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JOURNAL DES SCAVANS, Pour le ïmiz de JANVIER. I 7 I I. |
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rmom du R. Père Cheminais de ta Compagnie de Jefmrevûs par le Père Bke- .TONNEAOi'» Umlme Compagnie 7cinquièmt Edition corrigée- W augmentée. 8.3. Totïl. à Bruxelles chez FrançûisFoppens.i7'°- ■tires fur toutes ferles de fujets , avec des avis fur la manière de les .écrire , V des Réponfci fur chaque tfpece de Lettres, par feu M. DE Vaumowere , augmentées depuis la Mort de l'Auteur d'un grand nombre de rtceptes& de Lettres, revues ejr mifesàans un meilleur ordre par M***, cinquième Edition. 8. II. Tom. A Bruxelles chez François Foppens, 1709^ edicinadocens Ecducens, five DiCcurfiis Medico-Theofophicus, quo ad duétum Thefîum quarundam ex Medicina dc- promtaram, tum veri Dei Cognitio, tum praxipuK Chriftiani Mcdici virtu- tes explicantur; piis ufibus verorumim- primis Medicorum, hinc & cunclorum fincerum pietatis Studium amantium. Litcratorum confecraïus rerumque prs- cipuarum Indice amfhis a Theodoko Yalenttoo Khamer. 8, Lipfa apud tndtt LmViÇimes. 1710.
DES
SCAVANS,
Pour le Mois de Janvier M. DCCXI.
FniDERtci STiirNii Hiftoria Barde fanis ac BardefaniiHrum . ex veterun Doâorum rnonumenris eruta , juniornm que Auftornm eade ce Sententns colluf u«a. C'eit-à-dirc : Hiflme de tardepms & des Btn!tfmi/lci,/'ûr Frideric Stninïius ; ù rit du muituKiJiî des anciens DeHeun, c tntkbU dis Repxùnt des Modérât!. 1 Witcmberg.ctiez GtidcfroiZimmermir 1710. iû4- pagg..i44- Setrouvei lerdarn chez les Waesberge.
fï t Ouvrage efl partagé en 11 petit ieftions, accompagnées de notes aiions. On n'y trouve tien de _ :r. L'Auteur étend le peu qui nous Uns les Anciens touchant fon fujets es avoir rapporté ce qu'en ont dit
cric chei les Anciens par un : Au relie, Bardefanes l'Hiftorien s'elî rendu célèbre par une Hiiloire des Gymnofophiftes des Indes, de laquelle faint Jérôme 8c quel- ques autres font mention. Le faint Doc- teur obferve que cet Hiitorien divifoit ces Gymnofophifles en Brachmanes & en Sa- manéens , par rapport au* dogmes; 8c qu'il donnoit de grands éloges a la tem- pérance dont les uns & les autres raiibient profeflion. M. Strunzius juge à propos de nous entretenir auffi de Barl'es Evêque d'EdeiTe , qui vivoit du temps de l'Ei» pereur Valens; de Philippe BardaneÇm pereur; d'un Bardane Roi des PmiV. dont parle Tacite; & d'un He,ïei«(ù.t *
Janvier 1711. 5
pelle Barfanuphius. Il eft croyable que tous ces gens-là ne paradent ici à la fuite ûei'HerefiarqueBaidefanes.queparcequ'iU y font déjà dans quelque Dictionnaire.
Eufebe, Theodorct , Et Nicephore aiïu- renr qu'il étoit Syrien , d'où il faut con- clure que la Mefopûtamic, où étoit Edeffe, falloir, partie de la Syrie. On examine ce que les Anciens , & fur-tour, les Au- teurs Comiques , ont dit des Syriens; 5t on «reufe du mieun qu'on peut la nation Syrienne des reproches dont elle a été chargée. Elle a produit de fçavans hom- mes depuis l 'établi rTement de la Rtligion Chrétienne; mais ces Sçavans fe diftin- gueient beaucoup plus par leurinconftance que par leur érudition & !a force de leur génie. Saturnin, Eafilide, Cerdon, A- pelles, Taticn, Aènus.Paul deSamofate, & pluiîeursautiesHerefiarqucsqu'ileft inu- tile de nommer , étoient Syriens. Les recherches Syriennes de M. Stimulus font fuivies de quantité d'autres fur la Mefopo- taraic, fur l'Ofroéne, fur E>ieffc.
On neconnoit point les parens de Bardi- fanes. II étoit en grande réputation fous la Empereurs Marc-Antonin, & LuciusVtrus. On ne l'hait qui aroient été l'es Maîtres. Toute l'Antiquité Chrétienne le comble de louanges, par rapport a i'efprit Se i.1-». capacité. Eufebe du t\u'i fc\<«- w^it > toun ûint Jérôme \uv wxttoofc w ^^
font .Po-
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6 JooxhaL des Sçavans.
admirable, & une extrême vivacité dan les difputes ; & faint Epiphane lonë fo jugement & fa bonté. Il étoît très-éle quent, 11 on -feulement en Syriaque , ma: àuffi en Grec. Eufebe le regarde comm on excellent Philofophe, quoiqu'il fût e même temps Poète.
Bardefanes foatint une grande partie ât erreurs de Valentin , mais on ignore s' les avoit apprifes dès fon enfance, ou s' n'y tomba que dans la fuite. Les Auteut font partagez la-deffus, & M.Struniiuseï arTcz porté à croire que Bardefanes avoi été élevé dans la faine doctrine. Il s'éga la par l'étude de h Philofophie; mais o ne feait quelle feclre de Philofophes il em brada. Comme il s'agit de condamiw cette Seâe , puifque Bardefanes y pjnii des erreurs, les ennemis d'Ariftote tâcher de lui donner Bardefanes pour Difcipie fes amis , au contriire , font tous leui efforts pour faire prefent de ce Difciple Platon. D'autres moins animei conti les Grecs que contre les Juifs, prétende!
3ue Bardefanes & Valentin avoient tîi e la Cabale toute leur doctrine. Poi décider ce différend , nôtre Auteur ex' mine à quel Sydême les Eons & les ai très chfmetes des Valentiniens ont ph de rapport. Il trouve que c'eft au Plate nifme i on peut voir fes raifons dans Livre. Parmi les notes qui accompagn
J A M V I E R I7II. 7
cette feétion, il y en a une fort longue, iu, ainli que dans la fe&ion même, on ■oit des ObTervations fur les tiitwt J'-?-i- làb, Sonar, & Bihir, dont les Cabaliite* vantent tant l'ancienneté.
Bardefanes ne combattoit pas, comme Valentin , l'autorité de l'Ecriture lainte; 1 admettoit les témoignages, e n'étoit qu'après les avoir accommodez 1 les préjugei. 1! arraiigeoit les Eonsd'u- e manière différente de celle de Valen- .1 & quoi que cette manière particu- liete nous foit inconnue , celle de fon Maître fuffit pour en donner l'idée. L'Au- teur s'étonne qu'il y ait aujourd'hui des Chréiiensqui prétendent expliquer leSyfté- mc de Valentin conformément aux prin- cipes de la Théologie ; & appliquer aus Eons ce qu'elle enfeiiine fur l'unité de Dieu, fur la Trinité, fur les Attributs, fit fur les opérations divines. < On compte !a fuppolïtiondesdeuxprin-' ripes , l'un bon , l'autre mauvais , au nom- bre des erreurs capitales de Bardefanes 8î de fes D.fciples. Ceux-ci dans Grigene, ne Te contaient pasd'afiurer , comme les Catholiques , que Dieu n'elt pas Auteur du mal; ils ajoutent encore qu'il n'a pas créé le Diable. L'Auteur attaque & cette opinion, & ceu* qui c.Vxçk'wîW- '"a- "'■'»■ v=s'-'" dre pUuvîble pa\ tes ■iia^ûffi^w^ "«?™ ' pfcifur. UtttoïVJtc^^
S JOURNAL BEI SÇAVÀHÎ,
ce qu'ils avancent pour exeufer deux au- tres erreurs de Bardelanes ; l'une regarde l'humanité de J. C fit l'autre, la refurrec- tion des corps.
Outre ces erreurs, Bardefanes enfeignoit, fclon faim Auguftin , que ks actions des hommes étoient foumifes au Deflin. Nôtre Auteur a delà peine à convenir que cette aeeufation foit Julie , & il lui femble que Bardefanes eftd'un fentiment tout oppofé, dani le fragment de fon Dialogue fur le Deflin. qu'Eufebeaconfervé. Bardefanes y dît clairement, qu'il dépend de l'hom- me & de fon libre arbitre, de fervir, ou de ne pas fervir; que le Deflin ne force nullement les Perfes à fe marier avec leurs filles, leurs iceurs, & leurs mères ; que ce n'ell pas par les loii du Deflin que les femmes des Indiens fe brûlent toutes vives avec leurs maris morts ; que le Deflin n'oblige en aucune forte les Ger- mains à s'étrangler, qu'enfin nulle fatali- té n'aflujettit certaines naiions plus que d'autres aux coutumes qu'elles obfervent, puifque les Chrétiens fuivent partout leur propre Religion. Ceux qui font nez Par- tîtes, dit-il, ne prennent pas. comme les autres Farines , plufieurs femmes ; ceux qui font venus au monde dans la Péril* ne Je marient ni avec leurs fœurs, ni avec leurs filles ; ceux qui ont pris naiiïancedans la Baelriaae, ne tendent point de pièges
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aux femmes d'autrui, &c. Comme faint Auguftin n'eft pas le feul qui ait aceufié Bardefanes d'avoir établi une fatalité inju- rieufe à la Providence, M. Strunu'us ob- ferve, pour fauver le fentiment de ce Père & des autres qui ont avancé la mémeebo- fe, qu'il s'eft pu faire que Bardefanes eût de bonsfentimens lorfqu'il compolbit fou DialoguCimais que cela n'empêche pas qu'il n'en ait eu d'erronezdans la fuite, ou mê- me auparavant. Quoi qu'il en foit , Eu- febe aiIure en général , que Baidefàties ne perfifla point dans l'hereCe de Valentin jufqu'à la fin de fa vie, quoiqu'on enap- perçût pourtant toujours quelques traces dans fa doctrine. Les principaux Pères qui ont travaillé à précautionner les Fidè- les contre fes cireurs, font Oiigene, faint Ephrem, & faint Epiphane. 11 ne nous efî relié aucun Ouvrage entier de cet Au- teur. Tous les Percs qui en ont parlé louent beaucoup ce qu'il avoit écrit contre Marcion & contre cinq autres Herefiap- qucS; une Apologie qu'il publia pour les Chrétiens, & dmi laquelle il ta choit d'a- doucir leurs perfecuteurs; & fou Dialogue du Dellin , qu'il compofa contre un certain Abidas, Aftrologue fameux.
Après fa mort fes Difciples firent valoir
fes opinions. On met à leur tête fon fils
Harmonius, bon Poète, & excellent Mu-
fiâcû. Soiomeae dit qu'il compofa en u
A «, ^w
I
10 JOURNAL DES Sç.lVAWI.
langue naturelle , & qu'il apprit aux liens les erreurs de fon père, en les leur faifant chanter. Ses airs croient encore à la mode, du temps de faint Ephrem, qui prit foin de changer les paroles, & doter ce qui y bleflbit la Religion.
Prœlectiones Chymicœ, in quibus omnes fere operationes Chymicse ad vera prîn- cipia Se ipfius Naturze leges rediguntur. Oxonii habitse à Jobanne Futinn, M. D. Mi. Chrilr. Alumn. Amftthd*- mi, apud Janffcma-Wimbtrpoi. 17 10. C'eft-à-dire : Ltfeai ckymiques , dam hfyucllet on explique les eperalhns de la Chymii , (don leurs vtriiablei principes, 131 filon 1rs Uix de U Kainre. Par Jean Freilid, Douleur en Médecine, A Amller- dam , chez les Janflbns à Waesberge. 1710. vol. in 12. pagg. 03.
TE defiein de l'Auteur, comme il s'en *"' explique lui-même à l'illullre M. New- ton , à qui il dédie fon Ouvrage , elt d'expliquer parla venu attraftrice , les ope- rations de la Chymie. Ce defTein lui pa- roît d'autant plus digne d'être exécuté, qu'aucun Chymifle , dit-il , ne s'en eft aviféjufqu'à prefent, 5c qu'on peut pat ce moyen expliquer tout d'un coup, 8c d'une manière (impie, tout ce que laChy- mic a de plus difficile dans fa Théorie. Les
Ol'IHll DES SÇAT&Kf.
j, Tenir de h vmu attraifcct , vertD fi i, généralement reconnue dans UPhyiique, i, & à laquelle il n'y a rien dans la Ni. >, turc qui ne (bit fournis. Voici donc , quelle cil là-demis ma penl'ée. Les ., parties qui comparent chaque molécule i, de fel , font fort folides , & à raîfon de j, cène folidité elles ont toutes , les unes >, à l'égard des autres , une vertu attracVice ;, qui répond à 1a quantité de îa matière. j, Cela fuppofé, il eft facile de concevoir „ que lorfque le fel eft dans l'eau , les „ parties de l'eau étant les plus faibles. „ font attirées vers le fel avec plus de „ force qu'elles ne font attirées elles-mé- „ mes les unes par les autres ; en forte „ qu'elles vont toutes embraffer le fel, „ les plus proches y vont plus rapidement, » Bt les plus éloignées plus lentement , & „ c'eft la rai l'on pourquoi quand on a „ jette du fel dans le milieu d'un baffin „ plein d'eau, l'eau qui ell au milieu du „ badin fait une forte imprefiion fur la „ langue, tandis que celle qui cil aubor'' „ eft prefque inlipide. Les particules r „ l'eau air.fi Attirées par le fel , entr' „ donc en mouvement; & c'eft ce tr ,. vement qui fait qu'elles s'infinuenr „ les porcs du fel , 8i qu'elles lr
L'Auteur defeend ici dans le d' "•'igue pat cent vertu attiV '
J A K V I £ K I7II.
ment fe fait la ditïolmion du fuae c.. . l'eau, V extraction des huiles par défiiiUn- ce, & pluiïeurs auires effcis femblables, dont il rend railbn fans peine. Mais nous ne le Cuivrons pas plus loin 1 ceux à oui nuire Extrait paroitta trop court, pour- ront fe dédommager amplement par la lecture du Livre même.
Succinfta delincatio Doclrinarurn ufu fi quentium, de ai'tionibus , giadibus ma- trimoniaiibus, & meceffione :ib in * to, in ufum Leclioaum Académie conferipta , à Jvsto Henni Bouemiiio, D. Prof. P. & Facuir. Jurid. Affeiïbrc in Academia Regil Fiideridana. tteU Magdtl/urg, 1; proftat in Officina Libruri* Rcnitrï. C'eil-à'dire : Explication fomtnaire 1 principes Ici plus ufiitz. fie les oSluntt fur les difftt, dtpanmi, foi rapott aux m* riaiti : v fur les fuccejfioni ab intelht Ouvrage defliné pour Us leçons publiques 1, runiverfnt de mil. Far Juil. Hennin Bohemer , Prefeffatr w sijfefietr de l mime Umvtrfiié. A Hall , de l'Impri- merie de Renger. 1710. in S.pagg.5}rt. Se trouve à AinfteiJam chez les Waeï- berge.
n'eft ici qu'un fimple Rec\itft 4e&
£acipes de Droit les plus couvas » A 7 Vas
14 Journal dEïSçavans.
fur des matières importantes, dont chacu- ne pourront donner lieu à de gros volu- mes. Le feul Chapitre des Actions, qui cft à la tête , & qui s'étend a toutes les parties de la Jurifprudence , demanderoit par cène raifon un long détail. Aulfi quelque foin qu'on ait pris ici de l'abré- ger, il remplit les trois quarts du Livre. La matière des degrei de parenté ou d'al- liance, par rapport aux mariages, conduit encore naturellement à de grandes quef- tîons, à caufe des diverfes fortes d'empé- chemens qui naiiTcnt de la. Et enfin les fucceflions que l'on appelle ah intiflui, pour les difiingucr do fuc.-e (fions tefta- mentaires, ouvrent aux Juufconfultes un vafie champ, foit dans i'enu nierai ion des différentes perfonr.es à qui h Loi les dé- fère, foit dans l'espticanon des différentes portions qu'eîle leur affgnc. Toutes ces matières néanmoins font :ra tées dans le même Livre, mais elles n'y font traitées que par la feule expofiuon «les principes, 8c par les définitions & les limitions prin- cipales , tout ce qui cft fuJM à diilwra- tion n'y entre point.
Sur la manere dt.s actions, on obferve que les Jurifconfulres appellent action e général le droit qu'a chacun de pourf vre en jugement ce qui lui appartir ou ce qui lui eit dii. 11 y i des aé> pcrfonùeUcs s d y en a de iéeU«.
Janvier 171t. _ A a de petfonnelles & de réelles tout à la fois. Les actions petfonnelles font at- tachées àlaperfonne, & h fuivent pat- tout. Elles naiflent de l'obligation où eft quelqu'un de donner ou de faire quelque chofe. Les actions réelles vont à deman- der !a propriété d'un héritage, ou quelque droit réel far cet héritage ; on les appelle réelles parce qu'elles n'attaquent que la chofe, ou !e poflefleur par rapport à la chofe. Les actions mixtes font celles qui regardent la perfonne & la chofe en mê- me temps. Il n'y avoit que trois efpeces c'actions mixtes dans le Droit Romain: l'action de partage entre cohéritiers) l'ac- tion de partage entre des perfonnes qui poiTedoient un héritage en commun, 8î l'action qui étoit intentée pour placer des bornes. On appelloit mimes ces fortes d'actions, parce qne fi le Juge ne pouvoit pas mettre une égalité entière dans le par- tage ou dans les bornes , il adjugeoit à l'une des Parties une plus grande portion, mai) à condition de payer à l'autre Partie une certaine forome, qui tenoit lieu dece qui excedoit. Un autre exemple qu'on peut donner aujourd'hui des actions mixtes, c'elt quand on demande qu'un Particulier foit condamné à rendre un héritage avec icftitution des fruits ; ou avec àss 4sss™-- mages & intérêts : ce ?mùcwK\« eSv'w^ déchargé d'une pattie, àe,U iWBas*»-^,,
:;mais
16 JOWRM At DES 5ça
abandonnant l'héritage qu'il poflede: i il demeure perfonnellement obligé à la reftttutioB des fruits, & aui dommages& intérêts. Cette dîvifion générale des ac- tions reçoit une infinité de fubdivifions particulières, qu'on trouve détaillées dans le Livre, & qu'on ne nous redemandera point fans doute dans le Journal. Ce font de premières notions dellinées uni- quement pour ceux qui commencent à étudier en Droit.
Le Traité des degrez de parenté ou d'alliance qui empêchent le mariage, elt divifé ici en pluiieurs proportions très- courtes, qui femblent former autant de maximes. La parenté que le Droit Civil nomme Cognation, comprend deux lignes : la ligne directe, & la ligne collatérale. La ligne directe eft entre les afcewians & les defeendans; & dans cette ligne le mariage elt défendu à l'infini par. les Loix Romai- nes, même entre les enfans adoptifs & la perfonne qui les a adoptez, L'Auteur croit pourtant qu'en ce cas-là l'empêche- ment peut être levé par une difpcnle ; mais il dit qu'il n'y a point (l'empêchement, & qu'il n'eil pas befoin de dilpenle lorf- qu'un entant adoptif veut époulér fa bel- le-mere, c'efl-à-direja femme deceluiqui l'a adopté: pourvu néanmoins qu'il n'ait pas été adopté auffi par cette femme. Dans U ligne collatérale , l'Auteur n'étend les
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ces frères ou ces fœurs , pourvu qu'ils foient frères & fœurs de père & de mè- re, f accèdent également avec le père 3s la mère; mais s'ils ne font frères que d'un côte-, ils ne fuccedent point. Le droit de reprcfentaiîon qui met les enfans en la place c!e leur père décédé, eft borné aux enfans des frères, & ne s'étend point aux enfans des autres collatéraux , qui vien- nent tous par têtes , félon leur nombre, & leur degré de proximité ; & s'il s'en trouve plulieurs au même degré , ils fuc- cedent par portions égales.
La dernière efpece de fucceilïon eft cel- le du mari qui fuccede à fa femme, 8ï de la femme qui fuccede à fon maris il faut pour cela que l'un ou l'autre meurent fans enfans, fans parens, & fans Telra- ment. Ce ne font là que les premier» principes, mais c'eft l'Entrait du Livre.
Recueil 1I1 Pkm mnrtiâUt les Rtlîgietife.
Royat des Champs, qui fi font fiutm- s ~ l'Eglifi. A Paris, de l'Imprimerie oyale. 1710. in 4. pagg. 01. in 1*. >RS. 214.
Lettre de fin Emintnet M. le Cardinal dt Noailles, jJrchcvlyue de Paris, aux Mttitîtpfti de Pert-Rcyal dti CMvm\\ ■. <>&•
•fi fini point enco»e îwmvÇds ***' &fu"
*
lO JOUANAL DES SÇAVANS.
fans Vobé>ff*nit ai ÏEglife. A Paris, chez Louis Jolie, Imprimeurde fonEminen- ce Monfeigneur l'Archevêque, ruëfaint Jacques. 1710. in 4. Lettre, pagg.16. Pièces, pagg. 70.
f^Es deux Ouvrages ont trop de rapport l'un avec l'autre pour les feparer. On y trouve les preuves authentiques de l'heu- reux changement deprefque toutes lesRc- ligieufes de Port-Royal , que leur defo- béïlTance avoit fait difperfer. Dans le pre- mier Recueil, qui a paru dès le mois de Septembre, il y a de plus que dans le fc- cond , la foufeription de h Sœur Annede fainte Marine Laimé;& le fécond Recueil
S'rjûtc au premier la Sœur Catherine afion, dite de fainte Tharmle,Religieufe Converfe.
Dans l'A reniflement qui eft à la tête du premier Recueil , on expofe les prin- cipaux motifs qui ont engagé à le publier. Ces motifs font r, une iorte de réparation dit au Prince. „ Aujourd'hui que ces Fil- ;, les, éloignées du mauvais air qui alte- ,, roit leurs bonnes difpofukins, prennent „ des fenrimens fains fk raifonnables, m- „ marque l'Auteur ; que fe foume „ abrolument à l'Eglife, elles rouf „ de la déférence aveugle qu'elle' „ pour de fimples Particuliers q *, conduniicj qu'elles loup-*"
JlKTIIH 171t. 11
, deur après nos divins Sacremcns, dont , elles fe fàifoient un métite devant Dieu , d'être privées; peut-on ne pas bénir 1» t, main, qui leur iaifant une violence fî- ., lutaire, les a arrachées d'un lieu conta- „ gieui. z. La ctmfolmfan dtt Fidtlei. Qui „ a pu fans la compillion la plus vive voir „ tant de Filles, la plupart diflinguées par j, leurs qualités naturelles , fe faire les 1, viélimes d'une faude fermeté, que ceux- „ mêmes qui la leur ont infpitée, n'ont „ pas le courage d'imiter ! .. . Ces laintes „ âmes que leur pieté a fi long-temps „ fait gémir fur le fort des Filles de Port- „ Royal , n'eft-il pas Julie de les confoler, „ en leur apprenant que ces Filles reve^ „ nues la plupart de leur égarement, ne „ mettent plus leur gloire que dans une „ humble docilité pour leurs véritables „ Paiîeurs? 3. Lidijicaiim. La vie exem- „ plaire des Filles de Port-Royal ne laif- „ (bit pas d'autorifer en quelque forte la „ îmuvaiie cauie. dans laquelle elles fe „ trouvoïent malheureufement engagées. „ Et qui doute que ce n'ait été là un » pîege pour bien des perfonnes peu inf- „ truites? Le voila heureufement décou- „ vert ce piège, par la foiimiiïion de cel- „ les dont l'Herefîe s'étoit fervie pour le „ tendre.,, - Le rétabliiïemetA ^^^s^r mion des Reli&ievto o;i\ ws- .*^\^X « deûrdc lamentt fc\e» ***«* ^
A« «SE* ^U, S*?.
Janvier ijit, jj
„ divifion & réparation abuiivc qui dure „ depuislî long-temps entre les deuïMo- „ natteres.,,
Voici 1» lifte des Religieufes, qui dif- pcrfées rn différens Monaileres du Royau- me, font enfin rentrées dans l'obéiil'ance de l'Fglife.
Sœur Anne de faînte Cécile Boifcervoî Ce, envoyée à Amiens, a ligné le Foi mulâtre le 7 Novembre 1709, dans leW nalterede fiant Julien.
Sœur Marje de fainte EuphrafieRobe A Nantes , dans le Monaflere des Urfti lines, le 14 Novembre 1700.
Sœur Anne de fainte Marine LaymÉ. A Amiens , dans le Monaflere de faim Ju- lien, le 2 Décembre f?09.
Sœur Jeanne de fainte Apolline le Bè- gue. A Compiegne, dans le Monaflere de la Viiîtation , le 17 Décembre 17 10,
Sœur Magdelaine de fainte AurelieNoi- feux. Quoi qu'elle le trouve dans cette ' lifte , il n'a pas été necelfaire de lui taire figner le Formulaire. „ C'eft une Sœur ,; Converfe, bonne fille, d'un efprîtdoux „ & paifible, qui n'eft jamais enttée dans „ tout ce qui s'eft paue à Port-Royal.,, Elle eft à Compiegne, dans le Monaflere de la Congrégation de Nôtre-Dame.
Sœ«r Marie de ûiutc Anne le OsvMi- A Nevers , dww \e Wow&t« «^ s du Faubourg,, \c «.Vs»**1 v\«
^H 14 Journal des Sça
^B Sœur Louile de fainte. Juftine Barat.
^H Au Monaftere des Benediftines de Loi-
^m gm , Diocefc de Chartres , le 6 Mais
■ S. Marie de fainte Oportune Mouchot.
■ A Chartres, dans le Moniftere des Hof-
■ pitalieres, le 7 Mars 1710.
■ S. Marie Magdeleine de &inte Cécile I Bertrand. A Amiens, dans le Monaftere f de la Vifitation, le 17 Mars 1710.
F S. Denife de fainte Pauline Noifeur.
Dans l'Abbaye de faint Paul, Diocefc de Béarnais, le ij Avril 1710.
S. Agnès de fainte Blandine Forget. A Rouen, au Monaftere des Urfulines, le 18 Avril r7io.
S. Françoife de fainte Agathe le Juge. A Chartres , au Monaftere de la Vifita- tion, le 33 Avril 17 10.
S. Marguerite de fainte Lucie Pépin. A Autun, dans le Monaftere de la Vifi- tation, le r. Juin 1710.
S, Françoife Magdelaine de fainte Idi le VavafTeur. A Moulins , dans le Monaf- tere de la Vifitation, le 17 Juillet 1710,
S. Marie de fainte Catherine Iflaly. Meaux, dans le Monaftere des Uriuli' le 10 Août 1710.
S. Marie Catherine de fainte f Benoifc. Au même lieu , le 1
. Catherine Dation , dite
J mvi t r i
larfille. A Senlis, dans ila Frefentation , le + Octobre 17 "o.
Cette dernière , ainfi que nous l'avons remarqué nu commencement de'cet Ex- trait, n'eft que dans k Recueil qui vient d'êire publié par l'ordre de M. le Cardi- ml de Noaillcs. Au temps de la Répara- tion des Filles de Potr-Royal des Champs, leur Communauté étoit devingt-deuïRe- lîgieufes. Dii-Iept , ainfi qu'on le vient devoir, fe font foumifcs à l'Eglife; il y en a donc encore cinq qui n'ont point changé.
Pour les gagner ', M. le Cardinal de Noailles leur écrit une Lettre pleine de force & d'onction. Les premières re- flexions de Son Eminence regardent l'ef- fet que ks Acles déjà publiez auraient dû produire, & les railons qu'Elle a eues de taire reparaître ces Actes. „ Vous regar- ,, dez peut-être, leur dit-il, les relations ,, qu'on vous a montrées du retour fmeerc „ de vos Sœurs, comme des Pi „ informes , ou moins («.Tarifées qu'il ,, n'aurait fa'.lu pour faire imprelÏÏon fut ,, votre efprit , parce que vous ne Ici » voyez pas revêtues de l'autorité Epifco- ,, pale, pour qui je veux croire que vous „ canfervez encore quelque relie de ref- „ peéV. C'cft ce qui m'oblige à vous a*
Siireilcr ces mânes Actes , à vous ittevkr la vérité , 8cc. M. le Car> 1
1
me elles le font c Pourquoi direi-vous encore, tant permis de jurer que félon la vei té j le jugement & la juflice , vous a prehendez de commettie un parjur que d'ailleurs ce qu'on vous demam vous eft inconnu \ que vous en dout même, & qu'il n'ell point de vôtre et de vousen inftruirc? Mais n'eft-il poi de vôtre état d'obéir, vous qui en avi fait une prot'eflion fi folcmnelle, &q ne pouvez vous en difpenfer que d.v le cas où l'on vous ordonneroit d chofes manifeftement contraires i la L> de Dieu ? Or l'Eglife peut-elle tomb dans cette erreur? Elle qui c(l l'Ente prête & la dépo!ira.ire de la Loi < Dieu, peut-elle vous piopofcr delà-- 1er?... Voyonscequeporte le fer1 qu'on vous demande. Veut o\ I jariaz que vous fçavcz. pu I propre lumière, que îti Yto^ c 1
faW dans le Livre dejan-
,, que vous n'avci point Il'j, que s n'entendue*, point quand vom jrtezliî, Se que vous ne deve* point te.' Non fans doute, mus on veut ;jue vous adhériez, au jugement de l'E- glifc, qui l'a lu, qui l'a examine, qui ,. l'a jugé ; on veut que vous préferi» „ Tes lumières non-feulement aux vôtres, „ fi vous en avez, mais aufC à celles de „ vos Docteurs: on veut que fur la paro- „ le de l'Eglife vous dil'iez en même „ temps anathême à la doctrine qu'elle „ a condamnée, & au Livre ou elle l'a „ trouvée.,, La Loi efl claire. M. le Cardinal montreavec faint Augultin, qii'e! le eft du moinsauffi juile; îc que tout fetoîc renvcvfé dans la focieté, fi on ne vouloi* croire que ce qu'on connoit par foi-n me. Son Emmcnce fait voir en même temps jufqu'où les Filles qu'EUe inltiu doivent porter le ménagement qu'il e permis d'avoir pour la mémoire de Jan- HBÏilti & après leur avoir déclaré de quel- le Foi Elle les engage à croire le fait du Foimulaîre, Elle leur remet fous Usyeur les maxime» feditieufes de leurs Doétems. L'indignation qu'excitent ces maximes, donne une extrême, fotee aux reproche! oui les fuivcut, & à la remomunce vive « pathétique qui termine h Lettre. Elle cil iiicV du H Décembre 1710.
B11 \J*
R N * L DES S Ç A V A N S.
es qui l'accompagnent, & qui eflces de routes parts à M. le ■ Noaiiles, font des têmoigna- itans de Ton zèle. La dilper- upeau, l'éloignement des bre- ;(iftance même , ont paru re* tteution & la charité du Paf-
je de finir, nous croyons qu'il s d'avertir qu'à la fin du pre- :il on voit i, des Extraits d'E- :i entre les mains des Rcligieu- t-Royal des Champs. 2. Un
de Calendrier. 3. Quelques- raifons des nmveaux Saints de . Sur ce dernier article nous nierons d'obferverque les Saints it, font un ConfcffeurPomife,
un Prêtre , îk un autre dont point exprimé. A l'égard du , il commence ainfi : ,,Mars. ■emier miracle de la Tain te Epine ■Royal) 10. Naiflance & Bap-
M. de Sacy, 1613, 31. S. A- rophete. Mai. i. Profeffion ère Agnès. 1. Le faint Prc remie. 4. Ce jour 163Î, mr anfenius , Evêque d'Ypre
Profeffion de nôtre Mer'
13. Ce jour 1658, r ■euie petite Mane-T
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exemç\e îufà ». yavote.Jïj'.
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,, l>::^ m je ., qa'i! a énH „ dent des ch », yemier qu' »., plus Dieu «. piit, ptt ■» nom o"' cono
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J »NTIEI 17
„ âgée de quatre ans , fept mois.,. Un exemple fufnra auitipour dunner l'idéedes Extraits 8c des réflexions que l'Editeur y a j ointes. XII. Eitb*it, „ S. Michel „ eft le premier adorateur de Dieu, le „ premier Chef des Armées de Dieu , le „ premier qui nous a appris à obéir à „ Dieu en defobéitTant à nos Supérieurs „ qu'il a établis , lorlqu ils nous cominan- „ dent des choies contraires à Dieu; le „ premier qui nous a appris qu'on fert „ plus Dieu par la volonté que par J'ef- ,, prit, par les fortes & ardentes a ffèc- „ tions qu'on a pour lui , que par les „ connoîllances qu'on a de lui. Car en „ cela Lucifer iurpaiïbit faint Michel, „ Celi-à'dirt que lit Fillti de Pari-Royal , ,, maigri leur peu de lumière, doivent rifijler „ avec autant de courage aux Papes , v aux ,, Evèques, qui S. Michel tefîjlj à Lucifer, qui était fan Supérieur , t? qui le fitrf af- fût to conaùijpintes. La tomparmfen dx Pape C des Evéquts avec Lucifer w les m Bernons dt fa fuite , m dtvroit trouver ,, place qui dans les écrits furieux d'un Lu- ther.^
Hiftorîa Infeflorum , Auflore J 0 a n n e R.A10, Collegii S. TrimtatisapudCan- tabrigienfes , & Societatis Regiœ olira. Socio. Opus çofthaTOx^Y™*-''*"*"'*^ Societatis Lonàin^fe «Ltosso»- »" ï
I
30 Journal du Sçavanï. fubjungitur Appendix de Scarabœis Bri- tanniefs, Auftore M. Listeb S.R.S. ex MiT. Mulxi Aslimolteani. Londini, impenfis A. & J. Churchill, ad infigne nigri Cygni, in vico dieto Pater nèficr- Row. 1710. C'cit-à-dire : L'Hijloire des In[tt~tcs , par Jean Rai. Ouvrage peft. hume , imprimé par l'ordre àt ta Société Bayait de Londres. A quoi on a joint un felit Mtmoin de M. Lifter fur ks Efiar- bots d'Anfititrrt. A Londres, chez A. 6cJ. Churchill, à J'enfeigne du Cygne noir, rue" du Pater nejiir. 1710. vol. in 4. pp. 400.
Vf R. Rai dans cette Hiftoire décrit tous les Infeftes connus, comme les ver* de terre, les vers qui naiflentdans le corps des animaux, & toutes les autres efpeces: Les fangfuës, les punaifes, les puces, les poux, les feorpions, les araignées, les cloportes, les fauterelles, les grillons, lei eicaibots, les mouches, les papillons, les chenilles, &c. Il commence d'abord par expliquer le nom d'Infecte, puis il divife les Infectes en deux genres , fçavoir ceux qui n'ont point de pieds, & ceux qui en ont. Les premiers naiiTent ou dans la terre, ou dans le corps des animaux, ou dans l'eau, Ceux qui naiflent dans la ter re font ks vers de terre , dont il y a pi £cars efpeces. Ceux qui fe pioiuilettVi.
1 tiirm i7ii. 31
le corps des animaux, & principalement dans celui de l'homme , font auiïi de di- verfes fortes. M. Rai renvoyé là-deffu* fes Lefleurs au Traité de M. Andry fur la génération des vers dans le corps hu- main. Ceux qui s'engendrent dans l'eau font de quatre elpeces différentes , entre lefquelles on compte ici les fangfuës.
Pour ce qui eit des Infcftes qui mar- chent, au lieu de fe traîner,, les uns ont fu pieds, comme les vers de la farine ; la puce, toutes les fortes de poux qui dévo- rent les animaux) les autres eu ont huit, comme !e fcorpion, l'araignée, leciron, &c. les autres quatone, comme îc clo- porte, les autres vingt-quatre, les autre* trente, &c.
De ces Infeâes les uns fubifTent diverfej métamuipholes & les autres d-meurent toujours dans leur première figure. M. Rai rapporte la-defliis divers exemples, & après ces préliminaires , il vient à fort deflein, qui ell de donner l'hiftoire & la deferiprioB de tous les Infectes- Nous ne feaurions le fuivre dans un champ fi vaile, nous nous contenterons de rapporter en abregccequ'ilditde l'araignée, après MM. Willughbi 5c Lifter. 11 commence par faire h dcfcripiion des parties extérieures de l'araignée; puis il vient à « «jù -«^ garde la géaéttûoii è,e cc=> •vwm.'»-"^ , \» conflruOion 4e \wiïtt»e , X-mb»»3**^
1% Journal des Sçayan s.
elles vivent , la nature de leur venin , 8«. Quant au premier article, routes les arai- gnées ont à la tête deux efpeces de dards, avec lefquels elles piquent ; au defius de ces dards, qui fout plus forts aux mâles qu'aux femelles, on voit deux petites cor- nes interrompues par des jointures, com- me fi c'étoir. des jambes. La tête de ces animaux n'eft distinguée de la partie de défions par aucune interfeâion. Les a- raignées ordinaires ont huit yeux , les au- tres n'en ont que deux; ces huityeuxleui fervent pour conduire plus régulièrement les filets de leur toile. Elles ont toutes huit pieds , mais ces pieds varient en grof- feur, en longueur, & en fituation, félon les efpeces. Le ventre de celles qui ont luit yeux eft diflingué du refte du corps par une inteifeétion confiderable, au lieu que les autres ont le corps tout uni. Aux unes & aux autres on voit feutir de l'anus comme deux petits tuyaux, dont l'ufage eft dr conduite les filets qu'elles tirent de leur ventre. Les araignées font les unes fans poil, & les autres couvertes de poil; les unes ont le de (Tus du corps molafle, & les autres l'ont dut, & comme couver d'une croûte.
2. Pour ce qui eft de la manière d' les araignées multiplient, elles s'accoup comme la plupart des animaux , 8c toutes orJpares. Loifquc le teur
I
foi ce
Janvier t?ir. 33
femelle eft en eltat de concevoir commence à approcher, le mâle ne la quitte point, & il mené alors avec elle, dit nôtre Au- teur, une efpece de vie conjugale. Ces limaux ne s'accouplent point qu'ils ne lient parvenus à une certaine grandeur, ce qui n'arrive guéres avant un an. Les petites araignées font un petit nombre d'œufs, mais les grandes en pondent juf- qu'à mille, & au delà dans un feu] élé. Ces œufs font ronds , 6c couverts d'une membrane fine & tranfparentc , qui laifle voir ce qui eft au dedans. La couleur en eft différente, félon les différentes efpeces d'araignées : les uns tirent fur le blanc, les autres fur le jaune , les autres fur le bleu, les autres fur le rouge. Ils différent aufli en grandeur ; on en voit qui font gros comme des grains de moutarde, & d'autres comme des femences de pavot; tantôt feparez les uns des autres ;& tantôt comme colez enfemble; la femelle ne les couve point, mais elle fe tient auprès. Ce quelquefois elle les porte avec elle. 11 fe pafTe ordinairement vingt jours avant que les petites araignées en éelofent.
3. Au regard de la toile que font les araignées, ces animaux commencent a fi- ler dès qu'ils font fortis de. l'œuf. Il n'tft pas certain néanmoins que les araignées qui n'ont que deux yeu,* \t Vï&ots. %.-«*■» ^ Les mâles filent comme\w towK**'^^.
j4 Journal des Sçavak s,
plus rarement. La matière de ces fils c dans le ventre de l'araignée , & elle I< fournit par l'anus. Ils fortent quelcuefo: plufîeurs enfemble tout diflingtiez les ur des autres : ils font tous fans interruptioc foit que l'araignée les jette d'elle-même fuit qu'on les lui tire par curiofité; mai l'araignée les rompt quand elle veut, l où elle veut, félon la conflruétion de l toile : tantôt elle les difpofe en petits pe lotons , par le moyen de fts pie! qu'elle fait tourner par deflus fa tétei 8 ce qu'il, y a^ de plus furprenant, c'eft qu parle moyen d'un de fes fils elle a ladreflé quand l'air eft tranquile , de monter ai plus haut de l'air, &i jiifques aux rués Ce que je puis allurer, dit l'Auteur, c'd que j'en ai vil s'élever ii haut, que quo que je les obfeivafle avec foin , 8c que y fufle fur une tour très-haute, je les per dois enfin de vue. Ce ne font que le: jeunes araignées qui s'expofent à ces forte de voyages, les autres habitent paifible ment leurs demeures. Une obfervatioi qu'il ne faut pas oublier ici , c'eft qu. l'araignée, après avoir déployé plufieur aulnes de fil , les retire dans fon ventr quand il lui plaît. Les araignées quitter leur peau tous les ans , & en font r nouvelle , c'eft pourquoi on trouv fouvtnt des dépouilles d'araignées Jeun toiles.
Janvier 171t. ^
4. Quant à l'aliment dont l'araignée fc nourrit , il ne confifte guércs qu'en mou- ches; & c'eft par le moyen de fa toile, "elle vient à bout, comme l'on fçait, de ftirprendre ces petits infeâes, dont elle fuce toute la fubftanee. Elle avale auili quelquefois des morceaux de mouche, comme il eft facile de s'en convaincre, en examinant ce qui eft contenu dans fes excremens. Les araignées ne s'en tiennent pas toujours aux mouches, elles fe dévo- rent quelquefois réciproquement , & fur- tout n'épargnent pas les œufs les unes des autres. Ces animaux ne font point de provifion pour l'avenir ; ce qui vient de ce qu'ils le paifent facilement de nourri- ture, & on remarque qu'ils n'en prennent point de tout l'hyver , quoi qu'ils foient alors tout auffi agiles qu'en été. Ils peu- vent même vivre en toute faifon fort long- temps fans manger, & M. Redi dit avoir enfermé des araignées dans des vaifleaus de verre, lesquelles y ont demeuré près de fepi mois fans mourir.
j. Le venin de l'araignée ell moins dangereux en Angleterre, & dans tous les païs froids qu'ailleurs. Quelque nuifi- ble que foit ce venin lotfqu'il entre dans le fang par quelque piqueure, il ne fait point de mal étant avalé , ce <a>\\V v *^ itimun avec le vwvu\ fc*^fia&SMB\JÏÏSJ« maux : la taiïoa to «ft-c^V*^^ £» û 6
36 JoURVAt DES ScAVAKS.
différentesaveclefquelles ils fe mêler l'eftomach , l'altèrent & le corrigt telle forte , qu'il a perdu toute fa avant que de pafler dans le fang. M bous donne ici fur les différentes e d'araignées pluiieurs Obremtions c fes, que nous laiffons , de peur de trop étendre. Nous voudrions pc rapporter quelques articles fur ce qu cerne les autres Infectes, mais cela meneroit un peu trop loin.
* Elogt dtMr. E A ! N A G E D E B E A 1
Auteur de l'HiJhire des Ouvrants dt
V* Es sire Henri Bafnage Sieur de val étoit né à Roikn l'an 165 de Mr. Henri Bafnage Seigneur du quefnoi Avocat au Parlement , fi par fon Commentaire fur la Coutur Normandie, & Auteur d'un Trail Hypothèques qui viennent d'être réi me 7. pour h troifiéme fois en z. v folio.
Henri Bafnage s'appliqua à l'étu Droit, & futreçuaul'arlementdel l'an 1676. Au lieu de fuivre le Bar il alla à Valence continuer fes étude Mr. de Marville qui enfeignoit avec
*Ca An/de rS tiic du Journal de 1
J k m v i i r 1711. yt
coup de réputation : étant de rttout il plaida avec fuccès . & l'on voit dans le Commentaire fur la Coutume de Norman- die divers Arrêts rendus fur fes Plaidoyer». Il commençoit à entier dans le grand emploi, lorfque la revocation de l'Edït de Nantes le fit palier en .Hollande Tan 1687. Mr. Bayle qui étoit alors malade, ayant abandonné le deffein de continuer fes Nouvelles de la République des Let- tres, Mr. B. de Beauval entreprît de faire la même chofe fous on autre titre : il pu- blia l'Hifioirt ici Owurstget des 5f «vans , qu'il a continuée jufqu'à fa mort arrivée le 19. Mars 1710. Il écrivait avec beaucoupde politefle , s'il n'étoit pas prodigue de louanges, il épargnoii auflîtous les termes qui pouvoient choquer la délicat efle des Auteurs : il fe contentoit de faire fentir Je défaut d'un Ouvrage, & le jugement du public s'accordoit ordinairement avec le lien. 11 n'étoit point partial fur les ma- tières de Religions il esaminoit les rai- fans Se les faifoit valoir fans avoir égard à la qualité de la perfonne qui les avan- çoit; il ne prenoit prefquejamaîsdc parti. On a feulement remarqué qu'il méloit ttop fouvent fes réflexions avec celles de fon Auteur, & qu'il étoit très-difficile de diftinguer les fentimens de l'Ecrivain, dsa pemecs de celui qui faifoit les eï.vx»K. Ses démêlez avec Mr. juneu O'ES. ^*
38 Journal desSçavanî. trop de bruit pour n'en pas dire quelque choie , d'autant plus qu'ils ont produit pliifieurs écrits de part & d'autre. La
Îuerelle commença par les Pafloureauxde lauphiné, 8c la Bergère de Cret qui pre- noient la qualité de Prophètes pour débi- ter leurs impoftures. Mr. de Beauval eut quelque part à la Lettre d'un Théologien qui parut * contre ces prétendus Prophè- tes. Mr. Jurieu crût le reconnokre, 11 Je regarda comme fon principal ennemi, 8c lui déclara la guerre par un Aviî inju- rieux. Mr. de Beauval fit une Rifon/e d* t Auteur de l'Hiflàre des Ouvrait du Sfa. ■vaas , à l'Avis de Mmfiear Jurieu Auteur du Lettrei Paftoraies in n. 1690,
Là Mr. de Beauval fe jullifi» des accu- rations de Mr. Jurieu, & prouva que la honte d'avoir été convaincu fur la tau (Té- té des prophéties de ces petits Prophètes, étoit le véritable fujet de la haine de ce Miniflre. Mr. de Beauval préfenta au Synode de Leyde en 1691. une dénon- ciation delà doétrine de Mr. Jurieu qu'il combattoit fur plulieurs articles. Mais comme cette dénonciation étoit anonyme, & que les Synodes regardent comme des libelles tous les écrits qui ne font point lignez, on n'eut aucun égard à celui-ci. Cependant Mr. Jurieu fe crût obligé de publier deux Apologies: l'une défend princi-
S £, 16$).
J a m v i £ r I7iï. 39
paiement fa conduite , & l'autre fa doc- trine. Mr. de Bcauval répliqua fous ce titre , Exitmtn de U doflrine de Mr. Jurieu, pour ftrv'ir de riponft à un libelle intitulé , féconde Apelt^ie de Mr. Jurieu.
Cette affaire eut des fuites, mais com- me elle fe plaidoit dans le; Synodes , Mr. de Bcauval n'y a voit de part que comme témoin.
Dans le même tems * Mr. Jurieu pour- fuîvoit Mr. Bayle comme Auteur de l'A- vis aux Réfugiez , & il aceufa dans fes pourfuites Mr. de Beauval d'avoir inféré dans Ton Journal deux Lettres qui favori- foient Mr. Bayle, 8c prouvoîent qu'il le faifoità Paris une Edition de l'Avis. Cela produifit de h part de Mr. de Beauval une Lettre fur tes diffiren, de Mifitun Jurieu V Bayle, & Mr. Jurieu ayant publié une nouvelle Apologie, où i! vouloir prouver que le Sieur de Beauval étoit complice de l'Avis aux Réfugiez, 8c que les extraits des Lettres de Paris qu'il avoir publiez ctoient faux, Mr. de Beauva! réfuta ces aceufa- tions par une Réponfe à l'Api loge de Mr. Jurieu. b Ces démêlez furent un peu fufpendus par la maladie de Mr. Jurieu: mais comme en reprenant le cours de fes Lettres paitorales , il reprenoit aui'ii le même efprit, c on luïaddrclfa uw Lsxwt fort vive conuc ïeïçw.'^à •«,«,'&»•«. ^""v^.
» Eu lisi. b Aid. t En WîV
ip JouilNU DES Sç^VANJ.
les Lettres qu'il publioit Tous le nom Fidelles de France , Lettre du Tidtllei France* Mr. Jurieu fur fa 2ï. Lettre p, mit, lignée le Frvrei celle Lettre fut tribuée à Mr. de Beauval , il fit enc deux écrits contre le même Auteur. C fideratiom fur deux Sermons de Mr. Ji touchant l'amour dit prochain, où l'en t incidemment cette quefiîon curieufe, t'il j hdk Mr. Jurku. L'autre a pour tî Mr. Jurieu convaincu de calomnie c? d psflun. Ces Meilleurs fe font enfin conciliez, Mr. de Beauval fe feulant i lade en 1710. envoya faire à Mr. Jur des complimens.
Mr. de Beauval fut attaqué d'une I dropifie pluiieurs mois avant que de s appercevoir. Il fut étonné de voir jambes fort enflées à la fin de l'an 17c cela fut fuivi d'un dégoût total qui lui perrnettoit l'ufage d'aucune viand foneftomach étantabfolumenr ruiné, to les remèdes qu'on lui fit furent inutiles, fentit bien-tôt que fa maladie tendoit à mort ; il s'y prépara afin de la voir arriv avec une parfaite tranquillité. En efl la ferenilé de fon efprit ne tut jamais tro blée, & ne parut peut-être jamais pi grande que dans les derniers jours oùilétf a l'extrémité. Il s'entretenoit avec pif avec fes amis. Il pafli h dernière *rcc eux dais cet état. Si ne f»"1"
J»N'IEK I7U". 41
, difoit-il , puifqu'il mourait en leur |»éfencc. On le coucha pour trouver quel- que repos, & après avoir dormi un demi quart d'heure, eu s'cVeillant il tomba ap- paremment quelque flegme qui coupa la refpiration, la connoiflanee fe perdit, & il rendit l'efprit un quart d'heure après. II étoit ami fidelle & délicat, ennemi des igcs; il ne pouvoit foufiiir qu'on lui
□ donnât. Sa modeflie croît fincere & véritable; il rravailloit à la nouvelle re- formation du Dictionnaire deFureriere, dont la première Edition d'Hollande avoit paru l'an mille lept cens un , & la fécon- de l'an mille fept cens neuf : il n'a pas laine de donner pendant fa maladie quel- ques heures à ce travail auquel il Te plaî- ioit. Il avoit eu du chagrin de ce qu'on lui avoit enlevé fort Ouvrage, & qu'à la faveur de quatre ou cinq feuilles de chan- gemens , on prétendoit avoir donné un nouveau Dictionnaire , quoique ce fût véritablement le fien dont on avoit copié jufqu'aui fautes. Mais fur-tout il étoit fiché de ce que plulîeurs chofes lui étoient échappées dans la première Edition, qu'il roulait changer dans la féconde. Il croît "ort avancé dans fes corrections , 8c il a u- roit conduit cet Ouvrage prefque à la ^erfetftion, fi la mort ne l'avoit ntévtwa.-
La Famille de Mi. dtïeiœ»*. ^tate.^ "e eu Auteurs, ouuc ctt TO^'stt^;
3DKNAL DES SçaVAN
feu Monfieur l'on père , die 1 i la République des Lettres Mr.
aujourd'hui Miniure à h Haye MonfieurdcBeauval j ôcMonfieur de Flotte m an ville.
Teftamentum Grœcum , cum unibus variantibuî MIT. exemph-
verlîonum, editionurr, , SS. Pa- St Scrîprorum Ecclefiaftii:orum;fc 'dem notis. Aeccdunt loca Scrip- parallela, aliaque exegetica. Prœ- ur Differtatio de Libris N. T. Se lisconiriturione, & S. TextusN. ris ad nollra ufque temporaHifto- Studio & labore Joannis Millh , P. Colleifiionem Millianatn recen- mdiori ordinedifpofuir, novifque ionibus locupletavit Ludolphuï Ebos. Excufum Amftelodumi , &
t< Liffit, apud ych. FriderUurn Gk- V fil. ilio. C'eil-à-dire : Lt a Teflamen: Grec , avec ks diver- ;mi t'trêts du Manitfcrits , dis Ver- dis Editions , desSS. Péris, & du «ni Ecckfiajtiques : & des Notes fur verftt Leçons. On ) a joint les il parallèles de l'Ecriture ; d'autres t \! peuvent ftrv'ir à L'eXflkaiiir ; Ç^ tint Differiat'mn fritte* ie h faire tmuitn lei Livr ■fini U C*mn dit N. T. <?
Janvier i7ir. 4*
on J* ce Cane» , £r à conduire l'Hîf- .. :t dit Ttxli Sacri jufqtt'à nôtre ' Par Jean Mill , ProfeJJeur m Théologie. Nouvtlh Edition , revue, mife tn metlltur ordre, çr enrichie dt plafieurs addition! P*r Ludolphe Kufter. Imprimé à Amller- dam, & fe verni a Leipfic, cheijean- FridericGleditrdïSc fon fils.& à Rotter- dam , cheï. Fntfch & Bohm. 1710. fol. pp. 63 z.pourle Nouveau Teftamenti,. I6ï. pour les Prolégomènes de M. Mill.
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'leur f 1er- :an- tter- .fcl.
VUeii^ue applaudi (Ternent qu'air re- £-çù l'Edition du Nouveau Tellament Grec, procurée par les foins de feu M. Mill à Oxford, en 1707, infolio, Stdont nous avons rendu Un fidèle compte dans le Suplément du Journal (Juillet 1708. pag. iôj.) elle n'a pas été exempte de la cen- fure de divers Sçavans, qui fans réfuter à ^Editeur la toûange dùë à fon travail im- menre, ont trouvé que fon Ouvrage pou- voir être conduit à une plus grande per- fection , foit pour la commodité , Toit pour la richeife & l'exactitude. Dunom- bre de ces Ccnfeurs ont été 1. M. Ltn- faut, Miniftre Françoisde Berlin, qui s'en eft expliqué par deux Lettres Critiques, inférées dans les Tomes XVI. & XVIII. de la Bibliothèque Cbelfit de M. le Ciste, v\~ M. le Clm tuvn&mt , «£»■*■ fc^W-^.1^, ce fujes une D\&tm\na^A«»ft vasflP0*^
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AL DES SçAV
volume de fa Mil/nU-iue ï«i) 3. M. pfajf, Auteur flertation fur la même ma- ie depuis peu à Amfter-
e M. Mill, que la mort a t de pouvoir profiter des a- ilesCritiques, ou derépon- eétions, voici le fçavant & Kufter, qui en adoptant, , l'Ouvrage du Théologies
.» 6 Journal dis Sçavams.
irAiJiiïfiiia. , font des fautes de Copiftevon d'Imprimeur: kin & !#*»» *"ril 8; «»Ti, ■1 & ««i, V«ir"' Se if A IH , font des varierez d'orthographe , &c. Du refte (obferve nôtre Editeur) on trouve beau- coup de diverfes Leçons de ce premier genre dans la colleâion de M. Mil!.
i. M. Kufter met au rang des diverfes Leçons douteutês du N. Teftamcnt, le» citations de ce Livre Sacré tirées des E- crits des anciens Pères ; mais ii le fait à ces conditions , Que ces citations ne foient autorises par aucun Minutent, ni par aucune Verfion ancienne, Bî Qu'elles fe trouvent exprimées en mêmes termes dans les Ouvragesdedeux de ces Ecrivains au moins, ou eu différais endioirsdumê- me Père. Car en ce cas , bien qu'il ne foit pas certain que la citation fut alors conforme à quelque exemplaire du Texte Sacré, on a lieu de préfumer qu'elle pou- voir n'en être pas différente, puifqu'il fe- roit allez difficile que deux de ces Ecri- vains, par un pur hazird, fe futTent ren- contrez dans tous les rennes d'un même pillage ■ qu'ils n 'auraient cité que de mé- moire l'un & l'autre ; ou que le même Père eût été fur ce poinr d'accord avec lui-même, en écrivant fur différentes ma- tières, 5; en divers temps.
3. Les diverfes Leçons de nulle eoafd- çtience font celtes qui n'apportent aucun
changement au ftns des partages oii aies te trouvent. AinJÎ , par exemple , il importe fort peu pour le fens qu'on life
■ ij-i), OU M" *>*i Verrai, OU MsMrwî y*. (iT&M , otl y"itB" i Aa»-"" ■ OU t^\iru*nï
"'"«A. ou iMfx1»' ôuWçeftpj V*, ou £*»-
*»j W'i OU '"*'ï M»TÎ[, OU Maà«t; cMi:.St'<
ou Aitorirt tout en un mot, Src. Or 1« diverfes Leçons de ce genre font en fi grand nombre , que l'on eft étonné de voir combien il en rette peu de celles qui portent coup pour le fers: 8c c'eii la prin- cipale utilité qui refaite de la colledionde M- Mil! . de pouvoir fe convaincre une bonne t'ois , que malgré la multitude pro- digieufe de variaîionsqu'ellenousprefente, lej veritei effcntielles contenues dans le N. Teflament, ne courent aucun rifque, 4. Quant aux diverfes Leçons qui doi- ■ regardées comme importantes, . Kuiler nous renvoyé fur la plupart à amen qu'en a fait M. Mil] , tant s fes Prolégomènes, que dans fes No* :s; fe contentant ici d'en indiquer feule- X quelques-unes, fur lefquelles il pré- :nd que le Critique Anglois a négligé :rcer la cenfure qu'elles mériioient, 'a pas porté un jugement suffi juite eût été à fotihaiter. Voici quel- ; exemples des négligences & des ■prifes de M. Mill» tele.ve.fa y-w. -ïSsws.
48 JoUKHAl DES SÇAYfcNS.
Sur ces paroles de S. Luc ( Cli. xvi, j, ) ncàwno ii in-*."'*» ;« im puis irmailii, la terre , M. Mil! rapporte pour dive Leçon un paffage tiré de Suidât, au rr (Oà«i)M>rtf*«i) & conçu en ces termi «■hîsti» ** twis-t/jm', je ne fçai point iravt 1er à la terre; comme fi Suidai eût e prunté" de Saint^Luc cette expreflit Mais l'eiplicatiojl-quY ajoute Suidas , <
iriet/t*', *vtî ii, i! fit s/au, je ni fç&i pal
au lieu de je ut puis , n'a pas permis à J Huiler de s'égarer ici avec l'Editeur A glois, & lui a Fait connoitre . que ce! phrafe , bien loin d'être chez le Grar mairien Grec une citation de S. Luc< un piiïige à' jtri/hphtuie, dans la Coméi du Oi/eaux, vers 143!; ainli que la ne du Scholiafte fur ce vers, laquelle etl m pour mot la même qu'allègue Suidas, 1 laine aucun lieu d'en douter. Qui fe f imaginé que l'étude du Com.ique Gr eût fervi fi à propos M. KMer , p rapport à la Critique du N. Tcftameni? Sur ces mots qui le lifent dans foi Marc ( vu. a. ) wAj;f»l > ntirn Mtrw avec des mains impures , c'ejl-à-dire non 1 vies, Mr. Kufter obferve avec bc^uco de vrai-femblance, que ces deux demi! («Tiî-iriWTut) pourroient bien être ■
5 lofe ou une explication des deux piecer aquelle fe feroit introduite de la r ' w)e leste. 11 croit aulii que '
J ft M v t s K 1711: 49
{iW(tt»0 qui le lit au ; verfet du même Chapitre, eft encore une explication mar- ginale . qui a chaiTé du texte le mot Hnûct qu'on trourc dans quelques Ma- nuscrits, à la place d'**»w*. ou joint à ce même terme. 11 fait un fcmbUble ju- gement de ces mots, '*< «i>««« fan»»i fur de; faux de chèvre , qui dan* l'Epitre aux Hébreux (11.57.) fuirent immédiate- ment ces deux autres (>> fui***») donc la lignification eft la même. Ces remar- cjues ont échapé à M. Mil!.
M. Kuffer obferve encore fur le pafTage de faint Jean {7.4.) où il dit Qo'à Jt- rufaleirt un Ange dtfcmdât du Cltl eu m» ttrtmn ttmpi , peur traatler l'eau de U Pîfilne Ht htihfaidc , qu'il patoit pat quel- ques anciens Manufcrits , qu'autrefois on a regardé ce paûage comme douteux, ta effet ( continué- 1- il) dans un Manuferit Latin de la Bibliothèque du Roi de Fian- ce (cotté 4.582) 8c dont l'écriture en let- tres majuscules atrefte l'ancienneté, ce 4 verfet ne fe trouve point dans le corps du Livre , mais on le voit ajouté à la marge fupeticure de la page, paruneraain plus récente. Ce même verfet manne ~ dans un Manufcrit Grec de la même 1 bhotheque (cotté 2441) ainS que da deux Mit de la Veriîon Copte du mèo endroit,' Se dans un Ma&v&crw.'iw-V tin de a BibUothsc^ae. &e. C
JO JotltlNAL DBïSÇAVANJ.
quel a autrefois appartenu à Thttâm d* Sètt. Cependant (ajoute M. Kufter) s'il cft vrai que l'on ait inféré originairement ce verfet dans le Texte de fatnt Jean, il faut que cette addition foit plus ancienne eue Tertulticn , puifquc ce Père avoit fans doute ce paffage en vue, lorfqu'ilccrïvoit dans ion Livre dit BafUmt, Pifcinam Btth- fitidam Angtlus intervenient commoveht, &C. Un Ange furvenant agitait U Pi feint dt Betb- faide. Du relie, M. Mill avoit palTé fort légèrement fur ce verfet,
Dans le partage de la première Epître de S. Pierre (11.1S.) iwrtpwi ™ï ttr-
■mine, i ptm tëis i^i9ett xai •«•Hfhr, *J.\« xxt Tsït »*sMa7f, étant fournis à vos maîtres, tien- feulement k. ceux qui font bons er doux , mais encore * aux qui font fâcheux , il y a grande apparence que l'Interprète Latin a ]ù jvi*i>M! pour mwwfti puifqu'il a con- fervé ce même terme {dyfcolis) dans fa verfion. Mai» M. Mill , dans fes Note? & dans fes Prolégomènes , va plus loin il prétend que Aicmmk eft Ja Leçon vert table , dont le mot (««Joî<) n-a été d'à bord que l'interprétation , quoi qu'il ei ait pris la place dans !a fuite. C'eftdeqac M. Kufter ne tombe pas d'accord, ne feulement à caufe du contentement ' nîme de tous les MIT, connus aujourd dans /e/quels on lit conllamment »*» mais encore paice, qiw te 4«mst
J UN VII H 1711. çr
Grec ayant une lignification plus vague 8c plus étendue que Mùmh, il eft bien plut naturel de penfer qu'on a dil employer celui-ci pour déterminer le vrai fena do l'autre.
Il ne nous refte plu; maintenant qu'à marquer en quoi cette nouvelle Edition eft différente de celle de M. Mill. Le Texte Sacré eft ici imprimé à deux co- lonnes , & lesverfetsy font diflinguez non- feulement par leurs chiffrés, comme dam l'Edition d'Oxford, mais encore par dés À4ine,%. Au deflbus du Texte paroiffent les renvois aux paffages parallèles des au- tres Livres de l'Ecriture ; & ces renvoii forment des lignes qui occupent toute la largeur de chaque page. Cela eft fuivi de» diverses Leçons 8c des Notes imprimée» auiïi à double colonne, 8c diftinguées par des chiffres & des à-lineû, qui répondent à ceux du Texte. Cette partie île l'Ou- vrage eft confiderablement enrichie par quantité d'additions, qui font de M.Kuf- ter, 6c qui pour n'être point confondues avec ce qui appartient à l'Editeur An- glots, ont été renfermées entre ces deux marques (tj:). Outre cela M. Kufter a eu foin d'inférer parmi les Notes 6c iesdiver- fes Leçons de M. Mill, 1, toutes celles
tnt celui-ci avoir compofé le, taw% *v- dix de Jbn Édition. ». Yws*»».***; rations tirée d« ïwXfewn»*»»**' ■
5* JouhnaidesSçavans. me Editeur. Ces Prolégomènes ne biffent pas d'être imprimez ici dans toute leur etenduèi & ils ont cela de plus commode que dans l'Edition d'Oxford, qu'étanrpar- tagei en petites feétions par des chiffres marginaux , on pourra dans la fuite en délignet plus préufément les endroits ci- tez. .
Au refte, les diverfes Leçons ajoutées ici par M. Kufter , font tirées de douze Manufcrits Grecs du N. Teftament, par- mi lefquels il y en a neuf delà Bibliothè- que du Roi de France." Le plus ancien & le plus confiderable de ces neuf Ma- nufcrits eiï celui qui vient du Cardinal Ro- tlolphi, & qui eft fous 1a cotte (roos.) Il a cela defingulier, que les feuillets de par- chemin dont il eft formé , portent deux fortes de carafleres. Les uns très-anciens & prefque effacez, nous prefentenr la plus grande partie du N. Teftament.maïs dans un defordre & une confulion extrême. Les autres plus modernes , & qui font prefque les feuls qu'on apperçoive, cora- pofent les Opufculesde S. Epl/rem. C'eâ M. Boiviu, l'un des Gardes de cette Bi- bliothèque, qui le premier a découvert des morceaux du N. Teilament , dans l'écriture prefque effacée de ce Manufciït s & qui en a recueilli quelques diveries Le- , çons, qu'il a communiquées à M. Kufter, I ■& qui font inférées dans «ss* Edition.
J A K VI B x 17*1* SS
maladies compliquées , les maladies qui fervent de remèdes à elles-mêmes ou a d'autres, le retour des maladies en dedans, les fièvres intermittentes , les fièvres ma- lignes, la perle, les maux que fait le froid, la fituation la plus convenable aux mala- de». Nous ne fcaurions donner l'Extrait de tant de D ilTe nation s , nous nous bor- nerons à celle du ferment de l'eftomach. Il s'agit de fçavoir fi l'appétit & la di-
feftion font l'effet de quelque acide. ,'Auteur prétend que non. Il rapporte les raifons dont on peut appuyer l'opinion contraire; il réfute ces raifons, aprèsquoi il établit fon fentiment, qui elt , que l'ap- pétit & la dîgcftion "tiennent d'une fer- mentation produite par les efprits, indé- pendamment de tout acide Se tout alcali. Cens qui foutiennent ici le parti des aci- des, rapportent en faveur de leuropinion dîveifes expériences, dont voici les prin- cipales, i. Si l'on boit du lait le matin à jeun, & qu'enfuite on s'excite au vo- miifement, ce lait aura une odeur aigre, & fera même un peu coagulé : preuve roanifefte , dit Tachenius , qu'il y a un ferment acide dsns l'eilcmach. x> Un peu de limaille d'acieravalée, excite bien- tôt dans la bouche une odeur de fotiphre; & cette odeur clï toute fcinblable à celle
rt 'élevé de deiTus la oauàw. S-mm».^ d on t'a atiotcc Kw» *.«»■> V ^
54 JûBRNAL DES SÇATAM».
Phïtippi Wilhtlmi Stotkii. 1710. C'cft-l- dirc : Les Difftrttuittts dt Rivinus fur divers fujttt de Médecine, rajfembltes data nn mêrne Rimeil, A Leipfic, aux frais de Philippe GuillaumerStock. 17 1 1. vol. in 4. pp. 944. Se trouve à Amilei- dam chez les Waesberge.
£*Es Diffcrtations dont on nous donne ici une nouvelle Edition , font au nombre de 47, toutes fur diffërcns fujets. Ces fujets font, !e Médecin Parfait, le Médecin Superflïiieux, les propriété! des medicaraens, l'effet incertaindes remèdes, l'abus Se l'inutilité de la plupart des dro- gues que débitent les Apoticaires, !a Mé- decine dans les alimens ', les avantages de la vie champêtre , l'efprit vital de l'hom- me, la force de l'imagination, lavifion, l'apoplexie, les remèdes anti-cpileptiques, l'efouinancie, l'enrouement, l'aillime, le crachement de fang,la phtliifiej'empieme, la palpitation de cœur , le ferment de l'eftomach, la faim canine & la boulimie, a digellion difficile , la bile, le volvulus, _a lientetie, la génération du fan g, la d<* pravation du fang , la nutrition, le fc but, la paralylic fcorbutio,tie , l'hydroj" la difficulté d'uriner, le diabète, 1' tement , les maladies hereditrô^ maladies particulières à maladies animées ou \enri'
nnùoeascs
] A N V I a * 171ÏÎ 5;
maladies compliquées , les maladies qui fervent de remèdes à elles-mêmes on à d'autres, le retour des maladies en dedans, les fièvres intermittentes . les fièvres ma- lignes, la pefte, les miui que fait le froid, la (ituation la pins convenable aux mala- des. Nous ne fçatirions donner l'Entrait Je tant de Diflertations , nous nous bor- lerons à celle du ferment de l'eftomach. i'agit de feavoir fi l'appétit & la di- m font l'effet de quelque acide. -'Auteur prétend que non. 11 rapporte "s raifons dont on peut appuyer l'opinion intraire; il jefute cet raifons, aprèsquoi il établit fon lenriment , qui ert , que l'ap- pétit & la digertion viennent d'une fer- mentation produite par les efprits , indé- pendamment de tout acide & tour alcali. Ceux qui fomiennent ici le parti des aci- des, rapportent en faveur de leuropinion diverfes expériences, dont voici les prin- cipales. 1. Si l'on boit du lait le matin à jeun, & qu'enfuite on s'excite au vo- millement, ce laie aura une odeur aigre, & fera même un peu coagulé : preuve manifcile, dit Tachenius , qu'il y a un ferment acide dans l'eilcmach. 1. Un peu de limaille d'acieravalée, excitebien- tôt dans la bouche une odeur de fouphre; & cette odeur elt toute iemblable à celle oui s'élève de deffus V*. ^«oè** S--Mb'01^ quand on V» «tott* «»» *»**■ % -
J<5 JovitMAL DES SÇATANÎ.
on ouvre un animal vivant , 8ï que dira la* liqueur qu'on tirera de l'eftomach on mêle quelque alcali , il fe fera une effer- vefeence ; ce qui n'arriveroit pas iî cette liqueur n et oit acide.
4, On remarque que dans les lienteries & les autres cours de ventre, il ne, fur- vient prefque jamais de rapports aigresqui n'annoncent la guerifon. Auili Hippo- crate a-t-il mis ces rapports au rang des meilleurs lignes qu'on puifle avoir alors. ■
j. Les acides , comme le jus de ci- tron, celui d'orange & de grenade , le verjus, le vinaigre, &c. excitent l'appé- tit; & les alcali , au contraire, l'émouf- fent.
6. La faim canine 8da boulimie viennent d'un acide trop picquant, d'où il s'enfuit que la faim modérée doit venir d'un acide modéré.
M. Rivinus répond, que ces expérien- ces prouvent à la vérité qu'il y a un aci- de dans l'eftomach, mais nullement que cet acide foit la. caufe de l'appétit, nide la digellion. La railbn qu'il en donne, e'eft que l'acide dont il s'agit eil étranger à l'eftomach, puifqu'il r.e fe trouve point dans celui des enfàns. Mais comment fe convaincre qu'il n'y a point d'acide dans l'eftomach des enfans ! L'Auteur prétend Je prouver, en difant que cet acide les cmpèçheioh àc digérer le lait, çaict*™*
JlNïtE» llîT.' fy ,
_ leroit. Quant aux rapports sddci .c furviennent prelque jamais dan» les taies , fins annoncer Ugucrtfon, on pond que ces acides font l'effet de h jigelîion , & non la caufe; que la fa- m entati on qui s'excite alors dans l'efto- inach développant les différeni (cb des s- Jimens, fait que les fels acides qui y font contenus fe font plus facilement fentir, Pour ce qui eftdes fucs arides qui aiguilcnt "appétit, ils ne produifent cet effet félon lôtre Auteur, qu'en débarraffant l'efto- uch de certaine! humeurs graiTei & ailTes qui en tapîfTcnt la furface inte- ure , & qui par ce moyen empêchent a fermentation naturelle des alimens; en forte que ces acides ne conftituent ni n'augmentent en rien le ferment qui fait l'appétit ou la digellion. An regard de* alcali, tels que font les yeux d'écreviûei, la corne de cerf, & autres abforbans , qui , à ce qu'on onjcéte , émouiîent l'ap- pétit, M. Rivin répond , que les alcali bien loin d'émouffer l'appétit, le réveil- lent fouvent, c'eit lorfqu'il y a dans l'el- tomach trop de pituite.
Il le prouve par l'effet que produit aîor* l'efprit de fel ammoniac mêlé de fel de tartres d'où il conclut qu'on auroit autant de iaifon de foutenir que le ferment de l'cflomach eft alcali , que, de fowerox qu'il eft acide; èc voici \c ïw&rtnAïW* C s "S?4
Journal de» Scavani.
qu'il fait là-demis. Le ferment de l'eflo- mach cil acide , dircs-vous , parce Qu'en pluiieurs oceaûons l'appétit eft réveillé par les acides; & moi je ibuliens de même, i]ue le ferment eft alcali , parce qu'en plufieurs occdlions l'appciit cft réveillé par des fels alcali & urineux.
Quant à la faim canine, qui eft exci- tée par un acide trop dominant : Cet icide, dit M. Rivin , vient de maladie, 8c par confequent on n'en fçauroit rien conclure pour l'exiflence de l'acide natu- rel qu'on veut établir. Aprèsces reflexions l'Auteur établit fon propre fentiment.qui efl que la digeftion & l'appétit font l'effet des efprits animaux , indépendamment de tout acide & de tout alcali. Voici fes preuves- i. Quand- les erpiits animaux a- bondent dans l'efïomach, on a faimi & quand ils font diffipez , l'appéiit ccuej marque évidente , félon nôtre Auteur, que les erprits animaux font la véritable caufe de l'appétit 5c de la digeftïon. Que l'on ait faim quand les efprits animaux a- bondent dans l'eitomacli , M. Rivin le prouve, en faifant remarquer que fix heu- res aptes le dîner, & douze heures aprè le fouper, qui efl le temps où les efp' animaux fe font reproduits pat le mr de !a nourriture, on a ordinaireme- grand appétit. Pour l'autre article •toi:, gue la faim çefle quand ces
MOIC,
Jm'IIR I7M.
j font di/Dpez , il le prouve eticot. „
,10m faifant obfervec ce qui Ce pafle
iqu' on elt trop long-temps fans manger:
ar alors on fe fent foible , uns avoird'ap.
. L'exercice modéré augmente la
faim, & l'exercice outré la diminue", &
juelquefois l'été toute entière: or l'exer-
ice modère produit des cfprits , & l'excr-
ice exceffif fait tout le contraire
3. Les liqueurs fpiritueufes prifesenune .ertaine doic médiocre, & tous les affai- fonnemenslpiritucux, réveillent l'appétit, ». Les faignées trop abondantes, les hé- morragies, les diarrhées , diffipent les cf- prits ; & on remarque en même temps qu'elles éteignent l'appétit, 5. Tout ce
En appelle les efpiits ailleurs qu'à l'efto- ach, comme font la peur, la trifteffe, u une violente douleur en quelque par- ; du corps, détruit auffi l'appétit. Un jiomme partit pour acheter une maifon de campagne, & quand il fut en chemin il fe fentit une grande faim ; & comme il étoitpresde lafatisfairc.il tomba ,&: fe fit au pied une violente dëtorfe;cetredétorfe lui ôta tout fon appétit , qui ne tevint qu'après que le pied fut remis. Comment rendre raifon de cet effet , qu'en difant que la douleur de la détorle détourna fut le pied prefque tous les efprits animaux. & que lorfque le pied fut temw ,Ç£&*$ïyW aaiffiaux revinrent à VeftonacM „
Ci c
<fo Jou'rnaidbsSçavans.
Ce que l'Auteur dit ici de la faim , il îe dit auffi de la digeflîon ; ce font les cfprits animaux qui divifent raliment, & qui le réduifent en chyle. Cette digeilion , qui, félon nôtre Auteur, eft l'effet de la fermentation, fe commence dans la bou- che par le moyen de la falîve , qui eft toute pénétrée d'efprits, & elle efi ache- vée dans le ventricule , où des nerfs con- Êderables , qui font des rameaux de la paire vague , portent le fuc animal. Voila le fenriment de M. Rivin fur les caufesde la faim & de la digeflion , & en même " temps un échantillon des Diflerutions qu'il nous a laiifées.
Jo. B*tTHAiAnrs Wernheri D.
Pandetlirum Prof. P. Collegiorumque Juridicorum quse Witemberga: iunt Af- fefibris, feleifïce Obfervationes Foren- fes, noviiîimis Dicafteriorum Witem- bergienfium prajjudiciis confirmata , cùm duplici indice. Wîttmb'.rg* , apttd Cbrifi. Iheoph. Ludovicum. anno 1710. C'eftà dire : Remarqua choifin de Droit
■ v de Pratique, confirmées par de nouveaux ^jugement des Tribunaux de Wiitmbtrg, Pur Jean-Balthaiar Wernher, Profeffiur Public dit Digefte , V slff'ffcur de lotîtes les Ecoles de Drcit de Wittmbtrg, A Wi- remberg, chez Théophile Louis. 1710. in 4. pagg.97z- SelïtmtTAxi&wàam
chez les VVacsberge. VI Kv
18VIÏ1
M-
jnfultes 6c en ProfciTeurs de Droit, qui donnent volontiers au Public les E- crits qu'ils ont dictez dans les Ecoles. M Wernher a fait des Leçons de Jurifpru- denee à Witembcrg,& il publie aujour- d'hui en ce genre cinq cens Obfervations , dont chacune fait un Chapitre particulier. Tout cela ne compofe néanmoins qu' feul volume.
On ne trouvera pas dans ce Livre a méthode fuivic; les matières y font ame- nées comme par hazard , à mefure qu'el- les fc font prefentées à l'Auteur. Nous apprennons de lui-même , qu'en parcou- rant fes Ecrits, il a choifi ce qu'il a trou- Té de plus remarquable , & que c'eft de ces remarques choifies qu'eu: compote l'Ouvrage nouveau dont nous avons i parler.
Dans le grand nombre d'Obfer valions dont l'Auteur a fait choix pourfon Li- vre, nous avons nous-mêmes un fécond choix à faire pour le Journal. La aj. Obfervaiion eft fur les Fiançailles, &dans ce Chapitie voici un cas allez rare que l'on propofe. Un garçon engagé à une fille par les Fiançailles, lui rend les foini ordinaires; mais dans les tranfports de fa (endrefle , il veut jouit des ^\v**r.vs> **■ I mari, fan* attendre qu'\\ en «s. "S» 'C;S:s^J| V7
i
6ï Jqurhal dejSçavanï.
La fille fe plaint de cette entreptife anti- cipée; elle en témoigne un violent dépir, & pouffe la chofe 11 loin , qu'elle fouirent ne pouvoir plus vivre avec cet amant té- méraire, & par là elle eft dégagéeenvers lai du lien des Fiançailles. Un premier Juge, trop crédule peut-être fur le motif de la colère alléguée , dégage cette fille de fa promefie. Mais le Juge fuperieur, fiiivant le fentiment de M.Wetnher, cafù la Sentence „ & ne crut pas qu'une en- ireprife qui ne venoit que de trop d'a- mour, dût être punie par la privation de l'objet aimé, dans un cas oit le mariage prochain fombloit devoir tout exculér.oii tout reparer entre les Parties.
La même matière des mariages donne lieu à l'Auteur de propol'er une autre quei- tion. Le mari d'une femme devenue groffe , croit n'avoir nulle part à fa gro' felTe. Il ne laiffe pas cependant d'admei tre à fa table 8: à fon lit la femme qu' ibupconne : eft-il après cela recevable Paccufer d'adultère? Non, dit M. Wern her, parce qu'en ce cas-là , quand l'injut feroit certaine, elle pafferoit pour remi' Autrefois, & dans le temps que l'adul' étoit mis au rang des crimes publics ,< Ilaccufation étoit permife à des étranj la diffimulation du mari , qui avoit re ft femme chez lui après avoir conr îdciita., DaGoit doui une conr
Janvier 1711. <ïj
criminelle qui métitoit d'être punie. On ëtoit bien éloigné de recevoir ce mari pour aceufateur après un certain temps, puifque par fon filence il devenojt lui- même aceufé, & qu'il n'étoit excufablc que dans le cas où il avoit des prétextes pUuilbles d'incrédulité. C'eft la difpofï- tion de la Loi 19, au Digefle Ad Lcg. ï}nl. de Aduli. La Jurifprudence a chan- gé depuis long temps par rapport à l'adul- tère, il n'y a P'us 1uc 'e IMÙ qui foït en droit d'en pourfuivre 1a vengeance: 011 ne le punit plus de fon filence comme d'un crime; on ne s'en fert que comme d'une fin de non recevoir, pour Tempe- cher de le plaindre d'une injure , qu'on préfume qu'il a pardonnée, en paffant a- vec fa femme nn temps defliné aux recon- ciliations domeftiques.
Pour faite entrer jufqu'-i cinq cens Ob- fervations de Droit dans un fcul volume, il a fallu donner à chacune peu d'étendue; aulQ la plupart de celles qui compofentee Recueil font fort courtes, & tiennent plus de la précifion des maximes que de la méthode ordinaire des DifTertations. La matière fur laquelle l'Auteur femble avoir fait plus de recherches , c'eft que celle des Claufti dércgatcirei, On appelle ainfi certains mots rayilerieux qu'un Teftateur
ft dans fon Teftamcnt, pout fc ^s&t»»*- mer comte U ïusw&isro. &n^ "^^g
64 . JOUBNAt DES SçATl
Teftament, qu'il appréhende , qu'on ne furprenne Je fa foiblclîe , & qui devient inutile lî les mots dont il avoir feul le fecret , n'y font reperei. Une perfonue, par exemple, veut dirpofer de fes biens dans un tems où la fanré & la Raifon lui permettent de le (aire avec choix. Elle craint que dans la fuite une iituation diffé- rente ne lui laifle pas la liberté de refufer des difpolitions favorables à certaines gens qui l'obfedent , & contraires à fes vérita- bles intentions. Elle déclare par unTefla- ment fait avec réflexion, & dans un tems libre , qu'elle entend que tout Teftanient poflerieur qui paioîtra fous fon nom , foit nul, comme ne contenant pas fa vérita- ble volonté, s'il ne s'y trouve ces mots, Seigneur, »yn piiii dtmti, ou tels auttes mots qu'il lui plaira d'inférer. On aura beau après cela fe prévaloir de fon grand âge & de fes infirmité!, pour lui fugge- rer des dffpofitions contraires, les pre- mières fubiilleront en vertu de la claufe dé- rogatoire, fi cette claufe n'eft rappellce dans les autres* & elle ne le fera pas, 1 moins que le Teftateur, à qui feul elle eft connue, ne veuille iîneerement chan- ger de volonté.
Tel efl le fecret qu'il a fallu mettre en eeuvre pour tromper l'avidité de ceux qui ne cherchent qu'à fe procurer des fucceîiiODs pn de mauviifes voyes, fou-
] 1 < V I I K I7II. «(
vent aux dépens des droits du fang 8t de h nature. Mais l'artifice , qui abufe de tout, fait fervir quelquefois à aflurer l'ef- fet de la furprife , ce qui avort été intro- duit pour l'empêcher. Un homme adroit qui a fçû engager quelqu'un à difpoferdc fou bien en fa faveur, & qui craint qu'u- ne difpofition pofterieure, dont il ne fera pas également le maître, ne lui ravine le fruit de la première, fait inférer foigneu- fement dans cette première difpofitioD une claufe dérogatoire, qui y donne plus de force; de forte que lorfque ce Teftateur mieux concilié veut faire dans la fuite une diitriburion plus fage de fes biens, il court rifque de la faire inutilement, faute de rappeller une claufe qu'il ignorait, OO qu'il a oublié; & par là des héritiers lé- gitimes font quelquefois ceux qui , contre l'intention de la Loi , ont le plus a fouf- frir d'une précaution inventée uniquement en leur faveur; c'eil ce qui a obligé plu- fieurs Doéteurs à condamner l'ufage des Jiufes dérogatoires, & à Ibuhaiier qu'on
Journal bej S ç * v a k j. ient , que de faire dépendre de fin- ie de la mémoire l'effet d'un chan. t bien certain de volonté. Il ajoute ■s fortes de claufes ont apporte plus uble que d'utilité dans la Jurifpru- l ; qu'elles ont donné lieu à une in- I le Procès, pour feavoir s'il futuToit s fuiTent rappellées par une expref- Snéralc, ou s'il falloit une revoca- | ■eciale fiî individuelle; & que pour <is peut-étte qu'elles avoient empê- | fraude, elles l'avoicct favorifé en accafîons. De la il conclut qu'à ous les inconveniens qui fe rencon- ie part & d'autre, celui de reftrain- i on ne veut pas tout à fait abolir, ivoir des claufes dérogatoires lui pir i plus léger; parce que du moins il .e les cliofes à la règle, qui cft de :eder un premier Teftament à un 1 ; au lieu que l'autre patti ôte en is la liberté de relier, dont les hom- >nt toujours été fott jaloux. En un fur le fondement de ces raifons M. her croit que pour révoquer un T> It où fe trouve une claufe dérr , il fuffit de déclarer en générr eftament pofietieur, qu'on ré ceux qui ont été faits aup- 3ue dans celui-ci il foit fait ucune manière de la clau le Drcmier : en forte c.
J a H T I « R I7ir: f,7
Syftême l'unique différence qui Te trouve entre un Teftament où il y a une claufe dérogatoire, & un Teilamenr où it n'y en a point , c'eft que pour révoquer le premier il faut déclarer en général qu'on le révoque, quoiqu'on ne parle pas en particulier de la claufe : au lieu que le fécond erl révoqué de plein droit par un Teftament pofterieur , fans qu'il fait b« foin d'aucune révocation formelle.
Comme les claufes dérogatoires doivent leur naiflance à l'imagination des Doc- teurs , il faut raporter auffi au même principe les diftinélions & les modifica- tions avec leiquelles on les a reçues. Plulîeurî, par exemple, eftiment que lorf- qu'il s'eft écoulé dix années entre un Tef- tament où il y a claufe dérogatoire , & nn Teftament où il n'y a point de clau- fe femblable, celui-ci pour révoquer le premier n*a pas befoin de rappeller la claufe , parce qu'alors on préfume qu'elle a pu échaper de la mémoire du Tefla- teur par ce long intervale. Mais M. Wern- her ne trouve pas que le fondement de cette diilinéiion foit folide. Le Tefla- teur, dit-il, n'a-t-il pas pu oublier cette chufe dans i'efpace de neuf ans comme dans celui dédis > La fidélité de la mé- moire a-t-elle un terme fixe au deli.4».- 3uel il n'y ait rien îl ri^iw, fe-«-*«-^ uquel il n'y aAt ne.t\\ crû»Ss* - ^
Janvier j 7 f i. iV_,
aufli novis fragments Grsecis; Obfcr- vationibus ae notis , copiolîiiimifque Glolïanis & indicibus illuitrati & locu- pletaii; quibus omnibus prsmiuuntur tresDiiïerrationes, in quibus Hœrefes ab Irenœo memoratK, & loci difficiles explicantur, ejufque vitœ ac geflorum Hiftoria difcutitur. C'eft-à^diie : Lis linq Livres de S. Irenée centre les Htre- fies. A Paris, chez Jean-Baptifte Coi- gnard, à la Bible d'Or. 1710. in fol, pagg. 83 B.
TA première Edition des cinq Livrci *** de S. Irenée parut à Baik en ijie, par les foins d'Erafme. Quoi qu'il eût confulté trois Manufcrks , elle eit iï dé- feétueufe , que le Père Maiïuet remarque que fouvent on y cherche le lens de l'Au- teur, fan* pouvoir venir à bout de ledc- courrir. On doit la féconde Edition à Nicolas Gall.ifius , Miniftre de Genève, qui la publia en 1570. Pour ce qui re- garde le texte , elle ne diffère de celle d'Erafme que par de nouveaux Sommai- res de Chapitres , & quelques additions tirées de S, Epiphane. Dans les Notes l'Editeur a eu principalement en vile", fé- lon le P. Maffuet , de rendre S. Irenée Calvinifte. Jean-Jacques Grynée dessa- la troifiéme Edition «sa \yn. *- "*»**= ^ ranôenne Veifion ôm vwss»» ç=01*^
Ton de celle du 1". de l'Ordre de S. François. Nous parîoni principalement de l'Edition de Cologne de 1596, car ainfi que le P. Mafiiier l'ob- ferve, celle qu'on avoit vu fortir de l'Im- primerie de Nivelle dès 157581 is7fi,n'é- toit pas encore tout à fait exempte des défauts des précédentes.
Dans l'Edition de Cologne , & dans celles de Paris qu'on y conforma, leteite fe trouva rétabli en beaucoup d'endroits, par le recours de deux anciens ManufcritSj Se on y vit paroître pour la première fb» les cinq derniers Chapitres du cinquième Livre, avec la traduction de quantité de fragmens de S. Irenéc , épars dans d'au- tres Ouvrages. Après avoir relevé le
(e. M. Grabe a rejette à la mar- Leçons qu'il falloit conferver. Se fé ptufieurs fautes dans le texte, alité eft fi fenfible dans les Notes, "apperçoit d'abord qu'il s'eft plui é à mettre S. Ircnée dans le parti .ife Anglicane, qu'à faire une Edi* ■acle des Ouvrages de ce Père. :rs la plupart de ces Notes, fcm« à celles du P. Feuardent, fati- >ar leur prolixité , & ne fervent de rien pour l'intelligence du texte. ut vuir dans le Livre les autres îes que nôtre Editeur fait à M.
s cette Edition , le P. Maflnet s'eft : trois chofes; fçavoir, de redon- , tente toute la pureté poffible; de îr : & d'énarener en tout ce oui
7* Journal dïs Sçavaxi.
firemier point. Dans fes Notes i! e*p! es difficultez du texte, qui font très- r breufes, parce que l'Auteur y combs Hérétiques , dont le Syiléme 8c le gage étoient l'obfcurité même. 1 Diflertations qui font à la tête du lurae fourniflent aux Lefleurs une nité de connoiflances dont ils peuvet voir befoin.
Dans la première l'Editeur fait 1'
toire des Hérétiques dont parle S. Ire
dans fon premier Livre. 11 comme
par Valentin, & il expofe les dogmes
cet Herefiarquc avec- toute la clarté A
ils font fufceptibles. Les Difciplesde''
Jentin paroiffent enfuîte fur la Scène.
nous fait connoître Secundus, Epiphai
Ptolemée, Colorbafe, Marc le Magici
Ce dernier fe rendit aufiî célèbre par
prefliges que par fon éloquence. Il s'ai
choit fur-tout à pervertir les femmes
plus diflinguées par leur beauté & ]
'leurs richefles. Il leur apprenoît avec l'I
relie Valentinienne , les myfteres de
Theurgie, & les inflruifoit à faire de fi
miracles à fon exemple. Un de ces n
racles étoit de changer du vin blanc i
vin rouge par une confectation facrile|
Des Difciplcs de Valentin on remonte
fts Maîtres, à commencer par Simon
Magicien , père de tous les Hérétique
_<■'«? ainû qae l'appelle S. [renée. Ar
] » " V 1 I « l]n. 71
viennent Menindre . Saturnin. Carpocrate , Cerinthe , In : , les Nicolaïtes , Ccrdon, . On fait enfuire de nouvelles ; fur les diverfes Sectes de Gnofti- en particulier furies Ophites.Ies , & les Caïnites. conde Diflertation renferme la vie renée. On conjecture avec affer femblancc qu'il naquit vers l'an us le règne d'Antonin Pie; Se on bien au long contre M. Dodwcl, it fa vie parle martyre. Apres ntretenu les Lecteurs, de ce qui "a perfonne, on donne une idée uvrages. 11 compofa les cinq Li- itre les Herclies fous les Pontifi- Lleulnere & de Viftor , 8c il les en Grec. 11 eft arrivé à cet Ou- qui eft arrivé au Pafiiur d'Her- origïnal Grecs'eit perdu, & il n'eit la Verfion Latine. On ne con- l' Auteur de celle de S. Irenée, elque mauvaîfe qu'elle foit, elle m auflV ancienne que le texte mê- la troifiéme DiiTertation , le P. expofe très-nettement h uofttine enée. Cette «polition ellparra- ilufieur s articles, où l'on déccnmsi timens de ce Père fat Yfcoixw* fat h Tradition,
-t I tic im 1 LUITOU
Grecs i « V betom û^ ûetonstw.
&
Juin» 1711.
mtm dei tin/ciel. P.ir Jlmii ,\lh s la Socieli Rayait du Scïtnctt , t? Dm' ttttr m Médecine de la Faculté di Mon.-
Çlltir. A Montpellier , chez Honoré ecb. Imprimeur du Roi & de la So- ciété Royale. 1710. in 11. pagg. 1B9. planches 1.
T E mouvement des Mordes efl un phé- ■'■"' noméne dont la véritable caufe eft S cachée, qu'on ne doit pas être furpris de voirparoîire de temps en temps quelque nouveau Syftême.qui promettele dénoue- ment de ceite Enigme phyfio logique. En- ire ceux qui fe font flatez de 1 "avoir trou- vé, l'on peut dire que MM. Stéaen, Hïi-
lis , AUyrui , Perrault, Barelii , BtrnouUi ,
Bt quelques autres , tiennent le premier rang. Mais on ert obligé d'avouer en
. même temps que tout ce que les reeher-
d ches de ces grands hommes nous offrent de plus folide & de plus ingénieux fur ce point, fe réduit à de pures vrai-femblan-
f ces , qui loin de porter avec elles une entière conviction , font naître de nou- veaux fcrupules & de nouveaux doutes, dont elles ne fourniiTent point réclairrifie- ment. Deux'obftades prefque infunnon- ubks fe font oppofex jufqu'ici à une dé- couverte fi neceiTaire , pour metutiras
" un plein joui ce qui lait la part\e \» V^4 conlidenble Se la plus cutïeute àe, \Oc- D z «»•
É
j6 JoUKVAL DES SÇATINJ,
conomie Animale. Le premier de cm obilades vient dece que maigre1 le fecours des microfeopes les plus exquis, on ignore encore aujourd'hui la (huéture intime de l.i fibre motrice , de laquelle néanmoins dépend tout le jeu de la machine mu/cu- Itufe, L'autre inconvénient , c'eft que l'on connoît aufli peu la nature du liquide delliné à mettre cette fibre en mouvement, & qu'on nomme d'ordinaire efpri ranimai; ju!hues-là que quelques uns ne font nulle difficulté d'en nier l'exiftence.
Cesdetw écucils , contre lefquels ont échoué tant d'habiles gens , n'ont point empêché M. Aftruc de tenter l'avanture; & il faut demeurer d'accord , qu'aidé dd diverfes expériences anatomiq ues, &cori duit par la méthode des Géomètres , ij a pouffé l'explication du phénomène dont il s'agit, jufqu'àun degré de vraiteinblan- ce qui paroît approcher fort de la vérité. Il divife fa Differtation en trois parties. Il recherche, dans la première, quelle eft la caufe du mouvement des mufdes. Il examine, dans la féconde, par quelle Mé- chanique les efprits animaux peuvent mou- voir ces organes ; oc dans la dernière par- tie , il déduit les conféquences de cette Méchanique , & répond à quelques ob- jections. /. M. Aflruc entre en matière par une dd'cripûoa «atomique 4\i>iVï.Wk. Ct&»
] I
i-n.
dit-il, un compofé de fibres charnues, tu- dinairement paiallcles entre elles , dont In extremitei reunies forment de part 6c d'autre une cfpece de corde ou d'attache d'un litfu irés-fcrme & uès-teiré.appclJée Ttnim. Chaque Mufcle cft exactement enveloppé d'une membrane, qui le pénè- tre intérieurement, & qui par une infinité de fubdivifionsen partage ks fibres en pli fleurs pacqnets de figure hexagone, qua lée, triangulaire, &c. en forte que ceq> paroit a l'œil une (impie fibre mufculeulc, étant regardé au travers d'un microfeope, fait voir un faïfceau de pluficurs fibres re- vêtu de fa membrane particulière, &i d vifé en plufieura autres petits pacquets. 1 fubftancc du Mufcle efi garnie d'artère de veines, de nerfs, & de v aï fléaux lym phatîques, qui s'y distribuent par quantiti dcramirkatioos. M. Aftruc ne cunliden les tendons que comme de (Impies cordes incapables de raccourci iTement ; prétend qu'il ne fe fait de véritable traclion que dans la partie charnue ou I< ventre du Mufcle. 11 eft fort éloigne d'attribuer, avec Maytiu', cette contrac- tion aux filets membraneux , qui nu;nt entre les fi.ires mufculeufM n'accorde à ces filets d'autre u;age, que celui d'avertir l'animal par une fenfauoa douloureufe. que daiii certains mouve- j trop iiuknsSi rontracÂioa des Este* D 3 Aê-
?8 JOURMAL BEsSçATAN»!
devient exceffive, & qu'elles font endati* ger de fe rompre.
La ftrmfture du Mufcle ainfi établie, r Auteur recherche quelle eft la liqueur qui communique le mouvement à cette machine; car il fuppofe abord, comme une vérité qui n'eft conreftée de perfonne, que ce mouvement n'efl dû qu'à un li- quide. II n'a pas de peine à fe détermi- ner en faveur de l'efprit animal; d'autant plus que cette opinion eft, dit-il, appuyée du confentement unanime de tous les Auteurs, fans en excepter Stimn, quoi qu'en ait voulu dire Mttjovo. On voit bien que M. Aftruc ne met point ici en ligne de compte ceux qui nient abfolu- ment l'exiftence des écrits animaux. Il eft fipcrmadéque ces eiprits fuffifentpour la contraction des Mufcles, qu'il ne vent pas même y joindre le fang artériel , que pluiîeurs ont crû devoir y mettre de moitié , fondez fur l'expérience de Sténo»,
3ui aflure qu'on ne peut lier au deflbus es reins dans un chien vivant l'artère defeendante , fans ôter le mouvement à toutes les parties pofterieures de cet a- tiimal.
L'Auteur a vérifié cette expérience] mais il y a découvert une circonftan" ignorée par Slirwn. C'eft que les partie poilerieures du chien, par cette ligature, uaa-fcukment perdent \e mou\M&a«
J--* m v i E n. 1711". 70
niais encore le fentiment ; quoi que tout le monde convienne que le nerf animé de fes efprits en (bit l'unique organe. De là M. Allruc a pris occafion de faire de nou- velles réflexions fur la caufe de ce phéno- mène; & il a trouvé qu'elle confiftepré- cifément en ce que la ligature empêchant la diftribution du fang artériel dans cette partie de la moelle épiniere d'où partent les nerfs qui ie jettent dans les parties pofterieures du chien , elle fufpend Fis* fluence des efprits dans ces mêmes nerfs, à laquelle ne contribué' pas peu (félon lui) la fyïlole ou la contraction de celte partie de ta moelle, caufée par le batte- ment de tous les rameaux d'artères qui l'arrofent. Cela eft fi vrai , que fi l'on fait plus bas la ligature de l'artère , en, forre que le fang ne pouvant couler dans les artères iliaques & dans l'hypogaitrique qui le portent à toutes les parties inférieu- res, ne laine pas d'avoir fon mouvement libre dans les artères lombaires , qui le conduifent à la moelle de l'épine j il ar- rive que ces parties inférieures, quoi que dénuées de l'influence du fang artériel, comme dans l'expérience de Siérwn ,• con- fervent néanmoins le mouvement & ie fcntiment. M. Aftruc n'oublie pas d'aller
t devant de quelques ohijtavaw. , <s?» partifans de Y exçlolion eis&fcft "«"OS Mue ea [»j«i~\ «*. »»^*»
JOUHNAL DIS SÇAVANS.
imal, pourroient faire contre)» conft- quence qu'il tire du fait anatomique dont nous venons de parler s & il a foin de confirmer ce fait par quelques amies ex- périences.
II. Après s'être efforcé de prouver, dani la première Partie de cet Ouvrage, que le mouvement des Mufcles dépend uni- quement des efpriis animaux , &que le fang attériel n'y a aucune part, il s appli- que à déterminer par quelle rr.édianiquc ce mouvement peut s'accomplir. 11 fe jirefenie d'abord une grande difficulté, ti- rée du peu de proportion qui fe trouve l'ntre la force qui meut les efpritj, & la lefjftance qu'elle doit furmonter dans le mouvement des Mufcles. Que la force »vec laquelle ié meuvent les efprits fuit nés-petite , on n'en peut difeonvenir (félon l'Auteur) puifque la plus légère iuipreflion, par exemple, celie d'un lêtu appliqué fur la peau , fe faisant reuenlir dans Imitant, ell capable de vaincrccctte force, en repouffant une colonne d'cfprits vers le cerveau ; frns quoi il n'y auroit point de fenfation. D'un autre coté, l'on j'eut juger de la grandeur de la réiîflance a furmonter, parla manière dont les os font articulez enfemble, & dont les Muf- cles y font appliquez; d'où il arrive que cetix-ci ni peuvent foûkvet un poids mé- tfïocre fias employer une tocc ç^mc
Janvier i7n. S,
immcnfe i ainii que le montrent les Calculs de BanUi , aufqtiels nous ren- \oyc en partie M. Aftruc. Il ne laifle pas d'alléguer quelque exemple , en- tre autres celui du Mufcle Dtlis'tdi , qui pour foutenir le bras fitué hori- zontalement , & chargé a l'endroit du coude d'an poids de \% livres , doit exercer une force égale au poids de Bjj livres.
Pour refoudre cette difficulté , il eft queilion d'imaginer dans le Mutcle une l'ruéturc capable de multiplier infiniment la force avec laquelle les efprits animaux y font pouffez : & c'eil à quoi travaille l'Auteur dans deuï Chapitres deflinez â l'étabUffcment de plulîeurs himmu Anato- miques, Phylîques, & Géométriques. 11 fuppofe donc en premier lieu, i. Qu'un pouce quarré contient 36864 fibres inuf- culeufes , Jituées directement , & qu'il en contient le double lorsqu'elles fui t poiées obliquement, i. Que ces fibres ne fc con; iactcnt que par leur dilata- lion latérale. 3. Que wcune de ces ttbres n'tlt qu'un enchaînement de ve- liculcs elliptiques. 4. Que chaque vc- ficule reçoit les efpnts animaux par un petit canal nerveu* qui lui cil particulier. <. Que ces efprits exercent toute leur force contre chacune des parties de lavé.- toile, qui fc UouvetA taAWi^Xw**
Sa Journal ut s Sçavan
ehure du petit tuyau nerveux ; & qu'on peut fuppofer dans les parois de chaque véficule 900 de ces parties , qui font di- latées par toute la force des efprits ani- maux. 6. Que la force qui dilate chaque véficule eft à la rdiftance qui s'oppofe à cette dilatation , comme la largeur de cette véficule eft à la moitié de fa hau- teur, &c.
De tout cela il refulte que dans l'action du Mufde DcUùde , formé de l'aifemblage de douze autres Mufcles, qui ont chacun an demi-pouce en quatre , & dont les fibres font fituées obliquement ; chacune de ces fibre» & chacune des vcficules qui la compofent , eft en équilibre avec le poids de trente grains, puifque le Mufde entier (comme nous avons dit) peut foa- tenîr un poids de 855 livres. Mais com- me on admet dans chaque véiicuJe 900 parties qui font dilatées par toute la force des efprits que contient cette véficule, & qu'on fuppofe d'ailleurs que la l.irgcur de cette même véficule dilatée eft fous-dou- ble de la moi» de fa hauteur, il s'enfuit que la force pofitive des efprits qui cou- lent dans cette véficule pour la dilater, eft égale a la (bixantiéme partie d'un grain; Si que par conféquent la force totale des efprits qui font la contraction du Mufcli Vtliatdt, eft égale au poids de huit à drachmes. De là il cit ûfé de coud
] » « 1 1 n 'm: 8j
qu'une puiiTioccqwi canndletn «une pour - joit foutenir qu'une once & quelque chofe de piu». devient capable pat la mavcil- leufe méchanique du Mufde , de contre- balancer le poids de I s$ livres.
L'Auteur , pour confirmer la vérité qu'il vient de démonirer par rapport an mou- vement des Mufdes, ceft-à-dire, qu'âne très- petite force peut vaincre u ci e très-gran- de refiftanec, rapporte quelques expérien- ces, entre antres celles d'une corde mouil- lée , qui en fe raccourcira nt par la feule introduction des particules d'eau, fouleve les corps les pins peiitis. II a foin auffi de mettre fous nos yeux par une Table, h proportion qui fe trouve entre les di- vers degrei , tant de h dilatation que fouffrent les véfieules mufculeufes, que de la refiftaDCe de leurs parois, 8c de l'effort que font les efprits animaui pour les di- later.
III. La dernière Partîede cette Differta- tion contient quatre Ch a pirres, dans le pre- mier defquels M.Aftrucjuftifie laNaturedu reproche qu'on lui pourroit faire, d'avoir montré peu de fageffe & d'habileté d.ins la fituarion & le jeu des Mufcles, qu'elle a difpolëz de manière , que pour nirmon- tet one médioetc refiitance, elle efl obli- gée d'employer une très-grande force; celle deSsç livres ( par exeoitjVeA V*^*^ mouvoir 5^. W fYvftWK ■ass'aS**31*'''^
*4 Journal des S Ç a V i n s.
coup furies raiforts tirées de la necefCté de cette lituation, ou de la beauté exté- rieure du corps , qui n'ont pas permis à la Nature d'agir autrement , s'attache à faite voir que pour l'intérêt même , la commodité, & la confetvation de l'Ani- mal, elle n'a pas dû mettreen œuvre une raéelianique différente de celle qu'elle em* ployé dans le mouvement des Mufcles. Car par ce moyen ri on -feulement elle a diminué conGderablement la contraâion des fibres mufculeufcs, & la dilatation de leurs vélicules , mais elle a prévenu la trop grande difîipation des cfpritt; & en multipliant la viteife & la force de leur mouvement , elle leur a fait furmonter de plus gtandes reiittances.
M. AÏÎruc montre , dans le II. Chapi- tre, combien la ftrueWe des Mufcles clt propre a jronferver & ménager les efprits deitincï i les mouvoir ; & que ce n'eft pas inutilement que la Nature en a fait les fibres fl délices , qu'elles échapent à nos yeux, & aux meilleurs mictolcopes. En effet, il s'enfuit de cette «tréma dé- licatcue du tiffu d'une fibre, que la plus petite quantité d'efprits fuffit pour en di- laterles vélicules, & en procurer le rac courcifiement, C'ell de quoi l'Aute donne ici quelques démonflrations C métriques. Jlpiopofc, danj le III. Chapif
Irnnin nu. 8j
msnVe dont fe fait le relâchement du Mutcle. Cela ne peut arriver (. dit-f! )quc pat le reflux des elprjts ver* le cerveau, ou par leur écoulement au travers des vé- tienta mufcirleufes. Il rejette le premier moyen, qui ( idon lui) ferait accompa- gné de quelque douleur ; Se il aime mieux s'en tenir au fécond, dont il fpécifie les diverfes circonlUiiccs , & dont il dévclupç ingënieulemein toute la médianique.
Enfin l'Auteur employé fon dernier Cha- pitre à l'examen de l'expérience de C/iflï», par laquelle cet Ar.atomifte a prétendu démontrer que la contraction du Mufcle en diminue le volume. Nous pallbns fur tous ces points d'autant plus légère- ment, que nous n'avons nul deflein de donner ici un Extrait qui tienne lieu de l'original. Nous nous contentons d'exci- ter la curiofiic des Lecteurs , & nous ht renvoyons à l'Ouvrage de M. Allruc, où ils trouveront de quoi la fatisfaire.
Rçl.vîan txufti concernant lis Ctravannti des Cartegts du Marchands d'Afit. Pur Ai. BvcnoN , Ctigraj-bt ordinaire dt S, A. R. dt lorréini. A Nancy, chez R. Chariot & P. Defchamps , Imprimeur» ordinaires de S. A. R, Se fe vendent chez Claude Bouchart&FrancoisFaflré, Marchands Libraires à N»ncj. xoC lî. pagg, 114.
■aftré,
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85 JODUKALDEïSÇAVAN
pLusrEuas Autearsontparlédes ( vânes des Marchands, mais aucur qu'ici ne nous a donné une connoiil parfaire de ce qui s'y pratique. Pieri la Vallée, & te Chevalier de Vérone dit M. Bugnon.auroienipùnQiisinilruii deflusplusàfond.M. leTëvre.MJouvii Rocheforr, 8; l'Auteur de l'Hiftoin Kemiski , fe font un peu plus éten mais ils nous laiflent encore bien des* fésà defirer. MM, Thevenor , Tavcri Moriron, Gautier, Schouten, nous parlé des Caravanes des Pèlerins qui < vifiter le tombeau de Mahomet , £ lieu de Ta nailTancei mais nous ne vo; point dans leurs Relations , non plus' dans celles des autres, qu'on ait pen dans les deferts de l'Arabie avec des C vanes de Marchands , ni par conféqi que crt Caravanes foient entrées en ail ce avec ces Arabes, pour y conierv« fureté 6c la tranquillité du Comme C'eft Une partie de ce que l'on voit < la Relation que nous donne M. Bugi Il profite de ce qui a déjà été rappi par d'autres, Si il y joint ce qu'il a couvert de plus. Ce qui apparticr d'autres Auteurs fe trouve ici marqua une étoile au commencement de cl article ; Se ce qui eft de M. Bugn marqué par dcujt ou trois étoiles.
ï * w ri s & i7ii. tf
te qu'on peut connaître d'an coup dv*J toutes les additions de ce Livre- LO*- vrage eft conçu en forme de Lettre, te on y voit, depuis le commencement juC- ques vers h moitié, ce qui compote les Caravanes des Marchands ; de combien dcfortesily en a; de quel ufage y font les d/fFérentes efpeces d'animaux qu'on y fait entrer , & combien on les acheté j les lieux où on les prends 1« hommes qui font employé* à les gouverner , & la paye de ces hommes; les différens Offi- ciers qui ont la conduite de tout , leurs appoinremens; ce que c'efl que voyage de terre & de courfes ; comment fc font les Haltes aux Carvan-Serraû & aux Ha- Tims. On y voit par des deferiptions Geo- métriques, & par des plans particuliers, les différentes manières dont ces Caravanes fe campent; comment elles fe défendent lorsqu'elles font attaquées par des Turmtt Arabes. L'Auteur employé le refle de l'Ouvrage à nous apprendre ce qui fe paile dans la conjoncture des Traitez d'alliance que font les Caravanes avec les Arabes. Il prend occaiion de là , de foire connoître le génie de cette Nation; d« nous informer par quels préjugez elle fup- pofe qu'il lui cil permis de dépouiller, li elle peut, toutes les Nations de la terre, voit enfuite la prodigieufc Qt-vw^fe.^ liions qu'une Çuviisa «kwï«ï^ ^
s
£3 JoORNAtDESSçAVANS.
vec foi ; en combien de partis une Cara- vane fe divife au dépait des entrepos, & comment s'y font les échanges des Mar- chandifes; le temps qui eft accordé aus Coinmiffionnaircs locaux pour difpoiér des parties qui leur font cônfignécs com- ment on leur fait paffer l'avis, Scdequel- le manière les équipages prennent le re- pos. Voilà le plan de l'Ouvrage, venons à quelques participai irez. Les Caravanes
^dont il s'agit font degrandsconvoisd'hom- mes armei, de Marchands, de Ncgotians, & de di vertes fortes d'animaux pour por- ter les proviiînns. Ces Caravanes ne font armées que pour veiller à la furetedetout ce qui eft de leur fuite, & fe défendre contre les voleurs , mais principalement contre les Arabes, qui fe croyent en plein droit de dépouiller toutes les autres Na- tions. Pour former une Caravane il faut avoir par écrit la permiffion d'un Souve- rain, legaiifée au moins par deux autres Souverains voilins, ce qui s'appelle , com- me dans la guerre, une Comtnifljon. Il eft libre à un Negotiant de faire une So- cîeté pour former une Caravane. Celui au nom duquel elle fe levé en eft regardé comme le Chef, à moins qu'il n'en fubf- lîtue un autre en fa place; 6i fi la Cara- vanne eft à plufieurs Marchands , ils éli- sent entre eux un Chef, que l'on appelle C*rv*wbantky. Entuitc ils, choilitrenr des
I t :; v ] i ( 1711. liciers pour 11 conduite de la Caravan ; pour juger cnfcmble des différens qui peuvent furvenir pendant le voyage. 11 y a cinq efpeces de Caravanes. La pre- iiu'ere ell appellée Caravan* ptfantt. Elle cil compofée d'élephans , de dromadaires, de chameaux, & de chevaux. On l'ap- pelle aufli Caravane nombreufe & invin- cible, parce qu'elle eft difficilement vain- cue par les Arabes. La féconde fe nomme Caravan* Itgcre. Il y entre des droma- daires, des chameaux, des chevaux , Si (très peu d'elephans , qui ne fervent qu'à porter de ville en ville les provîfions de bouche. La troificme cft appellée Car*- ■vant ordinaire. On y voit des droma- daires , des chameaux , & des chevatu On nomme la quatrième Caravane de . ■vaux, parce qu'elle n'eft compose que de ces animaux, dont les journées font le double des autres. La cinquième, qu'on appelle Caravane de Mer , n'eft autre choie qu'une Flotte Marchande, compofé' certain nombre de Vaifl'eaux chargez de Marchandées , & efeortez par quelque! VaJrTeaux armez. Laproportion que l'on garde fur le nombre des animaux qu'on fuf entrer dans une Caravane, cft que s'il y a cinq cens élephans , on met mille . dromadaires, ci deux raille chanrtWKi. vx moins. Le cortège eft, de qûauc tù&c hommes, tous momei, tans v c(jtoîï«&-
o© Journal des Sçavans,
d/e les Officiers de Caravane, ni les Ctfï* meliers & autres Serviteurs, non plus que les PafTagers, qui ne contribuent pas peu à- en augmenter la force.
Il faut deux hommes , qu'on appelle BmcIks, pour conduire un éléphants cinq Bextbts, pour trois dromadaires , & fept pour dôme chameaux. A l'égard des PaiTigers, le nombre n'en peut être fixé, ils ne font point obligez à prendre les ar- mes pour la défenfe de la Caravane ; mai» îi dans l'oecafion ils négligent de le faire, ils ne peuvent plus rien efperer fur les provilîons de la Caravane : car quelque prodigieufes que foient ces provifions, puifqu'il y en a toujours fept fois plus qji'on n'en peut eonfumer pendant le voyage, elles ne font jamais dilhibuées, même pour de l'argent , qu'à ceux qui font à la folde de la Caravane , ou qui portent les armes pour la défendre. Dans le nombre des animaux qui la compofentr il y a des élephans uniquement deitinez pour le combat , d'autres pour monter les Officiers & les Conducteurs, qui corn* bMtent iiiffi dans le befoin ; il y a des dromadaires de charge , avec leurs Offi- ciers , des chameaux chargez de provi- fions, Se des chevaux qui fervent à mon- ter les hommes, & qu'on employé aulli çue/guefois a porter vme çwiîe des provi- fions. C'cft dansYOïWW.opA'iftVWïws^ l tous ces animaux.
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Unélephant bien conditionné coûfe7s7 écus, en le prenant à Siam , oEi les éle- phans font à meilleut marché, fit oïl les plus chers ne coûtent que 10000 livres. L'Auteur ne parle point ici de ceux qui font d'un plus grand pris par leur blancheur naturelle , & qui font deftinez pour Ben- gale 8c Siam. On peut voir 11-deflusM. de Choifi. Les Carvanbanchis n'achettent point de ces élephans, ils les laifTent a la dévotion de ces peuples, qui en font l'ob- jet de leur idolâtrie. Les dromadaires fe trouvent dans lesmontagnes deGolconde, & de Raolcon.de, tributaires du Mogol; ils font plus forts, Se d'une plus longue vie que les chameaux , mais ils coûtent au moins 100 écus pièce. Les chameaux bien conditionnel, 5î en état de porter, coûtent j8 écus pièce; la Perfe & le Mo- gol en font remplis , mais les meilleur» viennent de l'Arabie Heureufe , ou du Royaume d'Adel , dans les côtes d'Ajan , fur les confins de la Mer Rouge. L'é- quipage d'un éléphant coûte «56 écus mo- noye de France i celui d'un dromadaire 31 écus, & celui d'un chameau iS, La nourritured'un éléphant fe monte à 3 écus & demi par jour en campagne , & à 1 écus par jour pendant toute l'année } celle d'un dromadaire , à j Maftm <x\ <^ox~- pagne , c'efr-à-dire , i ia Mfc . ™^ S*^. «font le fejour elle ne mon« c^iA'-'^ ^
>}i Journal dis Sci lié. Le dromadaire confume non-feule- ment beaucoup de bled 8c d'oige , mais beaucoup de ici 8c de falpêtre , à caufe que !c bîfcuit qu'on leur donne dans le defert doit être fort falé, pour les obliger à boire de grands coups, 8c à s'humecter les poumons, ce qui four i en t cesanimaui contre la chaleur Se la fatigue. On amafle avec foin l'urine des dromadaires ; elle S'employe à divers ufages , & on prétend ' j'clle eft l'unique diflolvant de l'or, ous patTons plufieuts autres articles^ jur venir à ce qui regarde les Carvan- ..rray , ou Ctrvan-U'r.vt. Ce font des hôreileries ou rctraiies publiques , iituée» dans les pats habitez de la Turquie & de la Perfe , pour mettre les Caravanes à couvert. C'etl le grand. Seigneur tk les Bâchas qui les font bi.ir. 11 y a des &w- van -Sirruh reniez où l'on ne paye rient ta conflruétion de ceux-ci n'efl permifeen Turquie qu'à la merc ou aux fceors du Grand Seigneur. Les Vifirs & les Bâchas ont ce privilège , mais ce n'eft qu'après qu'ils fe font trouvez trois fois en Bataille contre les Chrétiens. II y a des Csrvaa- Serrait où on ne trouve que le lîmple lo-
?;ement, d'autres où l'on n'a rien du tout ans payer. Les Magillrats des Villes à portée defquclles ces retraits font bâties, ont grand foin d'en faire remplir les gre- aiers- dès qu'ils tout \\i\&«. \i i» ni
J A N V I H H 17IÏ.
efteur gagé qui en fait la vifitc au ,1c. .t de chaque Caravane ; Se c'eft lui qui .xe le prix de la nuit, à quoi il n'y s point d'appel. Quand une Caravane eft arrivée au Carvim-Scrray , elle a l'avanta- ge d'y êirc à couvett de l'ennemi, & de toutes les injures du temps. Elle y eft gardée en dehors par cent dogues , que Ton lâche tous les foirs , après .un fignal public de retraite. C'eft dans cçiCarva* Strrais que fe font divers changemens d Marrhandifes ; & l'Auteur rapporte là- deiîus l'exemple d'un de fesamis, qutga- gna confiderablemenr par un troc qu'il fît 11 avoit une montre de trente Louis, un Indien lui en demanda le troc contre deux diamans brutes, l'échange fut fait, & ce- lui qui reçut les diamans en fit travailler un à Ormus, lequel fut euimé iScoo liv. II troqua ce diamant fur le chemin d'Ifpahan contre cinq cailles de foye ar- dafle , c'eft une forte de foye qui ne fe teint point. Il les fit conduire à Tbifct, où il les troqua contre trois élephans , de chacun defquels le Chef de fa Caravane, qui en avoir extrêmement befoin , lui donna !ooo liv. Le diamant brute qui n'éroit pas encore taillé , fut troqué à Trtbifenâe contre deux balles de toile de Silelie. lefquelles à leur tour furewttK»- quées à Tautis, contre des éiofies &t'¥«- ie, qui lui valurent plus ck 40000 \« - **
*i 4 Journal d e s S ç, a \ forte que la montre qui itoit fa premiè- re marchandise , & qui ne valoit, comme nous avons dit, que trente louis d'or, lui jnoduiu't près de jooco écus. Sur quoi il faut remarquer que le transport ne lui foûtoit tien ; e'cft une franchise qui s'ac- corde a tous les Officiers de la Caravane, ■6c quelquefois aux Bouche* du Cortège Le defir de gagner quelque chofe dans ces trocs, fait que les Caravanes font tou- jours fuivies d'un grand nombre de Paffa- Éjers, dont pluiîeurs réitèrent même plu- Jieursfois de Semblables voyages, fans en être pour cela plus heureux. Le bien que cette espérance produit , c'eft qu'el- le .fait Supporter avec plus de facilite" les incommoditei qu'on fouffre dans les Caravanes, „ Ces incommodité! foui „ des puanteurs effroyables , une confu- „ fionde Nations, de mœurs, de langa- „ ges , & la necefliié de fe nourrir de „ chofes acommodées comme on les „ trouve , être quelquefois fon cuifi- j, nier foi-méme , & manger quelque* „ fois indiflinétement avec les plus rnal- „ heureux de la Caravane j être accablé „ de fumée de tabac , coucher fur des „ nates Men dures , &c. Se être toujours „ en danger de perdre fa bourSe , à „ caufe du grand nombre de voleurs a- „ droits qui Se trouvent mêlez dans cette #, ŒJjil4tu.de, ï\ ïi'"J HttOft \as «Arç*
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5« Journal oesSçatAns.
Lettre de Mr. de Mnitulc Ctmmi[faitt eràia*\re de l' Artillerie à un défis jtmii, contenant fei tonjtciuret fur les cau/ei qui mettent tn fi peu de teint Ut pièces d'Ar- tillerie hors délit de firvïr , v fur Ut moyens d'en augmenter conjidtrablemtnt U durée.
JE vous tiens un peu tard, Monfîeur, la promette que je vous ai faite , de vous envoyer mes conjectures, fur les caufes qui mettent en fi peu de tems les pièces d'Artillerie hors d'état de fervir , & fur la manière d'en augmenter confident* blement la durée. Les occupations con- tinuelles que j'ai eues depuis que j'ai en l'honneur de vousvoir. m'ont abfolumeot empêché de vous fatisfairc plutôt, quel- que envie que j'en aye eu. Vous connoif* fez mon inclination pour la Vhylique & à vous faire plaiiir : c'en ell allez pour me flatter que vous recevrez mon exeufr, qusnd elle ne feroit pas auffi-bien fondée qu'elle l'ell en effet.
Pour entrer en matière , vous verrei par ce que j'aurail'honneur de vous dire, que je ne prétens pas comme Mr.... é* temifer la durée d'une pièce de canon. L'expérience nous apprend que rien ne ■peut réiiiter à la violence de la poudre, ou I £ Tire'du Jouis, de 1«n<m* ,W.m\v|\o. m-v*-
et de
:anon
drede ou!er.
ou plutôt du feu, & que ce terrible élé- ment vient à bout de détruire les borne* étroites qu'on lui prêtait dans le canon , quelques fondes qu'elles paroifTent. Je prétensdonc feulement qu'on peut en aug- menter la durée i & ce fera le fujet de mes conjectures.
On fçatt.par expérience > qu'un cane du plus gros calibre, chargé de poudredi la pefanteur des deux tiers de fon bouler, ne peut gueres tirer ordinairement que deux mille coups fins crever , quand mêJ me il n'en tirerait qu'un coup par heure, fuppofé qu'il ne fouffre que la feule vio- lence delà poudre enflammée : 8c iln'eft pas extraordinaire de le voir crever, fans avoir tiré même à beaucoup près cenom- bre de coups. 11 n'y a qu'a lui faire faire l'es décharges fans aucun intervalle que ce- lui que l'on met à le recharger: il crèvera infailliblement bien-tôt; parce que chaque coup fa ifant effort fur les parties du mé- tal, par le mouvement violent que lui communique la poudre enflammée-Si l'air extraordinairement raréfié dont elle cil remplie & dans fes porcs £c dans fes in- terllices des petits grains qui la partagent, ou en forment le volume, tout cela les defunit & les dérange infenliblemcnt. De forte que le mouvement de ces, -yt-ci». toujours augmenté çat Y*. <2w!«>a.x ^^v caufeiit à un canon , «m. 4r à-tc,A",^ï&s
:nE enfia
p8 Journal ses Sçayanï." promptement réitérées , pouffent e„_ leur dérangement à un tel point, qu'il ne peut plus erre augmenté , fans une folu- tion de continuité fenfible.
Le canon crevé alors ordinairement vers le milieu de la volée; quoi qu'il foit plus épais en cet endroit qu'à l'embouchu- re : h raifon de cela elt:claire : c'eft que la poudre enflammée & l'air raréfié fe trouvant plus preffeï , le boulet étant vers le milieu de la volée, que quand il eft à l'extrémité, ils font plus d'effort en cet endroit que s'ils occupoient un plus grand dpace, le boulet étant à l'extrémité de la volée.
On m'objectera peut-êtreque félon mon raifonnement le canon doit plutôt crever vers h culaue que dans la volée ; ' puifque la poudre enflammée s'y trouvant plus preiTée que par tout ailleurs , elle y fait nuili plus d'iinpreiïïou fur le; parties de métal.
A cela je répons que R le canon étoit cylindrique il creveroit immanquablement à la culafle plutôt qu'ailleurs : mais que comme il a beaucoup d'épaifleur en ce' endroit , il crevé ailleurs avant qu' poudre enflammée ait eu le tems de tre en mouvement toutes les par- métal dans une fi grande épaifleur
// eïî vrai qu'on voit fouvent ' canon près du bourrelet i &
tout CB-
J ft n y i e n
bourrelet fauter en partie , ou tout tier : mais il n'clt pas difficile d'en deviner la caufe.
Ou le canon a trop peu d'épaifîeur en cet endroit; ce qui fait que les parties du métal y étant trop tôt mifes en mouve- ment, font aullî plutôt fenfiblcment dé- rangées.
Ou ie boulet qui fait fouvcnt des rico- chets dans l'ame du canon, en fait quel- quefois de fi violais en fortant , qu'il ouvre le métal près du bourrelet , qu'il fait fauter quelquefois tout entier.
Ces ticochets qui font fi préjudiciables au canon , ne peuvent être caufez que par des boulets mal ébarbex, ou qui ne font pas exactement ronds , ou enfin qui ne font pas du calibre de la pièce ,' foit pat- ce qu'ils ont trop peu de vent , ou parce qu'ils en ont trop- Si le boulet eil mal ébarbé , ou n'elt pas exactement rond , ce qui produit à peu près le même effet; comme il tour- ne toujours autour de fon centre dès qu'il a reçu le mouvement que la pou- dre lui imprime, la partie de fa furface la flus éloignée du centre venant à toucher une du canon , y fait l'office -d'un coin , enfonce le métal en cet endtoit, &C fait même courber la volés. , Ç.Na.V- gure ttop irrcgnliére en «x«4R'«i».^:*,'a ïonie.
1 -
Journal dis Sçatans.
Od pourroit en quelque façon remé- dier à cet inconvénient, fi ceuï qui font charge! de la fonte <ks boulets avoient un foin particulier de les faire bien ébar- ber. 8e de rebuter tous les irreguliers.
Si le boulet a trop de vent quelqu'ei- alternent rond qu'il foit , il fera ibuvent des ricochets peu dangereux à la vérité, mais qui ne laiiïent pas à la fin d'endom- mager la pièce par les écorchemens qu'ils lui font dans l'ame. Ce qui caufe en ce cas-là les ricochets , eft la Jîruation du boulet dans l'urne du canon. Comme il touche l'ame par en bas, & qu'il a trop de vent par en haut , la poudre ne fait
Eas une égale impreffion fur le côté de ce oulet qui lui cil oppoië : elle le fait fauter eu tournant , & lui fait faire par conféquent ce qu'on appelle des ricochets. Si le boulet a trop peu de vent, pour peu qu'il foit irregulier , il produit les effets dont nous avons parlé. Si la figure eft régulière, il nelaiifera pas d'écordier un peu la pièce , par cela feul que fa cir- conférence ne fe trouve jamais parallèle à celle de l'ame du canon.
Il n'eft pas impollible de remédier à tout cela ; & je trouve trois moyens qu'on pourroit mettre en ufage pour en venir a bout.
Le premiet feroit de raffraichir la pièce de canon à. chaque, coaç <çï c\\<; Ww. a»
] ANVIE» 1711. 101
refixeroit par-là en quelque façon les par- ties ébranlées du métal : & la pièce ne s'échaufferait pas aWolument , ni fi toi , ni fi fort, qu'elle fait ordinairement, lors qu'on lui fait faire pluficurs décharges lans la raflraîchir. Ce tarira îchiiTe ment fréquent cil une chofe eflentielle à la durée d'un canon s & il n'eft prefque plus tems de penfet à le raffraichir , lors qu'une trop grande quantité de décharges précipitées ont mis les parties du métal dans un trop grand mouvement. Le r affranchi fie ment alors ne peut tout au plus fetvir qu'à era- pécher la poudre de prendre feu quand on recharge la pièce.
J'avoue que de fi frequens rafTraichif- femens ralentiraient un peu les décharges de l'Artillerie, & cela eft vrai: mnis il elt mi auffi , qu'on en tireroit pluiieurs a.- va mages.
Le premier, deconferver les pièces qui coûtent tant au Roi , & de les mettre eu état de iiiffire pour la durée d'un (iege;puif. qu'iL n'eft que trop vrai fuîvant les fâche u- fes expériences qu'on en a faites jufqu'i préfenr , que les pièces d'Artillerie trop tôt mifes hors de Service , ont (bu vent re- tardé ou fait manquer la prife de pluiieurs l'iacef.
Le fécond , d'obliger ceux qui font chargez de la fonte des boulets dans les forges, d'avoir un foin particulier àe, \« £ 3 hast
r«*i Journal des Sçavans.
faire bien ébarber , de faire faire les co' quilles autant fphériques dans leur eonca" vile qu'elles le peuvent être, en forte que le boulet n'en fortît jamais ni ovale, ni trop barbu , & enfin de rebuter tous le: boulets irreguliers.
Le troifïeme , de faire tourner d« cy- lindres de bois de la longueur du diamè- tre d'un calibre , dont un bout feroit cou- pé en angle droit 8c l'autre creufé en de- mi -fphere , pour recevoir le boulet juf- qu'à l'on demi- diamètre. Cela produirait plufieurs bons effets, i. On fe pafferoit l\ l'on vouloit de fourrage pour bourrer 11 poudre, & l'on ne s'en ferviroit que pour foire tenir le boulet dans le bout creux du cylindre: ce qu'on ne pourvoit faire fans bourrer 5c refouler en même tems la pou- dre; puifque le cylindre tiendroit lieu de bourre.
i. Le boulet ainfi mfpendu au milieu de i*ame du canon , en foriiroit fans y tou- cher , & n'y feroit par confequent ni ri- cochets, ni écorchemens.
3, Le cylindre remp'iiïant eiaéiement l'ame du canon , feioit plus de refiftance à la poudre enflammée que h bourre qui mollit, & qui empêche par Ton r effort que h poudre ne fade fur le boulet toute l'im- preïiion dont elle eft capable : d'où je conclus que le boulet doit aller plus droit Ar plus loin qu'à. Yoïiuwite.
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'4. On mettroit près d'un licrs moins detemsà charger 1 puis qu'on ne bour- rcroit qu'une fois.
S. Quoi qu'il fallut quelque charrettes de plus pour porter de ces cylindres, la grotte épargne que l'on fetoit par la durée des pièces de canon, dédommagerait avec ufure de la dépenfe des charretes.
Il y a une autre caufe qui met fouvent une pièce de canon hors d'état de fervir, avant qu'elle foît endommagée confide- rahlement par ailleurs : c'en la lumière
3ui devient fi grande par les fréquentes cchargesde la pièce, qu'on eft obligéd'y remettre un grain, ou de la remettre à la fonte: mais ces grains content beaucoup à mettre, Si ne durent pas long-rems fans fauter , parce que quelques mefures qu'on prenne, pour les incorporer en quelque façon avec la pièce, ce qui feroit le feul moyen de les faire durer , on n'en viendra jamais à bout fans mettre la pièce en fa- non : ce qui coûte roit prefqu'jutant qu'il en coùreroit pour la refondre 5c larejetter en moule.
Letainqui entre dans la compoiîtion du métal donc on tait les canons , rend ce métal plus ferme, plus dur, mais plus fra- gile aulîi. Ses parties l'ont plus faciles à fe defunir ; parce que celles de l'étaùx o^ font beaucoup movns vwwtvfei ts- -tomcw» entreJaiîces que ccWes 4^oiv«e. » -sw^
104 Journal des Sç*vans.
fe mêler avec elles, les dérangent confi- derablement , empêchent que leurs ra- meaux ne fe lient & ne s'embar raflent ks uns dans les autres comme auparavant. De forte que les parties du cuivre & de l'étair, fe touchant dans leur mélange fans beaucoup s'erabarraffer, prennent un ar- rangement à peu près femblable à celui des parties du verre. Les parties de ré- tain fe mettent même par petits grumeau*, pour fe féparer en quelque façon de celles du cuivre avec lefquelles elles ont de la peine à fe bien lier : ce qui fe remarque très'bien par le moyen d'un bon microf- cope.
Ce qui fait que le feu qui fort par la lumière du canon, avec toute la violence que lui caufela petiteficdeccpailage, em- porte peu-à-peu ces petits grumeaux d'é- tain déjà bien ébranlez & comme à demi fondus par la chaleur de la pièce, écrou- la lumière, dont il rend la furfacc inté- rieure toute irreguliere & toute rabo- teufe, par l'ai fcnee de ces petits grumeaux d'étain, qui biffant de petites cavitet entre les parties du cuivre qu'elles ont abandon- nées, font que ces dernières fe détachent a leur tour avec d'autant plus de facilité, qu'elles donnent plus de prife au faufile violent du feu qui fort par cet endroit. Ainfi la lumière du canon devient fi \dc parles ftiqaeatei â&b»r|j&
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Janvier 1711; ioj
lai fait faite, qu'on eft obligé de le ren- voyer a la fonte, ou d'yremcttreungraia quand la pièce h'eft pas encore endomma- gée par ailleurs : ce qui elt embarraflant, coûte beaucoup, 8c retarde prefque tou- jours l'exécution d'une entreprife, s'il ne h fait pas manquer.
II paroit d'abord diCcile de remédier à cet inconvénient : mais pour peuqu'on feue d'attention à ce que nous venons de dire, pour en découvrir la véritable cau- fc , on n'aura pas de peine à en venir à bout.
S'il elt vrai, comme nous le venons de dire, que la lumière d'un canon ne a'é- croit lî-iôt , que parce que les parties de l'etain & du cuivre qui font la compoli- tion do métal dont il efl formé; ne foni prefquejamais ni bien mêlées, ni bien in- corporées enfemble, 8c qu'il y demeure quantité de grumeaux d'éiain, que le (buf- fle violent du feu détache avec tant de facilite, il faut trouver moyen de les mê- ler, iînon parfaitement, du moins autant qu'elles le peuvent être.
On en viendra à bout en quelque fa- çon , fi i'on prend foin d'agiter long-tems le métal dans le fourneau, & de manière qu'il le foit par tout également. Mais cette agitation fi enfle ne peut avoir
C! dans une petite quantité de mé- is lu fontes otd.uiM.wSj 4s. <h«>k«^ .
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ÏCÔ JollUNiL DES SçAVANS.
où Von employé jufqu'àfoixanteCc quatre vingts mille livres de métal 8c plus , il n'elt guéres poflïble d'agiter par tout une fi grande maffe: trop de choies s 'oppofent a une agitation fi necelfp.ire, la quantité du métal , la grande étendue intérieure du fourneau , la petiteffe des portes de ce fourneau, la chaleur prefqueinfupportable qui en fort , le refroidiffement du métal quand les portes fout trop long-teros ou- vertes &c.
Il faut donc recourir à quelque remède plus fur, plus promt, &: moins embarraf- fant que celui de l'agitation & du mélan- ge parfait, auquel il eft fi difficile de par- venir, 8c qu'on ne doit jamais pourtant négliger.
En voici un qtii peut pafTer pour infail- lible , & qui eft très-facile à mettre en ufage. Il n'y a qu'à former de bons grains de cuivre de Sueded'une groffeur propor- tionnée à celle des pièces pour lerquelles. on les deftine; bien battre ou forger ces grains à froid pour en refferrer les pores; & les placer dans les moules à l'endroit où fe doit trouver la lumière du canon. Le métal qui entrera dans ces moules, ifer» fondre par fa chaleur plufieurs lignes d'é- pailTeur des grains avec lefquels il fe liera & fe foudera parfaitement. Des grains de cette nature ne manqueront jamaiss & la lumière qu'on y perce» le trouvant for-
^z
c par une dpiîffeur confidéuUe d'un métal fans mélange , & dont tout» lu parties fe trouveront parfaitement homo- gènes, dureront afiei long-rems, pour ne mettre jamais la pièce hors d'état de fci- \h-, & ii elle vient à *'«<•«/« un peu par un très-long ufage , elle confervera toûjouiî une figure parfaitement ronde.
J'attends, Monfieur, vôtre jugementfur ces conjectures, & j'ai l'honneur d'«rc, Monfieur, &c. de Morale c.
.,-i './.-■ j U \a. Ntvimkrt 1705.
Otuvres fpiritutilti de M. H Ht 10 T, "otiftiller du Roi tn la Cent dis Ay.lei de iHi) avu un abrtgè it f* vit. A Pa- lis, chez. Jean Haptiile Coignard, rue faint Jacques. 1710. vol. in S. pp. 39;.
evkj perfonuesfouliaiîoientdc' puis long-temps l'impreilion des Oeu- Tres fpirituelles de M. Heliot , dont il couroit dîverfw copies dans lePublic. Ce- lui qui s'eft chargé de l'Edition , a con- fronté ces copies avec l'original qui lui a. été communiqué par M. Courtois, Avo- cat au Parlement , dépolit aire des Ecrits de M. Heliot, auffi bien que l'Exécuteur de fon Teftament > & il y a trouvé une grande différence , puifqu'outre les chan- gemens 8* les itérations qui font dans ces copie» manofcjiies, elles ne comîttnwçx £6 *P»
PIC? J:OflRSfcL DES SçAVANS. que douï.e Dilcours, de vingt-quatre qui Te trouvent dans l'original. Le P. Craflet. de la Compagnie de Jefus , qui avoir été Confeffeur de M. Heliot pendant plus de dix-huit ans, les auroit données au Pu- blic, fila mort ne l'eût prévenu. Il a- voit même compofé la viede cefainthom- mc, pour la mettre à la tête de ces Oeu- vres. Celle que l'on donne aujourd'hui ell h même qui a été compofée par ce Père, mais on l'a abrégée en quelques endroits poury ajouter quelques particularitezdont le P. Craffet n'avoit point eu connoilTan- ce, & qui regardent principalement la fa- mille de M. Heliot. „ Au refte , c« . ,> Oeuvres de M. Heliot font une fuite „ de fa vie, puifqu'il afldellement expri- „ mé fur le papier ce qu'il avoit dans le „ cœur. & qu'il n'y donne aucun confeil „ qu'il n'ait pratique lui-même. On ne ,, fçait s'il avoit defiern de faire imprimer „ ces Difcouts , & d'en faire un corps „ d'Ouvrage fous quelque titre ; mais „ comme ils fe fonttrouveiaprès fa mort „ en autant de cahiers feparei , on s'eft », feulement contenté de leur donner „ quelque ordre , en les divifant même „ par parties , Si de les publier fous le „ titre d'Oeuvres fpiritudles de M. Hc- „ liot, puifque chaque Difcours peut *- „ treregardé commeun Ouvrage ieparé.,. Le flvle en cil fimok & naturel: on voit
i'Itl If». 10$
jue c'étoit le cœur qui parloit; c'eftpour-
uoi l'Editent les a lailfez dans leur timplicïié , de peur d'affbiMir l'onflioo dont ils font remplis. 11 n'a pas même voulu changer quelques expreflions qui ne fe relTentent pas de la pureté de noire ',angue, & qui pouvoisnt être en ulàge
>rfque M. Hcliot a compofé ces Dif- .ours.
On doit lire ces inftruétions dans le mê- me etprit qu'elles nnt été compolées. Qui voudrait les lïie en Méuphylicien ou en Géomètre, courrait rîlque de (e priverde t le fruit qu'il en pourroit retirer.
NOUVELLES DE LITTERATURE.
DE L I G OU R X E.
QNi publié depuis peu ici de nouveaux v Elemens de Géométrie. Euclidei rtfit- tftams, fixe plan» çr folida GeometrU Elt- ment», epm in qui lion alla plerarftie, tUm ffaltpmi ratîonîs w propertionii Ratura ■& prepfictatti nova méthode lUriui, qu.im an- lia ah aliis , atque facitiis txponuntur fit- miufjue ac evidem'ms demotijïrantur. in 4. C'eft M. Matchetti , Mathématicien du Duc de Tofcanc, & Profelîeur enMécha- nique dans l'Univerfité de, P\fe * «çà. eSs- Autcitr de cet Ouvnje. "ù. 1 ■^'"S^ £7
*,
■îio Journal dïs Sçavans. plulîeurs démonllrationsqui ne retrouvent point dans Eudide; & pour en démontrer quelques-unes , il fe fert d'une méthode qu'il croit plus intelligible , particulière- ment fur h propriété des parallèles. 11 prétend que les Mathématiciens fe font trompez en donnant comme théorèmes des propoiîtions qui doivent être regar- dées comme premiers principes, & il en Cite deux, fçavoir : Deux quantités éga- les ont entre elles une égale proportion; & deux inégales, l'ont ^ inégale. Deux quantités qui font égales à une troiiiéme, font égales entre elles. Dans le troifiéme Livre il fe fert d'un Ouvrage qu'il publia en irtoj, in -|. fur la nature de la pro- portion, pour faire voir que les Mathé- maticiens fe trompent en voulant défini! l'égalité & l'inégalité des proportions) qui doivent être cenl'ées connues par elles* mêmes.
DE LE I PS IC.
f\N a traduit en Latin un Traité de ^ Chymie, eompofé en Allemand par M. Bêcher, & cette Traduction elt foui la prefle.
M. Jean Kern a publié une Lettre fur la vie de feu M. Ittigius qui mourut ici il y a quelques mois. * Di vite , obitu,
f Ou U doute shei les Wttftvic,
3 »K7IE. IJII. III
Scrtftifiue D. ihanu itiigiï. Cette Lettre contient des particularité! très-curieufes.
M. Starkius, Profefleur es Langues O- neniales.vientdepublierun Ouvrage * fut les Epîtres de faint Paul, intitulé : Jf«- (* feUSii , Cr'uïct, PhiUlt>gitt,in Eftflolatn ma Hebruss, annexa [uni Noix in Itia dijfi~
iriliera EpîftoU ad Rcmxnos. in 4. DE G 1 E S S E N.
Vf R. Jean Nie. Hcrtius , TrofeiTeur de cette Ville, eft mort il y a quelques mois. U venoit de publier une Dilfcrra,- tion fur l'ancienne Hifloire de France. ■f Wolîlia vestris Frmeeram Regni ufque ad txctlfum- Lad. PU. On a trouvé parmi fes papiers un Traité des Fiefs tout prêt à imprimer.
DE FRAXCFOR7.
/-)N doit publier inceflamment unenou- w velle Edition du Gloilaire de M. du CangC. Corel* du Frtfnt d» Cangt , Régi À Ccnjiliis, V Francis apud AmbiaJiûs^aÂÇ- teris , Ghfjrimn ad Scripteres médit. ©" in- fini* Latinitath , in auo Latin* vecabulu novatt jignifiiaiionis sut usas tarions , bar- bara\S txitka ixfliCMlur, tirant miiorui
On le trouve cheik* Wic-teerç^. _ Ou 1* trouve cho, i» ïwan» VS***1*
îli JOUÇNAL DEJ SçAVANï.
C erîgmatioirts retegumur : Cempluns *vi piciii ritm V morts , confattudinum muni- lipalium, & Jurifprudevii* rtctrttioris formu- le r? ob/olne vous , utrïufijHt ordmis Eccle- ftaftici É3" Ldùi Digniiotts & Officia , rj> quamplunma alla Obfirvaiiom dtgaa ricin- Jimtur , tniiclrantur , illuftraniur , e Libris tdil'ti , intfitis , aliijaue monurnemis cùm publicii lùm privAth. Acctd'u Dijjertaiio dt lmperatorum Conliantinopcliianorum , Jeu in ferions evi vet lmperii , uli -votant , Nu- rnifmatibm. On nous fait efperer que cette Edition fera beaucoup plus ample que celles qui ont paru jufqu'icî.
M. Jean-George Abicht , Dofteur 5r Profefleur en Langue Sainte dans l'Uni- verfité de Leipiic, a fait imprimer ici u. ne Introduction à l'Enflure Sainte de l'an- cien Teilament. Ars difiincTt legindi fy interprttmds Scripturam Sacrum Vit. Te/ia- muni.
DE HALL.
X|R. Wolfiuj (Chr. ) Profeffeur en Mathématique, quia publiéun Trai- té delà pefanteur de l'air en no8, doit faire imprimer incefiaminent un abrégé de Mathématique en Langue Allemande". M. Heineccîus fait imprimer la fuite àcs Antiquitez de la Ville de Goflar, dont il *JJeiWc>KûevA
I»«'Ill 1711. 113
il publia le premier volume en 1701. in fol. 11 travaille a faire un Suplémenr à l'Ouvrage qu'il publia il y a quelques an- nées far les cachets des Anciens.
DE COPENHAGUE.
QN reimprime ici la defeription du Ca- binet des Rois de Dannemark , publié autrefois par M. Oligerius Jacobxus: Oligirii Jatéà Muftum Rtpum. M. Lau- renzen , Confciller d'Etat du Confeil Ec- clefiaflique, a foin de cette Edition. I! y a fait plufieuts additions, dont la prin- cipale eft un Commentaire Hiitotique fur les Médailles Danoifei.
On imprime aufli, par ordre du Roi, les Loix du Roi Chriftian V. M. Hag ' zious les a traduites en Latin , Verfion Latine fera vis-à-vis le texte Da- nois.
Z>'E r S E tJ A C H.
Vf R. le Duc de Saxe-Eyfcnach vient d- publier un Ouvrage de fa compofi- tion, qui contient plulïeurs retlexionsmo- rales fur le Nouveau Tefta aient , avec quelques inftructioiis à ûs enfans.
* On h douve l/ua&ft«4M&*.w-'Vs***
£14 JOVRIUl DES SCAYiNI.
T 'Impreflîon du Clément Alexandrin de •" M. Porter va très -lentement , à caufe de t'abience de l'Editeur , qui s'elt retiré à fon Bénéfice , fort incommodé de [a yûë.
M. Hudfon travaille à un nouveau vo- lume des anciens Géographes , où il y aura plufiéursïPieces qui n'ont point en- core paru , entre autres un Traité d'Aboi* féda , De Penio/nU Atabh, avec la Ver* iion Latine de Gravius , & des remar- ques de M. Gagnier.
Le même Auteur n'épargne rien pour perfectionner l'Edition de Jofephc, qu'il fe propofe de donner au Public. I! a dé- jà la collation des principaux M (T. qui font en Angleterre; de ceux d'Ifaac VoC* fius, & les matériaux qui avoient été pré- pare! par Samuel Petit, & par Bofius. Il attend incefiamment la collation des Mil. qui font à Florence , & dans les auirei Bibliothèques d'Italie,
DE LONDRES.
T E Sieur Tonton , Libraire de cette *-* Ville, vient de, publier une Edition in fol Se une autre in 8. du Procès du Docteur SachcvctcW Ce Vlwit ■». été
publié par ordic de la Chambre des Sei- gneurs. On y voit les chefs d'aceufation
de la paît des Communes , la réponfe de ce Docteur, la réplique des Communes, le Sermon qui a donné lieu à l'accufttion, les Plaidoyei que les Députez des Com- munes ont prononcé devant le Tribunal des Seigneurs , la Harangue du Dodcur, & les défenfes de fes Avocats , & enfin le Jugement qui a été renda contre loi. Les Seigneurs ont voulu qu'on y ajoutât h Sentence par laquelle ils condamnentna Décret de l'Univerfité d'Oxford , fur 1*0- béïflancc due aux Souverains, à être brû- lé par la main du Bourreau, comme on- tenant divirfis prtpajîtieat contraint À lu Conjihutbn de (t Reyoumc, er eppojèts À Ut Sutcejfinn PrtttfittU* , liilt qu'élit i/l étallit par Us Lùix. Ce Décret avoit été fait en 1683, & i! a été brûlé avec le Sermon da Doifteur Sacheverell le 27 du mois de Mars, vieux Style,
Tf AMSTERDAM.
Vf R. Witfen, Bourgmedre delà Ville *"* d'Amlterdim,, à qui le Public ert re- devable de la Carte de la grande Tartane qui c(l à la tête du Voyage de M. If- biand Ides , doit jncerumme« publier une delciiption de ccs-PaSs, <^i\. S.W». vste«- curieufe, & très-éte.DÀuë. Qo. ~i vtw^>^Si,
it<> Journal disSçavakj.
même une relation de plufieurs Antiqui- té! qui ont été trouvées dans des fepul- chres,
DE F H A iH £ g_U E R,
()N> publié ici un nouveau Syftêmede Théologie- * Syfttma Thtobgito-fky' ficô.iUtuphyficum, Auëlare Raurdo Andak. in 4. Cet Ouvrage contient trois Trai- tez difîërens. Dans le premier l'Auteur traite de rexiftence de Dieu , & de fes attributs. Il pore pour principe que nous avons des idées innées , d'où il conclut
Ïu'il n'y a point d'hommes qui croyent ncerement qu'il n'y a point de Dieu, Le fécond Traité ell un Commentaire fur la Métaphyfique de Defcartes. Le troîlîéme contient quelques Differtations fur la Théologie naturelle. S; fur la Philo- fophie.
TL paroît une petite brochure » n. fuit nom d'Auteur ni d'Imprimeur j où l'on répond à un Ecrit dont nous avons parlé dans les Nouvelles .Littéraires du Mois de Septembre de t7io, p. 353. & qui a pour titre : Remarques de M. le Hii , fur la W4- niere de graver & d'expliquer tes Pierres an- tiques, * On le tnui
, Qu'on doit dejfmer les Antiques irait r Irait , C au'on »» dm rien ajeuier, rigir , Vf diminuer dam ces txttlltns Ou-
get i .fentiment que l'Auteur appuyé du rrage Si de l'exemple de tous les Anti- La féconde chofe que l'Anonyme ft ipofe, c'eft de défendre l'explication du chet de Michcl-Angt par M. D.M. con-
1a Critique qu'en a faite M. U Hay is fes Remarque). On affûte donc ici je cette explication n'a rienquedeplau- .\e , & qui ne foit fouienu de bonnes au- rirez j & Qu'une fête en 1 honneur de cchus Si en mémoire de fa naiffance, qui
ce que reprefente le Cachet ( félon M.
M. ) n'eft point incompatible avec une
e de vendanges.
L'Anonyme finit en attaquant les «pli.
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.BLE DES LIVRES. u9
jK, RtUtit» fomentant les Cara-uan-
,es Corttps des Marchands d?Afn. 8j
, dl.EC, Lettre fur les taufes qui met-
m m [i piude nmi les Pièces d'Artillerie
ours d'étal dl fervir , S(C.
.ELIOT, Oeuvres Spirituelles, 107
f tilts de littérature. ion CATALOGUE
DES LIVRES NOUVEAUX
Qu'on trouve à Amfterdam , cher les JahssoXs à Vaeseiigi.
T\Ionysii Loncini de Snblimitatê
libellus, cum Prxfarione de vit a 8î
Scriptis Longini, Notis, Indicibus , 8c va-
riis Lecrionibus, 8. OxortU ï Théâtre* Skel'
doniano. 1710.
Hijloire du Papifmt , ou Abrégé âe PHifioirt de l'Eglife Romaine, depuis fit nai/J'anct jufquis à frtftnt , traduite die Latin de Jean Henri Heidegger Pre- ftffeur en Théologie à Zurich, ta. A.
Attifterdim chez Jacques Deftoti.^.
-
no CATALOGUE. DatidisCzuttingeri Nob. Hung. Spécimen Hungaria; Literatœ , Viro- rum EruJitione darorum.nationcHun- garotum , Dalmararum , Croatarura, SlavorumatqueTranffilvanorum, Vitas, Sctipia, Elogia & Cenfuras ordine Alpha- betico exhibens. Accedit Bibliotheca | Scriptorum qui extant de rébus Hunga- ricîs. 4. Francfort!, fumptibus Jod. Guil. Koblefti. 1711. Entretiens pieux d'un Tidelle avec fort Pajltm _ dans lefijutls on trouve divers conflits pour s'avancer dans la famicii , la Bu. felutkn de plufiturs cas de Confidence, l'Explication d'un grand nombre dt pajfagtt & i'Hifioirt de pluficurs faints hem comme des Martyrs. Par B. Pictet i ftjjeur mTbeol, à Genève. 12. A Genève chez Fabri& Barillot. 17,11. 3*ni Bsoucihusii, Poé'matum Li- bri fedecîm, editore Davjde Hoog- stbatano. 4. Amftelodami apud Iran- eifeur» Halma. 1711. Réflexions Morales , Satiriques O" Comiques, fur Us moeurs de nôtre ficelé. 8. A Cologne chez Pierre Marteau le Jeune. 1711. Etal ancien t? moderne des Duchez. de Floren- ce , Modem , Mantoue a- Parme avec Ptiifloire anecdote des intrigues des Cours de leurs derniers Princes. On y a ajouté uni femblablt Rtlation de la fille ejr Légation de Bologne. 11. A Vîvttdfc <3asx Guillau- me Broedckt. i*]u.
o
AVIS.
r ge les Livres fuivans :
ENGELBERTI YANDSK BlIRG C
tiones,& Tractatus , i. de abufu y mentorum , quo divîna Majeftas ditur.» 2. deabufu Appellnriomim, < hnmana Mnjdlas teditur 3. de juril Privilegiis,..& pffieip DocWtim 4. Rïtione ftatus. -j. de Thcfauris & te tara Principes quam Privalorum ci eofdern.6. de uiii & abufu Comm riorum, 7. de peijurio. 4. ZJpfik *j Rtnd. Lmkifîanos. 17 10.
Joh. Hem nier Bergeri Supf menta ad Elefta Jurifpnjdcntia: Crii nalis Pars II. Acccffii Difquîiirio.ntn à Principe teraperati pœna adulrerit p lit. 4. Lipfi* fimpi. Hkred. ïrtdi. Ldnckifii. 1710.
D. Goinoi. Fuir». SiliCma ni Exeicirationes Académies Hif ri co- Phi! ofophîco -Théo logiez è fc feo Hekrici Pippingii. D. DrefJâ afud Gndofridiim Lefch'mm 17 CasparIS Htismci Hobnii Z-ibro Metatiico, (\oi fcwigrapbus ■((
genbuch) diciioi , ScYie&tfm^w&sx
+. IrtreUrg*. «fui ^«.1*4. tA«îrt.-\
JOURNAL
DES
S C A V A N S,
5
Four le Mois de Février M. DCCXI.
Commenta ri us de Vita Scripiiftjue ai ritis îlluft. Viri Jobi Ludolfi, CooCliarii quondam Sereniffiraorum Saïoniœ Du- cum intimi, viri per Eruditum Orbem celebetrimi. Jiuctore Christ Junckeko Drcfd. Hiftoriographo Ducali Saxo-Henncbergko. In Appen- dice adjefta (tint tum Epiitolœ aliquor clarorura virorum, cumetiara Spécimen IJnguaï Hotremotiae , numquam alias ad notitiara Gerinanorurn perlitse. Lip- jis g- Franco/uni , funiftihut Joh. Fri- itricl Braunii. »nao 1710. C'cft-à-dire: Commentaire fur la Vie er Us Ouvrages de fillulin Job Ludoiphe, autrefois Confeil- 1er del* Cour dtSaxc, homme nltbre iant U Monde Scav»m. Pu Chrétien ^UW.- ket , HiftifioirAphe dis Ducs de Saxe. <6» *jtat£ à la fin ta Leitrti de auïlques \u- F 1 {m***
Pag?' - a Wae
114 Journal des Sça vans. fcr.nis illufins , V an Ejfaî tii la Langui du Hottenrots . flw" «V/wV e*j «n»rr parvenue à ta connoiffance dit AlUmanu A Leipfic Si à Francfort , aux dépens de Jean-Frederic Braunius. 1710. in 8. ■>g. 108. Se trouve chez les Janflbns uVaesberge.
T L e(i de l'intérêt des Sciences qu'un -*■ faiîe honneur à la mémoire des Sc.i- vans, en publiant leur vie & leurs Ouvra- ges, c'eft fouvent l'unique recompenfe de leurs travaux; c'eft du moins la plus fia - teufe & la plus fure. M. Junckcr donne au Public dans celte vue les principales ci r coniUn ces delà vie de M. Ludolphe. qui a pofledé les premiers emplois du pais où il étoît né , & à qui les occupations de la Magiflrature n'ont rien fait perdre du goât^u'il avoit pour les Lettres. Erfort ville capitale de la Thuringe, étoit le lieu de fa nailTance. Il comptoir parmi fes a- yeux plu fleurs Sénateurs, & d'autres per- fonnes diflinguées. On remarqua en lui dès fes années les plus tendres d'heureufes dilpofitions pour l'efprit & pour le cœurs & il falloit que Ton beau naturel fût bien puilïant) pour refifter à la mauvaife édu- cation & aux exemples contagieux de ce temps la. Il n'avoir encore que cinq ans en 161$} alors il regnoit dauslepaïs di- vtts troubles , dont U iutiç ta. Vm^tî*.
F * i
171t.
ïï
mette. On était tout occupé des fomi de » guerre i & ces J'oins, dit M, ! ne l'ont pas de petits obftacles aux Scien- ces 8c à 11 venu. Elles croient, ajouté* t il, li négligées, que la Mute naturelle d'Hildebrand, ou d'auties vilions fembla- bte, faifoient prefquc la feule étude de la euneffe.
Le malheur des conjonctures ne dérour- ia point Ludolphe des bonnes routes. H î'aitacha foigneufement au> petit nombre de gens de Lettres qui compofoient l'U- ni veriîté d'Erfort , & prit du moins une teinture de toutes les différentes fortes de Cûnnoiiîances qu'ils cultivoient. Dans l'envie extrême qu'il avoit de fçavoir.rien ne lui paroiiToit inutile ni indifférent. La Mufique occupa fou attention , comme les autres Sciences. H ne négligea pat même l'écriturei & fît voir par la. remar- que l'Auteur , qu'il n'eft point effentiel aux Sçavans qu'un putlTe à peine lira leurs Ecrits.
Cpmme il y avoit dans l'Uni verfi te* d'Erfort un célèbre Profelfeur de Droit, nommé Muller.il prit fous lui les premiers principes de Jurii prudence. Mais il quitta bien-tôt cette étude, & la referva pour un autre temps, perfuadé qu'avant toutes chofes il falloir s'appliquer à la conooiC- fance des Langues. Les -ç\va &\*foSiss.%*. | Ici moins connues , teWes «JK. "vW<t^i! V *i
"jï6 Journal des Sçsvaks. Langues Orientales, fuient celles qui ex- citèrent le plus fa curiolué. C'était peu pour lui de fçavoir à l'âge de vingt ans le Grec, l'Hébreu 8c l'Arabe, r! voulut ap- prendre particulièrement la Langue Ethio- piennes 8c quelque peu de fecours qu'il trouvât parmi lesSçavans pour le conduire dans cette étude, il ne hiffa pas , à force de travail & de recherches t d'y faire en peu de temps de tels progrès, qu'il conv pofa lui-même une nouvelle Grammaire pour l'intelligence de cette Langue. En- fuite il revint à l'étude du Droit , fouj Je célèbre M. Muller , dont nous avons déjà parlé; 8c après s'y être appliqué avec fuccès, ilfe mit dans le goûtdesvoyages, non pas Amplement, dit l'Auteur, pour voir de nouveaux pais &d'autrespeuples, mais pour former des liaifonsavecles Sça- vans, 8t acquérir par ces fecours étrangers ce qui manquoit a fes propres connoifian- ces. Il avoir fur cela un empreffement fi vif & û impatient , que fans trop con- fulter fa bourfe, il s'engagea dans des dé- penfes qu'il n'étoit pas tout à fait en étal* de fupporter. Mais il y a , obferve l'Au- teur j une Providence fecourablc pour les gens de bien 8c les Sçavans,
Par-tout où M. Ludolphe pafla, il fil connoître 8c admirer fon mérite. D'a- bord il alla en Hollande , où l'attrait de h libellé retient ton i« G«a i* Uy.«es.
r de deux
1711,
e là il vint en France , où il puce ._s principales Villes; fit un fcjourdedî mois àSiumm, demeura enfuir* r^mps à Pans , d'où les Guerres Qvilei "obligèrent enfin de «'éloigner , pour fe endre à Rome. 11 voulut voir après ce> i la Suéde, & fur-tout h Reine Chrilri- , qui s'étoît acquis une grande reputa- ion pat fes vertus , & par la proteétû qu'elle donnait aux Sçavanj. II fe loin extrêmement de ce pais-là, Si particc renient de la liberté avec laquelle ol , voyageoit, fans craindre les aflaffînats rii les voleurs. Ses diffétens voyages durè- rent fis ans, après quoi il rciint à Erfo fa patrie , où il îendit les derniers devoi à fon père ,. qui mourut en ce tems-li Quand vl eut réglé les affaires domeftique où cette mort l'engageoit , il fe rendit a trie au Public dans les fonctions de Cor feiller, qu'il exerça plus de dis-huit a durant lefquels il fut fouvent député poui affilier aux Diettesque l'on tint au fujet des conteilations qui étoient depuis long- temps entre les Ducs de Saxe & les Ar- chevêques de May en ce. Ces occupations turaultueufes l'enlevoient malgré lui à fes études. II fouhaitoit impatiemraenr de fe rerirer des affaires , pour fe donner tout entier au penchant des Lettres. La difficulré croit de faire agréer ceue tCXWAt au Prince. 11 y reufiît pat \\ eotïvAw F 4 vYGty
11.8 JoirRNAl de j Sçav ans.
lion de fes longs fervices. Frideric Duc de Saxe lui permit de fe retirer, 6c lui ac- rorda avec doge des Lettres de Confeil- Honoraire,qui font rapportées au long
is le Livre. Alors fe croyant maître
de fon temps & de lui-même il crût de- voir choifïr pour demeureja Ville de Franc- tort, qui par le grand nombre de fes ha- bitans , & l'étendue de fon commerce, fembloir lui faciliter les liaifons fçavtntes qu'il vouloit entretenir en divers pais. Mais à peine fut il établi avec fa famille "ins cette Ville, que l'Eleflem Palatin le te à la tête de fes affaires, & lui cou- le foin de fes revenus. Dans ce chan- tent de fltuation il eut occafion de lire de nouveaux voyages. Il fut envoyé deuï fois en France; & pendant le féjuur qu'il y fit il eut foin de vifjter les Biblio- thèques de Paris, B< en tira tous les re- cours qu'il y put trouver pour la parfaite intelligence des Langues Orientales. En- fin il retourna à Francfort, où, fuivant fa première deflination , il palTa le refte de fes jours, fans autre foin que celui de revoir & de mettre en ordre les divers Ouvrages qu'il avoit compofez. pour le ïublic. 11 mourut en 170*. âgé de ïo ans, & univerfellemcnt regretté. C'étoit Un homme, dit M. Junckcr, auffi efti- mabJe par fes mœurs que par fes talens; fçachant 6ca-«coup , oc ce qm cft. *&«.**■•• V»
parmi les Sçavans , ne cherchant qui communiquer fa fcîence aux autres, & x prendre d'eux ce qui lui manquoit ; dut & infatigable au travail ; accoutumé tel- lement à l'étude, que dans Tes rcjfts mê- mes il avoit toujours on Livre fous les , yeux ; propre à l'exécution comme au confeil; aux affaires tumultueufes de l'E- tat, comme aux recherches païlîhles des Sciences ; ami de l'ordre 8c de 1a règle jufqu'a exiger des attentions fcrupuleufes & quelquefois un peu incommodes dans les moindres détails domefliques. On trouve à la 6n du Livre un catalogue de' lous Tes Ouvrages imprimez , & un lé- ger ElTai de la Langue des Hottcntots..
uotatiombus res a>vi annquiuns pract pué complètent ibus illullravit Simc Fridekicus Hahmius Bergen Magdeburgicus. Adjecta eft qufden.. Aufloiis PrLcfatio de inftauratoribus ar- tis Diplomaties. Magileèurgi w Lipfi*,. ftbud Cbrftcjhorum Stytteliitm. 17 10. Cell-a-dite : Le Titn Ht Fondation du Mvntftert de Ecrg fur Elbe, avec de; note; fnjleriqttts, qui concernent principalement l'antiquité. On y a ajouté une Préface dtrtnéme Auteur fur Us R« Saurai eut s a« U &fiema!i^Hi. A Ma°4ebo\jtç, **
k v-war
I30 JotJRHAL DEîSçAVANS.
à Leiplic , chez Chriftophe Seyde!- 1710. in+. pag*;. 64.
I Es Communautez foDt jaloufes de fe ■^ donner une ancienne origine; 8t cet- te délicatefle va quelquefois jufqu'à fup- pofer de taux titres au défaut de véritables. On ne peut douter que- l'artifice des Moi- nes n'ait bazardé Sien des chofes en ce genre- Souvent mime ils ont crû que l'intérêt de la kc!:gion le demandoit, parce que les érab'iflcmens modernes é- toieit toujours mc:ns refpeétez, & deve- noient pat là moins utiles à l'Eglife que ceux qu'on croyoi: avoir été formez de- puis long-temps Mais fous pretexteque, parmi tout ce qui eft annoncé pout an- cien il y a bien des Titres fufpects, n'y en a-t-il point auilï qui ne le forent pas? & doit-on les confondre tous fous la même idée ? Une défiance outrée fur cette matière ne fait guéres plus dton- rieur qu'une extrême crédulité. Il eft de ]o gloire des Sçavans & de l'intérêt du Public , qu'il y ait une méthode & des principes pour difeemer le bon du mau- vais :. car i'ans cela rien ne feroit plus aifé que de uier tout , & les plus ignorans- prendroient volontiers ce parti. Il y» d'ailleurs,, dit l'Auteur, une injuftke aflez générale chez les Critiques. C'eft allez ]iiïIî3ppercoivent quelque chofc d'altéré
'RIE* rjti. ou de changé dans un Titre , poui qu'ils fe croyent en droit de conclure que la pièce entière cft faune. Cependant ne (e peut-il pas que le temps ayant ufé le pa- pier en cetiains endroits, on ait remplacé par d'autres mots les mots effacez, fans que pour cela il y ait rien de chaa- gé dans la fubitance de l'Acte ?
L'Auteiir a cru devoir mettre ces Ob- fet valions à la tète de fa Préface, pot» difpofer le Public à recevoir comme vrai- ment ancienne la Pièce qu'il lui prefeate, qui cft le titre de fondation du fameux Monaftere de Berg fur Llbe. Mais avant que de rapporter cet Acte , il fait une petite DuTertation fur la Diplomatique, & fur les Auteurs qui en ont traité. Il convient que le Père Mabillon eft celui de tous les Auteurs qui a donné le plus d'étendue & le plus d'ordre à cette ma- tière, li parle aufli avec éloge du P. Pa- pebrock , du P. Germon, de M. Fon- tanini , & de quelques autres Sçavans moins connus. Enfuire 11 propofe fou fentiment, qui eft de tenir un jultc milieu entre une facilité aveugle de toutadopter, Se une détermination générale à tour rc- jetter en ce genre. 11 eft perfuadé avec le P. Mabillon, que lorfqu'ime poflêffior* de plufieurs fiecles a fait paffer des Actes
Crais, on ne peut plus les çwmsv4k*- à moins au'on ne U ,M«su»fc w^ Fi «
IJI J 0 0 K N A L DES S Ç A V A H S.
évidence. Ce B'cft pas afl"ez d'oppofer des préemptions & des indices, la pofTef- fion contraire les lurmonte, & ne cède, pour ainfi dire, qu'aux dêmonitrarions. 11 cft injulle, obftrve-t-i!, de demander des preuves de la vérité d'un A«Se qui a tou- jours été reconnu véritable ; c'eft à ceux qui ofent en douter, d'expliquer ce qui a pii les déterminer a ■,'é'oîgner de l'opinion & de la reconnu! (Tance générale. Où en feroit-on fi la feule. hardielîe de révoquer en doute les monumens les plus iiïrs de l'antiquité, étoit un titre fuffifant pour les rendre douteux ï
Après avoir pris cej précautions contre l'incrédulité des Critiques , il remarque que la célèbre Communauté dont il va- rapporter la fondation , a beaucoup fouf- fert du malheur des guerres , & de la né- gligence des Abbtz; mais qu'elle a repris- anriî en divers temps fon premier éclat. Il expofe enfuite ce Titre tout au long j dans la même forme qu'il le trouve en o- riginaldans les Archives; & par des notes- curieufes fur les claufes & fur le ftyle de cet Acte , il n'oublie rien ppur prouver que c'eft un Acte du dixième fiécle , fie
Su'il cil venu jnfqu'à nous fans altération.. ne fe flare pas néanmoins d'échaper aux attaques du P. Germon. Ce fçavant homme, dit-il, qui s'eli élevé avec cou- tage çoniïe la Diplomarique de Dom'
PFn in» rjri. ij3 MiKUon , n'aura pas plus d'égard pcmtce Titre que pour tous ccuï qui lui ont paru lurpcfts jufqu'à prefent( mais il le prie de connderer qu'outre l'avantage d'une poffef- fion de plulieuri liecles , qui eft Toujours une prefomption heureufe pour la veiire d'un Titre , il y a encore en faveur de celui-ci autant de erreonfiances qu'il y a de claufes&prefquede mois dans cet AAe. C'cft ce qu'il entreprend de prouva pu un détail de corapiraifons & de reflem. blances entre les exprefiions qui font em- ployées dans le Titre dont i! s'agrt , & celles dont on ufoit communément au dixième fiecle.
Othon Fondateur decerte Abbaye don- ne pour motïF à fa fondation l'amour de IDieu & de tous les Saints. Oh arnortm Dti emniumqui SanHomm . L'Auteur veut qu'on reconnoirTe à ces mots l'ignorance fuperftitieuïe du disiéme fiecle , où l'on croyoit devoir aimer les Saints comme Dieu même, & où l'on faifoit confiftcr toute la Religion dans le foin de ramaffer 8e de garder leurs reliques. Le Prince a- joute qu'il fonde cette Abbaye pour le falut de fon ame : Pn remt.iio anim*. Cette formule, qui , félon l'Auteur, étoit déjà en ufage du temps de Dagobert I. découvre, dit-il, l'antiquité de la Pièce, parce qu'en ce temps-là, pour s'attiret la. libéralité des Grands , oa jvo'U Y*4teSa- F 7. ■ *R
»J4 Journal des Sçavanj.
de leur perfuader que quelques péchez qu'ils eull'ent commis, tout étoit expié &
firdonné dès qu'ils fondoient une Eglife. .a fuite de l'Acte contient une longue é- numeration de tous les biensdeilinezpour la fondation de cette Abbaye, & le détail des diverfes fortes de privilèges qui lui font attribuez, parmi lefquelson trouve celui de fc choifir des Protecteurs qui veillent aux intérêts de la Communauté", de peur que les Religieux rropapliquez à la retraite, ne les négligent eux-mêmes. A la fin de l'Acte Orhon défend à fes fucceflems de donner jamais la moindre atteinte à cequ'il vient d'établir; & s'ils ofoient ne pas déférer à fes défenfes , ou que quelqu'un s'avisât dé- faire tort à ce Monaftere , il veut qu'ils foient livrez à la vengeance du Souverain Juge, & à la colère des Saints Martyrs qu'il a nommez. Summx jnd'ms vindiilt. jubjttetai , itamqut pmnomitiatorum M»rry. mm murrat: autre preuve , comme on l'a déjà oblervé, que ce titre eft du dixiè- me fiecle , où regnoit plus qu'en nul autre temps une pieté fauffe 8t mal entendue , qui fàifoit entrer les Saints dans tous les Actes. Au relie l'Auteur en donnant ce Titre pour un Diplôme ^entablement ancien t ne doute pas néanmoins que le Père Ger- mon ne le combatte» &qu'il ne l'attribue,, fui va nt fa coutume, à l'invention artifi* tieufe des Moines > qui ont fc,u fe faire de
F l T «. I B H. 1711. 13s
de faux Titres au gré de leur inlerét.V de ce qu'un Aâe a pu être fabriqués: coup, il ne s'enfuit pas qu'il l'ait été feftiveraent. L'acculation de faux eft in* îurieufe; on ne la reçoit que lorfqu'cJJe paroît accompagnée de bonnes preuves, L'Auteur ne peut pas , dit-il , prévoir tou- tes les objections que fes adverfaires lui préparent; mais fi elles deviennent publi- ques, il promet de les réfuter.
Isaaci Caja v boni Epiilote jnfertis ad eafdem Relponlionibus , quotquot haftenus reperiri potueruiit. fecundiim feriem temporis accuratè digeftie. Ac- eedunt huîc tertiœ Ediliont , prêter trecentas ineditas Epiftoias , Ifaaci Ca- fauboni viu , ejufdem Dedicattones, Priefariones , Prolegomena , Poëmata , Fragmentum de libertare Eccldiallica. Irera, Muret Casauboni, I.F. Epiflolœ, Dedicationes, Prrefationes, Prolegomena, & Tïaâatus quidam ra* TÎores. Curante Tueodob.0 J an- SON. AB Almeloveen. Rotcroda- mi, Typis Cn/paris Fritfeh &■ Mickielh 'm. 1709. C'efl-à-dire : Les Lettres lacCafaubon, rangées félon l'ordre des es"- accompagnées de leurs Rtponfes. ftéme Edition , augmentée de trois cent on encore imprimées , de la ta* iAMittr,. défit Didit.Mii , île f«
I.j6 Journal des Sçavàrs.
faces, de fes Prolégomènes , de [es Poejtes'r (y et un "Fragment de fin Livre touchant la liberté Ecclejiajlique. On y a joint les Lettres de M&ic Cafaubon fils d'ifaac, [$s Dédicaces , fis Préfaces , fis Prolégomè- nes , v quelques-uns de fis Traitez , qui êtoient devenus rares. Le tout imprimé par les foins de Théodore Janfon d'AImélo- vcen. A Rotcrdam , de l'Imprimerie* de Gafpard Fritfch & de Michel Bohm. 1.709. in fol. pp. 76. pour la Vie. pp.. 250. pour les Dédicaces, les Préfaces,. &c. pp. 670 pour les Lettres, pp. 1 82. pour les Ouvrages de Méric Ca- faubon.
A première Edition des Lettres d'Ifaac r Cafaubon parut à la Haye en 1638. in 4. par les foins dé Jean Fndèric Gronovius, Feu Gravius en donna une plus ample,. imprimée à Magdebourgcn 1656, auffi in 4. & qui contenoit 810 de ces Lettres. M. d'Alméloveen s'eft crû d'autant pliis obligé de contribuer à l'enrichifiement d'un pareil Recueil , qu'ayant marqué s'intereffer particulièrement a la mémoire des Etiennes par la peine qu'il a prife d'en publier les Vies , il ne devoit pas demeu- rer dans l'indifférence pour Cafaubon, gendre de Henri , le plus fameux de ces
Javans Imprimeurs. Il s'eft donc mis en voir de rafiembler ou par lui-même, ou>
'mûri & Ricbnrd Parlttr lui en é plufieurs d'Angleter rc, copiées ;inaux de l'Auteur. Il eu a reçu qncs-uncs de MM. iimtfau. Se
du P. Hardaum , & de divers ivans. Mais c'eft de M. Jian jdjacre de Cantorberi, quenô- r a tiré le plus de fecours , puif- >!us de ijo Lettres nouvelles nglois lui a communiquées, il ni de quoi rendre plus coût êtes
avoient élé imprimées. Se de remplir les lacunes. M. d'Al- , de Ton côté, n'a rien oublié ier à ces matériau* l'.irrange- >lus convenable, & poirfatis- nt qu'il l'a pu, la curiciîté des Il a rlifonfa In l,Mtm frlon
13& Journal des Sçavans.
res ou exprimées énigmatiquement , i a joint une clef compofée par feu C neiez., mais qu'il a augmenté de plus la moitié. Du relie, il n'a retranché cune de ces Lettres , . pas même ce dont Grotius apprehendoit la fuppreflk à caufe qu'elles n'a voient pas été agréai à Meilleurs de Genève.
Le ftyle de ces Lettres a de la force
de la netteté; c'eft le jugement qu'en p
te l'Editeur j mais il ne prétend pas
donner comme unedccifion; & il allej
fur cela les fentimens de divers Critiqi
On trouve dans les Lettres de Cafaubon (
Sorbiere dans le Sorberiana ) l'Hiftoire À
ff avant homme j elles n'ont rien failli
qui les rendent recemmandables , fi ce *
la pureté du ftyle & le caractère de canà
qm y règne. Vigneul-MarvilU (dans
Mélanges d'Hi/loire v de Littérature)
juge plus avantageufement; elles font toi
parfaitement belles ( dit-il ) cr je ne en
pas de les mettre au rang de celles de^Grei
O* de Scaliger pour l érudition, çr même
peu au-deffm pour la facilité vr la netteté
ftyle , qui eft tout-à-fait épiftolaire, e? nu
ment guindé. Il y a cent remarques à f
dans ces Lettres de Cafaubon. M. d'Ali
loveçn avoue qu'il feroit aflez de l'avi
Roland De/maréts , qui trouvoit ces I
très trop hériffées de Grecajoutantqi
les perdoient par là beaucoup de icuc {
.Tient. Nôtre Editeur exe uic néanmoins ■fiât, en difant que cétoit celui du
où vivoit Cafaubon; ce qu'il juflitie exemple àïKiafmt, de Bmli, de 3*- talilir, de LifÇt, de Eaudius, & de surs autres. Il ne diifimule pas les ens Gailicifrnes reprochez a Cafaubon e P. Vavaffiur, & quelques autrejVi- "elocution relevez par le redoutable tus. Mais { ajoute-t-il ) ces taches
point empêché Ciri/fo/éU Ad»m Bi- lans fou Mtnure EpiftiiUire , de don- Cafaubon pour modèle , fur la manière, iie des Lettres de toute efpece. Quel-
doigné que fott M. d'Almétovceti jprer une approbation fi générale, il :ilTe pas de louhairer que chacun à î travaille à groffir ce Recueil , en y ant de nou»dle> Lettres, qui (félon
Journal des Sçavah s.
defquels elles ont parti d'abord. Ses PoËëcî font en petit nombre, & Grecques pour la plupart. A l'égard du Traité de Li li- terie Kttlijîafiiqut , Cafaubon entreprit cet Ouvrage par leconfeil dequelques Grands- Seigneurs de France, à l'occailon Ats dé- mêles qui étoient alors entre le Pape 8c la Republique de Venife. Maïs ces difle* lens s'étant accommode* Iorfque le Tiaité dont il s'agit ctoit encore fous la prelTe, & qu'on en împrimoit la page 264 à Pâ- tis en 1-607, m 8. le Roi Henri IV. dé- fendit qu'on en pourfuivït l'Edition, or- donnant en même temps que l'on fuppri- màt ce qui s'en trouvoit d'imprimé : de manière que l'Ouvrage étant demeuré im- parfait, il ne s'en publia que très-peu d'Ex- emplaires, & même fans nom d'Auteur. L'un de ces Exemplaires étant tombé en- tre les mains de Mtitbhr Gddaft , il l'inféra dans le cinquième Tome de fa Momtrihii Au faim Satire , page 674. & fui vantes. M. d'Alméloveen a crû faire plaifir au Public de renouveller iei'ce précieux Frag- ment , qui étoît devenu fort rare , &qui peut Tenir à prouver combien l'Auteur c- toit profond dans la connoiifance de l'An- tiquité Ecclefiaflique,
Pout ce qui concerne Cafaubon le fils, outre fes Lettres, fes Epitres dédicatoires, fts Préfaces , & (es Prolégomènes , on ttouve ki quatre petits Owia^cs de ft
■un. , tevfa txaliemeat fur U Grammaire lie M. l'Abbé Ktgmtr Dtfmuran , fur te Dittionnairt dt l'Açaiiwit Frarlfoife, & fur flufitars RtmtrqHtl neuvtlltl, v 4ltg. miatii dt orts d'une quatriimc Parti*. A Amrterdam, chez R. & G. Wctflein. 1710. vol. in 11. dcuïToracs.I.Tom- pp. 307. II. Tom. pp. îs*'
pEi Ouvrage e(l un Recueil abrégé de* Remarques que nous ont données fur la Langue M. de Vaugelas , le P. Bou- hours , M. Ménage, M. de Corneille, l'Académie Françoife, M.l'AbbéRegnier, 8c l'Auteur des Reflexions fur l'ufage prê- tent de la Langue Françoife 1 ou plutôt c'eft un iîroplc abrégé de leurs dêciiions, car l'Auteur ne rapporte point les raifoni fut lelquelles ils appuyenr leurs fenti- roens.
L'Ouvrage eft partagé en deux Tomes. Le premier contient en trois parties ce qui regarde la Grammuiicminn. On trou- ve dans la première Partie de ce premier Tome ce qui appartient à la prononcia- tion & à l'orthographe. Quant à la pro- nonciation , l'Auteur a eu foin de don- ner un grand Chapitre de la Quantité • françoife, c'eft-à-dire , des fyllabes lon- gues é< des brèves , conformément 'i
144 JO-OlMAt DBS SÇAVANÏ.
à l'orthographe, il a abandonné le ment de l'Académie FranLoîfe , lequel il déclame dans fa Préfai traite dans la féconde Partie, de la : des mots. 11 fait cinq déclinaïfoi cinq dirVércns acides , ce qui peui ocr, dit-il. beaucoup .dejour à l'en: que caufent ordinairement ces part 11 examine !e genre des noms; & avoir expliqué ce qui regarde les i réguliers , il met les irreguliers da colonnes, qui comprennent les lu i dont fe forment tous les autres; il: ajouté quelques remarqués fur les t conjugaifons des verbes irreguliers^ troifiéme Paitie renferme la Syntaxe un Chapitre des principales qualiti ftylej Pc un autre, de la Poe'fie.
Le a Tome comprenddiveriesdec détachées, furies néons de parler do fes. L'Auteur dit que fon Ouvrage brade tout ce qu'il faut fçavoir pour parler François , &; qu'il pourra fut! ceuxqui ne font pas d'humeur d'ach ou qui n'ont pas le temps de lire lej nombre de Livres qu'on a écrits fui tre Langue. Au refte, commeil ne rien s'attribuer, chaque dédfion cil fi du n<im de l'Auteti: à qui elle appart Il s'elt néanmoins mépris quelquefoi deffus , & entre autres a la page t pixrnier Tome, ou îtiçïAwA de, la
arion a un Grammairien , qui 1* mne cependant en termes formels, te féconde Edition renferme des ad» s notnbrcufes, à ce qu'on nous dît j ine des plus conlîderablescft un Avèr- ent qui elt à h tête du Livre, dans ! le Diâionnaire de l'Académie Fran- & la Grammaire de M. Régnier :>eu ménages. Voilà tout ce que avons à dire de cet Ouvrage , où n'avons rien trouvé qui demandât un impie Es trait.
tire \du Père Tarteroh écrite i
-.*** à l'Ma/kn de la Priface que Mr.. )STE a dallée il Londres, ejr qu'il a i « la tête de fa Critique faite jur la •.dutlien d'Horace , imprimée depuis 10. A Amsterdam cha Pierre de
146 Journal desSçavans.
modérer, quelque ardent que je vouscon- noifle fur ce qui regarde vos amis. L'Il- luftrr+Ioniieur l'Abbé Bignon rie s'eft pas contenté de faire inférer dans !e Journal de Paris un petit Extrait de ce que Mr. Coite dit d'honnête & d'obligeant pour moi ; il a de plus eu la bonté de me confier le Livre tout entier jpourmedon- ner le tems d'y répondre , c'eft à quoi je travaille , je ne puis m'en défaiiïr. Je l'ai parcouru d'abord avec toute la vivacité d'un Auteur interefTé. le fuis enfuite re- venu fur mes pas , & j'en ai relu la Pré- face avec beaucoup d'attention & defang froid- Elle m'a jnfqu'i préfent prefque feule occupé, & même un peu trop; car à mefure que je la lifois, je me fuis ap. perçu que l'amour propre s'accommodoit fort des louanges flateuiés & délicates que Mr. Colle donne au Traducteur. La vaine complaifance faifit infenlîbleinent 8; gagne le cœur , fi l'on n'y prend garde ; fur-tout quand un habile Homme qu'on n'a pus l'honneur de connoître, 8c qui d'ailleurs ne nous connoît point peribnnellement, nous marque de l'eilime 6c de la conlîde- ration. Je vous avoue debonne foi.Mon- fieur, que ce qu'il y a dans fon difeours de gracieux &z d'obligeamment écrit en ma faveur, m'a femblé lincere & vrai de fa ptrt; je ne l'ai point pris pour un fini- pic compliment, pir \x wiSoti e^a^ne
Février on. i47
voit pas que de Londres , on s'avife d'en faire de pareils à un Jefuite. II y a nom- bre d'années que je me fuis rendu juilice fur mon peu de mérite ; celui de mon Cenfeur me fait fouhaiter par reconnoif- fance à fon égard, d'en avoir du moins autant qu'il en faut, pour ne pas tout i fait le démentir fur l'idée trop avantageu- fe qu'il s'eft formée de ma petfonne. Ce fouhait cil téméraire, je n'en difeonviens pas; j'ai lieu néanmoins d'efperer, qu'avec le fecours que je prétens tirer d'une Cri- tique Il Iblide & Sx recherchée, il devien- dra dans la fuite excu fable. Ainii, bien loin d'être choqué d'une enireprife, dont l'exécution ne peut être qu'utile & agréa- ble au Public, j'y aplaudis de tout mon cœur , & je lui fçai bon gré d'avoir traité de bagatelles & de légères taches , des fautes qu'il a eu l'honnêteté de ne pas nommer par leur nom. C'eil être du ca- ractère Se de la politelTe d'Horace , que d'en ufer de la forte, & il a droit autant
3ue ce Poète de dire, non ege pauds ejfen- armaculù : ou plutôt, funi /tcliéla tarât» Îuibiis ignt-jijjt vtlimus. Je lui fuis fenfî- lement obligé de fon indulgence , U je lui en rends mille actions de grâces. Il y" a trois ou quatre pages où il m'élève g excefli ventent , & que je ne çm\^ \wc ^■wa Jj confufion dans fa doue Yxéfotc , "yt w m'y reconnais point. Quoà cçi\\ vr ^' G x v
àe mon "*tct '
teSS0S2Snî
Je, Se ne s'apperçoit pas qu'elle la la moindre flaterie la fait rougir, et s lui-ianges d'un Homme de votre mérite .ont très-dangerenfes pour file, eit une autre forte de modeftie plus auf- , dont j'ai quelque droit de me pi- ■ : &je vous dirai franchement avec : libené Francoife qui nous ell pro- j à vous & à moi , que j'ai été fort alarmé des coups que vous lui portez fur °i fin de votre Préface; j'en ai frémi, je ■e vous le celé pas. Détermine que je fuis de tout icms à ne jamais franchir les lornes de cette vertu, elle m'eft fi chère, 'c convient tellement à mon état 6c à. ion inclination, que je me fuis obfeivé ■"lu'au Icrupule dans tous mes Ouvrages ur ne la point bleflcr. J'.it eu beau fai- ; malgré votre extrême polit effe & ma irconipection, vous n'avez pas I a ûTc d'y donner dans deux ou trois citations de très-vives atteintes , fur tout à la page 106 du ». Tome, Apparemment dans la Gtuatîon préfente où vous vous trou- vez , vous n'avez pas éié fâché depvendre un honnête prétexte d'égayer 8c de diver- tir les deux Nations aux dépens de la robe que j'ai le bonheur de porter , & pour la- quelle vous n'ignorez pas que l'Angleterre & la Hollande n'ont que de médiocre* égards: mais je puis vous pT.cAcftctie.NfcW. Dieu, qaele £tns que vous àontttXi ^m* G 3 ^
IjO JotJRNM DES SÇAVANS,
heiîter» à mon eipreffion, ne me vint jamais dans l'efprit. L'anreufe idée de IV dultére étoit infiniment éloignée de mon imagination , quand je me fervis de ces mots , une femme adroite qui utt»pt fort mari. Quelques faits différens la produifî- rent alors : je les fi;ai d'original , & je fuis fur qu'ils me juftiiieront auprès de tous, quand je répondrai en détail à vo- tre délicate Critique. Je n'enfle pourtant pas mal fait d'ufer du mot que vous me préfentez. ; peut-être même que je m'en fervirai à la première réimpreffion , puif- que je n'ai pas. fait difficulté de l'employer pour traduire dans l'Epitre 17. du L. 1. le terme de mertirix, & que je l'ai expli- qué à la lettre en gardant toujours le de- arum. Mais quand j'y penfe, pourquoi différer de me difculper, & de vous faire juger plus jufte de la pureté de mes inten- tions? Je n'ai pour cela qu'a vous cïpo- fer naïvement un de ces faits* il elUîmple & allez plaifant.J'étois jeune encor & dans le monde quand il vint à ma connoiflan- ce,& Molière au défaut deFundanius.au- roit pu le, Faire valoir fur la feene : ilvous défabufera , ou je fuis trompé. Le voici. Une femme d'efprit, bonne bourgeoifeSt un peu joueufe recevant de fon mari un fac d'argent pour le compter en fa préfen- cc èi le lui rendre fur le champ , lui de- minda. : Combien ,Monueui,ào\x.-\\,jwK«i USA
FEVRIER f]U. 1J1 I
_ahs ce fac? Deux cens cens , lurtepon- dit-il. Vous avei raifon , repril les lui ayant comptei , les voilà : & glil- i'mt fubtilernent dans la fente de fon gand coupé au milieu de la paume de la main, douze écus d'or de furplus proprement en- veloppez, elle s'en accommoda. C'eft jufiement ce que j'appelle uni fimmt a- ■tîu qui trompe {en mari, ^e vous pro- file encore une fois que je n'y ai point attendu d'autre fineiTe. Vous en croirez ; qu'il vous plaira : du refte je me km affez honnête homme pour être crû fur ni parole. II ne tiendrait qu'à moi de ous citer plufieurs exemples de certaine! emmes qui nielles à leurs époux dans 'eflëntiel , oe le font pasloûjours à corap- ;er juïte dans le mémoire de U dépenfe, dont il eft de la bienféance 6c de l'ufage qu'on leur confie le foin : rien n'eft plus ordinaire dans les familles où le Chef n'y regarde pas de fi près. Riez donc tant qu'il vous plaira de mon inadvertence;je ne penfe pas que fur cela vous ayei beau- coup de rieurs de vôtre coté ; car elle n'eit rien moins qu'inadvertence, & jene la mets point du tout aunombrede celles où je fuis tombé. Je fuis perfuadé que pour peu que vous rcfkchifliez fur vôtre note, ÔC fut toute la belle morale deCa- ton Si d'Horace, dont vous l'aveT-ouvie, vous conviendrez en galant- Homme owIcV
G 4 \*
lji Journal des Sçavans.
le n'eft point là à fa place , & qu'i porte indubitablement à faux , r.omrtt hem. Je ne içai f\ je m'abufe , mais i me paroit rien d'équivoque dans l'exp iîon dont il s'agit. L'idée la plus fuu & la plus vraye qui frappe l'efprir , celle qu'autorifent ces fortes d'hiftoric qui arrivent tous les jours à Paris dam plupart des maifons où l'on vit à fona & où la maîtrelTe du logis eft chargée la dépenfe. Déplus, Monlieur, qu: la phrafe de ftmmc admti çrc. vous fe bleroit équivoque , pourquoi la pren dans un iens où vous faites dire une 1 grande fottife à un Auteur qui de no ricté publique , fait profeffion de n point dire, que dans le fond vouseflini le que vous honorez de vos fuffrag Que ne prenez-vous avec vôtre polit* ordinaire l'autre interprétation , qui n'o à l'erprit des honnêtes gens rien que vrai & d'agréable? Vôtre probité, vc" équité, votre bonne foi , & les loix h focieté civile que vous fçavcz fi bit vous portoient la naturellement. Puifi je fuis fur ce chapitre , fouffrei que vous décharge mon cœur : car il cl naître, MonJieur, que depuis plus de ans que la Traduction des Satyres t voit le jour , qui que ce foit , excq vous, m'ait caulé le moindre fcrupule,' m ait rko reproché lut aucune ç««
FEVRIER 1711. I5j I
ies- Ouvrages, pas même for celle» oui t paru depuis , & que vous prétendez
e plus libres par cndinits, qu'une bonne partie de ce que j'ai fupprime. Ce n'eft pas fans raifon que j'infifte, comme vous voyez, un peu vivement fur ce point , rous voulez bien me le permettre. Tenez lonc pour cotillanr que tout ce que vous ivcz remarqué d'altéré & d'ôté d-.ins ma Traduction , eft entièrement conforme a ce du Père Jouvauci aflez connu e qu'il eit parmi les gens de bien. .. e nie fuis fait une efpece de Religion de iuivre pas-à pas lout fon tejcie , a quel- les petits mots prés de nulle conféquen- :e. Cela préfuppofé, ne m'attribuez point e difeemement & le choix qu'a fait ce ;ieux & fçavant Jefuîtc, de tout ce qu'il m'a biïïi de fais Se de loiiable à traduire. \ la vérité il a été obligé de laitier quel- ques vers qui m'ont paru délicats ; finis enfin ils le font trouvez dans la route, je me fuis exprès familiarifé, pour armldirc, avec eux afin de les conduire infcnfible- ment au terme où j'allois. Parlons nette- ment; j'ai fait de mon mieux pour les tourner du bon côté, & pour les rendre irréprehenfibles aui perfonnes les plus feru puisâtes.
Que j'ai perdu, Monfieur, de ne vous avoir pas poifedé ici ! Quelques ewiftwns q c j'cuÏTeeû lebonfieiud'a.vQVsa.'KC.NWWt G s -stiî»-
15+ JOURNAtDESSçAVANS.
m'auroient fait tous les biens du monde les plus légères ombres des idées contraires à la pudeur auroient difparu : mon Ou- vrage fe feroir trouvé hors de prife. Oui, les avis qu'Horace donne à Lîgurinus * vous auraient femblé , de la manière dont ils font exprimez, moins imprudens & moins indiferets que vous n'avez pen- fé, par la raifon que comme )ç n'ai point lu la première Ode du quatrième Livre, ni toutes celles que j'ai omifes, il ce m'a pu tomber dans l'efprit d'infinuër aucun rapport a des pièces que je ne connus ja- mais, & que je juge fur vôtre feule paro- le, fi infâmes Se fi deteftables. Enfin il m'a paru , & il me paroît encore , que vous devîei d'autant plus m 'épargner fur le fujet dont il s'agit , que je me fuis ex- trêmement obfervé, pour ne rien préfen- ler de deshonnête & d'indécent aux yeux de nys Lecteurs. Ce que j'ai été indif- penfablement obligé de fupprimer . m'a rendu plus vif & plus animé fur tout le refte. J'ai tâché de dédommager le Pu- blic des pertes que lui caufeient la fainteté de ma Religion & la bien-féance de mon état ( fi tant eft qu'on puiffe raiformable- ment appelle: des pertes, ce qu'il importe infiniment à tout homme de probité d'ignorer toute fa vie') j'ai tâché, dis-je, àe dédommagée le Public de ces fortes ie * V- «/*■ T. i.
cep.
*
Fiviiit 1711. ijj de pertes, par les peines que je me fais données à redoubler la vivacité de mon imagination , & à lui faire produire de riantes peintures & des images qui puflent plaire. Vous m'êtes nn bon garand de ce que j'avance , Monfieur, 8c le plaifîr qu'el- les vous ont caufé , fait dans vôtre Pré- face, félon toutes les apparences, le plus bel endroit de mon éloge. Je fuis confus de me voir entraîné à entrer dans vos fentimens fur le bien que vous dites de moi , & de vous faire valoir la naïveté de certains traits que le génie & la beauté de nôtre Langue m'ont fait inventer à force de réflexions; plus ils font naturels, plus ils coûtent. Enfin, Moniteur, vous tomberez d'accord que les endroits un peu délicats que je n'ai pu raifonnablement me dirpenfer d'interpréter, font maniez avec toute la pudeur & la rirconTpeétion pofiî- bles. Supportez donc avec quelque com- plaîfance 6t dans tout fon entier, l'éxcla- matioD pathétique que vous avez lue dans la Lettre qui elt à la tête de Juvenal im ■ primé en 1689. & ne me chicanez pas fur un trait qui me lied fi bien : puifque vous devez être convaincu que je n'ai défiguré l'image d'argutâ miretrice, que dans la vue d'en fubflîtuér une autre qui fût à couvert de la plus fevere cenfure. Je ne l'ai pas ipendant échapée à l'etidïotX mtv&ft °^l ne m'aireûdois à rien tooixa. C«St G 6 «■"*■
ï<6" Journal dej Sçataks.
m'avoir pris à l'improvifte : vous y re- médierez quand il vous plaira , je vous y crois obligé en confeience ; car pour peu que vous vous rendiez juflice fur la bonté de vos remarques , vous jugerez qu'elles pouvoient contrebalancer de refle ce qu'il y a de trop dans vos louanges, & m'obliger à ne m'en pas élever , ni m'en faire accroire , fans m'attaquer par l'endroit où je m'étois retranché & forti- fié , & que j'avois le plus à cœur de ren- dre inacceiïible. J'enfle mieux aimé, Monfieur, fi vous m'aviez fait la gracede me laiffer maître du choix, ou que vous n'euffiez pas d'abord tant dit de bien de moi , ou que vous euffiez pris !e paiti d'errer conféquemment. Mais à préfent le fort eftjetié, peut-être que dans la fuite vous aurez affei de condefeendance & d'humanité pour en addoucit la rigueur, Penfez-y, Monfieur, la gramude vous y engage. Car enfin mes fautes fi fpirituel- lement relevées vous font honneur , & vôtre réputation s'eit accrue , & s'augmen- te de jour en jour à la faveur de vos au- tres remarques en partie ii jufles & fi fen- fées i le fel fk les agrémens que vous y avez répandus, en font plus valoir le ib- fide. Pardonnez moi donc , Monfieur, ii je prens la liberté de vous dire avec toute la confidetation qui vous eft dûë, çu'ti n'eioit pts neeefliire que vous prif-
FivMB» 1711; 1 57
la peine d'avoir recours à une pté- ,on aufli violente que celle dont vont vous êtes fervi , pour empêcher que l'Ho- race habillé à la Frantoile ne vinr à tom- ber & à fe perdre. Vos ctaintes fur cela, quelqu'honorables qu'elles me (oient, & vos foins me paroiflent aller trop loin. Le nombre des libertins n'eft pas le plusgrand; l'immortalité d'un Ouvrage plein d'efprit ne dépend non plus d'eux, que des ordu- res fkdes infamies qu'il renferme, &vous m'avouerez que ce n'eft nullement à la, faveur de l'es vers cyniques & effromeï,
3u'Horace s'eiî flué de fe faire lire à nos emiers neveux. D'ailleurs la modeftie & la délicatefle de noire Langue fonr ex- trêmes; elles éloignent d'elles tout ce qui peut bleffer des yeux 8t des oreilles chaf- les. Vous concevez aifément à ce dif- cotirs que fîj'eufle été le revifeur de ccttt impreflion d'Hollande, je l'aurois expo- fée de bon cœur xuffi bien que toutei celles de Paris, au rifque d'être un jour anéantie & de tomber dans un éternel oubli , plutôt que de permettre qu'Horace y eût été rétabli dans tous fes droits, 8î remis en polïdiion de ce qui lui appar- tient. Si j'ofois y trouver à redire, aflu- rément j'en prendrois la hardiefle , mais cela Teroît inutile. Ce n'eft 'donc çcvm. par incivilité, Monfieur, que \z wt n o** fais cas de remerdmens de Y». ee.ï«t»fefc
G 7 °a*
iaf- fif- tte 10-
tei ur ■cl ce
i<8 Journal des Sçavanî.
que vous avez eue de relliruer à Horace tout ce que je lui avois enlevé. Vous lut avez libéralement payé ce que vous avez prétendu que je lui devois , parce que vous m'avez jugé infolvable , je le fuis abfolument, il cil vrai, & j'en fais gloi- re. Je vous f^ai pourtant bongréde vôtre diferelion, qui ne vous a pas permis de traduire en nôtre Langue ce que les gens d'honneur qui la parlent, & qui connoif- fent Ton extrême retenue fur les mœurs, n'auroient pu lire fans indignation.
Une féconde Lettre imprimée & infé- rée depuis près d'un an à l'ifluë de celle des Odes, n'a paffé ni à Londres, ni en Hollande ; les corrections qu'elle renfer- me , ne diminuent que de fort peu le nombre de vos notes. J'aurois tâché, Moniieur, en gardant l'ordre, de vous la faire tenir, (î j'euiîe pu devinerqu'unauul célèbre & auffi fameux Auteur que vous l'êtes , eût été fur le point d'honorer d'une fçavante Critique un Ouvrage trop médiocre pour la mériter. Cette Lettre contient quelques petites réflexions qui, autant que j'en puis juger au caractère de vôtre efprit , feroient alTez de vôtre goût, & pourroient ne vous pas déplaire. J'ai tourné félon les maximes & la Philofophie d'Horace, le conleil qu'il donne à Leu- conaé en ces termes, w fans ccmpttr fur d'jptxir, goutex. chahut joar cmi Us plaifirt
Février 1711. iî9
dent -votes pouvez, jouir. Certains Connoif- feurs font pourl'expreflîon plus ferrie de la dernière Edition , ils la trouvent plus exacte & plusjufle, elle leur plaît; je la remets donc fous vos yeui & je m'y tiens. El retranchez de vpi efperintei te qui tft au delà du peu tjm vous avez. À vivre, j'ai auffi reformé la fin de cette Ode par ce tour , cr par trop de confiance n'astendix. pm le lendemain. J'ai de plus attaché à la perfonne du Poëte, magnai i nier opes Jeeps, & cela par bonheur conformément à vô- tre idée; je m'en fais des con joui (Tances. Je penfe qu'il n'y a que ces trois feuls endroits a iupprimer de vos falutaires a- verrifl'emens , dont je prétens bien que ma première impreffion fe reiTente, je ne fçai pas quand: mais par avance, Mon- ficur, je puis répondre que vous me fe- rez alors un iilr & fidelle témoin de ma docilité. En effet je luis plus porté que ja- mais à entendre raifort; & je ne me fens, gracesàDieu, ni incorrigible, ni ■heurté à mes fentimens. Encor faut-il aujnoins fur le milieu du retour , s'étudier à deve- nir bon 5c traitable de plus en plus : en- forte queles Horaces du fiëcle,c'eft-à-dirc ceux qui fçavent parfaitement le monde, foient contons de nos réponfes, s'ils s'a- vifent de nous demander avec l'Horace du tems d'Augufte , lenior ttc mtlior ju «t- uâtnii ftnt3Â;
mi
de ce on
d Journal des Sçavaks.
Ma Lettre finie ; j'apprens d'un brave Capitaine aux Gardes de mes anciens a- mis, & d'un goût exquis pour les belles Lettres, que Mr. Bernard dans fon extrait de Février dernier, me juflific devant tout ce qu'il y a de perfonnes toges & qui ont l'elprit bien fait, & qu'il femble des* approuvet évidemment le fens malin que vous donnez à une expreflion tres-inno- çente. Son jugement ne doit pas vous être iufpeft; vous avez plus d'une raifon pour ne le point reculer; & moi, quoi qu'il mereviennede beaucoup d'endroits, qu'il ne laine prenne palier aucune oeca- lionde parler favorablement de mes Ouvra- ges, jenele connois uniquement que parla réputation qu'il s' rit acquife d'un des plus fçavans Hommes de noire ilécle. Que nelui dois-jepas, Monlïeur, pour le bon office qu'il me rend auprès de vous! Je fuis &c.
JE vous abandonne cet Ecrir , Mon- fieur, retranchez-en ce que vous jugerez a -propos. D'un côté je m'y vange de mon PanégyriflCj par tout ce que h plus fincere & la plus vive reconnoi (Tance a fcù m'infpirer : & de l'autre je lui ex- pote de bonne foi la droiture de mes in- rentions , & je me tais connoître à lui lel que je luis , & non pas tel qu'il s'eft imaginé que j'éiois. Si j'ai quelque ufage dumonde, je L'en ai, \ous le lcavcz,
F £ V R I E R I7I1.
u'autant qu'il convient à ma proft (1 ïr, Sî rien de plus. Cela ne p naines bornes, au delà defquell on Cenfeur trop officieuxparoît me vou- ir furprendre: lurement il^ne m'y trou- va pas. Sa trop grande pénétration, Se la légèreté d'un ftjle a fie?, gai , auquel j'ai été formé dès mes plus tendres an- nées, & où l'humeur a quelque part, l'ont porté à croire que l'air du grand monde m'avoit un peu gâté. Mais neuf luilres - 1 tiers qu'il y a que je refpire celui du s Latin, & mes occupations ordinai- m'ont mis heureufement au delTus de ce mauvais air , & doivent diiïiper juf- qu'au moindre de fes foulons. Difpi lez de cette Lettie comme il vous plair; Monfieur, vous en êtes le maître. Voi la pouvez communiquer à vos amis & aux élevés d'Horace réduit aux règles de la bien-féance Si du devoir. Je vous prie néanmoins de ne la rendre ici publique, qu'à proportion que vous verrez que !a belle & ingémeuie Critique de Mr. Cofti le deviendra. Je fuis avec tout le refpeét Se toute la confiance poffible,
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tu
1 ONS I EUR,
Votre très humble fc n obeïflint Servi H. T iïisms*ti»
.,.u- itiut in ivon ^Uh'»;iw :'iuùcs <
FBvmti 1711. fes , Bt principalement en ce q :erne la foi, nous ne pouvons nous enfer d'effacer les iraprefiîons que Ecrits pourraient avoir faites dans efprits.,,
afirudion eft divifée en deux Par- Dans la première on dévelope Se iite les fenrimens de Janfenius & de !ciples;on examinée^ on condamne a leconde la Théologie du P. Jue-
de Meaux donne lui-même une idée erre & très-exacte de tout ce que :nt la I. Partie. Il la commencepar ;dans tout leur jour les principes que ,ius établit , & d'où l'on tire les cinq ilitions. Ces principes roulent fur la ; de l'homme , fur la volonté que Dieu le fauver, & fur la nature des grâces Iles. II montre enfuite que les pté- s Difdples de faint Au'ullin embrai- es mêmes principes ; après quoi il :vre d'un côlé h conformité qu'il y e Calvin Se Janfenius (ur ce qui re-
la liberté; & de l'autre, la différen- i fe trouve entre cet Evêque & les liftes, non-feulement fur la liberté, encore fur la volonté de Dieu par rt au falut des hommes, & fur les ; actuelles. Il expofe enfva U iot- de VEgUfe fur les mêmes mwÂetw,
léz Journal des Sçavans. Jdanâtment e?" Inftruiîion P&Jlorale Menfiigniur VEvtqu* de M E * o X j Janfetà/me , fanant condamnait!» lnftituiiani Thtohgiyius dit Ptrt Ju A Paris , chez J. B. Chriftophe lard. 171a in 4. pagg. 636. JE raiibnneraent 8c l'autorité fe I
vent tennis dans cet Ouvrage 1 l'on y profcrit tejaniénifme, cen'eft' près avoir montré qu'il mérite d'être] crit. M. de Meaux pouvoit fe contt d'ordonner , ou de défendre 1 mais crû qu'il devoir joindre l'iDltruétioi Mandement , & conduire à l'obéïfl parla voie de la conviction. Il ci d'abord les motifs qui l'ont engagé à lever contre le Janfenifme en général contre la Théologie du P. Juenin eu ticulier ; & après avoir parlé des la qui lui font communes avec les autri véques, „ Outre ces raifons, ajout; ii il y en a qui nous font particulière; ,, qui nous obligent plus qu'aucun : ,, à nous expliquer fur celte Theol n On a cité en fa faveur nôtre témo „ ge dans des Ecrits publics Se répa „ de tous cotez, par lefquels on vou „ perfuader que nous en avons ado| „ doctrine. Quelque faulTes ou qu> ,, frivoles que foient les preuves de „ îndrgne fuppofition i comme un -, 90e doit être it
At m. ^
FlTlIEI 1711. 163
Dfes , & principalement en ce qui îceme ta foi, nous ne pouvons nous penfer d'efiàcer les impreilîons que s Ecrits pourroient avoir faites dans : efprire.,,
-Tnllruclion eft divifée en deux Par- Dans la première on dévelope & rfute les fentimens de Janfcnius & de ifciplesjon examine & on condamne ta féconde la Théologie du P. Jue-
. de Meaux donne lui-même one idée îette & très-exacte de tout ce que eut la I. Partie. Il la commence par re dans tout leur jour les principes que nius établir, & d'où l'on tire les cinq alitions. Ces principes roulent fur la ;é de l'homme, fur la volonté que Dieu le fàuver, & fur la nature des grâces elles. Il montre enfuite que les pré- us Difdples de faint Aagultin cmbral- ces mêmes principes ; après quoi il -uvre d'un côté h conformité qu'il y Te Calvin & Janfcnius fur ce qui re-
l6+ JOUKNAI DES SçAVANÎ.
point les principes de janfenius y foi pofez. Des principes il palTe aux t quences , c'eft-à-dire , aux cinq Pn tions. Il rapporte les maximes don! fenius ie fert pour les défendre; il ci que le vrai fens , & les fens imagi que les Jantenilïes mettent à la plâ vrai. 11 indique les règles qu'il faut pour démêler fùrement l'erreur qui glife a voulu, condamner dans chaqui pofition. Il s'applique après cela montrer que le fens hérétique qi renferment véritablement , eft en comme une doctrine faine par ]anf< & par ceux d'entre les prétendus Di de faint Auguftin dont le témoigna] roît le plus recomrnandable ; & qi conféquenr le Janfenifme n'eft rien qu'un fantôme. M. de Meaux cor auiïi le Janfenifme du côté de la M & il montre que „ cette nouvelle „ fie ne fc borne pas à de iîmples „ lations, mais qu'elle efttrès-dang „ pour la pratique de la vie Chrétit Sur la fin de cette première Partie iruit les principaux moyens que les miles employent pour iauve: leur i ne. 11 prouve que le filencc refpci ne l'unît pas pour obéir a l'Eglife elle ordonne de condamner des L & qu'on ne peut fignei \e¥o\ma\iii être pcrfundé que 1 "
TF e v ft. i e a i damnées dans le l'ens du Livre de Jin
lenius.
Cette réfutation de fon Syftemc efl û fuivie. & les railbnnemens qui la compo- fent font tellement cnchainei les unt avec les autres, qu'il n'elt prefque pas poflible d'en détacher aucun- Ainii nous nous ré- . duirons à mettre ici fous les yeux dci Leéteurs une efpecc de récapitulai ion trej- inftruétive, où M. de Meaux marque avec beaucoup de ptécilton le lens condamné des cinq propofiiions, & celui qu'on pré- tend y fubfbtucr. „ S'il faut convenir „ avec les Janfenilles, dit-il , que c"cll „ une erreur de dire que la Comnsande- „ mens font abfotument i'npojftbUt à teus Us „ Ju/ies , ou fur la nature prife e» elle- „ même , bu par ta corruption que le ptchi ,, d'origine a ttufie tn elle $ (y que tel grâces ,, les plus fanes ne leur donnent pat unpeu- „ -voir même commencé de lei obferver ; Il ,, faut qu'ils conviennent avec les Catho- L~\ » liquesi que c'efl une erreur condamnée t-4 » dans la première Piopofiiion , de dire Cli, que les ju/la qui i'ej}orctnt d'obftrver les „ préceptes font dans une vrjyc impui/fanct dt ,, tu accomplir , tor/qu'ili ta violent par le i, défaut de lu Grau efficace , qui efl la m/c qui donne tous ce qu'il faut peur tes U i „ pouvoir obferver. S'il faut convenirïvec » les Janfeniftes que c'efl une en cm 4t * petite qoc U Grâce fait tout enl'bomm*-.
166 Journal des Sçavans. „ qu'il ne fint rien en lui qui y nfîjU , C „ qu'elle lui fait toujours pratiquer le bhn „ auquel elle excite fa ■volonté ; ils doivent „ auiïï convenir à leur tour , que c'ett „ une autre erreur condamnée dans la k- „ conde Proposition , de foutenir qu'« „ fait avec chaque grâce tout le bien qu'en „ peut faire, quoi quille excite à faire plut „ qu'en m fait. S'il faut convenir avec les „ Janreniftcs , que c'eit une herefied'aflu- „ rer qu'on peut mériter rjr démériter agi/- „ fant par contrainte , ou par une ntceffiti „ naturelle , ou par une mceffiié volentairc „ ty immuable en même temps; il fautauffi „ qu'ils conviennent avec nous que c'eit „ une autre herefie condamnée dans Iij „ troiùéme Propolîtion , de dire qu' „ peut mériter (y démériter par des acliet „ bannis ou mauva'ifes qu'on fait ntcefji „ mtnt , ou fans avoir te pouvoir parfait „ itn tbjlenir, quoi que la nettjfué qui 11 „ fait faire fait volontaire , es* qu'elle » paffagere. S'il faut convenir avec „ Janfenifles que c'elt une erreur d'à* j, cer CJ'Je la Grâce efficace fait fa „ de telle forte , qu'on ne pourroit mèmei „ tmpichtr, quand on le voudrait, V tp ,, ôte abfolument & peur toujours U f ' „ de rejijier , commt fi elle éteignait „ ment le fiyer dt la cancupifcence : „ qu'ils rcconnoiffeirt avec nous , quel „ une erreur cenfutéc i»w \* op»
c'eft enfin une erreur d'*û*urer q Elis font lu fatli nvn-ftuUmciU f jutls ^f. C. fois taon , mats pour :is il ail otsmu àtt gr/tets : c'eft une n-c erreur condamnée dans la cin- iéme Proportion , de dire que Ut es font les fiuls que J. C. vtuitle finct- ïtntfomitr, quoi qu'il ah mêrtii dts
ns la féconde Partie de l'Inftiuétion « Meaux applique à la Théologie du enici les règles établies dans la pre- :. 1. 11 examine la doctrine de ce
fur la liberté; & après avoir rappor- : expliqué les principaux textes qui ennent cette doctrine , il conclut fes réflexions : ,, Selon cer Auteur,
force de la liberté dont jouïffoit amme innocent , coniiftoit dans le
l68 JoUlNAL DES S Ç A Y A K
„ dite. Il eft entraîné par une i „ phyuque 8c antécédente, quoi i „ lontaire &pafiagere,à fuîvrcce „ plaît le plus. Enfin ce qu'il vi „ ce qu'il fait volontairement , i -,, & en là puiiïance. Enfeîgner u „ doctrine n'efl-ce pas fouienir i „ cipales maximes de Janfenins f „ berté?,, M. de Meaux trouve i reille conformité entre les fentim Père Juenin Bc ceux de l'Evêque d' fur la volonté de Dieu à l'égard i de tous les hommes; & il y fait quer une pareille oppofition a la d del'Eglife : „ L'Eglife, dit-il, cr. „ Dieu veut par un acte pofitif de „ lonté lauver tous les Fidèles, c „ rez non-feulement comme ho „ mais encore comme pécheurs , 8 „ conditions dont ils peuvent cm „ l'accompliflement. Le Père Juen „ tient au contraire , que toute >, lonté que Dieu a pour le falut â „ les Fidèles qui ne font pas du m „ des Elus, n'eft autre chofe qu"un> „ complaifance pour leur falut; qui „ n'a même ce penchant ik cette i „ lie» de fauYtr ces hommes, qu." „ confiderant comme des Etres ci „ fa reflemblance j & que Dieu i „ toujours à ceux qu'il veut fauvi , Atours qui leur font e.ffio.«m«u
FEVRIER I7U. !«,
'„ cutcc les conditions fous lefqueïles 1 „ veut leur falur. L'Eglife croit que li „ fin de la juftilication & de toutes les ,, grâces que Dieu donne aux Fidèles re- ,, prouvez aufîî-bien qu'aux Elus, eft leur ,, talut; que Dieu Icsjuftifie, Scleurdon- „ ne les grâces afin qu'ils puilTent l'ohte- ,, nir : Et le P. Juenin enfeigne que la „ fin que Dieu fe propote dans la juftifi- „ cation des reprouvez, c'efl de les faire ,, fervit a la manifellation de fa jmlice » divine, & aux befoins fpirituels Bc tem- „ porels des Elus.,, L'Auteur de ITnf- tru&ion expofe, fuivant la même métho- de , ce que penfe le P. Juenin fur les giaces a&uélles. z. Il indique les moyens qu'employé ce Théologien pour fe met- tre à couvert des cenfures. Le premier „ eft de condamner les cinq Propofitions „ dans un fens forcé Se étranger . & de
I„ prendre pour les veritez cppofées ans' „ erreurs de ces Propofitions , d'autres „ veritez que celles que l'Eglife a eu en ,, vue de décider lorfqu' elle a cenfuréles ., cinq Propofitions de Janfcnius.., Le fécond moyen eft „ de donner une Pro- „ feffion de Foi contenue en cinq arti- ., des, qui s'accorde avec la doctrine he- ., retiqne du Livre de Janfenius.,, Aptes pi lavoir parlé de Vufage que le P. Juenia irtlhit de ces deiix moyens, M. àc tAe^Mi *f| ictnande ce que ce Père pou\o'rt tains 3« H ^x»
fJÙ Jo ORNAI, DES Sç AVANT.
plus en faveur du Janfenirme dans des In f- ritutions Theologiques, à moins que de foutenir en termes formels ou équivalens la doârîne hérétique des ànqPropoGtions? 3. Dans la fuite il examine fi le P. Juenin ne la fomient pas en effet cette doctrine, ti il ne parle a la! condamnation des Inf- titutions Theologiques , qu'après avoir produit tout au long les Textes qui regar- dent en particulier chaque Proposition.
Les citations longues & nombreuses ont extrêmement groffi cet Ouvrage, & M. de Meaux fait là-deffus une remarque qui ne doit pas être omife ici. „ La neceffité", „ dit-i! , où nous Sommes de faire taire „ la calomnie , qui fe plaint fans celle „ qu'on impofe à Janfenius , ne nous a „ pas permis de nous borner à quelques- „ unes de fes paroles. On n'auroit pas „ manqué de publier qu'il eft aifé par des „ paffages détacher de faire dire à unAu- „ teur tout ce qu'on veut qu'il dife. Il „ a donc fallu donner des Extraits allez ,( amples de plufieurs endroits de Tes On- „ vrages , pour perfuader que tous fes „ fentimens font un corps de doctrine, „ & un Syilême très-réel qu'il a voulu „ établir. La même raifon nous a obligé „ de rapporter au long les paffages qu'on „ 2 tirez des Ecrits de fes Difciples.,, M- de Âfeaux ne s'eft pas contenté de cette P&aution. Pour prévenu yi^i^mwa-
■
F £ Y R 1 E * IT.lt. 171
__ fujets de reproche fur les citations, A marqué dans une lifle qu'on voit i li
fin de ce volume, les Editions «Jes Livret
dont il s'eft fervi.
Titt Lrvn Hiftoriarum quod exilât,' cUm inlegris ] o annis Frëinshe- m 1 1 Siipplementis emendatioribus 8c fuis loris collocatif , Tabulis Geogra- phicis Se copiofo Indice. Recenfuit 8e notulis auxit Joamnss Cluiciu. AmfleUàami , apud HinrUum Wetfienium; Trajefli ad Shemtm , apud Gulielmum ■uandt Wdtir. 1710. C'elt-à-dire ï L'Hif~ toirs Romaine àt Tite-Live, accompagnée des Supltment de Jean Freinshemios , cet-
Érigez & infertx, en leur lieu-, er enrichie A* Canes Géographiques g- d'une ampli Tuble des matières. Le tout imprimé par lupins de Jean le Clerc, lequel y a joint quelques Notes. A Amfierdam , cher Henri VVetflein j & à Utrecht , chez Guillaume vande Water. 1710. in 8. 10. vol. Tom. I. pp. 445. Tom. II. pp. 490. Tom. III. pp. 470- Tom. IV. pp. 446. Tom. V. pp. 460. Tom. VI. pp. 4ç s . Tom. Vil. pp. 506. Tom. VIII. pp. 49s. Tom. IX. pp. 504. Tom. X, pp. 164. Cartes Geograph. XIV.
A £}Uilq_ue occupé que foitMAeCwsc
H x fe»
ifz Journal des Sçavans. fes propies Ouvrages , il lui refte encore des m o mens deloiiir, qu'ilfçait employer utilement à renouveller les Editions des bons Auteurs , tant anciens que moder- nes, & à les rendre plus parfaites. Celle de Tite-Live qu'il donne aujourd'hui, a cela de particulier, qu'elle réunit deus a- vantages qui ne s'étoient point rencontrez jufqu'ici dans les précédentes, c'elt-à-dire, qu'elle eft portative , 8c des plus com- plettes.
On y trouve en premier lieu cequinous relie du Texte de cet Hillorien, imprimé en beaux caractères, fut l'Edition de Jean Frédéric Grona-vius, la plus exadte& la plus correcte de toutes celles qui ont paru. Celle-ci l'eft encore davantage , par le foin qu'a pris M- le Clercd'ycorrigernon- feulement les fautes d'impreflion indi- quées par YErmta de Grono-Jiui , mais aufli quantité d'autres qui avaient échapéà l'at- tention de ce fçavant Critique , & qui n'étaient point comprifes dans ce même Errata. A l'égard des erreurs des anciens Copiftes > il y en a pluiîeurs dont nôtre Editeur s'eft contenté d'avertir dans fes Remarques : il y en a d'autres fi groffie- res & fi vifibles, qu'il n'a fait nulle diffi- culté d'en purger entièrement le Texte, pour épargner l'ennui d'une lecture fou- vent «ire/rompue par la neceffité d'aller conCahet une Note fur uti çiKa^t <\vn tve
Février 1711. 175
(bit obligé de recueillir cette date de di- vers endroits de cet Hiftorien, où il c'en parle qu'en paffant.
Chap. VIII. no. t. Rthut dhims nil ferptttttis, votât aspit ad conciiium multitit- d'me , qui cotiUfiiri in paputi unius terpui nullare, prtlerquam Ugïlui, paierai, fur» dtdit.] 11 feroit à fouhaiter (dit M. le .Clerc) que Tite-Live nous eût appris quelles furent ces Lois que Romulus don- na au Peuple Romain. Mais il paraît que cet Hiltoriea s'eft plus attache au récit des eïpeditions militaires qu'au détail des affaires civiles : peut-être (ajoute le nou- vel Editeur ) parce que celles-ci étoieuc non -feulement moins ignorées des Ro- mains , mais encore moins propres a faire valoir l'éloquence de l'Ecrivain. Les Hiftoriens Grecs en ont ufé