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PREMIER CONGRES DE LA LANGUE FRANÇAISE
AU CANADA
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DoEr PREMIER CONGRÈS
LA LANGUE FRANÇAISE
AU
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QUÉBEC 24-30 JUIN 1912
COMPTE RENDU
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QUÉBEC Imprimerie de l'Action SocrALe LimiTÉE 103, rue Sainte-Anne, 103
1913
PIÈCES LIMINAIRES
SOCIÉTÉ DU PARLER FR AACGAIS AU CANADA
DÉLIBÉRATION PRISE PAR LE HUREAU DE DIRECTION LE 14 FÉVRIER 1911
Sur la proposition de l'honorable M. P. Boucher de la Bruère et de Myr C.-O, Gagnon, ln délibération suivante est prise à l’una- nimité :
Attendu que les Canadiens français et les Acadiens ont hérité de leurs ancêtres, les fondateurs de la Nouvelle-France, l’a 'antage de parler la langue française ; qu'un sentiment élevé et respectueux à la fois leur fait une obligation de parler et d'écrire cette langue aussi purement que possible ; et que, d'autre part, des raisons pressantes et d'un ordre immédiatement pratique les engagent à garder intact le précieux patrimoine de leur idiome national ;
Attendu qu’en effet les traditions de notre race montrent que c'est, pour une zsrande part, à l'usage et à la culture de lv ‘sngue française qu’elle doit la conservation de sa foi, de ses mx , de son caractère ; et que cette langue doit être dans l'avenir, . nme elle l'a été dans le passé, la sauvegarde de notre nationalité et la gardienne de nos souvenirs :
Attendu que notre langue maternelle, nécessaire à l’expres- sion de notre conscience nationale, et qui seule convient à notre mentalité, remplira d’autunt mieux son rôle qu'elle sera plus saine, se conservera plus vivante, et se développera plus librement suivant son génie particulier et dans le respect de ses traditions ;
Attendu que le devoir nous incombe donc de ne rien négliger et de tout entreprendre pour que la langue et la littérature fran- çaises vivent, se conservent, se perfectionnent et se développent au Canada ;
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Attendu que la conservation, le développement et la culture de la langue française au Canada soulèvent, au triple point de vue scientifique, littéraire et pédagogique, des problèmes d’un intérêt général pour les Canadiens français et les Acadiens ;
Attendu que plusieurs se sont déjà préoccupés de ces pro- blèmes et ont apporté les plus utiles contributions à l’étude scien- tifique de notre parler, comme à son perfectionnement littéraire ; mais qu’il est désirable qu'un plus grand nombre encore s’inté- ressent à ces travaux et s’y emploient :
Attendu que l’association des efforts exercés dans ce cens est hautement désirable, et qu’il est urgent de mettre en contact les énergies qui s'offrent, de favoriser leur mise en œuvre, de susciter de nouvelles faitiatives, et d'utiliser la bonne volonté de tous pour le labeur commun 2
IL EST RÉSOLU :
Un PREMIER CoNGRès DE LA LANGuE FRANÇAISE AU CANADA sera organisé et convoqué par la Société du Parler français au Canada, et tenu, sous le patronage de l’Université Laval, à Québec, en 1912, à une date qui sera fixée par le Comité organisateur.
entame
PREMIER CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE
AU CANADA
(Quésec, 1912)
APPEL AU PUBLIC
Québec, le 10 avril 1911.
Par une délibération prise le 14 février dernier, la Société du Parier français a convoqué, à Québec, pour 1912, un Congrès de la Langue française au Canada. Ce Congrès, dès à présent assuré d’adhésions et de participations Merquantes, s'organise, sous le patronage de l’Université Laval, par les soins d'un Comité que la Société elle-même a constitué parmi ses membres, et qu’elle a chargé de cette mission.
Il n’est pas nécessaire d'appeler longuement l'attention de nos compatriotes sur l'intérêt que présente cette entreprise et sur l'importance des résultats qu’on peut en attendre, à un moment où les efforts pour la Conservation et la culture de notre langue doivent se multiplier et se faire plus énergiques que jamais.
Le Congrès est convoqué pour l'étude, la défense et l’illustra- tion de la langue et des lettres françaises au Canada.
On sait quelles hautes ambitions stimulent chez nous, depuis des années, le zèle de ceux qui ont souci de l’une des meilleures parts de l'héritage ancestral.
Que notre langue s’épure, se corrige et soit toujours saine et de bon aloi ; que notre parler national se développe suivant les exigen- ces des conditions nouvelles et les besoins particuliers du pays où nous vivons : qu’il évolue naturellement, suivant les lois qui lui
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sont propres, sans jamais rien admettre qui soit étranger à son génie premier, sans jamais cesser d'être français dans les mots, dans les formes et dans les tours, mais aussi sans laisser, par quelque côté, de sentir bon le terroir Canadien ; qu’il s’étende et qu'il revendique ce qui lui appartient, mais sans heurter les ambitions légitimes, et dans le libre exercice de ses droits ; et que notre littérature se déve- loppe et se nationalise, mais dans le respect des traditions françaises — tels sont les vœux légitimes de tous les nôtres, tel est aussi l'idéal très élevé pour lequel l’on travaille et l’on peine. Et c’est pour réaliser dans une mesure plus grande ces souhaits patriotiques, c'est pour déterminer un nouvel effort, plus vigoureux, vers cet idéal que se tiendra le Premier Congrès de le Langue française au Canada. Tous, à quelque classe que nous appartenions et quel que soit notre état, nous deviendrons plus curieux encore de notre langue maternelle, plus fiers de notre naissance, plus soigneux de notre patrimoine national, mieux instruits de nos droits comme de nos devoirs, et prêts à tout entreprendre pour le maintien d’une langue qui garde notre foi, nos traditions, notre caractère.
Ces idées et ces aspirations ne sont Pas nouvelles : un grand nombre, et depuis plusieurs années, se sont voués à la défense de notre idiome contre la Corruption intérieure et contre l’envahisse- ment étranger. Ce que ces apôtres, ces Propagandistes, ces cham- pions de la langue française chez nous ont accompli, ce que leur doit notre race, ce qu’ils ont mérité de la patrie, nous saurons le dire, au Congrès de 1912.
Mais des efforts individuels sont parfois impuissants. Pour que l’action soit plus efficace, il faut, de temps en temps, réunir les énergies dispersées, grouper les initiatives éparses. Le Congrès rapprochera les uns des autres et mettra en contact les défen- seurs de la langue, les amis des lettres françaises : il fera prendre à tous une idée plus exacte de la situation, des dangers qu’elle présente, des avantages qu’elle offre, et chacun se sentira plus fort, avec un sentiment plus vif de ses responsabilités,
Canadiens français de Québec ou de l'Ontario, du Manitoba, de l'Ouest ou des États-Unis, Acadiens de l'Est ou de la Louisiane, les mêmes raisons d'ordre général nous engagent à ne rien négliger Pour maintenir, chez nous, la langue française dans son intégrité, et pour revendiquer les droits qui lui sont reconnus, ou qui devraient ’être.
Nous sommes en Amérique les représentants de la France ; notre mission est de faire survivre, dans le Nouveau-Monde, malgré les fortur-s contraires et les allégeances nouvelles, le génie de notre race, et de garder pur de tout alliage l’esprit français qui est le
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nôtre. Or, l'usage et le développement de notre langue maternelle sont nécessaires à l’accomplissement de notre destinée ; elle est la gardienne de notre foi, la conservatrice de nos traditions, l'expression même de notre conscience nationale. Comme le disait M. Frédéric Masson dans son discours de réception à l’Académie, le verbe fran- çais est à ce point inséparable de notre nation « qu’elle ne saurait exister sans lui, qu’elle ne saurait, sans lui, conserver sa mentalité, son imagination, sa gaieté, son esprit, et que le jour où il périrait, où un autre langage lui serait substitué, c’en serait fait des vertus essentielles de la race et des formes de son intelligence ».
Ne dit-on pas partout, depuis quelques années, que le Canada devient une nation ?
S'il est vrai que le Canada acquiert de plus en plus d’impor- tance, si un peuple est actuellement comme en formation sur le sol du Nouveau-Monde, n'est-il pas utile de savoir quelle part la langue française a prise, ou devra prendre, dans l'expression de l'âme popu- lait: qui naîtra, ou qui est déjà née? N'est-il pas intéressant de recherclier les meilleurs moyens à prendre pour assurer à notre pays la survivance d’un esprit dont on a dit qu'il était le patrimoine idéal de l'humanité, et, pour l’exprimer, d’une langue, la plus belle de toutes et la seule dont il a pu être affirmé qu’elle avait attaché une probité à son génie ?
Amis et ennemis l'ont bien compris. Jamais on n’a marqué tant d'amour pour notre langue française : jamais, non plus, il ne s’est fait tant d'efforts pour l’asservir.
Aussi des raisons spéciales et pressantes nous engagent-elles, en ce moment, à nous grouper, à nous concerter, à nous encourager les uns les autres, afin de nous employer avec plus d'énergie et d'efficacité à l’œuvre commune.
Qui donc ne voit pas qu'aujourd'hui le contact avec l'anglais, plus intime, plus fréquent, menace davantage notre parler? que dans le commerce, dans les professions, dans l’industrie, l'anglais prend trop souvent, et trop facilement, le pas sur le parler de nos pères ? que, si une réaction plus énergique, plus générale, et mieux organisée, ne se produit, notre langue courra le risque de se défor- mer jusqu’en sa syntaxe, et de perdre donc ses caractères essen- tiels ?
Et notre langue, menacée dans sa vie intime, ne l’est-elle pas aussi dans sa vie externe, dans ses droits à l'existence? Elle est aujourd'hui attaquée ouvertement, et dans certains milieux en voudrait tarir, à l'école, les sources même du français, Laisserons- nous se défendre tout seuls ceux des nôtres qui subissent ces as- sauts? Notre devoir n'est-il pas de nous grouper pour leur prêter
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l’appui de nos encouragements, de nos vœux et de notre influence ?
Enfin, le temps n'est-il Pas venu de nous entendre pour orga- niser mieux et pour éclairer le développement et le progrès de notre littérature ?
Outre les motifs d’ordre général, qui seuls justifieraient la tenue de notre Congrès, il se soulève donc aujourd’hui des problèmes nouveaux qu'il est urgent d'étudier et de résoudre.
Qu'on entende bien cependant que le Congrès n'aura rien d’agressif, et qu’on se rassure sur ce point si l’on a pu avoir quelque inquiétude.
Œuvre pacifique. le Congrès devra éviter toute discussion acri- monieuse, et se bornera à revendiquer les droits qui doivent être reconnus à notre langue. Il ne tentera de proscrire l'usage d'aucun autre idiome, mais il voudra que, chez nous, les deux langues officielles coexistent sans se mêler, sans empiéter l’une sur l’aut-e. Et parce que, de l’aveu même des Anglais les mieux pensants, c'est une gloire et un avantage inappréciable pour le Canada de compter dans sa population des citoyens parlant la langue de France, et parce que le sentiment le plus élevé nous fait un devoir de rester fidèles à notre passé et de maintenir la nationalité canadienne- française avec sa foi, ses traditions et sa langue, le Congrès cher- chera à entretenir chez les Canadiens français le culte de l’idiome maternel ; i! ie: engagera à perfectionner leur parler, à le conser- ver pur de tout alliage, à le défendre de toute corruption. Il n’y a là rien que nous n’ayons le droit de faire, ni rien dont on puisse s’offenser. Quel mal, par exemple, y aurait-il à ce que, dans ce Congrès, nous étudiions l’histoire de la langue française au Canada, depuis la fondation de la colonie jusqu’à nos jours? les sources et les caractères de notre parler populaire? la situation juridi- que du français chez nous? les meilleures méthodes d’enseigne- ment de la langue? les questions qui se rapportent au dévelop- pement de notre littérature ?
Si nous nous demandons et essayons de faire connaître à tout notre peuple comment la langue française est venue jusqu’à nous, quels dangers elle a courus, comment elle s’est étendue et déve- loppée, tant chez les Canadiens français que chez nos frères les Acadiens, nous ne ferons que reprendre et compléter des études aux- quelles se sont livrés des Anglais de l'Ontario et des États-Unis.
De même, il ne devrait pas nous être interdit, plus qu'aux professeurs de l’Université de Toronto et aux romanistes des Étuts- Unis, d'étudier la part qu’ont prise les dialectes français dans la formation du franco-canadien, l'influence des langues indigènes sur
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notre parler, et ce qui caractérise chez nous le langage du peuple et le langage des gens instruits.
D'un autre côté, si nous cherchons ensemble les meilleurs moyens de combattre l’anglicisme, nous n’aurons aucune objection à ce que les Anglais canadiens travaillent, pour leur part, à combat- tre le gaïlicisme. Et c'est, croyons-nous, faire une bonne œuvre que d’épurer ou l’une ou l’autre des deux langues officielles de notre pays.
Et aujourd’hui que nos compatriotes anglais eux-mêmes entreprennent de faire enseigner le français dans leurs écoles de la province de Québec, ce dont il faut les louer beaucoup, quelle objection pourrait-il y avoir à ce que nous discutions nous-mêmes les questions qui concernent l’enseignement du français dans nos Propres écoles, et sa conservation dans les familles, dans les asso- ciations, dans les relations sociales, dans tous les centres où nos compatriotes ont droit de cité ?
Il nous psraît, en vérité, que le Premier Congrès de la Langue française au Canada devait en effet être convoqué à cette heure, et nous avons l’honneur d'y convier nos compatriotes. Dans la lutte pour la défense et la conservation de nos droits, il n’est permis à Personne de se croire inutile : chacun doit faire sa part du labeur commun. La langue des aïjeux a besoin, pour survivre et se déve- lopper, du concours de tous, et c’est je concours de tous que nous sollicitons.
leur langue et de leur nationalité. Nous les invitons tous à adhérer, à contribuer, à concourir, à assister au Premier Congrès de la Langue française au Canada : —
Canadiens français de la province de Québec, restés en Nouvelle-France, gardiens de la tradition, héritiers des souvenirs, dépositaires du patrimoine national ;
Acadiens, « peuple de douleur », que ni l'isolement ni la persécution n’ont pu abattre, et qui gardent, dans le malheur, leur foi et leur langue :
Canadiens français de l'Ontario, conquérants pacifiques, qui ont su lutter avec vaillance pour leurs droits, et qu’attendent peut-être des combats plus rudes encore ;
Canadiens français du Manitoba et de l'Ouest, pionniers de la culture française, qui font largesse à des pays nouveaux du bienfait de leur idiome ;
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Canadiens français et Acadiens des États-Unis, émigrés restés fidèles au parler des aïeux 3; — tous, nous les appelons à venir célébrer, sur le rocher de Québec, au berceau de la race, la fête du « doux parler qui nous conserve frères » !
Ensemble, nous étudierons la situation de la langue fran- Gaise chez nous ; nous nous demanderons quelles conditions meil- leures on pourrait lui faire, et par quels moyens.
Ensemble, nous affirmerons notre attachement aux saines traditions des lettres françaises. Ensemble, nous enverrons à la mère patrie, à la vieille France, l'hommage de notre filiale affection et de notre reconnaissance pour l'héritage qu’elle nous a laissé. Ensemble, nous prierons Dieu de bénir, sur nos lèvres canadiennes, les syllabes de France.
Pour le Comité Organisateur :
Mgr PAUL-EUGENE ROY, Président.
Le Secrétaire général,
ADJUTOR RIVARD,.
TN Side:
COMITÉ ORGANISATEUR
OFFICIERS
Comité général: Président, Mer P.-E. Roy, évêque d’Éleu- théropolis, Auxiliaire, à Québec; vice-présidents, les honorables MM. N.-A. Belcourt, sénateur, Thomas Chapais, membre du Conseil lé- gislatif, et P.-A. Landry, juge; trésorier, M. l'abbé S.-A. Lortie ; assistant-trésorier, M. l'abbé Philéas Fillion ; secrétaire général, M. Adjutor Rivard: secrétaires-adjoints, M. l'abbé Élie Auclair, M. J.-E Prince, M. l'abbé Camille Roy, M. Amédée Denault.
Commission d'initiative : Président, Mgr P.-E. Roy ; secré- taire, M. Adjutor Rivard.
Commission les finances : Président, l'honorable M. Né. mèse Garneau, membre du Conseil législatif: vice-président, M. Cy- rille Tessier ; secrétaires, MM. Joseph Picard et J.-S, Matte.
Commission de la propagande : Président, l'honorable M. P.-B. de la Bruère, Surintendant de l’Instruction publique dans la province de Québec: vice-présidents, M. l'abbé J.-E. Laberge et M. Eugène Rouillard:; secrétaires, M. l'abbé F. Massé et M. J.-E, Pla- mondon.
Commission de la publicité : Président, M. le Dr Jules Do- rion, directeur de l’ Action Sociale, président de la Ligue de la Pres- se Catholique: secrétaire, M. Amédée Denault, directeur du Croisé, secrétaire et trésorier de la L. EC
Commission des transports et logements : Président, M. Jules Hone ; secrétaire, M. Hormisdas Magnan.
Commission des fêtes religieuses et de réception du clergé : Président, Mgr C.-0. Gagnon : secrétaire, M. l’abbé Jules Laberge.
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Comité de réception et du banquet : Présidents, M. le docteur Siméon Grondin et M. Joseph Picard ; secrétaires, MM. J.-S. Matte et Hormisdas Magnan.
Buresux du Secrétariat du Congrès : Chef des bureaux, M. | l'abbé Ph.-J. Fillion ; assistants, MM. les abbés P. Hébert, C, Roy | et H. Nicol ; secrétaire, M. Léo Pelland.
MEMBRES
MM. Olivar Asselin, l'abbé A. Aubert, Joseph Barnard, l’abbé
Chs Beaulieu, le docteur P.-H. Bédard, O.-W. Bédard, Eusèbe Belleau, Georges Bellerive, l'abbé E. Bernard, J.-S. Blais, Jean Bouf- ford, A. Buteau, E.-V. Cantin, J.-A. Charlebois, Chs Chauveau, ‘honorable P.-A, Choquette, le R. P. Th. Couët, O. P., le docteur P.-C. Dagneau, Paul de Cazes, l’honorable Cÿrille-F. Delâge, Jo- seph Delisle, l’abbé C. Desrochers, l'abbé A. Dion, Arthur Drolet, J.-E.-A. Dubuc, J.-A. Duchaîne, S.-P. Dugal, P.-B. Dumoulin, Arthur Duval, le docteur L. Fiset, l'abbé Cyrille Gagnon, Gusta- ve Gagnon, l'abbé A. Garneau, Sir George Garneau, J.-P. Gar- neau, l’abbé P.-B. G-neau, J.-N. Gastonguay, le docteur S. Gaudreau, le docteur J. Gauvreau, l'abbé Oscar Genest, L.-P. Geoffrion, l'abbé J. Gignac, l’abbé Amédée Gosselin, F.-X, Gosse- lin, A.-C. Guilbault, l’abbé J.-A. Hallé, Omer Héroux, l'abbé A. Huot, le docteur A. Jobin, Napoléon Kirouac, J.-T. Lachance, l'abbé Eug.-C. Laflamme, Ph. Lamontagne, l'abbé J.-A. Lan- glois, Jules Larue, Armand Lavergne, l'abbé V. Lavergne, le docteur O. Leclerc, l'abbé J.-I. Lecours, Nazaire Levasseur, C.- J. Magnan, l'abbé A. Maheu, Frédéric Canac-Marquis, J.-E. Mar- tineau, Mgr O.-E. Mathieu, J.-A. Mercier, T. Morency, A.-J. Painchaud, Chs.-A. Paquet, l'abbé L.-H. Paquet, l’abbé François Pelletier, Ed. Richer, O. Poliquin, Alph. Pouliot, l’abbé Arthur Ro- bert, C.-E. Rouleau, le docteur A. Rousseau, Ferdinand Roy, Jo- seph Savard, l’abbé H. Simard, L.-P. Sirois, Joseph Sirois, Paul Tardivel, J.-E. Trépanier, l’abbé Louis Turgeon, le docteur A. Vallée, le R. P. Philéas Vannier, C.S. C.
PATRONAGE
L'UNIVERS.TÉ LAVAL
PRÉSIDENCE D'HONNEUR
Mgr L.-N. Bégin, Archevêque de Québec.
Mgr A. Langevin, O. M.I. Archevêque de Saint-Boniface.
Mgr P. Bruchési, Archevêque de Montréal.
Mgr C.-H. Gauthier, Archevêque d'Ottawa.
Le très honorable Sir Wilfrid Laurier, Chevalier Grai.d'Croix de l'Ordre de Saint Michel et de Saint Georges, membre du Conseil Privé d'Angleterre, ancien premier ministre du Canada.
L'honorable Sir François Langelier, docteur en droit, Chevalier de l'Ordre de Saint Michel et de Saint Georges, professeur à l’Université Laval, lieutenant-gouverneur de la province de Québec.
L’honorable Sir Lomer Gouin, docteur en droit, Chevalier, Officier de la Légion d'honneur, premier ministre de la province de Québec.
L'honorable M. P. Landry, Chevalier Commandeur de l'Ordre du Saint Sépulcre, Chevalier de l'Ordre de Saint Grégoire le Grand, président du Sénat du Canada.
Son Honneur le Maire de Québec, M. Napoléon Drouin.
M. le Recteur de l’Université Laval, M. l'abbé Amédée Gosselin.
VICE-PRÉSIDENCE D'HONNEUR
M. Aram-J. Pothier, gouverneur du Rhode-Isiand, États-Unis (Woonsocket, É.-U.).
L’honorable Sir A.-B. Routhier, Grand’Croix de l'Ordre de Saint
Grégoire, docteur en droit, docteur ès lettres, membre de la
Société Royale du Canada, juge de la Cour de Vice-Amirauté,
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ancien juge en chef de la Cour Supérieure de la province de Québec, professeur à l'Université Laval (Québec).
L'honorable Sir J. Dubuc, juge en retraite Winnipeg, Manitoba),
L'honorable M. J.-0. Réaume, ministre dans le gouvernement de l'Ontario (Windsor, Ontario),
L'honorable M. David-v. Landry, ministre dans le gouvernement du Nouveau-Brunswick (Bouctouche, N.-B).
L'honorable M. W. -F.-Alphonse Turgeon, ministre dans le gou- Vernement de la Saskatchewan (Régina, Saskatchewan),
L'honorable M. A.-E, Arsenault, ministre dans le gouvernement del Île-du-Prince- Édouard (Summerside, L.-P.-É.),
M. P.-E, Lessard, député à l'Assemblée législative de l'Alberta (Edmonton, Alberta).
M. Alcée Fortier, docteur ès lettres, Officier de l'Instruction publi- que, Chevalier de la Légion d'hoaneur, professeur à l’Université Tulane, président de l'Athéné: Louisianais, président de la Société historique de la Louisiane (Nouvelle-Orléans, Louisiane,
É.-U.).
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Hé vera
MEMBRES D'HONNEUR
Mgr A.-A, Blais, évêque de Rimouski.
Mgr J.-M. Émard, évêque de Valleyfeld,
Mgr M.-T, Labrecque, évêque de Chicoutimi.
Mgr P, Larocque, évêque de Sherbrooke.
Mgr N.-2. Lorrain, évêaue de Pembroke.
Mgr F.-X. Cloutier, évêque des Trois-Rivières.
Mr- E. Legal, O.M.I. évêque de Saint-Albert.
Mgr J.-8.-H, Bruneau, évêque de Nicolet.
Mgr J.-A, Archambeauit, évêque de Joliette.
Mgr A.-X, Bernard, évêque de Saint-Hyacinthe.
Mgr A. Pascal, O.M.I, évêque de Prince-Albert.
Mgr Albert Guertin, évêque de Manchester, États-Unis. Mgr O.-E. Mathieu, évêque de Régina.
Mgr E. Grouard, ONET: évêque d’Ibora, vicaire apostolique
d’Athabaska. Mgr C. Joussard, O.MI, évêque d’Arcadiapolis, coadjuteur d’Athabaska,
Mgr G.-J.-E. Breynat, O.M.I., évêque d'Adramyte, vicaire apos- tolique du Mackenzie.
Mgr G. Blanche, évêque de Sicca, vicaire apostolique du Golfe Saint-Laurent,
RS sig
HG ere
nn manon.
— 19 —
Myr E.-A. Latulipe, évêque de Catenne, vicair» apostolique du Témiscamingue,
Mur O. Charlebois, O. M.I., évêque de Bérénice, vicaire aposto- lque du Keewatin.
Mur T.-E, Hamel, P. A. vicaire général (Québec),
Mgr C.-A, Marois, P. A. vicaire général (Québec).
Mgr L.-A, Paquet, P. A., vicaire général (Québec).
Mer J.-0. Routhier, P. A., vicaire général (Ottawa).
bigr F.-A, Dugas, P. A. vicaire {” ‘ral (Saint-Boniface).
Mgr H, Baril, P. A., vicaire générai (les Trois-Rivières).
Mgr I-.L, Guertin, vicaire général (Saint-Hyacinthe).
Mgr J.-A.-I, Douville, P, D., vicaire général (Nicolet).
Myr Eugène Lapointe, vicaire général (Chicoutimi).
Mur Émile Roy, vicaire général (Montréal).
Mer H.-O, Chalifoux, vicaire général (Sherbrooke),
Mgr N. Aubry, vicaire général (Valleyfield).
Mgr L.-J, Langis, vicaire général (Rimouski).
Myr À. Beaudry, P. D. vicaire général (Joliette).
Mgr L.-N, Dugal, P. D., vicaire général (Saint-Basile, N.-B).
Mgr J.-B. Comeau, vicaire géné:al (les Trois-Rivières).
Mzr N. Milot, vicaire général (Nicolet).
Mer J.-N. Blaquière, vicaire général (L’Étang-du-Nord, Iles-de- la-Madeleine).
Mzr J. Hébert, vicaire général (Bouctouche, N.-B.).
TR. Père A, Lacombe, O.M.I., vicaire général (Saint-Albert).
T.R. Père H. Leduc, O.M.I. vicaire général (Saint-Albert).
T.R. Père H. Lacoste, O.M.I., vicaire général (Prince-Albert).
Myr C. Guay, P. A. (Lévis).
Mur C.-P, Choquette, P. A. (Saint-Hyacinthe).
Mer H. Tétu, P.N. (Québec),
Mzyr C.-0. Gagnon, P. D. (Québec).
Mzr M. Bolduc, P. D. (Rimouski).
Mur F.-X, Belley, P. D. (Saint-Félicien).
Mer F.-M. Richard, P. D. (Rogersville, N.-B.).
Mgr T.-G. Rouleau, P. D, Principal de l’École Normale Laval (Québec).
Mgr P,-H, Suzor, P. D. (Nicolet).
Mgr £.-C. Tanguay, C.S. (Sherbrooke).
Mur F.-X. Bossé, C.S. (Val-Brillant).
L'honorable M. F.-D. Monk, avocat, docteur en droit, Conseil du Roi, professeur à l’Université Laval, ministre dans le gouverne- ment du Canada (Montréal).
— 20 …
L'honorable M. L.-P, Pelletier, Avocat, docteur en droit, Conseil du Roi, professeur à l'Université Laval, ministre dans le gou- vernement du Canada (Québec),
L'hono-able M. W.-B.Nantel, Avocat, Conseil du Roi, ministre dans le Houvernement du Canada (Saint-Jérôme de Terre. bonne),
M. P.-E, Blondin, notaire, vice-président de la Chambre des Communes du Canada (Grand'Mère),
L'honorable Sir Alexandre Lacoste, Chevalier, docteur en droit, membre du Conseil Privé du Canada, ancien Juge en chef de la province de Québec (Montréal).
L'honorable Sir A.-R, Angers, Chevalier, docteur en droit, membre du Conseil Privé du Canac 1cien lieutenant-gouverneur de la province de Québec (Mon il).
L'honorable M. L.-O, Taillon, avocat, docteur en droit, Conseil du Roi, membre du Conseil Privé du Canada, ancien premier ministre de la province de Québec (Montréal).
L'honorable M. Alphonse Desjardins, membre du Conseil Privé du Canada (Montréal).
L'honorable M. Raoul Dandurand, docteur en droit, sénateur, membre du Conseil Privé du Canada (Montréal).
L'honorable Sir L. -A. Jetté, docteur en droit, Chevalier Comman-
du Conseil de l'Instruction publique de la province de Québe juge en chef de la province de Québec (Montréal).
L'honorable M. C.-B. de Boucherville, Compagnon de l'Ordre de Saint Michel et de Saint Georges, sénateur du Canada et mem- bre du Conseil législatif de la Province de Québec (Boucher- ville).
L'honorable M. Pascal Poirier, Officier de la Légion d’honneur, membre de la Société Royale du Canada, sénateur (Shédiac,
L'honorable M. F. -L. Béique, avocat, dc-teur en droit, Conseil du Roi, sénateur (Montréal).
L’honorable M. H. Montplaisir, sénateur (Les Trois-Rivières).
L’honorable M. J.- .-R. Fiset, sénateur (Rimouski).
L’honorable M. J ules Tessier, sénateur (Québec).
L'honorable M. L.-O. David, membre de la Société Royale du Canada, sénateur (Montréal).
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L'honorable M. p. -A. Choquette, avocat, Conseil du Roi, docteur en droit, sénateur (Québec).
L'honorable M. J. Sheyn, sénateur (Québec),
L'honorable M, L.-P, Brodeur, docteur en droit, juge de la Cour Suprême du Canada (Ottawa),
L'honorable M. A.-A.-C, Larivière, sénateur (Winnipeg).
L'honorable M. Benjamin Prince, sénateur (Battleford, Saskat.
chewan),
L'honorable M. F.-x, Lemieux, docteur en droit, juge en chef sup- Pléant de la Cour Supérieure de la province de Québec (Québec),
L'honorable M. Siméon Pagnuelo, docteur en droit, juge de la Cour Supérieure de la province de Québec ( Montréal),
L'honorable M. J.-1, Prendergast, juge de la Cour du Banc du Roi du Manitoba (Saint-Boniface, Manitoba),
L'honorable M. L.-A, Prudhomme, juge de la Cour de comté du Manitoba, membre de la Société Royale du Canada (Saint- Boniface, Manitoba),
L'honorable M. A. Constantineau, docteur en droit, juge de la Cour de comté de l'Ontario (Ottawa).
L'honorable M. 8. Blanchard, juge de la Cour de comté de l'Ile. du-Prince- Édouard (Charlottetown, L.-P..É.),
L'honorable Sir Rodolphe Forget, Chevalier, député à la Chambre des Communes du Canada (Montréal).
L'honorable M. Rodolphe Lemieux, avocat, Conseil du Roi, doc- teur en droit, membre de la Société Royale du Canada, pro- fesseur à l'Université Laval, député à la Chambre des Com- munes du Canada (Montréal),
L'honorable M. Henri Béland, député à la Chambre des Co'amunes du Canade (Saint-Joseph de Beauce), :
M. Arthur Lachance, avocat, Conseil du Roi, député à la Ch: : bre des Communes du Canada (Québec).
L'honorable M. L.-A, Taschereau, avocat, Conseil du Roi, docteur en droit, ministre dans le Bouvernement de la province üe Québec (Québec).
L’honorable M J.-L, Décarie, ministre dans le gouvernement de la province de Québec (Montréal).
L'honorable M. J.-E, Caron, ministre dans le Bouvernement de la Province de Québec (Québec),
L'honorable Cyrille Delâge, notaire, docteur en droit, membre du Conseil de l'Instruction publique de ja province de Québec, président de l'Assemblée législative de 1 Province de Québec (Québec).
20 —
L’honorable M. Adélard Turgeon, avocat, Conseil du Roi, Com- pagnon de l'Ordre de Saint Michel et de Saint Georges, docteur ès lettres, président du Conseil législatif de la province de Qué- bec (Québec).
L’honorable M. Némèse Garneau, membre du Conseil législatif de la province de Québec (Québec).
L’honorable M. Ernest DeVarennes, notaire, membre du Conseil législatif de la province de Québec (Waterloo).
L’honorable M. E. Choquette, membre du Conseil législatif de la province de Québec (Saint-Hilaire dé Rouville).
M. J.-M. Tellier, avocat, Conseil du Roi, docteur en droit, membre du Conseil de l’Instruction publique de la province de Québec, député et chef de l'opposition à l’Assemblée législative de la province de Québec (Joliette).
M. Henri Bourassa, ancien député à l'Assemblée législative de la province de Québec, directeur du Devoir (Montréal).
M. Armand Lavergne, avocat, député à l’Assemblée législative de la province de Québec (Québec).
M. J.-N. Francœur, avocat, député à l’Assemblée législative de la province de Québec (Québec).
L’honorable Sir Georges Garneau, Chevalier, professeur à l’Uni- versité Laval (Québec).
M. Pantaléon Pelletier, représentant de la province de Québec à Londres.
L’honorable M. Jacques Bureau, avocat, Conseil du Roi, dépu- té au Parlement fédéral (Les Trois-Pivières).
M. le Vice-Recteur de l'Université Laval, à Montréal : M. le Cha- noine G. Dauth.
M. le Recteur de l'Université d'Ottawa : R. P. A.-B. Roy, O.M.I.
M. le Supérieur du Séminaire de Nicolet : Mgr J.-A.-I. Douville, P°D:
M. le Supérieur du Collège de Sainte-Anne : M. l’abbé L. Dumais.
M. le Supérieur du Séminaire de Sainte-Thérèse : M. le chanoine L.-A. Jasmin.
M. le Supérieur du Séminaire des Trois-Rivières : M. le chanoine L. Arcand.
M. le Supérieur du Séminaire de Saint-Germain-de-Rimouski : M. le chanoine Chs-P, Côté.
M. le Supérieur du Séminaire de Chicoutimi : M. l'abbé Alfred Tremblay.
M. le Supérieur du Séminaire de Sherbrooke : M. l'abbé A.-0, Gagnon.
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M. le Supérieur du Collège de Lévis : M. l'abbé Aug. Marcoux.
M. le Supérieur du Séminaire de Saint-Hyacinthe : Mgr C.-P, Choquette, P. A.
M. le Supérieur du Collège de L'Assomption : M. l'abbé V.-E. Pauzé.
M. le Supérieur du Collège de Joliette : R. p. F.-M. Roberge, CSA
M. le Supérieur du Collège de Saint-Laurent : R. P. J.-E, Hébert, CSC;
M. le Supérieur du Collège Bourget : R. P. A.-D, Richard, CSV: |
M. le Supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréa|: M. l'abbé Chs Lecoq, S.s.
M. le Directeur du Collège de Montréal : M. l'abbé René Label-
| CHONTE M. le Supérieur du Collège de Valleyfield : M. l'abbé P.-A. Sabou- rin,
M. le Supérieur de l'Université du Collège de Saint-Joseph de Mem- ramcook, N. B.: R. P.B. Lecavalier, C.S.c.
M. le Supérieur du Collège de Sainte-Anne de Church Point : R. P. P. Chiasson, Eud.
M. le Supérieur du Collège du Sacré-Cœur de Caraquet: R. p. E. Travert, Eud.
R. P. Recteur du Collège Sainte-Marie : R. PAT: Filiatrault, S. J.
R. P. Recteur du Collège de Saint-Boniface : R. P.J. Carrière, S. J.
M. le Président de l'Association Canadienne-française d'éducation d'Ontario : M. C.-S.-0. Boudrault (Ottawa). M. le Président de l'Assomption, société nationale des Acadiens :
11. Buote, (Tignish, L-P.-É.),
M. l: Président de l’Assomption, société acadienne de secours mu- tuels : M. J.-W. Comeau (Comeauville, N.-É.).
M. le Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal : M. Thomas Gauthier.
M. le Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec : M. l: Dr P.-H, Bédard.
M. le Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Saint-Sauveur de Québec : M. le Dr Jos. Gosselin.
M. le Président de l’Union Saint-Jean-Baptiste d'Amérique : l’ho- norable M. H.-T. Ledoux (Nashua, \N.-H.).
M. le Président de l'Association Canado-américaine : M. le Dr A.- A.-E. Brien (Manchester, É.-U).
M. le Président général des Forestiers franco-américains : M.J.-H. Guillet (Lowell, É.-U.).
ru
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et ET
— D —-
M. le Président de la Société Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa : M. C-.8.-0. Boudrault.
M. le Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Winnipeg : M. L.-F. Cardinal.
M. le Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Saint-Boniface : M. Joseph Bernier, député à la Législature du Manitoba.
M. le Président de l’Union nationale Métisse du Manitoba : M. Roger Goulet.
M. le Président de la Section française de la Société Royale du Canada : l'honorable Sir A.-B, Routhier (Québec).
M. le Président de l’Institut canadien de Québec : M. Ferdinand Roy (Québec).
M. le Président général des Artisans Canadiens-français : M. Ludger | Gravel (Montréal).
M. le Président de l'Alliance Nationale : M. L.-A. Lavallée, maire de Montréal,
M. le Président de l’Union Saint-Joseph du Canada : M.-0. Du- rocher (Ottawa).
M. le Président de l’Union Saint-Pierre : M. Oscar Lavallée (Montréal).
M. le Président général ce {a Fédération des Ligues du Sacré-Cœur : M. le Dr J.-B. Prince (Montréal).
M. le Président général de l’Association catholique de la Jeunesse Canadienne : M. le Dr G. -H. Baril (Montréal).
M. le Président général de l'Association catholique de la Jeunesse
franco-américaine : M. Louis Perras, avocat (New-Bedford,
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M. le Président du Conseil national des Métiers et du Travail de Québec : M. Alexandre Grenier (Québec).
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BUREAU DU CONGRÈS
PRÉSIDENT
Mgr Paul-Eugène Roy, évêque d’Éleuthéropolis, Auxiliaire, à Québec, président de la Société du Parler français au Canada
VICE-PRÉSIDENTS
L'h srable M. N.-A. Belcourt, avocat, docteur en droit, Conseil au Roi, membre du Conseil Privé du Canada, sénateur (Ottawa).
L'honcrable M. Thomas Chapais, Chevalier de la Légion d’hon: neur, docteur ès lettres, membre du Conseil législatif de Québec, membre de la Société Royale du Canada, membre du Conseil de l’Instruction Publique de la Province de Québec, professeur à l'Université Laval (Québec).
L'honorable M. P.-A. Landry, docteur en droit, juge de la Cour Suprême du Nouveau-Brunswick (Dorchester, N.-B).
TRÉSORIER
M. l'abbé S.-A, Lortie, docteur en théologie, maître ès arts, pro- fesseur à l’Université Laval, trésorier de la Société du Parler français au Canada (Québec),
ASSISTANT-TR ÉSORIER
M. l'abbé Philéas Fillion, maître ès arts, secrétaire de l’Université Laval (Québec).
— 2% —
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
M. Adjutor Rivard, avocat, Conseil du Roi, docteur ès lettres, membre de la Société Royale du Canada, professeur à l’Uni- versité Laval, secrétaire général de la Société du Parler français au Canada (Québec).
RU
SECRÉTAIRES-ADJOINTS
M. l'abbé Élie Auclair, docteur en théologie et en droit canonique, professeur à l’Université Laval, professeur à l’École d’ensei- gnement supérieur des jeunes filles, secrétaire de la Rédaction de la Revue Canadienne (Montréal).
M. J.-E. Prince, avocat, Conseil du Roi, docteur en droit, profes- seur à l’Université Laval (Québec).
M. l’abbé Camille Roy, docteur en philosophie, licencié ès lettres de l’Université de Paris, membre de la Sociéte Royale du Ca- nada, professeur à l’Université Laval (Québec).
M. Amédée Denault, publiciste, chef du Secrétariat des Œuvres de l’Action Sociale Catholique (Québec).
D ee
BUREAUX DES SECTIONS D'ÉTUDE
———
SECTION SCIENTIFIQUE PRÉSIDENT
L'honorable M. Pascal Poirier, Offc
membre de la Société Royale du N.-B.
ier de la Légion d'honneur, Canada, sénateur (Shédiac,
VICE-PR ÉSIDENTS (Sous-section historique)
M. Joseph -Edmond Roy, docteur ès lettres, Officier de l’Instruc- tion Publique, membre de la Société Royale du Canada, pro- fesseur à l'Université Laval, Archiviste du Canada (Ottawa).
(Sous-section Juridique)
L’honorable M. A.
Constantineau, docteur en droit, juge de l: Cour de comté
de l'Ontario (Ottawa)
(Sous-section Philologique)
M. Alcée Fortier, docteur ês lettres, Officier de l’Instruction pu- blique, Chevalier de la Légion d'honneur, professeur à l’Uni- versité Tulane, président de l’Athénée Louisianais, président de
ouvelle-Orléans, Loui-
SECRÉTAIRES
(Sous-section historique)
M. l'abbé Thomas Nadeau, lauréat
de l’Université de Lille, pro- fesseur au Collège de Lévis (Lévis)
— 28 — Ë
(Sous-section juridique)
M. Oscar Hamel, notaire, licencié en droit (Québec). (Sous-section Philologique)
M. J.-E, Plamondon, notaire (Québec).
TR ana erannaenas annee.
RAPPORTEURS (Sous-section historique)
M. l'abbé Antonio Huot, docteur en théologie et en philosonhie (Pass Christian, Mississipi, Ê.-U.).
(Sous-section juridique)
M. J.-E. Prince, avocat, Conseil du Roi, docteur en droit, profes- seur d'économie politique à l’Université Laval (Québec).
(Sous-section Philologique)
M. l'abbé Énile Chartier, docteur en philosophie, licencié ès lettres de l’Université de Paris, professeur au Séminaire de Saint- Hyacinthe (Saint-Hyacinthe).
SECTION PÉDAGOGIQUE PRÉSIDENT
L'honorable M. P. Boucher de la Bruère, docteur ès lettres, Surintendant de l’Instruction publique dans la province de Québec (Québec).
VICE-PRÉSIDENTS
M. l'abbé R, Labelle, S.S., directeur du Collège de Montréal (Montréal).
esse teemennrenes nn rnrmnns nana ne)
none _ masse : FER ent eu ee
— 29 —
M. l'abbé J.-8, Corbeil, do
cteur en théologie, Principal de l’École #
À Normale de Hull (Hull). à
| SECRÉTAIRE sh
M. C.-J. Magnan, maître ès arts, Inspecteur général des écoles de dE
la Proviace de Québec (Québec). ga RAPPORTE URS
M. l'abbé P, Perrier,
docteur en théolo Professeur à l'Univ
gie et en droit
Canonique, hi! ersité Laval, visiteur des écoles de Montréal 4 (Montréal), k M. l'abbé N, Degagné, maître ès arts, professeur au Séminaire de Chicoutimi (Chicoutimi),
SECTION LITTÉRAIRE
PRÉSIDENT
L’honorable M. L. Manitoba, Boniface).
-A, Prudhomme
, juge de la C membre de la Socié
our de comté du té Royale du
Canada (Saint-
VICE-PRÉSIDEN TS
M. Pamphile LeMay, docteur &s lettres, membre de la Société Royale du Canada (Lotbinière),
M. A.-p. DeCelles, docteur ès lettres, membre de] du Canada, Conservateur de la
a Société Royale bibliothèque Canada (Ottawa).
du Parlement du SECRÉTAIRE M. J.-B. Lagacé, professeur à l’Université Laval (Montréal). RAPPORTEUR M. l'abbé Camille Roy,
de l'Université de Canada
docteur en Philosophie, licencié ès lettres aris, membre de la Société Royale du » Professeur à l’Université Laval (Québec).
— 90 — SECTION DE LA PROPAGANDE PRÉSIDENT
L'’honorable M. Raoul Dandurand, docteur en droit, membre du Conseil Privé du Canada, sénateur (Montréal).
VICE-PRÉSIDENTS
M. Eugène Rouillard, Officier d’Académie, vice-président de la Société du Parler français au Canada (Québec).
M. J.-Armand Bédard, médecin, docteur en médecine, président de la Société historique franco-américaine (Lynn, É.-U).
SECRÉTAIRES
M. Amédée Denault, publiciste, chef du Secrétariat des Œuvres de l'Action Sociale Catholique (Québec).
M. P.-G. Roy, docteur ès lettres, membre de la Société Royale du Canada (Lévis).
M. l’abbé Cyrille Gagnon, docteur en théologie, licencié en philo- sophie, professeur au Petit Séminaire de Québec (Québec).
RAPPORTEURS
M. l'abbé flie Auclair, docteur en théologie et en droit canonique, professeur à l’Université Laval (Montréal).
R. P. Théophile Hudon, S.J., professeur au Collège de Saint- Boniface (Saint-Boniface).
M. Hector Bernier, avocat, licencié en droit (Québec).
Cor Par
Parler français au €
REGLEMENT PREMIER CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE
AU CANAI DA
ARTICLE 1 OBJET
Le Premier Congrès de la Langue française au Canada se tiendra, suivant les d
ispositions Prises par la Société du Parler français au Canada, à Québec du lundi, 24 juin, au dimanche, 30 Juin 1912.
L'objet du Congrès est l'exa défense, la culture et Je dévelop rature françaises au Canada.
men des questions que soulèvent Ja pement de la langue et de la litté-
I PRÉPARATION DU CONGRès ARTICLE 2
COMITÉ ORGANISATEUR
arada,.
— 99 — ARTICLE 3 RÉUNIONS
Le Comité organisateur général se réunit, au siège social de la Société du Parler français au Canada, à l'Université Laval, à Québec, chaque fois qu'il est convoqué par ordre du Bureau.
La convocation se fait Par avis écrit, mis à la poste, à l'adresse de chaque membre, deux jours avant la réunion.
ARTICLE 4 BUREAU
Le Bureau du Comité organisateur .: compose des officiers suivants, élus par le Comité parmi ses membres: un président, trois vice-présidents, un trésorier, "n assistant-trésorier, un secrétaire général et quatre secrétaires-adjoints.
ARTICLE 5 TRAVAIL D'ORGANISATION
Le Comité organisateur général, le Bureau de ce Comité et des Commissions et Comités régionaux se partagent le travail d’or- ganisation du Congrès.
Comité général
a) Le Comité général règle ce qui concerne l'organisation géné- rale du Congrès ; il élit ses officiers, statue sur le règlement et sur le programme des travaux, des séances et des fêtes, et forme les bureaux des différentes sections du Congrès.
Bureau
b) Le Bureau reçoit les demanies d'inscription et arrête la liste des membres du Congrès ; il constitue les commissions organisa- trices et les comités régionaux qu’il juge utile d'établir, définit leurs attributions, dirige leurs travaux et reçoit leurs rapports : il prend
TR ni héitiernRE ac
— 33 —
les mesures d'exécution utiles à la réalisation du fonctionnement du Congrès, s'assure les concours
des rapports, études, mémoires et communiqué nance les dépenses et
l'exercice de ces pouvoirs, il représente le Comité
Programme et au a part de travail, cide de l'admission
Commission d'initiative
FH St /d ht be à ##
t# 4 +
il 1 1:
c) Une Commission d'initiative,
composée du président, du trésorier et des secrétaires du Comité
général, est chargée d'étudier et les projets à réaliser pour
$ Cas d'urgence et pour les de moindre importance, ou lorsque le Bureau complet ne
-oOmmission d'initiative à les
Commissions organisatrices
8 remplissent les missions que le Bureau leur :
Comités régionaux
e) Les Comités régionaux, centres du Canada et région qui lui est assig tion des cotisations et ]
établis par le Bureau, dans dif'érents tats-Unis, organisent, chacun dans la née, le recrutement des membres, la percep- a réalisation du prcgramme.
des
II CONSTITUTION DU CONGRÈS ARTICLE 6
COMPOSITION
DES er ere ter pere ve
— 44 —
institutions, sociétés, associations et corporations canadiennes-fran- Gaises et acadiennes, qui déclarent y adhérer et payent la cotisation fixée,
Les adhésions doivent être agréées par le Bureau.
ARTICLE 7 CLASSES DE MEMBRES
Le Bureau décerne le titre de membre donateur à ceux qui, pour contribuer au succès du Congrès, versent une cotisation de 825.00 cu plus, et le titre de membre bienfaiteur à ceux qui payent une coti- sation de 85.00 au moins. à
Outre ces deux classes, le Congrès comprend des membres titu- laires, qui paient une cotisation de #2.00, et des membres adhérents, qui payent une cotisation de #0.50.
Les administrations, institutions, sociétés, associations et corpo- rations ne sont admises à s'inscrire que comme membres donateurs ou bienfaiteurs : cette inscription donne à chacune d'elles le droit de recevoir un exemplaire du compte rendu des actes du Congrès et de se faire représenter à la réunion par deux délégués, qui ont, en séance, les mêmes droits que les membres titulaires.
Lis membres donateurs, bienfaiteurs et titulaires peuvent être choisis comme officiers du Congrès et de ses sections, présenter des travaux et prendre part aux délibérations ; chacun d'eux recevra gratuitement un exemplaire du compte rendu des actes du Congrès.
Les membres adhérents ont le droit d'assister an: 64, res du Congrès et de ses sections. Toutefois, si par suite de l'afluence des membres, les locaux devenaient insuffisants, les membres adhérents ne pourraient avoir accès à toutes les séances.
ARTICLE 8 ADHÉRENTS ÉTRANGERS
Les personnes et les sociétés étrangères peuvent adhérer au Congrès et avoir droit au compte rendu, en payant une somme de 84.00 (20 francs) pour les individus, et de #7.00 (35 francs) pour les associations.
—_ e —
ARTICLE 9 AUDITEURS ET ZÉLATEURS
Le Bureau du Congrès peut admettre, aux conditions qu'il juge
convenable d'imposer, des auditeurs aux séances du Congrès. Le Bureau peut aussi décerner le titre de zélateur à toute per-
sonne qui contribue au succès du Congrès. ARTICLE 10 CARTES DE MEMBRES
Sur versement de la cotisation entre les mains du trésorier, chaque membre ou délégué reçoit une carte, valant quittance, et qui sert de billet d'entrée aux séances. Cette carte est strictement per-
sonnelle,
Il DIRECTION DU CONGRÈS ARTICLE 11 BUREAU
Le Bureau du Comité organisateur constitue le Bureau du Congrès. Il dirige les travaux et les délibérations, et statue sur tout incident non prévu. Il peut modifier le programme et le règle- ment, à charge de faire connaître en temps utile les modifications
aux membres du Congrès. Les Bureaux des sections prennent, sous la direction du Bureau
du Congrès, les mesures utiles à la réalisation de leurs programmes.
— 36 —
IV
ORDRE INTÉRIEUR
ARTICLE 12
SECTIONS
Le Congrès Comprend quatre sections : 1° Une section scientifique ;
2° Une section Pédagogique :
3° Une section littéraire :
4° Une section de propagande.
; Chaque section s'occupe, sous la direction de son Bureau et } suivant l’ordre du jour réglé par lui, de l'étude des questions qui lui sont soumises par le programme. Elle formule les vœux qui découlent de ses délibérations.
Les secrétaires de sections sont chargé séances, qu'ils doivent remettre au secrétai
Les rapporteurs sont charg les délibérations et les trav positions et les y être remis trav
s des comptes rendus des re général du Congrès. és de faire apport au Congrès sur aux des sections, et de présenter les pro- œux qu'elles ont formulés. Leurs rapports doivent au secrétaire gér eral du Congrès, avec les Manuscrits des aux présentés et des discours Prononcés dans les sections.
ARTICLE 13
TRAVAUX ET DISCUSSIONS
Aucun travail ne faite au Congrès, l’auteur n’en a co
peut être présenté,
ni aucune proposition soit dans les sections, soit
en séance générale, si ganisateur le manuscrit, ant le ler mai 1912.
» à moins q
ue l’assemblée n’en décide porteur.
$ ne sont pas soumis à cette règle.
autrement. Les rap-
A TU
mm mn
ue ARTICLE 14 VŒUX
Les vœux formulés par les sections sont soumis à la ratification du Congrès en assemblée ‘énérale.
v ACTES LU CONGRÈS ARTICLE 15 COMPTES RENDUS
Afin d'assurer l'exactitude des comptes rendus, les membres qui auront présenté des travaux ou pris la parole, dans une séance de section ou dans une séance générale du Congrès, devront remettre aux rapporteurs ou au secrétaire général, suivant le cas, dans les vingt-quatre heures suivantes, soit le manuscrit du mémoire dont ils auront donné lecture ou du discours qu'ils auront prononcé, soit un résumé écrit de leur communication.
Dans le cas où ces notes ne seraient pas ainsi fournies, le texte rédigé par les secrétaires en tiendra lieu, ou le titre seul du travail sera mentionné.
Le Bureau du Congrès, ou le comité qui sera chargé de la publi- cation des comptes rendus, aura le droit de déterminer quels travaux, discours, communications ou mémoires y seront imprimés, et d’en fixer l'étendue.
ARTICLE 16 RÉALISATION DES VŒUX Le Congrès devra prendre les dispositions nécessaires pour
assurer la continuation de son œuvre, la réalisation de ses vœux et la publication des comptes rendus.
PROGRAMME GÉNÉRAL
(Avant le Congrès)
DIMANCHE, 23 JUIN, ET LUNDI, 24 JUIN Célébration de la Fête nationale des nisée par la Société Saint-J >an-Baptiste de Messe, Cortège de Saint-Jean-Baptiste, ments, ete. — Programme spécial.
Canadiens français, orga- Saint-Sauveur de Québec:
Banquet, Jeux et Divertisse-
(Le Congrès)
LUNDI, 24 JUIN
2? heures. Secrétariat : de délégu
—— Ouverture, à l'Unive inscription des Congressistes, és, distribution des imprimés et des insignes, etc.
S heures du soir. — Séance d'ouverture du Congrès, à Ja Salle des exercices militaires.
rsité Laval, des bureaux du
légitimation des cartes
MARDI, 25 JUIN
10 heures. — jà Promotions, à l’U 2 heures. -
re Séance générale du Cong niversité Laval.
— Séances des Sections.
8 heures du sotr. — 2e Séance générale du Congrès, organisée par les Sections littéraire et pédagogique réunies, à la Salle des exer- cices militaires.
rés, à la Salle des
MERCREDI, 26 JUIN
Le matin, — Excursion à Saint-Joachim (
Après-midi, — Retour à Québec.
8 heures du soir. — 3e Séance générale par la Section scientifique, à la S
au Petit-Cap).
du Congrès, organisée alle des exercices militaires.
0 JEUDI, 27 JUIN
10 heures, — Séance des Sections.
2 heures. — Séance des Sections.
8 heures du soir. — Grand concert, organisé par la Société Sym- phonique de Québec, à la Salle des exercices militaires.
VENDREDI, 28 JUIN
10 heures. — 4e Séance générale du Congrès, à la Salle des Promotions, à l'Université Laval.
? heures. — 5e Séance générale du Conprès, à la Salle des Pro- motions, à l’Université Laval.
8 heures du soir. — 6e Séance générale du Congrès, organisée par la Section de la propagande, à la Salle des exercices militaires.
SAMEDI, 29 JUIN
10 heures. — 7e Séance générale du Congrès, à la Salle des Pro- motions, à l’Université Laval.
Le soir. Feux de la Saint-Jean. Concerts en plein air, Assemblées populaires. Banquet au Château-Frontenac.
.
DIMANCHE, 30 JUIN
10 heures. e lennelle, à la Basilique.
Après-midi, ‘station populaire aux monuments de Laval, de Champl: +, de Montcalm et des Braves, organisée par l’Association catholique de la Jeunesse canadienne-française, avec le concours des Zouaves canadiens, des Gardes indépendantes, et des Sociétés nationales.
8 heures du soir, — Séance de clôture du Congrès, à la Salle des exercices militaires.
10 heures du soir. — Feu u artifice, sur l’esplanade et les rem- parts, en face du Parlement.
(Après le Congrès) LUNDI, ler JUILLET
Excursion au Saguenay.
PROGRAMME
DES
SÉANCES GÉNÉRALES DU
CONGRES
SÉANCE D'OUVERTURE
Salle des exercices militaires
LE LUNDI, 24 ju
IN, À 8 HEURES Du SOIR
HR Lai dE in a PRE
Président : Mgr P.-E, Roy
1° Mgr P.-E. Roy, président : grès. 2° L’hon. M. P. LANDry : gressistes à Son Alte général du Canada. 3° Sir FRANÇoIs LANGELIER, représentant Son Altesse Royale le DUC DE CoNNAUGuT : — Allocution. 4° Mgr L.-N. Béarn : — Présentation des hom ma, à Son Excellence le Délégué apostolique. 5° Mgr SraGni, Déiégué apostolique : — AlJocution. 6° M. C.-E. Boni\, premier secrétaire d’ambassade, sulat général de France au Canada : 7° L’honorable Sir LomEr Gouin : Québec aux Congressistes. 8° Mgr A. LANGE vIN — L sistes.
— Allocution. — Ouverture du Con-
— Présentation des hommages des C
on- sse Royale le duc de Connaught, Gouverneur
ges des Congressistes
chargé du Con- — Allocution.
— Bienvenue de la province de
e Salut à Québec, réponse des Congres-
!
di —
lère SÉANCE GÉNÉRALE
Salle des Promotions LE MARDI, 25 JUIN, À 10 HEURES DU MAT!N Président : Mgr P.-E. Roy
1° L'honorable Sir Joseph Duguc : — Adresse à Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec. 2° L'honorable Sir FRANçoIs LANGELIER, lieutenant-gouver-
neur : — Allocution. 3° L’honorable M. J.-O. RÉAUME: — Adresse à la ville de Québec. 4° M. N. DRoUIN, maire de Québec : — Allocution.
8° M. J.-V. DésauLzniers : — Adresse à l'Université Laval. 6° M. l'abbé Avépée GOssELIN, recteur de l’Université Laval :— Allocution. 7° Dépêche au Pape. 8° Dépêche au Roi. 9° Dépêche à l'Académie française. 10° M. l'abbé T. Quixx : — Une voix de l'Irlande.
2e SÉANCE GÉNÉRALE
Organisée par ies Sections littéraire et pédagogique
Salle des exercices militaires LE MARDI, 2% JUIN, À 8 HEURES DU SOIR Président : L'honorable M. P.-B. de la Bruère
1° L’honorable M. P.-B. DE LA BRuÈRE, président de la Section pédagogique : —— Allocution.
40
L'honorable Sir AB. RourniEer:-- {dresse à l'Académie française. M. ÉTIENNE Lauy, de l'Académie française : — Discours.
M. l'abbé L.-A. GROULX : — Les traditions des lettres françaises au Canada.
M. Gusrave ZiDLER : — Poème : Pour la plus grande gloire du parler français, — Vers le Passé,
3e SÉANCE GÉNÉRALE
Organisée par ia Section scientifique
Salle des exercices militaires LE MERCREDI, 26 JUIN, À 8 HEURES DU SOIR Président : L'honorable M. Pascal Poirier
1° L’honorable M. Pascaz Poirier, président de la Section scien- tifique : — Allocution. 2° Mgr P. Brucnésr : Discours. 3° M. W. CHAPMAN : — Poème : Les Martyrs du Long-Sault. 4° L'honorable M. N.-A. BeLcourr : — De l'exercire des droits re- connus à la langue française au Canada. M. ALcée Forrier : — La Louisiane française. M. l'abbé TaeLuier pe PONCHEVILLE : — Allocution.
te SÉANCE GÉNÉRALE
Salle des Promotions LE VENDREDI, 28 JUIN, À 10 HEURES DU MATIN Président : Mgr P.-E, Roy
1° Mgr L.-A. PAquEr : — L'Église catholique et le problème des langues nationales.
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2° Réception des Rapports des Sections d'étude et adoption des Vœux. a) Section scientifique : Sous-section historique : Rapporteur, M. l'abbé A, Hvor. Sous-section juridique : Rapporteur, M. J.-E. PRINCE, Sous-section philologique : Rapporteur, M. l'abbé E,. Crar- TIER. b) Section pédagogique : Enseignement primaire : Rapporteur, M. l'abbé P, PERRIER, Enseignement secondaire : Rapporteur, M, l'abbé N. DEGa1- GNÉ, c) Section littéraire : Rapporteur, M. l'abbé C. Roy. d) Section de la propagande : Sous-section À : Rapporteur, M. l'abbé E. AUCLAIU. Sous-section B : Rapporteur, R. P. Tnéornirx Hupox, S. J, Sous-section C : Rapporteur, M. Hecror BERNIER.
5e SÉANCE GÉNÉRALE
Salle des Promotions LE VENDREDI, 28 JUIN, À 2 HEURES Président : Mgr P.-E. Roy
1° M. AboLpne Poisson : — Poème : L'hécatombe.
2° M. l'abbé Cave Roy : — La Société du Parler français au Canada et son premier concours littéraire.
3° Examen des rapports et adoption des vœux. — Continuation de la séance du matin.
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6e SÉANCE GÉN ÉRALE
Organisée par la Section de la Propagande
Salle des exercices militaires LE VENDREDI, 28 JUIN, À 8 HEURES DU SOIR Président : L'honorable M. R. Dandurand «
1° L'honorable M. R. Daxpuranp, président de la Section de la Propagande : — Allocution.
2° M. l'abbé P.-C. GAUTHIER : — Le miracle acadien.
3° M. le docteur J.-ARMAND BÉbarp : — Le français dans la famille et dans les relations sociales aux États-Unis.
4° L'honorable M. H.-T. Lepoux : — La mission de la langue française aux États-Unis.
5° M. Henri Bourassa :— La langue française et l'avenir de notre race.
7e SÉANCE GÉNÉRALE
Salle des Promotions LE SAMEDI, 29 JUIN, À 10 HEURES DU MATIN Président : Mgr P.-E. Roy
Continuation de la séance de vendredi : examen des rapports et adoption des vœux. — Délibérations sur questions spéciales. — Rapports des Comités.
(1) En l'absence de l'honorable M. k. Dandurand, Mgr P.-E. Roy présida cette séance.
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SÉANCE DE CLOTURE
Salle des exercices militaires
E DIMANCHE, 30 JUIN, À 8 HEURES pu SOIR Président : Mgr P.-E. Roy
1° Mgr P.-E, Row, président : — L'œuvre du Congrès.
2° M. l'abbé TnELLIER DE PONCHEVILLE : — La langue française et l'apostolat catholique.
3° M. Gusrave Zipcer : — Poème : Pour la plus grande gloire du Parler français. — Vers l'avenir.
4° L'honorable M. TnouAs CHapais : — La langue, gardienne de la foi, des traditions, de la nationalité.
PROGRAMME DES SÉANCES DE SECTIONS
MÉMOIRES ET RAPPORTEURS
SECTION SCIENTIFIQUE
a) Sous-section historique. (Salle des Cours littéraires, Université Laval)
1° Origine des premiers colons canadiens-français, M. l'abbé S.-A. Lorrtr, Québec.
2° De:ré d'instruction et parler des premiers colons Cana. 'ens- français. !i, Ansuror Rivarp, Québec,
3° Origine des premiers colons acadiens, M, PLACIDE GAUDET, Ottawa.
4° Influence des dialectes français sur le parler franco-canadien. M. Ansuror Rivarp, Québec,
5° Influence de l'origine des premiers colons acadiens sur la langue française en Acadie. M. JAMES GEDpes, jr., Boston.
6° La dualité du langage en Acadie. M. l'abbé STANISLAS Doucer, Grande-Anse, N.-B.
7° L'enseignement du français en Nouvelle-France, de la fon- dation de la colonie jusqu'à la cession du pays à l'Angleterre, M. l'abbé Amépée GOSSELIN, Québec.
8° l'enseignement du français au Canada sous la domination anglaise. M. l'abbé Auépée GOSSELIN, Québec.
9° L'enseignement du français en Acadie, de la fondation de la colonie jusqu'à la cession du pays à l'hagleterre, R. P. P: Curasson, Church Point, N.-f. .
10° Histoire externe de la langue française au Canada. (Mé- moires 1 et 2 de la sous-section juridique.)
4
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11° Histoire externe de la langue française en Acadie, R,. P.J.-E, Moxpor, C,S, €. Memramcook, N.-B.
12° Eistoire externe de la laague française chez les Canadiens français des États-Unis R. P. V. CnanLaxp, O. P., Fall-River, Ê.-U,
13° Histoire externe et domaine actuel de la langue française en Louisiane, M. ALCÉE Fonrier, Nouvelle-Orléans, Louisiane, É.-U,
14° Apôtres et défenseurs de la langue française au Canada.
15° Apôtres et défenseurs de la langue française dans l'Ontario. R. P. Rayuoxp-M. RouLEaw, O. P., Ottawa.
16° Apôtres et défenseurs de la langue française dans l'Ouest canadien. M. l'abbé DENYSs Lay, Saïnt-Boniface, Man.
17° Apôtres et défenseurs de la langue française en Acadie. R. P. M, Dacxaup, Eud., Lévis.
18° Apôtres et défenseurs de la langue française chez les Cana- diens des États-Unis.
19° Apôtres et défenseurs de la langue française et lutte contre l'anglicisme en Louisiane, M. BussiÈèRE Roue, Nouvelie-Orléans, É.-U.
20° Domaine actuel du français au Canada, et spécialement dans la province de Québec, T.R. P. ALExIS, O. M. C., Ottawa.
21° Domaine actuel du français dans l'Ontario. R, P. G. Lesez, S, J. Sudbury, Ontario.
22° Domaine actuel du français dans le Manitoba. M. l'abbé Denys Lauvy, Saint-Boniface, Man.
23° Domaine actuel du français dans la Saskatchewan. R. P. A.-F, AucLair, O. MT Lac-au-Canard, Sask.
24° Domaine actuel du français dans l'Alberta. M. l'abbé J.-A. OveLcerrr, Edmonton, Alberta.
25° Domaine actuel du français dans le Nouveau-Brunswick. M. l'abbé Tn. ALBERT, Shippegan, N.-B. .
26° Domaine actuel du français dans la Nouvelle-Écosse.
27° Domaine actuel du français dans l'Ile-du-Prince- Édouard. M. Hexri BLaxcrarn, Collège Saint-Dun. lan, Charlottetown, I.-P.-É.
28° Domaine actuel du français dans l’Est des États-Unis. M. J:-A. FAvREAU, Boston, É.-U.
29° Domaine actuel du français dans l’ouest des États-Unis.
30° Français de France au Manitoba. M. Henri DE Moissac, Saint-Boniface.
31° Belges de langue française dans l'Ouest canadien, M. Louis HaAcauzr, Bruxelles, Man.
b) Sous-section juridique.
(Salle des Cours
de droit, Université Laval)
1° Situation juridique du français au Canada, spécialement dans la province de Québec, M, J..E. PRINCE, Québec. 2° Situation juridique du français au Canada, spécialement dans l'Ontario. M. le juge A, CONSTANTINEAU, Ottawa. 3° Situation juridique du français dans le Manitoba. M. le juge L.-A. PrupHOoMME, Saint-Boniface, Man. 4° Situation juridique du français dans la Saskatchewan. M. A. TURGEON, Régina, Sask. 5° Situation juridique du français dans l'Alberta. Giroux, Edmonton, Alberta. 6° Situation juridique du français dans les P 7° État légal du français aux États-Unis. 8° État légal du français en Louisiane, M. ANDRÉ LAFARGUE, Nouvelle-Orléans, Louisiane, É.-U, 9° Rapport sur l'enquête de l'Association catholique de la jeu- nesse canadienne-française sur l'observation de la loi Lavergne. M. Tessier, vice-président de l'A. C. 3. C., Montréal. 10° Du français dans nos lois. M.J.-E. PRINCE, Québec.
M. ALcipas
rovinces Maritimes.
c) Sous-section philologique. (Salle des Cours de théologie, Université Laval)
1° Le français, troisième langue classique. Hupon, S. J., Saint-Boniface, Man.
2° Caractères du parler populaire franco-canadien, M. A DJu- TOR Rivarp, Québec.
3° La langue que nous parlons. R.P.T. Hupon, S, J., Saint- Boniface, Manitoba.
4° Sources et caractères du parler populaire franco-acadien. L'honorable M. PAascar Poirier, Shédiac, N.-B.
5° Les dialectes français dans le parler franco-acadien. M. JAMES GEDDES, jr., Boston, É.-U.
6° Les langues indigènes dans le parler franco-acadien. M. JAMES GEDDES, jr., Boston, É.-U.
7° Le français des gens instruits au Canada. PP AVEE: Breton, O. F. M. Montréal, — M, Rémi TREMBLAY, Ottawa.
8° La francisation des mots anglais au Canada. M. ADJUTOR Rivarp, Québec.
R. P. Tuéoruire
40
9° Sur quel point il importe davantage de faire porter les efforts pour la correction du parler français au Canada : phonétique, lexico- logie, morphologie ou syntaxe, M. l'abbé A. AuBErrT, Québec, 10° La réforme orthographique. M, Ansuron Rivarp, Qué- bec.
11° L'œuvre de la Société du Parler français au Canada, M. Anyuror Rivarp, Québec,
12° Les noms géographiques dans Québec. M. Euuèxe Rouit-
LARD, Québec.
13° Les noms géographiques dans l'Ontario. M. L.-E.-O. PAYMENT, Ottawa.
14° Noms historiques de langue française au Nord-Ouest cana- dien. L'hon, M. L.-A, Prupnome, Saint-Boniface,
15° Les noms géographiques dans les Provinces Maritimes. M. l'abbé Francots Bourazots, Cocagne, Kent, N.-B.
16° Les noms géographiques en Louisiane. M. EpGar GRiMA, Nouvelle-Orléans, É.-U.
17° La traduction des noms de lieux. M. Anguror Rivarn, Québec.
Il SECTION PÉDAGOGIQUE (Salle de l'Assemblée législative, Parlement)
1° L'enseignement du français dans Québec. Statistiques de l'enseignement primaire. M. C.-J. MaAGxaAN, Québec.
2° L'enseignement du français dans l'Ontario.
3° L'enseignement du français dans la Saskatchewan. R. P. A.-F. Aucrai, O. M. IL, Lac-au-Canard, Sask.
4° L'enseignement du français dans l'Alberta. M. JuzteN LeBLanc, Edmonton, Alberta.
5° L'enseignement du français dans la Nouvelle-Écosse. M. l'abbé A.-E. MoxBoukQUETTE, Arichat, C.-B., N.-É.
7° L'enseignement du français dans l’Ile-du-Prince- Édouard. M. Marin GazLaxr, Rustico, L.-P.-É.
7° L'enseignement du français dans les centres canadiens-fran- çais des États-Unis. M. L.-E. Capteux, Boston, É.-U.
8° L'enseignement du français en Louisiane et l’enseignement bilingue, M. ALcér Forrier, Nouvelle-Orléans, Louisiane, É.-U.
— 50 —
9° Le français au Collège de Saint-Boniface. R. P. AnéLarp Ducré, S. J., Saint-Boniface, Man.
10° Les formes dialectales l'abbé Camize Roy, Québec.
11° La correction du parle J.-P. LABARRE, Montréal.
12° La correction du parler de la conversation au collège. Le CERCLE pv P. F. du Séminaire de Saint-Hyacinthe.
13° La correction du parler de la conve Rév. Sr SAINTE-LU CIE, des Sœurs de l’Assomption, Nicolet —Rév. Sr MARIE-IRÈNE, des Sœurs de Sainte-Anne, Lachine.
14° Les cercles pour l'étude du Parler fr M. l'abbé L.-A. Grouix, Valleyfield.
15° Les cercles pour l'étude de couvents. Rév. Sr MaRiE-pE Marie, Sillery. 16° L'école et l’anglicisme. M. l'abbé V.-p. gravé,
17° Rôle de la lecture à haute voix et de la diction dans l’ensei- gnement du français. M. A DJUTOR RivARD, Québec.
18° L'enseignement du français Par le latin, M. GUsTAVvE ZibLer, Paris.
19° L'enseignement de l'histoire de la lang primaire, M. ADJUTOR Rivarp, Québec.
20° L'enseignement de l’histoire lège. M. Ansuror Riva, Québec.
21° L'enseignement de l’histoire de la 1
vent. Rév.Sr SAINTE-ANNE-M ARIE, Montréal.
du franco-canadien à l'école. M.
r de la Conversation à l’école. M.
rsation au couvent,
ançais dans les collèges.
la langue française dans les -Lourpes, des Religieuses de Jésus-
JUTRAS, Pont-
ue française à l’école de la langue française au col- angue française au cou- des Sœurs de la Congrégation,
22° La première formation du goût litté A.-B. CHARBONNEAU, Montréal. 23° L'enseignement bilingue.
raire à l’école, M.
M. l'abbé Pr. PERRIER, Mont- réal.
24° L'enseignement biling G.-E. Marquis, Québec.
25° L'enseignement bilingue dans les collèges et les couvents de la province de Québec. M. l'abbé J.-E. LABErce, Québec. 26° L'enseignement bilingue, dans 1
a province de Québec, spé- cialement dans les régions de
population mixte et voisines des États-Unis (diocèse de Sherbrooke). M. l'abbé Ocrave Marin, Sutton.
27° L'enseignement bilingue
ue dans les écoles de Québec. M.
dans l'Ontario.
— F1 —
28° La mission de l’Université d'Ottawa dans la province d’Ontario. R. P. A. NorMaxnix, O. M. I. Ottawa.
29° L'enseignement bilingue dans le Manitoba.
30° L'enseignement bilingue dans la Saskatchewan. M. l'abbé P.-E. Myne, Sask.
31° L'enseignement bilingue dans l'Alberta.
32° L'enseignement bilingue dans le Nouveau-Brunswick. M. CHARLES HÉBErT, Dupuis, N.-B.
33° L'enseignement bilingue dans la Nouvelle-Écosse.
34° L'enseignement bilingue dans l'Ile-du-Prince-Édouard. M. l'abbé Josepx GALLANT, Charlottetown, I.-P.-f
Le
35° L'enseignement bilingue aux États-Unis.
36° Les bibliothèques scolaires dans les collèges.
37° Les bibliothèques scolaires dans les couvents. Rév. Sr SAINT-THoMAS-D'AQUIN, de la Congrégation du Bon Pasteur, Qué- bec.
38° Les bibliothèques scolaires dans les écoles, 9 0 a #8, Î ques Fu CET ES sr, 7 Les Éray TRE ÿ ee RE 77
+
SECTION LITTÉRAIRE (Salle du Conseil législatif, Parlement)
1° Dans quelle mesure et par quels moye server à la littérature canadienne M. R. Dv Rovure, Montréal.
2° Les formes dialectales dans la littérature canadienne-fran- çaise. M. Ansuror Rivarp, Québec.
3° L'éducation littéraire du peuple. ÇoN, Montréal.
ns il convient de con- -française un caractère national.
M. l'abbé J.-M. Mézax-
4° Les lettres françaises et nos collèges. Sainte-Anne-de-la-Pocatière.
5° Les lettres franc de Québec.
6° Les lettres françaises et l’Université. M. l'abbé Érre AuUcLAIR, Montréal.
7° Les femmes et les lettres françaises au Canada. Mme H.-D. Saint-Jacques, Saint-Hyacinthe,
8° La critique littéraire au Canada. TIER, Saint-Hyacinthe.
M. l'abbé W. LEBoN,
aises et nos couvents. Les URSüULINES
M. l'abbé Émize Cnar-
9° Part qu’il convient de faire aux auteurs canadiens-français dans l’enseignement de l'histoire de la littérature, M. l’abbé CaMiLee Roy, Québec. 10° La lutte contre la Pornographie, R. P, A. GuizLor, C. SS. R., Montréal. 11° La presse et les lettres françaises au Canada. 12° La presse et les lettres Canadiennes-françaises aux États- Unis. R. P. H. BEAUDÉ, O. P., Ottawa. 13° Les lettres françaises en Louisiane, M. Édouard-J. For- TIER, Nouvelle-Orléans, É.-U. 14° La littérature française au Nord-Ouest. L’honorable M. L.-A. PRUDHOMME, Saint-Boniface, Manitoba. 15° La Société du Parler français au Canada. M. Ansvror Rivarp, Québec. 16° L'Institut canadien de Québec. M. FERDINAND Roy, Québec. 17° L'École littéraire de Montréal. M. Lé£on LoRRAIx, Montréal. 18° L'Institut Canadien-français d'Ottawa. M. C.-A. SÉGUIN, Ottawa. 19° La Société historique franco-américaine, M. J.-A. Fa- VREAU, Boston, É.-U. 20° L’Athénée louisianais. M. Bussière RovEx, Nouvelle- Orléans, É.-U. 21° L'Institut canadien de Lévis, M. P.-G. Roy, Lévis. 22° L'Union catholique de Montréal. M. Léon TRÉPANIER, Montréal. 23° La Société de Géographie de Québec, M. Evaène Roui.- LARD, Québec.
IV SECTION DE LA PROPAGANDE
a) Sous-section A (les associations).
(Salle des Promotions, Université La val)
1° La langue française et les associations dans la province de Québec. M, J.-B. LAGAcÉ, Montréal. 2° Les Sociétés Saint-Jean-Baptiste.
189 —
3° La langue française et les associations féminines. Mme M. GÉRiN-Laote, Montréal.
4° La langue française et les associations dans l'Ontario. M. C.-A. Larour, Ottawa.
5° La langue française dans nos sociétés nationales au Mani- toba. M. L.-A. DeLormr, Winnipeg.
6° La langue française et les associations dans les Provinces Maritimes. M. l'abbé Pu.-L. BEeLivEAU, Grande-Digue, N.-B.
7° La langue française et les associations aux États-Unis. M. J.-H. Guizcer, Lowell, É.-U.
8° La langue française et les associations en Louisiane.
9° La langue française et l'Association canadienne-francçaise d'éducation d'Ontario.
10° La langue française et l'Association de la jeunesse cana- dienne-française. M. Arruur SAINT-PIERRE, Montréal.
11° La langue française et l'Association cathr'ique de la jeu- nesse canadienne-française dans l'Ontario. M. Espras THERRIEN, Ottawa.
12° La langue française et la Canadienne, de Paris. M. Gror- GES BELLERIVE, secrétaire à Québec.
13° La langue française et la Société des Artisans canadiens- français. M. J.-V. DEsauLNIERs, Montréal.
14° La langue française et l'Union Saint-Joseph du Canada. M. CuarLes LECLERC, secrétaire général, Ottawa.
15° La langue française et l'Alliance nationale. M. L.-A. LAVALLÉE, président général, Montréal.
16° La langue française et l'Union Saint-Jean-Baptiste d'Amé- rique. M. Henri-T. Lepoux, président général, Nashua, É.-U.
17° La langue française et l'Association canado-américaine. M. le docteur A.-A.-E. BRIEN, président général, Manchester, É.-U.
18° La langue française et l’Assomption, société de secours mutuelle. M. Rémr BeNoir, ler directeur général, Truro, N.-É.
19° La langue française et l'Union Saint-Pierre. M. Oscar LAVaLLéE, Montréal.
20° La langue française et les Forestiers franco-américains. M. le docteur G.-T. Lamarcue, Springfield, É.-U.
b) Sous-section B (la famille et les relations sociales, la presse, elc.). (Salle de lecture, Université Laval)
1° La langue française et l'exercice du culte catholique dans l'Ontario. M. l'abbé L.-A. BEAUDoIN, Walkerville, Ont.
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2° Le foyer, gardien de la langue française. Mme W.-A. Hvw- GUENIN (Madeleine), Montréal.
3° La langue française au foyer canadien. Mme SoLANGE d'IBERvILLE,
4° Le français dans les relations sociales. Mme R. Danor- RAND, Montréal.
5° Le français dans la famille, dans la province de Québec.
6° Le français dans la famille, dans l'Ouest canadien.
7° Le français dans les relations sociales, dans l'Ouest cana- dien. M. le docteur F. LACHANCE, Saint-Boniface, Man.
8° Le français dans la famille et dans les relations sociales, dans le Nouveau-Brunswick.
9° Le français dans la famille et dans les relations sociales,
dans la Nouvelle-Écosse. — Observations sur la conservation de la langue française. M. Rémi BENorr, Truro, N.-É.
10° Le français dans la famille et dans les relations sociales, aux États-Unis. M. le docteur ARMAND BÉbarp, Lynn, É.-U. — R. P. M.-J. Mansize, C.S. V. Bourbonnais, Ill, É. U.
11° Le français dans la famille et dans les relations sociales, en Louisiane, Mme AIMÉE Beucxnor, Nouvelle-Orléans, Louisiane, É.-U. 4
12° Le français et la presse, dans la province de Québec. M. Omer Héroux, Montréal.
13° Le français et la presse, dans l'Ontario. M. ALBERT CarL, Ottawa.
14° Le français et la presse, au Manitoba. M. Norr, Ber- NIER, Saint-Boniface, Man.
15° Le français et la presse, dans les Provinces Maritimes.
16° Le français et la presse, aux États-Unis, M. Da vip-E. LAviGxE, Woonsocket, #.-U.
17° La presse française et la survivance de la langue française aux États-Unis, M. JE: LeBouruirLer, Manchester, É.-U.
c) Sous-section C (les services publics, le commerce et l'industrie, les arts et les sciences ).
(Amphithéâtre, Université Laval)
1° Le français dans les services publics, dans la province de Québec.
2° Le français dans les services publics, dans l'Ontario. M. A.-W. GUERTIN, Ottawa.
APRES
65 —
3° Le français dans les serv
ices publics, dustrie, dans l'Ouest canadien.
le commerce et l'in-
4° Le français dans les services publics, dans les Provinces Maritimes. L'honorable M. D.-V. LAnDry, Bouctouche, N.-B. 5° Le français dans les serv
ices publics, aux États-Unis. M. J.-A, Favreau, Boston, É.-U,
6° Le français d
ans les services ANDRÉ Larar
GUE, Nouvelle-Orléans, Lo 7° Le français d de Québec. M. P. 8° Le français 9° Le france vinces Maritime
publics, en Louisiane, M. uisiane, É.-U. ans le commerce et l'industrie, dans -J. Parapis, Québec.
dans le commerce et l’industrie, tis dans le commerce
la province
dans l'Ontario. e et l’industrie, dans les P S. M. Hexrr-P. LEBLAxc, Moncton, N.-B. 10° Le français dans le commerce et l’industrie, aux États- Unis. M.J.A pu, REAU, Boston, É.-U.
11° Le français dans le commerce et l’industrie
12296 français dans les annonces du commerce trie. M. NazaiRe Le VAssEUR, Québec.
13° De l'encouragement à donner aux entreprises industrielles Canadiennes-françaises. M. ErNesr Roy, Québec.
14° La terminologie franco-canadienne d relles. M. l'abbé V.-A. Hvuarp, Québec.
15° Le français et la terminologie technique des sciences phy- siques au Canada. M. l'abbé Hexr: Sru ARD, Québec.
16° Le français et les termes de médecine au Canada. M. le docteur JuLEs Doriox, Québec.
17° Le français et la terminologie technique des oux rages fémi- nins. Mlle GEORGIN A LEFAIVRE (Ginevra), Québec.
18° Le français et la terminologie technique de l'industrie agricole au Canada. NRA CHaAPaIs, Saint Denis de Kamou-
ro-
, en Louisiane. e et de l’indus-
ans les sciences natu-
raska.
19° Le français et les termes de marine au Canada. M. le docteur P.-C!, DaGxEac, Québec.
20° Le français et la terminolo
gie des sports au Canada. Le CERCLE pu Panzer FRANÇAIS DU Sf
MIN AIRE DE SAINT-H y 4 CINTHE,
PREMIÈRE PARTIE
COMPTE RENDU
PREMIER CONGRES DE LA LANGUE FRANÇAISE
CANADA
COMPTE RENDU
Le 14 février 1911, la Société du Parler français au Canada décidait d'organiser, à Québec, un Congrès pour «la conservation, la défense, la culture et l'extension de la langue et de la littérature françaises au Canada et dans izs milieux Canadiens-français ou acadiens des États-Unis ».
Le texte de cette délibération est reproduit dans la série des pièces liminaires, aux premières pages de ce volume.
Un Comité organisateur, immédiatement constitué, invita par un À ppel au public, tous les Canadiens français et les Acadiens à adhérer, à concourir, à assister au Congrès projeté. Aussitôt les adhésions arrivèrent, nombreuses, attestant que des milliers de compatriotes avaient à cœur la conservation de leur nationalité; qu'ils seraient heu- reux de se réunir et de proclamer, au berceau même de la race, les beautés de leur langue maternelle.
Les membres du Comité organisateur et de divers comités régionaux, établis dans les principaux centres français de l'Amérique du Nord, se mirent à prècher la bonne croisade, et la presse fit pénétrer partout l’écho de
— 60 —
leur parole ; bientôt l'on fut certain que le Congrès de 1912 réunirait des représentants de tous les groupes que forment les nôtres, et que cette convention nationale serait, ainsi qu'on devait le dire plus tard, comme le « concile œcumé- nique de la langue française au Canada ».
Pendant que se faisait ainsi, sur tout le territoire, le travail de propagande, des Commissions spéciales s’em- ployaient à recueillir Jes fonds nécessaires, à établir le pro- gramme des travaux et à en assurer l'exécution, à ordonner les séances et les fêtes, à prévoir et à préparer les mille détails d’une entreprise dont la réalisation prenait des Proportions qu'on n'avait pas même osé espérer d’abord.
Si nous avions tenté de nummer tous ceux qui prirent
part à cette organisation, les pièces liminaires auraient vraiment pris trop d'espace : nous avons dû nous borner à donner la liste des membres du Comité organisateur central et de ses principales commissions. Combien d’au- tres dont nous aimerions à inscrire ici les noms, et qui se sont dépensés avec un dévouement admirable, sans mesure, Pour préparer la grande semaine ! Que de précieux concours ont assuré le succès de l’entreprise !... Dans l’impossi- bilité où nous sommes de nommer, ailleurs que dans la liste des membres du Congrès, tous les artisans et les bien- faiteurs de cette œuvre nationale, nous devons cependant signaler les généreuses contributions du Ge ernement de la province de Québec, du Conseil de Ville e Québec, et de l’Université Laval, qui s'étaient donné ::5mme Mgr Roy devait le proclamer, « le très rare et très aélicat plaisir d’être les Mécènes du Congrès ».
Le Premier Congrès de la Langue française au Canada a donc été tenu, à Québec, dans Ja semaine du 24 au 30 juin 1912.
Comme l'avait annoncé le programme, la Société Saint-Jean-Baptiste de Saint-Sauveur de Québec, avec le concours des autres Sociétés Saint-Jean-Baptiste de la ville et de nvirons, célébrait, je 23 et le 24 juin, la fête nationale des Canadiens français : messe, cortège de
Le
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saint Jean-Baptiste, banquet, jeux et divertissements, etc. Un tel prélude convenait bien aux grandes assises qu'on allait tenir dans la cité de Champlain.
Dès le 23 juin, la ville, pavoisée, vit arriver dans ses murs un flot de fervents de la langue française, et toute la journée du 24, le personnel du Secrétariat fut occupé à recevoir les nouvelles inscriptions, à renseigner les Con- gressistes, à distribuer les imprimés, les exemplaires du Guide, les médailles-insignes, etc.
Les jours suivants, l’affuence au Secrétariat et dans les salles réservées aux Congressistes ne fut pas moindre. Et jusqu'à la séance de clôture, on ne vit guère dans Qué- bec que des Congressistes joyeux et enthousiastes.
Tous se faisaient un honneur de porter la médaille- insigne du Congrès. Cette médaille, de M. Alexandre Morlon, de Paris, est une œuvre d’art.
D'un module équivalent à celui de la monnaie d’or américaine de vingt piastres, la médaille-souvenir du Pre- mier Congrès de la Langue française au Canada est d’un dessin délicat et d’une exécution finement achevée. Elle présente un cachet emblématique supérieur, qui la distin- ue parmi toutes ‘+s pièces du genre. C'est avec une légiti- me fierté que les Canadiens français l'ont vue hautement ap- préciée non seulement chez nous, mais à Paris même, au Salon des artistes français de 1912, où elle fut exposée.
La médaille porte, à l’avers, la figure d’une jeune mère canadienne, personnification idéale de notre nationalité, dans une noble posture, le bras droit reposant affectueuse- ment sur l'épaule de son fils aîné, à qui elle interprète les hautes leçons de patriotisme rayonnant au livre de notre histoire, que, de Ia main gauche, elle tient appuyé sur ses genoux et ouvert à l'endroit où se détachent les noms aimés de Champlain, de Laval, de Montcalm et de Lévis. Sur le sol, aux pieds de la mère canadienne, le fils cadet, un tout jeune enfant, a interrompu les ébats de son âge et tournant vers Je groupe qui le domine une figure où brille un air d'intelligence et de précoce attention, il prête
aussi l'oreille aux enseignements maternels. Dans le loin- tain de la perspective apparait la modeste église canadienne- française, avec son clocher à la pointe effilée, se détachant sur le fond des premiers contreforts de nos Laurentides. Au bas de ce délicieux tableau on lit ces simples mots, très expressifs : Parlons français !
Au revers, dans une légère concavité, que la double ligne de bordure, nettement dessinée, détache avec le meil- leur avantage, et couchée sur un semis de rameaux et de feuilles d'érable, apparait, an centre, l'inscription : ler Congrès de la Langue Française au Canada, Québec, 1912. En exergue, ponctué par unc fleur de lys, se déroule le vers, si bien inspiré, de notre cher poète canadien-françnis d'adop- tion, Gustave Z dier, cette sentence heureuse, qui est devenue la devise de choix de tout notre mouvement fran- Gais en Amérique : « C’est notre doux parler qui nous con- serve frères. »
Deux rameaux d'érable, au feuillage entrelacé. en s’unis- sant par la base, forment ln belière de la médaille. Elle s'attache à un riche ruban, tissé expressément pour l’occa- sion, aux couleurs spéciales adoptées par le Congrès : blanc et bleu d'azur.
Cette médaille a été frappée en bronze patiné, plus quel- ques centaines d'exemplaires en bronze argenté, qui furent offerts aux membres du Comité organisateur et aux plus dévoués zélateurs de l’œuvre du Congrès.
Un Guide du Congressiste, jolie plaquette de 96 pages, fournissait à tous les renseignements nécessaires : règle- ment, programmes, horaires. listes des membres d'honneur, officiers du Congrès, ete. On Y avait inséré quelques gravures : les portraits de Mgr L.-N. Bégin, archevêque de Québec, de l'honorable Sir François Langelier, lieute- nant-gouverneur de la province de Québec, de l'honorable Sir Lomer Gouin. premier ministre, de Mgr P.-E. Roy, président du Congrès, et de M. Napoléon Drouin, maire de Québec: quelques vues: la ville de Québec, l'Université Laval, le monument de Champlain, le monument de Mgr
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de Laval, le monument de Montcalm, le monument des Braves, la Salle des exercices militaires, le Petit-Cap, Sainte-Anne-de-Beaupré, l'hôtel du ( rouvernement, et un Plan de Québec,
Au bas de chaque page, encadrée de fleurs de lys, on pouvait lire une phrase de quelque écrivain ou de quelque homme remarquable, se rapportant à la langue française, Plusieurs ayant manifesté le désir de conserver cette série de citations, nous croyons devoir les reproduire ici toutes à la suite :
CI faut avoir souci de notre parlure, car noblesse oblige,» (Lirrré:) € C'est notre doux parler qui nous conserve frères. » (Ziocen.) € C'est presque une position sociale, de nos jours, de parler français à la perfection.» (J, Novicow.) CI n'est pas de plus grande gloire que de combattre pour la langue de la patrie.» (JEAN Dorar à J. du Bellay.) € C'est un crime de lèse-majesté d'abandonner le langage de SON pays.» (RoNsarp.) - la plus délitable parlure »... (BRUNoT-LATIN.) «La langue est l'expression d’une civilisation.» (ALperr Dauzar.) « Je défendrai toujours la pureté de la langue française, » (Marnerpe.) « Tu ne dédaigneras pas les vieux mots français.» (Roxsarp.) « La langue est l'instrument d’ultime délivrance.» (Zin: ER.) « Le français est l'idiome international de l'Occident, depuis le XILe siècle,» (J. Novicow.) (Et nos mères nous ont bercés sur leurs genoux Aux vieux refrains dolents des ballades normances.» (CHAPuAN €Un grand commerçant, un grand industriel, cela rm lui nuit pas, s’il a de l'étymologie.» (Maurice Doxxa4Y.) « La langue constitue le lien social le plus puissant qui relie entre eux les membres d'une communauté.» (ALBERT DAuzar.) « Parler français est le complément de toute éducation libérale.» (FERDINAND Bruxor.) « Il est encor vainqueur sous les couleurs anglaises. » (CHAPMAN.)
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« Défendez votre mère contre ceux qui veulent faire servante une damoiselle de bonne maison.» (RoNsAR D.)
« On comprend que les minorités défendent passionnément leur langue, qui est leur patrimoine moral, qui représente des traditions chères, qui est le symbole de la race, de la petite patrie.»
(ALBERT Dauzar.)
« Albion, notre foi; la France, notre cœur ! » (CRÉMAzZIE.) « Qui tient la langue tient la clef qui, des chaînes, délivre un peuple.» (MisTRAL.)
« Élever notre vulgaire à l’égal et parangon des autres plus fameuses langues.» (J. pu BELLAY.)
« Pour parler français, il faut avoir dans l’âme un fonds de noblesse et de sincérité.» (Louis VEUILLOT.)
« Sur les bords du Saint-Laurent, notre langage n’a pas plus dégénéré que notre caractère.» (XAVIER MaARMIER.)
« Les belles dames du Canada ne peuvent entendre un barba- risme sans rire.» (PIERRE KALM, en 1753.)
« La France est assez riche Pour avoir deux littératures.»
(VILLEMAIx.)
« Faisons renaître et ressusciter les mots qui ont esté du piéça délaissés, rappelons-les, lesquels remis en usage auront plus de grâce et de goust pour estre sortis de notre ancien estoc.»
(ÊTIENNE PASQUIER.) « Les anciens mots français, mêlés aux mots saxons, Sonnent partout sans fin la victoire normande.»
(Zi1DLER.) « L'évolution de la langue présente en raccourci l’histoire de la nation.) (ALBERT Dauzar.)
{En toutes matières: langue, religion, propriété ou personne, les sujets britanniques possèdent des droits égaux.» (Sir Jon A. McDoxazp.) {€ La langue doit être considérée comme un des privilèges les
plus sacrés d’un peuple.» (LANGE vin.) « Jamais nous n’abdiquerons les droits qui nous sont garantis par les traités, les lois et la constitution.» (Mercrer.)
« Toutes tribus dans l’État ont des droits égaux, et chacune a le droit inviolable de Conserver sa langue et sa nationalité.» (Mrzs.) « Nous savons quels sont nos droits, et quand vient le temps de les affirmer, nous les affirmons.» (LANGE vin.) € Tant qu'un peuple n’est envahi que dans son territoire, il n'est que vaincu ; mais s’il se laisse envahir dans sa langue, il est fini.» (DE BonaLp.)
{ Apprends avec fierté ta langue maternelle.»
(V. DE LAPRADE.) € La langue est le lien le plus énergique de la culture commune d’un peuple.» (BLunrscuLr.)
€ Nous parlons latin.» (GAsToN PaRis.)
CII faut enseigner, en puriste, le français classique.»
(ALBERT DAUzAT.) hante, est trop envahissante.» (VIENNET.) « L’anglicisme, voilà l'ennemi ! » (J.-P. TaRDIvEL.) { Mon Dieu, j'ai parlé avec la Voix que vous m’av J'ai écrit avec les mots que vous avez ensei père qui me les ont transmis.» (FRANcI € La langue
{ Certes, de nos vois
ins l’alliance m'’enc Mais
leur langue, à vrai dire,
ez donnée ; gnés à ma mère et à mon S JAMMES.)
€ En face de l'anglais, le latin est un chien de garde qu'il faut soigner, nourrir et caresser.» (REMY DE Govu Un des plus précieux éléments de notre richesse nationale, c'est la langue française.» (Louis FRéCHETTE.)
(L'idiome ; :e parlent les Acadiens est
une des branches les plus fécondes et les mieux conservées de la lan
gue d'oil.»
(Pascaz Porter.) € On parle ici Parfaitement bien, sans Mauvais accent.»
(DE LA Pornerie, en 1753.) l’usage de notre langue, cette (XAvrEr Marie.)
ce n'est plus la langue française, (Rivaror.)
« Au Canad
a, l'on garde, dans sorte d’atticisme
du grand siècle.» € Sûre, Sociale, raisonnable, c’est la langue humaine.»
(€ Sauf quelques Provincialismes, - mais charmantes, le
français des Cana leur français de France que la langue glais.» (P.-J.-O. CHAUvEAU.) € Pour retrouver vivantes dans la langue les tra grand siècle, il faut aller au Canada.» (J.-J. AMPÈRE.) € Nous ne Sommes pas tellement riches que nous Puissions refu- ser la vieille Monnaie frappée au bon coin.» (Oscar Don.) € Pour moi, je me suis imposé un devoir, je me tâche : c’est de défendre toujours, Partout, contre de mon Pays, la langue de ma mère patrie.»
quelques expressions vieillies, diens ressemble plus au meil- Yankee ne ressemble à l’an-
ditions du
suis assigné une tous, la langue
(NAPOLÉON LEGEN Dre.) € La syntaxe est, sans Contredit, ce qu’il y a de plus nécessaire. » 3
(DE WaïLy.)
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« La langue est l’âme d’une nation.» (J.-P. TARDIVEL.) « Tout est douceur et vivacité dans le langage français.» (D'Oziver.)
« Nulle part ailleurs on ne parle plus purement notre langue. On ne remarque même ici aucun accent.»
(P. ne CHARLEvVoIx, en 1744.)
« Il existe plus de rapports qu’on ne croit — et des rapports plus étroits — entre la langue d’un peuple et son état social.»
(L'abbé Vixcenr.)
( Qui français parle bien en français doit penser.» (Z1 DLER.)
(II serait, en vérité, extrêmement regrettable que la langue française, qui fut si longtemps l'unique expression de la religion, de la civilisation et du progrès dans ce pays, perdit jamais une partie de la considération et de la culture dont elle jouit au Canada.»
(Cardinal BouRNE, 11 septembre 1910.)
« Au delà des mers, les premiers colons du Canada y ont apporté, et leurs descendants y ont conservé jusqu’à ce moment sans altéra- tion, le parler propre à la langue d’oïl du Nord-Ouest.» (JAUBERT.)
( Dieu fit le français si doux et aimable principalement à l’hon- neur et louange de lui-même.»
(L'auteur de MANIÈRE DE LANGUAGE, 1396.) « La langue disparue, adieu la nationalité ! » (BENJAMIN SULTE.) « La langue est le bien le plus essentiellement propre du peuple.» (BLunrscuLi.)
(L’ennemi du français au Canada n’est ni le patois, ni l’ar- chaïsme, mais l’anglais.» (Oscar Duxx.)
« J'ai remarqué que les Paysans canadiens parlent très bien le français.» (MonrTcALM, en 1756.)
€ Qu'on n’aborde l'anglais qu’après avoir appris le français.»
(BENJAMIN SuLre.)
€ C’est par les soins de l’Université Laval et par son influence que la langue française s’est conservée au Canada dans sa pureté primitive, ainsi que le culte assidu de nos bons auteurs.»
(M.-A. LErAIVRE.)
€ On remarque que les Canadiens parlent le français le plus pur, sans le moindre accent.» THoMas JEFFERYS, en 1761.)
« Connaître bien sa langue, c’est se découvrir des ancêtres dans tous ceux qui s’en servirent le mieux.» (Maurice DonxaYy.)
« Si notre langage est resté français, s'il n’a pas dégénéré en jargon, nous pouvons en rendre grâce au clergé, qui a conservé la langue philosophique, et aux classes agricoles, qui ont conservé la langue familière.» (J.-P. TARDIVEL.)
SLI
« La langue française est un païs v
que chose de nouveau à découvrir, trop creuser.»
COn peut ê& sans savoir l’an le francais.»
aste, où il y a toujours quel- et une mine riche, qu'on ne peut (Le P. Bounours.) tre un homme du monde accompli, glais et l'allemand ; onne (J. Novicow.)
« Étudier notre langue, s'y toutes ses nuances, c’est entrer çaise.» (R. Dovmrc.)
€ La langue est devenue, à notre époque, le symbole le plus tan- gible de la nationalité. » (ALBERT DAuzar.)
Les Canadiens d’aujourd’hui ont conservé, av véritablement surprenante, la langue que leurs père léguée.» (GEORGE DEMANCHE.)
CLe maintien du tion de la persist.
au XXe siècle, peut pas l'être sans savoir
perfectionner, devenir habile à en communion avec l’âme fran-
ec une -pureté s leur avaient
catholicisme semble être la principale condi- ance de notre race et de notre langue au Dominion.»
(SIEGFRIED.) change de langue, ceux de ses citoyens qui accomplissent cette transformation sont semblables à qui retombent dans l'enfance.» (Ficare.)
ession sincère de la loyauté est loyale dans toutes les (Le Canadien, en 1806.)
€ Lorsqu'un peuple les premiers des hommes
€L’expr langues.»
C’est dans Allée, mise à | ment du Can
la Salle des exercices militaires de la Grande- a disposition du Congrès par le Gouverne- ada, que devaient se tenir les séances géné- rales du soir. Seule, elle pouvait contenir les huit à dix mille personnes qui, chaque soir, accouraient pour entendre les orateurs et les poètes célébrer la gloire du verbe fran- çais. On l'avait décorée avec goût, mais avec un souci Part. lier de ne pas nuire à l’acoustique. Peu de bande- roles, donc, mais de Ja verdure et de légers drapeaux aux couleurs papales, françaises, anglaises et américaines.
Le bleu - blanc - rouge dominait dans l’ensemble des décorations: les galeries et l’estrade, recouvertes de frat- ches draperies à ces couleurs de France, offraient un cachet
tout particulier d’à-propos. Dispersés ça e
t là, soixante-quinze plants de palmiers
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naturels, soutenus par de légères consoles drapées, en- tremélaient leur vert feuillage aux gentils menus drapeaux, de toutes dimensions, qui, disposés en faisceaux, repo- saient agréablement le regard.
L’estrade, disposée en gradins, avec plateforme d’avant- scène, avait une capacité de cinq cents sièges. Elle occu- pait le centre du grand côté de l'édifice, face à la porte principale. Au sommet de l'estrade, un joli décor de fleurs et de verdure encadrait une niche quadrangulaire, d'où se détachait une bannière ornée de passementeries et entourée d’oriflammes.
De nombreuses corbeilles suspendues à la voûte se balançaient élégamment au-dessus de la tête des orateurs, des invités d'honneur et des musiciens, échelonnés sur l’estrade.
Aux tiges de support des galeries, étaient fixés d’élé- gants médaillons, ornés de banderoles en harmonie avec l'ensemble, et au nombre de soixante-dix, dont chacun portait le nom d’un grand personnage de notre histoire :
Jacques Cartier. Champlain. Laval. Lévis. Frontenac. Montcalm. Maisonneuve. Laviolette. Boucher. Dollard. Hertel. Morin. Talon. Hébert. Brébœuf. Lalement. Briand. Plessis. Bédard. Cartier. Papineau. Lafontaine. Chauveau. Painchaud. Meilleur. Grouard, Parent. Viger. Drucourt. Lefebvre. Blanchet. Villiers. Iberville. Bardy. Marquette. Joliet.
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Le Loutre,
Poutrincourt,
Sigogne.
Mademoiselle de Verchères Duvernay.
Taché.
Bienville,
Marguerite Bourgeoys. Catherine de Saint-Augustin. Madame Drucourt,. Garneau.
Charlevoix.
Ferland.
Laverdière. Crémazie. Faucher de Saint-Maurice. Lusignan.
Des inscriptions, de la vaste salle, variées, soit su rehaussaient leurs, vu les criptions rappelaient les gloires la leçon de ses
€ La lang
€ Qui tient 1 peuple.» {Misrr AL.)
« Défendez votre mère une damoiselle de bonne maison.»
€ C’est un crime de lèse-majesté Pays.» (Roxsarp.)
€... La plus délitable Parlure... € Sur le
dégénéré que notre caractère.» « L'évolution de la langue pré nation.» (ALrEerT Dauzar.)
€ La langue française a attaché une probité à son génie.»
tracées en relief, soit sur le pourtour soit sur de gracieuses bannières aux teintes r des panneaux élégamment découpés, singulièrement l'intérêt
immenses proportions d
principaux apôtres :
ue est l’âme d’une nation.» a langue tient la clef qui, ‘à
contre ceux qui veulent faire servante (RonsaRp.)
d'abandonner le langage de son
s bords du Saint-Laurent, (XAvIER sente en raccourci l’histoire de la
—
Maillard. Taschereau. Pothier. Jeanne Mance. La Verandrye. Laflèche. Lemoyne de Sainte-Hélène. Marie de l’Incarnation. Madame d’Youville. Lagacé. Fréchette. Larue. Tardivel. Buies. Legendre. Casgrain. ES De Gaspé. S
du décor, sobre d’ail- u vaisseau. Ces ins- du parler de France et
‘J..", L'ARDIVEL.)
s « tînes, délivre un
» not
( BruNoT-Larin.)
re langage n’a pas plus Marmier.)
(RivaroL.)
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« J'ai remarqué que les Paysans canadiens ;,arlent très bien le français.» (MoxrcaALM, en 1756.)
«Jamais nous n'abdiquerons les droits qui nous sont garantis par les traités, les lois et les institutions.» (Mercier)
« Albion, notre foi; la France, notre cœur! » (CRÉMAZIE.)
« La langue doit être considérée comme un des privilèges les plus sacrés d’un peuple.» (LANGEvIN.)
QUn des plus précieux éléments de notre richesse nationale, c'est notre langue, la langue française,» (Louis FRécneTTE.)
{ Défendre toujours, Partout, contre tous, la langue de mon pays, la langue de ma mère patrie.» (Nap. LEGENDRE.)
En face de la Salle des exercices militaires, au bord de la Grande-Allée, un arc monumental avait été dressé. Cet arc, de forme imposante et de belle architecture, était flanqué de hautes tours, sur lesquelles le drapeau papal et le drapeau britannique étaient arborés ; au centre de l'arc, étaient disposés en, faisceau le drapeau Carillon- Sacré-Cœur, le drapeau français et le drapeau de la pro-
vince de Québec ; de chaque côté de ce faisceau, flot- taient les drapeaux du Canada et des États-Unis.
L'avenue qui conduit de la Grande-Allée à la Salle était bordée de pylones ; au sommet de chacun de ces pylo- nes flottait une large flamme, qui portait le nom de l’une de nos provinces : Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick, Nou- velle-Ecosse, Ile-Saint-Jean, Acadie, M anitoba, Alberta, Sas- katchewan, Nouvelle- Angleterre, Louisiane, Illinois.
Le soir, des lumières électriques dessinaient les princi- pales lignes de l’arc et Couraient, en guirlandes, d’un pylone à l’autre. A l’intérieur de la salle, des flots de lumière inondaient le parterre et l’estrade.
Une décoration sobre et de bon goût, avec arcs de ver- dure, drapeaux et inscriptions, avaient été faite aussi à l'entrée de l'Université Laval, sur les Remparts. Là étaient établis le siège du Congrès et la permanence du Secrétariat,
L'Université avait généreusement mis ses salles à la
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disposition des Congressistes. Dans la Salle des Promo- tions furent tenues les séances générales du jour.
Les sections se partagerait les autres salles de l’Univer- sité, et les deux salles du Conseil législatif et de l’Assem- blée législative, où le Gouvernement avait bien voulu Permettre aussi aux Congressistes de se réunir.
Tout Québec, du reste, était en fête. Les drapeaux flottaient partout, et à plusieurs endroits les citoyens avaient orné leurs résidences de décorations particulières, fort belles. Tous les soirs de la semaine que dura le Congrès, il y eut illumination des principaux édifices. On remarquait surtout l’illumination du palais archiépiscopal, de la Basilique de Notre-Dame de Québec, des édifices du Gouvernement fédéral, de l'Hôtel de Ville, de l’édifice de l’Action Sociale Catholique, etc.
Après ces quelques notes, qui rappellent brièvement dans quel cadre devaient se dérouler les événements de la grande semaine, nous ferons le récit succinct des séances et
des fêtes. Nous suivrons l’ordre chronologique, n’insé- rant dans la relation que certaines allocutions très courtes, ainsi que le résumé des discours dont nous n’avons pu nous procurer le texte, et renvoyant, pour les pièces plus impor- tantes, aux pages où elles sont groupées.
LUNDI, 24 JUIN
SÉANCE D'OUVERTURE
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Dès huit heures, le lundi soir, 24 juin, la Salle des ex- ercices militaires était remplie de Congressistes.
La musique des élèves du Petit Séminaire de Québec, sous la direction de M. Joseph Vézina, commençait cette précieuse collaboration qu’elle apporta à toutes les séances
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générales du Congrès, en faisant entendre, à diverses repri- ses, entre les discours, des airs du répertoire français et canadien.
A huit heures et quart, le président du Congrès, S. G. Monseigneur P.-E. Roy, auxiliaire de Monseigneur l’Ar- chevêque de Québec, faisait son entrée dans la salle ; parmi les hauts personnages qui l’accompagnaient, on pouvait remarquer Sir François Langelier, gouverneur de la province de Québec et représentant Son Altesse Royale le duc de Connaught, Souverneur-général du Canada : Son Ex- cellence Mgr Stagni, délégué apostolique au Canada ; Nos Seigneurs L.-N. Bégin, archevêque de Québec ; Langevin, archevêque de Saint-Boniface ; Bruchési, ar- chevêque de Montréal : Gauthier, archevêque d'Ottawa ; Blais, évêque de Rimouski ; Cloutier, évêque des Trois- Rivières ; Archambeault, évêque de Joliette : Bru- neault, évêque de Nicolet : Mathieu, évêque de Régina ; Blanche, vicaire apostolique du Golfe Saint-Laurent ; Sir Wilfrid Laurier, ancien premier ministre du Canada : Sir Lomer Gouin, premier ministre de la province de Qué- bec ; M. Étienne Lamy, délégué de l’Académie française ; M. Napoléon Drouin, maire de Québec ; Sir Joseph Dubuc, ancien juge au Manitoba ; Sir A.-B. Routhier, ancien juge en chef à Québec : les honorables MM. J.-O. Réaume, ministre dans le gouvernement de l'Ontario ; A.-E. Arse- nault, ministre dans le gouvernement de l’Ile-du-Prince- Edouard ; M. Alcée Fortier, président de l’Athénée louisia- nais ; l’honorable M. Cyrille Delâge, président de l’As- semblée législative de Québec ; les honorables MM. N.-A. Belcourt et Thomas Uhapais, vice-présidents du Congrès, etc., etc.
Ces messieurs prirent piace sur l’estrade aux applau- dissements de l’auditoire.
Quand la fanfare eut salué de l'hymne nation … ’entrée du représentant du Roi, le président du Congrès nonça l’allocution d'ouverture, qu'on trouvera plus loin. : V. Ile partie).
Après avoir salué d’abord les représentants de Sa Ma- jesté le Roi George V, de Sa Sainteté le Pape Pie X, de la France, du Gouvernement de la Province et du Conseil de Ville de Québec, de l'Épiscopat et du clergé canadiens-fran- çais, Mgr PE. Roy souhaite chaleureusement la bien- venue « à tous les frères rassemblés à Québec pour y fêter le parler des aïeux ». Et, au nom des trois millions de Canadiens français et d’Acadiens de l'Amérique du Nord, déclarant le Congrès ouvert, Mgr Roy le place « sous la double protection de la Vierge triomphante, patronne des Acadiens, et de saint Jean-Baptiste, patron des Canadiens français. »
Le programme de cette séance inaugurale coniportait surtout des paroles de bienvenue et des hommages aux per- sonnages officiels qui nous honoraient de leur présence.
Son Altesse Royale le duc de Connaught avait bien voulu accepter l'invitation que le Bureau du Congrès lui avait adressée; mais des circonstances imprévues l’avaient, ensuite, forcé à changer son Programme, et, ne pouvant assister lui-même à cette séance, il avait chargé l’honorable Sir François Langelier de l’y représenter.
L’honorable M. Philippe Landry, président du Sénat Canadien, et l’un des présidents d'honneur du Congrès, pré- sente donc les hommages des Congressistes au représentant deS,. A.R. le gouverneur-général. (V. Ile Partie.) Ce sont les sentiments de tout le peuple canadien-français que Monsieur le président du Sénat exprime ; il rappelle notre fidélité dans le passé, il affirme notre loyauté, il dit notre espoir en l'avenir. « Fermement attaché à ses institutions, à sa langue et à ses lois, le peuple de cette Province s’incli- ne avec respect devant le drapeau qui le protège, et bénit la Providence qui lui a ménagé la tranquille possession du sol défriché par les ancêtres. avec le libre exercice de son culte.»
Au nom de Son Altesse Royale, l'honorable Sir F rançois Langelier répond par une heureuse improvisation, dont malheureusement nous n'avons bu reconstituer le texte.
A he mn = di 2
sat
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L'orchestre joue « Dieu sauve le Roi », l'hymne national anglais, que l’auditoire écoute debout.
Puis Monseigneur L.-N. Bégin, archevêque de Québec, président d'honneur du Congrès, se fait, à son tour. l'inter- prête des Congressistes auprès du représentant du Pape, S. E. Mgr Stagni. On lira plus loin ces belles paroles de respect, de soumission et d'amour, prononcées au nom d’un peuple qui «ne peut être vraiment lui-même que s’il est catholique », qui « ne peut s'acquitter de toute sa mission providentielle que s'il mêle à ses pensées patriotiques les convictions de la foi romaine », et qui ne peut rester digne de ses pères que s’il sait comme eux prier Dieu en langage de France ».
Monseigneur le Délégué apostolique répond en termes émus ; et l'éloge qu'il fait de la langue française est salué de longs applaudissements.
La fanfare fait alors entendre quelques airs canadiens. Quand elle attaque les premières mesures de (O Canada, terre de nos aïeux », la foulé tout entière se lève et d’une seule voix chante l’hymne national. Cette scène impres- sionnante se répètera souvent pendant le Congrès. Souvent aussi, en attendant l’ouverture d’une séance, quelque groupe entonnera un air populaire: Vive la Canadienne, À la claire fontaine, O Canada, mon Pays, mes amours, ou tel autre de nos chants patriotiques, et un chœur immense, de huit à neuf mille voix, fera résonner les voûtes.
La séance continue.
«J'ai le grand plaisir, dit Monseigneur le Président, de vous présenter Monsieur Bonin, premier secrétaire d’ambassade, chargé du consulat général de France au Canada. Monsieur Bonin, ancien élève de l’École des Chartes, s'intéresse beaucoup à l’histoire du Canada, C’est, sans doute, pour bien comprendre l’histoire d’hier qu’il a tenu à vivre avec nous la belle et instructive page que le Congrès inscrit :’ans l’histoire d'aujourd'hui.
(Nous remercions Monsieur Bonin de l'intérêt qu’il
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porte à notre entreprise, et de la bonne parole qu'il veut bien nous dire ce soir. »
M. CE, Bonin, le représentant officiel de la France au Canada, parle éloquemment de l’histoire de la Nouvelle- France, de ce long effort d'une « race de foi et de Vaillance », et où se reconnaît la vraie tradition française, _« Comme la province de Québer dans ses armes, la France elle aussi porte dans son cœur qu'elle se souvient.»
Mgr Roy présente Sir Lomer Gouin, « qui a déjà fait beaucoup pour le Congrès, et qui veut encore l'honorer de son Concours personnel ».
Sir Lomer ( ouin, premier ministre de la province de Québec, président d'honneur du Congrès, souhaite alors la bienvenue aux ( ongressistes, au nom de sa Province, « dont la mission a tou jours été de conserver le dépôt sacré de nos traditions et de notre langue ».
Enfin, vient le « Salut à Québec » des Congressistes eux-mêmes, et c’est Mgr Langevin, archevêque de Saint- Boniface, président d'honneur du Congrès, qui se fait leur interprête.
Monseigneur le Président présente l'orateur en ces ter- mes :
(Je suis bien sûr que les Congressistes étrangers à la province de Québec seront heureux de faire passer leur salut à Québec par l'âme vibrante et par les lèvres de feu de l’in- trépide gardien, de l’inlassable défenseur de notre langue dans l'Ouest canadien : j'ai nommé Mgr Adélard Langevin, archevêque de Saint-Boniface.»
Le discours vibrant de Mgr Langevin soulève l’enthou- siasme de l'auditoire, qui fait à l’orateur une longue ovation.
Mais nous n'entreprendrons pas de noter comment cha- que orateur fut accueilli par l'auditoire. Pendant toute la semaine, ce fut le même enthousiasme ; à chaque instant éclataient les applaudissements : à chaque discours, c'était un nouveau tricmphe, et les acclamations se prolongeaient.
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Ainsi se termina cette première et solennelle séance du Congrès,
Dès l'ouverture, Monseigneur le Président avait don- né lecture d’un grand nombre de dépêches d'adhésion et de sympathie, Et pendant les jours suivants, de nouvelles dépêches ne cessèrent d'arriver, émues et enthousiastes, Ceux qui ne pouvaient assister aux fêtes du parler mater- nel, tenaient à faire connaître qu'ils étaient de cœur avec nous. Il nous est impossible de reproduire ici tous ces messages. À chaque séance du Congrès, le Président «fai- sait déferler sur nous quelques vagues de cette marée mon- tante de voix françaises ». Mentionnons, cependant, les messages reçus de quelques Personnages ou institutions plus remarquables, comme suit : L'honorable M. D.-V. Landry, ministre de l’agriculture dans le gouvernement du Nouveau-Brunswick : les Jeunes gens de Notre-Dame-du- Lac, de Wakerville, Ont. par leur président, M. Alfred Parent ; la Canadienne, de Paris ; le Moniteur acadien, de Shédiac ; la Société mutuelle l’Assomption, par M. F.-R. Richard, président ; les Canadiens français de Vonda, Sask., par M. Dorion, président ; les Franco-Américains des Illinois, par M. F. Audet-Lapointe, président : le R. P. L. Davrout, S. J., missionnaire à Tamingfu, en Chine; les 35,000 Franco-Américains de Fall-River, Mass., par M. H.-C.R. Breault, secrétaire général ; l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal, par son délégué, M. H.- A. Cholette, au nom de 20,000 personnes réunies à Saint- Louis-de-France : la Commission des Écoles catholiques de Montréal, par Mgr Émile Roy. président ; S. G. Mgr Émard, évêque de Valleyfield : l'honorable M. P.-A. Lan- dry, juge de la Cour Suprême du Nouveau-Brunswick : l'Association catholique de la Jeunesse canadienne-f rançaise, en congrès à Sherbrooke, par son président, M. le docteur G.-H. Baril ; la Division ouest de l’Association Saint-Jean- Baptiste de Montréal, par M. Albert Loranger, président ; S. G. Mgr Bernard, évêque de Saint-Hyacinthe : la Société Saint-Jean-Baptiste du Comté de Prescott, par M. J.-H.
"7 —
Laurin, secrétaire PU
et les groupes franco-américains de Duluth, de du Minnesota-Nord, par M. J. Lafortune, Acadiens de Moncton, par M. F.-A. Richard, pré:
la Paroisse de Notre-Dame-du-Lac, Ont. par M. l'o
A. Beaudoin, curé ; M. Norman Murray, de Mvontré M. l'abbé Louis-S. Redmer, de Cleveland, Ohio : nadiens français de Sturgeon F 12 de l'Union Saint-Joseph du Canada, par M. J.-A. Serre : Mgr J.-E. Meunier, de Windsor. Ont. ; M. l'abbé Alfred Emery, de Paincourt, Ont. : M. l'abbé Théophile Mar- tin, de Prairie, Ont, : M. l'abbé Pierre L'Heureux, de Belle-Rivière, Ont. ; M. l'abbé Pierre Langlois, de Te-
cumseh, Ont, : M. l'abbé ND. Saint-Cyr, de Stoney Point, Ont. : M. l'abbé N. Loiscile, de la Piv
ière -au-Ca-
nard, Ont, : etc. ete., etc Pendant la séance du jundi soir, wr reçue. Elle venait, par télégraphi. Rotterdam, à une journée
e autre dépêche fut ans fl, du steamer de New-York :
(Arriverons mercredi, Cœurs déjà avec vous. »
ZibLer et Poxcus vire.
M. le comte Thellier de Poncheville, M. l'abbé Thellier de Poncheville et M. Gustave Zidler étaient impatiemment attendus. Un contre-temps avait retardé leur départ de
France. Encore en mer, ils nous envoyaient à travers l’es- pace cette cordiale parole.
—
À cette Première séance, comme à toutes celles qui sui- virent, les Zouaves de Québec, avec un groupe de jeune : gens du Petit Séminaire, s'étaient chargés du service d'ordre: besogne ingrate, mais précieux concours pour lequel les
Organisateurs se sont plus à leur marquer une vive recon- naissance,
nion Saint-Jean-Baptiste de Luluth
Superior et président : les
al ; ; les Ca- alls, Ont. et le Conseil N °
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— 18 —
Dans l'après-midi du 24 juin, il y avait eu, à l’Univer- sité, une réunion beaucoup plus modeste que la grande ma- nifestation de la soirée, mais émouvante et instructive. Les pèlerins de la langue française, venus des provinces de l'Ouest, avaient été convoqués par Mgr Mathieu, l'évêque de Régina, dans la Salle des Promotions de l’Université Laval. Voici comment un journal rendait compte, le len- demain, de cette intéressante réunion :
« Nous avons rencontré là quelques-uns des plus beaux types de Canadiens qui soient actuellement à Québec : des gaillards solides, à la figure tannée par le soleil, mais loyale et franche, respirant la vieille honnêteté traditionnelle de nos Campagnes ; des femmes énergiques, qui n’ont pas peur de la vie, mais d’une grâce bien française ; des prêtres qui travaillent à faire un pays nouveau et dont certains n’avaient pas vu la Province depuis vingt et trente ans ; des hommes qui, comme Louis Schmidt, l’ancien secrétaire de Riel, ont jadis fait de l’histoire.
« Mgr Mathieu, très ému de se retrouver dans la vieille maison où il a passé presque toute sa vie, a parlé des rela- tions de Québec et des groupes de l'Ouest avec un tact exquis. — Nous ne voulons point arracher à la province- mère les enfants dont elle a be: l3, a-t-il dit ; Québec est notre château-fort, et tout ce qu: ‘ :ntribue à la grandeur de Québec contribue à la force et à ja grandeur des groupes français du dehors. Mais, d'autre part, que Québec nous réserve donc le surplus de ses forces : tout ce qui fortifie les avant-postes tourne à la gloire et à la force de Québec. Nous avons un pays immense, aux ressources infinies : Pourquoi n'en pas prendre notre part? Ne vaut-il pas mieux que vos fils se fassent là-bas cultivateurs, rois et maîtres sur leur sol, qu'ouvriers dans un pays étranger ? Mais il y faudra mettre une méthode que nous n'avons pas assez pratiquée jusqu'ici.
(«Et l'évêque de Régina développe un projet dont il devait être maintes fois question au cours du Congrès : celui d'établir un bureau qui. d'accord avec les groupes
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français de Quéhec et de l'Ouest, permettrait à nos compa- triotes qui vont là-bas de se retrouver dans un milieu sym- pathique, et de constituer des paroisses bien vivantes, Il demande à la province de Québec de donner français de l'Ouest tous les médecins, tous
les religieux et religieuses dont elle peut disf dans l'Ouest le
besoin.
aux groupes les prêtres, tous
J0ser, pour créer s organismes dont les groupes de l'Ouest ont
€ Puis, avec un accent inoubliable, Mgr Mathieu sou- ligne les relations intimes du catholicisme et de française, l'intéré religieux comme
la langue L'essentiel que nous avons, au point de vue
au point de vue patriotique, à conserver le
français. 11 fait un pressant appel aux Canadiens de l'Ouest pour qu'ils restent fidèles à leurs traditions — à toutes leurs traditions.
Mgr Roy remerc l'Ouest, ies félicite de Louis Schmidt prend gulièrement vivante
ie l’orateur, salue les groupes de leur participation au congrès, puis M. la parole. Figure intéressante et sin- que celle de ce Métis français, qui est au Courant de tout ce qui se passe dans la province de Qué- bec, et qui s'intéresse à la cause du français comme les plus passionnés d’entre nous. En quelques phrases simples, il insiste sur le devoir de conservation de la langue et annonce qu'il restera au congrès jusqu’à la fin, trop heureux de se retrouver dans une atmosphère aussi française.
€ C'était toute une race
“aillante, la race métisse qui parlait par sa voix e
t'qu'on a longuement acclamée. »
MARDI, 25 JUIN
PREMIÈRE SÉANCE GÉNÉRALE
La première séance génér
ale du Congrès ent lieu le mardi matin, à I niversité ]
aval. La Salle des Promotions
— 0 —
débordait d’auditeurs. A 10 heures et demie, Monsei- gneur le Président du Congrès prit place sur la tribune, avec le Lieutenant-Gouverneur de la Province, l’honorable Sir Joseph Dubue. Mgr Bégin, Mgr Langevin, Mgr Cloutier, Mgr Bruneault, Mgr Blais, M. Étienne Lamy, M. l'abbé Amédée Gosselin, Recteur de l’Université, l'honorable Dr Réaume, M. Drouin, maire de Québec, M. Alcée Fortier, etc.
Mgr Roy ouvre la séance par une brève allocution, et présente à l'auditoire Sir Joseph Dubuc, qui vient d’être créé chevalier :
« Monsieur le Gouverneur, Messeigneurs, Mesdames, Messieurs.
« Hier soir, à la séance d'ouverture, les esprits et les Cœurs se sont rencontrés dans un Premier contact, qui a fait jaillir une belle flamme de patriotisme.
«Ce matin, nous venons prendre un contact plus intime, dans cette salle où ous sommes mieux rassemblés, dans cette Université où brille d’un si pur éclat le génie français, et où nous sentons battre Je cœur de la patrie.
(Nous n'avons pas épuisé la série des devoirs qu'impose la reconnaissance. Achevons donc cette tâche du cœur.
CEt d’abord, qu’on nous permette d'exprimer nos senti- ments de respect et de gratitude au digne et dévoué repré- sentant du roi en cette province. Sir Joseph Dubuc veut bien se faire notre interprète auprès de Monsieur le Gouver- neur ; et en vous le présentant, je salue, en votre nom, ce compatriote distingué, qui a si longtemps mené dans l'Ouest les bons combats Pour la langue et Ja race, et qui vient de recevoir une consécration royale de sa noble et fructueuse Carrière.)
Sir Joseph Dubuc présente alors les hommages des Con- gressistes à Sir François Langelier, « le représentant du roi dans la plus ancienne province du Canada » ; et M. le Lieutenant-Gouverneur répond à cette adresse avec une bienveillance toute simple et tout aimable.
ni —-
Le Congrès ne pouvait ne pas donner d’abord à la ville de Québec un témoignage officiel de gratitude pour son géné- reux concours et son hospitalité.
« La ville de Québec, dit alors Mgr Roy, est deux fois bienfaitrice de notre Congrès : par sa souscription, qui est une souscription de reine, et par son hospitalité, qui est une hospitalité de mère. Vous ne trouverez donc pas étrange que nous tenions à lui donner un témoignage officiel de notre vive et profonde gratitude.
(L'honorable M. O. Réaume, ministre dans le gouverne- ment d'Ontario, a bien voulu accepter de rendre ce témoi- gnage. Le Congrès se sent fier d’avoir ici pour interprète l’homme de valeur qui honore sa race, et qui sait la défendre dans la province voisine.»
L'honorable M. Réaume présente à M. Drouin, maire de Québec, l’adresse qu’on lira plus loin. En retour, Son Hon- neur le Maire offre l'hospitalité si large de sa bonne ville.
Comme le Congrès est tenu sous le patronage de l'Uni- versité Laval, il convient que les Congressistes expriment à l’Université leur reconnaissance. C’est M. J.-V. Desaul- niers qui doit le faire au nom de tous, et Monseigneur le Président l'annonce en ces termes :
(L'Université Laval nous a tellement habitués à ses bienfaits que nous finissons par ne plus les compter, et que la liste s'en allonge presque à notre insu. Ne pouvant nous passer d'elle, nous nous imaginons avoir des droits acquis à sa générosité ; et nous respirons avec une sorte d’incons-
cience l’atmosphère de bienfaisance que forme autour d’elle un perpétuel dévouement.
«Notre Congrès s’est missans hésitation, et comme d’ins- tinct, sous son distingué patronage ; la science de ses pro- fesseurs à été largement mise à contribution pour nos tra- vaux ; et, quand il a fallu trouver un foyer pour nos réunions de famille, nous sommes venus frapper à sa porte, avec la conviction qu'elle allait s'ouvrir toute grande, comme s’ou-
vre la porte de la maison paternelle aux enfants qui veulent entrer.
so —…
Nous voulons, une fois au moins, lui dire notre recon- naissance, et affirmer solennellement la sincère admiration que nous éprouvons pour cette inépuisable bienfaitrice de notre race,
(Nous chargeons de cet te tâche agréable Monsieur J.-V. Desaulniers, ancien président général des Artisans cana- diens-français, ancien Principal de l’École Belmont, un apôtre intelligent et dévoué de la saine éducation ».
Répondant à l'adresse des Congressistes, le Recteur, M. l'abbé Amédée Gosselin, nous dit comme l'Université est heureuse d’accueillir à son foyer les pèlerins de la langue française,
On trouvera dans la ITe Partie toutes ces pièces, adresses eu réponses : pour ne pas allonger inutilement ce compte rendu, nous ne faisons que les mentionner.
Un heureux incident s'ajoute ici au Programme. M. le Recteur de l'Université prend de nouveau la paroie :
€ Messieurs les Congressistes,
(L'Université Laval est particulièrement heureuse d'ac- cueillir, avec les Congressistes, ceux qui représentent. pen- dant ces fêtes du parler français, notre ancienne et toujours aimée mère-patrie. Nos journées n’eussent pas été com- plètes, si, au Programme, n'avaient pas été inscrites des paroles de France.
« L'Université a pensé qu’il lui convenait de donner ici, publiquement, un témoignage spécial de ]a grande satisfac- tion de tous, et elle à sollicité de M. Lamy la faveur de lui offrir un diplôme d'honneur.
€ Certes, nous n'avons pas eu la témérité de croire que notre diplôme pouvait s'ajuster au mérite, à la réputation de celui qui veut bien le recevoir. Mais, c’est un échange de mutuelle estime que Va signifier ce parchemin. et l’on com- prendra tout de suite que l'honneur est vraiment pour nous.
« M. Étienne Lamy, membre de l’Académie francaise, délégué de l’Académie à notre Congrès, s'inscrit donc. avec
ti —
une bienveillance inappréciable, sur ja liste de rs docteurs ès lettres.
(Je n'aurai pas l'inutile impertinence de louer les mérites littéraires de M. Lamy. Il représente parmi nous le plus haut tribunal académique qui soit au monde, et cela suffit pour que l'acceptation qu'il a bien voulu faire de notre diplôme lui assure notre profonde et vive gratitude, C’est l’Académie française, personnifiée dans l’un de ses plus solides penseurs, dans l’un de ses plus classiques orateurs, qui ho- nore l'Université Laval. L'Université Laval remercie M. Lamy et l’Académme française,
«Je prie maintenant M. Lamy de vouloir bien recevoir, honoris aus, le diplôme de doeteur ès lettres.»
Le diplôme de docteur ès lettres est remis à M. Étienne Lamy, qui veut bien l’accepter, et remercie l'Université en termes d’une exquise délicatesse.
€ Vous faites courir au Canada, dit-il, un véritable péril ; quand je raconterai en France comme on est reçu ici, vous aurez une véritable invasion de Français. Je pense par ailleurs que vous n’en serez pas autrement fâchés et que vous le désirez autant que moi.
«Je suis très embarrassé de dire devant vous tout ce que je dirai de vous avec tant de plaisir à vos cousins de France.
(Le Lieutenant-Gouverneur a dit tout à l’heure qu’il espérait que les Canadiens prendraient aux Français jusqu’à la manière de prononcer : je crois que nous gagnerions les uns et les autres à corriger notre prononciation. Ilest deux mots, par exemple, que vous prononcez avec une élégance et un charme incomparables : donner et accueillir.»
Et après avoir remercié M. le Recteur et l'Université, i! ajoute en terminant :
« Heureusement ,on ne m'a pas fait subir d'examen: mais si je ne sais pas tout ce que sait l’Université Laval, j'aime tout ce qu'elle aime et je erois tout ‘ce qu'elle croit.»
Puis, Monseigneur le Président remet au délégué de l'Académie française l'unique exemplaire en or de la mé- daille du Congrès.
+
« L'Académie française, dit-il, nous a traités en enfants gâtés. Nous ne saurions trop la remercier pour la très gracieuse attention qu’elle nous a témoignée, et pour la délicatesse de ses procédés à notre égard. Elle a bien voulu faire exception à la règle qu’elle s’est imposée de ne pas envoyer de délégués officiels à l'étranger, et pour justifier cette exception, elle a déclaré, avec une bonne grâce dont nous sentons tout le prix, qu’en envoyant un délégué au Premier Congrès de la langue française au Canada, elle en- tendait ne pas l'envoyer à l'étranger.
(De plus, elle a choisi comme délégué l’un deses membres les plus distingués, un homme, dont l’âme est bien sœur de la nôtre, et qui, en recevant son diplôme de docteur ès lettres de notre Université Laval, pouvait dire, il y a un instant, à M. le Recteur, ces paroles d’une si émouvante simplicité : « Ce que vous aimez, je l’aime, ce que vous croyez, je le . crois.» Un tel choix double à nos yeux le grand honneur que nous fait l’Académie.
«Vous, monsieur, qui la représentez si dignement parmi nous, dites-lui bien qu’elle a eu raison de penser qu'elle ne vous envoyait pas à l'étranger. Vous avez senti, au contact de nos esprits et de nos cœurs, que vous étiez ici parmi des frères, et que, en changeant de continent, vous n’aviez pas changé de patrie, Les discours que vous avez entendus vous ont déjà appris jusqu’à quel point nous aimons toujours la France, avec quel soin jaloux nous gardons ses meilleures
aditions, et avec quelle sincérité le verbe français fait éclater sur nos lèvres l’âme française.
«Comme gage de notre gratitude, comme témoignage Permanent de notre estime Pour votre personne et de notre admiration pour votre lalent, nous vous prions, monsieur, d'accepter cet unique exemplaire en or de la médaille sou- venir du Premier ( ‘ongrès de Ja Langue française au Canada. Le: deux devises qu’elle porte résument bien les travaux de ce Congrès : « Parlons français — C’est notre doux parler qui nous conserve frères.» En les lisant, monsieur, vous vous souviendrez que, par delà les mers, vous avez retrouvé
— 85 —
la France, semeuse de la vérité qui demeure, et la portant au monde dans un verbe qui ne meurt pas.»
Encore une fois, M. Lamy adresse aux Congressistes quelques paroles de remerciement.
M. Lamy doit prononcer, à la séance du soir, un discours sur la langue française, Mais les Congressistes sont heureux de marquer tout de suite, Par de chaleureux applaudisse- ments, combien hautement ils apprécient l’honneur que l’Académie française leur a fait en envoyant au Congrès un représentant aussi distingué. Ils doivent, d’ailleurs, dans un instant, envoyer à l’Académie elle-même le témoignage de leur fidèle attachement à la langue des ancêtres.
En effet, Monseigneur le Président donne lecture des dépêches qu'il envoie, au nom des Congressistes, an Pape, au Roi, et à l’Académie.
AU PAPE Québec, 25 juin 1912.
Les Canadiens français et les Acadiens du Canada, réunis à Québec, pour le premier Congrès de la Langue française au Canada, sont heureux d'offrir à Sa Sainteté Pie X l'hommage de leur res- pectueux attachement à sa personne vénérée et de leur filiale sou- mission à son autorité apostolique.
Soucieux de garder intact le dépôt de leur foi catholique, ils se prosternent aux pieds du Père commun des fidèles, et sollicitent sa bénédiction pour les travaux du Congrès.
Mgr P.-E. Roy,
Président.
— 06 — AU ROI Québec, 25 juin 1912.
Réunis à Québec, les m française au Canada s0 l'hommage de ] rance de l'indé que tous ses s se en Amérique. Ils forment des vœux pou débuts inspirent à tous la joie, la con'unce et le respect, se prolonge dans la paix et la prospérité, pour }4 gloire de l'Empire,
Mgr P.-E. Roy, Président.
A L'ACADÉMIE FRANÇAISE
Les Canadiens français et les Acadiens du Canada et des États- Unis, réunis à Québec pour le Premier Congrès de la Langue fran- Çaise, envoient à l’Académie française, gardienne séculaire du parler des aïeux, l'expression de leur fidèle attachement à l’idiome ancestral, et témoignent de leur volonté ferme de maintenir en terre d'Ariérique les meilleures traditions de la langue et de l'esprit français.
Ils prient l’Académie de transmettre à ceux qui représentent la France devant le monde ce message du Congrès à l’ancienne mère patrie :
« Je me souviens ».
Mgr P.-E. Roy, Président.
Le programme de cette séance comprend encore un article : une voix d’Irlande doit se faire entendre. et Mgr Roy présente à l’assemblée M. l'abbé T. Quinn :
(€ La voix qui vient d'Irlande veut dire à la race cana- dienne, et en langue française, la reconnaissance d’un peuple à qui nous avons, aux jours de la grande détresse, ouvert
nos bras, nos cœurs et nos foyers. C'est une helle prge de nos annales : il est bon qu'elle soit rappelée en ces fêtes de la race,
« Les souvenirs qu'elle évoque mettent en une singulière à lumière certaines angoisses du présent, et ne peuvent que T: nous affermir dans la légitime défense de notre langue et la fière revendication de nos droits. Si l’on nous mesurait toujours avec la mesure dont nous nous sommes toujours servis pour les autres, bien des conflits auraient été évités, et nos lèvres n'auraient jamais goûté à certains calices d’amertume.
« Faites donc parler l'Irlande. Monsieur l'abbé Quinn ! #3 Faite: iarler l'Irlande persécutée et martyre, l'Irlande que nous avons accueillie et naître, en français, la magnanimité de la race française ! »
M. l'abbé Quinn vient dire la reconnaissance des Irlan- Canadiens français ont autrefois charitablement É accueillis, et il proteste, avec l’éloquence la plus émue et la plus sincère, contre l’ingratitude dont quelquefois nous fâmes payés de retour.
Ce discours vaut à l'orateur de multiples et intermina- comment les journaux rendaient compte, le lendemain, de l'effet produit par le discours de M. l'abbé Quinn:
«L'effet produit vraiment extraordinai
dais que les
bles ovations.
par le discours de M. Quinn a été re. Presque tous ignoraie:t ce que f pourrait bien dire l’orateur qui demandait, dans ce de la langue française, à faire entendre € une voix d'Irlande». L'imprévu, l’inattendu ont doublé la surprise et l'émotion. € Il n’est guère probable que l'on entende, d'ici Ja fin du EF eaucoup de discours aussi pleins de souvenirs per- % sonnels et où transparaisse aussi clairement le fond d’une à sensibilité exquise. « Le spectacle était vraiment dramatique, de ce vieil- lard, qui a plus de soixante-dix ans, évoquant les jours LÉ sombres de 1847, l’agonie des victimes irlandaises, la charité pit
Congrès, b
— ff —
secourue, l'Irlande qui sait recon-
Congrès
— 88 —
des Canadiens français, prêtres et laïques et — contre cer- tains de ses compatriotes — réclamant justice pour le fran- Çais, au nom de la reconnaissance, au nom du droit, au nom des traditions de générosité de « la vraie Irlande.»
——
MARDI, 25 JUIN
LES SECTIONS EN SÉANCE
nn
Dans l’après-midi, à deux heures, commença le travail des sections d'étude.
Le Congrès comprenait quatre sections :
1° Une section scientifique (avec sous-sections histo- rique, juridique et philologique) ;
2° Une section pédagogique (avec sous-sections de l’en-
seignement primaire et de l’enseignement secondaire) ;
3° Une section littéraire ;
4° Une section de la Propagande (avec trois sous- sections : A. Les associations ; B. La famille et les rela- tions sociales, la presse, etc. ; C. Le commerce et l’industrie, les arts et les sciences).
On trouvera dans les Pièces liminaires le programme d'étude, dont chaque article faisait l’objet d’un mémoire préparé d’avance. Un résumé de chacun de ces travaux avait été imprimé sur feuilles volantes pour distribution aux congressistes, ce qui devait rendre le travail en sections plus facile et la discussion plus fructueuse.
A deux heures, mardi après-midi, les Congressistes se dispersèreut donc dans les salles qui leur étaient respective- ment rései vées, à l’Université et au Parlement.
Mais cette première séance fut courte : à trois heures, elle fut ajournée, pour permettre aux Congressistes d'assister à l'inauguration, qui avait lieu ce jour-là, du monument
d’Honoré Mercier, ancien premier ministre de la province de Québec,
Les sections, cependant, profitèrent de cette première réunion pour se constituer régulièrement.
Au bureau de chaque section siégeaient les officiers élus :
Section scientifique
Sous-sECTION HISTORIQUE :
Président : M. J.-E. Ro. + Secrétaire : M. l’abbé Tomas N'ADEAU. Rapporteur : M. l'abbé Anronio Huor.
Sous-SECTION JURIDIQUE :
Président : L'hon. M. A. CONSTANTINEAU. Secrétaire : M. Oscar HAMEL. Rapporteur : M. J.-E. PRINCE.
Sous-sECTION PHILOLOGIQUE :
Président : M. ALCÉE FORTIER. Secrétaire : M. J.-E. PLAMONDON. Rapporteur : M. l'abbé ÊmiLE CHARTIER.
Section pédagogique
Président : L’honorable M. P.-B. DE LA BRUÈRE. Secrétaire : M. C.-J. MAGNAX.
3 Rapporteurs : M. l'abbé P. PERRIER (enseignement pri- maire). M. l'abbé N. DEGAGNÉ (enseignement secondaire).
Section littéraire
Président : M. FERDINAND Ro. Secrétaire : M. J.-B. Lacacé. Rapporteur : M. l’abbé CamiLze Ro.
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Section de la propagande
SoUs-SECTION A :
Président : L'honorable M. TromAs CHAPAIS. Secrétaire : M. P.-G. Ro. Rapporteur : M. l’abbé ÉLrE Aucrair.
SOUS-SECTION B :
Président : M. EucÈèNE RourLLArp. Secrétaire : M. AMÉDÉE DENAULT. Rapporteur : R. P. TnéoPniLe Hupon, S. J.
Sous-sEcTIoN C :
Président : M. le Dr ARMAND BÉDARD. Secrétaire : M. l’abbé CYRILLE GAGNON. Rapporteur : M. Hecror BERNIER.
L’honorable M. L.-A. Prudhomme, président de la section littéraire, et l’honorable M. R. Dandurand, président de la section de la propagande — sous-section A, n’avaient pu se rendre au Congrès ; chacune de ces sections dut donc élire un président : M. Ferdinand Roy pour la première, l'honorable M. Thomas Chapais pour l’autre.
Les procès-verbaux, rédigés par les secrétaires, font voir qu'un grand nombre de Congressistes prirent, dès le début, un vif intérêt aux travaux des sections d’étude. Dans chaque section, après une allocution d'ouverture par le pré- sident, on prit soin d’abord de se rendre bien compte des études inscrites au programme, d'établir l’ordre dans lequel il convenait le mieux d’examiner les mémoires soumis, et d'arrêter la méthode à suivre pour que le travail se fit rapi- dement et avec profit.
Dans quelques sections, on put, dès cette première séance, prendre connaissance de certains mémoires ou rap- ports et même formuler quelques vœux.
MARDI SOIR, 25 JUIN
DEUXIÈME SÉANCE GÉNÉRALE
Le soir, à huit heures, dans la Salle des exercices mili- taires, deuxième séance générale, organisée par les sections littéraire et pédagogique.
C’est la séance où les Congressistes devaient présenter leurs hommages à l’Académie française, et entendre le délé- gué officiel de l'illustre Compagnie, M. Étienne Lamy.
Dès le mois d’août 1911, le Président et les Officiers du Premier Congrès de la Langue française au Canada avaient respectueusement invité l’Académie à se faire représenter parmi nous, aux fêtes de juin 1912.
On aimera peut-être à retrouver ici la lettre d'invitation et la réponse :
Monsieur Robert Regnier, Chef du Secrétariat de l’Institut, à Paris.
Monsieur,
Au mois de juin 1912 (du 24 au 30), les Canadiens français tiendront leur premier congrès de la langue française. C'est la Société du Parler français au Canada, fondée à Québec il y a neuf ans, qui a pris l'initiative de ce congrès ;- elle a cru ne pouvoir mieux faire que de le placer sous le patronage de l'Université Laval, la pre- mière université française de l'Amérique du Nord.
Les adhésions nombreuses, enthousiastes, qui nous sont déjà venues de toutes les parties du Canada et des États-Unis, nous per- suadent que le congrès groupera, à une heure opportune, toutes les forces vives de la race française, éparses sur notre terre d'Amérique.
Voilà plus de trois siècles que la France fait ici, par nous, son œuvre de civilisation. Malgré le changement d'allégeance que nous ont imposé les vicissitudes de notre histoire politique, malgré les épreuves parfois douloureuses de notre vie nationale, nous avons
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gardé aussi intègre que possible l'héritage de traditions pieuses que nous léguèrent les premiers colons de la Nouvelle-France : nous avons surtout, au centre d’un pays que des populations étrangères envahissent, jalousement conservé le doux parler des ancêtres. Des bords du £aint-Leurent, le royaume français de l'Amérique du nord s’est étendu jusqu'aux États-Unis ; il a reculé ses frontières jus- qu'aux rives lointaines de la Louisiane. De nos jours, tous ces groupes français, et cel'i qui vit au centre historique, dans la pro- vince de Québec, et ceux qui sont dispersés dans la terre d’Acadie, dans les provinces de l'Ouest et dans les États de la république voi- sine, luttent avec énergie pour rester fidèles à eux-mêmes, et pour assurer, dans la plus grande mesure possible, l'efficacité de leur action politique et sociale.
Il importe, croyons-nous, à l'heure où les développements si rapides de notre vaste pays vont inévitablement changer nos con- ditions d’existence, de bien nous compter, de bien mesurer nos forces, de bien nous instruire du passé pour préparer l’avenir.
Il importe à tous ceux qui, nés ici, parlent la langue de France, de célébrer l'œuvre commune jusqu’aujourd’hui généreusement ac- complie, de se concerter pour l’affermir encore, pour propager et étendre par tous les moyens légitimes le culte de l’idiome ancestral.
C’est à une telle œuvre de piété et de prudente organisation que s’emploiera le premier congrès de la langue française au Canada.
Mais les Canadiens français, quand ils travaillent à consolider leur influence ethnique, ne peuvent oublier la France, d’où sont venus leurs aïeux, la mère patrie dont ils sont sur ce continent les pacifiques missionnaires. Et au moment de tenir leur premier con- grès de la langue française, ils se souviennent avec admiration de l’illustre Académie qui est, là-bas, la gardienne officielle de notre commun parler; ils osent espérer que les membres de l’Académie française, attentifs à tout ce qui intéresse l’histoire et les développe- ments de notre langue, ne seront pas indifférents aux travaux de ce congrès. Déjà l’Académie a bien voulu témoigner de sa bienveil- lante sympathie pour l'œuvre de la Société du Parler français au Canada, en couronnant, l’an derrier, le Bulletin mensuel de cette association. Les directeurs de la Société seraient encore tout parti- culièrement encouragés et honorés si, l’an prochain, l’Académie daignait se faire représenter au Congrès de la Langue française au Canada. Ils recevraient avec une spéciale gratitude la parole récon- fortante que leur viendrait dire le délégué de l’Académie.
Je vous prie donc, au nom du bureau du congrès, de transmettre à l’Académie française l'invitation respectueuse et cordiale que nous
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l'ui faisons, et de lui faire connaître combien nous serions heureux de voir l’un de ses membres honorer de sa présence et de sa parole le premier Congrès de la Langue française au Canada.
Veuillez recevoir, Monsieur le Secrétaire, l'expression de mes plus dévoués sentiments.
ADJUTOR RivaRp, ‘+ Secrétaire général du Premier Congrès de la Langue | française au Canada.
L’Académie avait bien voulu accepter cette invitation et avait délégué pour cette mission Monsieur Étienne Lamy:
INSTITUT DE FRANCE
Paris, le 26 août 1911.
Le Chef du Secrétariat.
à Monsieur Adjutor Rivard, Secrétaire général du Premier Congrès de la Langue française au Canada.
Monsieur,
L'Académie française a pris connaissance de la lettre par laquelle vous avez bien voulu l’inviter à se faire représenter au Premier Congrès de la Langue française, qui se tiendra à Québec du 24 au 30 k juin 1912. E
Elle a délégué pour cette mission Monsieur Étienne Lamy.
L'Académie s'intéresse vivement à ce que font les Canadiens français pour conserver, avec leurs traditions, toutes les qualités de la race française et avant tout son idiome national. Elle est heu- reuse de leur donner cette nouvelle marque de sa sympathie.
Veuillez recevoir, Mo - le Secrétaire général, l’assurance de mes sentiments les plus disu.1gués et dévoués.
R. REGNIER.
Il nous tardait de dire au délégué de l’Académie fran- çaise combien nous honorait ce haut témoignage de bien- veillance.
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Dans l’immense salle, auditoire plus nombreux encore que la veille ; toutes les places sont prises, et l’on se presse aux portes pour entrer.
L'assemblée est présidée par l'honorable M. P. Boucher de la Bruère, surintendant de l’Instruction publique dans la province de Québec, président de 11 _etion littéraire.
A ses côtés, sur l’estrade, on rem..rque encore —- et il en sera de même pendant toute la semaine — les personnages considérables qui avaient, la veille, honoré de leur présence la séance d'ouverture, et que nous avons nommés, et d’au- tres encore, représentant l’Église et l’État, les délégués des associations, etc.
Dans une brève allocution, le président, l’honorable M. Boucher de la Bruère évoque le souvenir de ceux qui ont le plus contribué à la conservation et à l'illustration de la langue et des lettres françaises chez nous.
Puis, il ajoute :
« Vous aurez maintenant le grand plaisir d'entendre les orateurs inscrits au programme de cette soirée. Voix de France, voix du Canada : elles vont tour à tour chanter à nos oreilles. Et vous éprouverez une fois encore comme elle est belle, sonore, et capable de porter les plus fines et les plus hautes pensées, notre douce, notre délectable langue maternelle,
(Sir Adolphe Routhier et M. l’abbé Groulx perleront au nom de vos âmes canadiennes et acadiennes ; le prerier dira nos hommages à la France et à l’Académie française: l’autre, notre attachement aux belles traditions des lettres françaises.
(M. Étienne Lamy, de l’Académie française, répondra à nos discours de bienvenue. Nous écouterons avec grati- tude la parole élégante et chaude de l’éminent délégué de l’Académie. Puis, c’est la poésie de France, s’exprimant par les lèvres de M. Gustrve Zidler, un ami des « deux Frances », qui accordera sur sa lyre ses émotions et les nôtres, les meilleures inspirations et les plus touchants souvenirs de nos ( communes patries ».
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« Mais nous n’aurons pas encore, ce soir, le plaisir d’en- tendre le poète lui-même dire ses vers. Monseigneur le Président du Congrès vous communiquait, hier soir, le sym- pathique salut que M. Zidler nous envoyait du milieu de l'océan. On espérait pourtant qu'il serait ici ce soir. Mal- heureusement, comme il le prévoyait lui-même, un nouveau retard fait qu'il n’arrivera que demain. Mais il nous l’a dit, son cœur est déjà avec nous. Il a demandé qu’en son absence notre Secrétaire nous lise son poème.»
L'honorable Sir Adolphe Routhier présente alcrs les hommages des Congressistes à l’Académie française, et confie pour elle à son illustre délégué un « message patriotique et fraternel ».
M. Étienne Lamy, revêtu de son uniforme d’académi- cien, répond par la lecture d’un magistral discours, fréquem- ment et longuement applaudi, et où tous reconnaissent le plus bel et le plus éloquent éloge qui ait été fait de notre langue.
M. l'abbé Groulx, dans un brillant discours, dit com- ment se sont maintenues chez nous les traditions des lettres françaises, et pourquoi elles nous conviennent.
Enfin, en l’absence de M. Zidler, M. Adjutor Rivard interprète un beau poème du poète des « Deux Frances » : Pour la plus grande gloire du parler français — Vers le passé. La suite de ce poème, Vers l'avenir, est au programme de la séance de clôture.
A cause de la présence ei du discours de M. Étienne Lamy, cette séance fut la grande séance académique du Congrès. Aussi nous permettr..-t-on d'interrompre ici notre relation pour reproduire les lettres qui furent plus tard échangées entre l’Acidémie française et le Comité Perma- nent du Congrès. Au mois d’octobre 1912, ce Comité fai- sait remettre à l’Académie, avec une lettre adressée à M.
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Thureau-Dangin, secrétaire perpétuel, une médaille-souve- nir, de bronze, reproduction en grand modèle (13 centimètres de diamètre) de la médaille-insigne des Congressistes. Voici, du reste, extrait du Journal officiel du 18 novembre 1912, un compte rendu de la séance tenue par l’Académie, le jeudi 14 novembre, sous la présidence de M. Frédéric Masson, directeur, et au cours de laquelle notre envoi fut reçu :
ACADÉMIE FRANÇAISE
Séance du jeudi 14 novembre l'ÉSIDENCE DE M. FRÉDÉRIC MASSON, DIRECTEUR
Une fort belle médaille commémorative du Premier Congrès de la Langue française au Canada, œuvre du graveur À, Morlon, est offerte à l’Académie. Cette lettre d'envoi l'accompagne :
« Le Comité Permanent du Premier Congrès de la Langue française au Canada offre respectueusement à l’Académie française une médaille-souvenir de ce premier congrès.
« Il profite de cette occasion pour renouveier auprès de l’Aca- démie l'expression de sa plus vive gratitude. En déléguant à notre congrès l’un de ses membres les plus distingués, M. Étienne Lamy, l’Académie française a voulu reconnaître sans doute les modestes, mais persévérants efforts que nous avons faits depuis trois siècles, à Québec et par tout le Canada, pour conserver vivante et bienfai- sante la langue de Henri IV, de Champlain et de Richelieu. Nous avons été profondément touchés de cette délicate attention, et nous avons été particulièrement heureux de recevoir et de saluer, en la personne de M. Étienne Lamy, l’un des représentants les plus auto- risés des meilleures traditions littéraires de la France.
« Le discours que M. Étienne Lamy a prononcé, à Québec, devant un auditoire de plus de huit mille personnes, restera, nous le savons, comme l’une des pages les plus belles qui aient été écrites sur la langue française, et nous sommes reconnais a nts à l’Académie d’avoir ainsi porté jusqu’à Québec, jusqu’au cœur fidèle de la Nou- velle-France, l'éloge de notre commun parler.
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« Comme témoignage de notre sincère gratitude, nous offrons à l’Académie cette médaille-souvenir, Puisse-t-elle rappeler toujours Fa aux gardiens officiels de notre langue que, sur les bords du Saint- tiufse Laurent, dans le lointain Canada, tout un peuple se souvient et ne # cesse de faire chanter sur ses lèvres les syllabes de France.
(€ P.-E, Roy, évêque, président, { Angutor Rivaup, secrétaire général.»
L'Académie vote une adresse de remerciements au Comité per- manent, auteur de cet envoi.
Quelques jours après, le Président du C »mité permanent recevait de M. Frédéric Masson la lettre suivante :
INSTITUT DE FRANCE
Académie française
Paris, le 16 novembre 1912.
Le Directeur de l'Académie à Mgr P.-E. Roy, président du Comité permanent du Premier Congrès de la Langue française au Canada.
L’Acadénie française, en recevant cette noble médaille par fl laquelle le Comité permanent du Premier Congrès de la Langue française au Canada a célébré la conception et la réalisation de son œuvre, s’est émue aux noms qu’elle évoque, aux devises qui l'ont inspirée et à la foi qu’elle atteste.
M. Étienne Lamy, l'interprète qu’elle avait heureusement choisi pour offrir son cordial salut à ceux qui parlent notre langue et qui en maintiennent les traditions et l'esprit, lui a . apporté quel accueil il avait reçu, et le discours qu'il a prononcé, à Québec, le 25 juin dernier, déposé dans nos Archives, avec vos lettres et votre médaille, commén orera devant nos successeurs la formation d’une alliance qui leur paraîtra aussi précieuse qu’elle l’est à ceux qui la concluent.
Ce sont des fils de notre France, des enfants de nos pères qui découvrirent, défrichèrent, défendirent 1a terre que vous cultivez ; ce sont eux qui vous transmirent, avec leur généreux sang, ce parler 4
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à qui votre piété reconnaît la vertu glorieuse d'être la langue de Champlain, de Mgr de Laval, de Montcaln et de Lévis ; langue des hommes d'État, des poètes, des prêtres et des soldats, langue de Richelieu, de Bossuet, de Corneille et de Condé, langue qui se prête et s'adapte à tous les sentiments dont vibre l'âme humaine, à toutes les pensées qu'élabore l'esprit humain, à tous les actes que produit l’activité humaine, langue de force et de douceur, d’éloquence et de poésie, langue de justesse et de clarté, transparente et pure comme l'eau bleue de vos grands lacs !
L'Académie sait par quels persévéranti: efforts les descendants des colons français ont, depuis trois siècles, conservé, à Québec et dans tout le Canada, la langue que parlaient leurs pères et qui de- meure le nœud es--ntiel de notre race, l'expression de son âme et la voix de son cœur. Cette voix, ceux qui furent assez heureux pour l'entendre résonner sur vos lèvres nous en ont apporté l'écho. Nous l'avons recueilli avec une émotion égale à notre joie : tels des frères séparés si longtemps par les destins jaloux qu is en seraient arrivés à ne plus correspondre et à ne plus sc connaître, mais voici qu'ils se rencontrent et qu'ils parlent : et ils s'entendent, et ils se compren- nent, etilss'aim :.
Et c'est le miracle nouveau qu'a fait « notre doux parler ».
Le Directeur de l’Académie, Frénéric MaAss0N.
MERCREDI, 26 JUIN
EXCURSION AU PEerTiT-Cap
Au matin de ce troisième jour de ses assises solennelles, le Congrès avait, dans son programme, fixé une suspension d'armes, ou plutôt la poursuit de son dessein sous une forme différente : le culte des traditions françaises à célé- brer et à rendre plus cher encore, si possible, par une excur- sion dans la campagne québecoise, s0:te de pèlerinage pa- triotique vers l’un des coins les plus _ :ci 1rteurs du terroir ancestral.
* une échappée à l’air libre, une sortie en famille, ue » UcCagressistes devaient bien s'accorder, pour faire div... .on à leurs travaux d’études, en allant se retremper dans l’atmosphère des champs où notre ra » à puisé sa tenace vigueur, et baigner leurs poumons dans les senteurs vivifiantes de la forêt canadienne, On se dirigeait vers cette oasis charmante qui s'appelle le Petit-Cap, à Saint- Joachim de Montmorency : la si hospitalière maison de
vacances des Messieurs du Séminaire de Québec, où tant:
d’hôtes distingués ont déjà goûté de douces heures de repos, de paix profonde, et dont tous les visiteurs conservent un si durable et délicat souvenir.
Il arriva, malheureusement, que le soleil, aux premières heures de l’aurore, sembla vouloi- bouder un peu, pour la première fois depuis trois jours, et faire grise mine à cette fête fraternelle, dont chacun se promettait d'avance tant de joies délectables. Mais cette passagère épreuve ne pu décourager ceux qui avaient la foi profonde et vivace dans le succès assuré du Congrès, jusqu’en ses moindr - - étails En intrépide capitaine, qui sait relever la confia ice, aiguil- lonnner la valeur de ses troupes, notre vaillant président, Mgr Roy, surtout, ne voulut pas douter un seui instant que ‘ la journée serait brillante et belle, coinme celles qui avaient précéu comme toutes celles qui devaient suivre, dans cette semaine unique. A MM. Zidler et Thellier de Poncheville, qui venaient d’arriver de New-York, le matin même, et lui offraient leurs premiers homu'ages, en exprimant un peu d'inquiétude : « Rassurez-vous, disait Mc..seigneur en badi- nant : nous avon: fait un bail, pour toute la semaine, avec le soleil du Bon Lieu : nous aurons sûrement beau temps, encore aujourd’hui, et cela d’autant plus que vous êtes main- tenant des nôtres. »
Et, de fait, quand la joyeuse excurs:. n, vers les dix heures, prit d’assaut le convoi qui devait la conduire au but de ses désirs, le soleil était déjà moins avare de se bonnes promesses. Il faisait un temps idéal lorsqu'on descendit du train, à Saint-Joachim, après un voyage ravissant, à travers
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les riantes campagnes de la Côte de Beaupré, longeant tou- jours la pittoresque rive nord du Saint-Laurent, en vue des rivages escarpés, au panorama varié, de la pimpante Île d'Orléans, admirant sans se lasser les détails si attrayants du paysage qui se déroulait aux regards émerveillés : l’es- tuaire de la rivière Saint-Charles, puis B *auport aux co- quettes villas, Montmorency, avec sa puissante cataracte, dont notre aimable « Canadien de France », M. Gustave Zidler, pouvait dire, avec conviction : « Je la reconnais ! » tout comme s'il ne mettait pas, pour la première fois, le pied en notre pays, et, à la suite, les florissantes paroisses de L'Ange-Gardien, de Chateau-Richer, de Sainte-Anne de Beaupré, royaume de la sainte Thaumaturge du Canada, et enfin Saint-Joachim.
Inutile d'affirmer que l'entrain le plus franc, la cor- dialité la plus entière avaient déjà, en cours de route, établi leur empire sans conteste, parmi les cinq cents excursion- nistes de tout âge et de toutes qualités, qui fraternisaient à l'envi, échangeant, sans la moindre contrainte, les plus gais propos ; jetant, en chœur, et de toute leur âme, aux échos du rivage voisin et de la montagne prochaine, les refrains entraînants des chansons du pays. Et cela, pen- dant que maints personnages de distinction : Nos Seigneurs Bégin, archevêque de Québec, Langevin, archevêque de Saint-Boniface, Roy, Auxiliaire, à Québec, et préside.it du Congrès, Sir Joseph Dubuc et lady Dubuc, de Winnipeg, Mgr Bolduc, P.D., M. l'abbé Chs Thellier de Poncheville, M. Gustave Zidler, l'honorable M. Thomes C hapais, mem- bre du Conseil législatif, et Mme Chapais, pour n’en nom- mer que quelques-uns, rehaussaient de leur concours l’éclat de cette honorable compagnie.
L’accucil fait aux Congressistes, au Petit-Cap, fut d’une largesse princière, absolument digne et du Congrès qui l’ac- ceptait avec enthousiasme, et du Séminaire de Québec, qui l’offrait, avec sa générosité accoutumée.
Sans perdre de temps, tous ces touristes assoiffés d’idéal partirent en promenades, de côté et d’autre, chacun au gré
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de sa fantaisie, scrutant à loisir et adriirant avec ivresse toutes les beautés naturelles que la Providence à groupées, avec un art divin, autour de ce site merveilleux. Et quand l’on se retrouva, une couple d'heures plus tard, pour le lunch en plein air, sous le dôme majestueux de la vieille forêt his- lorique, c'est assurément ln pensée commune qu'exprimait à ses compagnons de promenade — son ami, M, J K. Prince, et notre pauvre cher abbé Zidler, en disant : captivant.»
Lortie, — le bon pucte (Tout est beau, ici : tout est bon et
Il était une heure de l'après-midi quand ! son bienvenu de la cloche réunit les exCursionnistes autc.: de trois im- menses tables chargées de mets succulents, dont la rapide disparition eut, en un clin d'œil, satisfait les appétits qu'a- vait aiguisés la marche à l'aventure, à travers champs et à travers bois. Et c'était plaisir de se réchauffer au rayon- nement de la bonne humeur et de la franche gaieté dont vibrait cette assemblée de frères en congé, cette foule char- mante, et telle que le Divin Maître eût moins songé, sans doute, à s'apitoyer sur elle qu'à bénir sa joie conquérante, pour qu'il en j:illit plus sûrement l actes de vertu civique dont elle semblait capable,
Avec une pareille réunion de Canadiens français, de « descendants des vieux Gaulois » toujours empressés de faire succé et délicats de l'esprit e saires des exigences de |
, ainsi mis en gaieté, et der les plaisirs plus subtils t du cœur aux satisfactions néces- a vie matérielle, la musique, le chant, l’éloquence ne devaient pas tarder à réclamer leurs droits. Dès le début des champêtres agapes, l’iniassable fanfare du Séminaire, compagne obligée des meilleures réjouissances du Congrès, avait formé cercle au milieu des tables et s'était mise à jouer l’entraînante kyrielle de nos vieux airs *ana-
diens. C'était plus qu'il n'en fallait pour assaisonner
(1) L'abbé Stanislas-Alfred Lortie, prêtre du Séminaire de Québec, l’un des plus dévoués promoteurs et organisateurs du Congrès et son trésorier général, déjà
mortellement atteint, lors de la tenue du Congrès, devait être enlevé à l'affection de tous ses amis, le 19 août suivant.
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l'appétit excellent des convives et constituer le soutien assuré de la verve dont pétillaient déjà les esprits. Le repas est à peine terminé que tous se groupent autour des musiciens, et accompagnées par la puissante harmonie des cuivres, des centaines de voix ardentes, dont plus d’une se mouille de larmes, font retentir la forêt séculaire des accents de nos refrains nationaux ou patriotiques les plus populaires : À la claire fontaine. Vive la Canadienne ! Jadis, la France sur nos bords. Rien n’est si beau que son pays, etc., etc.
A la prière de l’assistance, M. le professeur Dumais, de Montréal, dit le joli poème de M. l’abbé L.-A. Groulx : La leçon des érables, et M. l'abbé Mélançon, aussi de Montréal, récite sa fière inspiration poétiaue : À Dollard des Ormeaux.
La foule ratifie, d’acclamation, une proposition que fait M. Dumais, et l’on a soin de ne manifester plus ses admi- rations et ses joies que par des mots bien français : Bravo ! bravo ! ! bravo ! ! !
Brune et gentille est la Huronne, chante encore une voix émue de patriote, et la foule fait chorus.
Puis, soudain, quelqu’un lance le nom de M. l’abbé Thellier de Poncheville, qui vient d’apparaître à la véranda de la résidence. Et tous d’appeler, d’acclamer, jusqu’à ce que le sympathique prêtre de France se rende aux vœux fraternels qui lui commandent et, après avoïr invité son ami le poète Zidler, à venir « porter avec lui le poids de ce fardeau », se faisant d’une simple chaise une tribune, con- sente à parler à cette foule, qui lui ménage une réception triomphale.
«Je ne trouve pas, s’écrie l’éloquent orateur, de mots dans la langue française, si riche pourtant, pour exprimer les sentiments d’indicible bonheur que j’éprouve en ce mo- ment. Ce sont les accents d’une langue divine qu’ii faudrait avoir, il me semble, pour vous dire à vous, Canadiens, qui avez conservé la foi que vous a transmise la France, toute la joie du prêtre qui se trouve au milieu de vous. Votre foi, elle est si vive que les athées eux-mêmes, lorsqu'ils
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viennent visiter le Canada, sentent renaître en eux leur foi, si bien que vous les renvoyez croyants.
« En voyant ce que vous êtes, la France apprend de vous ce qu’elle fut jadis et ce qu’elle doit être dans l’avenir.
« Permettez-moi de rappeler ici un trait dans lequel je ne puis me défendre de voir une grande et consolante image. Une femme qui avait eu le malheur d’apostasier, et qui sentait peser sur elle tout le poids de sa honte, s’écriait un jour, dans un accès de rage folle : « Ah ! si je pouvais me débaptiser !... »Cette femme, à mes yeux, c’est la France, qui, en des heures d'égarement, paraît vouloir effacer de son front le signe auguste de la Croix. Mais, pas plus que l’in- fortunée femme, elle n’est capable d’effacer de son front la marque indélébile du sacrement. Malgré elle, et contrainte par la bonté même de Dieu, elle garde sa foi.
« Vous avez ici votre majestueux cap Tourmente, à côté de celte € maison de liesse », où nous nous trouvons si bien. Cette antithèse encore évoque devant moi l’image de mon pays. La France aussi a connu les tristesses et les naufrages de la tourmente, dont ce Cap a peut-être été le témoin ; Dieu veuille que notre cher Pays, reconnaissant ses erreurs, se ressaisisse bientôt, qu’il se convertisse et, retrouvant sa
foi, qu’il revienne, à son tour, dans la sainte maison de liesse, »
Cette superbe harangue, hachée d’applaudissements, pendant le temps trop court qu’elle a duré, est suivie d’acclamations énergiques et chaleureuses.
La musique joue l'air de Five la France, et la foule ap- pelle M. Gustave Zidler qui, très aimablement, répond à l'invitation et récite son magnifique poème : François de Montmorency Laval. — Séminaire de Québec, mai 1708. C’est le récit touchant de la mort du saint évêque fondateur de l’Êg''se canadienne. L’auteur pouvait malaisément choisir des vers plus agréables à entendre pour ses auditeurs, sur ce coin de terre sacré qui eut les prédilections du noble apôtre, et qui garde à jamais la mémoire de Mgr de Laval.
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Un gracieux incident se place ici. M. J.-E. Prince pré- sente à M. Zidler, dans la personne de l’un des élèves du Petit Séminaire, M. Oscar Bastien, un neveu du chef de la tribu des « Hurons », un descendant de cette rude et fière race amie de la France, et qu'a si bien chantée le poète cana- dien de Paris. Pendant que M. Zidler serre affectueuse- ment la main du jeune homme, la foule ‘acclame le barde généreux, aux cris de : Vive Zidler ! Vive Thellier de Pon- cheville ! Vive la France !
Monseigneur l’Archevêque de Québec prend alors la parole. Il désire faire lui-même l’éloge des deux éminents représentants de la France qui ont daigné accompagner les Congressistes à cette fête champêtre. En quelques mots choisis, Sa Grandeur leur offre l'expression des gratitudes de tous. Cette réjouissance fraternelle n’eût pas été com- plète, dit Mgr Bégin, s’il y eût manqué des représentants de l’ancienne mère patrie, dont le Canadien français aime toujours à relire les chefs-d’œuvre et à conserver les tra- ditions.
Appelé par la foule, l'honorable M. Thomas Chapais, l’un des vice-présidents du Congrès, improvise une allocu- tion où l’émotion vraie met toute la chaleur de l’éloquence qui sait gagner les cœurs.
« Le Congrès, dit-il, qui nous a procuré tant de plaisir, depuis quelques jours, nous convie, aujourd’hui, à une fête sans pareille et qui nous remplit d'enthousiasme. Mais la série n’est pas close, et nous aurons encore de belles sur- prises. M. Thellier de Poncheville et M. Zidler, nous venons de vous recevoir par de chaleureuses acclamations : nous vous en réservons bien d’autres encore.
« Que ne signifie pas, pour nous, votre présence sur ce sol consacré par tant de souvenirs, tant de gloire, tant de vertus, consacré par Mgr de Laval lui-même !
«L'école d’agriculture et d’industrie qu'il établit ici même, il y a trois siècles, nous permet d’opposer une belle réponse à ceux qui reprochent au clergé de ne pas faire sa part pour le progrès.
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«Les souvenirs se pressent sur nos lèvres et les senti- ments débordent de nos cœurs en ce jour.
(En entendant nos frères de France, à qui nous don- nons droit de cité dans notre pays et dans nos cœurs, j'ai senti dans mon sein quelque chose de poignant, et je me suis dit : S'il était besoin, pour sauver la France, dans la balance des justices divines, d’un apport qui puisse faire contrepoids aux malheurs de ce grand pays, il n’y aurait qu'à prendre le Canada français, qui a été mis au monde, baptisé et donné à l’Église par la France, et qui dirait au Ciel: jetez un regard de miséricorde sur la mère de nos âmes, celle dont la foi, l'intelligence et le génie rayonnent encore, pour votre gloire, à travers le monde: et la balance penche- rait en faveur de la France.
€ Mais non, ce n’est pas une note de désespoir qu’il con- vient de faire entendre en ce moment, quand on connaît l’œuvre de résurrection entreprise par des prêtres tels que M. l'abbé de Poncheville : c’est un cri d'espérance qui doit plutôt sortir de notre poitrine, à la pensée que la France donne toujours ses missionnaires, le plus pur de son sang et sa fortune pour les œuvres catholiques, qu’elle donne aussi ses religieux et ses religieuses, qui vont à travers l'univers distribuer aux enfants le pain de l'intelligence avec celui de la foi.»
M. Chapais rappelle brièvement les luttes que les Cana- diens français ont dû soutenir pour rester français, en dépit de l'oppression, de l’ostracisme, de la fausse interprétation des traités.
Les paroles de M. Chapais à l’adresse de la F rance et de ses représentants étaient si touchantes qu'on vit M. Zidler en pleurer.
Les plus belles fêtes ont, pourtant, leur crépuscule, et celle-ci touchait à sa fin. La foule trouva qu’il y manquait encore le couronnement qu'il fallait, et elle demanda, à grands cris, que Mgr Roy, le président du Congrès, parlât aussi.
On chante : Il a gagné ses épaulettes !... On crie : Vive Mgr Roy ! Puis, Mgr Roy parle.
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« Le Petit-Cap, dit-il, est vraiment en liesse, aujour- d’hui ! Il donne l'hospitalité au Premier Congrès de la Langue française au Canada. Aussi, voyez comme sa toi- lette est brillante ! Jamais ses tapis de gazon ne furent plus verts ; jamais ses grands arbres ne laissèrent filtrer à travers leur riche feuillage une lumière plus pure. Le soleil de Québec devait à sa bonne réputation de prodiguer son éclat et sa chaleur aux hôtes distingués qui débarquaient, ce matin, sur nos bords, et qui font à ce cher Petit-Cap l’hon- neur de leur première visite. A ces chers amis, qui interro- geaient d’un couv d'œil inquiet notre ciel chargé de gros nuages, je disais, ce matin, pour les rassurer : ne craignez rien ! Nous sommes maîtres du soleil, ici. Et, au même instant, le soleil, avec une complaisance vraiment opportune, dorait d’un clair rayon le front de notre poète Zidler, et souhaitait ainsi une bienvenue peu banale aux voyageurs.
«A mon tour, et au nom de la joyeuse jeunesse qui
(1) En face du Château Bellevue, où les prêtres du Séminaire de Québec passent leurs vacances se trouve une maison rustique et antique, qui sert aussi aux villégiatures ecclésiastiques, et qui s'appelle « Liesse ». Les terres du Séminaire sont aussi pittoresques que les noms des bâtiments qui s’y trouvent ou des ruisseaux qui y coulent : La Miche, Les Falaises, Ferme de la Friponne, La chapelle des hirondelles, qui est un enfoncement dans le rocher du cap Tourmente, la Grande ferme, le Petite ferme — laquelle est d’ailleurs la plus grande, — le ferme des Graves, de la Grande Pièce, Valmont, Chevalier.
Les fermes que possède là, aujourd’hui, le Séminaire de Québec, contiennent l’ancien établissement fondé par Champlain dès 1624. La partie de Saint-Joachim qui constitue actuellement les fermes du Séminaire fut achetée par Mgr de Laval, entre les années 1662 et 1668.
À partir de 1668, date de la fondation du Petit Séminaire, les élèves passèrent leurs vacances à la petite ferme et les séminaristes à la grande ferme.
Ce que l’on appelle le Petit-Cap, aussi connu sous le nom de Côteau Fortin, fut d'abord mis en culture, puis abandonné.
À la grande ferme fut établie une École des arts et des métiers, ainsi qu’une’ école latine, près de laquelle se trouvait l'église paroissiale élevée par Mgr de Laval et le Séminaire, en 1691. Cette église fut incendiée par les Anglais, en°1759, ainsi que toutes les fermes.
Après la cession du Canada, on fut quelques années sans envoyer les élèves à Saint-Joachim. ;
En 1778, le Séminaire commença la construction du bâtiment actuellement connu sous le nom de Château Bellevue. — La chapelle fut bâtie en 1780 — Mgr Briand en fut l’insigne bienfaiteur.
Ce fut vers 1850 que les vacances furent organisées comme elles le sont au- jourd'hui.
En 1870, par les soins de Mgr Hamel, fut bâtie. sur le sommet du Cap Tour- mente, une petite chapelle où, très souvent, durant les vacances, les prêtres du Séminaire vont dire la messe.
Lors des fêtes du troisième centenaire de Québec, Sa Majesté le roi George V, alors Prince de Galles, fit une visite au Petit-Cap.
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prend ici ses ébats de vacances, je dis une cordiale bienvenue à M. l'abbé Thellier de Poncheville et à M. Zidler. (Monsieur l'abbé, deux années se sont écoulées depuis votre premier voyage à Québec. Il nous semble, en vous revoyant, que vous ne nous avez jamais quittés, tant vous avez continué à vivre dans notre souvenir ! Et vous, Mon- sieur Zidler, qui nous faites votre première visite, il nous semble que nous vous avons toujours connu, tant votre nom et vos vers se sont déjà profondément gravés dans nos cœurs.
(Merci à vous deux, apôtre et poète, d’être venus mêler aux charmes de ces bois les charmes de vos voix si douces et si françaises. Il m’a semblé, tout à l'heure, voir nos grands ormes se pencher avec curiosité pour écouter et re- cueillir cette prose et ces vers, qui, sur vos lèvres, prennent également des ailes pour monter vers Dieu.
(Et désormais, quand la brise soufHera, et que les ra- meaux se raconteront leurs souvenirs, nos jeunes écoliers, passant par les sentiers ombreux, croiront entendre les échos prolongés de l’éloquence et de la poésie «ui les enchantent aujourd’hui.
€ En vérité, Messieurs, nous vivons ici l’une des heures les plus délicieuses du Congrès ; et le Séminaire de Québec met le comble à ses bontés en ouvrant si gracieusement aux pèlerins de la langue française ce sanctuaire exquis et tout parfumé de souvenirs patriotiques.
« Je vous invite à venir répandre votre reconnaissance aux pieds de Jésus-Hostie, dans cette rustique chapelle, où doit s’achever notre pèlerinage.»
En un instant, la chapelle du Petit-Cap se remplit ; ceux qui ne peuvent y pénétrer s’agenouillent sur le gazon et chantent O Salutaris Hostia et Tantum ergo, puis tous repar- tent pour Québec, contents d’aller y continuer les travaux du Congrès, mais non sans un certain regret de ne pouvoir prolonger plus longtemps un si agréable séjour.
En passant à Sainte-Anne de Beaupré, l’excursion fait une halte, pour saluer la grande Thaumaturge ; on se rend
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en procession à la basilique, où S. G. Mgr Bégin préside au Salut solennel du Très-Saint Sacrement.
Puis, le voyage s'achève, dans les conditions les plus heureuses que les organisateurs eussent pu désirer.
MERCREDI SOIR, 26 JUIN
TROISIÈME SÉANCE GÉNÉRALE
Cette troisième séance générale du Congrès, organisée par la Section scientifique, est présidée par l’honorable M. Pascal Poirier, président de cette Section.
Le même brillant auditoire emplit la Salle des exer- cices militaires. Sur l’estrade, outre les invités et les membres d'honneur quun a vus assister aux premières séances, on remarque M. le comte Thellier de Poncheville, M. l’abbé ‘i'ellier de Poncheville et M. Gustave Zidler, arrivés tous trois, comme nous l’avons dit, le matin même de ce jour.
M. le Président ouvre la séance par un discours où il entend faire la confession publique de nos fautes. On reconnaît avec lui qu’il y a chez nous des manquements, auxquels il importe de remédier, et que les signaler c’est déjà faire œuvre bonne ; mais on regrette vraiment que l’ora- teur ne se montre pas mieux averti et surtout mieux ins- piré, ne fasse pas de notre conscience un examen plus juste et d’une information plus exacte, ne regarde pas les choses d’un meilleur biais, et ne s’exerce pas à faire dans un autre esprit le compte et la critique de nos défauts.
L’auditoire fait paraître son sentiment là-dessus, quand l'orateur suivant, S. G. Mgr Bruchési, archevêque de Montréal, prend la parole. L'honorable M. Poirier avait
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parlé de confession, d’absolution. .. « Si j'étais son confes- seur, dit Mgr Bruchési, je lui donnerais bien l’absolution, mais non sans lui faire certaines remontrances qui lui seraient utiles, et surtout je lui imposerais une pénitence. y» Et l’assemblée applaudit longuement.
Pourtant, le Congrès accueillait favorablement les critiques, même les plus sévères ; dans certains discours et dans un gr1nd nombre de mémoires, on lira, à l’adresse des Canadiens français, de dures vérités ; il était utile que ces choses fussent dites, il est bon qu'elles soient pu- bliées. Le Comité chargé des comptes rendus croit même devoir, par déférence pour J’honorable Sénateur Poirier et ceux qu'il représentait, publier aussi son discours.
Du magnifique discours prononcé par S. G. Mgr Bruchési, et qu’on lira plus loin, nous croyons devoir mettre, sans plus tarder, sous les yeux du lecteur ce passage, qui se rapporte à l'ouvrage que nous publions :
Un livre précieux enregistrera le réc'® fidèle de ces fêtes : ce sera le livre d’or de la race canadienne-française, J'espère qu'il aura sa place d'honneur à tous nos foyers. Qu'on le mette à côté de cet autre livre qui relate nos fêtes eucharistiques de 1910 : ce seront comme les deux tômes d’un même ouvrage démontrant l’amour persévérant de notre peuple pour sa langue et pour sa foi.
L’honorable M. N.-A. Belcourt, l’un des vice-présidents du Congrès, doit traiter un sujet difficile : De l'exercice des droits reconnus à la langue française au Canada. Il faut la science juridique de M. le Sénateur pour définir nos droits aussi sûrement qu'il le fait, et sa grande expérience pour indiquer les meilleurs moyens d’en assurer l'exercice. Sa belle étude se termine par un éloquent exposé de l’œuvre
accomplie par l'Association canadienne-française d’édu- cation d'Ontario.
On applaudit ensuite M. Chapman, qui, dans de beaux vers, chante les Martyrs du Long-Sault. Avant de lire ce
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poème, M. Chapman récite quelques strophes de sa pièce intitulée Notre langue.
Enfin, M. Alcée Fortier, président de l’Athénée louisia- nais, nous parle de la Louisiane française. Il dit l’histoire, les commencements, les développements et les progrès de cette province française, « sœur du Canada », sa langue et sa littérature.
La soirée est déjà avancée. Mais l’auditoire espère bien, avant de partir, entendre aussi M. l'abbé Th lier de Poncheville. Le programme annonce un discours de M. l'abbé P.-C. Gauthier, de l’Acadie ; comme il se fait tard, on décide de renvoyer cet article à vendredi soir. Et, sur l'invitation du président, M. l’abbé Thellier de Poncheville clot la séance par un éloquent Salut aux Aca- diens. Le brillant orateur a bien voulu reconstituer lui- même le texte de ce discours, ainsi que des autres allocu- tions si heureusement improvisées par lui dans quelques- unes des circonstances les plus mémorables du Co:igrès.
On trouvera tous ces discours, et le poème de M. Chapman, dans la deuxième partie de ce r1lume.
JEUDI, 27 JUIN 1912
LES SECTIONS EN SÉANCE
Toute la journée du jeudi était réservée au travail des Sections.
Comme nous l’avons dit, le: Sections avaient tenu une première séance le mardi ; elles s'étaient alors constituées
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régulièrement et avaient même commencé à prendre con- naissance des mémoires présentés au Congrès. L'examen de ces travaux se continua donc aux deux séances du jeudi, à 10 heures du matin, puis à 2 heures. Même, la sous- section juridique dut tenir une quatrième séance _e lende- main matin, pour terminer l'étude des questions qui lui étaient soumises.
Nous ne donnons pas ici la liste des mémoires lus devant chaque section : ce serait reproduire le programme d'étude, qui se trouve déjà dans les Pièces liminatres. Ce programme a été révisé, et, tel que publié, il comprend exactement les titres des mémoires qui furent examinés.
Il nous paraît également inutile de publier une ana- lyse de es mémoires : les travaux présentés ou les résumés de ces travaux seront imprimés dans un autre volume.
Et quant aux vœux qui ont paru être la meilleure conclusion des délibérations, on les trouvera réunis à la fin de cet ouvrage, tels que le Congrès en assemblée plénière les a ratifiés.
Il resterai donc à rapporter les discussions auxquelles chaque mémoire a pu donner lieu, les observations faites par les membres, et certains incidents qui ont marqué le cours des délibérations. Nous nous étions d’abord pro- posé d'insérer dans ce Compte rendu les procès-verbaux dressés pa: les Secrétaires de Sections. Mais ces relations feraient double emploi avec les Rapports des rapporteurs, qui se trouvent plus loin, et qui montrent quelle bonne et sérieuse besogne se fit dans la journée du 27 juin.
Cependant, nous croyons devoir noter brièvement, pour en garder mémoire, quelques incidents.
À la sous-section historique
En l’absence de M. J.-E. Roy, obligé de retourner à Ottawa, la sous-section historique fut présidée, le matin, par le R. P. Alexis, ct, l'après-midi, par M. l'abbé Doucet, de Grande-Anse, N.-B.
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A la séai.ce du matin, Mgr Mathieu, évêque de Régina, appelé à prendre la parole, fit un éloquent plaidoyer en faveur de l’émigration des Canadiens français vers l'Ouest ; c'est à la suite de ce discours que fut formulé le vœu IV de la Section, pour encourager cenx des nôtres qui ont décidé d'aller tenter fortune ailleurs à se diriger vers les centres français et catholiques de l'Ouest, où ils peuvent donner l'appui de leur nombre à des groupes déjà établis dans les nouvelles provinces.
A la Section pédagogique
Le procès-verbal de la séance du matin signale la présence de M. Gustave Zidler et la part qu’il prit aux délibérations de la Section, spécialement sur la question du certificat d'études primaires.
À propos de l’enseignement du français dans l'Ouest, il s'élève, dit encore le procès-verbal, un intéressant débat sur l'opportunité d'encourager les institutrices de la pro- vince de Québec à aller enseigner “ans les provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan. « Mgr Baril, M. l'abbé Perrier, M. le chanoine Ross, le R. P. Dugré, M. l’abbé Cloutier, M. C.-J. Magna” le R. P. Charlebois, le R. P. A.-F. Auclair, M. J.-P. Labarre, etc., prennent part à la discussion. L'idée qui réunit la majorité des suffrages est la suivante : «II vaut mieux que les jeunes filles de «l'Ouest viennent étudier dans la province de Québec, «pour y apprendre le français, et retournent dans leur « province pour ÿ subir les examens requis. »
Réunion conjointe des Sections pédagogique et littéraire
À 2 heures, la Section littéraire invitait la section pédagogique à une réunion conjointe, et c’est par ces deux Sections réunies que fut discuté et adopté le vœu relatif aux (Pages choisies » d’auteurs canadiens. (Section lit- téraire, vœu III.)
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A cette réunion, M. Gustave Zidler exposa sa thèse de « l’enseignement du français par le latin ».
A la sous-section B de la propagande
Les délibérations de cette Section furent un instant interrompues par un incident qu’il convient de note ‘"i.
« Au moment, rapporte le procès-verbal, où, après avoir entendu la lecture du méinoire de M. l'abbé L.-A. Beaudoin sur la Langue française et l'exercice du culte catholique dans l'Ontario, on va passer à un autre travail, M. Paul Leduc, avocat, appuyé par M. Charles Fontaine, arpenteur, demande la parole ; après quelques précau- tions oratoires, il cherche à présenter son intervention comme une suite naturelle de l’étude dont la sous-section vient de prendre connaissance, et il soumet une nrcpo- sition dont l'objet est de blâmer et de censurer énergique- ment la conduite d'un personnage, du reste étranger au Congrès...
« L'honorable M. P.-A. Choquette parle en faveur de la proposition Leduc-Fontaine.
« Le R. P. Théophile Hudon, S. J., rapporteur, déclare qu’il ne voit pas bien comment on peut faire découler cette proposition du travail discret et pondéré qui vient d’être lu ; il ne trouve pas possible d’adinettre la résolution Leduc-Fontaine parmi les vœux de la sous-section, et d’autre part ce n’est que sous cette forme qu'elle pourrait être adoptée et rapportée devant le Congrès en assemblée plénière.
« L'honorable M. Choquette et M. Leduc répliquent. M. Amédée Denault, le secrétaire, croit que la motion, si on la modifiait de façon à ce qu’elle paraisse sortir du travail de M. l’abbé Beaudoin, pourrait être reçue, puis étudiée par la sous-section, lorsque celle-ci préparera ses vœux ; si alors la sous-section croit devoir l’insérer parmi les vœux qu’elle formulera, la proposition sera soumise au Congrès en assembiée plénière, et celui-ci en disposera.
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Mais si l’on juge que la proposition Leduc-Fontaine ne découle pas du travail de M. l'abbé Beaudoin, elle doit être considérée comme matière nouvelle, et la sous-sec- tion doit l’écarter, suivant l’article 13 du Règlement du Cnngrès : « Aucun travail ne peut être présenté, ni aucune « proposition faite au Congrès, soit dans les Sections, soit «en séance générale, si l’auteur n'en a communiqué au « Comité organisateur le manuscrit, ou au moins un résumé «et les conclusions, avant le ler mai 1912. Tout ;cus- «sion ne concernant pas l’objet des débats, tels qu’arrêtés « par le programme, est interdite. »
«M. duc proteste contre ce règlement.
«M\. les abbés Beausoleil et Eugène Corbeil pren- nent part à l& discussion et se prononcent contre la propo- sition Leduc-Fontaine.
« L’honorable M. Choquette demande enfin à la sous- section de permettre à MM. Leduc et Fontaine de modi- fer un peu leur proposition et de la déposer sur le bureau, pour qu’elle soit étudiée quand seront préparés les vœux et pour qu’alors la sous-section en dispose comme elle jugera devoir le faire. La proposition Leduc-Fontaire, légèrement modifiée, est en conséquence déposée devant la sous-section, et l’on passe à l’ordre du jour. »
A la séance de l'après-midi, la sous-section formula les vœux qui lui parurent devoir être proposés au Congrès, et ea vint à examiner de nouveau, ainsi qu'il avait été convenu, la proposition Leduc-F ntaine. «Aucun des au‘eurs de la proposition n’est présent, et personne nc la soutient. Cependant, la sous-section étudie de nouveiu cette motion ; elle en vient à la conclusion que c’est une matière toute nouvelle, qui ne découle d’aucun des mémoi- res présentés, et qui est étrangère à l'objet des délibéra- tions, telles qu’arrêtées par le programme. A l’unanimité, les membres de la sous-section décident de considérer comme non avenue et de rejeter la proposition de MM. Leduc et Fontaine. »
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Nous avons relaté au long ce dernier incident, parce qu'on a tenté de faire à ce sujet quelque bruit, et qu'il est bon de faire connaître exactement ce qui s'est passé.
Vers 5.30 heures, les différentes Sections avaient ter- miné leurs travaux, sauf la sous-section juridique qui, nous l'avons dit, dut tenir le lendemain une dernière séance. Avant de clore ses délibérations, chaque Section vota des remerciements à ses officiers: président, rapporteur et secrétaire.
Et les rapporteurs durent se mettre sans retard à l'ouvrage pour préparer ou compléter les rapports qu'ils devaient présenter le lendemain à l'assemblée générale du Congrès.
JEUDI, 27 JUIN
CONCERT
Le jeudi soir, il y eut, dans la Salle des exercices mili- taires, un concert — le « Concert du Congrès de la Langue française » — donné par la Société Symphonique, de Qué- bec, sous la direction de M. Jceseph Vézina, directeur musical.
Comme aux séances générales du Congrès, l'immense salle était remplie. Sur la scène, se trouvaient les 65 instrumentistes de la Symphonie et trois cents choristes.
Ce concert obtint le meilleur succès. Nous ne pou- vons que reproduire le programme, très français et très canadien-francais, qui fut exécuté.
Ouverture - - - - - « PHEDRE» - - - - Massenet LA SOCIÉTÉ SYMPHONIQUE DE QUÉBEC
« Connais-tu le pays» - « MIGNON» - - - - MADEMOISELLE ERNESTINE GAUTHIER
« Les Erinnyes» - Suite pour Orchestre - - - Massenet Prélude - Scène religieuse Entr'acte - Divertissement
LA SOCIÉTÉ SYMPHONIQUE DE QUÉBEC
«Le Paradis perdu» Finale de la première partie - - - Dubois CHŒUR ET ORCHESTRE
« Carmen» - - Première Suite de Concert - - - - Prélude - Aragonnaise - Intermezzo Les Dragons d’Alcala - Final - (Les Toréadors)
LA SOCIÉTÉ SYMPHONIQUE DE QUÉBEC
CHANSONS POPULAIRES DU CANADA - - - Bon Vieux Temps CHŒUR ET ORCHESTRE
Ces chansons sont harmonisées par le Dr L.-E. Desjardins de Monuréal. Il a signé ce délicieux travail du nom modeste de « Bon Vieux Temps ».'
L'accompagnement d'orchestre est de M. Jos. Vézina.
Derrièr’ chez nous y’a-t-un étang
Trois beaux canards s’en vont baignant Descendons à l’ombre, ma blonde, Descendons à l’ombre du bois.
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Dans ma main droite je tiens rosier Qui fleurira,
Ma nonlonla .
Qui fleurira au mois de Mai.
Au clair de la lune, Mon ami Pierrot, Prête-moi ta plume Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte, Je n’ai plus de feu. Ouvre-moi ta porte Pour l’amour de Dieu.
Mon père a fait bâtir maison,
Je n’ai pas de barbe au menton, L’a fait bâtir su'l’bout d’un pont. Le beau temps s’en va,
Le mauvais revient.
Je n’ai pas de barbe au menton Mais il m’en vient.
C’est en passant par Varennes, Cach'’ton joli bas de laine, Rencontrai trois capitaines. Cach’ton tire
Cach’ton bas
Cach’ton joli bas de laine
Car on le verra
D'un jeun’homme comment c'que l’amour s'empare, J’vas t’expliquer ça mon brav’ Jean Picher.
Ça vous saute au cœur, mais sans crier gare,
Puis un’fois qu’ça mord, ça n’veut plus lâcher.
J’en ai ti donc fait d’ces rond’s et d’ces poses
J’en suis tout moulu, j’en suis tout transi.
Oh ! m’disait Pierrot, en amour c’est tout rose, Mais j’cré ben ma foi qu'y a d’s’é-pin’s aussi.
Nom d’un p'tit bonhomme, ah ! sapristi ! C’te fille à Jérôme’ j'l’aim’ti, j'l’aim'’ti, Nom d’un p'tit bonhomme, ah ! sapristi ! C'te fille à Jérôme’ j'l’aim’ti, j l’aim’ti!
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Mon père a fait bâtir maison, J'entends le moulin tic tic tac,
ñ L'a fait bâtir à trois pignons.
Tic tic tac, tique tique tac
Le moulin fait tic tique tique taque Le moulin fait tique taque
Tique tique tique, tique tique taque Tique tique tac tic taque.….….
J'ai fait une maîtresse, y'a pas longtemps. J'irai la voir dimanche, dimanch’ j'irai. Je ferai la demande, à ma bien airnée,
Je ferai la demande, à ma bien aimée.
Ah ! qui marierons-nous ? Ah ! qui marierons-nous ? Ce sera Monsieur que voilà,
d $ L] La L]
à : Par l’assemblée d'amour.
Ah ! j'aimerai qui m’aim', qui m'aime Ah ! j'aimerai qui m’aimera.
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Dans les jardins d’mon père Di Lui y'a't’un bois joli, Î Tous les oiseaux d'la terre
É Y vont faire leurs nids. Î Auprès de ma blonde { Qu'il fait bon, fait bon, fait bon,
di Auprès de ma blonde, À Qu'il fait bon rester.
Viv' la Canadienne, 4 Vole mon cœur vole,
Viv’ la Canadienne
Et ses jolis yeux doux, tout doux, Î Et ses jolis yeux doux, tout doux, « Et ses jolis yeux doux.
3. Viv' la Canadienne
Et ses jolis yeux doux, si doux.
«€ Pleurez mes yeux» - @LE CID» - - - - - Massenet MADEMOISELLE ERNESTINE GAUTHIER
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Marche Hongroise « La Damnation de Faust» - - LA SOCIÉTÉ SYMPHONIQUE DE QUÉBEC
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CHANT NATIONAL ACADIEN PDT
. Jerlioz
O Canana !
DIEU PROTEGE LE ROI!
CHŒUR ET ORCHESTRE
O Canada, terre de nos aïeux, Ton front est ceint de fleurons glorieux ! Ave, Maris Stella, Car ton bras sait porter l'épée, Dei Mater Alma Il sait porter la croix ! Atque semper Virgo Ton histoire est une épopée Felix Cœli porta (bis) Des plus brillants exploits, Et ta valeur, de foi trempée, Proiègera nos foyers et nos droits.
Dieu pr” ège le Roi! En lui us avons foi, Vive le Roi!
Qu'il soit victorieux Et que son peuple heureux Le comble de ses vœux ! Vive le Roi.!
VENDREDI, 28 JUIN
QUATRIÈME SÉANCE GÉNÉRALE
C’est à l’Université Laval, dans la Salle des promo- tions, que furent tenues les deux séances plénières du ven- À 8
dredi, à 10 heures et à 2 heures, sous la présidence de Mgr Roy.
A la séance du matin, on remarque sur l’estrade, Mer Bégin, Mgr Bruchési, Mgr Bruneault, Mgr Blanche,
To UN 0 OMR s
Mgr Paquet, Mgr Rouleau, l'honorable M. Chapais, M. l’abbé Amédée Gosselin, M. Gustave Zidler, M. l'abbé Thellier de Poncheville, M. George Demanche, de la Revue française de l'Etranger et des Colonies, M. Alcée Fortier, etc.
En ouvrant la séance, Monseigneur le Président com- D: munique à l'assemblée les dépêches suivantes, reçues de 4 Sa Sainteté Pie X, de Sa Majesté George V, et de l’A- RE ‘adémie française :
hi: DU PAPE
# à Rome, 26 juin 1912. À Mar Roy, Archevêché de Québec, Canada.
Saint Père Pie X, sensible hommage filial attachement et soumission et ferme volonté garder toujours intact dépôt de leur foi adressé par les catholiques canadiens réunis à Québec, remercie, envoie de cœur à vous-même, à eux et à leurs familles bénédiction apostolique implo- rée, gage faveurs divines.
CARDINAL MERRY DEL VAL.
À _ DU ROI
Cardif, Ë England. 1 Mgr P.-E. Roy, Quebec. T'am commanded by the King to thank you and all who have associatd themselves with you for the cordial and loyal : sentiments to which your telegram gives expression,
STAMFORDHAM.
— 121 — (Traduction)
Cardiff, Angleterre.
MGr P.-E. Roy, Québec.
Le Roi me commande de vous remercier ainsi que tous ceux qui se sont unis à vous dans les sentiments de cordiale loyauté que votre télégramme exprime.
STAMFORDHAM,
DE L’ACADEMIE FRANÇAISE
Paris, 27 juin 1912. MoxsEeiGNEUR P.-E. Roy, Président Congrès Langue française,
Québec. Acadëmie française, très touchée de votre message, adresse aux Canadiens français et Acadiens du Canada et des Etats-Unis ses remerciements et ses félicitations les plus cordiales pour leur vaillante initiative et leur fidèle attachement aux meilleures traditions de l'esprit français. Elle envoie tous ses vœux au premier Congrès de la Langue française, avec son salut fraternel
RiBor, Directeur.
Les applaudissements éclatent après la lecture de cha- cun de ces messages, qu’on a écoutée debout.
Puis Mgr Roy présente à l'Université Laval une médaille-souvenir du Congrès, gr un riche écrin.
Le Recteur, M. l’abbé Amédée Gosselin, remercie le Congrès, au nom de l’Université.
and modèle, enfermée dans
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Il ajoute : « Mardi dernier, nous avions le grand honneur de remettre, ici même, à M. Étienne Lamy, membre de l’Aca- démie française, le diplôme de Docteur ès lettres de notre Université.
« Les deux autres représentants de la France ne sont arrivés parmi nous que le lendemain, mais leur esprit et leur cœur sont avec les Congressistes depuis longtemps. A leur tour, ils ont bien voulu accepter le diplôme honori- fique que nous sommes heureux de leur remettre aujour- d’hui. Ce modeste parchemin, nous le savons, n’ajoutera rien à leur mérite, mais il témoignera du moins de l’estime que nous en faisons.
(Monsieur Zidler, le poète sympathique des deux Frances, doit se sentir ici chez lui. S'il n’est pas canadien- français, il est certainement le premier poète français- canadien. Non seulement il aime notre histoire, la con- naît dans ses détails, mais il l'écrit ou plutôt la chante à merveille. Ilest, en France, l’un de ceux qui s'intéressent le plus à la fortune de notre langue, à l’avenir de notre race et il vient nous le dire en personne, en s’accompa- gnant sur sa lyre toute vibrante. Depuis longtemps, le nom de M. Zidler est familier ici à ceux qui lisent les beaux vers français et l’Université Laval remercie M. Zidler d’avoir bien voulu lui permet're d’ajouter ce nom à la liste de ses docteurs ès lettres.
Tout Québec connaît depuis deux ans M. l'abbé Thellier de Poncheville, et tous les Congressistes s’appré- tent à l'applaudir. En ses discours on reconnaît l’élo- quence la plus bienfaisante, celle de l’apostolat. Sa parole s'inspire d’un cœur sacerdotal qui est grand et profond, d’une âme qui s'égale aux plus nobles et plus hautes aspi- rations de la France contemporaine. M. l’abbé Thellier de Poncheville a bien voulu accepter lui aussi notre diplôme de docteur ès lettres, et l’Université Laval s’honore de comp- ter parmi ses gradués l’un des plus laborieux et des plus distingués représentants de la jeune France catholique.
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(«Que M. Zidler et M. l'abbé Thellier de Poncheville veuillent donc recevoir, honoris causé, ce diplôme de doc: teur ès lettres. »
M. l'abbé Fillion, secrétaire de l'Université, remet à chacun de nos distingués visiteurs le diplôme de docteur ès lettres qui lui est décerné.
Réponse de M. Gustave Zidler
« Monsieur le Recteur,
(Je vous exprime ma plus cordiale reconnaissance du grand honneur que vous avez bien v 8raVant mon nom au Livre d'Or des Docteurs de l’Uni- versité Laval, après le nom très cher de l’illustre délégué de l’Académie française, M. Étienne Lamy.
(La faveur de cette dignité me rappelle que vers 1889, je m'inscrivis en Sorbonne pour un Magnifique sujet de thèse de dociorat, dont la première — et unique — page n’a jamais reçu que le titre ambitieux. C'est sans doute le démon des vers qui m'a joué ce vilain tour de me ravir aux laborieuses conquêtes de la grave érudition. Mais je m'aperçois aujourd’hui que la poésie mène à tout, puis- qu'elle m’a permis de retrouver à Québec ce diplôme de Docteur qu’elle semblait m'avoir fait perdre à Paris.
(Aussi bien, ce parchemin ne restera pas seulement pour moi le témoignage d’un titre universit aussi et surtout celui d'un titre de noblesse c Je ne puis oublier, Monsieur le Recteur, qu découvert parmi les Canadiens français nouvelle, dont je conserverai toujours quelque fierté, celle de Français canadien. Et qu'est donc en effet, qu'est-ce que doit être un Français canadien ? À en juger d’après moi-même, j'imagine que c’est un Français de France, qui, Pensant aux Canadiens, doit aussi penser Comme eux et avec eux.
(Le Français Canadien à d’abord lu et médité
oulu m’accorder en
aire, mais anadienne. e vous m'avez une nationalité
avec soin
Benne onde gts mr cie gags
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les fastes, trop peu connus au « vieux pays », de l’héroïque famille canadienne - française, et cette lecture l’a conduit par la sympathie à l’admiration et par l’admiration à l'affection dévouée. Il a pu constater qu'aux rives du Saint-Laurent les fils des vaillants colons du XVIIe siècle n’ont rien renié, rien sacrifié de la croyance et de l’idiome de leurs ancêtres, et, contrit de l’abandon où les a tenus trop longtemps la négligence de ses compatriotes, il veut essayer d’en réparer l'injustice dans la mesure de ses for- ces. Lui aussi, à son tour, il aime à dire: «Je me sou- viens !» Il s’engage moralement à seconder, à servir les frères lointains de sa racr et de sa foi dans toutes les occasions qui s’offriront ou qu’il travaillera lui-même à créer....
« Personnellement, bien souvent, en promenant ma rêverie solitaire parmi les charmilles du parc royal de Ver- sailles, à travers les petits appartements de ce Louis XV que vous ne devez guère aimer plus que moi, j’ai songé à toutes vos anciennes souffrances, à toutes les luttes que vous avez dû soutenir seuls pour la défense de l’âme héré- ditaire, et je me suis fait à moi-même ce serment, dans un vers jailli du cœur, que, du moins autant qu’il me serait possible,
€ Versaille effacerait le mal qu'a fait Versaille ! »
«Je me crois prêt, du reste, à m’associer à toutes vos croisades. Mon esprit et mon cœur ne se trouvent point dépaysés parmi vous. Depuis longtemps déjà j'ai ren- contré parmi ceux qui m’entourent des initiateurs exquis, des maîtres délicieux d’amitié canadienne. Et puis il paraît qu'avant le secours de ces précieuses directions, j'avais déjà la vocation, les aptitudes. Au recu de l’un de mes premiers livres, un notable habitant de Québec, que je ne vois pas loin d'ici, m'écrivait : «C’est étonnant comme vous avez l’âme canadienne ! »— Et j'ai dû lui répondre : «Ce n’est pas étonnant du tout; vous-mêmes, vous avez si bien gardé l’âme française ! »
CRAN EU]
€ Voilà sans doute, Monsieur le Recteur, devrai expliquer à mes amis de France,
peut-être de la haute distinction dont v
norer. Voilà Pourquoi aussi, profondément touché, je
tiens à vous renouveler en terminant l'assurance de mes
sentiments de déférente gratitude, »
Réponse de M. l'abbé Theliier de Poncheville
«€ Monsieur le Recteur, Mesdames, Messieurs.
CEn nous embarquant il Y à quelques jours pour le Canada, nous. nous attendions bien, M. Zidler et moi, à aller d'émotion en émotion : nous ne nous doutions pas que nous irions de surprise en surprise, Personnellement, quoique ayant déjà connu la douceur de votre accueil, je ne pouvais Soupçonner le stratagème qu'imaginerait votre cordialité ingénieuse pour offrir à mon retour parmi
vous un charme nouveau, fait de la richesse glorieuse d’un tel diplôme !
« Ce titre de docteur, je l’eus Compris et accepté sans scrupule s’il se fût agi d’un doctorat ès amitiés. Mais à me proclamer docte en lettres, quelle hardiesse, messieurs, fut la vôtre ! Me rattacher, d’un lien d'honneur, à votre grande Université Laval, porteuse d'un si beau nom m'associer, Par cette confraternité morale, aux maîtres qui maintiennent en ses murs, avec autant de science que d’amour, la culture classique et les traditions françaises ; m'envelopper d’un reflet de la gloire de vos Recteurs, prêtres si éminents, qu'au jour où ils descendent de leur chaire, la main du Souverain Pontife les fait monter sur un siège
épiscopal. .. En vérité, messieurs, j'en demeure con- fondu.
ce que je un peu surpris ous venez de m’ho-
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« Zidler du moins est un poète, votre poète: au front de sa muse, la couronne est bien placée. Je ne vous ai, quant à moi, consacré aucun vers : je n’ai donné au Canada que la poésie de ma jeunesse et de mon cœur d'ami. Et mes parchemins ne sont poudreux que de la poussière des gran- des routes de France, aux vents desquelles je jette chaque jour une parole souvent défaillante, plus ambitieuse de prêcher à la foule la foi chrétienne que de conquérir les suffrages de j’Académie.
« Je ne me résous pas cependant à croire qu'un excès de bienveillance pour vos hôtes ait égaré le jugement C votre corps professoral, lequel, en toutes choses, est si sùr. Je cherche donc une justification à son erreur apparente : j'en trouve une, délicate et décisive. Cette seule raison, sans doute, a inspiré votre démarche : en ma modeste personne, c'est le représentant du clergé français qu’il vous a plu d’honorer.
« Votre Congrès a voulu saisir cette occasion de rendre hommage à l’œuvre des prêtres du vieux pays, toujours fidèles à leur post de travail, en des jours de lutte et de douleur, mais aussi de grand espoir. Ils sont si beaux dans leur persévérance laborieuse, nos petits curés de France sans traitement, sans galon et sans titre, sans gloire devant les hommes, mais admirables aux regards de Dieu! Ce sont eux qui conservent à leur patrie la vraie langue de ses pères en lui gardant son inspiration chrétienne. Un de vos rapporteurs a établi savamment qu’il fallait connaître le latin pour bien posséder notre vocabulaire : il faut connaître plus encore son Évangile, car notre langue a été faite par lui et pour lui. On ne s’exprime parfaite- ment en français que si on pense en catholique. A côté des maîtres d’école qui donnent leurs leçons de grammaire, c'est la s'iblime mission de nos prêtres de cultiver le beau parler de France, en faisant connaître à notre peuple la religion de Jésus-Christ.
(L’honneur que vous m'offrez et que je n’eus pas accepté pour moi, je n’ai nulle hésitation à l’accepter pour
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eux. Et de ce témoignage d'estime que vous leur adressez par mon intermédiaire, en leur nom, très chaleureusement je vous remercie. (Il me crée un devoir. Ne l'ayant pas mérité avant
de l'avoir reçu, il m'oblige à le Conquérir par mes efforts plus heureux de demain. Que Dieu m'aide, dans ce but, à servir toujours dignement les lettres françaises par l'expression de pensées très hautes et de très nobles senti- ments en une forme qui soit toute pure. Si l’accomplis- sement de cet ambitieux souhait est incertain, il est une seconde promesse que je vous dois et que je suis assuré de tenir: c’est l'engagement de mieux aimer et faire aimer votre patrie canadienne, Car le suuvenir des journées spiendides dont nous sommes les témoins ne Pourra s’effacer de nos mémoires, F: ippé pour ies siècles dans la médaille de vronze dont va se parer votre n,usée universitaire, il sera gravé éternel- lement dans un or d’une trempe et d'une marque impé- rissables : dans la fidélité reconnaissante de nos cœurs. »
On passe e gramme.
«Messieurs, dit Monseigneur le sujets qu’ s'imposaient à l’attentio du Congrès, il en est un qui offrait d lières, et que son importance dev rang. Jjans le Programme des séances générales, il est inscrit pour la séance de ce matin, et il est énoncé en ces
termes : « L'Église catholique et le problème des langues nationales, »
nsuite à l’ordre du jour indiqué par le pro-
Président, parmi les n des organisateurs es difficultés particu- ait mettre au tout premier
€ Pour traiter un sujet si grave et si délicat, il fallait une grande sûreté de doctrine, une claire intelligence des enseignements et des actes de l’Église, une ferme prudence, une âme assez généreuse pour s'élever et assez forte pour se maintenir dans la sereine région des principes, au dessus des troublants conflits de personnes.
€ Voilà pourquoi nous avons confié ce sujet à Mgr
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L.-A. Paquet, l’éminent doyen de la Faculté de théologie de notre Université, Quand vous l'aurez entendu, je suis sûr que vous approuverez notre choix. »
Monseigneur Paquet prononce l’admirable discours qu'on lira plus loin. L'éminent professeur reprend, avec la précision du théologien et la science de l'historien le mieux averti, le problème que l'on sent partout présent à la pensée des Congressistes depuis le commencement de la semaine. Nul ne pouvait traiter cette question avec plus de calme énergie, de respectueuse modération et d’éloquence.
D'’enthousiastes applaudissements interrompent sou- vent l’orateur, et, quand il a terminé, se prolongent et paraissent ne devoir pas finir.
C’est l’heure où le Congrès en assemblée plénière doit recevoir les rapports des Sections d'étude et ratifier, s’il le juge à propos, les vœux que celles-ci ont formulé.
M. l'abbé Antonio Huot, rapporteur, présente le rapport de la sous-section iustorique ; puis il donne lecture des vœux proposés par cette sous-section. Ces vœux sont adoptés.
La sous-section juridique n’a pas encore terminé ses travaux, et son rapport ne pourra être présenté que dans le cours de la prochaine séance.
M. l'abbé Émile Chartier présente le rapport de la sous-section philologique, et lit la série des vœux que cette Section a tirés des travaux qui lui ont été soumis. L'assemblée ratifie ces vœux.
Les vœux, adoptés par l’assemblée plénière comme « Vœux du Congrès », ainsi que les rapports des difté- rentes Sections, se trouveront à la fin de ce volume. Nous n'avons donc à enregistrer ici que leur lecture et leur adoption.
La lecture des rapports et l'examen des vœux seront continués à la séance de 2 heures.
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CINQUIÈME SÉANCE GÉNÉRALE
La séance s'ouvre à 2 heures.
M. J.-E. Prince présente le rapport et les vœux de la sous-section juridique. Rapport et vœux sont approuvés et adoptés.
Le programme annonçait la lecture d’un poème de M. Adolphe Poisson, l’Hécatombe. M. Poisson n’a pu se rendre à cette séance, et les vers du poète sont lus par le Secrétaire.
Puis M. l'abbé Camille Roy lit le rapport du pre- mier concours littéraire de la Société du Parler français, aussi inscrit au programme.
On trouvera plus loin les vers de M. Poisson et le travail de M. l’abbé Roy.
On continue à recevoir les rapports : celui de la sous- section de l’enseignement secondaire, présenté par M. l’ab56 N. Degagné, et celui de la sous-section de l’ensei- gnement primaire, par M. l’abbé P. Perrier.
Les vœux suggérés par ces deux sous-sections sont aussi approuvés par l’assemblée.
Avant l’ajournement de la séance, M. le juge Cons- tantineau, président de la sous-section juridique, présente d’intéressantes observations sur les matières qui ont fait l’objet des études de cette sous-section. Il dit aussi com- bien il est important qu’un comité soit fondé pour conti- nuer l'œuvre du Congrès, et que ce Comité soit autorisé à prélever les fonds nécessaires à la défense de notre langue. L'examen de cette importante question est ajournée à la séance de demain.
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VENDREDI, 28 JUIN
SIXIÈME SÉANCE GÉNÉRALE
Le soir du vendredi, à huit heures, les Congressistes se retrouvent dans la Salle des exercices militaires, pour assister à la sixième séance générale, organisée par la Sec- tion de la propagande.
La foule est encore plus grande que celle des soirs précédents. La salle ne peut même contenir tous ceux qui désirent entendre les orateurs.
Cette séance devait être présidée par l'honorable M. Dandurand. Mais le président de la Section de la propagande est en Europe et n’a pu revenir pour le Con- grès. En son absence, c’est Mgr P.-E. Roy qui préside.
« Mercredi soir, dit-il en présentant le premier orateur de la soirée, M. l’abbé Thellier de Poncheville adressait à la chère Acadie un salut vibrant, qui vous retint sous le charme, à l’heure même où vous songiez à secouer le joug — pourtant si doux — de l’éloquence. C’est l’Acadie, si merveilleusement évoquée par ces paroles qui chantent encore à vos vieilles, qui va vous parler, ce soir, et dérouler devant vous sa miraculeuse histoire.
«J’ai le très vif plaisir de vous présenter M. l’abbé P.- C. Gauthier, un vaillant apôtre, qui travaille à perpétuer sur l’Ile-Saint-Jean le Miracle acadien. » |
Et M. l’abbé Gauthier prononce un discours de chaude éloquence.
Puis c’est le tour des Canadiens de la Nouvelle-Angle- terre.
« Nos frères des États-Unis, dit Monseigneur le Prési- dent, ont répondu généreusement à notre appel, et nous som- mes heureux de les voir prendre dans ce Congrès la place que
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nos Cœurs leur avaient préparée. La lutte que soutien- nent là-bas ces chers compatriotes est tup noble et trop décisive pour que nous n'y portions j.+ un très vif intérêt. Jusqu’à présent, leur patriotisme v souccux ei te ace a résisté aux assauts de l’assimilation mericaine ; :t nous leur offrons avec l'hommage de note ation l’assu- rance d’un appui plus ferme et plus fraternel.
€ Vous aurez, ce soir, le plaisir d’entendre deux représen-
tants distingués de nos frères de la Nouvelle-Angleterre, qui vous feront connaître tour à tour la situation des Cana- diens français aux États-Unis. Je vous présente d’abord M. le docteur Armand Bédard, président de la Société historique franco-américaine de Boston. »
Le discours de M. Bédard est écouté avec une remar- quable attention.
Monseigneur le Président présente ensuite à l'auditoire un autre Franco-Américain, l'honorable M. Ledoux.
(Vous avez entendu, dit-il, un Franco-Américain né et élevé à Québec. Ses observations si fines et si précises vous ont fait voir quels dangers court notre langue aux États-Unis, et à travers quelles difficultés se pour- suit là-bas la lutte pour notre survivance nationale. I] était bon de donner ici ces graves avertissements, et nous devons remercier M. le docteur Bédard de cette leçon de clairvoyant patriotisme.
« Vous aurez maintenant l'avantage d’entendre un Franco-Américain dont la famille réside aux États-Unis depuis trois générations. (C’est un compatriote, jeune encore, qui a déjà conquis une situation enviable, et qui, par son exemple autant et plus que par ses paroles, nous fait voir qu’un patriotisme de bon aloi n’est jamais un obstacle sur le chemin du succès.
«J'ai l’honneur de vous présenter l’honorable M. H.-T. Ledoux, avocat, président général de l’Union Saint- Jean-Baptiste d'Amérique. »
M. Ledoux se place à un autre point de vue que M. Bédard, et l’auditoire prend un vif intérêt à ce double
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exposé de la situation de nos compatriotes aux États- Unis.
Le dernier orateur de la soirée est M. Henri Bourassa, qui traite de la langue française et de l’avenir de notre race. On l’applaudit longuement ; on lui fait une ovation.
SAMEDI, 29 JUIN
SEPTIÈME SÉANCE GÉNÉRALE
Samedi matin, à 10 heures, dernière séance de tra- vail, à l’Université Laval, sous la présidence de Mgr Roy.
On reçoit les derniers rapports des Sections : celui de M. l'abbé Camille Roy, rapporteur de la Section littéraire, et celui de M. l’abbé Élie Auclair, rapporteur de la sous- section A de la propagande, sont lus d’abord, et les vœux qu'ils proposent sont adoptés.
C’est le moment où il paraît convenable de décider la création d’un comité chargé d’assurer la réalisation des vœux du Congrès et la continuation de son œuvre, et, sur proposition de MM. J.-B. Lagacé, de Montréal, et Adjutor Rivard, de Québec, adoptée à l’unanimité, la délibération suivante est prise par le Congrès en assem- blée plénière :
QIl est établi un Comité Permanent du Congrès de la Langue française au Canada, pour la défense, la culture, l'extension et le développement de la langue et de la litté- rature françaises au Canada