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DE
CONCHYLIOLOGIE
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION
DE MM. CROSSE ET FISCHER.
5e série. — Tome VIE.
VOLUME XVE.
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DE
CONCHYLIOLOGTE.
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Notes pour servir à l’histoire naturelle de quelques Mollusques de nos côtes, el parti- culièrement des Céphalopodes,
PAR H. CROSSE.
Pendant un séjour d’un mois que nous avons fait en septembre 1866, à Arcachon (Gironde), nous avons pu observer un certain nombre de Mollusques dans des con- ditions se rapprochant beaucoup de l’état de nature. En effet, le grand Aquarium qui y a été fondé récemment comprend non-seulement de nombreux compartiments vitrés pour les exhibitions ordinaires de Mollusques et d’autres animaux marins, mais encore des bassins à fleur de terre, larges et peu profonds, permettant d'observer, d'une façon très-salisfaisante, les habitudes, la manière de vivre et les procédés de locomotion de tous ces êtres curieux (4). Il serait vivement à désirer que l'on créât des
(4) Nous adressons ici tous nos remercimenis aux naturalistes zélés qui sont à la tête de cet utile établissement, et particulière-
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établissements semblables dans les principaux ports de notre littoral. Rien ne serait plus propre, selon nous, à inspirer le goût des sciences naturelles et à favoriser les études des observateurs :
4. CarpiumM NorveGicum, Spengler.
L'area géographique de cette jolie espèce paraît être d’une grande étendue. On la trouve, en effet, aux îles Feroë, sur les côtes de Norvége, dans la Manche, sur tout le littoral océanique de France et d’Espagne, et jusque sur les côtes des archipels de Madère et des Canaries : de plus, elle vit dans la Méditerranée. Elle est très-abon- damment répandue en dehors du bassin d'Arcachon et se trouve aussi, bien que moins communément, sur quelques- uns des bancs de sable de l’intérieur, où nous l'avons re- cueillie plusieurs fois à l’état vivant. L'animal est blan- châtre : le pied et le manteau sont marqués de taches allongées d'un roux clair, reproduisant exactement le ton des côtes umbono-marginales de la coquille chez les indi- vidus jeunes. Ce Mollusque se déplace facilement à l’aide de son pied, qui est puissant et très-développé : il fait même des sauts assez considérables, qu’il opère brusquement et comme poussé par la détente d’un ressort.
2. PECTEN MAxIMUS, Linné.
Le Pecten maximus a des habitudes beaucoup moins tranquilles que celles de la plupart des autres Acéphalés. Il reste rarement à la même place pendant un long espace de temps, et nous ne connaissons guère que les Lima qui soient d'une humeur plus vagabonde. Ses procédés de
ment à MM. Hameau, Lafont et Filloux pour leur accueil bien- veillant. H:C;
ER, LES locomotion sont fort curieux. Il parcourt des espaces de 1 à 2 mètres eu battant l'eau avec ses valves entr'ouvertes, et progresse ainsi, l'ouverture des valves en avant, les cro- chets en arrière. I s’arrêle ensuite pour recommencer le même manége quelque temps après. S'il se heurte dans l’eau à quelque obstacle, le choc le fait (tourner sur lui- même et parfois même couler à fond, mais sans le décou- rager le moins du monde, et sans l'empêcher de recom- mencer, un peu plus tard, le cours de ses pérégrinations. Le moment le plus favorable à l’observation de ces faits curieux était l'heure à laquelle on changeait, à l’Aqua- rium, l'eau du bassin qui contenait ces Mollusques. Il y avait toujours alors, parmi eux, agitation marquée et re- crudescence d’évolutions.
Dans le bassin d'Arcachon, le Pecten maximus vit sur les crassats, au milieu des plantes marines, mais toujours à au moins 80 centimètres ou 1 mètre au-dessous du ni- veau des plus basses marées. Les pêcheurs emploient, pour le découvrir sous l’eau, un moyen fort simple, mais dont nous avons pu nous-mèême constater l'efficacité. Lorsqu'on arrive à un endroit que l'on suppose fréquenté par ces Mollusques, il suffit de faire silence, d’abaisser la tête près du niveau de l’eau et de prêter une oreille attentive. S'il se trouve un Pecten maximus dans les environs, il ne manque pas, fidèle à ses habitudes remuantes, de frapper de temps en temps ses valves l’une contre l’autre, ce qui produit un bruit sec très-facilement perceptible. Ce bruit décèle la présence de l’animal et indique en même temps l'endroit précis dans lequel il se trouve. Il ne reste plus qu'à s'approcher avec précaution, et à plonger la main dans l’eau, à cet endroit, pour capturer le Mollusque, vic- time de ses bruyantes manifestations.
se 5. LoziGo vuLGaris, Lamarck.
Nous avons eu occasion de voir cinq de ces Hollusques dans l’Aquarium d'Arcachon. Malheureusement, ces ani- maux, qui sont essentiellement pélagiens et ne se rap- prochent du littoral qu'accidentellement ou au moment de la ponte, ne paraissent pas pouvoir s’habituer à une captivité qui change du tout au tout leurs habitudes et leurs conditions d'existence. Trois sont morts le lendemain de leur entrée dans l'Aquarium, et les deux autres ont succombé le surlendemain. Les Calmars sont très-vifs et toujours en mouvement. Leur mode habituel de natation est très-original. Il consiste en une suite d’évolutionsalter- nant d'arrière en avant et d'avant en arrière, évolutions comparables au mouvement d'une balançoire. Dans ce système de locomotion, les nageoires terminales paraissent exercer une action prépondérante. C’est, au contraire, le siphon ou tube locomoteur qui agit exclusivement lorsque l'animal a besoin d’avoir recours à la natation accélérée : les nageoires devenues inutiles cessent d’être déployées et
viennent s'appliquer en dessous de la partie postérieure du sac.
4. SEPIA OFFICINALIS, Linné.
Les Seiches sont très-communes dans le bassin d’Arca- chon, et chaque fois que l’on pêche à la seine, il est rare que le filet n’en ramène pas plusieurs; mais, pour les con- server vivantes, il ne faut les laisser que le moins long- temps possible hors de l’eau, car, dans cette situation, elles meurent très-vite.
Leurs allures ordinaires sont beaucoup moins vives que celles des Calmars. Nous avons vu, dans l’Aquarium, des Seiches rester, pendant plus d’une demi-heure, à la même
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place, entre deux eaux, dans une position horizontale, et sans opérer d’autres mouvements qu'une ondulation à peine sensible des nageoires marginales du sac. Les au- teurs modernes ne sont point encore parfaitement d'accord au sujet des procédés de locomotion des Seiches.
D'Orbigny avait admis, d’une façon absolue, que la na- tation rétrograde des Céphalopodes $'opérait entièrement au moyen du refoulement de l’eau par le tube locomoteur que d’autres auteurs désignent sous le nom d’entonnoir ou de siphon.
En ce qui touche la Seiche, Vérany (1) attribue sa marche progressive « à Paction des bras inférieurs qu’elle « penche en avant de la tête et emploie comme de puis- « santes rames, son corps étant horizontal. Les nageoires, « ajoute-t-il, ne sont pour elle qu'un balancier dont le « mouvement est continuel et ondulatoire : les six bras « supérieurs ne lui servent qu'à fendre l’eau, et même «_ qu'à la tenir en équitibre, car elle les porte générale- « ment très-serrés entre eux et sur un plan horizontal.
Notre collaborateur, P. Fischer, qui a récemment pu- blié, dans un travail fort intéressant (2), le résultat des observations qu’il avait faites à Aquarium d'Arcachon sur les Céphalopodes, con$idère les Seiches comme ayant re- cours à deux procédés mécaniques différents, selon que la natation est modérée ou accélérée. La progression modé- rée, qui est l'allure habituelle de ces Aollusques, s'opère aussi aisément en avant qu'en arrière : elle s'effectue à l'aide des ondulations des nageoires marginales du sac. La progression accélérée, qui a lieu lorsque l'animal est in- quiété ou poursuivi, est rétrograde, très-rapide, et s'opère
1) Céphalopodes de la Méditerranée, p. 69. 2) Annales des sciences naturelles, 1866, p. 308-320.
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par mouvements saccadés. «Avant de s’élancer en ar- « rière (1), l’animal écarte ses bras, puis les réunit brus- « quement ; les nageoires, réduites à l’inaction, se re- « plient à la face ventrale du sac ; l’extrémité postérieure « de l’une d’elles recouvre celle du côté opposé. L'animal « ainsi lancé parcourt d’un bond un espace considérable : « durant le trajet, les bras s’écartent, le corps est exacte- « ment horizontal ; un nouveau rapprochement des bras « provoquera une secousse suivie des mêmes effets. La « natation accélérée est donc le résultat de l’action des « bras, et surtout de ceux de la quatrième paire taillés « comme des rames et pourvus d’une large crête nata- « toire. » Le jeu de l’entonnoir, d’après l’auteur, peut être considéré comme un auxiliaire qui, s’il est utile aux mouvements, ne sert qu’à la natation rétrograde très- rapide.
Un autre naturaliste, qui a eu également occasion d’ob- server les Seiches à l’état vivant, M. P. Bert, pense que l’entonnoir de ces animaux leur sert, d'ordinaire, pour se diriger dans tous les sens et même en avant (2). « Dans « ce dernier cas, l'animal recourbe fortement l'ouverture « de l’entonnoir en arrière et en bas. Il est ainsi, par le « rejet violent de l’eau, projeté en*avant et en haut : les « bras allongés en pointe et la nageoire marginale régu- « larisent le mouvement... Au reste, la nageoire margi- « nale peut aussi, comme l’a dit Fischer, suffire à la lo- « comotion, soit en avant, soit en arrière. » Le même auteur, moins de deux mois après la publication de la première note, devient plus exclusif, et cesse d'admettre l'usage de la nageoire marginale, chez la Seiche, pour la
(1) Fischer, loc. cit., p. 312. (2) Notes d'anatomie et de physiologie comparées, p. 33 (25 juin 1867).
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progression (1). « Malgré des assertions récentes, dit-il, « elle (la locomotion des Seiches) a lieu exclusivement « par les contractions du sac en avant comme en arrière « et sur les côtés; la direction de l’entonnoir règle le « mouvement de l'animal (2). »
En ce qui nous concerne, voici le résultat de nos obser- vations. Nous avons reconnu l'existence, chez les Seiches, de deux procédés de natation dus à des moyens d'action différents.
Le premier, qui s'opère par les contractions du sac et le jeu de l'entonnoir, est, en outre, favorisé par l’action énergique des bras et surtout de ceux de la quatrième paire, lorsque l'animal, pour un motif quelconque, veut arriver à son maximum de vitese. C’est ce que Fischer appelle la progression accélérée : elle est toujours rétro- grade et saccadée. D’un autre côté, il est très-vrai que l'animal peut, ainsi que l'a dit M. Bert, se diriger égale- ment en avant, à l’aide de son entonnoir, dont il recourbe fortement l'ouverture en arrière et en bas : sa progression est alors moins vive, et il laisse ses bras allongés en pointe. Dans cette position, le rejet violent de l’eau le pousse en avant et en haut.
Le deuxième procédé de natation nous a toujours paru s'effectuer uniquement à l’aide des ondulations des na- geoires marginales du sac. Ces ondulations commencent à l'extrémité postérieure et s'effectuent d'arrière en avant, lorsqu'il veut aller en arrière. Quand il passe d’une allure à J’autre, on voit se produire immédiatement un renver- sement dans la direction des ondulations des nageoires : seulement, il faut une bonne vue et beaucoup d'attention
(1) Comptes rendus de l’Académie des sciences, 12 août 1867, p. 300.
(2) P. Bert, loc. cit., p. 301 (en note).
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à l'observateur pour saisir le moment précis de ce renver- sement, dont, pour notre part, nous avons été témoin plus de vingt fois. Ce deuxième mode de progression, doux, continu, nullementsaccadé, est plus lent que l’autre, mais il doit être beaucoup moins fatigant pour l'animal. Il nous semble qu’on peut le considérer comme son allure habi- tuelle, car c’est celui dont il se sert pendant le plus long espace de temps.Quelquefois, les ondulations, devenant de plus en plus faibles, finissent par se réduire à une sorte de léger frisson, et l'animal plane entre deux eaux, toujours dans une position horizontale et pour ainsi dire sans chan- ger de place : elles ne servent plus alors qu’à le maintenir dans sa position.
En présence de ces faits qui sont constants, et surtout du renversement dans la direction des ondulations qui accompagne chaque changement de mouvement en avant ou en arrière, et dont les effets presque instantanés sont comparables à ceux du renversement de la vapeur dans les locomotives, nous avouons ne pas comprendre comment M. Bert a pu s’avancer jusqu’à soutenir, comme on l’a vu plus haut, que la locomotion des Seiches avait lieu exclu- sivement par les contractions du sac et le jeu de l’enton- noir.
Tous les observateurs qui ont vu des Seiches à l’état vi- vant, dans un Aquarium, ont pu constater la ressemblance singulière, que la tête de ces animaux, lorsqu'ils sont à l'état de repos, présente avec celle d’un éléphant, par suite de la réunion des bras en une sorte de masse pyra- midale à sommet incliné d’arrière en avant et en bas. Cette attitude et le semblant de trompe que forment les bras des trois premières paires donnent aux Seiches une apparence des plus singulières et rappellent à l'esprit la figure que la mythologie indienne prête au dieu Ganesa.
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Jusqu'à ces derniers temps, on ignorait à quel usage précis servaient aux Seiches les deux longs bras tentacu- laires qui, à l’état vivant, ne font jamais saillie, mais, au contraire, sont rétractés et roulés en crosse à l’intérieur de la cavité formée par la réunion des bras sessiles, tandis que, l’animal une fois mort, ils s’allongent de façon à dé- passer deux fois la longueur de ces derniers.Ces deux bras servent à la préhension de la proie. Notre collaborateur Fischer a, l’automne dernier, été témoin du fait à l’Aqua- rium d'Arcachon. Ayant introduit un petit poisson dans un compartiment où se trouvaient des Seiches, il a vu l’une de ces dernières le saisir au passage, à l’aide de ses deux longs bras, brusquement déroulés et détendus comme par l'effet d’un ressort, puis le ramener aux bras courts qui l'ont enveloppé et maintenu définitivement à portée du bec central. Dans cette situation, la Seiche nageait en mordant à mème sa proie : une fois son appétit satisfait, elle abandonna ce qui restait de sa victime et reprit ses allures habituelles. Il y a tout lieu de croire que les longs bras servent également à la préhension chez les autres Décapodes.
5. Ocropus vuLGaRiIs, Lamarck.
Les changements de couleurs que les Poulpes opèrent à volonté sont connus depuis longtemps des naturalistes, mais toujours très-curieux à observer. On peut dire de ces animaux qu’ils empruntent successivement toutes les cou- leurs de l’arc-en-ciel, le bleu excepté. À la moindre émo- tion, ou même sans cause apparente, ils passent du brun au blanc, au jaune, au noir ou au violet. Parfois aussi, on voit apparaître, sur diverses parties de la tête ou du sac, des rugosilés qui disparaissent brusquement, comme elles sont venues.
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Les Poulpes recherchent, comme lieu de retraite, les trous et les crevasses des rochers : ils aiment à se cacher sous les pierres, et, dans les bassins de l’ Aquarium, ils se logeaient de préférence sous des tuiles creuses que l’on y avait placées. Nous avons autrefois observé ces animaux dans le golfe d’Ajaccio, où ils sont très-communs : ils sy logent également dans des trous de rochers dont ils font leur station habituelle, et qui sont facilement reconnais- sables à de nombreux débris de coquilles et de crustacés qui les entourent.
La natation du Poulpe est ordinairement rétrograde et nous à paru, contrairement à ce qui se passe chez les Seiches, $ opérer uniquement à l'aide de l’entonnoir : dans ce mode de progression, les bras réunis en faisceau restent allongés et inertes, et le sac se gonfle et se dégonfle suc- cessivement pour le jeu du tube locomoteur. Néanmoins, l'animal peut aussi se porter en avant, à l’aide de ce tube, dont il recourbe alors l’ouverture en arrière et en bas. Nous avons vu aussi quelquefois, à Arcachon, des Poulpes ramper sur le fond des bassins en se servant de leurs bras: l’allure est lente dans ce dernier cas.
Les Poulpes de l’ Aquarium vivaient principalement de Cardium edule, qu'ils saisissaient avec leurs bras (généra- lement ceux de la première paire), et qu’ils attiraient en- suite vers la bouche. Un fait singulier nous a frappé. Plu- sieurs fois il nous est arrivé de prendre des Cardium edule parfaitement vivants et fermés, par conséquent, avec la ténacité qu’apportent les Acéphalés à cette mesure de sûreté. Nous les jetions, un par un, dans le compartiment du plus gros des Poulpes et dans son voisinage. L’animal, étalé nonchalamment sur un morceau de roche, allongeait un des bras vers la coquille, la saisissait en la fixant à l'aide de ses ventouses, et la ramenait ainsi vers sa bouche.
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Nous ne pouvions plus rien voir alors, à notre grand dé- sappointement, car, lorsque le Poulpe mange, non-seule- ment sa bouche, mais encore sa proie, sont complétement cachées par la partie membraneuse qui réunit ses bras à leur naissance. L'opération s'accomplissait donc. derrière un véritable écran, mais nous étions sûr de voir, cinq mi- nutes après, un des bras rapporter au dehors et rejeter la coquille du Cardium ouverte sans le plus petit vestige de fracture, sans même la moindre trace d’érosion du test, et avec son ligament parfaitement intact. Le Mollusque seul manquait, ayant été complétement dévoré. Trois individus vivants de Cardium edule ont, un jour, sous nos yeux, successivement disparu pleins et fermés et reparu vides et ouverts, sans nous en apprendre davantage. Quels sont les procédés auxquels le Poulpe a recours pour forcer l’Acé- phalé, dont il fait sa proie, à s'ouvrir volontairement, ou pour l'ouvrir lui-même sans trace de fracture ou d’érosion appréciable ? Est-ce par l’action de ses ventouses ? Nous le supposons, sans être toutefois en mesure de pouvoir l’affirmer catégoriquement, et, en tous cas, nous signalons ce fait curieux à l'attention des naturalistes. HC
Sur l’accouplement du KLittorina rudis,
PAR P. FiscHERr.
À la fin du mois de septembre 1867, j'ai trouvé les rochers émergents de Trouville (Calvados) peuplés de Lit- torina rudis. Ces Mollusques étaient presque tous accou-
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plés, quoique la saison fût avancée; chaque couple était formé rarement d'individus adultes et de même taille; plus souvent, d'individus de taille très-disproportionnée. Le mâle ou la femelle était indifféremment un jeune in- dividu atteignant à peine la moitié de sa grandeur nor- male. Je n'avais jamais observé de Mollusques si jeunes livrés à l’acte de la reproduction.
Les trous de rochers renfermaient des Littorina rudis de toutes les dimensions; quelques-uns venaient d’éclore. M. Bouchard-Chantereaux avait déjà signalé des faits ana- logues chez le Littorina lhittorea : « Us n’ont pas, dit-il, de saison fixe pour l’accouplement, toute l’année on en voit effectuant cet acte, comme aussi on voit les petits des uns de toutes grosseurs, et les œufs des autres à tous les degrés de développement (1). »
M. Johnston a rencontré les Lafiorina rudis, ainsi que les Liltorina obtusata, accouplés dans le cours du mois de novembre. M. Bate a observé des Littorina rudis accou- plés, dont les femelles renfermaient non-seulement des œufs à diverses périodes de développement, mais encore des jeunes parfaitement formés (2).
L'accouplement et la ponte en tous temps, ainsi que l’accouplement entre très-jeunes individus, sont donc des faits communs chez les Litorines, mais rares chez la plu- part des Mollusques, qui sont soumis, comme Îles autres animaux, à l'influence d’une période annuelle d'activité des organes génitaux.
M. Thompson enfin a vu, à Weymouth, plusieurs cas d’accouplements adultérins entre les Littorina rudis et oblusala ; Le rôle de mâle était toujours rempli par le Lat-
(1) Catalogue des Mollusques marins observés sur les côtes du Boulonnais, p. 59. (2) Jeffreys, British Conchology, 1. IT, p. 367.
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torina ruds (4); en Irlande, M. Battersby a pu confirmer les observations de M. Thompson (2); quant au produit de ces accouplements, il n’est pas connu. M. Thompson sup- pose que la variété de Littorina obtusata appelée Liltorina palliata est un hybride, mais cette hypothèse est peu ad- missible, car la variété palliala ne vit pas dans la localité même où les accouplements adultérins ont été observés. PE,
Note sur le Breissena polymorplha,
PAR J. B. GASSIES.
$ LE. -— Tous ceux qui s'occupent de Malacologie flu- viatile connaissent le Dreissena polymorpha, espèce de moule d’eau douce décrite, depuis longtemps, sous les noms de MHytilus polymorphus par Pallas, et Mytilus Volgæ par Chemnitz.
Il n’est pas de collecteurs qui ne possèdent au moins quelques spécimens de la coquille dont la provenance est souverit incertaine, mais dont les affinités avec les Moules marines ont frappé leur esprit.
Ce Mollusque, originaire de l'Orient, s’est répandu dans l’Europe centrale, avec lenteur d’abord, puis avec assez de rapidité, et ensuite dans presque tous les ca-
(4) Annals and Mag. nat. hist., p. 76 (1852). (2) Jeffreys, loc. cit., p. 359.
RER ep naux, fleuves et cours d’eau, au point d'envahir les lieux où il s’est fixé.
Nos rivières du Midi et du Sud-Ouest en étaient dé- pourvues, mais tout faisait présager son apparition pro- chaine; aussi cherchions-nous avec un soin scrupuleux le moindre indice qui püt nous mettre sur la trace de ce Mol- lusque dans la Garonne ou dans le canal latéral.
Enfin, pendant le mois de septembre de 1865, notre honorable compatriote M. Lacaze-Duithiers remarqua, dans la gare du canal, à Agen, sur la vase desséchée, quelques valves de Dreissena. N'ayant pas les mêmes rai- sons que nous de signaler ce fait, il ne s’en préoccupa pas davantage; mais, sur la nouvelle que nous lui annon- çâmes, le 49 septembre 1865, que ce Mollusque vivait dans la Garonne, où nous venions de le signaler, il se rappela sa découverte antérieure à la nôtre, et nous pûmes alors préjuger, d’après la taille des individus, l'époque approximative de l'introduction du Dreissena, tant dans le canal que dans la Garonne.
Nous pouvons affirmer que rien ne dénotait sa pré- sence dans l’Agenais.
Depuis que nous n'habitons plus ce pays, nous nous somies néanmoins toujours tenu au courant, par nous- même et par nos amis, de l'état de nos Mollusques, et nous avons pu donner un supplément au récent catalogue publié dans le Recueil de la Société d'agriculture, sciences et aits d'Agen.
Nos fréquents voyages au printemps et à l’automne nous ont facilité la constatation des espèces présentes et rien, jusqu’à ces derniers temps, ne nous avait fait pres- sentir la présence du Dreissena.
Étant, en septembre 1865, à la recherche de l'Ano- donta Gratelupeana dans les flaques de la Garonne, nous
OR À ee aperçümes sur un Caillou, hors de l’eau, deux valves d’un blanc mat que nous pensions appartenir à un jeune Ano- donta: mois, en nous rapprochant davantage, leur forme trigone nous frappa, et, bien qu'éloigné de la certitude, nous dimes à la personne qui nous accompagnait : Voilà enfin le Dreissena polymorpha !
Au même instant, nous trouvâmes, à nos pieds, un Unio Requienti, et sur le rostre nous pûmes constater la pré- sence de ce ollusque y adhérant et parfaitement en viet!
Dès lors, nos recherches se dirigèrent exclusivement sur cette espèce et, en moins d'une heure, nous pümes en recueillir plus de cent individus, dans la petite flaque que nous explorions.
Les coquilles étaient très-petites : elles n'excédaient point 20 millimètres, tandis que celles du canal latéral atteignaient déjà 25 à 28 millimètres.
En comparant la différence de taille, nous devons en conclure que l'introduction de cette coquille dans le canal devait dater alors de deux à deux ans et demi, et, dans la Garonne, d’un an au plus!
Une observation qui peut nous venir en aide dans nos appréciations, c'est que ces Mollusques étaient encore iso- lés dans la Garonne, tandis qu’ils étaient groupés dans le canal, comme ils ont l'habitude de l'être lorsque leur ac- climatation est complète et leur reproduction facile.
Voilà donc la faune du Sud-Ouest augmentée d’un genre nouveau qui n'existait pas aux trois époques où nous avons fait le résumé des Hollusques de l’Agenais et de la Gironde (1).
(4) 1849. Tableau des Mollusques terrestres et d'eau douce de l'Agenais, in-4°, 4 pl. col, — 1859. Catalogue raisonné des Mol-
19)
Comment ce Mollusque est-il arrivé jusqu’à nous? Le fait nous semble assez important pour que nous cherchions les causes de son émigration.
Tous les conchyliologistes savent que c’est le naturaliste voyageur allemand Pallas, qui, le premier, fitconnaître ce genre sous le nom de Mytilus polymorphus, et, bien qu'il eût appliqué celte appellation à deux espèces différentes, le vocable polymorphus lui est resté, bien que M. Van Beneden, en créant le genre Dreissena, eût parfaitement reconnu les différences qui le séparaient des Mytilus.
Bien que la date de Papparition du Mollusque soit rela- tivement assez récente, sa synonymie est passablement chargée comme nous allons le montrer.
Mytilus polymorphus (partim), Pallas, Voyage en Rus- sie, 1754, app., p. 212. — Volgæ, Chemnitz, Conch. Cab., 1795, XI, p. 256, pl. cev, fig. 2028. — Hagent, Baër, Inst. Solemn. adj. Myul. descr. nov., 1829. — Volgensis, Wood, Ind. test., suppl., 18928, p. 8, pl. ui, fig. 6. — Arca, Kickx, Descr. nouv. Moul., 1854. — lineatus, Waardenburg, Holl. Belq., p. 38. — Toreyi, Stenz, ex spec. a Parreyss nussis. Dreissena polymorpha, Van Beneden, Ann. des science. natur., p. 210, À pl. noire, 1855. Tichogonia Chemnitzit, Rossmässler, Zcon., 1, p. 115, fig. 69, 1855.
lusques terrestres et d'eau douce de la Gironde; in-8° (Act. Soc. Linn. Bord.). — 1863. Calalogue statistique des Mollusques ter- restres el d'eau douce vivants et fossiles du département de Lot-et- Garonne (Soc. d’agr., sc. el arts d'Agen).
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Mytlilina polymorpha, Cantraine, in Ann. scienc. nat., VIT, p. 508, 1857.
Les Dreissena n’habitent pas exclusivement P’Asie et l’Europe; plusieurs espèces récemment découvertes en Amérique, dans les eaux douces du lac Pontchartrain, aux Etats-Unis; dans des ruisseaux et torrents à Saint- Domingue, dans le Centre-Amérique et au Sénégal, prouvent suffisamment que leur aire géographique est assez étendue : les terrains tertiaires de la France et de l'Autriche en recèlent même plusieurs espèces fossiles.
L'animal se rapproche beaucoup de celui des Moules marines, surtout par son appareil de fixation qui consiste en un byssus formé de plusieurs fils, s'adaptant parfaite- ment sur les corps résistants, tels que pierres, cailloux, coquilles, bois, etc., etc.
Ce byssus se renouvelle selon la volonté de l'animal, lui permettant de choisir et changer son lieu de station, se grouper sur des individus de même espèce à l’époque du frai, et le couper impunément selon son caprice ou son besoin.
Ou comprend, d’après ce qui précède, avec quelle faci- lité ce Mollusque doit pouvoir être transporté d’un lieu dans un autre, car, s'appliquant aux bois flotiés, aux flancs des barques qui stationnent dans les canaux et les rivières, il se trouve tout à coup transporté à des distances considérables, par le fait des voyages que ces bois ou ces barques font assez régulièrement (1).
(1) Nous avons reçu une centaine d’écrevissesde Hollande par l'habile pisciculteur de Paris, M. Carbonnier. Avant de les mettre dans l'aquarium, nous les avons débarrassées d’une foule de jeunes Dreissena fixés sur la carapace, sur les pinces et sous la partie ventrale. Voilà encore un moyen de migration que l’aqua- rium d’eau douce du Champ de Mars vient de nous révéler!
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Dans le trajet d’un port à un autre, il doit nécessaire- ment se détacher de nombreux individus par les chocs de rapprochement qui ont lieu, et, dès qu'ils sont remis de leur chute, ils cherchent de suite un point d'appui qui les préserve des courants dont l’action les roulerait sur Îles graviers, contre les roches et autres corps durs et entrai- nerait infailliblement leur mort.
Si pendant les pontes il survient une crue d’eau, une inondation, tous les embryons facilement entraînés vont se développer à loisir dans les moindres ruisseaux, et, même, comme cela a lieu à Paris, jusque dans les canaux d’amenée des eaux de la Ville et au Jardin des plantes.
Les pérégrinations de ce Mollusque sont constatées par les étapes diverses où il a été remarqué. D'abord c'est Pallas qui le signale dans les fleuves de la Russie orien- tale, surtout dans le Volga; puis on le trouve dans les lacs Onéga et Ladoga; enfin dans la Baltique, dont les eaux, plutôt saumâtres que salées, n’ont pu interrompre sa mi- gration.
D'après plusieurs auteurs, le Dreissena habiterait les mers Caspienne et Baltique. Le peu de salure de leurs eaux paraîtrait convenir aux Mollusques, qui finissent par se modifier au point de vivre dans les eaux complétement douces, sans un atome de principe salin. On conçoit alors facilement l'introduction de ces animaux à laide des barques et des navires contre lesquels ils se sont fixés.
D'autres pensent que, pendant la traversée en mer, les coquilles sont hermétiquement closes, ce qui nous semble inadmissible, car il arrive que les navires stationnent fort longtemps dans les parages maritimes, ce qui détermine- rait l’asphyxie des Mollusques. Nous croyons plutôt que le peu de salure de ces eaux est la seule cause de leur accli- matation.
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L'animal, qui, attaché à la coque des navires, s’est in- troduit du Danemark et de la Hollande dans tous les cours d'eau de l’Allemagne, de la Belgique et de la France, à pénétré par le Rhin, la Meuse, l'Escaut, la Somme, la Loire, la Seine, la Saône et le Rhône, et est arrivé dans l'étang de Thau à Cette, où M. Fontan l’a signalé.
M. Lambert l’a signalé dans le canal du Midi, à Tou- louse, le 26 octobre 1862, et dans le canal latéral, au pont des Demoiselles, en mars 1865. M. Lacaze-Duthiers s’aperçut de sa présence dans la gare du canal, à Agen, en 4865, et nous, dans Ja Garonne, en septembre 1865.
L'introduction de ce Mollusque dans le Sud-Ouest est attribuée, à Toulouse, au stationnement de quarante jours des canonnières revenant de la Baltique. Nous ne savons si le fait est positif, mais nous pensons qu'il est plus natu- rel de l’attribuer à la navigation ordinaire, qui, par les barques du Rhône et de la Saône, abordant dans l'étang de Thau et remontant les canaux du Languedoc, du Midi et latéral à la Garonne, y a déposé de nombreux individus qui s y sont parfaitement reproduits.
Les barques, en se rapprochant des quais ou des autres embarcations, opèrent une sorte de frottement qui suffit pour faire détacher un certain rombre de Dreissena, qui, ne tardant pas à pondre, se reproduisent rapidement, sur- tout si lon considère le peu de puissance des courants dans les canaux, où les écluses maintiennent les eaux dans un état de stagnation qui permet aux animaux une multi- plication extrême, à en juger d’après les cantons où ils ont élu domicile depuis un certain nombre d'années, et qu'ils infestent par une agglomération extrème.
Nous ne savons pas encore si des essais ont été tentés en vue de juger de leurs qualités comestibles. Nous alitendrons que nos individus aient atteint une grosseur
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convenable pour les soumettre aux mêmes apprèts culi- naires que ceux employés pour le Mytilus edulis. Peut- être encore essayerons-nous les condiments employés dans certaines localités de l’Agenais pour la préparation des Anodontes et des Unio, sans avoir la prétention d'intro- duire un nouveau régal sur la table des gourmets.
$ IT. — Ayant réuni un assez grand nombre d’indivi- dus, nous les élevons dans de petits Aquariums en verre, garnis, préalablement, de blocs caïcaires et de lemna minor, cette providence des eaux stagnantes.
Tous, sans exception, y gnt passé les hivers de 1865- 66-67 dans un état parfait qui nous a permis de les étu- dier à toute heure et en toute saison.
Nous avons consulté le remarquable travail de M. Van Beneden, et l’insistance qu’il met à refuser à notre Mol- lusque un organe de locomotion nous semble un peu trop absolue. Se basant sur le dire de Poli, le naturaliste belge donne à l’appendice musculaire qui sort du milieu infé- rieur des valves le nom de languelte. Selon lui, cet organe serait plutôt destiné à la préhension, au tact, qu’à toute autre fonction, excepté celle de fixer le byssus.
Nous croyons cependant, en tenant compte des analo- gies, que le pied des Anodontes, des Unio, dés Cyclades et des Pisidies est absolument semblable à la languette des Dreissena, et que, puisque le nom de pied n’a pas été contesté aux animaux des premiers genres, on ne saurait, sans parti pris, le dénier à ceux du dernier.
Or, surtout chez les Cyclas et Pisidium, il est bien fa- cile de voir fonctionner l'appareil tendineux et extensible connu sous le nom de pied, et de le voir aider l'animal à grimper, à se mouvoir, à changer de place, tout le long des tiges des plantes aquatiques, à ramper mème contre la
ONE Surface de l’eau, la coquille en bas, à marcher enfin dans tous les sens.
Comment en pourrait-il être autrement chez les Dreis- sena ?
La réponse ne saurait se faire attenäre, car, pénétré de l’idée que l'organe en question ne pouvait se borner à filer le byssus {si toutefois il le filait) et à fixer la coquille, nous dirigeâmes nos observations sur quelques individus et nous ne tardâmes point à acquérir la conviction que ce qu'on nommait languette était bien un organe de reptation, un véritable pied, comme celui des Anodonta, des Unio, des Cyclas et des Pisidium !
Nous avons, à plusieurs reprises, surpris des Dreissena coupant leur byssus pour changer leur station et ramper sur la partie verticale du verre de l’Aquarium. Leur ma- nière de se mouvoir est une sorte de tàtonnement préa- lable, suivi d'un léger glissement, puis d’un rapproche- ment assez subit de ja partie postérieure, quiressemble à la marche saccadée des chenilles nommées géomètres, ou bien encore à celle des Annélides hirudinées ; mais nous croyons qu'une sécrétion de mucosité accompagne tou- jours ces mouvements et donne plus d’adhérence au pied sur les surfaces unies et verticales du verre : le pied est alors très-extensible, très-transparent, incolore vers les bords, blanc de lait et très-épais vers le point d’attache du muscle. Nous avons suivi la marche de deux individus, en ayant le soin de tracer les contours de leurs coquilles, à l'encre, sur le verre; il nous a été facile, de cette manière, d’en constater toutes les évolutions. Ainsi, nous en avons vu un couper son byssus, se laisser choir en bas de la pierre sur laquelle il était fixé, puis, après deux heures de repos, Commencer à grimper contre la paroi de l’Aqua- rium. Arrivé à environ 8 centimètres, il obliqua à gauche,
BSMDG, Li
rampant horizontalement; il s'arrêta, après avoir parcouru 10 centimètres, et vint se placer en filant son byssus qui. après dix-huit heures, comptait déjà 27 fils (4).
Ce Dreissena demeura deux mois et demi à cette place ; mais, le 20 janvier, il coupa son byssus et grimpa le long du vase jusqu'au niveau de l’eau; là, il s'arrêta, fila un nouveau byssus dans une position verticale un peu oblique et parut fort se complaire ainsi près de l’air libre. Nous traçûmes ses contours sur le verre avec beaucoup de soin, en nous abstenant de renouveler l’eau, et en laissant à une lente évaporation le soin de baisser le niveau jusqu’à ce que notre Mollusque füt complétement privé de son élément humide. Cest ce qui arriva : les siphons furent bientôt privés de liquide; alors l’animal tordit son byssus et se renversa complétement, de façon à présenter à l'air la majeure partie de sa coquille, tandis que les siphons qui étaient dirigés vers l’orifice de l’Aquarium, quelques instants auparavant, plongeaient en entier dans le liquide. Cependant l’évaporation s’opérait graduellement, et, le 2 mars, l'animal était absolument hors de l'eau. Nous observämes avec attention ce qu'il allait devenir, et le soir, vers dix heures, nous le vimes opérer plusieurs mou- vements et puis rouler tout à coup au fond de l'Aqua- rium.
C'était donc pour la quatrième fois que ce Hollusque avait eu son byssus coupé : la première , lorsque nous l’avions brusquement arraché aux pierres du canal, à Agen, et trois fois par son action directe dans notre Aqua- rium.
Depuis, il s’est fixé de nouveau sur un fragment de cal-
(4) Le 16 mars 1866, à trois heures de l’après-midi, un autre individu s'arrêta après avoir parcouru {2 centimètres et en avoir laissé la trace contre les matières en suspension sur le verre.
as, NT
caire, et nous attendons qu'il nous offre de nouveaux su- jets d'observation, surtout lorsque, au lieu d’être enfermé dans notre cabinet, nous pourrons le laisser à l'air exté- rieur et à la chaleur (1).
L'autre individu, sur lequel nous avions fixé notre at- tention, n'a changé de station qu’une fois, mais en s’y prenant identiquement de même et en recherchant, comme son camarade, les parties les plus éclairées.
Nous concluons de ces diverses observations que, pour nous, l’organe nommé languette par M. Van Beneden est semblable au muscle tendineux des Cyclades et des Pasi- des, et constitue, chez les Dreissènes, comme chez ces Mollusques, un véritable pied servant à la reptation.
N. B. — Nous avons rapporté nos Dreissena à lAqua- rium d'eau douce de l’exposition de 1867 qui nous a été confié, et nous avons eu la satisfaction de les voir se développer et expulser de jeunes individus. Nous espérons en avoir en suffisante quantité pendant la durée de l'été, ce qui nous permettra de les observer sur place. B. G.
Réponse aux observations faites par M. Jeffreys sur mon Catalogue des eoquilles marines des côtes de l'Espagne et des Baléares,
PAR J. GONZALEZ HIDALGO.
J'ai lu avec plaisir les observations faites sur mon cata- logue par M. Jeffreys : elles ne peuvent qu'être d'une
(4) L'été de 1866 n’a pas été favorable à nos observations. La fréquence des orages, les subites variations atmosphériques ont
LPMDRNLE
grande utilité pour mes études ultérieures, provenant d'un savant aussi versé que lui dans la Conchyliologie, et aussi justement estimé.
J'ai examiné scrupuleusement ses indications, en con- sultant de nouveau les ouvrages, mes notes et ma collec- tion, et je donne ici les conclusions auxquelles je suis ar- rivé, conclusions dont quelques-unes diffèrent de celles du savant malacologiste anglais. Je suivrai le même ordre que lui, en ayant soin de donner les preuves sur lesquelles j'appuie mon opinion.
TEREDO PHiLiprir.
Les exemplaires que je possède $ accordent avec la figure de Philippi et la description de M. Fischer : ils ont les pa- lettes pourvues d'un pédicule médiocre de même longueur qu’elles, où un peu plus, et les godets épineux latérale- ment.
M. Blainville dit de son T'eredo minima (dans le Dict. sien. nal., vol. 52, p. 268) « ..…... palmules portées sur «un très-long pédicule et formées de douze articulations « en godets non épineux sur les côtés. » Pour cette raison, je doute de l'identité des deux espèces, et j'attends de M. Jeffreys les raisons sur lesquelles il appuie son opinicn, pour modifier la mienne, s’il y a lieu.
MyA TRUNCATA.
La localité donnée par M. Jeffreys, « Bay of Biscay » (qui comprend une partie des côtes d'Espagne et de celles de France), a été la cause de la note de mon catalogue.
causé une grande mortalité dans nos aquariums, bien que nous les eussions transportés à Arcachon. Le fait le plus important à signaler, c’est qu'en septembre les individus du canal, à Agen, ont atteint Le summum de l'accroissement.
20)009 => SPHENIA BINGHAMI.
M. Jeffreys dit que c’est une Mye; M. Deshayes en fait une Corbule; MM. Turton, Sowerby, Forbes, Hanley, Chenu, etc., l’admettent dans le genre Sphenia. Je ne saurais dire quelle est la plus exacte de ces diverses opi- nions.
MACTRA HELVACEA.
Le Mactra glauca figuré par Born est une coquille beaucoup plus inéquilatérale et plus allongée transversa- tement que tous les individus et toutes les figures que je connais de l’espèce de Chemnitz, et, par suite, je doute encore de l'identité des deux espèces. Lamarck et Sowerby (Index) n'admettent pas le nom de Born. La dénomina- tion donnée par Chemnitz est bien celle qu’indique M. Jef- freys, mais je crois qu'on peut, sans trop d’inconvénients, adopter le nom d’helvacea , et je me fonde sur ce que des conchyliologistes éminents ont été beaucoup plus loin en donnant comme noms spécifiques de Chemnitz le premier mot de plusieurs descriptions de cet auteur, exprimant un caractère de la coquille. Exemple : le Lufraria oblonga de Chemnitz, pour lequel cet auteur dit : «Mya oblonga, ovala, etc. »
TELLINA PYGMÆA.
Ne connaissant pas cette espèce, je l’ai laissée sous le nom donné par M. Mac-Andrew, et n'ai fait que citer l'opinion de M. Jeffreys sur son identité avec le Tellina
pusilla. G. FRAGILIA, Deshayes.
Ne possédant pas l'ouvrage de Schumacher, et voyant que M. Deshayes (qui le connaît) ne parle pas du genre
ENT" Je Gastrana dans son genre Fragilia, et que M. Herrmannsen le donne eomme distinct dans son Index, je l'ai laissé sous le nom le plus connu, celui de Fragilia.
Donax TRUNCULUS, Linné.
M. Jeffreys a raison sur ce point. J'ai cru trouver assez de différence entre sa description et celle de Dacosta du Donax viltatus, mais j'avais oublié involontairement quelques paroles « they are altogether wanting » de M. Jeffreys. Le Cuneus viltatus, Dacosta, est bien la même chose que le Donax vittatus, Jeffreys, mais je dois dire qu'il est établi sur une variété rare, et que sa synonymie est défectueuse. Je considère donc comme non avenu Île nom de D. atlantica. Le mot Donax est effectivement masculin, mais Linné a dit partout : Donax rugosa, den- ticulata, etc.
G. SynposmyA, Recluz.
On peut distinguer ce genre des Scrobicularia par les différences de la charnière, de l’animal, etc. Je persiste donc à l’admettre avec MM. Deshayes, Fischer, Sowerby et beaucoup d’autres auteurs.
G. TAPES.
Le mot est effectivement masculin, comme le dit M. Jeffreys, mais les auteurs ont cru devoir jusqu'ici em- ployer la désinence féminine, et je ne suis pas le premier coupable.
L'espèce nommée par Payraudeaa Venus Beudanti n’est pas une variété du Tapes virgineus, comme le sup- pose M. Jeffreys. C’est une coquille qui en est bien dis- tincte, et qui, très-probablement, constitue une des nom- breuses variétés du Tapes floridus. Payraudeau dit (Mol.
EP Corse, p. 55): « .….. ornée de stries longitudinales (au lieu de transverses) serrées, légèrement lamelleuses, et croisées par d’autres stries longitudinales plus fines et très-peu apparentes, » La figure donnée est très-bonne et se rapporte avec la description. Le Tapes virgineus est une coquille plus aplatie, plus solide, et qui a le bord dorsal postérieur plus long, ce qui fait paraître tronquée plus verticalement la coquille à cette extrémité. Elle ne présente pas de stries longitudinales à l'œil nu, et ses stries transverses sont plus grosses, généralement inter- rompues vers le milieu de la coquille, et notablement aplaties vers le côté postérieur, où elles constituent plutôt des sillons, comme on peut le voir sur les figures publiées par les auteurs, mais non sur la figure donnée par Pay- raudeau de son V. Beudantui.
TAPES PULLASTRA.
M. Jeffreys donne les Venus geographica, Chemnitz, et V. Tenorti, Costa, comme variétés locales du Tapes pul- lastra. Je ne puis être de son avis. Le Tapes pullastra est une coquille plus grande, plus large dans le sens vertical, avec les crochets plus renflés et l'extrémité postérieure itronquée plus verticalement. Je possède aussi actuelle- ment, dans ma collection, cinq exemplaires du Tapes pul- lastra pareils à ceux de l'Océan, et recueillis authen- tiquement à Algeciras (Méditerranée).
De même que pour cette espèce, M. Jeffreys considère comme identiques les Venus gallina et V. striatula, les Astarte sulcata et À. fusca, les Pecten Danicus et P. Du- mash, croyant que les différences qui existent entre ces espèces tiennent uniquement à leur habitat océanique ou méditerranéen, et attribuant, par conséquent, aux causes locales une influence que je crois exagérée.
SAVE | AOURES
Voici des faits qui prouvent que, si les causes locales exercent quelque influence, c’est à un degré beaucoup moindre que ne le suppose M. Jeffreys.
Dans l'Océan, on trouve, entre autres Mollusques, les Venus verrucosa, Solen vagina, Donax politus, Isocardia cor, Cardium aculeatum, etc., etc., espèces très-con- stantes dans leurs caractères, comme tout le monde sait. Or, ces mèmescoquilles seretrouvent dans la Méditerranée, avec la méme constance de caractères, et en ne différant à peu près en rien des exemplaires de l’Océan.
Dans l'Océan, on trouve le Cardium edule, le Mytilus edulis, les Pecten opercularis, varius, etc., etc., espèces très-variables de caractères dans la méme mer. Or, ces mêmes coquilles se retrouvent dans la Méditerranée, avec la méme variabilité et en ne différant à peu près en rien des exemplaires de l'Océan. Ces faits sont, pour ainsi dire, à l’état d'axiomes, et connus de tous ceux qui pos- sèdent des coquilles des deux mers. Eh bien! je deman- derai à M. Jeffreys où est l'influence de la localité dans ces faits.
Je crois que la variabilité des espèces dépend d’autres causes, et, quand je possède deux coquilles voisines, l’une de l'Océan, l’autre de la Méditerranée, 7e les considère comme distinctes, si la différence des caractères est plus considérable que les modificalions légères produites par la localité dans les caractères d’un grand nombre d’autres espèces communes aux deux mers. Ainsi, les Venus geo- graphica, Astarte fusca, Venus strialula et Pecten Du- masù sont, pour moi, des espèces distinctes.
L'espèce nommée par Lamarck Venus bicolor est une variété du Tapes floridus. La coloration indiquée par La- marck se retrouve aussi dans les Venus geographuca, au- rea, etc. La disposition des stries se retrouve également
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dans d’autres Tapes. Il ne reste donc plus que la forme et la localité données par Lamarck qui puissent être de quelque utilité.
Lamarck dit du V. geographica, « testa ovato-oblonga, Méditerranée ; » du V. pullastra, « testa oblongo-ovata, Océan : » du V. florida, « lesla ovata, Méditerranée ; » et du W. bicolor, « testa ovata…, Méditerranée. » Je crois, par conséquent, plus naturel de considérer le Venus bicolor comme une variété du Venus florida, à cause de leur identité de forme et de localité, que de réunir, comme le veut M. Jeffreys, ce même V. bicolor au V. pul- lastra, dont la forme et la localité sont différentes.
PINNA PECTINATA, Linné.
Je persiste dans l'opinion émise dans mon catalogue sur le Pinna rudis de M. Jeffreys, que je ne considère pas comme étant l'espèce de Linné.
Linné dit de son Pinna rudis : « testa sulcata, squa- « mis fornicatis per series digestis.. Testa rudior, cornei « coloris, longitudinaliter grosse sulcala seu rugosa, 5 ad « 8 sulcis, nec alba, tenuissimis, numerosissimisque « striis P. nobilis, » dans les éditions 10 et 12 du Syst. naturæ et « ferruginea.… basi nudaalbidior, versus summi- « tatem adspersa squamis oblusis, canaliculatis, patulis, « ordine sextuplici….. » dans le Museum Ludov. Ulrice.
La figure donnée par M. Jeffreys a 15 stries (pour Linné, parce qu’elles sont d’une grosseur égale à celles du Pinna nobilis, et que le naturaliste suédois dit de cette espèce striata, et non sulcala, comme pour le Pinna rudis). Linné indique de 5 à 8 gros sillons. La figure de M. Jeffreys n’a pas de squames, et si le Pinna pectinata en possède, comme on peut le voir dans le Conchologia tconica de
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Reeve, et dans l’Index de Sowerby , elles ne sont pas ob- Lusis, canaliculatis, patulis, commeleditLinné.M.Jeffreys, pour considérer le Pinna pechnala des mers d'Europe comme étant le Pinna rudis, Linné, est donc obligé de s'appuyer sur la figure de Ginnani, introduite seulement dans l'édition 12, et qui ne se rapporte pas à la description (seulement d'accord avec la figure d’Argenville), et sur le caractère « cornet coloris, » qui est douteux, car l’auteur suédois dit plus tard, de la même espèce, « ferruginea, » dans le Museum Ludov. Ulricæ. On peut consulter aussi, sur ce point, l'opinion de M. Hanley dans son ouvrage in- titulé : Zpsa Linnæi Conchylia (pages 148 et 149).
Je suis porté à croire, comme M. Jeffreys, que les Cor- bula rosea, Thracia villosiuscula, Pandora obtusa, Mac- tra elliphica, Kellia lactea et Nucula radiata, sont de simples variétés d’autres espèces, mais je les ai laissées encore figurer dans mon catalogue, n'ayant pas encore pu acquérir la certitude matérielle de ces faits, soit parce que je ne possède pas quelques-unes de ces coquilles, soit parce que je n'ai pu, jusqu'ici, consulter les ouvrages originaux qui parlent des autres, etc. Quant aux Venus sfrialula et Astarle fusca, je renvoie plus haut à la note sur le Tapes pullastra.
Le Mytilus rugosus étant postérieur au Mya arctica, dans l’ouvrage de Linné, on doit dire Saxicava arctica et non Saxicava rugosa, comme le veut M. Jeffreys. Le Mya arctica n'est pas le jeune âge du Mytilus rugosus, car Linné dit du premier, « magniludine fabæ, » et du second e vi minimr diqiti, ullimi articuli magnitudine, » ce qui constitue des dimensions à peu près égales. Le Mytilus rugosus est, par conséquent, une variélé du Mya arctica, Linné.
Je ne doute point, d'ailleurs, que mon catalogue, étant
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à la fois le premier qui ait, été publié sur les Mollusques marins d'Espagne et mon premier travail, ne renferme certaines imperfections résultant du manque de quelques ouvrages et de quelques espèces, et surtout de mon peu d'expérience. Je suis donc très-obligé à M. Jeffreys
d'avoir bien voulu me consacrer quelques-unes de ses sa- vantes observations. J. G. H,
Note sur les espèces du genre Fusws qui ha- bitent les eôtes océnmiques de la France,
PAR P. FiIScHER.
Tous les Fuseaux signalés jusqu’à présent, sur nos ri- vages océaniques, appartiennent au groupe désigné sous le nom de Chrysodomus, par Swainson et les auteurs sub- séquents. Ils représentent, dans notre faune tempérée, la population conchyliologiquedes mers froides, où le nombre de leurs espèces devient considérable. A l'exception d’un seul (F. contrürius) dont le centre d'habitat paraît être la côte occidentale de la péninsule ibérique, ils viennent s’éteindre graduellement en suivant une ligne dirigée du nord au sud, et aucun ne dépasse, au sud, les limites du golfe de Gascogne. Enfin, ils paraissent rares sur nos côtes qui ne nourrissent que leurs colonies extrêmes.
4. Fusus aAnTiquus, Linné.
Hab. Boulogne (Bouchard-Chantereaux), Belle-lle, le
Croisice, Hoëdic (Cailliaud), côtes de la Charente-Inférieure (Aucapitaine), de la Gironde.
Obs. Les exemplaires, vus par M. Aucapitaine, ont été dragués avec l'animal ; nous n'avons trouvé sur les côtes de la Gironde que des coquilles privées de leur mollusque.
2. Fusus coNTRARIUS, Linné.
Hab. Côtes de la Charente-Inférieure et de la Gironde.
Obs. Un grand nombre d'exemplaires de cette coquille ont été ramassés sur nos côtes, mais nous ne l’avons pas eue vivante; cependant la plupart des espèces avec lesquelles on la trouve ont été pêchées avec l'animal.
Le Fusus contrarius n’est pas, comme on l’a avancé, une variété ou une monstruosité sénestre du Fusus anti- quus. Sur les côtes du Portugal on ne trouve que le F. contrarius, et sur les côtes d'Angleterre que le F. anti- quus, et l’un est aussi commun que l’autre. Les deux formes se succèdent du nord au sud et se rencontrent à peine à leurs limites d'extension géographique.
5. Fusus BERNICIENSIS, King.
Hab. Un exemplaire assez frais, mais privé de l'animal, a été ramassé sur le littoral de la Gironde, à peu de dis- tance de l'embouchure du bassin d'Arcachon.
Obs. Le seul spécimen connu de nos côtes est conservé dans le musée d'Arcachon ; son identité spécifique avec le F. Berniciensis n’est pas discutable.
Cette espèce est boréale ; on ne l’a recueillie, en Angle- terre, que sur les côtes du Yorkshire et du Northumber- land ; elle habite la Norwége et les Shetland. Sa présence sur les côtes de France est donc inattendue, mais elle n’est pas plus étonnante que celle des coquilles suivantes.
4. Fusus craciz1s, Da Costa.
Hab. Boulogne ? (Bouchard-Chantereaux) , Belle-Ile, Hoëdic, le Four (Cailliaud), côtes du Morbihan (Taslé), de la Gironde.
Obs. Ce Fuseau vit certainement sur nos côtes ; j'en ai vu récemment un exemplaire très-frais recueilli par M. Taslé. Les auteurs français l’ont toujours confondu avec le Fusus Eslandicus, Chemnitz.
D. Fusus JEFFREYSIANUS, Fischer.
Testa elongato-fusiformis, sub epidermide brunnco- lutescente decidua, alba, solida; anfractus subglobosi 9, priores obtusi, lævigati, sequentes iransversim sulcat, ultimus liris transversis, inæqualibus, alternantibus et siriis minutissimis, radiantibus,subdecussatus, dimidium testæ longitudine superans ; sutura profunda, subcanali- culata; cauda curvata, valide costulata.— Long., 58 mill.; apert. 32 mill. long., 24 mall. lat.
Hab. Côtes de la Loire-Inférieure (Cailliaud), de la Charente-Inférieure, de la Gironde, des Basses-Pyrénées.
Obs. Coquille très-commune sur les rivages du sud- ouest de la France, mais rare à l’état frais. Le musée d'Arcachon en possède deux exemplaires dragués vivants.
Le Fusus Jeffreysianus à été considéré, par M. Cailliaud et par moi-même, comme identique avec le Fusus propin- quus. Il en diffère par sa taille beaucoup plus grande, ses tours plus arrondis, plus globuieux, sa suture profonde, subcanaliculée, son dernier tour plus long, son test plus solide, etc. On le distinguera du Fusus gracilis à sa co- quille plus courte et ventrue, à sa spire non mamelonnée. (British Conch., vol. IV, p. 540.)
13e ae
M. Jeffreys avait rapporté notre espèce au Fusus bucci- nalus, Lamarck, mais celte coquille, d’après Kiéner (g. Fuseau, p. 46, pl. vu, fig. 2), qui a eu à sa dispo- sition les types de Lamarck dans la collection du muséum et la galerie Delessert, habite le Sénégal et paraît être le Rafel d'Adanson (Sén., pl. 1v, fig. 2). J'ai examiné le Fu- sus buccinatus dans la collection de M. Petit de la Saus- saye, qui pense, comme moi, que le Fuseau des côtes de la France doit porter un nom distinct, et je suis heureux de lui attribuer celui du savant auteur du « British Concho- logy. »
G. Fusus PRorINQUUS, Alder.
Hab. Côtes du Morbihan (Taslé).
Obs. Je ne connais, jusqu’à présent, qu’un seul exem- plaire authentique de cette espèce intéressante ; c’est celui de M. Taslé.
Le Fusus propinquus est très-mal figuré dans les ou- vrages de Forbes et Hanley et de Sowerby. Reeve (Conch. icon., pl. xx, fig. 82) en a donné une excellente figure, sans description et sans nom spécifique. P.F.
Observations préliminaires sur une ecommunica- tion de M. Arthur Adams,
PAR H. CROSSE.
On sait combien la faune malacologique du Japon est peu connue jusqu'ici des naturalistes, surtout en ce qui
Re (1 RES
concerne les petites espèces. C’est donc avec empresse- ment que nous avons saisi l’occasion qui s’offrait à nous, grâce à une bienveillante communication de M. Arthur Adams, d'appeler l'attention de nos lecteurs sur quelques- unes des formes curieuses que ce savant distingué a rap- portées de ses voyages dans l'extrème Orient et qui n’ont pas encore été figurées.
M. A. Adamsest, à notreconnaissance, le seulnaturaliste qui ait pu opérer, d’une façon suivie, des draguages sur le littoral des iles du Japon. Grâce à son zèle pour la science, favorisé par d’heureuses circonstances, il a re- cueilli ainsi des matériaux fort intéressants et rendu à la Malacologie des services dont on ne saurait trop le louer.
Ce n’est point ici le moment de discuter les importants travaux qu'il a publiés, soit seul, soit en collaboration avec M. Henry Adams, son frère, ou avec M, Lovell Reeve. S'il se trouve, parmi eux, quelques points au sujet des- quels nous ne sommes pas complétement d'accord avec lui, si, par exemple, nous ne partageons pas tout à fait ses idées sur la nécessité de la multiplication des genres et sur l'utilité des coupes subgénériques, nous lui rendons pleine justice sous d’autres rapports, et nous reconnais- sons volontiers que, depuis longtemps, aucun naturaliste voyageur de son pays n’a donné de renseignements aussi nombreux et aussi précieux sur l’organisation, la struc- ture et les conditions d’existence des Mollusques marins de l’extrème Orient.
Nous ajouterons qu'un grand nombre des genres créés récemment par M. A. Adams, pour les coquilles qu'il a recueillies dans les mers de Chine et du Japon, nous pa- rait pouvoir rentrer difficilement dans les coupes géné- riques antérieurement connues, ce qui démontre qu'ils sont basés sur des caractères sérieux, parfaitement ac-
MR DENTS
ceptables pour les naturalistes. [1 ne manquait à ces formes curieuses, pour être mises en lumière, que d’être repré- sentées par des figures suffisamment exactes. C'est cette lacune, regrettable pour la science, que nous nous sommes efforcé de combler, sinon pour toutes, ce que le cadre nécessairement restreint de notre Recueil ne nous eût pas permis, au moins pour quelques-unes des plus intéres- santes. Nous remercions sincèrement M. Arthur Adams d’avoir bien voulu nous donner le moyen de le faire. H. C.
Note sur quelques nouveaux genres de Mïel-
lusques du napon ,
PAR M. ARTHUR Apams (1).
I. G. SAREPTA.
Genus Sarepta, À. Adams, in Ann. a. Mag. of nat. Hist., 1860.
Coquille transversalementovale, équivalve, équilatérale, non pacrée intérieurement. Charnière munie d’un certain nombre de dents aiguës disposées en série à peu près droite. Ligament interne placé dans une fossette cen- trale. Impressions musculaires distantes. Impression pal- léale entière (2).
(4) Traduit de l’anglais et annoté par H. Crosse. {2} Nous donnons en français les diagnoses latines en même temps que le texte anglais. H. C.
LÉ
PU Lee
Ce genre se rapproche des Nucula par sa ligne pal- léale simple et son ligament interne, et des Hfalletia par son test non nacré à l’intérieur, ainsi que par sa forme générale et ses autres caractères. Il appartient à une sous- famille distincte, intermédiaire entre les Nuculinæ et les Malletine.
4. Sarepta speciosa (pl. IV, fig. 1).
Sarepta speciosa, À. Adams, in Ann. a. Mag. of nat. Hist., 1860, et tirage à part, p. à.
Coquille ovale, blanche, couverte d’un épiderme mince, légèrement striée concentriquement, assez comprimée, faiblement bâillante à son côté postérieur, non nacrée in- térieurement (1).
Hab. À 16 milles de Mino-Sima, détroits de Corée, par 65 brasses de profondeur (coll. À. Adams et Crosse).
IT. G. CYRILLA.
Genus Huxleyia, À. Adams, in Ann. «a. Mag. of nat. Hist., 1860 (nec Bowerbank). V: h, 0%: ?
Genus Cyrilla, A. Adams, in Ann. a. Mag. of nat. Hist. (1862. p.295 VV: 1800. p:%
Coquille équivalve, transversalement oblongue, oblique, très-inéquilatérale, fermée, non nacrée intérieurement, couverte d’un épiderme mince, concentriquement sillon- née sur Ja surface des valves. Charnière munie de 6 dents aiguës, divergentes (formant crète), inclinées en arrière et se terminant par une lamelle recourbée. Ligament interne
(4) L'auteur anglais n’a donné les dimensions d’aucune des espèces nouvelles qu’il a décrites : on trouvera, sur la planche, les proportions exactes, indiquées par un trait, des individus représentés, qui sont tous fortement grossis. BH. C:
— MLD
placé dans une fossette, sous le crochet. Impressions mus- culaires distantes. Ligne palléale simple.
C’est peut-être avec les Limopsis que ce genre a le plus d’affinités : il ressemble aussi aux Sarepta, sous quelques rapports, mais il diffère grandement de ces deux genres. Je l'avais nommé d’abord, d’après le professeur Huxley, qui s’est beaucoup occupé de l’organisation des formes in- férieures de Mollusques, mais j'ai dû changer ce nom en apprenant, plus tard, que M. Bowerbank l'avait déjà em- ployé précédemment pour un Spongiaire. Il semblerait plutôt devoir appartenir à la famille des Arcidæ qu’à celle des Nuculidæ, l’intérieur des valves n’étant pas nacré.
4. Cyrilla sulcata (pl. IV, fig. 2).
Huxleyia suleata, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., 1860, et tirage à part, p. 5.
Coquille très-courte en avant, très-allongée en arrière, concentriquement sillonnée sur la surface des valves (les sillons étant profonds et distants), non nacrée intérieure- ment. Crochets petits, simples; bord ventral entier.
Hab. À 16 milles de Mino-Sima, détroits de Corée, par 65 brasses de profondeur (coll. A. Adams et Crosse).
2. Cyrilla decussata.
Cyrilla decussata, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., avril 4862, et tirage à part, p. 1.
Coquille oblongue, oblique, faiblement inéquilatérale, blanche, solide, décussée par des petites côtes rayon- nantes et des linéoles concentriques serrées. Dents posté- rieures de la charnière ne se terminant pas en lamelles.
Hab. Iles Gotto, par 48 brasses de profondeur (coll. A. Adams).
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III. G. ALcyna.
Genus Alcyna, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., 1860.
Coquille ovale-acuminée, imperforée, courte de spire, conique, aiguë. Tours lisses et plans. Ouverture ovale : bord interne muni d’une callosité épaisse, se prolongeant à l'intérieur et se terminant par une dent aiguë; bord externe tranchant et lisse intérieurement.
Ce petit genre se rapproche beaucoup des Elenchus, mais sa forme est très-différente. Le bord externe n’est ni rayé ni sillonné intérieurement, dans le nouveau genre, et la majeure partie de la longueur du bord interne est occupée par un dépôt calleux tout particulier, se termi- nant par une dent très-remarquable (4).
4. Alcyna ocellata (pl. IV, fig. 8).
Alcyna ocellata, A. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., 1860, et tirage à part, p. 8.
Coquille lisse, imperforée. Tours légèrement convexes, d'une coloration carnéolée un peu rougeâtre ; dernier tour orné d’une ceinture de taches ocellées. Callosité pariétale se terminant par une dent fortement prononcée, saillante et aiguë.
Hab. Mer du Japon, au large de Tabu-Sima, par 25 brasses de profondeur (coll. A. Adams et Crosse),
(4) Nous trouvons que les coquilles de ce joli genre, dont l’o- pereule parait inconnu à l’auteur anglais, ressembient beaucoup extérieurement aux Phasianella par la forme générale 6t même l’ornementation : elles ne paraissent en différer que par la pré- sence de la forte dent columellaire qui manque dans l’autre genre. H. CROSSE.
A 2. Alcyna lepida.
Alcyna lepida, A. Adams, in Ann. a. Mag.nat. Hist., 1860, et tirage à part, p. 8.
Coquille lisse, brillante, imperforée, d’un brun rou- geâtre pâle, ornée circulairement de linéoles transverses noirâtres ; sommet noirâtre. Tours de spire au nombre de cinq et assez plans. Callosité pariétale se terminant Bi une dent petite et aiguë.
Hab. Mer du Japon, au large de Tabu-Sima, par 25 brasses de profondeur (coll. A. Adams).
IV. G. locæa.
Genus lole, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., 1860 (olim).
Coquille ombiliquée, de forme turriculée et subulée. Tours légèrement convexes, marqués transversalement de sillons assez distants l’un de l’autre, et ornés de fines stries longitudinales dans les interstices. Ouverture oblongue, acuminée postérieurement, entière en avant, arrondie; bord libre simple et tranchant.
Ce genre est établi sur une coquille d’eau profonde, qui ressemble assez à un Odostomia ombiliqué, allongé , sil- lonné, et qui n’aurait ni dent, ni pli sur le bord interne. Je ne vois pas à quel genre je puis rapporter cette coquille, et conséquemment je crois devoir l’élever au rang géné- rique. L'usage de faire rentrer une forme douteuse dans un genre connu me semble de nature à retarder les pro- grès de la science, en créant des difficultés et en jetant la confusion dans l'esprit des naturalistes. Pour ces derniers, selon moi, le nombre des genres n’est pas plus important que celui des espèces, pourvu que chacun représente un
Last} PR soute
type de forme particulier. La place naturelle des Zolæa est peut-être entre les Monoptygma et les Aenestho.
4. Lolæa scitula (pl. IV, fig. 5).
Zole scitula, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., 1860, et tirage à part, p. 2.
Coquille turriculée, subulée, profondément ombiliquée, blanche, assez solide. Tours de spire au nombre de six, légèrement convexes, marqués de sillons transverses sub- distants, dont les interslices sont finement striés dans le sens longitudinal. Ouverture oblongue, arrondie en avant, acuminée en arrière. Bord interne simple, bord externe tranchant.
Hab. Détroits de Corée, par 63 brasses de profondeur (coll. A. Adams et Crosse).
V. G. CONSTANTIA.
Genus Constantia, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., 1860, et in Ann. a. Mag. nat. Hist., 1861.
Coquille mince, ovale ou turbinée, imperforée ou non. Tours décussés ou réticulés. Ouverture oblongue. Péri- stome simple, tranchant.
Je considère ce genre comme appartenant à la famille des Scalidæ, bien que les tours ne soient pas séparés et ne portent pas de côtes : l'ouverture, d’ailleurs, est oblongue, et la contexture de la coquille très-fine.
4. Constanlia elegans (pl. IV, fig. 4).
Constantia elegans, À. Adams, in Ann. a. Mag. nal. Hist., 1860, et tirage à part, p. 2.
Coquille pourvue d’une fente ombilicale, mince, ovale- acuminée, d'un brun päle. Tours au nombre de six, les
2 Ete
trois premiers lisses, les autres décussés par de faibles plis longitudinaux et de petites stries transverses. Ouverture oblongue, à péritrème continu, à bord libre, tranchant.
Hab. Détroits de Corée, Mino-Sima, par 65 brasses de profondeur (coll. A. Adams et Crosse).
2, Constanha tantilla.
Constanha tantilla, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., 1861, et tirage à part, p. 40.
Coquille petite, mince, semi-pellucide, imperforée , blanchâtre. Tours au nombre de 4 1/2, convexes, dé- cussés par des plis longitudinaux minces et distants, cou- pés par des stries transverses. Région ombilicale marquée. Ouverture subcirculaire ; bord interne à peine épaissi, bord externe simple.
Hab. Tabu-Sima, par 25 brasses de profondeur (coll. A. Adams).
Petite espèce mince, à tours plissés, croisés par des stries transverses, élevées et régulières.
VI. G. FENELLA.
Genus Finella, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., novembre 1860 (errore typ.). — Fenella, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., janvier 1864.
Animal à tête proboscidiforme. Rostre allongé, cylin- drique, annelé. Tentacules filiformes, distants. Yeux ses- siles, petits, placés aux côtés de la tête, derrière la base des tentacules. Pied allongé, étroit, tronqué en avant, acu- miné en arrière.
Opercule corné, subspiral.
Coquille turriculée, subulée ou pupoide, imperforée.
UT Tours décussés ou cancellés. Ouverture ovale, entière en avant. Péritrème interrompu : bord simple, tranchant, non réfléchi, épaissi ou variqueux.
Le genre le plus voisin des Fenella est le G. Alvania de Risso. Les G. Bitium, Leach, et Cerithiopsis, Forbes et Hanley, ressemblent aussi aux Fenella par la forme turri- culée de leur coquille; mais, dans ces deux groupes, l’ou- verture est émarginée en avant. Le genre est dédié à une des héroïnes de Sir Walter Scott (voir Péveril du Pic). La comparaison que j'ai faite des coquilles antérieurement décrites par moi comme Dunkeria et du Fenella pupoides m'a convaincu que loules ces coquilles appartenaient au même groupe de la famille des Rissoideæ.
4. Fenella pupoides (pl. IV, fig. 5).
Fenella pupoides, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., novembre 4860, et tirage à part, p. 6.
Fenella pupoides, À. Adams, in Ann. a. Mag. nat. Hist., janvier 4864, et tirage à part, p. 2.
Coquille mince, pupoide, imperforée, d'un brun pâle, avec une fascie transverse d’un brun rougeâtre sur le milieu des tours et deux sur le dernier. Tours au nombre
e 7 1/2, convexes, rayés transversalement : premiers tours plissés longitudinalement subanguleux à leur partie mé- diane; dernier simple. Ouverture ovale; bord externe tranchant, droit.
Hab. Tsu-Sima, par 26 brasses; détroit de Corée, par 46 brasses de profondeur ; Takano-Sima; Yobuko; Seto- Uchi (coll. A. Adams et Crosse).
2. Fenella asperulata.
Dunkeria asperulata, À. Adams, L, c., 1860.
sp oue
Fenella asperulata, À. Adams, [. c., janvier 1864.
Coquille turriculée, blanchâtre, imperforée. Tours au nombre de 7 1/2, convexes, munis chacun de 5 cingula- tions transverses saillantes, coupées par de petites côtes longitudinales, portant une saillie pointue à leur ren- contre avec les cingulations : dernier tour avec 4 cingu- lations principales, et d’autres plus petites à la base. Ouverture ovale : bord interne simple, bord externe for- tement crénelé.
Hab. Détroit de Corée, au large de Mino-Sima, par 65 brasses de profondeur; îles Gotto, par 48 brasses de fond (coll. À. Adams et Crosse).
3. Fenella pulchella.
Dunderia pulchella, À. Adams, L. c., 1860. Fenella pulchella, À. Adams, [. c., janvier 1864.
Coquille turriculée, imperforée, d’un blanc sale. Tours au nombre de 7 1/2, convexes, cancellés, munis de 4 faibles cingulations transverses et de raies longitudinales nom- breuses, lamelleuses, crénelées à leur point de rencontre avec les cingulations : dernier tour comptant 5 cingula- tions. Ouverture ovale : bord interne simple, bord externe crénelé.
Hab. Au large de Mino-Sima, par 63 brasses de fond ; îles Gotto, par 48 brasses de fond (coll. A. Adams et Crosse).
4. Fenella fusca.
Dunkeria fusca, À. Adams, {. e.. 1860. Fenella fusca, — l. c., janvier 1864.
Coquille imperforée, turriculée, brune ou d’un brun rougedtre. Tours au nombre de 8 1/2, renflés, portant
ALU: NE
chacun environ 5 raies spirales (et plus sur le dernier tour) croisées par de petites côtes longitudinales. Ouverture ovale : bord interne arqué, bord externe crénelé.
Hab. Tabu-Sima, mer du Japon, par 25 brasses de
profondeur; mer d’'Okhotsk; Rifunsiri; Mososeki (coll. À. Adams et Crosse).
5. Fenella ferruginea.
Dunkeria ferruginea, À. Adams, l. c., novembre 1860. Fenella ferruginea, — L.c., janvier 1864.
Coquille très-petite, pyramidato-turriculée, imperforée, d’une coloration ferrugineuse. Tours au nombre de 5 1/2, convexes, rétrécis près des sutures, ornés chacun de 2 raies transverses, noduleuses (3 sur le dernier tour), croisées par de fortes costulations longitudinales. Ou- verture ovalo-quadrangulaire, acuminée en avant.
Hab. Sado, par 50 brasses et par 48 brasses de fond (coll. À. Adams et Crosse).
G. Fenella scabra.
Dunkeria scabra, À. Adams, L. c., novembre 1860. Fenella scabra, — |.c., janvier 1864.
Coquille subulée, turriculée, imperforée, d’un brun pâle. Tours au nombre de 8 1/2, convexes, ornés de côtes longitudinales noduleuses, croisées par 3 raies trans- verses, saillantes (et par 7 environ sur le dernier tour).
Ouverture ovale : bord interne coloré de rouge antérieu- rement.
Hab. Tsu-Sima, par 46 brasses de fond ; Kino-0-Sima ; Bingo-Nadam (coll. A. Adams et Crosse).
MERE
7. Fenella reticulata.
Dunkeria reticulata, À. Adams, /. c., novembre 1860. Fenella reticulata, — Lc.,janvier 1864.
Coquille subulée, turriculée, imperforée, d'un brun cendré. Tours au nombre de 8 1/2, ornés de petites côles longitu:linales, que viennent croiser de fines raies trans- verses : trois de ces raies deviennent noduleuses près des côles. Sur le dernier tour, les raies sont nombreuses. Ou- verture ovale, acuminée en avant; bord interne à peu près droit.
Hab. Awa-Sima, à marée basse, dans le sable coquillier (coll. A. Adams et Crosse).
S. Fenella craticulata.
Dunkeria craticulala, A. Adams, l. c., janvier 1861. Fenella craticulata, — L.c., janvier 14864.
Coquille allongée, turriculée, d’un brun pâle. Tours ar- rondis, ornés de nombreuses petites côtes longitudinales, que croisent élégamment des raies spirales bien marquées et saillantes : interstices formés par leur intersection profonds et quadrangulaires : côtes du dernier tour se ter- minant brusquement à la périphérie. Base marquée de petites raies concentriques. Ouverture ovale : bord interne arqué.
Hab. Mino-Sima, par 63 brasses de fond; îles Gotto, par 48 brasses (coll. A. Adams).
9. Fenella rufocincta.
Dunkeria rufocincta, A. Adams, L. c., septembre 1861. Fenella rufocincta, — Î.c., janvier 1864.
Coquille turriculée, légèrement renfée à la partie mé-
a —
diane, d’un brun pàle, ornée d’un cercle roux dans le voisinage des sutures. Tours de spire au nombre de 9, plissés longitudinalement, fortement marqués transversale- ment de raies qui deviennent noduleuses près des plis : plis et raies sont d’ailleurs réguliers et équidistants. Base convexe, ornée d’un cercle roux. Ouverture ovale : bord interne simple, arqué; bord externe tranchant.
Les plis longitudinaux et les raies transverses qui les croisent régulièrement connent à le coquille un aspect réticulé. La bande rousse des sutures est quelquefois peu marquée 6u mème absente, et le sommet présente souvent une coloration d’un brun foncé.
Hab. Shan-tung et Lian-tung, dans kes zones pro- fondes ; Mososeki; Takano-Sima; Tanabe (coll. A. Adams et Crosse).
10. Fenella candida.
Dunkeria candida, À. Adams, L. c., septembre 1861.
Coquille munie d’une faible fente ombilicale, turri- culée, légèrement renflée à la partie médiane, mince, blanche, opaque, marquée de plis longitudinaux que croisent des raies transverses saillantes. Tours au nombre de S et convexes. Sutures profondes. Ouverture ovale, légèrement prolongée eu avant : bord interne simple; bord externe assez droit à sa partie médiane et tranchant.
Hab. Lo-shan-kow; Shan-tung, dans le sable coquillier (coll. A. Adams). Cette espèce est très-semblable de forme à la précédente, mais elle est d’un blanc pur et son sys- tème de sculpture est plus fin et plus régulier (1).
(1) Bien que M. Adams omette celle dernière espèce dans son catalogue du genre, nous avons eru devoir l'ajouter, à cause de la grande ressemblance avec le F. rufocincta que l'auteur anglais lui reconnaît. H. CROSSE.
ce Na
VIT. G. SCALIOLA.
Genus Scaliola, À. Adams, L. c., in Ann. a. Mag., 1860, vol. VI, p. 120. — Scaliola, À. Adams, 1. c., décembre 1862.
Animal à tête proboscidiforme. Rostre allongé, cylin- drique, annelé. Tentacules filiformes. Yeux proémi- nents, noirs, placés à la base externe des tentacules. Pied court, ovale, subacuminé en arrière.
Opercule corné, ovale, subspiral, à nucleus subter- minal.
Coquille turriculée, pourvue d’un ombilic ou d’une simple fente ombilicale. Tours de spire agglutinants, cou- verts de sable. Ouverture plus ou moins circulaire, à pé- ritrème continu; bord droit tranchant.
L'espèce de ce genre, dont j'ai eu occasion d'observer l'animal, est le S. bella, À. Adams. Elle se trouve en nombre considérable à Takano-Sima (petite île située près Tatiyama, sur la côte de Niphon), à une profondeur de 2 à 5 brasses; sur fond de sable. Le rostre est long, annelé, bifide à son extrémité et d’un jaune pâle. La tête est allongée et ornée, à sa partie supérieure, d’une ligne médiane foncée. Le pied est semi-transparent et porte une tache d’un blanc opaque sur le côté, près de l’oper- cule (4).
(1) Lecaractère conchyliologique le plus remarquable de ce genre curieux consiste dans la faculté d’agglutiner les corps étrangers, et particulièrement les grains de sable, d’une facon permanente. Les Scaliola possèdent à un haut degré cette faculté qui, si elle est fréquente chez les Acéphalés tubicoles, est fort rare chez les Gastéropodes marins. Parmi ces derniers, nous ne trouvons guère à leur comparer, sous ce rapport, que les Xenophoride.
H. CROSSE.
End: sus 1. Scahiola bella (pl. VI, fig. 6). Scaliola bella, À. Adams, L. c., 1861, et tirage à part,
p. 40. Scaliola bella, À. Adams, [. c., décembre 1862, et tirage à part, p. 6.
Coquille mince, turriculée, largement ombiliquée, blanche. Tours de spire convexes, couverts de grains de sable agglutinés. Sutures canaliculées, dernier tour déta- ché. Ouverture circulaire : péritrème simple, tranchant.
Hab. Tabu-Sima, par 25 brasses de fond; Takano-Sima, par 2 brasses et demie de fond (coll. A. Adams et Crosse).
9. Scaliola arenosa.
Scaliola arenosa, À. Adams, L. c., décembre 1862.
Coquille turriculée, munie d’une fente ombilicale. Tours convexes, couverts de sable et à sutures profondes. Dernier tour contigu au péritrème. Ouverture presque circulaire.
Hab. O-Sima; Tanabe; Simoda (coll. A. Adams et Crosse).
5. Scaliola glareosa. Scaliola glareosa, À. Adams, !. c., décembre 1862.
Coquille grêle, turriculée, imperforée, blanche. Tours convexes, couverts de sable, à sutures marquées; dernier tour contigu au péritrème. Ouverture ovale.
Hab. Tsu-Sima, Takano-Sima (coll. A. Adams et Crosse). 4. Scaliola gracilis. Scaliola gracilis, À. Adams, [. c., décembre 1862.
Coquille turriculée, grèle, blanche, faiblement cou-
Len verte de sable. Tours convexes, presque nus, à sulures profondes; dernier tour à peine détaché. Ouverture sub- circulaire.
Hab. Iles Gotto, par 71 brasses de fond (coll. À. Adams). VIT. G. STENOTIS.
Genus Sfenotis, A. Adams, in Ann. a. Mag., mai 1865, et tirage à part, p. 6.
Coquille comprimée, de forme ovale-allongée, auri- forme. Spire courte, aiguë. Tours plans, simples, le der- nier disjoint. Ouverture oblongue, rétrécie en arrière. Péritrème tranchant, droit, continu, entier.
Ce petit genre rappelle quelques-uns des caractères des genres Fossar et Vanikoro (1). Sa forme rappelle assez celle d’un petit Nañhcina, mais il est possible que ses vraies affinités soient avec le genre Lacuna, bien que les espèces de ce dernier soient littorales dans leurs habitudes.
4. Stenotis laxala (pl. IV, fig. 7).
Stenotis laxata, À. Adams, {. c., mai 1865, et tirage à part, D 1
Coquille ovale-allongée, comprimée, mince, d’un blanc sale. Spire petite, tranchante. Tours au nombre de 5, assez plans, s’accroissant rapidement ; dernier tour grand, détaché, dilaté en avaut. Ouverture auriforme, rétrécie en arrière. Ombilic large et ouvert, à bord anguleux.
Hab. Idsuma-Nada, dans la mer intérieure du Japon, par 17 brasses de profondeur; Yobuko, petit port sur la côte ouest de Kiusu, par 14 brasses , sur fond de vase (coll. A. Adams et Crosse).
(1) Vanikoro est un nom générique barbare, non latinisé et inacceptable, auquel on doit préférer celui de Neritopsis, Grate- loup, antérieur et plus régulièrement formé. Fossar est barbare également : il faut dire Fossarus. H. CRosse.
D es ds
IX. G. CROSSEA.
Genus Crossea, À. Adams, in Ann. a. Mag. of nat. Hist., avril 1865, el tirage à part, p. 2.
Coquille turbinée, ombiliquée, blanche. Tours con- vexes, réticulés, simples ou munis de varices. Ouverture orbiculaire, prolongée en avant en forme d'angle canali- culé. Ombilic resserré et circonscrit par un dépôt calleux funiculiforme.
Ce genre, que j'ai dédié à lhabile et zélé directeur du Journal de Conchyliologie, comprend de jolies et singu- lières petites coquilles, dont les affinités les plus grandes se trouvent peut-être du côté des Cirsotrema, Mürch, coupe générique de la famille des Scalidæ. 11 rappelle aussi les Torinia, sous le rapport du dépôt calleux en forme de cordelette qui entoure l’ombilic : par Ja forme ct la sculpture de la coquille, il ressemble beaucoup à certaines espèces de Conradia. Un de ses caractères les plus remar- quables consiste dans la projection anguleuse et canalicu- lée qui existe à la partie antérieure de l'ouverture de la coquille.
4. Crossea miranda (pl. IV, fig. 9).
Crossea miranda, À. Adams, in Ann. a. Mag., avril 1865, et tirage à part, p. 2.
Coquille de forme turbinée-allongée, blanche. Tours convexes, rayés dans le sens de la spire, à interstices treil- lissés et pourvus de varices longitudinales (3 à h}, sail- lantes et éloignées les unes des autres. Ombilic occupé par un cordon saillant. Bord externe variqueux et comme den- telé (1).
(1) À première vue, celte coquille ressemble d’une façon frap-
HN"
Hab. Iles Gotto, par 64 brasses de fond (coll. À. Adams et Crosse).
2. Crossea bellula (pl. IV, fig. 10).
Crossea bellula, À. Adams, in Ann. a. Mag., avril 1865, et tirage à part, p. 5.
Coquille de forme turbinée-déprimée, blanche. Tours de spire rayés dans le sens de la spire, à interstices treil- lissés, dépourvus de varices. Ombilic circonscrit par un dépôt calleux funiculiforme. Bord externe simple, tran- chant (1).
Hab. [les Gotto, par 64 brasses de fond (coll. À. Adams et Crosse). À. A.
Sur un nouveau genre de Testaeé de la Méditer- ranée,
PAR N. TiBER1, D. M. (2).
Ayant trouvé, dans le nombre des coquilles de la mer de l'île de Sardaigne reçues, l'an dernier, des pècheurs de
pante à un embryon de Murex ; mais elle compte quatre et demi à cinq tours de spire, ce qui serait beaucoup pour une coquille embryonnaire : les varices ne commencent qu'à partir de la fin du second tour. H. CRossE. (4) Petite coquille très-curieuse par ses caractères, et qui ne eut passer non plus pour une forme embryonnaire. H. CROSSE. (2) Traduit de l'italien sur le manuscrit original et annoté par H. CROSSE.
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Torre del Greco, de retour de la pèche du corail, deux exemplaires d’une coquille qui m'était inconnue, et, frappé de ses caractères singuliers, j’envoyai l’un d’eux à M. Jeffreys, de Londres, en lui demandant son opinion sur la question de savoir à quel genre elle pouvait être rapportée, et en lui manifestant l'intention de donner son nom à l'espèce, de la nouveauté de laquelle j'étais certain. Il me répondit une première fois (16 février 4866) : « Votre « prétendu Trochus est une véritable trouvaille : je ne sais « à quel genre il appartient. » Plus lard, dans une autre lettre du 20 du même mois, dans laquelle il avait la bonté de me donner son opinion sur d’autres coquilles méditer- ranéennes, il m’écrivit ce qui suit, à propos de la même coquille : « Genus insignissimum et adhuc incognitum , ad familiam Vermetidarum forsan referendum. Gyriscus nomen esset idoneum. » Je me suis empressé de choisir, pour mon nouveau genre, le nom qui m'était suggéré par M. Jeffreys, et de nommer l'espèce Gyriscus Jeffreysia- nus (1), comme témoignage d’estime pour le savant auteur du Brihish Conchology.
Genre Gyriscus, Tiberi.
Gyriscus, Tiberi, in Journ. Conchyl., vol. XV, p. 505, 1867.
Coquille turbinée, conico-turriculée, ombiliquée, assez obtuse, à sommet enveloppé. Tours arrondis, cerclés trans-
(4) Nous employons l'adjectif Jeffreysianus, de préférence à Jeffreysanus, attendu que le nom latinisé de M. Jeffreys étant Jeffreysus, l'adjectif dérivé doit être formé, selon les règles, non d’après le nominatif, mais d’après le génitif Jeffreysi. C’est ainsi que l’on doit dire: Cuvierianus, Lamarckianus, elc., et non Cuvieranus, Lamarckanus, dénominations qui constitueraient de véritables cacophonies grammaticales. NT:
Le versalemeut. Ouverture subcirculaire, à bords tranchants, réunis par un dépôt calleux; bord columellaire réfléchi. Opercule corné, multispiré à sa surface externe, muni, à sa partie interne, d’une saillie centrale styliforme.
La forme générale de la coquille, qui est celle d’un cône élevé, avec des tours arrondis et distinctement sé- parés entre eux, la rapprochant en quelque sorte des genres Scalaria et Turritella, on pourrait être tenté de mettre le genre, conformément à l'opinion de M. Jeffreys, dans la famille des Vermetidæ, ou plutôt dans celle des Turritellidæ; mais la forme particulière de l'opercule, qui présente une protubérance styliforme très-saillante, et en mème temps une disposition en spire évidente, qui lui donne l'aspect conico-spiral propre à quelques espèces du genre Solarium, et particulièrement du groupe des Forvma de Gray, me porte à croire, au moins pour Île moment et jusqu’à ce que l'animal soit connu, que lon doit plutôt réunir le genre à la famille des Lutorinde.
Il y aurait encore une autre considération qui condui- rait à réunir notre genre à une autre famille, celle des Pyramidellidæ : c’est que, chez les genres appartenant à cette dernière famille, les deux premiers tours de la spire qui constituent le nucleus embryonnaire ont une direc- tion sénestre, différente de celle des autres tours. Ce ca- ractère a servi dernièrement de base à M. O. Semper pour rapporter à celte famille le Turritella quadricarinata, Brocchi, considéré comme type de son nouveau genre Mathilda. Dans le g. Gyriscus, ces deux mêmes premiers tours, qui constituent le sommet de la coquille, ne sont pas absolument sénestres, mais, tout en se déroulant à droite, ils prennent une direction qui n’est pas tout à fait celle des autres tours. Néanmoins, nous nous plaisons à le répéter, il nous semble que les caractères tirés de la forme
Nes.
de l’opercule doivent l'emporter et faire comprendre notre genre dans la famille des Zuttorinidæ (1).
1. Gyriscus JEFFREYSIANUS (pl. V, fig. À).
Gyriscus Jeffreysianus, Tiberi, in Jouwrn. Conchyl., vol. XV, p. 505, 1867.
Coquille turbinée, de forme conique élancée, médiocre- ment ombiliquée, d’une coloration jaunâtre tournant au fauve pâle. Apex légèrement oblus, lisse, à sommet tordu, subperforé, spiralement enveloppé. Tours au nombre de sept, convexes, séparés par une suture profonde, ornés de cingulations transverses serrées, alternant de grandeur (au nombre de 15 grandes et d'autant de petites sur le dernier tour, et de G sur l’avant-dernier), élégamment granuleuses, submoniliformes ; dernier tour arrondi, lé- cèrement renflé, un peu déprimé à la partie basale. Om- bilic médiocre, laissant à peu près voir les premiers tours, crénelé circulairement à la partie supérieure. Ouverture subcirculaire, évasée, luisante, mais non nacrée à l’inté- rieur : bords tranchants, réunis par un dépôt calleux pa- riétal; bord columellaire sinueux , réfléchi, cachant une partie de l’ombilic. — Le plus grand diamètre de la co- quille est de 9 millimètres, le plus petit de 8; la hauteur totale, de 10 1/2.
Opercule corné, présentant à la face externe un nucleus
(1) En ce qui nous concerne, l'opinion de M. Jeffreys, qui ten- drait à faire entrer le g. Gyriscus dans la famille des Z’ermetidæ ou des Turritellidæ, ne nous parait nullement fondée. La place de ce genre curieux nous semble devoir être à côté des Torinia et des Solarium, el non ailleurs ; la forme de l’opercule, l’ouver- ture non nacrée de la coquille, la nature de ses ornements, enfin son ombilie crénelé circulairement, tout se réunit pour le prou- ver surabondamment. H. Crosse,
GO central enfoncé, donnant naissance à une lamelle saillante, comme crénelée, etmultispirale; muni, sur le côté interne, d’une protubérance centrale styliforme et faiblement pau- cispiré ; limbe périphérique épaissi (coll. Tiberi).
Animal inconnu.
Hab. Sur les fonds coralligènes de la mer qui baigne les côtes méridionales de la Sardaigne, où cette curieuse es- pèce a été recueillie à une grande profondeur, en même temps que le corail.
La figure 1 représente la coquille vue de dos et de face, et légèrement grossie; la fig. 4 b, une portion du test for- tement grossie ; la fig. Ac, l'opercule vu de côté; la fig.14, l’opercule vu de face. NT
Des espèces du genre @dostomia observées , jusqu'ici, dans la Méditerranée ,
PAR N. TiBeri, D. M. (1).
On sait que le caractère essentiel du genre Odostomia (2) repose sur l'existence d’un pli columellaire. Les espèces
(14) Traduit de l'italien sur le manuscrit original, par H. CROsSE.
(2) Ce nom générique, proposé par Fleming, en 1824, est mal fait et barbare : c’est donc avec raison qu‘il fut corrigé et rem- placé par les vocables Odontostomia et Odontostoma (Jeffreys, 1839; Philippi, 1853), bien que ces noms n'aient pas été généra- lement adoptés. D'ailleurs, si l’on considère que, dans les espèces de ce genre, il n’existe pas de véritable dent columellaire , mais bien plutôt un pli qui se continue en spirale, le long de l’axe de
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présentant ce caractère et appartenant au genre sont, d’ailleurs, très-diverses de forme entre elles. Les unes res- semblent à des Turbonilla, Risso, ou Chemnilzia, d'Or- bigny; les autres se rapprochent, comme forme, du genre Rissoa, Fréminville. Je diviserai donc les espèces en Tur- bonilliformes et Rissoiformes.
A. TURBONILLIFORMES.
4. Odostomia (Turbonilla) Humboldti, Risso, Hist. T.., ' IV, p. 594, fig. 65 (typus), 1826. Tornatella clathrata, Phil., 1856, Moll. Sic., T, p.166 (apus). Chemnitzia Humboldti, var. subventricosa, Phil., 1844, Moll. Sic., IT, p. 137. Turbonilla Humboldti, var. brevis, Requien , 1848, Coq. Cors., p. 59. Var. elongata. Tornatella elongata, Philippi, 1857, in Leonhard et Bronn, Jahrbuch fur Mineral, etc., p. 292, fig. 4-5. (Foss. ex sp. mutil.) Chemnitzia Humboldti, var. gracilis, Philippi, 1844, Moll. Sic., IX, p. 157. Turbonilla Humboldh, var. elongata, Requien, Coq. Cors., p. 59.
Cette espèce, qui semble être entièrement méridionale et comme exclusive à la Méditerranée, se présente sous deux formes assez distinctes. La forme typique, qui con- stitue la variété subventricosa de Philippi, est légèrement
la coquille, on voit que le nom n’est pas complétement exact. Enfin, le vocable a déjà servi à désigner un groupe de Mollusques terrestres (Voir Pfeiffer, Mon. Helic., I, in Introd.), à ouverture véritablement dentée. NT
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renflée, ovale, ornée de cingulations et de côtes marquées et distantes, et sa suture est assez profonde pour pouvoir donner à la spire une apparence turriculée. Elle vit dans la Méditerranée (ubi? Risso) ; près Catane, en Sicile (Phi- lippi); dans la mer Egée (Forbes); près Ajaccio, en Corse (Requien) ; près Syracuse, en Sicile (G. Acton, de qui nous en avons reçu des exemplaires); Sestri di Levante, sur les côtes de Piémont (Jeffreys); enfin sur les côtes de Dal- matie, dans l’Adriatique (Brusina).
Sa variété, au moins soi-disant telle, est beaucoup plus allongée : ses tours sont presque plans, ornés de cingula- tions et de côtes plus fines et plus nombreuses, et leurs sutures, simplement marquées, ne donnent point à la spire l'aspect turriculé du type. Enfin le facres de la coquille est tel, que l’on pourrait, non saos raison, la considérer comme une espècedistincte, que nous proposerions de désigner sous le nom spécifique d'Odostonua dissimilis. Elle fut trouvée, pour la première fois, à l’état fossile, par Philippi, dans l’île d'Ischia, et décrite par lui sous le nom de Tornaltella elongata : plus tard, le même auteur paraît l'avoir re- cueillie vivante dans le golfe de Baïa, près Naples. Nous en avons recueilli nous-mème, également dans le golfe de Naples, un individu remarquable par sa taille (14 millim. de long sur 5 de large), et beaucoup plus grand que l'exem- plaire fossile de Philippi (à peine long de 6 millim. 4/2). Cette forme se trouve encore, à l'état vivant, sur les côtes de Corse (Requien), et sur celles de Dalmatie, dans l’Adria- tique (Brusina).
2. Odostomia tricincla, Jeffreys, Test. cost. Piem., fig. 12- 15. Var. bicincta.
Cette espèce, recueillie jusqu'ici dans la Méditerranée
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et dans le voisinage des îles Canaries, est très-rare dans le golfe de Naples, où elle ne présente, sur le dernier tour de spire, que deux fascies roussâtres au lieu de trois. Nous la possédions depuis longtemps, et nous l'avons placée parmi les espèces du genre Chemnitzaia, avec lesquelles elle a la plus grande affinité. Elle vit à Sestri di Levante, sur les côtes de Piémont (Jeffreys) ; près Nice {Vérany), et sur les côtes d'Algérie (WeinkaufF).
5. Odostomia (Turbo) indistincta, Montagu, Sow., Ind. Brit. shells, pl. xvi, fig. 11.
Espèce rare dans la Méditerranée. Elle a été trouvée dans des sables provenant de Magnisi, en Sicile (N. Ti- beri); dans le golfe de Naples (G. Acton) ; sur les côtes de Piémont (Jeffreys) ; enfin sur les côtes d’Algérie (Wein- kauff).
4. Odostomia (Turbo) interstincta, Montagu, Sow., Ind. Brit. shells, pl. xvu, fig. 26. Var. angustior (junior), Jeffreys. Rissoa striata, Phil. Moll. Sic., I, p. 154, t.X. fis.S, Rissoa suturalis, Phil. Moll. Sic., If, p.129.
L'espèce, à l’état adulte, est rare dans la Méditerranée. Je l’ai trouvée adulte dans le golfe de Naples et dans les sables de Magnisi, en Sicile, et les exemplaires en petit nombre que j'ai recueillis sont plus grands que ceux d’An- gleterre. On rencontre plus communément une variété plus petite et plus étroite, qui constitue peut-être l’état jeune, ainsi que le pense M. Jeffreys, qui l’a recueillie sur les côtes de Piémont. Philippi, et moi-même après lui, nous en avonstrouvé des exemplaires semblables à Magnisi (Sicile) : je n’ai pu apercevoir le pli columellaire,
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5. Odostomia (Chemnitzia) Terebellum, Philippi, Moll. Sic., IL, p. 138, t. XXIV, fig. 12.
Espèce recueillie vivante sur les côtes de Piémont par Jeffreys et bien avant lui, mais seulement à l'état fossile, par Philippi, dans le calcaire de Palerme. Possédant l'es- pèce fossile parfaitement conforme à la description de Phi- lippi, nous pensons que ce n’est autre chose qu’une variété de l'O. interstincta, qui est excessivement variable.
6. Odostomia (Rissoa) excavata, Philippi, Moll. Sic., A, p. 154, t. X, fig. G.
Espèce élégamment sculptée et rare dans la Méditerra- née : elle vit près Magnisi, en Sicile (Philippi et N.Tiberi) ; près Ajaccio, en Corse (Requien) ; sur les côtes de Piémont (Jeffreys) ; sur les côtes d'Algérie (Weinkauff); près Brin- disi, dans l’Adriatique (G. Acton); enfin sur les côtes de Dalmatie, également dans l’Adriatique (Sandri).
B. RISsSoiFoRMES.
7. Odostoma acula, Jeffreys, Sow., Ind. Brut. shells, pl. xvui, fig. 3, 4.
Cette espèce n’a été trouvée, jusqu’à présent, que sur les côtes de Piémont (Jeffreys).
8. Odostomia (Turbo) unidentata, Mont., Sow., Ind. Brit. shells, pl. xvir, fig. 1.
Eulima monodon, Requien ?
Vit dans la mer de Corse ? (Requien ?); sur les côtes de Piémont (Jeffreys), et sur les côtes d'Algérie (Weinkauff).
— 65 —
9. Odostomia (Turbo) conoidea, Brocchi, Conchiol. foss. subap., t. XVI, fig. 2.
Ovatellapolita, Bivona(pater), Nuo. gen. e nuo. spec. di Moll., t. I, fig. 7,t. I, fig. 14.
Rissoa polita, Scacchi. Catal., fig. 25.
C’est l’espèce la plus commune du genre, Elle se trouve près de Palerme, en Sicile (Antonino Bivona); près de Trapani (Aradas) ; dans les golfes de Naples et de Tarente (Scacchi et N. Tiberi); près le cap Bonifacio, en Corse (N. Tiberi) ; dans la mer Egée (Forbes) ; sur les côtes de Piémont (Jeffreys) ; sur les côtes d'Algérie (Weinkauff); enfin, sur les côtes de Dalmatie (Brusina).
10. Odostomia conspicua, Alder. Sow., nd. Br. sh., pl. xvir, fig. 9.
Se trouve dans le golfe de Naples, dans la mer de Corse et de Sardaigne (N. Tiberi), et dans le golfe de la Spezia (Jeffreys). Ce dernier auteur pense (in llteris) que l'on doit rapporter à cette espèce le Rissoa polita, Scacchi, qui, au contraire, appartient à l'espèce précédente, ainsi que l’admet Philippi (vol. If, p. 119).
11. Odostomia (Turbo) plicala, Montagu.
Var. dente inconspicuo, Jeffreys. Pissoa elongata, Philippi, t. X, fig. 16.
Se trouve près Magnisi, en Sicile (Philippi, N. Tiberi); dans la mer Egée (Forbes); près Ajaccio, en Corse (Requien); sur les côtes de Piémont (Jeffreys) ; enfin sur les côtes d’Al- gérie (Weinkauff). L'espèce de la Méditerranée, bien qu’elle soit d’ailleurs semblable à celle d'Angleterre, est dépourvue
5
AGE:
de pli colamellaire, et nous ne la rapportons au g. Odo- stomia que d’après la puissante autorité de M. Jeffreys (1).
12. Odostomia eulimoides, Hanley. Sow., Br.sh., pl.xvu, fig. 12, 15.
Vit sur les côtes de Piémont (Jeffreys), et ne paraît pas avoir été trouvée ailleurs jusqu'ici, dans la Méditerranée.
15. Odostonia rissoides, Hanley. Sow., Br. sh., pl. xvir, fig. 20.
Vit sur les côtes de Piémont (Jeffreys), et sur celles d'Algérie (Weinkauff).
14. Odostonua obliqua, Alder. Sow., Br. sh., pl. xvur, fig. 22.
Espèce recueillie jusqu'ici seulement sur les côtes de Piémont (Jeffreys).
45. Odostomia (Rissoa) Warrenii, Thompson. Sow., Br. sh., pl. XVI, fig. 28.
Rissoa Galvagni, Aradas ?
Cette espèce atteint, dans la Méditerranée, une taille plus grande que sur les côtes d'Angleterre, et, comme elle est dépourvue de pli columellaire, nous ne la rapportons au g. Odostonia qu'à l'exemple des conchyliologistes an- glais (2). Elle vit dans le golfe de Naples et dans celui de Tarente (N. Tiberi); près Catane, en Sicile? (Aradas?); près Trapani (G. de Stefanis); enfin sur les côtes de Pié- mont (Jeffreys).
(4) Si la forme méditerranéenne est bien réellement dépourvue de pli columellaire, ce n’est pas un Odostomia. H. Crosse. (2) Même observation que précédemment. H. CRossE.
a GR =
16. Odostomia neglecta, n. sp. (pl. V, fig. 5).
Cochleola ovato-oblonga, subiurrita, gracilis, subpellu- cida, alba, striis minutissimis confertis longitudinaliter transversimque notala; apex obtusiusculus; anfractus septem conveæi, duobus supremis revolutis, ultimo ven- tricoso spiram superante ; sutura distincta, submarginata; apertura obovata, superne angulata, basi subeffusa, 2/5 totius longitudinis subæquans; columella oblique unipli- cata, intorta; labrum simpleæ, acutum, subarcuatum. — Long. k, lat. À 1/2 mill. (coll. Tiberi).
Cette espèce, très-distincte de l'O. pallida, Montagu, se trouve dans le sable de la presqu'ile de Magnisi, en Sicile. Nous l'avons communiquée à M. Jeffreys, de Londres, et il l’a reconnue pour une espèce nouvelle du g. Odo- slomia.
17. Odostomia dolioliformis, Jeffreys. Sow., Brit. shells, pl. XV, fig. 27.
Se trouve sur les côtes de Piémont (Jeffreys). 18. Odostomia (Turbo) insculpta, Montagu. Sow., Brit. shells, pl. xvar, fig. 6.
Se trouve sur les côtes d'Algérie {Weinkauff).
En sus des espèces que nous venons d’énumérer, il en existe encore une autre dans la Méditerranée, l'Odostomia (Helix) glabrata, Mühlfeldt, que l'on comprend habituel- lement dans le genre Rissoa.
Lorsque l’on établit un tableau comparatif des espèces du g. Odosiomia trouvées jusqu'ici dans la Méditerranée et de celles que l’on connaît comme appartenant à la faune marine des iles Britanniques, on voit qu'il y en a trois particulières aux eaux méditerranéennes, les O. Hum-
Li (66 au boldti, O. tricineta et O. neglecta. Les suivantes, au con- traire, paraissent ne pas y exister : O. pallida, Montagu; O. truncatula, Jeffreys; O. cylindrica, Alder; O. Lukistü, Jeffreys ; ©. albella, Lovèn; ©. diaphana, Jeffreys; O. striolala, Alder; O. minima, Jeffreys; O. spirialis, Montagu; O. decussata, Montagu.
Pourtant, comme, dans la Méditerranée, on découvre tous les jours des espèces communes aux mers du nord de l'Europe, il y a lieu d’espérer que ces dernières y habitent également, et qu'on les y découvrira peut-être, en éten- dant les recherches et les explorations au moyen de Ja drague, sur les parties les moins connues du littoral et des îles méditerranéennes. N. T.
Des estacés de la Méditerranée qui doivent être compris dans Îles genres Æachesis el Nesæn de Risso,
PAR N. Tiger, D. M. (1).
Il existe dans la Méditerranée un groupe de petits et rares T'eslaces qui doivent être compris dans les genres Lachesis et Nesœa de Risso. Ces genres, ayant été impar- faitement décrits ou confondus par les auteurs précédents, restent plongés dans le vague et dans l'incertitude, et il semble qu’il y ait, en ce qui les concerne, comme une
(4) Traduit de l'italien, sur le manuscrit original, par H. CROssE.
LEE LT ARR lacune dans la connaissance de la conchyliologie méditer ranéenne.
Nous nous proposons, dans ce petit travail, d’élucider les faits concernant les espèces des deux genres avec assez de clarté et de précision pour faire cesser tous les doutes. Nous nous trouvons, d’ailleurs, dans une position favo- rable pour entreprendre cette tâche, car nous avons entre les mains non-seulement toutes les espèces, mais encore, ce qui est plus difficile, tout ce qui a été publié sur elles.
En 1826, Risso, peut-être guidé en cela par Leach, re- marqua, dans quelques petites espèces méditerranéennes, des caractères qui les distinguaient de tous les genres an- térieurement connus, et créa pour (elles les deux genres Lachesis et Nesœæa, auxquels doivent également être rap- portées d’autres espèces, antérieurement comprises à tort dans les genres Buccinum, Murex, Fusus et Pleurotoma. Bien qu'on ait à regretter beaucoup d’imperfection dans la caractéristique de ces deux genres, par suite de l’insuf- fisance de l’auteur, on doit reconnaître que ces coupes satisfont aux exigences actuelles de la science, en faisant ressortir l'aspect distinct des espèces qu’elles renferment. Il nous paraît donc utile de les adopter et de les rappeler, pour ainsi dire, à la vie, mais non sans leur faire subir les corrections nécessaires.
Quelques auteurs ont pensé que les espèces dont nous allons parler, pouvant en grande partie être comprises dans le g. Pleurotoma, devaient, par conséquent, rentrer dans la famille des Conidæ; mais cette opinion ne nous paraît pas pouvoir être soutenue, attendu que les espèces en question sont toutes complétement dépourvues de lin- cision du bord externe qui caractérise les Pleurotoma, et s’éloignent ainsi visiblement du genre, et, par suite, de la famille dont nous parlons. D'ailleurs, si l’on tient compte
RU ie ne d'une certaine analogie de forme que nos espèces présentent
avec celles du g. Buccinum, il semble plus raisonnable de les comprendre dans la famille des Buccinidæ.
Genus (correctum) Lacaesis, Risso (1826).
Testa fusiformis, apice mamillata ; spira valde elevata; anfractus conveæiusculi, sutura parum profunda divisi ; apertura ovato-lanceolata, in canalem subito desinens ; labrum simplex, integrum , scissura nulla interruptum ; columella nuda; cauda recta, brevissima (A).
4. LAcHESiS MiximA, Montagu (pl. V, fig. 7).
Cochleola turrito-fusiformis, longitudinaliter plicata, lineis elevalis transversis cingulata, fusca vel rufa vel pallide rufescens (plerumque unicolor, interdum lineis transversis obscurioribus); spira valde elevata; plicæ 12- A4, interstitiès dimidio angustioribus ; anfractus seæ con- vexiusculi, sutura viæ profunda divisi; apertura ovato- lanceolata; labrum interne denticulatum. — Long. T, lat. 3 mill.; long. apert. 2, lat. À 1/2 mall.
Buccinum minimum, Montagu, tab. vurr, fig. 2. Murex Folineæ, Chiaie, Mem., tab. xLIx, fig. 12-14, Invert., 2° éd., fig. 12-14 (male). Fusus turritellatus, Deshayes, Exp. Morée, pl. xx, fig. 28, 45 (teste Phal.). Buccinum minimum, Philippi, Moll. Sic., tab. xxvur, fig. 9.
Cette espèce est la seule, parmi celles qui nous occupent,
(4) Voici la diagnose générique originale de Risso :
Lacnesis. Testa alle elevata; anfractus convexi, duo apicali (sic!) mamillali; sutura angustissima, profunda; aperturaobovata, pos- tice rolundata, antice in siphonem brevissimum producla; peri- trema nullum.— Risso, Hist. nal., t. IV, p. 211.
DEA CE qui soit assez commune dans la Méditerranée. Elle a été recueillie dans beaucoup de localités, et notamment dans le golfe de Naples, sur les côtes du Piémont, dans la mer de Sicile, dans celle de Corse et de Sardaigne, dans la mer Adriatique, dans la mer Egée et sur les côtes de l'Algérie. Feu Delle Chiaie la publia autrefois comme espèce nou- velle sous le nom de Hurex Folineæ, mais sa description était mauvaise, et la figure qui l’accompagnait pire encore, en sorte qu’il n’y avait pas moyen de reconnaître l'espèce. C’est ce qui a induit en erreur Philippi, et lui a fait attri- buer ce nom à une autre espèce, comme nous le ferons voir en détail plus loin (4).
2. LACHESIS MAMILLATA, Risso (pl. V, fig. 6).
Cochleola turrito-fusiformis, longitudinaliter plicata, nitida, pellucida; plicæ 12-14, lineis elevatis transversis decussatæ; decussationes granulis serialibus fuscis vel ru- fis vel aureis eleganter ornatæ; spira valde elevata; an- fractus sex conveæiusculi, sutura parum profunda divise, ullimo basi cingulata non granulosa ; apertura ovato-lan- ceolata; labrum simpleæ, intus læœvigatum. — Dimensiones ut in præcedente.
Lachesis mamallata, Risso, Hist., t. IV, p. 211, fig. 65 (2).
(1) L'espèce qu’a eue en vue Delle Chiaie est indiquée claire- ment par les propres termes dont 1l s’est servi dans ses Memorie, et qui sont ainsi CONÇUS :
Murex FOLNEZ. Tesla luteo-fuscescente, longitudinaliter plicata, costlis transversis parallelis (les lignes élevées transverses sont ren- dues, dans le texte italien, par la phrase : « linee color di rubino ») elevalisque exarala; spiræ anfractus 5-6, aperlura sulcata. — MAS D222: INSNTS
(2) Voici la diagnose spécifique originale de Risso :
LACHESIS MAMILLATA. Tests, glaberrima, nilidissima, pellucida; anfractus seplem(duobus apicalibus exceptis, transversim costatis)
CRAN 5 RE
Buccinum Lefeburi, Maravigna, Rev. z00l., 1840, p.525
(sine fig.) (4). Pleuroloma perlatum, Requien, Coq. de Corse, p.75, 101 (excl, syn.) (2).
On trouve cette espèce, bien que plus rarement, dans les mêmes localités que la précédente, avec laquelle elle semble vivre habituellement. Si l’on n'avait égard qu’à sa ressemblance de forme avec l’autre, on pourrait être tenté de la considérer comme une simple variété; mais sa re- marquable différence de sculpture doit, sans hésitation, la
(nous rappelons que transverse, pour Risso, est synonyme de longi- tudinal pour les conchyliologistes modernes), costis convexis mamil- lalis, interstliliis lineis elevatis æqualibus, costas jungenlibus in- structis ; epidermide brunneo-rufa. Régions coralligènes. — Risso, loc. cit.
(4) Nous transerivons la diagnose, d’ailleurs laconique et assez obscure, de Maravigna :
BuccinuM LErEBuRu. B. lesla parva, alba, anfractibus convexis, granulatis , aureis (il faut noter que l’auteur n’a eu sous les yeux que Ja variété à granulations jaunes), basè (ransversim striata non gra- nulosa, margine acuta, labro crassiusculo, intus albo, lævigato.— Marav., loc. cit.
Il est facile de relever les imperfections de cette diagnose, comme le fait Philippi, en disant : « Quomodo totum album (Buc- cinum) esse potest, si anfractus aurei sunt ? » (Moll. utr. Sic., I, p. 191). Moins sévère que Philippi envers Maravigna, nous fe - rons observer que, si au mot aureis on ajoute granulis, la dia- gnose cessera d’être obscure, et l’espèce que l’auteur a eue en vue paraitra clairement, surtout si l’on fait attention au caractère différentiel exprimé dans la phrase : basi transversim striata non granulosa. N°"Ee
(2) La diagnose de Requien, également par trop laconique, rend son espèce des plus difficiles à reconnaître. La voici :
« Testa turrita, albida, anfraclibus convexis, coslis 16-12 lon- giludinalibus perlalis, fusco-luteis, apertura ovala, dimidiam spi- ram œquante. » — Req., loc. cil.
Requien se trompe en citant comme synonyme de cette espèce les Nesæa granulata el mamillata de Risso : il ne s'inquiète pas du Lachesis mamillata du même auteur. NT
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faire considérer comme espèce distincte, ainsi que l'ont reconnu les auteurs cités. Cette espèce n’est autre chose que le Buccinum Lefeburii de Maravigna, et le Pleurotoma perlatum de Requien, deux formes restées jusqu'ici diffi- ciles à identifier.
5. LACHESIS AREOLATA, Tiberi.
Cochleola ovato-fusiformis, subturrita, sulcis longitudi- nalibus transversisque albis vel fulvis, areolas quadratas fuscus amplectentibus, exarata; spira elongata; anfractus seæ planiusculi, sultura haud profunda divisi; apertura ovato-lanceolata , 2/5 totius longiludinis æquans ; labrum crassiusculum, tuberculis duobus remotis interne muni- tum; cauda subobliqua, brevissima; canalis basi dilatatus. — Long. T 1/2, lat. 3 1/2 mull.; long. apert. 2 1/3, lat. 1 2/3 mil.
Fusus granulatus, Calcara, Ric. malac., 1859, fig. 10 (rudis).
Buccinum granulatum, Calcara, Stor. nat. Is. Ust., 1842, p. 56 (1).
Bucc. Folineæ (non Chiaie), Philippi, Holl. Sic., IX, 1844, p. 189, tab. xxvir, fig. 10 (2).
Cette espèce est fort rare. Elle a été trouvée, pour la première fois, par Calcara, dans la mer de Sicile (Palerme,
(1) Testa minima, ovato-oblonga, fulva,anfractibus septem plano- conveæis, granulatis, granulis subquadratis rufo-castaneis; aper- tura ovalo-lanceolata, columella basi sulcata, labro simplici. — Calc., loc. cit.
(2) BucciNuM FoLINEZ (Hurex), Delle Chiaie. B. {esta minima, aci- culato-turrila, fusca, lineis longitudinalibus transversisque pro- fundatis albis sculpta, anfraclibus planiusculis ; apertura dimi- diam spiram æquante.—Phil., loc. cit.
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Aci Trezza, et île d'Ustica), et n’a jamais été rencontrée ailleurs, à notre connaissance, ni par Philippi, qui l’a re- cueillie dans la même mer de Sicile (Palerme et Catane), ni par aucun autre naturaliste. L’exemplaire que nous avons sous les yeux provient également de Sicile et fait partie de Ja collection De Stephanis. Calcara en fit d’abord un Fusus, puis un Buccinum. Nous ne pensons pas que le nom spécifique employé par lui puisse être conservé, car le système de sculpture de la coquille ne se compose pas de véritables granulations, mais bien plutôt de petits carrés très-distincts, et, de plus, on pourrait confondre l’espèce avec le Nesœa granulata de Risso. Cette coquille n’est cer- tainement pas, comme le suppose Philippi, le Murex Folineæ de Delle Chiaie, espèce qui a été recueillie dans le golfe de Naples, et à propos de laquelle l’auteur ne parle ni de sillons croisés ni de parties carrées. Telles sont les raisons qui nous ont imposé la nécessité de donner un nou- veau nom à l'espèce qui nous occupe.
Genus (correctum) NEesæa, Risso (1826).
Testa ovato-elongata, apice mamillata; spira modice elevata; anfractus rotundati, sutura profunda divisi ; apertura ovata ; labrum integrum, extus varicosum, Colu- mella nuda; cauda recta, brevissima, truncata (1).
(1) Nesæa. Testa conica, moderalim elevala, anfractibus duobus apicalibus mamillatis; sutura profunda; apertura ovata; peri- trema ad dextram tenue, perfectum, paululum reflexæum. — Risso, Hisl., t. IV, p. 223.
Il faut se rappeler que, dans ce genre, l’auteur mwa connu que des exemplaires imparfaits, non encore arrivés à l’état adulte, et dans lesquels le bord externe était simple, c’est-à-dire sans aucune trace de la varice, qui ne se développe qu’à l’âge adulte chez ces espèces. NE
—
RME. 1. NESÆA GRANULATA, Risso.
Cochlea ovato-elongata, solidiuscula, nitida, longitudi- naliter plicalo-granulata, transverse sulcata, fulva vel grisea; plicæ 18-20 tuberculis serialibus rufis vel lutes- centibus ornatæ; spira elevato-turrita; anfractus septem rotundati, ultimus turgidulus, basi granulosa ; apertura ovato-rotundata , tertiam totius longitudinis partem sub- æquans ; labrum in speciminibus adultis valide exlus in- crassatum, in junioribussimpleæ.— Long.T, lat.31/2mill.; long. apert. 21/2, lat. 2 mul.
Nesœa granulata et N. manullata, Risso, Hist., t. IV, p. 225, fig. 67, 69 (ex. spec. junior) (1). Pleurotoma Chauveh, Requien, Cog.de Corse, p.101 (2).
La grande rareté de cette espèce fait que, bien que mé- diterranéenne, elle est restée jusqu'ici inconnue à beau- coup de malacologistes, y compris Philippi, pourtant si peu oublieux. Elle a été trouvée, pour la première fois, par Risso (probablement dans le golfe de la Spezia?), qui en fit le type de son genre. Il résulte d’ailleurs, des figures
(1) NESÆA GRANULATA. Testa anfractibus omnibus glaberrimis, nitidis (duobus apicalibus exceptis) tuberculalis, tuberculis in serie transversali disposilis, epidermide rufo-fuscescente, tuberculis fer- rugineis; peritremate ad sinistram plicato, plicis super siphonem prœæterientibus. — Régions des algues. — NESÆA MAMILLATA. Testa anfractibus omnibus (duobus posterioribus exceptis) mamillatis, mamillis in serie transversali disposilis ; epidermide grisea, ma- millis croceis, glaberrimis, nilidissimis ; peritremate ad sinistram plicato, plicis super siphonem præterientibus.—Régions des algues. — Risso, Loc. cit.
(2) PLEUROTOMA CHAUVETI. Testa turrila, oblusiuscula, subven- tricosa, albida, anfractibus converis, costis 20-22 longiludinalibus, perlalis, fusco-luteis; apertura ovato-oblonga, dimidiam spiram fereæquante. Differt a PL. perlato numero costarum, aperlura, cras- situdine, etc. — Requien, loc. ci.
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données par cet auteur, qu’il n’a eu entre les mains que des exemplaires non adultes, à bord incomplet, et que ses deux espèces, n’offrant d’autre caractère différentiel que la coloration, doivent être réunies en une seule. Le N. gra- nulata paraît encore avoir été trouvé en Corse par Requien, autant qu’on peut en juger d’après l’assez médiocre dia- gnose de son Pleurotoma Chauveti. Notre ami N. de Ste- fanis a recueilli, dans le golfe de Naples, un très-petit nombre d'individus de cette espèce : quelques-uns d’entre eux sont adultes et pourvus de leur varice marginale, ce qui nous a mis à même de faire connaître tousles caractères de l'espèce.
2. NesæÆa LiNEoLaTA, Tiberi (pl. V, fig. 5).
Cochlea elongato-turrita , albida, costulis longitudinali- bus cingulisque transversis eleganter clathrata; costulæ 18-20, incolores, non granulatæ; cinguli inter costulas li- neolis rufis interrupte picti; spira valde elevata, apice mamillata; anfractus septem rotundati, sutura profunda divisi; apertura ovata, tertiam totius longitudinis partem subæquans ; lubrum intus remote sulcatum, externe lineo- latum varice valida munitum ; cauda brevissima, crassa ; canalis basi dilatatus.— Long. M1, lat. 5 mall.; long. apert. 3.1/2, lat. 2 mill.
Murex Massena, Chiaie (non Risso), Mem., tab. xuix, fig. 17-19. Invert. 2° ed., tab. Lxxx, fig. 17-19 (ex. spec. jun.) (1).
Cette jolie espèce habite dans les fonds coralligènes de
(1) MuRExX MASSENEÆ (Anna) , Risso. T. in longum oblique plicala, costis transversis decussala, spiræ anfractibus 6, labio exteriort denticulato.— Chiaie, Mém., t. IL, p. 222.
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la Méditerranée, et nous l’avons rencontrée, bien que ra- rement, tant dans le golfe de Naples que dans la mer de Corse et de Sardaigne. Delle Chiaie en a eu entre les mains un exemplaire jeune, encore dépourvu de la varice carac- téristique, et provenant aussi de notre golfe : trompé par la ressemblance des ornements, il crut que c'était l’Anna Massena de Risso. Il faut toutefois noter que l'espèce de Risso se distingue assez facilement de la nôtre , qui est vivante, d’abord parce qu’elle à été recueillie seulement à l'état fossile, ensuite parce que son ouverture est angusla, undulata , ainsi que le dit Risso lui-même (t. IV, p. 211, fig. 68). Enfin, nous savons qu’il existe une espèce prove- nant de mers éloignées des nôtres, qui a été considérée comme étant |’ Anna Massena ; mais, bien que nous ne la connaissions pas en nature, nous pensons qu’il y a peu de probabilités pour que ce soit la même chose que l'espèce de Risso.
5. NEsÆA cannipissiMA, Philippi (pl. V, fig. 4).
Cochlea elongato-subturrita, unicolor, albida, costis lon- gitudinalibus cingulisque validis transversis clathrata ; decussationes subgranulatæ ; spira elevata, apice obtusa ; anfractus septem conveæi, sutura parum profunda divisi; apertura ovato-oblongu, tertiam totius longitudinis partem subæquans ; labrum intus sulcatum, externe modice vari- cosum , cauda brevissima, crassa; canalis patens. — Long. 10, lat. k 1/2 mill.; long. apert.3, lat. A 1/2 mal.
Buccinum candidissimum, Philippi, Moll. Sic., I, p. 222, tab. x, fig. 18.
Cette espèce, en dehors de ses autres caractères propres, se distingue facilement de ses congénères par sa coloration constante, qui est d’un blanc de lait uniforme. Elle vit
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dans la Méditerranée, et n’a été recueillie, jusqu'ici, à notre connaissance, que dans le voisinage de Catane, en Sicile, où l’on en rencontre très-rarement des exemplaires, le plus souvent roulés ; dans la mer Égée et dans l’Adria- tique.
Maintenant que nous avons remis en lumière les deux genres de Risso avec les corrections nécessaires, et que nous avons rectifié et décrit à nouveau les espèces médi- terranéennes , qui en font partie, il ne nous reste plus qu’à donner un court exposé historique des notions qu'ont eues sur ces deux genres les auteurs qui nous ont précédé, afin de montrer avec plus de précision comment ces mêmes genres ont été la plupart du temps mal compris ou médio- crement connus.
Risso (1826, Op. af.) commença par établir les deux genres sur deux espèces observées par lui pour la pre- mière fois (Lachesis mamillata et Nesæwa granulaia) : il créa en même temps une espèce inutile (Nesœæa mamil- lata) que l’on pourrait tout au plus considérer comme une variété de son autre Nesæa, si l’on voulait absolument en tenir compte. Il n’a point connu les autres espèces et particulièrement le Lachesis minima, qui est la plus com- mune de toutes dans la Méditerranée.
Delle Chiaie (1828, Mem. cit.) n’a eu entre les mains que deux des espèces énumérées par nous. Une d’entre elles, qui était déjà connue, le Lachesis minima, a été publiée par lui comme espèce nouvelle sous le nom de Aurex Fo- hineæ. L'autre était bien réellement une espèce nouvelle (notre Nesæa lineolata), mais l’auteur, induit en erreur par l’état imparfait de ses individus, la considéra comme identique avec l’ Anna Massena de Risso, espèce bien dif- férente, trouvée par ce dernier à l’état fossile dans les terrains tertiaires de l'Italie supérieure.
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Scacchi (1856, Catal. conchyl.}ÿsous le titre de Murex granulatus, réunit comme synonymes les Nesæa granu- lata, N. mamillata et Lachesis mamillata de Risso , qu'il confondit ainsi en une seule espèce : ce qui démontre qu'il ne connut qu’une seule des deux espèces granuleuses de la Méditerranée, car ces deux espèces non-seulement diffè- rent entre elles, mais encore appartiennent à deux genres différents. Il y a za de croire, en outre, que son Murex Folineæ est le Lachesis minima de Montagu, et qu'il ne fait que reproduire l'erreur de Delle Chiaie.
Calcara (1859-1840, Op. cit.) a publié, avec peu de clarté et sous le nom impropre de Fusus granulatus, l’es- pèce confondue par Philippi avec le Murex Folineæ de Delle Chiaie, et que nous avons plus haut nommée Lache- sis areolala.
Maravigna (4840, Op. ct), qui ne connaissait pas l’ou- vrage de Risso, a publié comme espèce nouvelle la forme que le même Risso avait déjà fait connaître sous le nom de Lachesis mamillata : la manière défectueuse dont il l’a décrite et figurée en a fait, pour quelque temps, un sujet de doute et d'erreur.
Forbes (1845, Rep. on Ægean Invert.) a recueilli dans la mer Égée deux espèces connues, qu'il désigna sous les noms de Pollia minima et P. candidissima, Philippi; il cite encore avec doute le Nassa musiva? Brocchi, au nombre de ses espèces du genre Nassa. Quant à cette der- nière espèce, quiaété décrite à Pétat fossile par Brocchi, on doit certainement la considérer comme une espèce éteinte, car elle n’a jamais été trouvée vivante dans la Méditer- ranée. L'espèce douteuse de Forbes serait-elle notre Nesæa lineolata?
Philippi (1844, Op. cit.) a publié l’espèce nommée avant lui par Calcara Fusus granulatus, où autrement dit
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notre Lachesis areolata; sous le nom erroné de Bucci- num (Murex) Folineæ, Delle Chiaie. La connaissance de notre Vesæa lineolata et du Nesæa granulata de Risso paraît lui avoir échappé. Toutefois, c’est à lui que revient le mérite d’avoir fait connaître le Nesæa candidissima.
Requien (1848, Op. cit.) n’a fait qu’augmenter la con- fusion, en ce qui concerne ces espèces. D'abord (dans son texte), il cite comme nouvelle, sous le nom de Pl/euro- toma perlatum, l'espèce nommée avant lui Lachesis ma- millata par Risso, et y réunit, à titre de varielas mullicos- tata, une forme dans laquelle on reconnaît le Nesæa granulata du même Risso. Puis, à la fin de son ouvrage (dans les notes), il supprime cette même variété, et en fait une espèce nouvelle sous le nom de Pleurotoma Chau- vel, et en mème temps (autre erreur!) il indique comme synonyme de son Pleurotoma perlatum primitif les Nesæa granulata et mamillata de Risso. Cest un véritable chaos!
Jeffreys enfin (1860, Cat. Test. mar. Piem.) opine pour l'identité du Nesæa granulatx de Risso avec le Buc- cinum Folineæ de Philippi (non Chiaie), et en mème temps il doute que l'espèce qu’il a sous les yeux soit une variété du Lachesis minima, Montagu. Rien de tout cela n’est exact, pour les motifs que nous avons exposés plus haut.
Toute cetie confusion et toutes ces divergences d'opi- pions nous semblent provenir non-seulement des descrip- tions imparfaites et peu intelligibles des premiers auteurs qui ont écrit sur les espèces en question, mais encore du fait que les auteurs qui sont venus après eux n’ont point possédé simultanément la totalité des espèces, ce qui les a empèchés d’en opérer l’indispensable étude comparative, ou qu'ils n’ont eu sous les yeux que des exemplaires im- parfaits, peu déterminables, et faciles à confondre entre
(4
eux. Voilà pourquoi nous nous sommes décidé à entre- prendre notre petit travail. Notre but sera rempli, s’il a pu contribuer àéclaircir les points restés douteux jusqu'ici dans cette petite partie de la faune conchyliologique de la Mé- diterranée. NUE
Note sur une importante variété de l’Area
diluvii, Lamarck, et sur le Senlaria soluta, Tiberi ,
PAR N. Tigeri, D. M. (1).
Ç 1. M. Weinkauff, dans le catalogue des coquilles de l'Algérie publié par lui dans le Journal de Conchyliologie (oct. 1862, p. 5324), parle d’un Arca de la Méditerranée vu par lui dans la collection de l'exposition permanente d'Alger, qu’il dit devoir, bien que semblable d’ailleurs à l'A. diluvü, appartenir à un type méconnu et former une espèce nouvelle : il se base sur la grande dimension de l’area et sur la disposition des crochels excessivement éloignés l’un de l’autre, ce qui fait que la coquille est aussi longue que large. On doit dire du reste que l'auteur insiste plus sur les dimensions extraordinaires de la co- quille que sur sa nouveauté, et fait ainsi présupposer, en quelquesorte, qu'ils agit d’un individu anormal. M. Crosse
(4) Traduit de l'italien, sur le manuscrit original, et annoté par H. Cross.
99. propose, en note, de désigner l’espèce sous le nom d’Arca Weinkauff.
La comparaison des nombreux exemplaires du g. Arca, qui se trouvent dans notre collection méditerranéenne, nous fournit les moyens d’éclaircir la question. Avant tout, il n’est pas inutile de faire observer que, dans Îles espèces de ce genre, on rencontre fréquemment des formes .qui s’éloignent sensiblement du type spécifique, sous di- vers rapports; par exemple, soit par un plus grand renflement de la coquille, avec raccourcissement de la lon- gueur et élargissement de l’area, soit encore par des dis- torsions, des dépressions, des gonflements dans les cro- chets ou les côtes de la coquille. Ces faits se rencontrent particulièrement chez les Arca tetragona, A. 1mbricala, A. Noœ et À. lactea : c’est ce qui a induit Payraudeau à créer, aux dépens de cette dernière forme spécifique, une espèce inutile sous le nom d'A. Gaimardi.
On rencontre aussi précisément la mème variabilité de forme dans l’A. diluvi de Lamarck. Nous en possédons un exemplaire, recueilli dans le golfe de Naples, qui con- firme l'exactitude de ce que nous avançons, car on voit, au premier coup d'œil, qu’il s'éloigne dela forme typique, tant par le renflement des valves que par la dilatation de l'area et l'éloignement des crochets : on voit, en même temps, la largeur de la coquille arriver à égaler, et même à dépasser sa longueur. Voici les dimensions de l'individu en question : longueur 59 millimètres, largeur 40, lon- gueur de l’area 29, largeur de l’area 15. Par une con- séquence de ses modifications de forme, ses bords laté- raux et son bord ventral, au lieu de se terminer par un angle, comme dans les échantillons typiques, se replient en arrière au point, non-seulement de faire disparaître l’angle en question, mais encore de creuser la commissur
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en manière de rigole. Tous ses autres caractères se rap- portent exactement à ceux de l’4. diluvri.
Il est facile de $s’apercevoir qu’il s’agit là d’un individu semblable au spécimen observé à Alger par M, Weinkauff, et dont la singularité l’a induit à soupçonner que c'était une espèce distincte, tandis que, en le réduisant à sa juste valeur, il ne faut le considérer que comme une variété de l'A. diluvu, ou, si l’on veut, ane forme anormale de cette espèce, fréquentechezcertaines espèces du genre Area, et comme on en rencontre souvent chez quelques Mollusques testaces lorsqu'ils se trouvent soumis à l'influence de condi- tions particulières. Il sera donc convenable de désigner dé- sormais la variété en question sous la dénomination suivante : Arca diluvi, Lamarck, var. Weinkauff.
Maintenant, à quelle cause doit être attribuée cette forme anormale? On sait que les espèces du g. rca sont munies d’un pédoncule ou byssus coriace et filamenteux, au moyen duquel elles adhèrent aux anfractuosités des ro- chers, ou aux autres corps marins, sur lesquels elles ont été déposées à l’état embryonnaire, et où elles sont con- damnées à passer toute leur existence (1). Toutes les fois que ces stations sont formées par des pelites cavités irré- gulières, disposées de manière à faire obstacle au libre développement de la coquille, dans le sens de la longueur, il arrive que l'animal est obligé de se rattraper d’une autre manière et de s'étendre en largeur, ce qui a pour
(4) Ceci est assez contestable, ou, du moins, ne doit pas être gé- néralisé outre mesure. On a déjà plusieurs exemples de Mol- lusques acéphalés, à byssus, qui, mécontents sans doute de la place où ils étaient condamnés à passer toute leur existence, ont rompu spontanément le lien qui les retenait, et déménagé pour aller ailleurs, sans s'inquiéter des nombreux savants qui, à di- verses reprises, avaient déclaré la chose impossible. H. CROSsE.
ss to résultat la dilatation de son area, le renflement de ses valves, et amène finalement la forme dont nous nous oc- cupons. Les autres anomalies de dépression, de turges- cence, ou de distorsion de la coquille, que l'on observe fréquemment dans les espèces du g. Arca, dépendent également de la même cause.
Enfin, pour terminer la présente note, nous appelons l'attention des naturalistes sur les jeunes individus qui représentent le premier âge de l'A. diluvi. On peut ob- server chez eux un système de sillons longitudinaux dis- tincts, croisant les côtes et partant du milieu des crochets pour s'étendre sur les parties latérales de la coquille : avec les progrès de lPâge, ces sillons diminuent et finissent par devenir peu ou point perceptibles. Ce caractère, ob- servé par Brocchi sur quelques exemplaires fossiles, lui a fait croire qu’ils appartenaient à une espèce distincte, qu'il a nommée A. didyma. Les petits individus que nous avons recueillis, à l’état vivant, dans le golfe de Naples sont absolument identiques aux exemplaires fossiles et ap- partiennent évidemment à la variété jeune de l'A. diluvur. Voici comment doivent être caractérisées, selon nous, les deux variétés de l’espèce :
ARCA DILUVII, Lamarck.
Var. junior. — Testa sulcis medianis longitudinaliter exarala.
2. didyma, Brocchi, Conch. foss., Lav. xx, fig. 2.
Var. Weinkauffi (4).— Testa valde gibbosa, umboni- bus distantibus, area dilata, ar ginibus inflexis.
$ 2. Le Scalaria soluta, Tiberi, publié par nous en
(1) M. Weinkauff maintient, comme espèce distinete, l’Arca
RS
4863 dans le Journal de Conchyliologie (vol. XI, p. 159, pl. VI, fig. 5), a été décrit et figuré d’après des exem- plaires petits et jeunes, comme il s’en trouve dans le golfe de Naples. Ayant récemment reçu un exemplaire parfai- tement adulte, recueilli dans la mer de Sardaigne, nous pensons qu’il n’est pas inutile pour la science de donner une nouvelle figure de cette rare et belle espèce, afin de la mieux faire connaître. On trouvera cette figure plus loin (pl. V, fig. 2). L'individu actuellement représenté a 20 millimètres de longueur : la largeur de son dernier tour est de 15 millimètres : sa base est dilatée et ses la- melles costales sont concaves. La diagnose originale devra être modifiée sous ces divers rapports. NERETES
Note sur les nouveaux genres Euealodium et Strehelia,
PAR H. CROSSE et P. FISCHER.
I.
I! est généralement admis dans la science aujourd’hui que les espèces du genre Cylindrella sont dépourvues de mâchoires. Les quelques auteurs modernes qui ont parlé de leurs caractères anatomiques ont répété cette assertion après À. Schmidt, et nous citerons parmi eux MM. Albers,
Weinkauff, dans l'important ouvrage dont il vient de publier le premier volume {Conchylien des Mittelmeeres, 1, p. 201; 1867). H. CROSSE.
— S0 —
Bland, Martens et Môrch. Nous-mèmes, nous n'avions jus- qu'ici jamais pu parvenir à en découvrir dans le petit nombre d'espèces dont il nous a été possible d'examiner les animaux.
Ayant reçu récemment du Guatémala un exemplaire, avec l’animal conservé dans l’alcoo!, d'une des plus grosses Cylindrelles connues, le C. Ghiesbreghti, Pfeiffer, nous nous sommes empressés de l’examiner.
Nous avons constaté, dans cette espèce, la présence d’une mdchoire arquée, disposée en fer à cheval, très-fine- ment striée longitudinalement, présentant, à son bord interne, une saillie médiane obsolète, faiblement indiquée, et pourvue, du côté du bord externe ou supérieur, d’un support arrondi dépassant ce même bord.
De plus , l’armature linguale est très-remarquable. Les denticulations linguales sont disposées en séries transver- sales reclilignes, nombreuses, toutes du mème type, à pointe dépassant à peine leur base : la dent médiane ou rachiale, seule, est un peu plus petite que les autres et tricuspide. Formule dentaire : (32. I. 52) X 110.
D’après la nature de ses dents, l'animal doit être her- bivore et nullement zoophage. Les classifications qui ont placé les Mollusques de ce groupe à côté des Pulmonés qui vivent de proie sont donc erronées et tout à fait dé- fectueuses. Les réserves qui ont été faites à cet égard, dans notre Journal, se trouvent pleinement justifiées.
Dans les Cylindrelles des Antilles, au contraire, les rangées sont tellement obliques, que les dents semblent disposées en quinconce : chaque rangée se compose d’un petit nombre de dents à forme toute spéciale, paraissant contournées en palmeties; la dent rachiale est d’un type très-différent, extrêmement étroite et renflée à une de ses extrémités, Nous n'avons pas trouvé trace de mâchoire
De NT eue
dans le Cylhindrella sanguinea, Pfeiffer, de la Jamaïque, que nous avons examiné, et dont la formule dentaire est : (A2. 119) HS:
En présence de différences anatomiques aussi marquées, nous pensons qu'il ya lieu de séparer du genre Cylindrella le groupe, fort naturel d’ailleurs, au point de vue de la géographie zoologique, des grosses espèces de l'Amérique centrale (Mexique et Guatémala), dont le type est le C. Glesbreghti. Nous ferons observer, en mème temps, au point de vue des caractères conchyliologiques, que ces espèces ont, à peu de chose près, le mème facies, qu’elles portent généralement une carène obsolète et filiforme sur le dernier tour, enfin qu’elles possèdent à peu près toutes un pli columellaire plus ou moins accusé, placé profon- dément dans l’intérieur de l’ouverture, et se continuant tout le long de l’axe autour duquel il s’enrouie.
Aucun des noms génériques actuellement connu ne nous paraît convenir pour désigner notre nouveau groupe. Le nom d'Urocoptis a été proposé par Beck, sans descrip- tion, pour désigner la presque totalité (1) des Cylindrella, et n’est, à nos yeux, qu’un synonyme. Si, plus tard, il a été détourné par quelques auteurs de son acception pri- mitive, c’est à tort, selon nous. D'ailleurs, les auteurs qui ont cru devoir agir ainsi ont compris sous cette dénomi- nation, non-seulement les grosses espèces de l'Amérique centrale, dont Beck ne connaissait aucune, mais encore 1° toutes celles du groupe des C. sanguinea et C. cylin- drus, de la Jamaïque, dont l’organisation linguale est dif- férente et qui paraissent être dépourvues de mâchoire; 2° toutes les espèces d'Haïti, du groupe des C. malleata, C. Menkeana, C. flammulata, C. Guigouana, etc., es-
(1) 11 n’excepte que ses Brachypodella et son unique espèce d’Apoma.
pèces qui n’ont pas beaucoup plus de rapport que celles de la Jamaïque et de Cuba avec les formes mexicaines et guatémaliennes dont nous parlons. Ce genre, tel qu'ils le comprennent, se compose d'espèces hétérogènes, différant entre elles par l'organisation des animaux, et ne nous semble pas pouvoir être maintenu. Nous repoussons, pour le même motif, les noms génériques de T'haumasia et de Mychostoma.
Le nom générique de Cylindrella proposé par Pfeiffer en 1840 et généralement adopté convient avant tout et doit être maintenu de préférence aux petites espèces, puisque le savant malacologiste de Cassel a‘pris pour types les €. gracilicollis, C. collaris, C. perplicala, et autres formes des Antilles, de médiocre dimension. Il ne peut donc s'appliquer non plus à nos espèces.
Dans ces circonstances, nous croyons devoir proposer pour notre groupe, dont les principaux représentants sont, en dehors du C. Ghiesbreghti, les C. decollata, C. Mexi- cana, ©. grandis, C. splendida, C. turris, C. clava, C. speciosa et C. Boucardi, le nouveau genre Eucalo- dium (1), que nous caractérisons comme il suit,
Genus Eucazonium, Crosse et Fischer.
Animal maæilla arcuatu, longitudinaliter tenuissime striata, parte marginis inferi media obsolete prominula, margine supero radicem rotundatam emittente, instruc- tum. Radula seriebus transversis, rectilinearibus nume- rosis, uniformibus constitula, acie uncinorum basin sub- quadratam viæ superante; dens medianus uncinis paulo minor, acie tricuspide. Animal cœterum ad familium Heli- cidarum omnino referendum.
Testasubrimata, turrita, cylindrellæformis (in adultis
(4; Etymologie : Eu benè, xæawdsoy funis parvus..
nt: ie
speciminibus) late truncata : ultimus anfractus breviter solutus, dorso angulatus, plus minusve filo-carinatus : co- lumella intus plerumque uniplicata, plica columnam in- ternam ambiente, in vicinio aperturæ evanida.
Typus : Cylindrella Ghiesbreghu, Pfeiffer.
IL.
M. le docteur Louis Pfeiffer a créé en 1861 (1) le genre Physella pour une curieuse forme de coquille terrestre provenant du Mexique, ayant une spire très-courte, un dernier tour allongé, formant la presque totalité de la lon- gueur, une columelle simple, arquée et non tronquée, un péristome simple et droit, et, pour la décrire en un mot, tellement semblable, au premier abord, à un Bulléen, que nous n'avons pu nous empêcher nous-mêmes d'émettre quelques doutes au sujetde l'exactitude de sa provenance (2). Ces doutes n’ont plus aucune raison d’être maintenant; car l’espèce unique, qui, jusqu’à présent, constitue ce genre intéressant (P. Berendti, Pfeiffer), a été recueillie authentiquement plusieurs fois au Mexique, d'abord, par M. Mohr, de Mobile, qui, en 1859, en a trouvé un mau- vais individu à Coscomatepec (entre Huatusco et Orizava), plus tard à Mirador, près Veracruz, par M. le docteur Be- rendt et M. Strebel, et eufin par M. F. Sartorius , avec l'animal vivant, qui se perdit malheureusement en route, avant qu’il ait été possible de l’étudier.
L’habitat réellement terrestre de cette intéressante es- pèce est donc un fait acquis à la science, et il est permis de considérer le genre comme devant, selon toute appa-
(1) Malak. Bl., 1861, p. 70.
(2) Voir, à ce sujet, le Journal de Conchyliologie (1862, vol. X, p. 187).
one
rence, former un passage entre les Glandina et les Daude- bardia. Seulement, le nom générique de Physella, qui lui a été donné par M. Pfeiffer, ne peut pas être adopté, car il existait antérieurement un autre genre Physella, créé par Haldeman en 1842 (1) pour une division des Physa. I y a donc lieu de changer cette dénomination. Nous propo- sons, pour la remplacer , le nom de Strebelia, emprunté à l’un des naturalistes collecteurs qui ont fait connaître la coquille, M. Strebel, de Veracruz.
La synonymie du genre et de l’espèce unique devra donc être établie ainsi :
G. STREBELIA, Crosse et Fischer, 1868.
G. Physella, Pfeiffer, in Malak. Bl., avril 1861, p. 70 (nec Haldeman, 1842).
4. Strebehia Berendti, Pfeiffer.
Physellu Berendti, Pfeiffer, in Malak. Bl., avril 1861, p. 74, pl.x, fig. 1-4.
—— — Martens, in Malak. BI., avril 1865, p. 67.
? — Binney, Land and Freshwater shells, part. Il, septembre 1865, p. 75, fig. L1S.
Physella — Berendt, in Malak. Bl., décembre 1865, p. 207. H. C. et Tr.
(1) Monog. Limn. — Physadæ, p. 14.
— 91 —
Description de quatre Héliees inédites, prove nant de la Nouvelle-Calédonie,
PAR H. CROSSE.
À. Heurx micropuis (pl. I, fig. 5).
T. latissime umbilicata , minima, discoidea, planorbi- formis, utrinque concaviuscula, parum crassa, striis va- lidis longiiudinaliter impressa, olivaceo-cornea, unicolor; spira perdepressa, medio subconcava; sutura impressa; anfr. k 1/2 angusti, planati, embryonales À 1/2 lœves, oli- vaceo-albidi, sequentes striati, ultimus descendens, cœte- ros involvens, utrinque subangulatus, medio convexiuscu- lus ; umbilicus vix concavus ; apertura perobliqua, versus basin devia, auriformis, angusta, albida; perist. subdupli- catum, continuum, crassum, album, partem anfractus ul- timi basalem superans, marginibus lamella medio promi- nula et aperturam coarctante junctis, basali et externo refleæis, flexœuose rotundatis.— Diam.maÿ.A 3/4, min.\1/2, alt. 1/2 mill. (coll. Crosse).
Hab.-Humi, sub foliis emortuis reperta, in silvis prope urbem « Noumea » dictam, Novæ Caledoniæ, sitis (E. Marie).
Coquille très-largement ombiliquée, fort petite, dis- coïde, planorbiforme, légèrement concave des deux côtés, _ médiocrement épaisse, marquée de fortes stries longitudi- nales, et d’une coloration olivâtre uniforme. Spire très- déprimée, légèrement concave à sa partie médiane : su- ture marquée. Tours au nombre de 4 1/2, étroits et apla-
— 99 —
tis; tours embryonnaires (1 1/2), lisses et d’un blanc oli- vâtre, tandis que les suivants sontstriés: dernier tour des- cendant, enveloppant les précédents, subanguleux de chaque côté, légèrement convexe à sa partie médiane. Ombilic faiblement concave. Ouverture très-oblique, in- clinant vers la base, auriforme, étroite, blanchâtre. Pé- ristome continu, épais, blanc, paraissant double, par suite de la présence, immédiatement en arrière du bord, d'une sorte de bourrelet, et dépassant un peu la base du dernier tour : bords réunis par une lamelle saillante à sa partie médiane et retrécissant l'ouverture; bord basal et bord externe réfléchis et flexueusement arrondis. — Plus grand diamètre de la coquille À millimètre 5/4, plus petit À 1/2; hauteur 1/2 millimètre.
Cette curieuse petite espèce a été trouvée par M. E. Ma- rie, à terre, sous les feuilles, dans les bois des environs de Nouméa : elle paraît fort rare, car il n’en a recueilli jus- qu à présent que 2 individus. El est vrai que ses dimen- sions presque microscopiques la rendent difficile à décou- vrir : c’est la plus petite des espèces d’Helix actuellement connues en Nouvelle-Calédonie.
L’Helix microphis (1) participe à la fois aux caractères des Ænchistoma de Klein et des Polygyra de Say, ce qui est la meilleure preuve du peu de valeur de ces 2 coupes. L'Helix Mariei, Crosse, établit le passage entre les autres formes néo-calédoniennes à spire surbaissée (H. Montrou- zieri et H. Cabriti) et notre espèce, qui est la moins concave de toutes.
2. Herix CALEDONICA (pl. I, fig. 4 et 4 a).
T. imperforata aut obtecte subrimata, turbinata, sub- globosa, solidiuscula, parum crassa, pellucida, striis te-
(1) yuxeos Parvus, oqus serpens.
0
nussimis longitudinaliter impressa , pallide olivaceo-cor- nea, maculis castaneo-fuscis, irregulariter sparsis, raris ornata; spira mediocriter elevata, apice planiusculo; su- tura impressa; anfr. 5 A/2 conveæiusculi, regulariter ac- crescentes, embryonales À 4/2 lœves, corneo-albidi, ultimus non descendens, versus basin conveæus; apertura lunaris, concolor, intus lamina basali, e columella oriunda, tenui, viæ prominula, albida instructa; perist. simplex, margi- nibus distantibus, columellari incrassato, subdilatato , albido, basali et externo acutis. — Diam. maj. 9, min. 8, alt. 51/4 mill. Apert. 31/2 mul. longa, 4 lata (coll. Crosse).
Var. B paulo minor, viæ obtecte perforata, obscurior, maculis majoribus, in zonas obliquas, latiusculas confluen- tibus. — Diam. maj. 81/2, min. 7 3/4, alt. 5 mall. Apert. 3 1/2 mull. longa, 4 lata (coll. Grosse).
Hab. In loco « Bogota » dicto, Novæ-Caledoniæ (0. Ri- chard).
Coquille imperforée ou munie d'une fente ombilicale recouverte, turbinée, subglobuleuse, assez solide bien que peu épaisse, translucide, très-finement striée dans le sens longitudinal, d’un jaune olivâtre clair, avec un petit nombre de taches d’un brun marron, semées irrégulière- ment. Spire médiocrement élevée, à sommet légèrement aplati. Tours au nombre de 5 1/2, assez convexes et s’ac- croissant régulièrement; tours embryonnaires (1 1/2) lisses et d’un jaune corné clair; dernier tour non des- cendant, convexe du côté de la base. Ouverture en forme de croissant, de même couleur que le reste de la coquille, munie, à l’intérieur, d’une sorte de lamelle blanchâtre, mince, à peine saillante, partant de la columelle. Péri- stome simple, à bords séparés l’un de l’autre; bord colu- mellaire épaissi, légèrement dilaté, blanchâtre ; bords ba-
PL VAT
sal et externe minces et tranchants. — Plus grand dia- mètre de la coquille 9 millimètres, plus petit 8, hauteur 5 1/4. Longueur de l'ouverture 3 millimètres 1/2, lar- geur 4 (pl. L, fig. 4).
La variété £ se distingue par la présence d’une perfora- tion ombilicale non entièrement recouverte, par sa taille un peu plus petite, par sa coloration plus foncée, et par la disposition de ses taches, qui sont plus larges, plus nombreuses, confluentes, et finissent par former des bandes obliques, assez larges et d’un aspect très-origi- nal. — Plus grand diamètre de la coquille 8 millimètres 4/2, plus petit 7 5/4, hauteur 5. Longueur de l'ouverture 3 millimètres 1/2, largeur 4 (pl. I, fig. 4 a).
Cette espèce a été recueillie dans la localité nommée Bogota, sur les bords du lac de Kanala, par M. 0. Ri- chard, lieutenant de vaisseau. Les 5 individus recueillis, dont nous n’avons eu sous les yeux que 2, ont été trou- vés dans la mousse. Nous regrettons que l'existence anté- rieure d’un Helix Richardi, Férussac, nous ôte le plaisir de donner à cette jolie coquille le nom du collecteur à qui nous devons sa découverte.
5. Helix acanthinula (pl. I, fig. 6).
T,'umbilicata, depressa, subdiscoidea, tenuis, pellucida, haud nitida, striis inæqualiter rugulosis, confertis, sub- obliquis, longitudinaliter impressa, sub epidermide nigri- cante, olivacea, unicolor; spira depressa, planata; suturu impressa; anfr. 3 1/2 planati, penultimus obsolete carina- tus, ullimus non descendens, versus basin planiusculus, carinis 3 munitus, lacinias brevissimas, distantes, spinu- larum obtusarum more, emittentibus, prima carina sub- suturali, secunda mediana, tertia basali; apertura obliqua,
gg uL angulato-subovata, latiuscula, intus nitidula, olivacea ; perist. simplex, marginibus convergentibus , parum dis- tantibus, columellari fornicatim subdilatato, umbilici me- diocris partem exiguam obtegente, basali et externo acu- lis. — Diam. maj. k 1/2, min. 3 1/2, alt. 2 mall. Apert. 1 1/2 mill. longa, 2 lata (coll. Grosse). Hab. Noumea, Novæ-Caledoniæ (E. Marie).
Coquille ombiliquée, déprimée, subdiscoide, mince, transparente, terne, marquée de stries longitudinales serrées, inégalement rugueuses et légèrement obliques : coloration d'un vert olivâtre uniforme, sous un épi- derme noirâtre. Spire déprimée, aplatie : suture marquée, Tours au nombre de 5 1/2, aplatis; avant-dernier tour portant une carène obsolète ; dernier tour non descen- dant, muni de 5 carènes, la première voisine de la su- ture, la seconde médiane, la troisième basale. Sur ces carènes on remarque, de distance en distance, des lam- beaux d’épiderme très-courts, formant comme de petites épines obtuses, et sujets à disparaître facilement par le frottement. Ouverture oblique, presque ovale, anguleuse à cause des carènes, assez large, assez luisante à l’inté- rieur, et d’un vert olivâtre. Péristome simple, à bords convergents et peu éloignés l'un de l’autre : bord colu- mellaire légèrement dilaté près de l’ombilic, dont il recouvre une petite partie; bord externe et bord basal simples et tranchants. — Plus grand diamètre de la co- quille 4 millimètres 1/2, plus petit 5 4/2, hauteur 2. Lon- gueur de l'ouverture À millimètre 4/2, largeur 2.
Hab. Espèce recueillie par M. Marie à Nouméa, dans la mousse, sur le bord d’un ruisseau.
L’A. acanthinula (4) est remarquable par la présence
(1) Diminutif d'xéydivos Spinosus.
SD Ge
d'un épiderme particulier, qui lui donne un aspect noi- râtre, et qui, en se lacérant légèrement par endroits, sur les carènes, fait prendre à la coquille une apparence pres- que épineuse qu’elle n’a pas en réalité. Dans cet état, elle rappelle quelque peu l’Æ.!laciniosa de Lowe. Seule- ment, ces parties saillantes d’épiderme disparaissent faci- lement par le frottement, et c’est à peu près dans ce der- nier état que nous avons été obligé de figurer la coquille.
4. HELIX DENDROBIA (pl. I, fig. 5).
T. subrimata, turbinato-conica, tenuissima, pellucida , subhyalina, pallide viridulo-cornea , unicolor ; spira sub- elevata; sutura mediocriter impressa; anfr. 5 1/2 pla- niusculi, uliimus non descendens, obsolete subangulatus, versus basin convextiusculus; apertura subquadrato-luna- ris, concolor; perist. simplex, acutum, margine columel- lari vix ad insertionem fornicatim reflexo.—Diam.maj.5, min. k, alt. 4 1/2 mall. Apert. 2 1/2 mul. longu, 2 1/2 lata (coll. Crosse).
Hab. Koe, Novæ-Caledoniæ : species arboricola(E. Marie).
Coquille pourvue d’une faible fente ombilicale, de forme conique, turbinée, très-mince, transparente, presque cris- talline, et d’un ton corné verdâtre uniforme. Spire assez élevée : suture médiocrement marquée. Tours au nombre de 5 1/2, presque plans; dernier tour non des- cendant, très-faiblement anguleux, légèrement convexe du côté de la base. Ouverture presque quadrangulaire, de mème couleur que le reste de la coquille. Péristome simple, tranchant ; bord columellaire à peine réfléchi à son point d'insertion. — Plus grand diamètre 5 milli- mètres, plus petit 4, hauteur 4 1/2. Longueur de l’ou- verture 2 millimètres 1/2, largeur 2 1/2 également.
DR") 1
Cette espèce a été trouvée, sur le point nommé Koe, par M. E. Marie, notre zélé correspondant, à qui nous devons également la communication des trois autres : elle a été
recueillie sur les arbres, ce qui-nous a porté à la nommer H. dendrobia (1). Hy€:
Description d'espèces nouvelles,
PAR H. CROSSE.
1. Vozura Ruckert (pl. I, fig. : de
Voluta Rückeri, Crosse, Journ. Conchyl., 1867 (p. 444),
Coquille ovale-oblongue, légèrement renflée, assez épaisse, luisante. Son système de coloration se compose d'innombrables points d’un brun orangé, et de petites taches blanchâtres, inégales, serrées, toujours triangu- laires, ayant quelque peine à se détacher sur le fond qui est d’un blanc carnéolé pâle. De plus, on voit régner, sur le dernier tour de la coquille, 5 zones un peu plus foncées que le reste, largement et irrégulièrement ma- culées de rouge vif : la première part de la suture et dépasse l’angle des tubercules, la deuxième est médiane, la troisième presque basale. Spire médiocrement allongée, terminée par un sommet obtus et mamelonné. Tours au nombre de 7, séparés par une suture assez irrégulière, à peu près plans. Les 4 premiers, constituant le sommet, sont d’un blanc carnéolé livide et forment un mamelon large, pourvu de nodulations obsolètes; les suivants sont à peu près plans, légèrement concaves à leur partie mé-
(1) Aëéydeoy arbor, Gios Vita.
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diane; le dernier, légèrement ascendant et beaucoup plus grand que la spire, est très-finement strié et présente, à une hauteur correspondant à celle de l'insertion du bord droit, un angle peu prononcé, supportant une série trans- verse de tubercules. L'ouverture est ovale-allongée et forme un angle aigu près du point d'insertion. Le péri- stome est d’un rouge carnéolé vif. Le bord columellaire porte 4 plis fortement prononcés, et il donne naissance, à sa partie externe et à la hauteur du premier pli, à une ligne saillante, de mème couleur, subanguleuse et se pro- longeant jusqu’à l’émargination basale : tout l’espace compris entre cette ligne et le bord columellaire interne est blanchâtre, avec un certain nombre de petits points peu marqués et d’un bran orangé. Le bord externe est médiocrement épais ; la partie basale interne et l’intérieur de l'ouverture sont d’un rouge carnéolé vif.—La longueur totale de la coquille est de 75 millimètres, son plus grand diamètre de 40. La longueur de l'ouverture est de 63 mil- limètres, la largeur de 21 (coll. Crosse).
Nous avons vu quelques individus présentant, dans la forme générale et la coloration, des différences qui nous ont servi à établir notre variété B : elle se distingue du type par sa taille un peu plus petite, sa forme allongée, moins renflée, plus subulée, et par le plus grand dévelop- pement des taches rouges de ses zones. L’individu mesuré par nous avait 70 millimètres de longueur, sur un dia- mètre de 54 : son ouverture avait 54 millimètres de lon- gueur sur 17 de largeur.
Le V. Rückeri à été recueilli par M. Rücker, auquel nous le dédions, à Nichol Bay, Swan River, Australie (este Wright).
Cette belle espèce est très-voisine du V. piperata, So- werby, dont elle reproduit la forme générale, les plis,
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l'ouverture et les 5 zones du dernier tour, et dont nous étions d’abord tenté de la considérer comme une variété. Mais elle s’en éloigne par le manque des rayures longitu- dinales ondulées, espacées et d’un noir olivâtre, qui carac- térisent l’autre espèce : sa coloration dorsale est différente et se rapproche plutôt, comme ton, de celle des V. aulica et V. rutila. Enfin le V. piperata ne possède pas les nombreuses petites taches blanchâtres et toujours trian- gulaires que nous avons signalées plus haut, et provient de l’île Woodlark, tandis que notre espèce est austra- lienne.
2. Burimus MemBiezinus (pl. I, fig. 2).
Bulimus Membielinus, Crosse, Journ. Conchyl., 1867, p. 445.
Coquille munie d’une perforation ombilicale étroite, ovale-allongée, assez mince, marquée de stries longitudi- nales légèrement rugueuses, obsolètes et peu apparentes, assez brillante, Sur un fond blanchâtre, elle est ornée transversalement d’une fascie d’un brun noirâtre, peu marquée par endroits, et longitudinalement de rayures d’un brun plus clair, presque fauves, assez larges, fulgu- rées et quelquefois confluentes : la fascie et les rayures portent un grand nombre de points blancs, qui se dé- tachent sur elles, et constituent un système de coloration très-original. La spire, en forme de cône allongé, se termine par un sommet peu aigu : la suture est simple. Les tours, au nombre de 6 1/2, sont convexes ; les 2 pre- miers (embryonnaires) sont blanchâtres; l’avant-dernier est un peu renflé; le dernier, à peine ascendant et un peu plus grand que la spire, est légèrement allongé et un peu atténué à la partie basale. L'ouverture est verticale,
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peu large, presque ovale, d’un blanc livide, et laisse voir, à l'intérieur, les rayures par transparence. Le péristome est simple, d’un fauve orangé, développé de tout côté, et réfléchi. Le bord columellaire est légèrement tordu; le bord droit est, sur ja partie externe située dans le voisinage du limbe, d’un blanc jaunâtre uniforme. — La longueur totale de la coquille est de 56 millimètres, son plus grand diamètre de 15. L'ouverture, y compris le péristome, a 18 millimètres de longueur et 12 1/2 de largeur.
Cette espèce vit dans la république de l'Equateur, et nous a été communiquée par notre honorable correspon- dant, M. Patricio Paz y Membiela, de la riche collection duquel fait partie l’exemplaire figuré, et à qui nous nous faisons un plaisir de la dédier.
Par sa fascie et ses rayures constellées de taches blanches, notre espèce se rapproche du B. glaucostomus, Albers, mais elle s’en distingue facilement, car elle n’a qu’une fascie transverse, tandis que l’autre en a trois; elle est striée longitudinalement, et non finement décussée. Enfin, elle est plus allongée, plus étroitement ombiliquée ; le nombre de ses tours est différent, la forme de son ou- verture n’est pas la même, et son péristome est d’un fauve orangé, au lieu d'être violet. On peut la comparer encore au B. (Otostomus) pulcherrimus, H. Adams, espèce récem- ment décrite dans les Proceedings de la Société géologique de Londres (1866, p. 442, pl. xxxvur, fig. 5), et pourvue également de taches blanches, mais d’ailleurs très-différente sous tous les autres rapports.
5. DIPLOMMATINA MARTENSI.
Diplommatina (Diancta) Martensi, H. Adams, in Proc. zool. Soc., 1866, p. 446, pl. xxxvu, fig. 41 (date réelle de publication 4687).
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Diplommatina paradoxa, Crosse, Journ. Conchyl., octobre 1867, p. 449.
Nous avons donné récemment, sous ce dernier nom, la diagnose d’une espèce que M. H. Adams s'est trouvé avoir décrite quelques mois avant nous, ainsi que nous avons pu nous en convaincre récemment en lisant la troi- sième partie des Proceedings de 1866, qui ne nous est parvenue que postérieurement à l'impression de notre der- nier numéro d'Octobre. L'identité &es deux espèces nous paraissant incontestable, notre nom doit passer en svno- nymie, puisque l’autre a l’antériorité.
HELIx TOURNOUERI.
T. subobtecte rimata, turbinata, subglobosa, crassius- cula, suboblique striatula, albida, zonis rufo-castanets, albido punctatis transversim ornata; spira convexæiuscula, apice obtusula ; sutura impressa; anfr. 5 1/2 requlariter accrescentes, vix conveæiusculi, embryonales 1 1/2 lœves, livide albido-lutei, sequentes transversim bizsonati, ultimus descendens, antice defleæus, medio obtuse subangulatus, zonis k transversis, rufo-castaneis, albido irregulariter punctato-muculatis cinctus, prima suturali et tertia basali minoribus, secunda fere mediana et quar taumbilicali latis; apertura obliqua, subquadrato-lunaris, intus albida ; pe- rist. subduplicatum, incrassatum, reflexum, album, mar- ginibus callo crasso continuo, prominulo junctis, columel- lari expanso, umbilicum fere omnino obtegente, intus cal- loso, basali rotundato, externo ad insertionem subangulato. — Diam. maj. 28, min. 23, alt. 16 maill.
Hab. Indo-China ? HAC
er)
Description de €Coquilles fossiles des terrains tertiaires supérieurs (suite),
PAR M. C. Mayer (1).
119. SOLENOMYA GIGANTEA, Mayer (pl. If, fig. 4).
S. testa elongato-oblonga, transversa, valde inæquila- terali, compressa, tenui et fragili, transversim irregula- riler substriata, longitudinaliter radiata; radiis validis, postice latioribus; interstitiis latiusculis; latcre antico leviter attenuato, extremitate rotundato; postico prælongo, recto, extremitate paulum dilatato, fere perpendiculariter truncato, hiante; palliari levissime sinuoso ; umbonibus minutis, depressis. — Long. 85, lat. 33 mill.
Coquille oblongue-allongée, transverse, très-inéquilaté- rale, comprimée, mince et fragile, irrégulièrement et lé- gèrement striée en travers et ornée, en outre, de rayons longitudinaux très-forts, surtout sur le côté postérieur, où ils atteignent presque le double de la largeur des inter- stices. Côté antérieur légèrement atténué, arrondi à son extrémité; côté postérieur très-long, droit, un peu élargi et presque perpendiculairement tronqué à son extrémité, bâillant de ce côté. Côté palléal légèrement sinueux. Cro- chets petits et déprimés.
Cette belle Solénomye diffère du S. mediterranea, V'es- pèce qui s'en rapproche le plus pour la taille, par ses dimensions presque doubles, par la longueur du côté
(1) Voir Journ. Conchyl., 1866, p. 172, et années précédentes,
ts —
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antérieur, la troncature du côté postérieur et par ses rayons beaucoup plus forts. Elle est plus voisine du S Doderleini, mais s’en distingue, en outre de sa taille, par l'élargissement et la troncature perpendiculaire du côté postérieur. Les autres Solénomyes sont de petite taille.
La Solénomye gigantesque est une espèce fort rare, et je n’en connais que deux individus, dont l’un se trouve dans la collection de M. le professeur Gastaldi. Elle pro- vient des marnes schisteuses à Ptéropodes, de la colline de Turin, marnes qui correspondent à l'étage langhien de M. Pareto, soit aux faluns bleu et jaune de Saucats et de Léognan.
120. IsocARDIA CYTHEROIDES, Mayer (pl. II, fig. 6).
1. testa ovato-transversa, paulum convexa, valde inæ- quilaterali, fragili, concentrice irrequlariter striatula, longitudinaliter tenuissime et obscure radiolata, latere antico brevi, depresso, rotundato ; postico declivi, superne paulum planulalo, extremitate oblique subtruncato ; wm- bonibus tumidis, obtusis, recurvis; lunula indistincta, con- vexæa; cardine anqusto, bidentato; dente sublunulari bipar- tito. — Long. 35, lat. 25 mill.
Coquille ovale-transverse, peu convexe, très-inéquilaté- rale, assez mince et fragile, irrégulièrement et légèrement striée en travers et obscurément radiolée de stries longi- tudinales très-fines et superficielles. Côté antérieur court, déprimé et arrondi ; côté postérieur incliné, légèrement aplati et légèrement tronqué en sens oblique. Crochets épais, obtus et recourbés. Lunule indistincte, convexe. Charnière étroite, composée d’une lame ligamentaire et de deux dents cardinales, dont l’antérieure est formée de deux pièces soudées ensemble.
Voisine tout au plus de l’Isocardia transversa, Nyst,
— 10% —
cette espèce s’en distingue par sa taille de beaucoup moindre, sa forme beaucoup moins renflée, son manque absolu de carène, à l'instar des Z. cor., Burdigalensis et Forchhammeri, ainsi que par sa lunule et sa charnière différente. C’est une forme intermédiaire entre les types cités (1).
L’exemplaire unique qui représente l’espèce provient des couches helvétiennes inférieures du pied sud de la Superga, entre Pino-torinese et Baldissero.
421. CLEODORA PEDEMONTANA, Mayer (pl. Il, fig. 2).
Cl. testa elongato-trigona, pyramidali, lateribus com- pressa, medio ventricosiuscula, apice acutissima, ad aper- turam coarctata; sulculis transversis, coarctatis, numero- sis (cire. 30), œæqualibus, ornata. — Long. 26, lat. AA mal.
Coquille trigone-allongée, pyramidale, comprimée sur les flancs, légèrement renflée sur le dos, à sommet très- pointu et à ouverture arquée; ornée de petits sillons transverses, arqués, assez nombreux et égaux.
Voici, je pense, l’analogue fossile du C!. balantium, de Rang. Je dis seulement l’analogue, parce qu’en effet il présente plusieurs caractères particuliers, qui le dis- tinguent suffisamment. Il est moins renflé, de forme plus nettement pyramidale que l'espèce actuelle, moins large pour sa longueur, sans traces de plis longitudinaux laté- raux, et ses sillons transverses sont plus nombreux et étroits, et peut-être un peu moins forts que ceux du Cl. balantium (2).
(4) Forme embarrassante. Est-ce bien réellement un /socardia?
H. CROSSE. (2) Cette forme curieuse est, selon nous, parfaitement dis-
tincte du C. balantium. L’analogie est générique et nullement spécifique. H. CRossE.
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La Cléodore piémontaise n’est pas rare dans les marnes à Ptéropodes (étage langhien) des environs de Serravalle- di-Scrivia, d’Acqui et de Turin. J’ignore si elle passe dans les étages supérieurs.
122. CLEODORA PULCHERRIMA, Mayer (pl. IL, fig. 5).
C1. testa elongato-trigona, pyramidali, compressa, apice acutlissima, subulata, ad aperturam coarctata; sulculis transversis, tenuibus, coarctatis, numerosis (cire. 40), æqualibus, ad latera retroarctatis, carinisque longitudi- nalibus septenis, alternantibus, obtusis, interstitiis paulo angustioribus , à striis transversis granulosis , ornata. — Long. 20, lat. 12 mull.
Coquille trigone-allongée, pyramidale, comprimée, à pointe rétrécie et subulée, à ouverture arquée; ornée de petits sillons transverses, arqués, étroits, nombreux et égaux, recourbés sur les côtés, et de sept carènes longitu- dinales alternantes, obtuses, un peu plus étroites que leurs interstices, découpées par les sillons transverses en petites granulations et formant ainsi un réseau très-élégant.
À une forme très-voisine de celle du C{. balantium, cette espèce joint des ornements particuliers, que je ne retrouve dans aucune des Cléodores à moi connues.
Marnes à Ptéropodes des environs de Serravalle-di-Scri- via et d'Acqui. Un peu plus rare que l'espèce prédédente.
123. CARINARIA Pareror, Mayer (pl. IL, fig. 4).
C. testa subcapuliformi, compressiuscula, tenuissima el fragillima, spira brevissima, involuta; dorso carinata ; carina depressa, late cristata ; transversim plicata; plicis crassiusculis, sæpe alternantibus, leviter fleæuosis, inferne bi-vel tripartitis, superne simplicibus, leviter protractis, subfalciformibus. — Long. 19, lat. 10 mal.
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Coquille de forme intermédiaire entre le bonnet phry- gien et la corne d’abondance, légérement comprimée, extrèmement mince et fragile, carénée et plissée en tra- vers. Spire très-courte et involvée. Carène dorsale dépri- mée, assez largement dentelée. Plis assez épais, souvent alternants, légèrement flexueux, bi ou tripartis au tiers inférieur des flancs, simples, légèrement courbés en avant et presque falciformes près du dos. ;
Espèce voisine du C. fragilis, mais plus petite, moins élargie à la base, à carène moins élevée et à plis plus forts, non bipartis près de la carène.
J'ignore si la Carinaire inédite que cite M. E. Sis- monda dans son Synopsis est la mème espèce que la mienne : je n’ai donc pas pu adopter le nom que M. Bel- lardi a proposé pour celle-là. Mon espèce provient des marnes langhiennes de Serravalle-di-Scrivia. — Trois exemplaires.
424. TurriTELLA DERTONENSIS, Mayer (pl. II, fig. 6).
T. testa turrita, crassiuscula et solida; anfractibus cire. 10, convexiusculis, Spiraliter grosse strialis, bi-vel tricarinalis ; carina media majore, crassa et oblusa ; in- feriore. dimidio minore ; superiore tenui, plus minusve evanescente, suturæ approæimata; ultimo anfractu sæpe
leviter attenuato; apertura paulum obliqua, ovato-qua- drata. — Long. 32, lat. T mill.
Coquille turriculée, assez épaisse et solide, formée d’en- viron dix tours assez convexes, grossièrement striés en travers et munis, en outre, de deux ou trois carènes spi- rales, dont la moyenne est la plus forte, grosse et obtuse, l'inférieure moitié moins forte, et la supérieure très-faible, souvent à peu près nulle, rapprochée de la suture. Der-
— 107 — nier (our souvent légèrement atténué. Ouverture un peu oblique, ovale-carrée.
Commune dans les marnes tortoniennes de Sassuolo, près de Modène, où le T. triplicala est assez rare, tandis qu'elle est clair-semée dans celles de Stazzano, près de Tortone, où le T. triplicata abonde, cette espèce se dis- tingue de son analogue à sa taille moindre, à son test plus épais et solide, à ses tours moins nombreux et plus con- vêxes; enfin, à ses carènes plus inégales, dont l’inférieure occupe presque tout l'espace entre la moyenne ct la suture, tandis que dans le T. triplicata les trois carènes sont éga- lement espactes.
125. CEriTHIUM DERTONENSE, Mayer (pl. HI, fig. 5).
C. testa turrita, crassiuscula et solida; anfractibus cire. 12, angustis, Sutura impressa separatis, convexius- culis, spiraliter humile paucisulcatis, longitudinaliter nodoso-plicatis ; nodis medianis, crassiusculis, subacutis, satis distantibus ; superne noduloso-plicatulis ; ultimo an- fractu leviter attenuato, inferne bicarinato et tristriato; labro paulum incrassato; aperturu leviter obliqua, ovali. — Long. 25, lat. 9 mill.
Coquille turriculée, assez épaisse et solide. Tours au nombre de douze environ, étroits, séparés par une su- ture marquée, assez convexes, ornés de quelques sillons transverses peu profonds, de plis longitudinaux noduleux sur le milieu des tours, assez épais, presque aigus et sen- siblement espacés, ainsi que d’une rangée de petits plis noduleux bordant la suture supérieure. Dernier tour légèrement atténué, orné, à la base, de deux carènes et de trois fortes stries spirales. Bord libre un peu épaissi. Ou- verture légèrement oblique et ovale.
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Ce joli Cerithium ressemble beaucoup au C. granulinum (ou Bronni) avec lequel il se trouve dans les marnes tor- toniennes des environs de Modène et de Tortone; mais il en diffère spécifiquement par ses nodosités beaucoup plus fortes et plus isolées, par son manque de varices, sauf sur le dernier tour, et par ses sillons transverses moins nom- breux. Quoique j'en aie plus de cent exemplaires sous les yeux, je n’ai pas encore réussi à observer de passages entre lui et l'espèce voisine. ;
126. CanceLLARIA DobERLeINI, Mayer (pl. IT, fig. 5).
C. testa ovali, ventricosa, crassiuscula et solida ; spira brevi, conica, apice acuta; anfractibus 6, velociter incres- centibus, spiraliter striatis; striis alternantibus, undula- lis, longitudinaliter costatis; costis crassis, satis densis, interstiliis plus minusve æqualibus, noduloso-crispatis ; ullimo anfractu maximo, superne leviter strangulato; apertura magna, oblonga; labro acuto; columella callosa, biplicata ; canalx contorto, extus lamelloso. — Long. 22, lat. 16 mul,
Coquille ovale, ventrue, assez épaisse et solide. Spire courte et conique, à sommet aigu. Tours au nombre de 6, s’accroissant rapidement, ornés des tries spirales alter- nantes, sensiblement ondulées et de côtes longitudinales un peu obliques, épaisses, assez rapprochées, un peu plus ou un peu moins larges que leurs interstices, noduleuses ou légèrement crispées. Dernier tour très-grand, légère- ment concave non loin de la suture. Ouverture grande et oblongue. Bord libre tranchant. Columelle calleuse, munie de deux plis distincts. Canal tordu, couvert extérieure- ment d’imbrications lamelieuses.
Espèce du groupe des ©, inernus et callosa, à peu près
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de la forme de la seconde, à côtes plus nombreuses, moins fortes et à stries transverses beaucoup plus fortes, décou- pant les côtes en granulations épineuses.
N'ayant pu, à mon dernier passage à Modène, me pro- curer le nom que M. Doderlein a sans doute donné à cette Cancellaire inédite, je me permets de la lui dédier, don- nant ainsi à une espèce caractéristique des marnes torto- niennes subapennines le nom du paléontologue qui s’est le plus occupé de ce niveau intéressant.
Cette espèce n’est pas fort rare à Sassuolo et à Stazzano.
127. PLeuroToMaA MENEGgiNu, Mayer (pl. IL, fig. 5).
PI. testa fusiformi, crassa et solida ; spira turrita ; an- fractibus 9, paulum angustis, conveæiusculis, medio tuber- culosis, superne et inferne bi-vel tristriatis; ultimo spiram æquante, basin versus sensim attenuato, inferne sulculis densis, punctatis, arato; labro tenui; canali brevi, con- torto. — Long. 27, lat. A0 mall.
Coquille fusiforme, épaisse et solide, à spire turriculée. Tours au nombre de neuf, un peu étroits, légèrement convexes, ornés, en leur milieu, d'assez gros tubercules ar- rondis, et, en dessus et en dessous, de deux ou trois stries spirales peu élevées. Dernier tour aussi long que la spire, s’atténuant peu à peu vers la base, couvert, en dessous des tubercules, de nombreux petits sillons spiraux, rapprochés et ponctués. Bord libre mince. Canal court et légèrement tordu.
Espèce du groupe des PI. festiva, Heckeli, pannus, ete., ayant à peu près la forme du PI. coronata, sauf le canal, mais à tubercules beaucoup plus forts et moins nom- breux, à l'instar du PI. spinescens.
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Pas absolument rare dans les marnes tortoniennes de Sassuolo, près de Modène.
v
128. PLEuRoTOMA PARETOI, Mayer (pl. IL, fig. 2).
PI. testa turrita, elongata, crassa; anfractibus 12, pau- lum angustis, convexis, superne marginatis, lœævigatis, dorso spiraliter striatis et longitudinaliter costatis; striis remotis, allernantibus : costis crassissimis, verticalibus , obtusis, nodiformibus, interstitiis æqualibus; uliimo an- fractu brevi, in caudam brevem, crassam, repente exeunte; labro acuto; apertura ovato-oblonga; canali lato, contorto. — Long. 45, lat. 14 maill.
Coquille turriculée et allongée, épaisse et solide. Tours au nombre de douze, un peu étroits, convexes, bordés d’un petit bourrelet et lisses près de la suture, striés en travers et noduleux sur leurs parties moyenneetinférieure. Stries élevées et alternantes. Côtes très-fortes, verticales, obtuses et noueuses, aussi larges que les interstices. Der- nier tour assez court relativement à la spire, s’atténuant presque subitement en une queue courte et large. Bord libre aigu. Ouverture ovale-oblongue. Canal large, légè- rement tordu.
Dans sa monographie des Pleurotomes du Piémont, M. Bellardi a réuni ce Pleurotome, à titre de variété, à l’espèce que lui a dédiée M. des Moulins. Quoiqu’en effet ces deux formes soient très-voisines l’une de l’autre, je pense néanmoins que l’on ne peut se dispenser de les sé- parer spécifiquement, la première différant de la seconde, 1° par sa taille de beaucoup supérieure, 2° par sa forme en massue et non en fuseau, 3° par son canal très-court et comme tronqué, 4° par ses côtes relativement plus fortes, et 5° par ses stries plus fines, inégales et alternantes.
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L'espèce nouvelle est peu répandue dans les marnes tortoniennes de Stazzano, où le P. Bellarch est assez com- mun. .
129. PLEUROTOMA SAXULENSIS, Mayer (pl. IT, fig. 4).
PI. testa fusiformi, crassa et solida; spira breviuscula, acuta; anfractibus 8, planulatis, subcontabulatis, leviga- lis, superne marginatis, obscure tuberculatis, medio levi- ter concavis, inferne tuberculis semitectis instructis; ul- timo anfractu spira longiore, medio tuberculis oblongis, crassis, distantibus, basin versus evanescentibus, inferne striis spiralibus tenuibus instructo, in caudam brevem , latam, contortam exeunte ; sinu lato, profundo ; labro te- nur; apertura angusta. — Long. 25, lat. AA muill.
Coquille fusiforme, épaisse et solide, à spire assez courte et pointue. Tours au nombre de huit, aplatis et légère- ment contabulés, lisses, sauf le dernier, bordés du côté supérieur par un bourrelet obscurément tuberculeux, lé- gèrement concaves en leur partie moyenne, munis,'du côté inférieur, de gros tubercules à demi recouverts par le tour suivant. Dernier tour plus long que la spire, à tubercules oblongs, épais et obtus, distants et atténués vers la base, couvert, de ce côté, destriesspiralesassez fines. Canal court, large et tordu. Echancrure large et profonde. Bord libre mince. Ouverture étroite.
Ce Pleurolome assez singulier appartient au groupe du PI. asperulata et vient se placer entre les PI. Schreibersi et Agassizi (Doderleini, Hærnes), dont il diffère principa- lement par ses nodosités beaucoup plus fortes et distantes.
On le trouve peu fréquemment dans les marnes tor- toniennes de Sassuolo, près de Modène.
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150. CassrparIA VuLzGaris, Mayer (pl. IL, fig. 1).
C. testa ovata, tenui ; spira exserta, conica; anfracti- bus convexis, spiraliter striatis; striis alternantibus ; ultimo anfractu magno, globuloso, multicarinulato, in caudam brevem, oblique contortam , exeunte ; labro mar- ginato. — Long. 25, lat. 19 mul.
Coquille ovale, mince et fragile, à spire proéminente et conique. Tours convexes, ornés de stries spirales alter- nantes. Dernier tour grand et globuleux, couvert d’un grand nombre de petites carènes inégales, terminé par un canal court, oblique et tordu. Bord libre muni, à l’exté- rieur, d’un bourrelet étroit.
Voici, je pense, le prédécesseur naturel du C. echino- phora, dont il ne se distingue que par sa taille infiniment plus petite et par son manque de nodosités sur les carènes supérieures (1). La constance de ces caractères au niveau desquels l'espèce est propre ne permet guère de la consi- dérer comme une simple variété de l'espèce récente, d’au- tant moins que celle-ci n’est vraisemblablement pas la seule qui lui soit alliée.
Cette petite Cassidaire est, par endroits, fort commune dans les marnes langhiennes, surtout aux environs de Serravale-di-Scrivia et d’Acqui. C. M.
(1) Voici encore un point au sujet duquel nous devons faire nos réserves. La forme que décrit M. Mayer, dans son intéressant article, sous le nom de C. vulgaris, est, pour nous, très-douteuse au point de vue générique, et ses rapports avec le €. echinophora nous semblent contestables. H. CROSSE.
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BIBLIOGRAPHIE,
British Conchology, or an account of the Mol- lusca which now inhabit the British isles and the surrounding seas. — Vol. IV. Marine shells, etc., by (Conchyliologie britannique, ou énumération des Mollusques vivants qui habitent les îles Britanmiques et Îles mers environ- nantes. — Volume IV. Coquilles marines, comprenant la suite des Gastéropodes jusqu'à la famille des Bulliäæ inclusivement, par) J. Gwyn Jeffreys (A):
Le quatrième et avant-dernier volume de l'ouvrage de M. Jeffreys vient de paraître. Il n’est pas moins intéres- sant que les précédents. L'auteur décrit comme espèces nouvelles l’Achis Walleri, le Cerilopsis Barleei, le Nassa nihda (établi pour une forme plus petite et plus étroite que le N. retivulata typique, el remarquable en outre par son brillant), le Columbella Hahæeti, le Philine anqulata et le P. nitida. X propose le genre Buccinopsis pour le Buccinum Dalei et le genre Torellia (nom manuscrit de Lovén) pour la curieuse coquille décrite par lui sous le nom de Recluzia aperla, et dont il croit devoir modifier
(1) Londres, 1867, chez John Van Voorst, Paternoster row. Un vol. in-8, cartonné, de 486 pages d'impression, accompagné de 9 planches, dont une est coloriée. Prix : 42 sh. (15 fr.).
8
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également le nom spécifique : il la désigne actuellement sous le nom de Torellia vestita, à cause de son épiderme velouté. Quelques genres d’une étude difficile au point de vue de la distinction des espèces, les g. Rissoa, et Odo- stomia, ainsi que les Bullidæ, par exemple, nous parais- sent traités avec une véritable supériorité. Nous conti- nuons à regretter que l’auteur n’ait pas cru devoir com- prendre dans le cadre de son ouvrage la diagnose latine des espèces, et nos regrets sont d'autant plus vifs que nous le connaissons pour un excellent latiniste, et que par con- séquent il ne peut arguer d’ignorance à cet égard. Nous lui reprochons aussi d’avoir tenu à conserver le détestable nom de Scalaria Turtonis, Turton, les lois de la nomen-- clature proscrivant absolument les dédicaces d'espèces à soi-même ou à son propre nom de famille, ce qui revient au même. M. Jeffreys a beau modifier le nom primitif et le changer en $S. Turtonæ, sous prétexte que Turton a eu l'intention de donner à l'espèce, non pas son propre nom, mais celui de sa fille : cette dénomination, modifiée ou non, ne nous parait pas admissible, et nous pensons qu'on doit le remplacer par un des noms qui ont été donnés depuis à la même espèce (S. elegans, Risso; S. tenuicosta, Michaud, S. planicosta, Bivona). Enfin, nous considérons le Fusus contrarius, Linné, comme une bonne espèce, particulièrement abondante sur les côtes du Portugal, et non point, ainsi que le dit l’auteur, comme une variété sénestre du F. antiquus, Linné.
Cette part faite à la critique, qui ne doit jamais perdre ses droits, il ne nous reste que des éloges à donner au nouveau livre de M. Jeffreys, car il nous semble tout à fait à la hauteur de sa réputation scientifique. Au point de vue (le la connaissance de la distribution géographique des Mollusques marins dans les eaux anglaises, nul ouvrage
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scientifique, à notre connaissance, ne donne des rensei-
gnements plus complets ni plus précieux. Nous avons tout
lieu de croire que le dernier volume, qui doit terminer
cet important travail, ne se fera pas attendre longtemps. H. Cross.
Die Conchylien des Mittelmeeres, ihre geogra- phische und geologische Verbreitung. Von {Les Coquilles de la Méditerranée, leur distribu- tion géographique et géologique. Par) m. €. Weinkauff. - Premier volume. — Follusques acéphalés (1).
Notre honorable collaborateur, M. Weinkauff, dont nos lecteurs n’ont pas oublié sans doute les intéressantes pu- blications sur la faune malacologique marine de l Algérie, vient d'entreprendre, pour la Médilerranée, ce dont M. Jeffreys s’est si brillamment acquitté pour les mers des îles Britanniques. Le besoin d’un travail de ce genre se faisait sentir depuis longtemps, car l'ouvrage de Philippi, excellent pour l’époque à laquelle il a été publiée, était devenu bien insuffisant, depuis les importantes additions faites, dans ces dernières années, à la faune conchyliolo- gique de la Méditerranée : de plus, il était spécial à la Si- cile. C’est donc avec plaisir que nous accueillons le nou- vel ouvrage de M. Weinkauff, que ses travaux antérieurs, ses voyages sur divers points de la Méditerranée, et les
(1) Cassel, 1867, chez Théodore Fischer, éditeur. Un volume grand in-8° de 301 pages d'impression.
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nombreux matériaux recueillis par lui, rendaient émi- nemment propre à traiter ce difficile sujet.
Le premier volume comprend l’ensemble des Acépha- lés (Dimyaires, Monomyares et Brachiopodes). L'auteur a suivi la classification du dernier ouvrage de M. Deshayes sur les Animaux sans vertèbres du bassin de Paris, et, à notre avis, c’est ce qu’il pouvait faire de mieux, en ce qui concerne les Hollusques acéphalés. L'ouvrage nous pa- raît fait avec un grand soin, et il a dû occasionner à l’au- teur beaucoup de travail et de recherches, car la synony- mie est établie non-=seulement pour les espèces à létat vivant, mais encore pour celles d’entre elles, et le nombre en est considérable, qui se retrouvent également à l’état fossile. Les diverses localités dans lesquelles les coquilles ont été recueillies authentiquement sont toutes minutieu- sement relevées avec la citation des autorités, les profon- deurs, enfin tous les détails connus dans l’état actuel de la science, et susceptibles d’intéresser les naturalistes. Cha- que espèce est successivement étudiée par l'auteur au point de vue critique, et lesopinions émises à son endroit, dans les ouvrages antérieurs, sont contrôlées et rectfiées, quand il y a lieu.
La seule chose que nous regrettons dans cet important travail, c’est qu'il ne soil pas accompagné de quelques planches représentant, non pas la totalité des espèces mé- diterranéennes, ce qui exigerait un trop grand nombre de figures, mais au moins les formes mal connues et res- tées douteuses jusqu'ici, par suite du manque ou de l’im- perfection des documents iconographiques, et les espèces qui ont été décrites comme nouvelles depuis la publica- tion du dernier volume de Philippi.
Quoi qu'il en soit, le livre de M. Weinkauff est, de beaucoup, le plus complet et le meilleur travail que nous
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connaissions sur l’ensemble de la faune malacologique de la Méditerranée, et nous le considérons comme indispen- sable, non-seulement aux naturalistes qui s'intéressent à l'étude des Mollusques des mers d'Europe, mais encore à ceux qui s'occupent exclusivement de fossiles des terrains tertiaires. H. CROSsE.
«
Fauna der Kieler Bucht von (Faune de la haïe de Kiel par) M. 4. Meyer Et K. Mébius. — Pre- mier volume : @pisthobranehia (1).
Les auteurs, après un travail préliminaire très-détaillé et fort bien fait sur les conditions d'existence des Sfollus- ques dans la baie de Kiel, et sur les rapports de cette faune avec celle des mers environnantes, étudient successive- ment, et avec les plus grands détails, les Opisthobranches dont ils ont constaté la présence. Ces Mollusques sont au nombre de 19 (16 Nudibranches et 3 Pomatobranches). Une seule espèce est décrite comme nouvelle, l’Embleto- mia Mariæ. L'ouvrage est édité avec beaucoup de luxe et mérite une place distinguée à côté de l’admirable livre de MM. Alder et Hancock. Les planches sont fort bien exécu- tées, et les animaux s’y trouvent représentés d'après na- ture avec leur véritable coloration : nous citerons aussi, comme l’une des parties les plus remarquables de ce beau
(1) Leipzig, 1865, chez W. Engelmann. Un volume grand in-4° de 88 pages d'impression, accompagné de 26 planches, dont 20 sont coloriées.
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livre, les figures qui concernent l’armature linguale des Nudibranches et des Bullidæ. Les diverses parties des radula de toutes les espèces citées sont représentées avec des grossissements considérables, et c’est là un véritable service que les auteurs ont rendu à la science, encore assez pauvre en documents de cette nature, les anatomistes ayant eu jusqu'ici le tort de beaucoup trop négliger cette partie intégessante de l’organisation des Hollusques Gas- téropodes. Nous appelons sur l’excellentlivre de MM. Meyer et Môbius l'attention des naturalistes, et nous espérons que le second volume, actuellement en préparation, qui doit comprendre la fin des Gastéropodes et les Acéphales, se maintiendra à la hauteur de celui dont nous venons de parler. H. CROSSE.
Novitates Conchologicæ. Série I : MFollusea ex- tramarinma. Descriptions et figures de Coquitles terrestres Cl fluviatiles nouvelles ou peu con- nues. Par le D' &. Pfeiffer {1}. Vol. [ et El com- plets, et livraisons 25, 26 et 27 du vol. IL. — Série IT : Molinsen marina. Par le D' —Dun- ker (2). — Livraison 10. — Supplément HET. Monographie der Molluskengattung Venus,
(4) Cassel, 1864-1867, chez T. Fischer, éditeur. Vol. I, in-4° de 134 pages d'impression avec 36 planches chromolithogra- phiées. Vol. Il, de 169 pages d'impression avec 36 planches chromolithographiées. Prix : 6 franes par livraison.
(2) Cassel, 1867, chez T. Fischer, éditeur. In-4° de 8 pages d'impression avec 3 planches chromolithographiées. Prix : 6 francs.
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Linné. Von (Monographie du genre Venus. Par) le DE. Hômer (1). — Livraisons 8 et 9.
M. le docteur L. Pfeiffer a terminé, en 1866, la publi- cation du deuxième volume de ses Novitates, et il a fait paraître, depuis, les livraisons 25, 26 et 27, qui com- mencent le troisième. La réputation méritée de M. Pfeiffer, qui a su élever à la hauteur d’une science particulière la spécialité des Hollusques terrestres, à laquelle il s’est si brillamment adonné, rend superflus tous les éloges que nous pourrions donner à ce bel ouvrage. Nous nous con- tenterons de rappeler qu'il contient les figures de presque toutesles espèces terrestres qui ont été décrites par l’auteur sans être représentées, dans le cours des quinze dernières années ; que les procédés chromolithographiques employés pour les planches sont actuellement arrivés à une grande perfection; et enfin, que les naturalistes peu familiers avec la langue allemande trouveront, dans le texte, une traduc- tion française des diagnoses. Un certain nombre d’espèces curieuses de l’Inde, originairement décrites par M. Ben- son, mais non encore figurées, sont représentées pour la première fois, et ajoutent à l'intérêt de cette publication. La dernière livraison parue est consacrée à l’iconographie d’un grand nombre d'Hélices et de Bulimes nouveaux du Pérou, dont M. Philippi avait donné seulement la dia- gnose dans les Malak. Blätter de 1867.
La deuxième série des Novwitates est consacrée aux es- pèces marines et est confiée à M. le D' Dunker, malacolo-
(4) Cassel, 1867, chez Th. Fischer, éditeur. In-4° de 22 pages d'impression avec 6 planches chromolithographiées. Prix : 12 fr.
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giste distingué : elle comprend actuellement 40 livraisons. La plus récente donne la figure et la description des espèces nouvelles d’Arcacées qui suivent : Anomalocardia sub- rubra, À. rugifera, À. paucigranosa, À. Carpenteri, À. bistrigaia, A. Adamsiana ; Barbatia pectuncuhforms, B. Rodatz, et B. eximia. L’exécution des planches est éga- lement des plus satisfaisantes.
Dans la troisième série ou supplément des Nowitales, M. le D' Rôümer, après avoir donné la monographie des Dosinia, publie actuellement celle des diverses sections du grand genre Venus de Linné. La livraison double 8-9 vient de paraître récemment : elle est consacrée à la sec- tion Cariatis, Rômer, de la coupe des Cytherea de La- marck, que l’auteur admet comme sous-genre. Il décrit et figure comme nouvelles les espèces suivantes : Caryatis alcyone, C. turbida, C. phænicopterus, C. bucculenta et C. Dohrni. H. CRossE.
Catalogue des Mollusques testacés marins des côtes de l'Espagne el des îles Baléares, par M. le D' à. Gonzalez Hidalgo (1).
L'auteur a fait tirer à part les articles publiés par lui récemment dans le Journal de Conchyliologie. Son ca- talogue, sous cette nouvelle forme, est plus facile à con- sulter. H. CROSSE.
(1) Paris, 1867, chez F. Savy, libraire-éditeur, rue Hautefeuille, 24. Un volume in-8° de 163 pages d'impression, accompagné d’une planche coloriée. Prix : 5 francs.
2491 = NEÉCROLOGIE.
Nous avons eu à regretter, dans le cours de l’année qui vient de s’écouler, la mort d’un certain nombre de mala- cologistes, dont quelques-uns laissent, dans Ja science, un vide douloureux.
En France, M. Eudes-Deslongchamps, professeur à Ja faculté des sciences de Caen, et bien connu du monde sa- vant, est mort au mois de janvier 1867. Indépendamment de ses autres travaux, il a publié, de 1824 à 1859, de nom- breux et intéressants mémoires sur les Mollusques vivants et fossiles. Parmi les plus importants, nous citerons les suivants : Mémoire sur les coquilles fossiles du g. Gervilie (1824); Note sur le g. Argiope ; Mémoire sur les Zrocho toma, nouveau genre de coquilles fossiies, voisin des Pleu- rotomaires; Mémoire sur les Pleurotomaires fossiles du Calvados ; Sur un Oscabrion fossile du terrain secondaire du Calvados; Description du nouveau g. Eligmus (1855). On doit à ce savant distingué, dont le fils, professeur à la même faculté, suit dignement les traces, la création de plusieurs genres universellement adoptés par les malaco- logistes (Argiope, Eligmus, Trochotoma, etc.) : on lui doit également la traduction, en collaboration avec son fils, de l’Introduction à l'histoire naturelle des Brachiopodes vivants et fossiles par M. Davidson.
M. Hupé (Louis-Hippolyte), aide-naturaliste au Muséum de Paris, a succombé le 22 février 1867, après une longue maladie. Son plus important ouvrage est la partie mala- cologique du voyage de M. de Castelnau.
M. le baron Henri Aucapitaine, auteur de quelques ar- ticles de malacologie, maisplus connu par ses travaux eth_ nographiques, est mort du choléra, en Algérie. MM. Miche-
lin, Triger et Goubert, membres de la Société géologique 9
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de France, auteurs de divers mémoires conchyliolo- giques, M. le docteur Désoudin, de Metz, M. E. Retout et M. Moitessier, sont morts également. Ce dernier était possesseur de la collection Rolland du Roquan : nous re- grettons vivement que sa famille, cédant à des conseils peu patriotiques, ait- cru devoir vendre à l'étranger ses riches collections, sans en proposer préalablement l’ac- quisition au Muséum de Paris, ou à quelque autre grand établissement scientifique. Il en résulte que le Pleuroto- maria Quoyana se trouve maintenant en Angleterre.
En Allemagne, le professeur Rossmässler ( Emile- Adolphe), auteur de l Zconographie des Mollusques ter- restres el fluviatiles d'Europe et naturaliste distingué, est mort à Leipzig le 8 avril 1807.
En Angleterre, la science malacologique a fait une perte des plus regrettables dans la personne de M. Josua Alder, décédé le 21 janvier 1867, à l’âge de 74 ans. On doit à ce savant éminent de nombreux et excellents mémoires sur les Mollusques et les Zoophytes des îles Britanniques, mais le principal titre de sa grande réputation scientifique repose sur le magnifique ouvrage qu’il a publié en colla- boration avec M. Hancock et qui traite des Nudibranches de la Grande-Bretagne. Nous avons appris également la mort de M. Cheyne, capitaine de navire, qui avait su re- cueillir, dans le cours de ses voyages, des matériaux con- chyliologiques dont la science avait profité : il a péri mal- heureusement, tué aux îles Palaos par les indigènes.
H. Crosse et P. FiscHEr.
NOUVELLES.
Depuis la publication de notre dernier article sur la
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partie malacologique de l'Exposition universelle, nous avons appris qu’il avait été décerné une médaille d'argent à M. Schramm, de la Guadeloupe; une de bronze à M. E. Marie, de Nouméa, et une d’or au docteur Abdullah-Bey, de Turquie. Pour les deux premières, nous n’avons que des félicitations à adresser aux titulaires, mais nous de- vons avouer que nous trouvons la dernière d'une oppor- tunité contestable. Elle a été décernée à une collection de coquilles prétendues de Turquie, et, en réalité, de toutes provenances (nous ne citerons, pour justifier notre asser- tion, que la présence des Voluta rupestris de Chine, Helix metaformis des Philippines, Pupa mumia des An- tilles, etc.), d’un état de conservation médiocre et d'un intérêt scientifique à peu près nul. Aux collections expo- sées que nous avons citées précédemment, nous devons ajouter celle de M. B. Kleciack, de Zara, composée de Mollusques de l'Adriatique , et qui n’a été prête que vers la fin de l'Exposition, où elle a figuré dans la partie au- trichienne.
Notre honorable collaborateur G. Michaud, bien connu des naturalistes par le supplément de Draparnaud et les nombreux mémoires malacologiques qu’il a publiés, vient de faire don à la ville de Lyon de ses collections de co- quilles vivantes et fossiles. Nous nous empressons de por- ter ce fait intéressant à la connaissance des naturalistes. Grâce à la générosité du donateur, ils pourront consulter, au Musée de Lyon, les types des espèces qu'il a décrites dans ses ouvrages.
Il existe en ce moment, à Paris, plusieurs collections de
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coquilles vivantes, que leurs possesseurs seraient disposés à céder, et nous croyons être agréables à nos lecteurs en portant le fait à leur connaissance. Nous citerons d’abord celle de M. Boivin (boulevard des Batignolles, 60), exces- sivement riche et contenant les types d’un grand nombre d'espèces décrites dans le Species de Kiéner, et dans di- verses autres publications ; puis celle de M. Recluz, em- ployé au ministère de l'instruction publique; enfin celle de M. Eugène Paz (40, rue des Martyrs, le matin avant 10 heures), qui se compose d'espèces marines.
Les collections conchyliologiques recueillies en Cochin- chine, et particulièrement à Poulo-Condor, par M. Michau, lieutenaut de vaisseau, viennent d’être acquises par M. Lan- dauer, naturaliste, à Francfort-sur-le-Mein (Brônnerstrasse, 8), chez lequel on pourra se procurer un grand nombre d’es- pèces de ces régions, et particulièrement celles qui ont été décrites en 4865 dans le Journal de Conchyliologie.
Nous apprenons le départ pour l’Abyssinie de notre honorable correspondant, M. W. T. Blanford, connu par d'importants travaux sur la malacologie de la péninsule indienne. Nous avons tout lieu de croire que les recherches qu’il compte faire à la suite de expédition anglaise, dans ces régions peu connues, seront fructueuses pour les sciences naturelles. H. CROSSE.
Paris. — Imprimerie de madame veuve Bouchard-Huzard, rue de l'Éperon, 5.
GER. 12 SGA
JOURNAL
DE
CONCHYLIOLOGIE.
fer Avril 186GS,.
Faunule malacologique terrestre de l'ile San-%home,
PAR H. CROSSE.
San-Thome ou Saint-Thomas est une île du golfe de Guinée, située à 200 kilomètres N. O. du cap Lopez, par 0°,25’ lat. N. et 4,24 long. E., entre l’île du Prince et l'ile Annobon. Jusqu'à ces dernières années, c'était une terre absolument inconnue aux naturalistes, sous le rapport malacologique, bien que quelques-unes des es- pèces qui l’habitent eussent été décrites sans désignation de localité.
Le docteur Welwitsch, chargé d’une mission scienti- fique par le gouvernement portugais, a visité le premier San-Thome, dans le cours de la longue exploration d’une partie de la côte occidentale d'Afrique, qu’il a entreprise et menée à bonne fin, de 1855 à 1861. Les Wollusques lerrestres qu'il a recueillis viennent d'être publiés récem- ment (1), par notre honorable collaboraieur, M. Arthur
(4) Voyage du Dr F. Welwitsch. — Mollusques terrestres et flu- 10
16.
Morelet, dans un important ouvrage, qui jette une vive lumière sur une partie, presque entièrement inconnue avant lui, de la Malacologie africaine.
Un autre naturaliste distingué, M. le docteur H. Dohrn, de Stettin, a tenté, en 1865, mais sans beaucoup de suc- cès, d'explorer l’île San-Thome, Il est à croire que la ré- putation de M. de Bismark avait déjà pénétré jusque dans ces contrées lointaines, et que les habitants soupçonnaient notre honorable correspondant de venir chez eux tra- vailler pour le roi de Prusse. Le fait est qu’il fut, d’après ce qu’il rapporte, accueilli de la façon la plus inhospita- lière et forcé de déguerpir au plus vite, après avoir, tou- tefois, réussi à opérer l'annexion d’un Hélicéen nouveau, le Nanina Thomensis (1).
Enfin, l’an dernier, le savant directeur du musée de Lisbonne, M. Barboza du Bocage, a bien voulu soumettre à notre appréciation quelques coquilles terrestres recueil- lies à San-Thome par M. Pires, son correspondant. Grâce à cette intéressante communication , nous avons été à même de donner la figure de deux des formes les plus curieuses de cette faune peu connue.
Nous pensons que la réunion des documents émanant de ces diverses sources présente quelque intérêt scienti- fique, bien que, selon toute apparence, ils soient encore loin d’être complets, et de représenter l’ensemble de la faune malacologique de San-Thome.
1. HELIx HEPATIZON, Gould.
Helix hepatizon, Gould, in Proc. Boston Soc., p. 58, 1845.
vialiles, par ARTHUR MorELET. Paris, 1868. (Voir l'analyse biblio- graphique, à la fin du numéro.) (1) In Malak. Bl., XIII, p. 114 et 116, 1866.
— 127 —
Helix hepatizon, Pfeiffer, Mon. Helic., XI, p. 46, 1853.
ie — Gould, Ofia Conch., p. 197, 1862.
— — Morelet, Voy. Welwitsch, p. 54, pl. u,
fig. 7.
Cette Jfélice, à peine perforée, solide, orbiculaire, marquée de stries granuleuses, obliques et serrées, que viennent décusser d’autres stries concentriques plus faibles, est d’un brun rougeûtre presque uniforme : elle compte 5 tours 14/2 de spire. L'ouverture est oblique et d’un brun rougeâtre à l’intérieur. Le péristome est de couleur chocolat, épais et à bords éloignés l’un de l’autre. Chez les individus adultes, la partie du dernier tour la plus rapprochée du bord externe présente de fortes rides variqueuses et irrégulières. Le plus grand diamètre de la coquille est de 55 millimètres, le plus petit de 50, la hau- teur totale de 19. Ainsi que le fait observer M. Morelet, l'J1. hepatizon, par la forme de son ouverture, par celle de son péristome, par sa coloration et mème par sa sculp- ture, se rapproche, d’une façon singulière, de certaines espèces de Bourbon et de Maurice, telles que les Z1. cœla- tura, H. semicerina, etc. M. Gould a indiqué, comme habitat, pour l'espèce, les bords de la rivière du Gabon, près de son embouchure. Nous pensons, avec M. Morelet, que cet habitat est erroné.
L’H. hepatizon a été rencontré en grande abondance par le docteur Welwitsch, à San-Thome, dans les forêts qui dominent la plage orientale, à 2,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Nous avons tout lieu de croire que cette espèce vit également plus bas. En effet, M. Barboza du Bocage nous en a communiqué un individu adulte et encore très-frais, habité par un Bernard-l'ermite : il avait été recueilli dans l’île par M. Pires, son correspon- dant.
2. Heux Wezwirsci, Morelet (pl. vi, fig. 5).
Helix Welwuschi, Morelet, in Journ. Conchyl., XIV, p. 155, 1866. — Welwuschiü, Morelet, Voy. Welwitsch, p. 55, pl. 1, fig. 4, 1868.
Nous renvoyons, pour la diagnose de cette espèce, à l’article précité du Journal de Conchyliologie. L'auteur établit, de plus, dans son récent ouvrage, une variété plus globuleuse, moins foncée, moins fortement striée, et à péristome blanc. C’est à cette variété à péristome blanc qu’appartiennent les 2 individus figurés et dont l’un ap- partient au musée de Lisbonne et l’autre fait partie de notre collection.
L'H. Welwitschi a été recueilli, comme l'espèce précé- dente, dans la partie orientale de San-Thome, et à la même altitude, par le docteur Welwitsch : M. Pires a également recueilli l’espèce à San-Thomé.
M. Morelet considère cette espèce comme voisine de VH. malleata des Canaries, et comme faisant partie du même groupe. Nous ne sommes pas, sur ce point, du mème avis que notre honorable collaborateur, et nous pensons que c'est du côté de l'A. cœlatura qu'il faut chercher les affinités de l'A. Welwitschi : sa forme géné- rale, sa coloration, sa sculpture et le mode d’épaississe- ment de son péristome nous semblent indiquer ce rap- prochement. Quant au petit renflement de la columelle, qui existe chez les individus adultes de l'A. Welwrtsclu, il ne nous parait pas pouvoir être comparé à la singulière conformation du bord externe, qui caractérise l'E. mal- leata.
2.199 —
D'ailleurs, la faune terrestre des Canaries, considérée d’une façon générale, ne nons paraît avoir aucune espèce de rapports ni avec celle des îles du golfe de Guinée, ni avec celle de la partie correspondante de l'Afrique occi- dentale.
5. HELIX CHRYSOSTICTA, Morelet.
Helix chrysosticta, Morelet, Voy. Welwitsch, p. 56, pl. 1, fig. 5, 1808.
Coquille perforée , orbiculaire-convexe, mince, fragile, transparente, à test d’un fauve corné ou d’une nuance roussâtre, marqué de petites taches opaques d'un jaune clair, groupées irrégulièrement et plus ou moins nom- breuses. Stries d’accroissement à peine visibles et ne se distinguant guère que dans le voisinage des sutures. Tours au nombre de 5 à 5 1/2, formant une spire plus ou moins déprimée ; dernier tour anguleux à sa périphérie. Ouver- ture ovale-arrondie, déprimée : péristome à bords droits, simples et tranchants. — Plus grand diamètre de la co- quille 15 millimètres, plus petit 11 ; hauteur totale G.
Cette espèce, recueillie à San-Thome, avec la précé- dente, par le docteur Welwitsch, semble, ainsi que le fait observer justement M. Morelet, se rattacher, beaucoup mieux qu'elle et que l’H. hepatizon, à la faune de la côte occidentale d'Afrique, où les Hélices sont généralement minces et cornées.
4. HeLzix TnoMexsis, Dohrn.
Nanina Thomensis, Dohrn, in Malak. Bl., XI, p. 114, pl. v, fig. 8-10, 1866.
Coquille étroitement ombiliquée, de forme globuleuse-
— 130 —
déprimée, légèrement striée, mince, transparente et d’un ton corné rougeâtre ou jaunâtre. Spire médiocrement éle- vée. Suture marginée, le plus souvent blanchâtre. Tours au nombre de 4 à 5, à peine convexes, s’accroissant lentement; dernier tour subanguleux à la périphérie, et légèrement aplati du côté de la base. Ouverture très- oblique, semilunaire. Péristome simple, droit, à bords éloignés l’un de l’autre : bord columellaire réfléchi. — Plus grand diamètre de la coquille 12 millimètres, plus
petit 11; hauteur totale 9 1/2 : largeur de l'ouverture
6 1/2, hauteur 5.
Hab. Ile San-Thome, dans le voisinage des racines d'arbres (H. Dohrn).
Cette espèce, découverte par M. H. Dohrn, qui la con- sidère comme devant être placée, avec le Nanina glomus, Albers, dans le sous-genre Thapsia, sans donner de ren- seignements sur l'animal, qu'il ne parait pas avoir été à mème d'observer, nous semble excessivement voisine de la précédente. En comparant les 2 figures et les 2 des- criplions, nous ne trouvons guère à signaler que les diffé- rences suivantes : 4° dans l'H. chrysoshcta, les petites taches opaques et d’un jaune clair, dont ne parle pas M. Dohrn en décrivant son espèce; 2° dans l'H. Thomen- sis, une spire un peu plus élevée, une suture blanchâtre, des stries paraissant plus marquées , et une ouverture peut-être un peu moins large.
N'ayant sous les yeux ni l’une ni l’autre des espèces en question, nous ne pouvons qu'appeler, sur ce point don- teux, l’attention des naturalistes. En tout cas, comme il nous semble légèremeni hasardeux de classer cette espèce dans les VNanina, sans en connaître l'animal, nous préfé- rons la comprendre, au moins provisoirement , dans le grand genre Helix.
— 131 — 5. Buzimus ExARATUS, Müller (pl. vr, fig. 2).
Buccinum exaratum, Müller, Verm., I, p. 448, n° 537, 4774.
T. imperforata, elongato-pyramidata, tenuis sed soli- diuscula, diaphana, haud nitens, striis subobliquis, valde
rugosis, rudibus, inæqualibus, longitudinaliter impressa, unicolor, albida; spira elongato-conica, apice obtusulo; sutura crenulata, subcanaliculata ; anfr. ‘7 subplanati, embryonales 1 1/2 lœves, ultimus non descendens, spiram superans, paulo infra medium angulato-carinatus, valide et suboblique corrugato-striatus, basi subattenuatus, ro- tundatus ; columella verticalis, recta; apertura sat am- pla, subangulato-ovata, intus nitidula, alba ; perist. sim- pleæ, subincrassatum, valde reflexzum, luteo-marginatum, marginibus distantibus, columellari dilutato, basali in- crassato, expanso, externo subangulato. — Long. 59, diam. 34 mill. Apert. cum perist. 33 maill. longa, 2 lata. (Mus. Olisiponense.)
Hab. In insula San-Thome dicta, sinus Guineensis (Welwitsch).
Coquille imperforée, de forme pyramidale-allongée, mince, mais pourtant assez solide, diaphane, terne, mar- quée de stries longitudinales fortement rugueuses et légè- rement obliques, d’une coloration blanchâtre uniforme. Spire allongée, conique, se terminant par un somme légèrement obtus. Suture crénelée, presque canaliculée. Tours au nombre de 7, presque entièrement plans; tours embryonnaires (1 4/2) lisses, dernier tour non des- cendant, plus grand que la spire, caréné un peu au- dessous de la partie médiane, légèrement atténué et arrondi vers la base. Columelle verticale, droite. Ouverture
— 132 —
assez large, ovale-subanguleuse, blanche et assez luisante à l’intérieur. Péristome simple, assez épaissi, fortement réfléchi, bordé de jaune blanchâtre : bords éloignés l’un de l’autre, bord columellaire assez dilaté, bord basal étalé, épais, bord externe subanguleux dans la partie qui cor- respond à la carène externe. — Longueur totale de la coquille 59 millimètres, plus grand diamètre 54. Lon- gueur de l'ouverture, y compris le péristome, 55 milli- mètres, largeur 21. |
C’est au récent voyage du docteur Welwitsch (1), dans les possessions africaines du Portugal, que l’on doit la connaissance de l'habitat de cette remarquable espèce, connue depuis près de cent ans (1774), mais restée raris- sime dans les collections. Elle vit dans l’île San-Thome, sur les hauteurs.
Ayant eu à notre disposition, grâce à une bienveillante communication de M. Barboza du Bocage, directeur du musée de Lisbonne, un individu très-frais et parfaitement adulte, nous avons cru utile de décrire l'espèce à nouveau et d'en donner la figure. En effet, les descriptions anté- rieures sont insuffisantes, et les seules figures que nous connaissions jusqu'ici (2) sont très-imparfaites et repré- sentent des individus jeunes, ce qui a donné lieu aux plus fâcheuses confusions. MM. Deshayes et Gray ont fait du B. exaratus un Achatina; Beck, et, après lui, Shuttleworth, un Limicolaria, Martens un Pseudachatina. Pfeiffer, qui ne paraît pas avoir eu, sous les yeux, l’espèce, décrit, à sa place, dans le volume IT de ses /Jelicea, une forme voisine sous quelques rapports, le B. crystallinus de Reeve, et, sil
(1) Morelet, Moll. terr. et fluv., in Voy. Welwitsch, 1868. (2) Chemnitz, vol. IX, fig, 1031, 1032. — Férussac, pl. exvur, fig. 1, 2.
eo > 0 MR
— 133 —
rectifie son erreur, dans le volume IV, il ne donne pas de description nouvelle. Le fait est que cette espèce liti- gieuse est un véritable Bulime, à péristome fortement réfléchi, mais dont la columelle verticale et parfaitement droite donne peut-être aux jeunes individus l'apparence d’une troncature qui n'existe pas en réalité.
Il est probable que le Bulimus crystallinus, Reeve, espèce presque aussi rare et dont l'habitat est resté in- connu jusqu'ici, vit soit à San-Thome, soit dans quelque autre des îles du golfe de Guinée. Bien qu’il ait le bord droit, mince et tranchant, et que ses stries soient spirales, il y a trop d’analogie entre les deux formes, pour qu’elles n'appartiennent pas à la même région géographique, selon toute probabilité.
G. ACHATINA BICARINATA, Bruguière,
Bulla achatina sinistrorsa maxima, Chemnitz, IX, I, p. 28, pl. cxux, fig. 275, 276, 1786.
Bulimus bicarinatus, Bruguière, Encycl. méth., T, p. 559, 1789-1792.
Achatina sinistrorsa, Pfeiffer, Mon. Helic., I, p. 259,
1848. Hab. Ile San-Thome, sur les points les plus élevés (Welwitsch). — Ile du Prince, dans les mêmes conditions
(Rang).
Cette grande espèce, bien connue des naturalistes, pa- rait particulière aux îles du golfe de Guinée. « Les nègres « mangent le Mollusque, et les colons eux-mêmes ne dé- « daignent pas ses œufs qui ont la grosseur de ceux du « pigeon (Morelet, L. c.). » Quant au nom sous lequel elle doit être citée dans la nomenclature, le cas est fort
— 134 —
embarrassant. Le nom le plus ancien, celui de Chemnitz, est purement descriptif, et tout à fait en dehors des règles de la nomenclature binaire. Celui de Bruguière, qui est postérieur de quelques années, mais régulièrement formé, a l'inconvénient d’être établi pour une forme tout à fait exceptionnelle de l'espèce, la forme pourvue de 2 carènes obsolètes.
7. ACHATINA BARBIGERA, Morelet.
Achatina barbigera, Morelet, in Journ. Conchyl., XIV, p. 160, 1866.
Achatina marmorea, Reeve, Conch. Ic., 125, pl. 25, 1850 (epidermide peculiari destituta, teste Morelet ) ?
Achatina barbigera, Morelet, Voy. Welwitsch, p. 75, pl. 1x, fig. 5, 1868.
Hab. Les forêts vierges de l’île San-Thome, sur les hau- teurs du mont Caffe, à 2,500 pieds au-dessus du niveau de la mer (Welwitsch).
Cette espèce, allongée et turriculée, est particulièrement remarquable par son épiderme d’un brun marron foncé, d’un aspect filamenteux, et formant, sur toute la surface de la coquille, des reliefs semblables à de petites côtes spirales régulièrement espacées, et hérissés de cils courts et droits. L'auteur pense que l’4. marmorea, publié par Reeve, sans indication de localité, a été établi sur un in- dividu de cette espèce dépouillé de son épiderme caracté- ristique et en mauvais état de conservation. Si le fait venait à être confirmé, peut-être serait-on obligé de réta- blir le nom de Reeve, par respect pour les lois de la no- menclature, bien que l’espèce n’ait absolument rien de marmoréen, dans son aspect, et que le nom de l’auteur anglais soit, par conséquent, des plus malheureux ?
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SR TS OU ENS
— 135 — 8. ACHATINA CLAVUS, Pfeiffer.
Achatina clavus, Pfeiffer, Symb., ITT, p. 90, 1846. —— = Reeve, Conch. Ic., 75, pl. xvr, 1850. _ — Morelet, Voy. Welwitsch, p. 76, 1868.
Hab. Les pelouses pierreuses de San-Thome, à 2,500 pieds d’altitude, ainsi que les plantations de cafiers, si- tuées à 500 pieds plus bas (Welwitsch). Cette Agathine a été recueillie également par M. Pires. Elle appartient au même groupe que la précédente et est de même forme; mais sa coloration est plus claire, son test plus luisant, et elle n’a point d’épiderme comparable à celui de l’A. bar- bigera.
9. ACHATINA MONTICOLA, Morelet.
Achatina monticola, Morelet, in Journ. Conchyl., XIV, p. 160, 1866. — — Morelet, Voy. Welwitsch, p. 77, pl. v, fig. 7, 1868.
Hab. Sur les points culminants de l'ile San-Thome, dans la mousse (Welwitsch). C'est la plus petite des Aga- thines actuellement connues dans l’île.
Tel est l’état présent des connaissances, en ce qui con- cerne la faune malacologique terrestre de l'ile San- Thome : aucune espèce de Mollusque fluviatile ne paraît y avoir été recueillie. Une grande espèce, l’Achatina bica- rinata, vit également dans l’île du Prince. H. C.
— 136 —
Nouveaux documents sur le genre Entoconcha, Müller,
PAR À. Paur.
(Extrait.)
Nous trouvons, dans les Archives des sciences physiques et naturelles de Genève (livraison du 25 avril 1867), le compte rendu très-détaillé d'un travail remarquable sur l'anatomie du Synapta digitata, publié par le docteur A. Baur (1).
Nous empruntons à cette analyse tout ce qui se rap- porte à l’histoire du Hollusque parasite du Synapta di- gitata, dont on doit la découverte à lillustre Joh. Muller (2). P. FIsCHER.
L'auteur consacre la troisième partie de son travail à l'étude des boyaux molluscigères qui se trouvent dans la cavité du corps du Synapla : il examine longuement cha- cune des hypothèses faites par Müller sur ces corps singu- liers : il rejette l’idée d’une génération alternante, dans laquelle l’un des termes du cycle serait un Échinoderme et l’autre un Mollusque. I se prononce, au contraire, en faveur du parasitisme, opinion vers laquelle Muller incli-
(1) Verhandlungen der kais. Leop.-Cesar. deutschen Akad. der Naturforscher, Dresden, 1864.
(2) Nous renvoyons nos lecteurs à un article publié dans le Journal de Conchyliologie, t. XII, p. 91, 1864, et intitulé : Mono- graphie des genres STYLIFER et ENTOCONCHA. DURE
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nait, du reste, fortement, à la fin de sa vie. Mais, le para- sitisme admis, il reste encore à discuter longuement sur la valeur morphologique du boyau renfermant les petits Mollusques à coquille hélicoïdale, auxquels Müller à donné le nom d’Entoconcha mirabilis. Ce boyau cylindrique, vermiforme, flotte librement dans la cavité du corps du Synapta qui l'héberge, n'étant fixé que par l’une de ses extrémités à une place à peu près constante de l'un des vaisseaux de l’Echinoderme (vaisseau ventral dans la figure). Selon Baur, ce boyau, qui ne renferme guère, en fait d'organes, qu’un ovaire, un testicule et une espèce de tube aveugle, que Muller désignait sous le nom de « tube invaginé de couleur verte, » représenterait un Mollusque tout entier, modifié par les conditions du para- silisme, au point de devenir méconnaissable.
Ce Hollusque, tubulaire et vermiforme, aurait cepen- dant conservé un canal intestinal, car telle est la signifi- cation que Baur attribue au tube aveugle vert de Muller. Ce tube occupe la partie antérieure du boyau et s'ouvre à l'extérieur par l'extrémité du boyau adhérent au vaisseau sanguin. Dès lors la nourriture, c’est-à-dire le sang du Synapla , coule continuellement et d’elle-même dans l’orifice buccal ct le tube digestif du parasite.
Quant à la position de ce singulier animal dans le sys- tème, elle peut suggérer bien des hypothèses. On à affaire à un Gastéropode dépourvu de pied, de coquille et de branchies, et dont la structure interne est extraordinaire- ment simplifiée. Cependant, l’hermaphrodisme de cet ani- mal et la forme de sa larve conduisent le docteur Baur à le placer parmi les Apneusles (1), c’est-à-dire parmi les Nu-
(1) Les Apneustes, tels que Külliker les limite, correspondent aux Phlébentérés de Quairefages, et se divisent en deux familles ;
— 138 —
dibranches de Cuvier. Cet être singulier est dépourvu, il est vrai, de glande hermaphrodite, car son ovaire et son testicule sont complétement séparés l’un de l’autre. Tou- tefois, cette disposition exceptionnelle n’est, peut-être, pas unique en son genre, car il parait exister quelque chose d’analogue chez les Actéons. En revanche, l'absence complète de conduits excréteurs à l'appareil de la généra tion, le remplacement physiologique de ces conduits par la cavité générale du corps devenue tubulaire, l'absence complète d'organes copulateurs, absence liée évidemment à la fécondation de l’animal par lui-même, enfin la posi- tion de l’orifice générateur à l'extrémité du corps opposée à la bouche, constituent des caractères anormaux chez les Apneustes. La larve se différencie aussi, à certains égards, des larves d’Apneustes : d'abord, elle est privée de velum proprement dit, cet organe n’étant représenté que par un bourrelet cutané semilunaire, hérissé de soies roides ; puis elle est dépourvue de muscles rétracteurs. Lesautres larves, dans la vie libre, natatoire, peuvent, à l’aide du muscle rétracteur, se retirer brusquement dans leur coquille et en fermer en même temps l'ouverture à l’aide de l’opercule. Mais l’Entoconcha, privé de ce muscle, ne peut ouvrir et fermer sa coquille qu'avec une grande lenteur. L'absence du velum et du muscle rétracteur montre quela larve, après avoir quitté sa mère et le Synapta, doit mener une vie rampante. C'est le premier exemple d’une larve rampante parmi les Gastéropodes marins. L’Entoconcha possède un organe larvaire unique en son genre; c’est un lobe vési culeux susceptible desaillir en dessous de la bouche. L’au. teur suppose que cet organe peut fonctionner comme un ANANGIA (Pelta, Aclœon, Actæonia, ete.), el ANGIoPHORA (Tergipes,
Venilia, Eohdina, Eols, etc.). — Voir Siebold et Stannius, Anat. comp., t. Ier, p. 293, 1850. P.F.
— 139 —
appareil de succion permettant à l’animal de se fixer à des corps étrangers.
Baur propose de réserver le nom d’Entoconcha pour la larve, el de créer pour l'adulte parasite du Synapta celui « d’Helicosyrinx parasita (1). » A. B.
Note sur le mode de station des Fistulanes de la Nouvelle-Calédonie,
PAR E. MARIE.
Les Fistulanes, jeunes ou adultes, habitent toujours un sable fin et noirâtre, mais non boueux. En effet, dans les sables boueux où vivent presque exclusivement, ici du moins, les Pleurotomes, il n’a jamais été trouvé, que je sache, de traces de Fislulanes. Je ne pense pas, non plus, qu'il en ait été trouvé dans le sable blanc.
Dans la baie de la Thisbé, le sable fin n’existe à la sur- face que sur une épaisseur de 6 à 8 centimètres au plus. En dessous, le terrain est composé de débris de coraux et de coquilles parfois très-gros, aussi les Fistulanes qui en
(1) Cette proposition nous paraît inadmissible et totalement contraire aux lois de la nomenclature. Un seul et même nom scientifique doit caractériser l'animal à loutes les époques de sa vie, et qu'il soit sujet ou non à des métamorphoses ; autrement on tomberait, en malacologie, dans les aberrations de Risso, qui a créé, pour les différents àges du Bulimus decollatus, deux genres et trois espèces. H. CROSSE.
— 140 — proviennent sont-elles antérieurement presque dégarnies de sable, et présentent-elles, à la place, de grandes quan- tités de ces détritus.
J’ai trouvé, dans les mois de mars et d’avril, un assez grand nombre de Fistulanes parmi lesquelles 5 jeunes individus, ce qui m'a permis de faire quelques observa- tions.
Les plus jeunes exemplaires sont d’une très-grande té- nuité. La partie postérieure du tube des Fisfulanes non adultes fait saillie comme celle des adultes : le sable, écarté avec les plus grandes précautions, laissa libre le tube qui s'affaissa lentement el sans choc. J'examinai bien s’il y avait trace d’adhérence : il n’y en avait aucune, et la par- tie antérieure n’était nullement close ; mais l'animal avait amassé déjà les matériaux qu’il devait agglutiner, car le sable, en cet endroit, avait une teinte plus blanche, et il y avait une grande agglomération de détritus qui, partout ailleurs, ne se trouvaient qu’à quelques centimètres plus bas.
De ces observations, il résulte clairement ceci : que la Fistulane n’est pas close antérieurement dans son jeune âge, qu'elle est toujours libre, et qu’enfin sa partie pos- térieure est semblable ‘ou presque semblable, à ses diffé- rentes phases d’accroissement.
J'ai tout récemment trouvé une Fistulane adulte de 175 millimètres et une autre de 185 millimètres, lon- gueurs extraordinaires sans doute, mais qui s'expliquent de la manière suivante, d’après les empreintes que l’on voit sur le tube. Le sol des plages de sable change con- slamment de niveau, tant soit peu. Lorsque le niveau s'élève et que, par suite, la partie des Fis{ulanes qui fait saillie $ y trouve inférieure, l'animal est obligé de rallonger cette partie, de manière à dépasser, ou tout au moins re-
Tee
gagner ce niveau, el ceci se répète souvent