pour comparer les observations faites avec l’éprouvette à ressort, il faudrait y ajouter à l'échelle des poids qui produisent les tensions, une seconde échelle des hauteurs dont les poids ont descendu , pour produire celte tension.
Dans une éprouvette que M. Regnier a préparée avec soin , le men- tonuet qui ferme le peut canon dans lequel on introduit la poudre à éprouver, est pressé par un poids de marc de 4 livres. Cette pression de 4 livres correspond au zéro de l'échelle des poids comprimans. Cette échelle indique que le ressort a été comprimé par le poids de 4 livres ;
augmenté des suivans : 5,10; 15; 20," 235, 30 livres,
Eu sorte que les poids comprimans correspondant aux nombres de l'échelle :
(1) NB UTOSNILO,Pi20 1 a0NtT30), sont : (2) 4, 0, 14,119, 24, 99, 34 livres.
Le poids, en croissant de 4 à 9 livres, ne descend pas sensiblement, mais de 4 à 14 livres, il descend de 25 millimètres, En observant successivement les hauteurs dont le poids descend, on forme la table suivante des tensions et des hauteurs correspondantes.
SOCIÉTÉ PHILOM.
(50)
Tensions du ressort en livres. (5) Ho AG MIID; 2181024 , 202034. Hauteur dont le poids descend en millimètres. (4) 6rha3sn 32%; 186% 69646, Sir
A l’aide de cette table, calculons l’effet dynamique d’un poids donné de poudre à canon. M. Regnier dit dans son instruction sur la manière d'éprouver la poudre fine de chasse, qu'il faut introduire dans le petit canon de l'éprouvette, 6 décigrammes de cette poudre, et qu'en y meltant le feu, le curseur du ressort doit, si la poudre est bonne, s’ar- rêter au n°. 17 de l'échelle (1) des poids ; l'échelle (2) indique que ce nombre correspond à une pression de 21 livres , et les échelles (3), (4) font voir que ce poids de 21 livres, ou de 10,5 kilogrammes, descend de 36 millimètres; donc l'effet dyuamique de 6 décigrammes de bonne poudre de chasse, est dans l’éprouvette de M. Reguier, exprimé par le produit :
10,5 kilogrammes X 36 millimètres ;
Ainsi, des échelles (3) et (4) on déduirait une cinquième échelle qui exprimerait les eflets dynamiques correspondans aux tensions connues; les nombres de cette dernière échelle seraient comparables, quelles que soient les éprouvettes dont on aurait fait usage.
Pour senur l’uulité des échelles qui expriment les effets dynamiques, on peut concevoir deux ressorts très- diflérens eu flexibilité, et com- primés par le même poids. Pour comprimer le ressort le moins flexible, le poids descend d’une certaine hauteur; et pour comprimer le ressort le plus faible, il descendra d'une hauteur plus grande, double par exemple. Dans cette hypothèse, l’échelle des poids indiquerait la même tension dans les deux ressorts, et cependant ces deux tensions égales correspondraient à des eflets dynamiques, dont l’un serait double de l'autre.
L'expérience faite avec l’éprouvette Reguier donne pour l'effet dynae mique de 6 décigrammes de poudre:
10,5 kilogrammes X 56 millimètres ; d’où il suit qu’un décigramme est capable d’un eflet :
10,5 kilogrammes X 6 millimètres, donc un kilogramme est capable d’un «effet :
630 kilogrammes X 1 metre,
(51) ou d'élever un poids de 650 kilogrammes à la hauteur d’un mètre cet effet n’est environ que la vingt- cinquième partie de celui qu'on obtiendrait, en employant la même quantité de poudre à chasser des balles d'un fusil : ce qui confirme un résultat d'autres expériences (Traité des Machines, art. 197, 1°. partie, page 151), que les effets dyna- miques de la poudre à canon sont beaucoup plus considérables dans les grandes bouches à feu que dans les petites.
On fait encore usage de deux autres éprouvettes pour la poudre à canon , qui sont décrites dans l’ouvrage que l'administration des poudres vient de publier ; l’une, qu'on nomme éprouvette à boulets, est une espèce de pince verticale, dont les mächoires sont formées de deux canons qui Se servent réciproquement d’obturateurs. Les deux branches tournent à charnière sur un axe ; cet axe est placé entre les boulets qui sont attachés aux extrémités des branches, et les petits canons qui servent de mâchoires.
Pour rendre l'échelle de cette espèce d’éprouvette comparable, on pourrait produire l’écartement des boulets par un ressort : en suppo- Sant que l’action du ressort qui se détend, est aussi prompte que l'effet de la poudre, on connaîtrait le poids qui aurait tendu le ressort, et la bauteurdontle poids aurait descendu pour produire cette tension ; d’où l’on déduirait une échelle dynamique de l'éprouvette à boulets.
Quant à la troisième éprouvette, qu’on nomme éprouvette hydros- tatique de Regnier, elle consiste en un plongeur de la forme des aréo- mètres; ce plongeur est terminé par un peut mortier. La poudre, en s’enflammant, oblige le plongeur à s’enfoncer dans l’eau, et on juge par lenfoncement de la force de la poudr
En supposant qu’on ait jaugé le vase dans lequel Je plongeur s'enfonce, on connaîtra la difiérence des niveaux de l’eau avant et après l’enfonce- ment ; on aura de plus le volume d’eau compris entre ces deux niveaux. On connaîtra par conséquent la quantité d'eau élevée par l’action de la poudre , et la hauteur à laquelle on l'a élevée : donc on pourra exprimer en nombre l'effet dynamique de la poudre, et construire avec ces nombres üne échelle qui sera comparable.
u CONCLUSION. :
Les échelles des Eprouvsettes des poudres de chasse, actuellement en usage, ne sont pointicomparables : les nombres de ces échelles n'ont aucun rapport.connu avec Ja force des poudres, Les échelles construites par la méthode qu’on vient d'exposer, sont comparables, et donnent une mesure des eflets dynamiques de la poudre.
Soc. PH\LOMAT,
(52) MÉDECINE.
téflexions sur la nature du Croup et sur ses résultats ; par M. Larrey.
Tovs ceux qui ont écrit sur le croup, après avoir avancé qu’il a pour principal effet de produire dans le larynx gt la trachée artère, une fausse membrane superposée sur la muqueuse du canal aérien, prétendent que le sujet atteint de cette maladie est condamné à périr, lorsqu'il ne peut expulser au dehors cette fausse membrane; mais qu'au contraire, s’il y parvient, le danger cesse et la guérison peut avoir lieu. Pour étayer cette assertion généralement adoptée, on a recueilli plusieurs pellicules d'un aspect membraneux , qu'on a présentées comme autant de fausses membranes, résultat du croup. A l'ouverture des cadävres des enfans morts de cétte maladie, on a trouvé également le larynx et la trachée. artère obstrués par une membrane qui, en interceptant chez ces enfans le passage de l'air, avait dù les faire périr d’asphixie.
M. Larrey ne partage point cette manière de voir, et pense que la fausse membrane qui se développe dans le croup est trop organisée et trop inli- mement fixée à la muqueuse du larynx, pour pouvoir en être détachée par les effets de la toux. Suivant lui , les lambeaux d'apparence membra- neuse qui sont quelquefois expectorés par les enfans malades du croup, ne sont autre chose que des concrétions de matière purulente. Lors- qu'un croup véritablement développé n’est pas mortel, ce n’est pas parce que la fausse membrane a été expulsée , mais parce qu’elle n’est pas assez épaisse pour obstruer entièrement le canal aérien. Dans ce cas, Ja guérison est très-lente , et le malade peut éprouver pendant longtems de la gène dans la respiration, et de la difficulté pour proférer les sons. M. Larrey apporte à l'appui de cette opinion l'exemple d’un jeune Étudiant en médecine, qui eut, à l’âge de trois ans, un croup extré- mement violent, à la suite duquel il a conservé un enrouement habi- tuel, qui diminue cependant peu-à-peu,
M. Larrey conclut de la qu’on doit , dans le traitement du eroup, s’oc- cuper essentiellement des moyens propres à combattre l’affection inflam- matoire d’où résulte la formation de la fausse membrane (il met au premier rang de ces moyens l’usage des ventouses scariféesS et non s'attacher à l'emploi des moyens que lon présume devoir être propres à faciliter son expectoration. Il rapporte l’histoire de deux ou trois cas de croup, dans l’un desquels il a pu baser sa méthode de traitement sur ces principes , et dans lequel il en a obtenu le plus heureux succès. S. L.
QE Addition au Ie. 53.
Page 24, ligne 35, ajoutez après le mot Aubert du Petit- Thouars : Voyez dans ce Bulletin, vol. 1, pag. 249, décembre 1808, et vol, 2, pag, 26, l’exposé de ce fait, et les figures que M, du Petit-Lhouars en a données.
NOUVEAU BULLETIN =
Ne. 55. D ESS C'TE'N'C'EIS,
PAR LA SOCIÉTE PHILOMATIQUE.
Pass) April 1812. Em HISTOIRE NATURELLE.
PHYSIOLOGIE ANIMALE.
Description anatomique d'un Organe observé dans les mam- mifères ; par M, Jacosson, chirurgien-major des armées de Danemarck. (Extrait.)
CrT organe consiste en un sac long etiétroit, de substance plus ou Ixsrimur war. moins glanduleuse , enveloppé dans un étui cartilagineux de même forme, 12 MARS 1812. et couché sur le plancher de la narine, de chaque côté et tout près de l’ar- rète sur laquelle vient se poser le bord inférieur de la portion cartilagi- neuse de la cloison du nez.
On observe à cet endroit, dans le squelette, un enfoncement longitu- dinal, ou une gouttière large et peu profonde, creusée sur l'apophyse pa- latine de l'os intermaxillaire, et se contiuuant plus où moins sur celle de l'os maxillaire supérieur. Cette gouttière est destinée à loger l’étui cartila- gineux, qui loge lui-même le sac membraneux; en sorte Que l'on peut, d’après l'étendue de la gouttière, juger de celle de l'organe, même dans les têtes osseuses où il a été.enlevé. ;
Quelquelois, comme dans les rongeurs, ce sion est si creux, qu'il forme un canal presque complet. L’organe s'applique aussi plus ou moins contre la cloison des narines, el est protégé dans sa partie supérieure par une saillie du bas de la portion carulagineuse de cette cloison.
Son étui ou sa gaine est une lame cartilagineuse, pliée en tuyau, avec diverses productions vers sa partie antérieure ; la membrane pituitaire la cache en dehors, et elle adhère, par le reste de sa surface, aux os et aux cartilages dout nous venons de parler.
Vers l'extrémité postérieure de cette gaîne sont les trous qui donnent
Tom. HI, No. 55, 5e, Année. )
(54) passage aux nerfs elaux vaisseaux qui se rendent à la membrane interne ; et, dans certaines espèces, on y voit une fente plus ou moins étendue, dont nous expliquerons l'usage tout à l'heure.
En avant est l’ouverture qui sert de passage au conduit excréteur.
L'intérieur de cette gaîne est tapissé par deux membranes, dont l’interne est continue; ainsi qu'on le comprend aisément, avec celles de la bouche et des narines. Sa surface est très-lisse , et l’on y observe beaucoup de petites ouvertures qui la traversent obliquement. Fle est elle-même doublée, du côté de la gaine , par l’autre membrane, dont le tissu est aponévrotique et très-fort ; entre deux est une sorte de parenchyme rougeûtre, d’une consis- tance assez molle, un peu grenue à l'œil , que M. Jacobson suppose, avec assez d'apparence, de nature glanduleuse et secrétoire , et dont il est pro- bable que les pores dont nous venons de parler sont les orifices excréteurs.
Selon que cette espèce de parenchyme est plus ou moins épais, la cavité intérieure du sac, que M. Jacobson appelle son réceptacle, est plus ou moins étroile.
Quand la gaine est fendue, comme nous l’avons dit plus haut, ce même üssu semble se continuer sur les parties voisines, en passant au travers de Ja fente, et en se plaçant sous la membrane pituitaire, qui paraît à ces endroits plus épaisse, plus fongueuse, que dans le reste de son étendue.
Le conduit excréteur général de tout le sac, donne obliquement dans le côté du canal sténonien, qui lui-même est quelquefois enveloppé dans un prolongement de l’étui cartilagineux. à
Nous ne suivrons pas M. Jacobson dans les détails qu'il donne sur les variétés de grandeur, de figure, d'épaisseur de l'organe et de sa gaïîne, ainsi que de la direction de son conduit excréieur, et de sa jonction avec le canal sténonien. Nous dirons seulement, d’après lui, que le cheval est jusqu'à présent le seul quadrupède où il ait trouve le canal sténonien fermé, comme daus l'homme , du côté du palais; eu sorte qu'il représente un cul-de-sac' ou un cône creux sans issue. Du côté des narines, ce Conduit est toujours ouvert.
Ce que cet organe a de plus frappant, ce sont ses nerfs. . ,
il en recoit d'abord qui semblent, au premier coup-d’œil, appartenir à la première paire , et qui naissent en effet de la protubérance mamwmillaire , et passent par des trous de fa lame cribleuse ; mais, arrivés sur le vomer, ils se comportent autrement que les nerfs olfactifs. Beaucoup plus gros et plus longs qu'eux , ils restent visibles dans toute leur longueur, même au travers de la membrane pituitaire , descendent obliquement en avant'jusque sur la partie postérieure de l'organe ; et, après s'être divisés en plusieurs filets , ils en percent la gaîne pour se distribuer à sa membrane interne ; ou plutôt à son parenchyme.
Le plus souvent ces nerfs sont au nombre de deux ou de trois; quelque- fois il n’y en a qu'un seul qui se divise.
(55)
M. J'acobson, frappé de ce que ces nerfs ont de particulier dans leurs cours, a cherché s'ils ne différeraient point aussi des nerfs olfacufs dans leur origine. ga
E a trouvé qu'ils naissent toujours d’une portion Jannâtre ou brunätre , qui forme une tache assez distincte sur cette région de la protubérance mammillaire , et qui paraît former une petite masse particulière de matière cendrée , qui serait comme enchässée dans cette protubérance , et que l’on parvient même quelquefois à en détacher. Il a remarqué aussi que les trous de la lame cribleuse , destinés à ces nerfs, out quelque chose de différent des autres; ce qui, joint à la différence de leur marche, les lui fait presque considérer comme une paire particulière.
Les autres nerfs de l'organe dont nous parlons, viennent du nazo-pa- latin de Scarpa. Le tronc postérieur de l'organe, après avoir donné des filets à la membrane pituitaire, arrive vers lextrémité, et lui doune une branche qui perce sa gaîne; ensuite, rampant le long de son bord infé- rieur et le long du canal sténonien , il descend à la papille palatine.
C’est seulement cette partie du nerf naso-palatin qui a-été connue des ‘ anatomistes; mais ils n’ont pas aperçu la branche qui pénètre dans l'organe.
La grandeur relative de ces appareils nerveux est très-remarquable, car ils surpassent de beaucoup les vaisseaux , quoique ceux-ci soient eux-mêmes très-abondans.
On n’observe aucune différence notable dans le cours et la distribution de cesnerfs, même dans Les animaux qui different le plus. Quant à l'organe lui-même , il existe dans tous les quadrupédes, sans exception. L'homme en paraît dépourvu; du moins on n'y aperçoit qu'une petite lame cartila- gineuse, qui peut en être considérée comme un léger vestige ; mais le cheval , dontles conduits sténoniens sont bouchés comme ceux de l’homme, ne lui ressemble point à l'égard de l'organe en qaûestion , qui est au con- traire très développé dans cet animal. Les cétacés paraissent en être entiè- rement privés.
M, Jacobson a examiné cet organe dans les divers animaux qui le possè- dent, avecl’intention de déduire de cette comparaison quelques éonséquences sur sa nature et sur ses fonctions. Les variétés relatives à la grandeur pro- portionnelle des nerfs et des vaisseaux, ne paraissent pas très-importantes, Ea regardant son parenchyme ou son tissu excréteur comme sa partie principale, et estimant son développement d’après celui de ce tissu, on trouve que c’est dans les rongeurs qu'il serait le plus parfait, ensuite dans les runimans. Les carnassiers l’ont peu considérable ; et dans les singes, il devient si petit, qu'il nous prépare à le voir manquer tout-à-fait dans l'homme. .
Quel est l'usage de cet organe? sert-il au goùt? supplé-t-il le sens de l'odorat? a-t-il du rapport avec le rut, ou ne sert-il qu’à lubréfier les
.
Soc. PHILOMATe 11 AVRIL 1812.
(56)
nazeaux , Ou à humecter l'extrémité du nez chez Îes animaux qui ont cétte partie nue? M. Jacobson se fait ces diverses questions , mais il ne les résout point. FC.
B.0.,T.À N,L/QOAU E.
Note sur l'Ephedra , genre de plantes de la fanulle des conifères ; par M. Mirser.
LA manière dont on a caractérisé le genre ephedra est incomplette et fautive. Voici les caractères que proposent MM. Schoubert et Mirbel, d’après de nouvelles observations.
CARACTÈRES DE LA FRUCTIFICATION. Végétaux dioïques. Fleurs mâles : Epi ovale, portant 8 à 10 fleurs opposées une à une, dans l’aisselle de 4 ou 5 involucres biflores, monophylles, imbriqués, bilobés, à lobes opposés en croix. Chaque fleur munie d’un périanthe simple, campanulé , bilabié , et d’un androphore, portant à son sommet 2 à 8 anthères unilatérales, bilobées, biloculaires, s’ouvrant par deux fentes apicilaires. Fleurs femelles : Une ou deux cupules uniflores, ovales, pisuiliformes, à orifice étroit, environnées de 4 ou 5 involucres d'autant plus grands, qu'ils sont plus extérieurs et semblables , pour le reste , à ceux des fleurs mâles. Périanthe simple, adhérant , à limbe membraneux ; ovaire libre à son sommet ; un style long , filiforme, sortant par l’orifice étroit de la cupule ; un stigmate taillé obliquement en cuiller. Fruit : Un pseudocarpe composé de l’invo- lucre le plus intérieur, épaissi et succulent, et d’une ou deux cupules endur- cies, ressemblant à des noyaux; un péricarpe monosperme, membraneux , couronné par le limbe du périanthe , et renfermé totalement dans chaque cupule; placenta supérieur; graine nue, périspermée, renversée, pendante ; embryon droit , alongé , axile, divisé jusqu'à moitié en deux cotylédons ; périsperme charnu.
CanACTÈRES DE LA VÉGÉTATION. Tiges ct rameaux articulés ; chaque arti- culation terminée par une gaîne tenant lieu de feuilles; fleurs tantôt terminales, tantôt axillaires et partant des articulations ; les femelles soli- taires ou géminées ; les mâles réunies en petits épis , quelquefois solitaires, plus souvent groupés en faisceaux.
Observations sur les caractères du genre Ephedra.
Le, Obs. Dans ce genre, il est impossible de séparer très-nettement les caractères de la fructification de ceux de la végétation, parce que la nature les confond. Il en est de même dans les autres genres de la famille des conifères. On doit reconnaître, avec M. de Jussieu, que les involucres imbriqués des fleurs mäles et femelles , ne sont autres choses que des gaînes
CS articulaires qui sont très-rapprochées, à cause du peu de développement que prennent les articulations.
IL. Obs. Le nombre des anthères des cphedra est variable, I y en a ordinairement deux, très-rarément trois, Caus l'ephedra gésaritea; y en a quatre ou cinq dans lephedra fragilis; il y en a de quatre à huit dans l’ephedra distachia.
Ile. Obs, L'existence d’une cupule ct d’un périanthe adhérant à l'ovaire, établit de grands rapports entre Île fruit de l'epledra et celui du chèue ou du hêtre. L’ephedra produit donc une espèce de gland. Au reste, ce cerac- ière est commun à Lous les genres de la famille des conifères, sans aucune exception (1).
IVe. Obs. Une graïne tout-à-fait nue, c'est-à-dire , une graine dont l’a- mande est recouverte immédiatement par la paroi du péricarpe, n’est pas un phénomène aussi extraordinaire qu'on paraît le croire , témoin le mrra- bilis er Pavicenta. Dans lavicenia, la radicule adhère visiblement au pla- centa; dans le #érabilis, on pourrait soupconner une adhérence semblable, Dans tous les conifères, le placenta a une liaison immédiate avec le péris- perme, ou peut-être même avec la radicule. M.
Descriptions de quelques nouvelles espèces de plantes et en articulier de l’'Enarthrocarpus, genre nouveau de la fa- mille des crucifères ; par M. de Lasirrarpiere. (Extrait.)
M. or Lanrrcanprère a communiqué à la Société Philomatique les deserip- tions et les figures des espèces de plantes qu'il a récueillies en Orient, et qui doivent composer la 4°. etla 5°. décade de l'ouvrage qu'il publie sous le titre de /cones Plantarum Syriæ rariorum.
Nous allons faire connaître succinctement ces végétaux, et nous ne ferons remarquer plus particulièrement que le nouveau genre de cru- cifère que, propose M. de Labillarditre, sous le nom d’Enarthrocarpus (fruit articulé); d'autant plus important à remarquer, que la famille des cruciféres ‘est'une-de celles qui'‘ont souffert le’ nroins d'augmenta- tion jusqu'ici, et que la plante qui constitue ce genre n'avait pas été étudiée depuis €. Bauhin et Tournefort. Ce genre se rapproche du Aa- phanus, avec lequel on aurait pu le confondre.
EnarTurocarpus. Cruciferæ. Juss. Tetradynamia siliquosa. Lin.
Character. essent, Calix clausus siliqua’torosa , infra articulata secedens.
(1) Cette remarque éclaire sur la véritable nature du petit sac qui se trouve à la base de la graine des pins, sapins, etc. Le sac est le sommet Libre de Povaire qui porte encore les restes du style, ét non pas une rhiziophyse, ‘comme M. Mirbel l'avait soupçonné d’abord. (Voyez Nouveau Bulletin ÿ* février 1812, tom. Il , pag. 25.)
Soc. PHiLomar, 21 MARS 1812,
(58) — Genus post aphanum collocandum. — Nomen ex svaplpor articalus.et X&gTro$ fructus.
Srecies. Enarthrocarpus arcuatus. E. Hispidus, foliis runeinatis, sili- quis arcuatis hispidis. Labill, = Raphanistrum creticum siliqua incura villosa. Tournef. cor. 17. Eruca maritima cretica siliqua articulata. C. B. prod. 40.
Habit. in Libano. ( Labill. ) inque Cypri insulä. (C. B. Tournef. ) #
Caulis erectus pedalis ramosus hispidus. Folia pilis adspersis subscabra. Flores racemosi : petala calyce duplo longiora. Siliqua bipollicaris non debiscens tomlosa , torulosa fuusosis, evalvibus monospermis, depressis alternautibus, sapra loculum iaferioren (maturitate longitudinaliter pauld dehiscentem ) articulo transversim secedens.
Stæhelina apiculata. S. fois sessilibus liueari lanceolatis acuminatis scabris. — Facies stæhelinæ dubiæ. Hab. in Libano. # °
Gnaphalium cauliflorum. West. atant. 2. p. 267. Walld. sp. 34p. 1672. Var. densiflora. Labill. .
Delphinium pusillum. D: Nectarñs monophyllis, foliis digitatis pubes- centibus inferioribus ellipuicis. Habitat in aridis, propè Damascum ad radicem montis Dyebel cher dicti. #e — Facies delphinii peregrini. Fructus uuicapsularis.
Arenaria globulosa. A: folüs subulatis, nervosis, pilosis; calyce inæquali petalis Jlongiore, Hab. in Libano juxta Tripolim Syrie. # — Calycem propter inæqualem novum genus ali si velint constituant, melius ad arenariam referre duxit cl. ss. Labillardière. Planta rainosis- sima pilosa, pilis glandulosis.
Arenaria filiformis. À. Caule simplici filiformi supra nudo,: foliis setaceis, calycibus glabris. Hab. insula Cypri.
Arenaria rupestris. À, foliis setaceis obtusis infra subciliatis, disco sub germine glanduloso, caulibus superne calycibusque subhirsutis. Hab. in Libano. 22 ù î
Saponaria hirsuta. S. calycibus quinque angularibus, foliis lanceo- latis hirtis, petalis integerrimis, Hab. in Libano. 2 Facies saponariæ ocy- moideis , flores pallidè sulphurei.
V'erbascum simpleæ. V.caule simplicissimo, foliis ellipticis , crenatis, utriuque tomentosis, inferioribus petiolatis. Hab. in arenosis juxtà Damascum. 22
Scutellaria utriculata._S. hirsuta, foliis ovatis obtusè serratis, brac- teis racemorum ovalibus petiolatis, calycibus adults inflatis. Habit. in Libano. Âerbacea. Habitus scutellariæ columnæ. — Cassida cretica minor catariæ folio, flore purpurascente. Tourn. coroll. r1.
Salvia parviflora Vahl. enum, 1. p. 268. Habitat jurta Damascum , in monte Dgcbel cher. ,
(59)
Syderitis libanotica. S. suflruticosa , ramis simplicissimis glabris , foliis obovato-oblongis serratis tomentosis verticillis distantibus ; bracteis ovalis acuminalis integerrimis, nervoso-reticulatis. Fab. in Libano. h — Facies syderit. distantis Villd. u ,
Clinopodium origanifolium. C. capitalis verticillatis, bracteis lineari lanceolatis hispidis, foliis ovatis integerrimis birsutis, Hab. in Libano.
Cratægus trilobata. Poiret. Diction. encyel. suppl. 1, p. 29. C. inermis, foliis lobatis serratis, lobis lateralibus bifidis patentibus , calycibus tomen- tosis, floribus pentagynis. Labill. Hab. in libano. b Arbor mediocris.
Heracleum carmelii. H. foliis pinnatis, foliolis quinis , umbella radis inæqualibus, pilis ramorum retrorsis. Hab. in monte Carmelo Syriæ? or
Campanula retrorsa. C. foliis decurrentibus scabris margine hispidis, aculeis deccurentiæ retrorsis, calycibus corollà longioribus. Hab. in Libano. # Habitus campanulæ diffusæ.
Campanula stricta. Linn. sp. pl. p. 238. Habitat juxtà Damascum ën monte Dgebel cher.
Campanula damascæna. C. hispida, foliis scabris obovatis subser- raus , caulibus ramosis teretiusculis, pedunculis unifloris, Hab. juxtà Damascum, in monte Dgebel cher.
Veronica pedunculata. Vahl. enum. 1. p. 77. V. foliis ovatis ser- rats inferioribus petiolaus® oppositis, pedicellis patentibus, bractea triplo longioribus , capsulis ciliatis. Labillard, Hab. juxta Damascum monte Dyebel cher.
Quercus pseudo-coccifera. Desf. allant. 2. p. 349. Hab. in Libano. In speciminibus libauoticis, squamæ cupulæ sunt laxiores; in speci- minibus algeriensibus , glans est cupulà longior.
Trisetunt arenarium. Y. panicula spicata elongata, elumis æqualibus 1-2 floris, seta baseos flosculi pilosa, fois striatis subhirsutis, Habit. in arenosis juxtà Damascum. — Gramen erectum pedale.
Ornithogallum lanceolatum. O. racemo subcorymboso foliis lanceo- latis breviore , filamentis alternis vix latioribus, Hab. &r Syriæ mari- têmis juxtà Laodiceam. 22 — Sesqui palmaria; radix bulbosa.
Anthericum græcum. Linn. A. scapo simplici folioso, foliis planis infra Janatis, floribus subcorymbosis. Labill. Habit. é2 énsula Cypri. 2 — Filamenta lanata.
Anthericum villosurm. À. scapo folioso paniculato , corollis pedicel- lisque villosis. Hab. #7 Asià minori jurtä Ephesum. 2 — Ornithogallurr orientale villosum flore luteo magno. Tournef. coroll. 26.
Lepidium oppositifolium. L. foliis obovatis sessilibus, corymbo fruc- tuum subumbellato. Hab. in Libano. — Herba procumbens subpedalis.
Trifolium comosum T. spicis oblengis comosis , floribus reflexis , vexillis inflexis suborbiculatis persistentibus, calycibus pilosiusculis. Hab. in Syria juxtà Barathurm. # Planta spithamea. Si L:
Axwazes pu Mus.
( 6o ) MINÉRALOGILE.
Sur les Cymophanes des Etats-Unis ; par M. Havx.
Une nouvelle variété de cymophane, trouvée par M. Bruce aux Etats- Unis, vient d’être décrite par M. Hhüy, et a donné occasion à ce professeur de faire ressortir les caractères essentiels de la cymophane comme espèce distincte.
Cette variété, que M. Haüy nomme cymophane dioctaèdre, a pour forme un prisme à huit pans, terminé par des sommets à quatre faces pentasonales. L'incidence de M sur Test de go; de A sur #, de 125° 16/, et de Msur F, de r17° 56/. — Le signe représentatif des décroissemens , qui ont produit cette forme secondaire, est
3 3 M: GG: TA* “A.
Ces cristaux sont translucides, d'un jaune-verdâtre. En observant leurs fragmens à la lumière, on y reconnaît les trois joints perpendiculaires Vun sur l'autre, qui appartiennent à la forme primitive de cette espèce; leur cassure, proprement dite, est tantôt inégale et presque sans éclat, tantôt légèrement vitreuse; ils rayent le quañtz et même le spinelle. Leur pesanteur spécifique est de 3,7.
On les a trouvés dans une roche du Connecticut, qui est composée de felspath blanc, de quarz gris, de talc blanchâtre en très- petite quantité, et de grenats émarginés.
M. Haüy fait observer que, si on ne considère dans la cymophane que les caractères extérieurs ou des propriétés, qui, pour être plus impor- tantes que ces caractères, ne sont pas cependant essentiellement dés- tinctives, on pourra trouver, entre ces pierres el certains corrindons ,: plus de points de ressemblance qu'il n'y a de différence entre les variétés de corrindons, que quelques minéralogistes ont séparées en deux espèces. Ainsi, la réelle ressemblance qui existe ou qui peut exister entre quel- ques formes secondaires de cymophanes et de corrindons, la dureté, la pesanteur spécifique , la composition méine ». établissent entre ces pierres des rapports qui paraissent spécieux; mais ces mêmes considé- rations, portées au point d’exactitude, qu’on doit exiger toutes les fois qu'il est possible d'y atteindre, font voir des différences essentielles, suxr- tout dans les formes primitives, qui sont absolument irréductibles l'une dans l'autre, et incompatibles dans un même système de cristallisation. On sait que c'est un rhomboïde dans le corrindon, tandis que, dans le cymophane, cest un parallélipipède rectangle, dont les trois dimen-
sions sont eutre elles dans les rapports de V6, V3, V2. A. B.
(Gr) CHIMIE.
Extrait des Mémoires de M. Proust sur la poudre à canon. (Extrait du premier Mémoire.)
Dans ces mémoires, M. Proust a eu trois objets en vue : 1°. l’exa- men des détonations produites par des mélanges de nitrate de potasse et de charbons de difiérentes natures; 2°. l'examen de celles qui sont produites avec un même charbon, mêlé à des quantités diverses de nitre; 3°. la cause pour laquelle le soufre augmente l'intensité de la détonation des mélanges de nitre et de charbon.
Pour préparer les mélanges de nitre et de charbons, on met au fond d’un grand mortier de bronze cinq parties de nitre pulyérisé et bien sec, avec une du charbon qu’on veut examiner. Ce charbon doit avoir été distillé, et ensuite réduit en poudre. On triture le mélange en ajoutant un peu d'eau de tems en tems, pour l'empêcher de soufiler ; Après une trituration de six heures, on le met dans une feuille de pa- pier doublée, et on place celle-ci sur un,poële. Quand la matière est sèche ; on la renferme dans un flacon.
Lorsqu'on veut faire des expériences comparatives sur différens mé- langes, il faut les porter dans une étuve, afin de les dessécher Ééga- lement. On emploie un gros de matière dans chaque essai.
M. Proust fait brüler les mélanges dans des tubes de laiton. Ces tubes ont = ligne d'épaisseur, 3 lignes de diamètre, sur 2 pouces + et plus de longueur; le plus petit de ces tubes doit contenir un gros de mé- lange. Ils doivent être fermés par un bout, bien soudés, sans bavure en dedans, et parfaitement égaux de calibre; ils ne doivent différer qu’en longueur : celle-ci varie depuis 2 pouces + jusqu’à 3 pouces £. Il faut en avoir trois de chaque sorte. Quand un tube est trop petit, on met sur son embouchure un bout de tube que l’on assujettit avec un peu de cire téré- benthinée.
On charge les tubes avec une grosse plume taillée en cuiller, allongée ; puis on foule chaque cuillerée avec une baguette de laiton, de même dia- mètre que le tube, de 5 pouces de longueur, et dont une extrémité se ter- mine en anneau,
Pour avoir la tare des tubes, on coupe des lames de plomb du poids de ceux-ci. à
Lorsqu'on veut soutenir ces tubes à fleur d’eau, on leur fait traverser “une rondelle de liége de + pouce d’épaisseur sur 2 de diamètre, de ma- aière que leur embouchure ne passe que de deux à trois lignes la surface du liége. On met la rondelle dans un verre plein d’eau,
Tom. III. No. 55. 5°. Année. 9
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1811.
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On place l'appareil devant une pendule à seconde; on met le feu au mélange au moment où la lentille commence son oscillation : on ne compte la première seconde qu’au point d’où la lentille part pour revenir sur elle-même.
Pour amorcér les mélanges, on laisse tomber dessus un atome de poudre de chasse finement pulvérisée; on y met le feu avec la pointe embrâsée d’une allumette, où avec un fragment de ces baguettes d'artillerie que M. Proust a fait connaître le premier en 1790.
Comme le résidu de la détonation qui reste dans les tubes est d'autant plus considérable, que la combustion a été moins rapide, il est bon de peser les tubes après la détonation, pour tenir compte de ce résidu.
Tableau des charbons dont le mélange peut brûler duns le tube.
Go gräins de salpètre, Durée en Résidu en 12 grains de charbons. secondes. grains.
DEsueres SONT Sens es scie VIDE) este a) « DNS De houille distillée ou coack. . . .. bo. . . . . 45 De graine de maïs « + + + + « +. 55. . + + . 43 D'alcool (1) + - . . : 'atel salt MONNAIE 44 De nONEre ce paille ent te © SR 20 NN eine ES De chätaignier. . . + + «+ + + « . . PTS. ÉbborL À 36 De canne de maïs « + + + + + + +. 25. . . + . | 38 De tiges de piment. « » +. + + +. Detconntierss ER PRET R EU D Te à Me 50 DeHuSan en etre l sir ee MATE Ne el 27 Debonrdaime SSSR ADR NC 2 De pinot sertolie se Cie oltuiler s'AMNERe 4 (oO De tiges de pois chiches. . . . . . . "1 Desaimentss MO A UNS: EMEET CAE ET ENS 20 Deichanyre.on.chenemotte:.:1.5.. 000 L.1M 40 «ll siecle 12 d'Asfodelle:tt.u MR TEE EM TMMNTONs Ste
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Mélanges qui ne peuvent brüler dans le tube.
Ce sont cenx des eharbons :: n
D'amidon, de blé, de riz, de noix de galle, de gayac, de bruyère, ‘d'indigo , de glutine de froment, de colle-forte, de blanc d'œuf, de sang humain, de cuir de bœuf. '
(1) Il provenait de la réaction de trois parties d’acide sulfurique sur une d’alcool. Il avait été chauffé au rouge.
F (63 ) Comparaison de ces résultats.
Il est singulier que le charbon de sucre, qui vient d’une substance végé- tale non azotée, exige 70 secondes pour brüler, tandis que le charbon de l'alcool, c’est-à-dire, d’une substance provenant de la décomposition de ce même sucre, exige la moilié moins de tems pour se consumer.
L’amidon bien pur donne un charbon qui est encore moins combus- tible que celui de sucre, car on ue peut le brüler dans le tube. M. Proust est tenté de croire que, plus un charbon se rapproche de l’état de pureté, et plus il perd de sa combustibilité; le temps ne lui a pas permis de faire des expériences sur le charbon de la cire , des huiles, des résines, etc. , etc.
Le charbon de châtaignier, qui met 26 secondes à brüler, présente une propriété remarquable, car,” si l'on tire du feu un tison de ce bois, il s'éteint dans l'air, comme s’il était plongé dans l'acide carbonique C'est à cause de cette propriété qu'il est excellent pour la forge; le charbon de bruyère est dans le même cas.
M. Proust, ayant traité plusieurs charbons azotés par la potasse, pour voir si ce traitement changerait le rapport de leur combustibilité, a obtenu les résultats suivans :
10. Le charbon de châtaignier, traité par la potasse en fusion et ensuite par un acide léger, acquit de la combustbilité. Avant le traitement, il mettait 26 secondes à brûler ; après, il n’en mit plus que 16; la lessive ne contenait cependant pas d'acide prussique ;
2°. Le résultat fut le même avec le charbon de bruyère ;
5°. Le charbon de l’indigo, traité deux fois par la potasse, et qui avait donné de l’acide prussique la première fois, n’acquit pas de combus- tibilité ;
4°. Deux opérations, appliquées à un coack d’un excellent charbon de terre, ont diminué la sienne. La première lessive ggntenait de l'acide prus- sique ;
5°. Le charbon de sang et de cuir de bœuf donnèrent de l'acide prus- sique dans trois traitemens successifs ; au quatrième, ils n’en donnèrent plus. Ainsi préparés , ils brülèrent plus difiicilement qu’ils ne le faisaient dans leur état ordinaire,
De ces faits, M. Proust dit qu’on ne peut tirer aucune conséquence; car, si la séparation de l'azote semble augmenter la combustibilité de certains charbons, elle diminue celle de plusieurs autres. Æénsi, ce n’est pas l'azote
ur est la cause de la différence que l’on observe dans la durée de la com- Don des différens charbons.
La cause de cette difjérence ne vient pas de la chaleur à laquelle les charbons ont été exposés pendant leur préparation; car le charbon de graine de maïs, qui avait été préparé dans la même cornue que celui de la canne de maïs, me: 55 secondes à brüler, et le second 25.
( 64) =
1hydrogène est-il la cause de ces différences ? Pour-répondre à cette quesuon , M. Proust distingue d’abord la manière dout le charbon se con- duit lorsqu'il brûle au milieu de l'air atmosphérique ou du gaz oxigène , et celie dont il se conduit, quand il est brülé par le nitre dans Pintérieur d’un tube. Dans la première circonstance, il y a un excès d’oxigène; dès-lors, l'hydrogène du charbon peut brûler conjointement avec le carbone; et, dans cetle circonstance, 1l est possible qu’il favorise la combustion du charbon, en élevant la température des molécules du carbone; mais les choses ne se passent point ainsi dans un tube, quand on y allume un mé- lange de cinq à six parties de salpètre, et de une de charbon; il y a alors un excès de charbon; or, on sait qu’à une température rouge, le carbone enlève l’oxigène à l'hydrogène ; conséquemment dans le tube, l'excès du
charbon doit s'opposer à la combinaison de l'hydrogène avec l’oxigène : PP gene ;.
et bien plus, si le nitre contenait de l’eau, celle-ci pourrait être décom- posée : donc , l'hydrogène ne peut brüler dans le tube; donc, il ne peut en brülant accélérer la combustion du charbon; mais l'hydrogène peut mécaniquement favoriser cette combustion; car les expériences de Kirwan, de Berthollet prouvent qu'il y a une affinité très-intime entre le carbone et hydrogène, Or, comme l'hydrogène est très-dilatable, il est probable qu'il donne au carbone une partie de cette propriété; par cela même, ‘il doit favoriser la combinaison de ce corps avec l’oxigène ; mais l'influence de l'hydrogène est diflicile à prouver par des expériences directes, parce qu'en chauffant fortement un charbon pour le déshydrogéner, on doit rapprocher ses molécules, et par là diminuer sa combustibilité, en sup- posant même qu’on n’en chassät pas d'hydrouène.
La différence de pesanteur doit avoir de l'influence dans la combustion des charbons; mais M. Proust ne présente que des considérations géné- rales, parce que les circonstances ne lui ont pas permis de faire des expé- riences comparatives sur Ja durée de la combustion d’une suite de char- bons dont les pesanteurs seraient connues (1).
(1) M. Proust pense maintenant que la cohésion des molécules est la cause des différences que l’on observe dans la combustion du charbon , ainsi qu’on pourra s’en convaincre en lisant-la note suivante, qui nons à élé communiquée par ce savant,
» J'ai plus que jamais lieu de croire que la différence de détonabilité dans les charbons « provient de leur endurcissement, d’un état analogue à celui de la plombagine, »
« Si le soufre accélère la détonation des charbons les plus lents à déloner, c’est qu’il « accélère aussi celle de la plombagine. On fait un mélange de 6 parties de nitre , « d’une de plombagine , d’une de soufre; on y met le feu avec la pointe d’une allumette « bien rouge ; aussitôt qu’il y a un globule ardent qui communique le feu à la masse, « on retire la pointe de l’allumette, et la détonation suit d’elle-même, donne abon- « damment du carbonate de potasse; il y a aussi du sulfure. Je ne sais pas s'il y a « beaucoup de sulfate, » -
« Le mélange x besoin d’être humecté et battu jusqu'a ce qu'on n’aperçoive plus « les lames de la plombagine. » =
(4651)
Pour reconnaître la durée de combustion des divers charbons qu’on peut employer dans les arts, M. Proust propose de la faire détoner avec le nitre dans des tubes de laiton, parce que leur combustion, par l’oxigène con- densé, doit être la même que par l’oxigène libre, relativement à la durée. C.
Sur un phénomène que présentent la Barite et la Strontiane lorsqu'elles se combinent rapidement au gaz muriatique ; par M. Cuevreur.
Poun démontrer le dégagement d’eau qui a lieu lorsque le gaz muria- tique se combine aux bases sulifiables sèches ; M. Chevreul remplit de mer- cure une petite cloche de verre recourbée, semblable à celles dont MM. Gay- Lussac et Thenard se sont servi dans leurs expériences sur le potassium et le sodium , il fit passer du gaz muriatique et ensuite il introduisit dans la partie recourbée un morceau de barite caustique, provenant de la dé- composition du nitrate de cette base ; il chauffa la barite avec une lampe à esprit de vin, le gaz se dilata , ensuite il fut absorbé ; la barite répandit alors une belle lumièrerouge et il se dégagea beaucoup de chaleur, car le muriate qui $e forma se fondit. Quoiqu’on n’eût employé que peu de gaz, cependant il se condensa une quantité d’eau sens'ble sur les parois de la cloche. MM. Gay-Lussac et Thenard,en faisant passer du gaz muriatique sur la barite chauffée dans un tube de verre, ontremarqué ce dernier phéno- mène avant M. Chevreul; mais la manière dont ils ont opéré ne leur a --pas permis d'observer le dégagement de lumière, parce que dans leur expérience , le gaz ne passait que successivement sur une grande masse de barite, et dèes-lors le dégagement de lumière, s’il a eu lieu, n’a pas dù être sensible.
La strontiane, parfaitement pure, a présenté les mêmes phénomènes quela barite ; mais M. Chevreul fait observer qu'il faut placer la partie dela cloche qui la contient au milieu des charbons : lorsqu'on fait l'expérience dans l'obscurité, la lumière qui se dégage est des plus éclatantes ; on ne peut la comparer qu’à celle d’une combustion vive.
Le fait qu’on vient de rapporter est du genre de ceux qui prouvent que le dégagement de lumière qui a lieu dans l’action chimique des corps, n’est pas toujours produit par une oxigénation; qu'il peut l'être par toute combinaison dontles élémens se condensent beaucoup, et qui se fait avec rapidité. Ce fait est analogie à ce qu’on observe dans l'extinction de la chaux et dans la combinaison de plusieurs métaux avec le soufre.
M. Chevreul a chauffé de la chaux dans du gaz muriatique pour savoir si elle se conduirait comme la barite et la strontiane , mais il n’y a pas eu de lumière sensible; cependant le gaz a été absorbé rapidement, et le muriate de chaux s’est fondu. Au reste, 1l est possible que la lumière du combus- tible que lon emploie dans l'expérience pour chauffer la chaux, rende insensible celle qui peut-être dégagée lors de la combinaison.
IxsTITUT NAT, 9 Mars 1812.
INSTITUT NAT: 20 Janvier 1812.
(66) PHYSIQUE.
24 Mémoire sur la distribution de l Electricité à la surface des corps conducteurs ; par M. Porssox.
L’aureur expose , dans ce mémoire, les principes et les équations générales d’apres lesquels on doit déterminer la distribution des deux fluides électriques, sur les surfaces de deux ou d’un plus grand nombre de corps conducteurs, soumis à leur influence mutuelle. Pour exemple de la résolution de ces équations , il considère le cas particulier de deux sphères d’un même rayon, également électrisées, et qui se touchent en un point. Il se propose de traiter dans un autre mémoire, le cas de deux sphères de rayons différens , dont les centres sont placés à une distance quelconque l’un de l’autre , et qui sont inégalement élec-
trisées. Nous rendrons alors un compte plus détaillé de ces nouvelles recherches.
MATHÉMATIQUES.
Mémoire sur l'égalité des polyèdres composés des mêmes faces semblablement disposées ; par M. Caucrrx, ingénieur des Ponts et Chaussées.
L’Aureur commence par établir, sur les polygones convexes rectilignes et sphériques, les théorèmes suivans: 1
1°. Si, dans un polygone convexe rectiligne ou sphérique, dont tous les côtés, à l'exception d’un seul, sont supposés invariables, on fait croître ou décroître simultanément les angles compris entre les côtés invariables, le côté variable croîtra dans le premier cas et décroîtra dans le second.
2°, Si, dans un polygone convexe rectiligne ou sphérique, dont les côtés sont invariables, on fait croître les angles, ceux-ci ne pourront tous varier dans le même sens, soit en plus, soit en moins.
3°, Si, dans un polygone convexe rectiligne ou sphérique, dont les côtés sont invariables , on fait varier tous les angles, et que, passant en- suite en revue ces mêmes angles, on les classe en différentes séries, en plaçant dans une même série tous les angles qui, pris consécutivement , varient dans le même sens ; les séries composées d’angles qui varieront en plus, seront toujours en même nombre que les séries composées d'angles qui varieront en moins ; et par suite le nombre total des séries sera pair,
4°. Les mêmes choses étant posées que dans le théorème précédent, le nombre des séries sera toujours au moins égal à quatre.
5e, Les mêmes choses étant posées que dans les deux théorèmes pré-
(CGJ)
cédens, on trouvera toujours dans le polygone au moins quatre côtés, dont chacun sera adjacent à deux angles, qui varieront en sens contraire.
Un angle solide quelconque, pouvant être représenté par le polygone sphérique que l’on obtient en coupant cette angle solide par une sphère décrite de son sommet comme centre avec un rayon arbitraire, on voit qu'il suffit de substituer dans les théorèmes précédens les noms d'angles solides , d’angles plans et d’inclinaisons sur les arêtes, à ceux de poly- gones sphériquesæle côtes et d’angles, pour obtenir autant de théorèmes sur les angles solides. Le dernier peut s'énoncer de la manière suivante.
60, Si, dans un angle solide dont les angles plans sont invariables, on fait varier les inclinaisons sur les différentes arêtes, on trouvera toujours au moins quatre angles plans, dont chacun sera compris entre deux arêtes sur lesquelles les inclinaisons varieront en sens contraire.
A l’aide de ce dernier théorême et de celuÿd’Euler, M. Cauchy dé- montre comme il suit la proposition d'Euclide, qu’il énonce ainsi :
Dans-un polyèdre convexe, dont toutes les faces sont invariables, les angles compris entre les faces, ou, ce qui revient au même, les inclinai- sons sur les diflérentes arêtes sont aussi invariables ; en sorte qu'avec les mêmes faces on ne peut construire qu’un second polyèdre convexe symé- trique du premier.
Démonstration. En effet, supposons, contre l'énoncé ci-dessus, que l’on puisse faire varier les inclinaisons des faces adjacentes sans détruire le polyédre; et, pour simplifier encore la question, supposons d’abord que l’on puisse faire varier toutes les inclinaisons à-la-fois , les inclinaisons sur certaines arêtes varieront en plus, les inclinaisons sur d'autres arêtes varie- ront en moins; et, parmi les angles plans qui composent les faces et les angles solides du polyèdre, il s’en trouvera nécessairement plusieurs qui seront compris chacun entre deux arêtes, sur lesquelles les inclinaisons varieront en sens contraire. C’est le nombre de ces angles plans qu'il s’agit de déterminer.
Soient $ le nombre des angles solides du polyèdre,
H je nombre de ses faces, A le nombre de ses arêtes.
On aura, par le théorême d'Euler, S4+ 4 = 4 + 2, ou 4 — H— S — 2,
Soient de plus , a le nombre des triangles, b le nombre des quadrila- tères, c celui des pentagones , d celui des hexagones, e celui des hepta- gones, elc..…., qui composent la surface du polyèdre. On aura
sH= a+b+c+d+e +, etc. _24=5a+4b+5c+6d+ 7e +, etc. etparsuite, 4(4—Æ)=— 2a + 4b + 6c + 8d + 10e +, etc... Cela posé, si l'on considère les angles plans compris dans la surface du
.
(68)
polyèdre, comme formant par leur réunion les angles solides ; on trou- vera que chacun des angles solides, en vertu du thévrême 6, doit fournir au moins quatre angles plans, dont chacun soit compris entre deux arêtes, sur lesquelles les inclinaisons varient en sens contraire. La surface totale du polyèdre devra donc fournir un nombre d’angles plans de cette espèce au moins égal à 48. Reste à savoir si cela est possible.
Or, si l’on considère les angles plans comme composant les faces du polyèdre, on trouvera que les faces triangulaires, @entenant Loujours au moins deux arêtes, sur lesquelles les variatiogs d'inclinaison sont de même signe, fourniront au plus chacune deux angles plans qui satis- feront à la condition donnée. Les quadrilatères pourront fournir chacun quatre de ces angles plans; mais les pentagones , se trouvant dans le même cas que les triangles, n’en fourniront chacun que quatre au plus, comme les quadrilatères. En contifuant de même, on ferait voir que les hexagones et les heptagones ne pourront fournir chacun plus de six angles plans de cette espèce; que les octogones et les ennéagones n'en pourront fournir chacun plus de huit, et ainsi de suite. Il suit de là que toutes les faces du polyèdre réunies ne pourront fournir ensemble plus de ces angles plans, qu'il n'y a d'unités dans la somme faite de trois fois le nombre des triangles, de quatre fois celui des quadrilatères, de quatre fais celui des pentagoues, de six fois celui des hexagones, etc... , ou dans
2a + 4b + 4c + 6d+ 6e +, etc...
Mais , si l’on compare ce résultat à la valeur de 4 (4 — H), trouvée plus haut, il sera facile de voir que la somme dont il s’agñ ici est plus petite que 4(4 — A), ou 4 (S$ — 2), ou encore 4($S — 8). Il est donc impossible que le polyèdre total fournisse un nombre au moins égal à 48 d'angles qui satisfassent à la condition donnée. On ne peut donc changer à-la-fois les inchinaisons sur toutes les arêtes.
Si l’on suppose en second lieu que, sans changer les faces du polyèdre, on puisse faire varier les inclinaisons sur les différentes arêtes , à l'exception des inclinaïsons sur les arêtes comprises entre plusieurs faces adjacentes et renfermées dans un certain contour ; alors, pour ramener la question au cas précédent, il suflira d'observer que le théorême d’Euler subsis- tera encore , si l’on considère toutes les faces dont il s'agit comme n’en formant qu’une seule; et par conséquent de faire abstraction dans les calculs précédens des arêtes sur Jesquelles les inclingisons ne varient pas, et des sommets où elles se réunissent.
On prouverait de même que l’on ne peut considérer le polyèdre comme composé de plusieurs parties, dont les unes seraient invariables et les autres variables.
Cette démonstration est'copiée littéralement dans le mémoire dont je rends compte, et que l’auteur a bieu voulu me confier. 1
NOUVEAU BULLETIN D E SMS'C FE N:CES,
PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE.
Paris. Mai 1812. ————— 2 DE —
HISTOIRE NATURELLE.
ZOOLOGIE.
Description des Cétacés échoués dans la baye de Paiëmpol ; par M: G. Cuvrer. ( Extrait. )
Le 7 janvier (1812), des pêcheurs de Paimpol aperçurent une troupe nombreuse de cétacés, à l’eau que ces animaux faisaient jaillir de leurs évents.
Un d’entre eux étant échoué poussa des cris qui attirèrent les autres , et les firent échouer aussi au nombre de soixante-dix. La plupart étaient des femelles adultes : sept mâles les accompagnaient , et elles paraissaient voyager en famille avec leurs petits , qui étaient au nombre de douze. Ceux-ci tetaient encore, à en juger par le lait contenu dans les mamelles des mères : ce lait était d’un blanc bleuâtre.
Les individus adultes poussaient de longs mugissemens, qui ne sortaient point par la bouche , mais par le trou de l'évent. Leur respiration se faisait aussi par cette ouverture, et on observait un intervale assez grand entre chaque inspiration : pour cet effet l'animal soulevait la soupape qui se trouve à l’ouverture de l’évent. Lorsque ces animaux voulaient se remuer ils le faisaient au moyen de leur queue qu'ils appliquaient sur le sol; de cette manière ils élevaient de cinq à six pieds leur train de devant. Hs se tenaient verticalement dans l’eau. Tous étaient morts après cinq jours, et l’on n’a trouvé dans leur estomac que des restes de sèches et de moulles.
Le mâle le plus grand avait six metres de long, deux de circonférence , et il pesait 2500 kilogrammes, La plus grande femelle avait plus de sept mètres de l'extrémité du museau au bout de la queue, et plus de trois de circonférence. Ses nageoires pectorales avaient plus d’un mètre et demi. Les petits avaient-deux mètres et demi environ. Les adultes avaient de 18 à
Tom. LI. N°.56. be. Année. Avec une planch. , n°. r. 10
a —
N°. 56.
INSTITUT NAT:
(80 26 dents coniques à chaque mâchoire; quelques-uns des petits n'en avaient point encore, et d’autres en avaient 5 à 10 qui se montraient à peine hors des sencives.
La couleur de ces cétacés était d’un gris-noirâtre dont le luisant avait une sorte d'aspect métallique; et 1l paraît que quelques individus avaient sous la gorge une tache blanche transversale, qui se prolongeait sous le ventre jusqu’à l'anus apres s'être rétrécie en une sorte de ruban.
Leur forme générale ( Foyez pl. LE, fig. 1.) était celle des dauphins ; mais ils paraissent se distinguer de toutes les autres espèces connues par la forme de la tête qui se termine en une sorte de bourrelet arrondi , et leur nageoire dorsale est peu élevée comparatigement à leurs nageoires pec- torales, qui sont longues, étroites et pointues. Cette espèce cependant pa- rait déja avoir été fisurée par Duhamel, Traité des Pêches, Île. parte, 9°. section , pl. 10, fig. 5. $
Un de ces jeunes cétacés, envoyé par M. Lemaout a été distéqué par
MM. Cuvier et Blainville. Nous allons copier ce que M. Cuvier dit à ce sujet dans un rapport'à l'Institut. ( « Parmi les observations que la splanchnologie a fournies, il (M. Cuvier) s'empresse d’en placer ici une qui est propre à rectifier des idées peu exactes qu'il avait données autrefois. Une certaine cavité, qui, dans une tête mutilée et mal conservée de dauphin , lui avait paru communiquer avec les narines et pouvoir servir de siége au sens de l’odorat, ne s’est « trouvée qu'un très-grand sinus; sinus qui sert probablement à recevoir le « sang quand Fanimal , en plongeantlongtems , est obligé de suspendre sa « respiralion. “
« Ainsi les conjectures que l’on avait pu faire sur l’existence de l’odorat, « dans les dauphins, n’ont plus de fondement, et l’on doit avouer que l'on « ignore comment ils exercent ce sens , etc. »
M. Cuvier , dans ce rapport qui setrouve au tome XIX des Annales du Muséum d'Histoire Naturelle, fait un examen critique des difiérentes es- pèces de dauphin, duquel il résulteun véritabl etravail général sur cette fa- milleimportante de mammifères. Nousallons en extraire les notes suivantes.
Ces animaux se divisent en quatre sous-genres.
le. Les delphinapières qui ont la tête obtuse et sont privés de nageoires dorsales.
On n’en connaît bien qu’une espèce , le Delp. Leucas.
Ile. Les marsouins à tête obtuse, sans museau retréci, qui comprennent, 10, l'épée de mer, dont la nageoire dorsale est élevée et pointae, et les
A, Ana
nageoires pectorales ovales , dont le ventre ct les sourcils sont blancs, et
dont la longueur va jusqu’à vingt pieds; 2°. un dauphin envoyé de Brest par M. Duméril, qui a tous les caractères dueprécédent , excepté qu'il est grisâtre , qu'il devient beaucoup moins grand, et qu'il perd ses dents dès que sa taille approche de douze pieds. M. Cuvier Pappelle Delp. Griseus ;
Vo dd. te ee os à
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5°, Le dauphin de Saint-Brieux , qui fait l'objet principal de cet article, et que M. Cuvier nomme Delp. Globiceps. ( Voy. pl. f, fig. 1.)
ile. Les dauphins, proprement dits, à museau grêle et distingué de la tête. Ils comprennent, 1°. l’orca qui est mal connu; 2°. le tursio de Bo- natère qui porte 84 dents; 5°. le Daup. à bec gréle, à 92 dents; 4°. etle Daup. vulgaire à 180 dents, auquel M. Cuvier donne le nom de Delp. Dubius.
IVe, Les Hyperoodons , dont onne connait qu’une seule espèce le Delp. Edentulus, qui a aussi le museau distinct de la tête. et où l’on ne trouve presque jamais, du moins à un certain âge, plus de 2 dents ; elles manquent inème quelquefois entièrement. En général, il paraît que le nombre des dents chez les dauphins est très-variable et que ces animaux en perdent plusieurs avec l’âge. ExG,
Notice sur une espèce de Dauphin observée dans la mer gla- cale; par M. Vréminvirze, leutenant de vaisseau.
La forme générale de ce dauphin ( PI. E, fig. 11. ) est alongée ; sa lon- gueur la plus ordinaire est de dix mètres, mais quelques individus en ont jusqu'à douze. Sa circonférence est de plus de cinq mètres. La tête esi petite relativement au volume du corps; le front est con- vexe , obtus ; les machoires prolongées en un bec fort long et fort pointu et linférieure est la plus longue; elle est armée de 45 petites dents coniques et très-aigues ;-on n'en compte que 50 à la mâchoire supérieure,
La nageoire dorsale, en forme de petit croissant , se trouve plus rapprochée de la queue que de la tête. La caudale forme un croissant entier ; les deux pectorales sont de médiocre grandeur.
La couleur de ce dauphin est d’un noir uniforme tant en dessus qu'en dessous ; mais ce qui le caractérise prinicipalement , ce sont deux cercles jaunes concentriques placés sur le front ( Fig. 11. b.). Le plus grand cercle a neuf décimètres de diamètre, l’intérieur en a à-peu- près sept. Ce caractère à déterminé M. Fréminville à nommer ce dauphin coronalus.
Ces dauphins sont communs dans la mer glaciale ; on commence à les rencontrer vers le 74°. degré de latitude nord. Mais ce n’est qu'entre les îles du Spitzherg , au 80°. degré, qu'on les trouve en troupe nom- breuses. Ces animaux sont si peu défians qu'ils viennent se jouer près du bord des vaisseaux. L'eau qu'ils lancent par leur évent est poussée avec bruit, et avec une telle force qu’elle n’a bientôt que l'apparence d’une légtre vapeur; elle ne s'élève pas au delà de deux mètres. Ils magent en décrivant des arcs de cercles. |
ER
Soc. PHiLoMAT.
Soc. PHITONAT.
Septembre 1511-
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Description du Dipodion, genre nouveau de Vers intestinaux; par M. Bosc.
M. Lapmiannièee, membre de l’Institut , examinant il y a quelque tems son rucher , remarqua uue abeille dont le corps était pus gros qu'à lordinaire , et cette circonstance l’engagea à la saisir pour en chercher la cause. Il trouva que cette grosseur , contre nature , était produite par un ver blanc à tête fauve, qui vécut plus d'une heure , et qu'il a bien voulu remettre à M. Bosc pour létudier et le décrire.
Ce ver constitue un genre nouveau extrémement distinct de tous ceux qui sont connus. M. Bosc lui donne le nom de dipodion ( dipodium ); voici ses caractères.
Corps mou, ovoïde, articulé, légérement applati, terminé en avant par deux gros tubercules réniformes, D autus , percés chacun d’un trou ovale, et, en arrière par deux pointes molles. Bouche transversale en croissant , placée un peu au-dessous de l'intervale des tubercules.
Dipodion apiaire(Pl. 1, Gg. 111.) (Dipodium apiarium, Bosc) a le corps blanc, de cinq millimètresde long sur trois de large, et composé d'environ douze anneaux très-saillans et pourvus de trois profonds silluns longitüdi- naux de chaque côté. Les tubercules antérieurs, qu’on peut regarder comme la tête , sont fauves, portés par un support très-cœurt, terminé par une calotte qui paraît globuleuse par devant et par derrière, ovale sur le côté, mais qui est réellement réniforme comme ou s'en assure en la regar- dant par-dessus. Leur partie convexe est entourrée de grains noirs, COrnéS ; irréguliers qui se touchent, et parsemée de grains fauves de même mature. Ces tubercules sont très-rapprochés , et leur excision est’en regard. C’est près de cetle excision que se trouve, sur chacun , ce trou ovale à bordure saillante et blanche dont l’auteur n’a pû indiquer la fonction Sur une des larges faces du corps , celle qu'il regarde comme le dessous , à une très-petite distance des tubercules et dans leur entre-deux, se remarque une fente longitudinale brune, avec une espèce de lèvre inférieure bordée de grains cornés presque noirs. Est-ce la bouche ? est-ce l'anus ? M. Bosc penche pour la première idée , quoiqu'il n'ait pas pu reconnaître d’anus à la partie postérieure où M. Labillardière a cru voir des crochets, mais où M. Bose n'a trouvé que deux pointes molles. Au reste, il faudrait disséquer quelques individus pour s'assurer de la fonction de cette fente : encore n'est-il pas sûr qu'on ÿ parvint à raison de la petitesse des parties et de leur mollesse.
li est très-remarquable qu'un si gros ver puisse exister dans le corps des abeilles dont il remplit plus de la moitié de la capacité. On doit
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, , 4 - il supposer que c'est dans l'abdomen qu'il se trouve, et non dans le canal intestinal , puisqu'il fermerait entièrement ce dernier. Au reste, il paraît rare , car depuis trente ans que M. Bosc possède des abeilles et qu'il les observe, le cas où s’est trouvé M. Labillarditre ne s’est pas présenté à lui.
Explication de la fig. 5, pl. 1.
a Le Dipodion apiaire de grandeur naturelle. — D Le même extrémement grossi. — c Coupe transversale du corps. — d L’un des tubercules, encore plus grossi, vu en dessus, On y remarque le trou ovale et les grains cornés. —e Le même tubercule
vu de profil par son côté extérieur. Les grains cornés qui forment la bouche.
BOTANIQUE.
Note sur le Taxus, genre de la famille des conifères ; par M. Minpez. A0
Lu taxus, de même que l’ephedra, fournit matière à quelques observations qui apportent des modifications essentielles dans l'expression des caractères génériques. MM. Schoubert et Mirbel reproduisent ce genre ainsi qu'il suit :
CanACTERES DE LA FRUCTIFICATION 3; Végétal dioïque : Boutons floraux composés d'écailles imbriquées et opposées en croix. Fleurs mâles : Un androphore solitaire portant à son sommet 10-15 étamines réunies en globe; filets très-courts ;. anthères peltées , polygones , 4-10 locu- Jaires , S'ouvrant par 4-10 fentes intérieures, basilaires , et s’étalant après l'authèse en un rebord 4-10 lobé. Fleurs femelles : Boutons 1-2 flores ; chaque fleur renfermée complètement dans une cupule pistiliforme, oblongue , à orifice étroit, saillant et finement bilobé. Périanthe simple, adhérent, couronnant l'ovaire d'un rebord à peme visiblé. Stigmate sessile , poncüforme, Fruit : Un pseudocarpe figurant une baie ouverte à son sommet, composé des écailles florales les plus intérieures, accrues , devenues succulentes ; soudées les uns aux autres ,” el d'une ou deux cupules ressemblant à des noyaux; un périçarpe membraneux, uuiloculaie , monosperme , renfermé dans chaque cupule; graine nue, périspermée , renversée , pendante ; embryon axile, court, droit, oblong , fendu peu profondément en deux cotylédons obtus; radicule terminée par une rhiziophyse filifornre ; périsperme charnue.
CARACTÈRE DE LA VEGÉTATION : Arbre rameux, toujours vert;. boutons à bois, écaileux , axillaires où terminaux ; feuilles alicrnes, à triple hé- lice, étalées et comme distiques ; fleurs axillaires : les mâles solitaires, redressées; les femelles ordinairement solitaires , quelquefois géminées, toujours pendantes.
Soc, PitiLomATe
r/ à (T4) Observation sur: le genre Taxus en particulier et sur la famille des Couiféres en général; par M. Mines.
1e, Obs. Le- support des anthères, que MM. Schoubert et Mirbel désigneut sous le nom d’androphore dans l’'ephedra (fig. 2, 4,B), ne pouvait être considéré comme le pédoocule d’un chaton; car les authères de l’ephedra sont absolument privées d’écailles. Le support dans le taxus (fig. 1, 4), est encore désigué sus le nom d'andro- phore; cependant il faut convenir que ce genre semble offrir un faible commencement d’écailles anthériferes (fig. 1, Z, C, D). Toute ap- parence d’écailles disparaît dans le rodocarpus élongata de Lhéritier ; mais les anthères éparses et sessiles sur un long androphore pendant , rappelle assez l'aspect des chatons de plusieurs amentacées. Les anthères du podocarpus asplenifolia &e M. de Labillardière, arbre de la Nouvelle- Hollande, voisin du dacrydiuge cupressinum de Lambert, sont surmon= tées d’une pointe, laquelle n'est autre chose qu'un rudiment d’écaille : ainsi voilà l'inflorescence en cheton bien caractérisée ; mais elle l’est beaucoup plus nettement encore dans le thuya, le juniperus , le cupres- sus, et si l'on passe à la section des conières à fleurs renversées , on trouve dans le genre pinus , des chatons composés , c'est-à-dire formés par l'assemblage de plusieurs petits chatons. Cette gradation dans les ca- ractères offre un nouvel exemple des modifications que subissent les parties analogues dans les espèces d'une même famille.
2e, Obs. Le sommet de la cupule du taxus se resserre en une espèce de goulot que lon a pris géñéralement pour un stigmate proéminent, perforé à son centre (fig. 1 , £ , F) ; cette cupule renferme la
fleur femelle en totalité. Le stigmate et le limbe du périanthe sont si
petits, qu'il faut l'attention la plus soutenue pour les découvrir. Ces parties sont très-pelites encore quoique plas prononcées dans les fleurs du thuya, (fig. 5, B), du cupressus , du juniperus, du larix , du pinus , de l’abies. Dans ces deux derniers genres le limbe de la cupule, divisé en deux petites lanières, souvent pubescentes , ressemble à un double stigmate.
Le long style de l’'ephedra, son stigmate coupé obliquement en cuiller, son limbe* périanthial très - prolongé (fig. 2 , € , D), sont autant de caractères qui distinguent la’fleur femelle de l’ephedra de celle du taxus (fig. 1, E, F). ,
La fleur femelle du cycas, de même que sa fleur mäle, ressemble à celle des coniferes; c’est ce qu'il est facile de voir par la description et le dessin que M. du Petit-'Fhouars en a donnés. On ne s’étonnera pas par conséquent que le zamia debilis (fig. 4, 4,°B) offre des traits analogues. Ainsi, comme il a été dit autre part (Examen des endorhizes, etc, par M. Mubel; Ænnal. du Muséum d'hist. nat. 1810), la famille des
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cycadées, unie aux monocotylédons par les principaux caractères de la végétation, forme dans cette division du règne végétal , un groupe correspondant à celui des conifères dans les dicotylédons. De la même manière l'alisma correspond au ranonculus et le tamnus au bryonia. Tant que les caractères de la végétation serviront de base aux deux grantes divisions des végétaux phanérogames , les cycadées ne pourront être éloignées des palmiers. k
3e. Obs. Le fruit du taxus (fig. 1, G, H, 1, A) et celui du podocärpus asplenifolia ont cela de remarquable que leur embryon est oblong, beaucoup plus court que le périsperme, divisé en deux très-petits cotylédons et terminé inférieurement en un fil ou rhiziophyse filiforme qui traverse le périsperme et aboutit à lombilic.
L’embryon des autres conifères ( fig. 3 € et 2 G) est à-peu-près cylin- drique, presqu'aussi long que la graine, divisé plus ou moins profon- dément en deux ou plusicurs cotylédons , et l'extrémité de sa radicule aboutit à l’ombilic.
4e. Obs. Pour la clarté des descriptions ; il faut fixer ce que l’on doit entendre par base el sommet de là graine. Qu'on suppose donc un axe passant par la radicule , le collet et la plamule, et se prolongeant des deux côtés dans la direction la plus droite possible jusqu'aux enve- loppes séminales : la base de la graine sera le pole correspondant à la‘radicule, et son sommet, le pole correspondant à la plumule, Cette méthode pour obtenir deux points fixes, qui servent à déterminer la situation de l’ombilic sur la graine et, par suite, celle de la graine dans le péricarpe , m'est insuflisante que lorsque l'embryon est replié ou roulé lonpitudinalement sur lui-même ; et encore ést-il bien rare qu'on ne puisse arriver à s'entendre touchant l’extrémité basilaire.
Ainsi, quand MM. Schoubert et Mirbel disent de la graine des arbres verts qu'elle est renversée et pendante, ils entendent que le sommet
e la graine, ou, ce qui revient au même, la partie correspondante à la plumule et aux cotylédons ; est tournée vers la base du péricarpe; que la base de la traine, Ou, en d’autres termes , là partie correspon- dante à la radicule, regarde le sommet du péricarpe ; que l’ombilic est situé à la base de la graine , et le placenta aa sommet du péri- carpe. b
Gaertner avait très bien senti qu'il importait de déterminer la situation : de l'embryon dans la graine ; voilà pourquoi il indique souvent la place de la radicule par rapport à l’ombilic : c'est donc sans raison qu'on a reproché à ce grand observateur de m'avoir jamais considéré que là direction de lembryon relativement au péricarpe.
Explication des figures sous le n°. IF.
Fig. 1, 4, Fleur mâle du texus baccaat, — Fig. 1, B, Anthère avant l’anthèse, —
AnNnaLes pu Mus. Tom, 18, p. 1.
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Fig. 1, €. Autre anthere péndant l’anihèse.— Fig. 1 , D. Autre anthère apres l’anthèse, — Fig. 1, £. Fleurs géminées. On aperçoit le sommet (le deux cupules pistiliformes, uniflores. — Fig. 1, F. Fleurs solitaires, coupées longitudinalement. On apercoit dans la cupule
l'ovaire avec son périanthe adhérent et son stigmate sessile, poncüforme. — Fig. 1, G. Fruit du faxus. — Fig. 1, Æ. Cupule endurcie, ressemblant à un noyau. — Fig. 1, 1. Cupule, péricarpe et graine coupés longitudinalement. — Fig. 1, Æ. Ewbryon retiré du
périsperme.
Fig. 2, 4. Epi de fleurs mâles de l'ephedra gigantea. — Fig. 2, B. Fleur mâle avec son périanthe simple. — Fig. 2, €. Fleur femelle. — Fig. 2, D. La précédente, coupée dans sa longueur. — Fix. 2, ÆE. Fruit de l’ephedra gigantea : ils sont proveuus de fleurs gémi- nées. — Fig. 2, F. Une cupule eudurcie, — Fig. 2, G. La précédente coupée dans sa longueur. S
Fig. 3, 4. Cupule uniflore du tuya orientalis.— Fig. 3, B. La même coupée longi- tudinalement. — Fig. 3, €. Cupule, péricarpe et graine, coupés longitudinalement. — Fig. 3, D. Coupe du sommet du péricarpe pour faire voir le mbe du périanthe persistant.
Fig. 4, 4. Cupule uniforme du zamia debilis. — Fig. 4, B. La précédente coupée fon- gitudinalement. 4
Oss. Toutes ces figures. sont très-grossies.
Mémoire sur les Lobélicées et les Stylidiées, nouvelle famille de plantes ; par M. À. 1. ne Jussieu.
Jusqu’a ces derniers tems, les lobéliacées et les stylidiées n'avaient formé qu’une même famille avec les campanulacées. Cependant, M. de Labillardière, dans sa Flore de la Nouvelle-Hollande, avait déja fait re- marquer que le stigmate du goodenia, du velleïa et du scævola dif- fère beaucoup du stigmate des vraies campanulacées, et il en avait très- exactement indiqué le caractère.
M. Robert Brown, dans son Prodromus floræ Novæ-Hollandie , décompose les campanulacées pour former deux familles nouvelles: les goodénoviées et les stylidiées , sans comprendre dans l’une ni l'autre le genre lobelia. °
Les principaux caractères des goodénoviéss , (nous entendons ceux qui distinguent ce groupe des familles voisines ).sont les suivans : corolle ou périanthe simple, irrégulier, fendu lougitudinalement presque jusqu'à sa base. Antheres libres ou syngenèses , alougées, droites, redressées , adnées antérieurement au filet, appliquées contre le style. Sommet du style pourvu d'un appendice membraneux, souvent cilié, formant une espèce d’involucre où de coblet autour du stigmate. Fruit toujours adhérent : tantôt capsule à deux loges (rarement à une, trois ou quatre loges ) polyspermes et à cloisons séminiféres ; tantôt drupe, à noyau mululoculaire, chaque loge contenant une seule graine debout. Placenta contign à l’ombilic, graines périspermées, omhilic basilaire, embryon droit.
Cette famille est divisée en- deux sections fondées sur la nature diffé- rente du fruit. La première section comprend les genres à fruits capsu-
C771)
laires, savoir : le goodenia , le velleia, le calogyne , W’euthales' et le echenautia; Va seconde section comprend les genres qui ontun drupe , savoir : le scœvola, le diaspasis , le dampiera et peut-être le brunonia de M. Smith. D'après les observation de MM. Jussieu et Richard, le lobelia qui ne diffère du goodenia que par ses élamines syngénèses , entre nécessairement dans la première section de cette nouvelle famille qui doit prendre le nom de lobeliacées à cause de l'ancienneté du genre lobelia et du grand nombre d'espèces qu'il renferme.
Passons maintenant aux stylidiées : le stylidium a été décrit comme ayant une corolle monopétale à cinq lobes dont quatre presqu'égaux et le cinquième plus petit, placé en avant. M. Swartz observe que ce cinquième lobe, qu'il appelle labellum , est pourvu intérieurement de deux petits appendices. Une colonne charnue, solide , espèce d'andro- phore , soutient deux anthères arrondies et didymes ; cet androphore avait été pris pour un style portant deux anthères sessiles immédiatement au-dessous d’un stigmate un peu convexe. M. de Labillardière , le premier, a rejeté cette opinion. Il n’a vu, dans l’androphore, que Île support des authères et a cru retrouver Je stigmate dans une ou denx petites éminences glanduliformes , plus ou moins apparentes, situées sur l'ovaire , au pied de l’androphore.
Quant à M. R. Brown, il a suivi l’ancienne opinion.
MM. de Jussieu et Riéhard adoptent le sentiment de M. de Labillar- dière relativement à l’androphore ; mais ils voyent de simples nectaires glanduleux dans les corps que M. de Labillardière eonsidère comme des stigmales sessiles. Les deux appendices intérieurs, observés par M. Swartz et indiqués depuis dans la plupart des espèces par MM. de Labillardière e R. Brown, sont d’après MM. Jussieu et Richard les véritables stigmates. Ces botanistes voyent le style dans une ligne ou pervure qui parcourt longitudinalement la corolle, depuis le sommet de l'ovaire jusqu’a la base du labellum, et qui se termine par les deux appendices remarqués par Swartz, lesquels sont, suivant eux , deux stigmates glanduleux. Comme le labellum répond précisément à l'endroit où la corolle des lobéliacées est fendue longitudinalement, il sembleroit que la corolle du st}lidium aurait aussi une sorte de tendance naturelle à ètre fendue à la maniere de celle des lobéliacées ; mais que le style, soudé à l’un et à l’autre bords, les retiendrait unis. Si cette conjecture était fondée, le labellum ne serait probablement autre chose qu'un apen- dice du style, analogue à la colereite qui environne le stigmate des lobéliacées. M. de Jussieu ne s'éloigne pas de cette idée ; mais il pense que si de nouvelles observations prouvuient que le lobe extérieur du labcllum apparuent à la corolle, il en- faudrait conclure qu'elle est de nature à être régulière comme celle des campanulacées et que le Zubellum
Tom, III, No, 56. 5e, Année. Avec une planch. , n°. 1, 11
Ca
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ou cinquième lobe ne prend pas un développement égal aux autres lobes parce que sa croissance est gènée par la présence du style.
Jusqu'à présent , le caractère qui distingue éminemment les stylidiées , c'est l’androphore chargé de deux anthères arrondies. M. de Jussieu n'est'pas certain que le style soit uni à la corolle dans tous les genres de la famille , parce qu'il ne connait pas Je style et le stigmate du levenhookia, du forstera et du phyllachne. M. Forster croyait que le phyllachne était monoïque ; Commerson en doutait ; M. Swartz a reconnu quil était hermaphrodite, et en fait une espèce du genre /orstera. M. Richard a fortifié l'opinion de M. Swartz en montrant que dessous l’androphore , il y a un ovaire à deux loges contenant plusieurs ovules, La corolle du phyllachne est régulière de même que celle des cimpauules, et M. Richard n'a pu y rien découvrir qui rappelät les parties que M. de Jussieu et lui décrivent comme étant le style et les stigmates dans le styli dium ; ainsi l’ensemble des caractères de la famille des stylidiées n’est pas bien déterminé, quoique l’on doive reconnaître avec le savant M. R. Brown qu'elle est parfaitement naturelle. M.
CÉ'O'NO CE!
Sur les Tourbes ligneuses sous-marines.
Les végétaux entiers ou leurs diverses parties se trouvent enfouis dans la terre sous trois états principaux et de de#fx manières différentes :
1° Comme changés ou transformés en matières pierreuses, et c’est ce qui constitue les bois pétrifiés. On doit remarquer qu'ils sont presque toujours à l'état siliceux.
20. Noircis, souvent durcis, ayant l’aspect charbonneux ou résineux, et étant bitumineux et combustibles : Ce sont les lignites ou bois bitu- mineux. Ces deux sortes de bois fossiles se trouvent dans les terreins d'aterrissement plus ou moins anciens, mais d’une formation toujours antérieure aux tems historiques. Il est tres-rare de pouvoir les rapporter exactement, ainsi que les fruits, les ossemens et les autres parties de corps organisés fossiles,qui les accompagnent, aux espèces actuellement connues, et les lignites, quelque soit leur état, ne renferment jamais de potasse, suivant M. Hatchett.
5°. A l’état tourbeux. Les tourbes herbacées et ligneuses ou bois tour beux, sont généralement peu solides, souvent même friables et comme pourries. Elles conservent souvent tous leurs caractères botaniques, et les bois même jusqu’à la couleur et à l'éclat de leur écorce Les fruits, les parties d'insectes , etc. qu’on y trouve, ne présentent ordinairement aucune différence avec les espèces connues ; enfin les bois iourbeux renfermentde la
nome dlstintié
(79 ) potasse , suivant M. Hatchett, qui rapporte à cette occasion l'analyse qu'il a faite du bois tourbeux sous-marin de Souton sur la côte de Lincoin- shire.
La tourbe ligneuse que M. de la Fruglaye vient de découvrir sur la côte de Morlaix, département du Finistère , et qu'il a décrite sous le nom de forêt sous-marine, appartient à cette derniere position des bois fos- siles ; elle est située sous une plage couverte de sable blanc, et terminée par des côtes élevées et granitiques. La mer la recouvre à toutes les marées, et ne la découvre bien que dans les grandes marées , lorsque le sable blanc de cette plage a été enlevé par un mouvement favorable des eaux. On voit alors un sol noir, profondément silloné, dans la structure duquel on peut remarquer plusieurs dépôts. Le premier est composé prmcipalement de feuilles parmi lesquelles on trouve des débris d’insectes. Sur cette couche, sont renvetrsés sans ordre des arbres entiers. La seconde couche est composée de sable et de glaise grise; elle renferme une grande quantité de tiges de plantes qui paraissent être des végétaux aquatiques , et qui sont dans une situation verticale. Ce sol se prolonge d’une part très-avant dans la mer et se termine au roc vif, et de l’autre il paraît qu'il va gaguer le pied des montagnes granitiques qui forment la côte ; car M. de la Fruglaye, en fouillant sous les amas de sable et de galets qui précèdent cette côte, ya retrouvé la tourbe ligneuse sous-marine. 11 a reconnu le même terrein sar une étendue de grêve d'environ sept lieues.
M. Gillet-de-Laumont à reçu de M. dela Fruglaye des échantillons nom- breux de cette tourbe et une coupe du terrein. Il en a séparé, avec MM. Leman et Desmarest fils, tous les corps organisés reconnaissables; et il est résulté de cette recherche dont nous avons été témoins, les objets suivans dont une partie avait déja été indiquée par M, de la Fruglaye.
Branche de bouleau avec son écorce, encore revêtue de
son épiderme argenté ; Bois d'if bien reconnaissable ;
Graine d’if devenue tendre, mais ayant encore sa forme;
Une noisette dont l’amande était réduite en poussière ;
Une graine parfaitement conservée du polygonum lapathi- folium , Linn.;
Des portions encore bien caractérisée de l’hypoxylon globulare, Bulliard, (sphœæria byssiseda Decand. fl. fr.) Espèce de champignons , dont les capsules noires ressemblent à de la grenaille à tirer.
Cette tourbe renfermant des débris de corps organisés, parfaitement semblables à ceux qui vivent actuellement à la surface du globe, est remarquable par sa position inférieure à la surface actuelle de la mer. Des végétaux de l'espèce de ceux ‘qui la composent n'auraient pas pu vivre
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dans la place où on les trouve actuellement, On sait cependant que depuis les temps historiques les plus reculés, le niveau des mers en général ne paraît pas avoir changé, et sur-tout s'être élevé : on sait aussi que la surface actuellé de la terre n’éprouve plus ni affaissement ni exhaus- sement que dans quelques cas particuliers , et dont les causes sont appré- ciables. On sait enfin que les corps fossiles enfouis dans des couches auciennes présentent généralement des différences qui les distinguent pour la plupart des corps qui vivent à présent. La tourbe qui nous occupe, celle de Lincoln et toutes celles qui sont dans la même position, semblent offrir une exception aux règles qu'on a cru remarquer et qu'on vient de rappeler. Il faut donc examiuer si elle n’entrerait pas dans un de ces cas particuliers d’affaissemens , dont la canse peut être déterminée. Les seules causes d’affaissemens que nous connaissions sont : 1°. les tremblemens de terres et autres phénomènes volcaniques. Cette cause n’est nullement applicable dans ce cas-ci; 20. La compression et diminution de volume, auxquelle sont sujets les terreins d’atterrissemens, sur-tout lorsqu'ils sont composés de limon, d'argile, de sable et de débris de végétaux. Gette cause paraît être celle de la position de la forêt sous-marine de Morlaix, Il ne s’agit qûe d'examiner si cette tourbe ligneuse sous-marine est située à l'embouchure de quelques rivières ou grandes vallées , ou au moins sous l'influence du courant d’eau, qui en sort ou qui en est sorti aatrefois. Ov on voit qu'elle est placée dans la baie profonde de Morlaix , et vers l'em- bouchure de la rivière qui s'y décharge. Le soi d’atterrissement de cetie baie , d’abord meuble et spongieux, a pu être pendant longtems élevé au-dessus du niveau de la mer ; mais lorsque le tems et la charge des végé- taux qu'il portait l'ont comprimé, il s’est affaissé et la mer a dü le recou- vrir, Ce changement de niveau est certainement très-ancien ; mais à juger de son époque par la nature et les espèces des corps organisés enfouis , il paraît étre postérieur à la dernière révolution qu'à subie la surface du globe, et qui la mise dans l’état où nous la voyons. A. B.
Description du Taberz près de Jonkoping en Smoland; par DT. Hausmanx.
Le Taberg estune montagne presqu'isolée, et presqu’entièrement com- posée de minérai de fer oxidulé, assez pur et riche en métal. C'estune des mines de fer les plus remarquables et les plus productives. Elle alimente presqu’à elle seule les mines de Smoland. Quoique décrite par plusieurs miuéralogistes, son véritable gissement et sa place dans la série des for- mations observées jusqu'à présent par les géologues, n’a pas encore été bien déterminée.
Les parties méridionales de la montagne présentent un éboulement ou
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escarpement, qui découvre la masse solide de fer magnétique. De loin cette masse ne parait présenter aucuré structure ; mais de près on y reconnaît une division principale qui se dirige à-peu-près nord et sud, et s'incline à l’ouest de 70 à 8o degrés. Cette division principale ést traversée par d’autres divisions parmi lesquelles on en distingue une qui se dirige à-peu-près du sud-est au nord-ouest, et qui s'incline de 5o à Go degrés au sud-ouest. Les morceaux séparés qui résultent de cette double division, ont depuis 3 décimètres jusqu’à plusieurs mètres de puissance.
Le minerai de fer du Taberg est mêlée presque partout d'amphibole hornblende et de feldspath. Le feldspath quelquefois réuni en cristaux distincts, donne à la masse un caractère porphyritique. Celle même masse est traversée par des veines et par des filons puissans de chaux car- bonatée spathique, et d’une magnésie carbonatée silicitére verte et mêlée de talc, que M. Hausmann nomme pékrolithe. Es sont ordinairement sé- parés de la masse par des salbandes de serpentine d’un vert-brun.
M. Hausmann conclut des observations qu'il a faites sur la structure de cette montagne et de celles qui l’environnent, que le Taberg est une masse de diabase, ( grünstein) mêlée de beaucoup de fer oxidulé, et ren- fermée dans une formation de terrein de gneisse, qui autrefois l’entourait de toutes parts et même le recouvrait. Mais ce gneisse ayant été détruit en grande partie par l’action des matières atmosphériques, la masse de fer oxidulé est restée presque isolée. Les montagnes et les collines de gneisse qui environnent le Taberg , les blocs de gneisse qu'on trouve encore sur le sommet de cette montagne, et le sable en couche qui est vers sou pied, sont les preuves les plus puissantes que M. Hausmaun apporte en faveur de son opinion. Aa be
CHIMIE.
Extrait du second Mémoire sur la Poudre à canon; par M. Prousr.
Dans ce mémoire, M. Proust examine Îles avantages que le charbon de tiges de chanvre présente sur celui de bourdaine dans la fabrication de la poudre. Les Espagnols emploient le premier depuis très-longtems ; les Français font usage du second.
Dans le tableau du premier mémoire, on a dù voir qu'il n'y avait que le charbon d’asphodèle qui brülât aussi rapidement que celui de chenevotte, mais il ne présente pas d'avantage sur celui-ci, quoiqu'il soit si combustible , qu'il prend feu comme l’'amadoue par une étin- celle; 1°. Parce que l’asphodele n’est pas aussi abondant que le chanvre; 2°. parce que son charbon est trop volumineux,
JourNas DE Privé Février 16114
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Le charbon de chanvre possède auwplus haut degré toutes les qua- Jiiés qu'on peut desirer dans un on destiné à faire Ja poudre. 1°. Il ne faut point écorcer la chevenotte comme on écorce la bourdaine et le saule; 2°. il n’exige pas de pulvérisation avant d'entrer au mortier.
Moins léger que celui d'asphodele et presqu’aussi-tendre , il prend feu à la flamme d’une bougie, et continue de bràler comme de l’amadoue.
Il ne donne aucune trace de prussiate par la potasse.
Les chanvres avec lesquels les Espagnols préparent leur charbon, ont 4, 5, 6, pieds de haut; ils ressemblent à ceux que l’on cultive à Tours. à Saumur, à Angers.
À Villa Rubia los Ojos, les laboureurs suivent le procédé suivant pour charbonner la cheuevotte. E
« Dans un sol de pierre calcaire, on entaille une fosse de 13 à 14 pieds « de long sur huit de large. Sur ce fond, soigneusement balayé , l'on « étend un lit de chenevottes de 3 à 4 pouces d'épaisseur , ensuite on « y met le feu en plusicurs endroits à la fois : puis au moment où la « flamme commence à s'élever, on l’étouffe en la couvrant de chene- « vottes ; bientôt après, la flamme revenant au-dessus , on la réprime « avec d’autres chenevottes , et ainsi de suite jusqu'à ce que la fosse « soit à-peu-près remplie de braise. Lorsqu'on juge le charbon fait, « un homme vient en arroser la supeïficie en remontant d’une extrémité « à l’autre, tandis qu'un aide placé après lui, le soulève avec une « fourche et le renverse , afin que le tout ayant part à cet arrosement, « parvienne à s'étendre au fond. Aussitôt après l'on tire le charbon « sur les bords pour l'y laisser refroidir, et l’on recommence une autre « combustion. Pendant ce tems-là, d’autres s'occupent à le cribler, « quelques-uns même à le remuer; mais alors ils en° perdent beaucoup. « Ce travail dure un jour, et son produi est de 16 à 20 arrobes, « ou 4 à 5 quintaux de Castille. »
M. Proust compare le prix du charbon de chenevottes, en Espagne, avec le charbon de bourduine, en France, et il trouve que le premier est au second comme 1 est à 28,8. Il y a donc une économie à se servir du charbon de chenevottes.
M. Proust propose donc de substituer le charbon de chenevottes à celui de bourdaine dans la fabrication de la poudre. = D'après des-essais faits par M. Robin, commissaire des poudres à la fabrique d'Essone , il résulte que la poudre faite avec le charbon de chenevoltes est aussi forte que celle qui est faite avec le charbon de bourdaine ; que les pâtes faites avec le premier sont infiniment plus ductiles et plus liantes; que par cela même elles doivent grainer plus copieusement et occasionner par conséquent.moins de poussière et de rebattage.
M. Proust avait porté la quantité de cendre contenue dans un quintal
“micrbss ah sn. —
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de charbon de chenevottes à 2 parties (voyez Journal de Physique ) ; mais il a reconnu depuis qu’elle s'élevait de 6 à 7 parties. C.
CHIMIE ANIMALE, Analyse du Chyle de cheval; par M. Naveverix.
Le chyle de cheval est blanc et opaque comme du lait ; quelquefois Axx. nr Cnmue, il est rougeätre : lorsqu'il est abandonné à lui-même, il y a formation I\°. 262. d’un caillot blanc et opaque.
Le liquide d'où le caillot s’est séparé contient : 1°, un alcali à nu, car il rétablit la couleur du papier de tournesol rougi par un acide; 2. de l'albumine : aussi en est-il coagulé par la chaleur , par les acides et l'alcool; les précipités sont redissous par les alcalis, et leur dissolution reste laiteuse : en cela l’albumine du chyle diffère de celle du sang qui donne avec les alcalis une dissolution transparente; 5°. une espèce de graisse que M. Vauquelin compare à celle de la matière cérébrale, parce qu’elle est insoluble dans les alcalis, et qu’elle colore Palcool en jaune, verdâtre. On démontre la présence de cette graisse, en trailant par l'alcool bouillant le liquide, d’où le caillot s’est séparé ; l’albumine est coagulée, et la graisse est dissoute : il y en a une partie qui dépose de l'alcool
ar le refroidissement. C'est sans doute cette graisse qui rend laiteuse solution alcaline d’albumine du chyle.
Le caillot du chyle est blanc , et opaque après avoir été lavé ; il s'étend sous les doigts et prend la forme d’une membrane un peu élastique et un peu fibreuse; il est dissout en grande partie par la potasse chaude. L’acide acétique chauffé avec le caillot, produit une espèce d'émulsion; ce qui n’est pas dissout paraît être de la mauère grasse.
Le caillot desséché, mis sur des charbons ardens, s’agite et exhale des fumées ammoniaco-huileuses ; il se fond et laisse un charbon volu- JNIneux.
D'après ces propriétés , on voit qu’il y .a beaucoup de ressemblance entre le caillot du chyle et la fibre du sang ; cependant, le premier est plus soluble que celle-ci dans les alcalis, et il n'a pas la contexture fibreuse et l’élasticité de la fibre.
Outre l’alcali, l'albumine , la graisse , la fibrine, le chyle contient encore du muriate de potasse et du phosphate de fer au minimum d'oxigénation. C,
(84) O: DEVRA GE NO" UMRELAAU:
Mémoires sur la formule barométrique de la mécanique céleste ; par M. RamoxD , 1 vol. #n-40., chez les principaux Libraires de France.
(1er, Mémoire publié en 1804.) L’aureur y fait usage de la formule de M. de la Place; il en détermine le coeflicient, confirmé depuis par les expériences de MM. Biot et Arago, et il donne le type du calcul de cette formule.
(2°. Mémoire 1806.) M. Ramond examine la nature de l'influence que les diverses heures du jour, la configuration des lieux, les météores, exercent sur la justesse du mercure barométrique.
(5e. Mémoire, 17e. partie. }. I donne le premier exemple d’une petite difiérence de niveau mesurée à grande distance, et il trace les règles pour parvenir à cette détermination. On y trouve aussi le premier nivelle- ment barométrique appliqué aux volcans de l'Auvergne, et disposé sur un plan géologique.
(5°. Mémoire, 2e. et 3°. parties publiées en 1898. ) L'auteur examine la variation diurne du baromètre, qui n’était point coustatée pour nos climats; il examine en outre ses variations accidertelles, et il explique les unes et les autres par une théorie appuyée d'expériences, qui explique à son tour l'infériorité de l'élévation du mercure à l'équateur et plusieurs autres phé- nomènes inexpliqués.
(2°. Mémoire.) M. Ramond donne à la mesure des hauteurs un degré d'exactitade que l'on ne pouvoit guère espérer d’atteindre.
L'instruction élémentaire qui termine ce recueil de mémoires, donne aux observateurs du baromètre des conseils dictés par une longue expé- rience , et par une étude approfondie des phénomènes atmosphériques.
Elle doit servir sur-tout à réformer peu-à-peu le système défectueux des tableaux météorologiques, ameuer peu-à-pea à la détermination de moyennes barométriques , plus exactes que celles qu’on s'est jusqu’à présent procu- rées, et les tables qui terminent ce volume paraissent ne rien laisser à dési- rer pour la célérité, la facilité et l'exactitude des calculs.
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L'abonnement est de 14 fr., franc de port, et de 13 fr. pour Paris; chez J. KLOSTERMANN fils, acquéreur du fonds de Mad. Ve, BennanD, libraire, rue du Jurdinet, n°. 13, quartier St-André-des- Arts,
Nouv. But. Je. PLL N°56.
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NOUVEAU“BULLETIN DES SCIENCES, PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE.
Paris. Juin 1812. 2 Se —
HISTOIRE NATURELLE. BOTANIQUE:
Note sur l'Abies, genre de la fanulle des Conifères ; par M. Mise.
Vorcr les nouveaux caractères génériques que MM. Schoubert et Mirbel proposent pour le genre Abies.
CARACTÈRES DE LA ERUCTIFICATION : Végétaux monoïques ; boutons floraux écailleux ; écailles membraneuses , imbriquées ; chatons oblongs.
Fleurs mäles : Chaton courtement pédonculé ; écailles floriferes nom- breuses , serrées , élargies , et redressées à leur sommet, disposées en hélices autour de l'axe, et portant inférieurement deux anthères adnées , alongées , parallèles uniloculaires , bivalves , s’ouvrant dans leur longueur.
Fleurs femelles : Chaton sessile ; écailles florifères grandes , minces, uoguiformes, biflores , disposées en hélices, serrées et accompagnées chacune d’une bractée très-petite ; deux. cupules uniflores, pistili- ‘formes , renversées , fixées longitudinalement à la base de chaque écaille, divisées à leur orifice en deux lobes greles , aigus , fugaces , et pro- longées à leur base en une lame mince arrondie , soudée sur l’écaille ; périanthe simple, adhérent, à limbe membraneux à peine visible ; stigmate _ponctiforme,
Fruit : Un pseudocarpe composé des écailles fructifères, minces, lisses, arrondies , imbriquées , disposées cn cône , portant chacune les deux cupules florales , aîlées, renversées , endurcies , et semblables à des noyaux ; un péricarpe monosperme , uniloculaire , membraneux , renfermé dans chaque cupule, et couronné par le limbe périanthal très- accru ; graine nue, périspermée, renversée , pendante ; embryon axile, alongé , droit, presque cylindrique, divisé plus ou moins profondé- ment en 5-8 cotylédons subulés; rudimens de la plumule presqu’im- percepübles.
Tom, JIT, No, 57. 5e. Année.
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No, 57,
Soc, PHiLOMAT+
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CanacrEkes DE LA VÉGÉTATION : Arbres résineux , toujours verts; bou- ions à bois écailleux , épars le long des branches, réunis plusieurs ensemble à l'extrémité des rameaux , surmontés souvent au moment du bourgeonnement , des écailles les plus intérieures disposées en coiffe conique ; feuilles linéaires ou subulées , sessiles ou courtemient pétiolées, alternes et décrivant des hélices concentriques ; branches verticillées où distiques ; chatons solitaires , axilaires ou terminaux.
Observations sur le genre Abies.
fre. Ons. Le limbe bilobé des cupules de l’abies ressemble singu- liérement à deux stigmates : cette ressemblance à trompé quelques observateurs modernes , et leur erreur est bien excusable. Linné n'a vait pas la moindre idée de la structure de la fleur femelle de l’abies ; il ne connaissait pas davantage celle du pinus ; qui n'en diffère point essentiellement. On peut même dire, vu l'ignorance où lon était touchant la composition et la situation des organes femelles de toutes les espèces de conifères, que cette grande et importante famille du règne végétal, était en quelque sorte, 1l