: ] : n. ù 4
ÉCR L US
< m
3 Ctx- 2 Otx _ > C) ep un
LLE COLLECTION $ LES RELATIONS DE VOTAGES PAR MERET PARTERRE,
QUI ONT ÉTÉ PUBLIÉES JUSQU'À PRÉSENT DANS LES DIFFÉRINTES LANGUES’DE TOUTES LES NATIONS CONNUES:
CONTENANT Ce qu'il y a de plus remarquable, de plus utile, € de mieux avéré, dans les Pays où les F'uyageurs ont pénétré, : °
Touchant leur Situation, leur Etendue, leurs Limites, leurs Divifions , leur Climat, leur Terroir, leurs Produétions , leurs Lacs , leurs Rivières, leurs Montagnes, leurs Mines , leurs Citez & leurs principales Villes, leurs Ports, leurs Rades, leurs Edifices, &c.
AVECLES MOEURS ET LES USAGES DES HABITANS, LEUR RELIGION, LEUR GOUVERNEMENT, LEURS ARTS ET LEURS SCIENCES, LEUR COMMERCE ET LEURS MANUFACTURES;
POUR FORMER UN STSTÈME COMPLET D'HISTOIRE ET DE GEUGRAPHIE MODERNE, QUI REPRESENTERA
!
L'ÉTAT ACTUEL DE TOUTES LES NATIONS. ENRICHIE DE CARTES GÉOGRAPHIQUES Nouvellement compofées fur les Obfervations les plus autentiques ;
DE PLANS er DE PERSPECTIVES ; DE FIGURES D'ANIMAUX, pe VEGETAUX,HABITS, ANTIQUITEZ, &.
[4 NOUVELLE EDITION,
Revie fur l'Original Anglois, €? où l'on a non feulement rétabli avec foin ce qui a été fup- primé ou omis par le Lradusteur ; éva:tement diftingué fes Additions du Refte de l'Ou- vrage ; Ê$ corrigé les Endroits où il set écarté du vrai Sens de Jon Auteur ;
Maïs même dont les Figures & les Cartes ont été gravées par & fous la Direétion: de J. vanner Scucey, Elève diftingué ducélèbre PIcarT LE ROMAIN.
TOME HUITI È M E. LE pr L 4 HATE, Chez PIERRE DE HOND T, M DCC XLIK.
Avec Privilége de Sa Majefté Impériale, €? de Nos Seigneurs les Etats de Hollande £ de Wejt-Frife.
d'it P
il
27 28 sw 430 — mm — 7"
Chaoma-ing}Arvtun
= 2 Avertisfement Jet Campent > On RS L plie LES AZARTARES MorovR? Lie OC OLS Soumis a da Ain sg € Haas ere ar ART 2 | ma * Mogoise of MONGAALSE D PEUT netreté 3 neces © E" TAAREZEN. s €
Lure a da Céey e, On Vo-cheu 4 remeder £ dennant 7 fr eu da — LA Hp des Je rage né cte files À des Routes. . dathen as te en re eve toutes es par vr de d ue on d he a ur le Vie for& ortæ - 1e € dé LA Lo, dans va tai Lot. pr Avertislement
on de F R— \ NI te PAU TARTARES
que cette pie faite à Parts Avkonor Meur] Lac étott tres Oprectueuse. Par cette 23
ason, cr nné une G) pie D = LL. O eue) exact de celle NOLOFS ‘ s et ainsi le Pu lason, Work Ueir/Lac :
ad autant @\ : _2r KOKON OR "a
FL de “L es ê gage” NO
Dus ang#Changge * ne vane he #1 de à DELA PF »% Why LR rs A TTE
Vao Aa En £ she pre S
- Cine D de A Fe &
SI-NGAN ns AURN x >>»
lt, V menthe Lui, PRE MEN. Be TARTARENS Nora . Zie de Verklaaru G deeze EE int Nerigt
er, VAN ons — _ Peel,
Atr-men { SArue Van
31
| Ror'rs PEcv f) 2 es KRywôte 3 KONINGRYK P E/G Ù,
Dur eviter La confèsion on n'a margue sur tte Gurte que des Villes du Premier vrdre et quel - ues unes dusecond, Les LPremieres sont en
maine es autres en Italigue, supprimant par
, moyen des mots de Æu,et de Chew qui
Ÿ cructrisent Le Premier ct de Second ordre. E M
Om verwarring te myden, zyn in deeze = S rakiun cheu
Kaart alleen gebragt de Steden van den Eers- ‘ À ë
ten Stand, betékend met ROMYNSE, en eenisen Ju
van den Tweden, (a IrazraAnsz Letteren. waar-
door grootendeels de de woorden si de Fuof Bu,enCHEU,
. HAY NAN
49 IEOL,en CHEW, Li den Kers : DR Stand, pause espaard zyn A gs L | NUS KE 7 à gt RE 2 7 A EE 9 _13p 5 1. Va ee (A 2%
* en van CHINA.om te dienen tot de HISTORISCHE BESCHRY
g 44#\0 141 Ja } 40 447 48 149 15Ù 151 152 te pus Le RL ji) Gén = X D in yanS 4 >» Y 10 ONG» 2. & LA ae Wii cheu + Le
Q À ue cheu
A me etongnins \TR Me any BE DA ee La 4 k — hf, Â Le © © w E GoLrr A ncheu / “R : & NZ
px L/ROYAUME
PEecHxLi1 tie à % Zokituo à 4 JL 4
TL nvr- cheu . : dé” suhttié
/
bide Re Ein ag rh ONINGRYK , H *Quarpi " 4 de RSS P- Lcheuts Si pui ris NS 0 | . (am = 0 eng 2 à UF rNAN ©Tsin(cheu x %e } j uYangééChangie , r 74 i HAN-'7T ON 3 suchanse, Àort du)
, Ping-Yang 5 om 1 Î ang Le Wei LÉ doig
CAN 2
BYen-cheu Ar u
à EVIL, + api] rad ee EN A au . à &.2 + Aa s ZAC Y | 35 DAT TRS | | ot Mond der Geele ivier. (3) ZT. Quedpaert 34
«A peau
ta E ms 7. PEN « À
fong-vang WA Lt r 1 Cheu ' Yang-cheu [T4
Asa NANKINCAC INA ='uy tre Many Arou,ou à ll n € ÿ ” } ps À Loids Il Fu à FRS 3}, he du Ent Fleuve,vf Mond der Groote Rivier. | , Syane: vangh£ ee apte , Ke LS, 22 2 : ” 32 NY re nm re du Lau OS PRE Ale de ong-mir ou Kyang-ey cheri : à Te nt: DE Late À : . Â- Se Ü j ANC 2 axe vpn | ganle à LÉ KIA T nc Kyang bu ï Ki 6! n è ’ ses, 4 à FU |* a À Sy RQ an deu Van King) Sea ty Ajuny, À. | de #1 AS Ai lg NE CHEUP ST NES ; > VI x | % " 4 ASS] . Cheu chan - à A d iycoue PS PE 5 Ÿ Ange “ki n3
6 ou cheufs.."
d Le 0f
"Char te, EÉ ne LE va
D re nian y” CHE KYAN : Chygheu
up, : cran bino d u 77 ke e
Lier cran ; U Q U A N} Guns é sé AVE . Wen che ' er Li F ing cheu à] RYAN FT » EE ms Æ \ |
D. d 7 /Paui 77€ Holsieu ” VW? É L'ile : fo,
er r +
ES ou Led des Zriheurs, EURO GE Vislers Fi
z' EMPIRE
zA CHINE
D L.TAY-WAX où FORMOSA : AT uen than, É ns Luy cheu R iun cheu M E $ . HAY NAN CO
Longitude dur Meridien de l'Ile de Ferx Lengte van den Meridiaan van 'tEiland( “770:
.Lreues communes de al van 100 Gemeene Franale Mvuex,25, in éen Gr. 25 © 400 Z
28 429 22lo 131 132, 473 434 210 430 437
ISCHE BESCHRYVING der RE&IZEN, door N.Berrain, Ingeniewr des F'anefen Zeev
aan. 1” 2.
Anita À
+ LR 7
pe LES » une Crrte pie sur Fee que ée Fagh res, ont donñes, Wa e
ble, ayvunt tvuré, qu'elle man-
matt de cette netteté st neces - are u da Gecy €, On à cru Y gg pt et donnant celle c peur eu" da uelle on 8 suis de 172 ua ont, € par des 5 usées « es LAS gui en ont relevé toutes des Prorinées par or de lË ereur, ét l'on a suivi pour des, Nora cr® - graphe gus M' l'AbES ent u adopte dans sa taducluon .
&t Avertisiement
regarde l'édition de France, TARTARES
Ch s'etvrt erçu à LA HAY%, . , gue. cette grue Pacte ë AITE Av konor£ Mer] Zac
pet tres pre sé
dé A LE TA Ce ete éTtadc € NOL +4 “A ainsi ) My VAT TT
sget 54 ée Pie dre d'autant DE KOKON OR pe AU EE | ; A0 ons da
presente de M MPN.Be n° 5 TARTAREN Fo Nora . Zie de Verllaarine ne | na, ip cleeze Kan tint Her ist lac. Vor n lèr À
€ nn, HUE, NAN ONS z \I vel, ©
>" ne | A7 Uleir AT)
7 2 4 44115 6 CL) 420 y | ee | AR ( C St. laoma-ing}Avtun C H Avertisiement et Campent On a mn « dans Le : LES ZARTARES
uMOGOZS S'ourni
HONGOLSE of Mon
TARTAAR
>>» Aunlà ù 2,4
Len F/
\'E Leangt 7 2 euny >
ù
NORSE
ne, ss
Le 4°
\®r
t |
lu
| # l'} p [l | | / } eo |
in \ [! |! TT CNT TNT TITI if dit qui ï ü [LL LIEN tt tt “un ITU “i mn “in “ u nou ui nu Ù ' | CORTE AN ti l {il | La | | | LR ! | qu V4 Î | fl}
IVINI TE domestique “des THINOIS. OZS.
ES TOTRE
G É N Ë R A LE
DES VOYAGES
DEPUIS LE COMMENCEMENT DU XV°. SIÉCLE.
HUITIÈEME PARTIE.
VOYAGES EN ASIE.
RE EE Xkc SEEN Déc NET cc ER: Déc véc ER HE ATEN: MB: ic ER Déc MERE KEEDS Suite du LIVRE SECOND.
DESCRIPTION DE LA CHINE, CONTENANT La GEOGRAPHIE, ET L'HISTOIRE CiIvViLeE ET NATURELLE DU Pays.
SENS Ste fe RER US EE LE: RE RD 2e RER: EE eee Een EG onto CH A PI T'R E I I
Qualités, Mœurs € Ufages des Chinois.
E que les Chinois appellent beauté parfaite , confifte dans un Morurs rr grand front, un nez court, de petits yeux bien coupés, un vi- Usacrs DE fage large & quarré, de grandes orcilles, une bouche de gran- LA CHINE, deur m ediocre, & des chiev eux noirs; car ils ne peuvent fup- vue que porter une chevelure blonde ou roufle. Les tailles fines & aifées a de
n'ont pas en d'agrément pour eux, parce que leurs habits font fort larges & beauté, VIIL, Pa a ne
2 VOYAGES DANS L'EMPIRE
Moruns rr ne font point ajuftés au corps comme en Europe. Ils croient un homme bien is d Usaces De fait lorfqu'il cit gras & gros, & qu'il remplit, fuivant les termes de l'Au- re LA CHINE teur, fa chaife de bonne grace. Pas Leur figure uoiQuE les chaleurs exceïlives qui fe font fentir dans les Provinces En ordinaire. Méridionales, fur-tout dans celles de Quang-tong, de Fo-kyen & de Yun- ls © nan, donnent aux Payfans, qui vont nuds jufqu'a la ceinture, un teint brun 2 P
& olivitre, ils font naturellement’aufi blancs que les Européens, & l'on peut | k PF
dire en général que leur phyfionomie n'a rien de défagréable, La plipart ont tree
méme la peau fort belle & le teint gracieux jufqu'a l'age de trente ans. Les 4
Lettrés & les Docteurs, fur-tout ceux de baïle extration, ne fe coupent ja- ne
mais les ongles. Ils affeétent de les laifler croitre de la longueur d'un pouce, (on :
pour faire connoitre qu'ils ne fonc point dans la necutfite de travailler pour & fr
Ce des vivre. À l'egard des femmes, elles font ordinaireinent de la taille moyenne ; et
femmes. elles ont le nez court, les veux petits, les cheveux noirs, les oreilles jon- la ( gues & le teint aflez rude (4). Mais leur vifage refpire un air de gaicté, & L leurs traits font réguliers (2).
: Lourewac. Les Chinois, en général, font d'un caractère doux & traitable. Ils ont url ière. beaucoup d'aabilité dans l'air & dans les manières, fans qu'il y paroïffe aucun mett Empire melange de dureté, de païon & d'emportement. Cette modération fe fait melt qu'ils ontfur remarquer jufques dans 1: Peuple. Le Pere de Fontaney, Jéfuite, ayant ren. grol eux-mêmes, Contre au milieu d'un grand chemin un grand embarras de voitures, fut fur- atté | pris qu'au-lieu d'entendre prononcer des mots indécens, ou de voir la difpu- Ci
te animée, comme en Europe, jufqu'aux injures & aux coups, il vit les cha- db
reticrs fe faluer civilement & s'entr'aider pour rendre le paflage plus libre. avec
Les Europééns qui ont quelqu'afaire à déméler avec les Chinois, doivent fc gar- rins der de toutes forces de vivacités & d'emportemens. Ces excès paflent à la Chine Lion pour des vices, contraires à l'humanitc: non que les Clunois ne foient auili Doua ardens & aufli vifs que nous; mais ils apprennent de bonne-heure à fe ren- d'eux
dre maitres d'eux-m’mes. droit
Modefiie Leur modele c't furprenante, Tes Lettrés paroiffent toûjours avec un Père Sep A compofe, fans accompagner Lurs expreflions du moindre gefte. Les fem caraé FSU AC mes fonc encore plus réfervees. Elles vivent conftamment dans la retraite, eft à avec tant d'attention à fe couvrir, qu'on ne voit pas meme paroitre leurs tifice mains au bout de leurs manches, qui font fort longues & fort larges. Si elles le rel
préfentent quelque chofe à leurs plus proches parens, élles le pofent fur une mod
table & leur laitlent la peine de le prendre. Els font fort choquées de voir lichc
les picds nuds à nos Saints dans les images de peinture. Magalhaens (c) ju- él
ge qu'elles ont raifon. ve d
Quoique les Chinois foient maturellement vindicatifs, fur-tout lorfqu'ils défa
font animés par l'interet, il cft rare qu'on leur voie prendre des mefures vio- m
lentes { particu‘icrement fi ce font des perfontfes de dittincüion.? Ils difimu-7% diet
lent leur réflentiment, & gardent fi bien les apparences qu'on les croiroit in u'il
fenfibles aux outrages. Mais s'ils trouvent l’occafion de ruiner leurs ennemis, L
ils ne manquent point de la faifir. Les voleurs mémes n'employent point d'au- (d
tre Ce
à fui
(a) Angl. & le teint ficuri. R. d. E. pag. 107: & Chine da Pére du Ilalde, ubi & (J
(b) Chine du Père du Halde, pas. 262 fup, pig. 259. a bas
Ce) Relation de la Chine par Magathacus, ,
DE LA CIINE,Lav. II Car. IL 7
, 7 tre méthode que l'artifice. On en voit qui fuivent tes Barques des Voyageurs Morts re Chen | ou des Marchands, & qui fe louent entre ceux qui les tirent für le Canal Im. L'acrs va l'Au- périal, dans la Province de Chan-tong; ce qui leur eft d'autant plus aifé, que ou ee F l'ufage étant de changer de Matelots chaque jour, ils ne peuvent étre facile. ET OMES vinces ment reconnus. Pendant la nuit ils fe gliflent dans les cabines, ils endorment < nnolilent Yun- les paflans par la fumée de certaines drogues, & dérobent librement fans être point lavios x di apperçus. Un voleur Chinois ne fe laffera point de Jüivre un Marchand bte pendant pluficurs jours, pour chercher l'occafion de le furprendre, D'autres F La pénctrent dans les Villes, au travers des murs les plus cpais, brülent les j portes, ou les percent par le moyen de certaines machines qui brilent le bois CUIR fans flamme. Ils s'introduifent dans les lieux les plus fécrèts d'une mai. Ré fon; & les 1 Tabitans font furpris à leur réveil de trouver leur lic fans rideaux Linda & fans couverture, leur chambre fans tapifferic & fans meubles, & de ne dé. ES couvrir aucune autre trace des voleurs que le trou qu'ils ont fait au mur ou à ue la (d) porte. Le, LE Pére le Comte avertit les Européens qu'ils ne doivent rien prôter Penchantdes aux Chinois fans avoir leurs süretes , parce qu'il n'y a point de fond à faire Chinois à ta Es ont fur leur parole. Ils commencent par emprunter une petite fomme, en pro. Peu . mettant de reftituer le capital avec un gros interet. Ils éxécutent cette pro- le fait mefle; & fur le crédit qu'ils s'établiffent , ils continuent d'emprunter de plus M groffes fommes. L'artifice fe foutient pendant des années enticres, jufqu'a ce ue fur- que la fomme foit aufli groffe qu'ils défirent. Alors ils difparoïffent (e). difpu- Ce n'eit pas, remarque le méme Auteur, qu'on ne trouve jamais parmi eux : Exceptiog es cha- de bonne-foi ni d'honneteté. Il fe fouvient, dit-il, qu'en entrant à la Chine Monvrabie, libre. avec fes Compagnons, étrangers, inconnus, expofts à l'avarice des Manda- . PA rins, on ne leur fit pas le moindre tort dans leurs perfonnes ni dans leurs ue biens; & ce qui lui paroït beaucoup plus extraordinaire , un Commis de Ia 1e audi Douane, c'eft-a-dire, un homme naturellement avide, refufa de recevoir à je ren- d'eux un préftut malgré toutes ICUTS INltances , en proteftant qu'il ne pren- droit jamais rien des Etrangers. Mais ces exemples fon rares, fuivant le ee Un Père le Comte, & ce n'eft pas fur un feul trait qu'il faut fe former l'idée d'un s fem- caraétére National. Ne pourroit-on pas s’imaginer, au contraire, que ce qui (Faite, eft arrivé dans une Ville Maritime, grande & marchande, où l'avidité, lar- à leurs üfice & la fraude doivent régner plus qu'ailleurs, ne doit point être rare dans ss le refte de la Nation? Auñli le Père du Halde en porte-t'il un jugement plus Te Père dg LE Une modéré. En général, dit-il, les Chinois ne font pas aufli trompeurs & aufñi qe nee 3 e voir liches que le Pere le Comte les repréfente; mais ils ne manquent guëres l’oc- vanta rule. c) ju. cafion de tromper les Etrangers. Ils s'en font même une gloire, On en trou- ment que le + ve d'affez impudens, lorfque la fraude eft découverte, pour s’excufer fur leur Pérele Com- fqu'ils défaut d'adreffe. ,, Il paroit afez, vous difent-ils, ,, que je m'y füuis pris fort “* mr , mal Vous étes plus adroit que moi, & je vous promets de ne plus na- rt € drefler aux Européens. En effet, on prétend que c'eft de quelques Européens AU qu'ils ont appris l'art de tromper (f). Un Capitaine Anglois ayant fait mar- EMIS, ché - d'au- (d\ Du Hade, ibid. les Européens dans les Ports de Mer, Aucon- tre ‘a Ce) Mémoires du Père IeComte, pag. 242. traire, on doitfe fouvenir que dans l'intérieur | & fuivantes. des terres, le téiñnoignage de tous les Voya- e, ubi ie Cf) Cette remarque parcit vraie, car les geurs précédens cit favorable à leur honné- “ principales tromperics des Chinois Fo tete, Ê Â 2
MoEurs ET USAGES DE LA, Cine. Avanture co- mique d'un Anglois.
Tromperies Chinoifes.
Dre quoi l'in- térèt les tend capables.
Politique fa- milière aux, Chinois.
Goût de quel- ques Cantons pour la chica- ne.
Laveitu eft eneftime à la Chine,
4 VOYAGES DANS LEMPIRE
ché à Canton pour quelques balles de foie, fe rendit, avec fon Interpréte, à la imaifon du Marchand, pour éxaminer s’il ne manquoit rien à la qualité de fa marchandife. 11 fut content de la première balle; mais les autres ne con- tenoient que de la foie pourrie. Cette découverte l'ayant irrité, il fe foulagea par des reproches fort amers. Le Chinois les écouta fans s émouvoir, & lui fit cette reponie: ,, Prenez-vous-en à votre coquin d'Interpréte, qui m'a pro- tefté que vous n'éxaminiez point les balles |
Cerre difpofition à tromper eft commune, fur-iout parmi le Peuple. Les Chinois de cette condition employent toutes fortes dé moyens pour falfifier tout ce qu'ils vendent. Quelques-uns pouflent la tromperie jufqu'à ouvrir l'ef- tomac d'un chapon, pour en tirer la char. Enfuite, remplifant le trou, ils le ferment avec tant d'adreffe, qu'on ne s'apperçoit de rien avant que la pièce foit fervie. D'autres ne contrefont pas les jambons avec moins d'art, en cou- vrant une pièce de bois d'une efpece de terre, qu'ils fravenc revetir d'une peau de pore {z). Cependant Du 1 lalde, & Le Comte meme, reCconnoiflent qu'ils ne pratiquent ces petites friponneries qu'a legard des Etrangers, & que dans les Villes éloignées de la Mer, un Chinois ne peut fe perfuader qu'il y ait tant de mauvaife foi fur les Cotes.
Lorsqu'izs ont en vüe quelque profit, ils employent d'avance toutes leurs rufes pour s'inlinuer dans les bonnes graces de ceux qui peuvent favorifer leur entreprife. Ils n'épargnent ni les préfens ni les fervices. Sans aucune apparence d'intérêt, ils prennent, pendant des annces entières, toutes fortes de caractères & toutes fortes de mefures pour arriver à leur but (h).
Les Seigneurs de la Cour, les Vicerois des Provinces & les Généraux d'ar- mée , font dans un perpétuel mouvement pour acquérir ou conferver les prin- cipaux potes de l'Etat. La loi ne les accorde qu'au mérite; mais l'argent, la faveur & l'intrigue ouvrent fous main mille voies plus sûres. C'elt ce qui leur fait attribuer , par le Pere le Comte, la qualité d’exceilens Politiques. Ce gé- nie leur eft auûi particulier que celui du ('ommerce. Il n'y a point de Cour en Europe où l'habilete & l'adiefe ait plus de part à tous lès événemens. L'ap-
lication continuelle des Chinois et à connoitre les gouts, les inclinations, l'humeur & les deffeins les uns des autres (à).
Dans quelques cantons, le Peuple eft fi porté à la chicanc, qu'on y enga- ge fes terres, fes maifons & fes meubles, pour le plaifir de fuivre un procts ou de faire donner la baftonade à fon ennemi. Mais il arrive fouvent que par une corruption plus puiflante, l'accufé fait tomber les coups fur celui qui l'ac- cufe. De-la naiflent entr'eux dés haines mortelles. Une de lcurs vengeances eft de mettre 1C feu à la maifon de leur ennemi pendant les ténébres. Cepen- dant la peine de mort, que les loix impofent à ee crime, le rend afez rare. On voit aufli des caracteres afez généreux pour fe pardonner mutuellement (&) & convenir d'une reconciltion fineire,
APRÈS tout, les Chinois les plus vicieux ont un goût naturel pour la ver- tu, qui leur donne de l'eitime & de l'admiration pour ceux qui la pratiquent. Ceux qui s'aflujetuiffent le moins à la chafteté, honorent les perfonnes cha
39
Ces,
(g) Du Halde, ubi jup. pag. 279. & fui- vantes; Mémoires du Per. le Comte, pag. 241. (h) Du Haide & Le Comte, sig,
:) Le Comte, pag. 243.
( (&) Du Halde, ubi fup. pag. 27%
tes, Î Infcri nence vulgai beauct moign qui on de l'E & dan MA feétior conve les Ch tiles d ficurs , Cours, fur la d'Aqui L E : foie q1 l'indufl d'ebèn leurs é de trio deur. de leur font p rope, dépenf LL gé mais | vani | qu'ils Ê piltolet notion CE Chinoi ont po abando hors d ment q is pu
2 DE LA CHINE, Liv. Il Crar. Il. ÿ
ite, à tes, fur-tout les veuves. Ils confervent, par des Arcs de triomphe & par des Mozers sr
ité de Infcriptions, la mémoire des caracteres diftingués qui ont vécu dans laconti- Usaces pa : con- nence , qui ont rendu fervice a la Patrie, & qui fe font élevés au-deffus du 4 Enix ulagea vulgaire par quelqu'action remarquable ou par leur vertu (7). Ils apportent & lui beaucoup de foin à dérober la connoiflance de leurs vices au Public. Ils té- a pro- moignent la plus profonde véneration aux auteurs de leur naïflance & à ceux qui ont pris foin de leur éducation. Ils refpeétent les vieillards, à l'éxemple e. Les de l'Empereur même (m). Ils déteftent, dans les actions, dans les paroles lffier 0 & dans les geltes, cout ce qui décéle de la colére ou la moindre émotion (x). ir l'ef- ii MacaLuaEns obferve qu'ils ont porté la Philofophie morale à fa per- Efprit des ou, ils 0 feétion; qu'ils en font leur principale étude, & le füjec ordinaire de leurs Sul | pièce converfations. Il ajoute qu'ils ont l'efprit fi vif & fi pénétrant, qu'en lifant Nn CoU- es Ouvrages des fefuites, ils entendent facilement les queltions les plus fub- d'une tiles de Pmlofopiue, de ‘Théologie & des Mathématiques. Il en a connu plu- oi flent fieurs, qui, fans aucune inftruction, autant qu'il put en juger par leurs dif- rs, & cours, comprenoicnt des raifonnemens fort difficiles fur la Nature Divine & er qu'il fur la ‘Trinité, qu'ils avoient lüs dans une, Traduction Chinoife de $S. ‘Thomas d'Aquin par le Pere (0) Pagliun. toutes Les vernis de la Chine, la porcelaine & cette variété de belles étofes de Leur indu£ vorifer foie qu'on tranfporte en Europe, font des témoignages aflez honorables de He ne aucune l'induftrie des Chinois. Il ne paroït pas moins d'habileté dans leurs ouvrages bé s fortes d'ebène , d'écaille, d'yvoire, d'ambre & de corail. Ceux de feulpture & leurs édifices publics, tels que les Portes de leurs grandes Villes, leurs Arcs ix d'ar- de triomphe, leurs Ponts & leurs Tours ,ont beaucoup de noblefle & de gran- : prin- deur. Ils reu iffent egalement dans tous les autres Arts. ‘out ce qu fort ent, la de leurs mains porte un caractere d'elegance convenable à leur gout. S'ils né qui leur font point parvenus au degré de perfection qui diitingue les ouvrages de l'Eu- Ce gé- rope, leur unique obiftacle cit la frugalité Chinoife, qui met des bornes à la Cour en dépenfe des Particuliers, | L'ap- LL cit vrai qu'ils vue anvius d'invention Que Houus pour les méchaniques : ations , gr mais leurs inftrumens font plus fnples ; & fans avoir jamais vû [aupara- vant ] les modeles qu'on leur propoie, ils les iimitent facilement. Cet aintr y cnga- qu'ils font a prefent des montres, des horloges, des miroirs, des fulls, des lprocés piftolets, Ô: d'autres chofes dont ils n'avoicnt point anciennement la moindre que par notion, ou qu'ils ne connoiffoient qu'imparfaitement (p). jui l'ac- CEPENDANI ils ont une fi haute opinion d cux-memes, que le plus vil Prévention peances Chinois regarde avec mepris toutes les autres Näuons. Dans la pailion qu'ils qu'iis ont em Cepen- ont pour leur Pays & pour leurs Ufages , Où ne leur perluaderoit pas d'en 20 ES à vz rire. abandonner la moindre pratique, ni qu'il fe trouve queique chofe d'eftimable Du lement hors de la Chine. On s'efforce en vain de leur faire entreprendre férieufe- ment quelqu'ouvrage dans le gout de l'Europe. À peine les Miionaires ont- la ver- + ils pu obtenir, des Architectes Chinois, de leur baur une Egjlife dans le Pa- tiquent. lais,, s chat ; . tes | q ) Comme d'être morts pour fauver leur (n) Du Halde, ubi Jup. pag. 280. honneur, leur ami, &c. Co) Relation de la Chine par Magalhaens,. (m On en a rapporté ci-deffus un exem- pag, 88. & 103. ple, que Du Halde cite, en y joignant quel- Cp, Chine du Père du Halde, uui fupré, le ques autres circonitances, pag. 277
Hs A 3
\
\
RENE 2-2 Ce ARRDE RP EEE TETE DE D ER PIS
15 N°
CARACTPRE Er UsAGrs
DES CHINOIS.
fravail des Chinois pour leur fubfiftar-
CC:
Ils mettent tout à prouit,
Juqu'où
leur attention
s'étend,
6 VOYAGES DANS L'EMPIRE
lais, fur le modéle envoyé de france. Quoique les Vaifleaux de la Chine foient mal conftruits, & que les Habitans ne puiflent refuter de l'admiration à ceux qui viennent de l'Europe, leurs Charpenticrs paroiflent furpris lorf- qu’on leur propofe de les imiter. Ils répondent que leur fabrique cit l'an- cien ufage de la Chine, Mas cet ufage cit MAUVAIS , leur dites - vous. N'importe, repliquent-ils. C'elt aflez qu'il foit établi dans l'Empire ; & l'on ne peut s'en ecarter fans bleffér la juitice & la raifon. Îl paroit néan- moins que cette réponfe ne vient que de leur embarras. Ils craignent de ne pas plaire aux Européens qui veulent ies employer; car leurs véritables Ar- tiftes entreprennent toutes fortes d'ouvrages, fur les modéles qu'on leur (q) préfente. | . 1 : |
Le Peuple ne doit fa fubfiftance qu'a la continuité de fon travail. Aufli ne connoit-on pas de Nation plus laborieufe & plus fobre. Les Chinois font en- durcis au travail dès l'enfance. Ils employceront des jours entiers à fouir la ter- re, les pieds dans l'eau jufqu'aux genoux ; & le foir ils fe croiront fort heu- reux d'avoir pour leur fouper un peu de riz cuit à l'eau, un potage d’her- bes & un peu de thé. Ils ne rejettent aucun moyen pour gagner leur vie. Comme on auroit peine à trouver dans tout l'Empire un endroit fans culture, il n’y a perfonne, à quelqu'age qu'on le fuppofe, homme ou femme, fourd, muet, boiteux, aveugle, qui n'ait de la facilité à fubfifter. On ne fefert, à la Chine, que de moulins à bras pour broyer les grains. Cet exercice, qui ne demande qu’un mouvement fort fimple, elt l'occupation d'une infinite de pau vres I fabitans.
Les Chinois feavent mettre à profit plufieurs chofes que d’autres Nations croient inutiles. À Peking, quantité de familles gagnent leur vie à vendre des allumettes. D'autres, à ramafler dans les rues de petits lambeaux de foie, de laine, de coton ou de toile, des plumes d'oifcaux, des os de chiens, des morceaux de papier, qu'ils nettoycnt foigneufement pour les revendre. Ils tirent parti des ordures mémes qui forrent du corps. On voit, dans toutes les Provinces, des gens qui s'occupent à les ramalier; & dans quelques endroits, fur les canaux, des Barques qui n'ont point d'autre ufage derricre les maifons. Les Pavfans viennent acheter ces immondices, pour du bois, de l'huile & des légumes. Chaque rue d'une Ville a fes commodités pour le foulagement du Public, & les propriétaires en tirent un honnete avantage.
MaALGRé la fobriété & l'indufirie qui régnent à la Chine, le nombre des Habitans eft fi prodigieux, qu'ils font toûijours expofés à beaucoup de mifere, Il s’en trouve de fi pauvres, que fi la mère tombe malade ou manque de lait, l'impuiffance de nourrir leurs enfans les force de les expofer dans les rues. Ce fpeétacle eft rare dans les Villes des Provinces; mais rien n'eft plus commun dans les grandes Capitales, telles que Peking & Canton. D'autres engagent les Sages-femmes à noyer leurs filles dans un bafin d'eau, au moment de leur naiffance. La mifére produit une multitude incroyable d'efclaves, dans les deux féxes; c'eft-à sue, de perfonnes qui fe vendent, en fe réfervant le droit de pouvoir fe racueter. Les familles aifées ont un grand nombre de ces do- mefliques, volontairement vendus, quoiqu'il y en ait auf qui fe louent com- me en Europe. Un père vend quelquefois fon fils, vend fa femme, & fe vend
la Chire miration pris lorf- _eft l'an- CS - VOUS. pire ; & it néan- nt de ne ables Ar-
leur (q) Aufñi ne
font en- ir la ter- fort heu- e d’her- leur vie, culture, , fourd, fert, a la ,quine : de pau-
Nations à vendre de foie, iens, des dre. Ils outes les endroits, maifons. l'huile &
lagement
mbre des e mifere. de lait, rues. Ce commun engagent t de leur dans les t le droit : ces do- ent COoMm- ne, & fe
vend
ve 2
SV. Schley fuir .
_{ Un: Empereur. en robbe. Chineesie Keizer,in zyn Staatsi-kleed .
; | \ . $ (4 A ÉPperquE ce son habit ordinaire. eesle Reizer,in ZVn gewoon Gewaad .
4: 4 Un Patsun .
Een Boer .
4. Un Bonze .
Een Bonze.
W
5 = i où. #2 6 18 : ns Un 4 = Fra LS Du
| FIGURES (CHINOISES. CHINEESSE AFBEELDZELS, uit pv HALDE .
DT TELE
om
k ; vend lui
NW Provinc
teur, il
L'HA H conlif replie ft vec quai manches poignet ception dont les contient comme teaux.
EN E fouvent les hau
*
ie
différen C'eit u chaleurs commu
. faicnud peu d mouton tres-finc printen forte di Tou partien
eft le p
tres po pie e't Ava
qu'iis b prefere Tarcarc alaiffer fes (v net, d coup d
IOUTS cntendr
vend lui-m£me à vil prix. Mais, s'ii le peut, remarque agréableraent l'Au- teur, il fe concente de wendre fa famille (r).
L'HABILLEMENT dés hommes eft convenable à la gravité qu'ils affectent. I confifte dans une longue robe qui tombe jufqu'à terre & dont un pan fe replie fur l'autre. Celui de deflus s'avançant du côté droit, y et attaché a- vec quatre ou cinq boutons d’or où d'argent, l'un affez près de l'autre. Les manches font larges vers l'épaule; mais elles fe rétréciffent par degrés jufqu'au poignet; & finilfant en fer à ch.val, ciles couvrent toute la main, à l'ex- ception du bout des doigts (5). La ceinture @it une large écharpe d'argent, dont les deux pointes tombent jufqu'aux genoux. On y attache un étui, qui contient une bourfe, un couteau , & deux petits batons, dont on fe fert : | comme de fourchettes. Anciennement les Chinois ne portoient pas de cou-
À teaux. Il eft rare méme que les Lettrés en portent aujourd'hui.
EN Et, l'ufage eft de porter, fous la robe, des hautes-chauflus de toile, fouvent couvertes d’une autre pare, qui eft de taifetas blanc. En hyver , “ les hautes-chaufles font de fatin, pique de foie crue où de coton. Dans les | ÿ Provinces du Nord, on porte des pelliffes fort-chaudes. La chemife eft de | * différentes fortes d'étofe, fuivant les faifons. Elle cit fort large, mais courte.
C'eft un ufage aflez commun, pour entretenir la propreté dans les grandes chaleurs, de porter fur la peau un filet de foie, qui empéche la fucur de fe communiquer aux habits. Dans la meme fañon, les Chinois ont le col tout à- faicnud ; mais en hyver ils portentun colier, ou de facin ou de fable (r), ou de peau de renard, attaché à leurs robes, qui font alors doublées de peau, [de % mouton | ou piquées de fois & de cocon. Les gens de qualité ont des peaux trés-fines , foit entièrement d2 fable, foit de renard, bordé de fable. Au printems, ils bordent leurs robes d'hérmines ; & par-deflus ils portent une forte de cafaque à courtes manches, doublée ou bordée dans le même goût. Toures les couleurs ne fe portent point indifféremment. Le jaune n’ap- partient qu'à l'Empereur & aux Princes de fon fang. Le fatin à fond rouge = eft le partage d'une efpèce de Mandarins, aux jours de cérémonie, Les au- tres portent ordinairement le noir, le bleu ou le violet. La couleur du Peu-
= pie c't gencralement le bleu ou le noir.
Avanr la conquete, les Chinois étoient pañionnés pour leur chevelure, qu'ils humect ient d'effences; & cc goût étoit porté fi loin, que plufeurs préférèrenc la mort à la loi qui leur fut impofée de fe rafer la tête comme les Tartares. Après s'être foumis aux vainqueurs, ils recommencent aujourd’hui à laifler croître affez de cheveux für le fommet d: la tète, pour les mettre entref- fes (vu). Leur couverture de tete, en Eté, eft un petit chapeau, ou un bon- net, de la forme d'un entonnoir. Le deéhorselt de Aattan, travaillé avec beau- coup de propreté. La doublure eft de facin. Du fommet fort une grofle tref-
‘:
—
: | ë | fe
À | ra (r) Relation de la Chine par Magalhaens, où le Traduéteur a mis le moc Ge fable, qui
= M pag. 121. n'eit plus en ufage à préfent dans ce fens,
: (s) Cc bout fert comme de gants. En hy- KR. d. fl.
LA | ver, les Chinois retirent les mains dans leurs (vw) Ccs opiniîtres Ctoient nommés par
—— manches, & les font fervir de manchons. les Portugais Chinois de Cubello, ou «d'la (t) Angl. où de Zibeline ; & c'eft toû- chevelure, Ils fuivoient le parti de Koxinga,.
jours la même forte de fourure, qu'il faut Poyes les Ainbafjades Hollandoifes.
catendre dans la fuite de ce Partgraphe, à
DE LA CHINE, Liv. IL Cuar. IL 7
CatACTERE ET USAGES DES CHINutS. Hahil! ent des Chinois.
Habits d'Eté ” & d'Ifyver.
Couleurs réfRrvéese
Chevelure & bonnets des Chinois.
CARACTERE LT U:aGss pis CuiNois.
Autre for- te de bonnets.
Bottes Chi-
noiles,
Bas des Grands & du
Peusle Lalrile è
Ihabits des
SREREN icimnimes,
fatin rouge ou bleu.
fans bottes.
Celles de cheval font de cuir, [ préparé, que la fouplefle en eft admirable, coufus & doublés de coton. d'une large bande de pluche ou dé velours. hyver pour entretenir la chaleur des jambes, autant font-ils infupportables pendant l'Eté. On en prend alors de plus convenables à la faifon. Le Peuple, pour épargner la dépenfe, porte des bas d'étofe noire. Ceux dont les perfon- nes de qualité ufent dans leurs maifons font de foie, fort propres & fort commodes. Lorfqu'ils fortent pour quelque vifite d'importance, ils portent de deffous, qui font ordinairement de toile ou de fatin, une longue robe de: foie, prefque toùjours de couleur bleue, ceinte d'une échar- pe; & par-deflus le tout, une cafaque où un manteau court, de couleur noire ou violette, qui ne pañle point les genoux, mais qui eft fort ample, avec des manches courtes & larges. Ils prennent alors un petit bonnet, qui reprefente dans fa forme un cône fort court, couvert de foie voltigeante , ou de crin ‘ornement, ils ont aux jambes des bottes d'é-
fur lcurs Pabits
Enfin, pour achever tofe & un Cventail à la main (y).
rc de l'autre féxe, rien ne donne tant de luftre aux charmes natu- rels des Dames Chinoïfes, que la modeflie extraordinaire qui éclate dans leur air & dans leur parure. Leurs robes font fort longues. Elles en font tellement couvertes, de la téte jufqu’aux pieds, qu'on ne voit paroitre que leur vifige. Leurs mains font tofjours cachces fous leurs À droicnt jufqu'à terre {i elles ne prenoient foin leur habit cit ou rouge, ou b
: F 11 ICC, 11 Giics
| )". Tir Pere du IT,
VOYAGES DANS
fe de crin, qui fe répand jufqu'aux bords. Ce crin, qui cft trés-fin & trés. clair, vient des jambes de certaines vaches, & fe teint d'un rouge fort lui- fant. Les Mandarins & les Lettrés ont une autre cfpéce de bonnet, qui leur eft propre & que le Peuple n'a pas la liberté de porter. La forme reflémble à celle du premier; mais il eft compofé de carton, doublé ordinairement de Le fatin du dehors eft blanc, & coupé par une large bande de la plus belle foie rouge (x). Les perfonnes de diftinétion fe fervent fouvent de la première de ces deux fortes de chapeau, fur-tout à cheval & dans le mauvais tems, parce qu'il les met à couvert de la pluie, & qu'il ett plus propre à les garantir du Soieil par devant & par derriere. En hyver, ils portent une autre efpèce de bonnet fort chaud, bordé de fable, d'hermine ou de peau de renard, & terminé au fommet par une touffe de foie rouge. La bordure de peau eft large de deux ou trois doigts & produit un fort bel effet, fur-tout lorfqu'elle ft d'un beau fable noir & luifant.
Les Chinois, fur-tout les perfonnes de qualité, n'ofent paroître en public Elles font ordinairement de foie, particulièrement de fatin, ou de calico, & fort bien ajuftées à la jambe; mais elles n'ont ni genouilleres ni de vache ou] de cheval, fi bieny= Les bas de botte font d'ctofe, Il en fort de la botte une partie, qui eft bordée Mais autant qu'ils font utiles en
ou véœCrte.
fort avancées en âge
üs & la tète panchée ,
l'EMPIRE
grandes manches, qui defeen- La couleur de eu de femmes portent le noir Elles marchent d'un pis ke comme de vraies Reli- icufes, dit l'Auteur, ou comme des Dévotes de profefiion, Maisleur marche
de les retenir.
'cre lu Comte,
& trés- FE ee = HOME Te -eflemble - | ment de inc large e fervent cheval & qu'il ett yver, ils l'hermine ic rouge. n fort bel
OT
A
OS
gl!
| y ne il À | MTNNILLIIL DS |
en public
fatin, ou
ulleres ni
, fi bienyF
d'ctofe,
{t bordée
uiles en
»portables
e Peuple,
es perfon-
es & fort
ls portent
fatin, une
inc cchar- :
leur noire ) avec des
reprefente
u de crin = ottes d'é- _
IT
im
WP
CNE
TITI | 1! [ll | 111
MINT | it || 11li {lil
mes natu- dans leur tellement | | f |
l
ur vifage. 1 defcen- oulcur de nt le noir ct d'un pas aies KReli- ur marche
n'eft
| LADITE STUNNMNNONNMMMNNEOMTNNMENNNNNNIONNNnnnMnnnnnnmnE lu Comte,
IT V1! [11
DAMES CHINOISES,trés de nv HALDE . | CHINEESSE JUFFERS, uit pv Haine.
gn'eft gers ferre regai dre | mon
L
Que teni
DE LA CHINE, Liv. IL Cunar. Il. o
gén'eft pas sûre, [ & elle a quelque chofe de défagréable aux yeux des Etran- gers,] parce qu'elles ont les pieds d'une petitefle extraordinaire. On les leur ferre dés l'enfance avec beaucoup de force, pour les empécher de croître; & regardant cette mode comme une beauté, elles s'efforcent encore de les ren. dre plus petits à mefure qu'elles avancent en àäge. Aufi affectent-elles de les montrer en marchant.
Les Chinois mémes ne connoiflent pas bien l'origine d'un ufage fi bizarre. Quelques-uns s'imaginent que c'eft une invention de leurs Ancêtres, pour re- tenir les femmes au logis ; mais d’autres regardent cette opinion comme unc fable, Le plus grand nombre eft perfuadé que c'eft une mode établie par la Politique, pour tenir les femmes dans une continuelle foumiflion (3). Il cft certain qu'elles font extrémement renfermées , & qu'elles fortent peu de leur appartement, qui eft dans la partie la plus retirée des maifons, où elles n’ont de communication qu'avec les femmes qui les fervent. Cepen- dant on peut dire en général, qu'elles ont la vanité ordinaire à leur féxe, & que ne paroiflant qu'aux yeux de leurs domeftiques, celles ne laiflent pas, chaque jour au matin d'employer des heures entières à leur parure. On añù- re qu’elles fe frottent le vifage avec une forte de pâte, pour augmenter leur blancheur ; mais que cette pratique leur gäte bien-tot la peau & précipite les rides.
Leurs ornemens de tête confiftent en plufieurs boucles de frifure, entre- mélées de petites touffes d'Or & de fleurs d'argent. Quelques-unes fe la pa- rent d'une figure de Fong-wbang , oifeau fabuleux (4), qu'elles portent en Or, en argent ou en cuivre, fuivant leurs richeffes & leur qualité. Les aïles de cette figure, mollement étendues fur le devant de la coëffure, embraffent le haut des temples. La queue, qui eft aflez longue, forme une forte d’aigrette au fommet de la tête. Le, corps eft fur le front. Le col & le bec font fufpen- dus fur le nez. Mais le col eft joint au corps par un reflort fecret , à l'aide duquel il joue négligemment & fe prete au moindre mouvement de la tête , ‘fur laquelle il ne porte que par les pieds, au milieu de la chevelure. Les fem- mes de la première qualité paroïffent quelquefois avec une forte de couronne, compofée de plufieurs de ces oifeaux joints enfemble. L'ouvrage feul en eft fort cher.
LEs jeunes filles portent ordinairement une autre efpèce de couronne, dont le fond n'eft que de carton, mais couvert d'une très-belle peau. Le de- vant s'élève en pointe fur le front. Il eft chargé de diamans , de perles & d’autres ornemens. Au fommet de la tête elles ont des fleurs naturelles ou artificielles , melées de petits poinçons ou d’aiguilles, dont la pointe offre quelques joyaux. Les femmes avancées en âge, fur-tout celles du commun, fe contentent d'une pièce de quelque belle étofe de foie, paflée plüufieurs fois autour de la téte. On la nomme Pau-teu , qui fignifie Envelope pour la téte. Au refte, les méthodes de parure ont toûjours été les mêmes à la Chine, de- puis le commencement de l'Empire jufqu'a la conquête des Tartares, qui,
fans
(z) Pourquoi chercher d'autres raifons que on donne auñfi la préférence aux petits pieds ? leur goûtspuifque dans la plüpart des autres Pays Aa) Tel que le Phænix des Grecs.
VIII. Part. B
CaracTERY ET Usacres LES CritNots, Petiteffe de leurs pieds,
On cherche licaufe de cet ufage.
Vanité des femmes Chi- noifes.
Leur coëffu. re,
Jeunes filles.
Changement de la parure Chinoïite au tems de la conquête.
10 VOYAGES DANS L'EMPIRE
Canacrere fans rien changer aux autres ufages du Pays, forcèrent feulement les vaincus que; sr Usaces à prendre leur habillement (2). | ae un Li-pr ps CO. MacaLuaEzns obferve que la Nation Chinoife porte la curiofité fort loin chiv
dans fes habits. Le plus pauvre eft vetu décemment, avec le foin de fe con. de ré former toûjours à la mode. On eft étonné, dit-il, de les voir le premier jour faire de l'an dans leurs habits neufs, qui font d'une propreté admirable, fans que gers la pauvreté paroiffe y mettre aucune diftinction (c). ge Vi lies C (b) Du Halde, ubi fup. pag. 281. & fui- 125. & fuiv. fur | vantes. Memoires du Pére Le Comte, pag. (c) Magalnaens, pag. 102. L) cc, EE l'occ: Li de , HOT des 1 Cérémonies Chinoifes dans les devoirs de la Sucicté Civile. L. CHPeRE I: n'y a rien où les Chinois apportent plus d'éxactitude que dans les céré- es CuiNoises. monies & les complimens. Ils font perfuadés que l'attention à remplir les le fer
devoirs de la civilité, fert beaucoup à purger l'ame de fa dureté naturelle, à de dé Ancien Livre former la douceur du caractère, à maintenir la paix, l'ordre & la fubordina-
ré tte
als tion dans l'Etat (a). Entre les Livres qui contiennent leurs régles de poli- sr
tele, on en diftingue un qui a plus de trois mille ans d'antiquitc, où chaque fépar
article eft explique avec aflez détendue. Les falutations communes, les vili- finite
tes, les préfens, les fetes , & toutes les bicnféances publiques ou particu- Len
litres paflent plutot pour autant de loix que pour des formalités établies par qui «
l'ufage. LAPS
Variété des LE cérémonial eft fixé pour les perfonnes de toutes fortes de rangs , con! Din Rances. avec leurs égaux ou leurs fupérieurs. Les Grands fçavent quelles marques de fori
refpect ils doivent rendre à l'Empereur & aux Princes, & comment ils doi- bonn
vent fe conduire entr'eux. Les Artifans memes, les Payfans & la plus vile po- l'ous
pulace, ont entr'eux des régles qu'ils obferent. [ls ne fe rencontrent point- A:
fans fe donner mutuellement quelques marques de politeffe & de complaifan- LéH
ce. Perfonne ne peut fe difpenfer de ecs devoirs, ni rendre plus où moins L'un.
que l'ufage le demande. tôt c
Rigueur du P£Nuaxr qu'on portoit au tombeau le corps de la dernière Impératri- parut
écrémonil. ce, un des Princes du Sang ayant appellé un Ao-lau, qu'il vouloit interroger pour
fur quelqu'affaire, le Ko-liu s'approcha & fe mit à genoux, contre l'ufage, de pi
pour faire fa réponfe: mais le Prince le laiffa dans cette pofture, fans lui dire U
de fe lever. Le lendemain, un Au accufa devant l'Empereur le Prince & plac:
tous les Ko-laus; le Prince, pour avoir fouffert qu'un Oficivr de cette conf- ACCO
dération parût devant lui dans une poture 1 humble; & les Aoaus, particu- la qu
liérement celui qui s'éto't agenotull*, pour avoir d'shonoré le premier pofte la pl
de l'Empire, [ & les autres pour ne s'ecre pas oppofés à cette poiture humi gauc
liante, ou du moins, pour n’en avoir pas in'truit l'Empcreur.] Le Prince ap- L
porta pour excufe quil ignoroit la loi, où l'ufig: fur ect article, & que d'ail- s'ils
leurs il n’avoit point éxigé ceuce foumition. Mais le No-li cita, pour repli- en b
que quil
cit «
07”"a) Cela paroit être une vérité ff éviden- ésemples pour la confirmer. te, qu'il n'eft pas nécujiuire d'aporter des
vaincus
rt loin fe con- er jour ans que
S CCré- iplir les telle, à ordina- de poli- chaque les vili- Jar tiCU« lies par
rangs , ques de ils doi- ‘ile po- t point- plaifan- . MOINS
>Cratri- Troger ufage, ui dire nce & confi- irticu- poite
humi
e ap- d'ail- repli-
que
DE LA CHINE, Liv. Il. Cnap. IL. rt
que, une Loi d'une ancienne Dynaflie. Aufi-tôt l'Empereur donna ordre au Li-pu, qui cftle | *ibunal des Céremonies, de chercher cette Loi dans les Ar- chives, & fi cile ne fe trouvoit pas, d'en faire une qui pût fervir déformais de régle invariable. Le ‘Tribunal du Li-pu eft chargé fi fcrupuleufement de faire obferver les cérémonies de l'Empire, qu'il n'éxemte pas meme les Etran- gers de ecite obligation. Avant qu'un Ambafladeur paroïfle à la Cour, l'ufa- ge veut qu'il foit inftruic pendant quarante jours & foigneufement éxercé dans les cérémonies, comme un Comedien récite fon rôle avant que de monter fur le théatre.
La plupart de ces formalités fe réduifent à la manière de faire la révéren- ce, de flechir les genoux, & de fe profterner une où pluficurs fois, fuivant l’occalion, le lieu, l'age ou la qualité des perfonnes, fur-tout lorfqu' on rend des vilites, qu'on fait des préfens & qu'on traite fes amis.
La méthode ordinaire des Salutations, pour les hommes, eft de fe coller les deux mains fur la poitrine, en les remuant d'une manière afcétueufe, & de baifler un peu la tete en prononçant Tjfin-ifin, expreflion de politeffe, dont le fens n’eft pas limité. Lorfqu'on rencontre une perfonne à qui l'on doit plus de détérence, on commence par joindre les mains, qu'on lève d'abord dans cette fituation ; enfuite on les baïfle jufqu'a terre, en courbant le corps à pro- portion. Si deux perfonnes de connoiflance fe rejoignent après une longue féparation, tous deux tombent à genoux & baïflent la tete jufqu'a terre. En- fuite fe relevant , ils recommencent deux ou trois fois la meme cérémonie, Le mot de /% fe répite fouvent dans les civ.lités Chinoifes. Aux perfonnes qui arrivent, la premiére queftion qu'on leur fait efl Na-fo; c'eft-a-dire: Ne vous cft-il rien arrivé que d'heureux dans votre voyage ? Loriqu' on leur demande comment ils fe portent , leur reéponfe eit Kau lu Jo bung fo, qui fignifie, fort bien, graces à votre abondante félicité. Lorfqu'ils voient un homme en bonne fanté , ils l'abordent avec le compliment Twng-fo ; dont le fens elt, lous portez la profpérité peinte fur votre vilage; ou, Fütre air annonce le bonheur.
Au commencement de la Monarchie, lorfque la fimplicité régnoit encore il étoit permis aux femmes de dire aux hommes, en leur faifant la révérence , L'un-fo; c'elt-a-dire, Que toutes fortes de bonheur vous accompagnent. Mais aufli- tôt que la pureté des mœurs eut commencé à fe corrempre, ce compliment parut une indécence. On réduifit les femmes à des révérences muettes ; & pour détruire entièrement l'ancieuuc coutume, on ne leur permit pas même de prononcer le meme mot en fe faluant entr ‘cles.
UN ufage conftant du Peuple, c'eft de faire toûjours prendre la première place au plus agé de l'Affemblée. Mais s'il s’y trouve des Etrangers, elle elt accordée à celui qui eft venu du Pays le plus éloigné ; à moins que le rang ou la qualité ne leur impofent d’autres loix. Dans les Provinces où la droite cit la place d'honneur, on ne manque jamais de l'offrir. Dans d’autres lieux, la gauche cit la plus honorable. à
LoRSQUE deux Quans, ou deux Mandarins, fe rencontrent dans une ruc; s'ils font d'un rang cg gal, ils fe faluent fans quitcer leur chaife & fans fe lever, en bauffant d'abord Icurs mains jointes, & les levant enfuite fur leur tete; ce quils répetent plufieurs fois jufqu'a ce qu'ils fe perdent de vue. Mais fi l'un
cit d'un rang inférieur , il doit faire arreter fa chufe, ou defcendre s'il et
B 2 à
CérÉmMonrrs ET Civitires DES CHinors,
Lipu, Tri binal des Cé réinoniss.
Diverfes me thodes de lutations Ghi- noifes,
Réferve des femmes.
Ufages ci- vils du Peu- pie.
Salutations des Manda- rins,
CÉRÉMONIES prs CHINoïs.
Refped des cunes gCns pour leur pé- se K pour leur maitre.
Différentes expr.flions de ivilité,
Méthoue. des Vifitez Chinoifes,
re VOYAGES DANS L'EMPIRE
à cheval, & faire une profonde révérence. Les inférrurs évitent, autant u'ils le peuvent, l'embarras de ces rencontres.
RiEN n'eft comparable au refpeët que les enftns ont pour leur père, & les écoliers pour leur maitre. Ils parlent peu & fe tiennent totijours debout dans leur préfence. L'ufige les oblige, fur-tout au commencement de l'année, le jour de leur naiffance & dans d'autres occafñons, de les faluer à genoux, en frappant plufieurs fois la terre du front.
Les regles de la civilité ne s'obfervent pas moins dans les Villages que dans les Villes; & les termes qu'on emploie, foit a là promenade & dans les converfations, foit pour les falutations de rencontre, font toijours humbles & refpectucux. Si les Chinois s'apperçoivent, par Exemple, qu'on prenne quelques foins pour leur plaire, Tey-/in, difent-ils obligeamment; c'eft-à-di. re, ous êtes frodigues de votre cœur. Si vous leur avez rendu quelque fervice, ils vous diront: Sye pu t/yn; Mes remercimens doivent être immortels, S'ils craignent d’avoir interrompu quelqu'un qui leur paroit occupe; üun-lan, di- fent-ils; Je fuis extrémement incommode. Te tjui; J'ai commis une grande faute en prenant trop de liberté. Lorfqu'on les prévient par quelque politef- fe, ils s'écrient: Pu kan, pu kan, pu kan; c'eft-à-dire, Je n'ofe, je n'ofe, je n'ofe. Le fens qui demeure fous-entendu, elt: Souffrir que vous preniez tant de peine en ma faveur. Si vous leur donnez quelque louange, ils ré- pondent Ai kan, qui fignific: Comment oferai-je me perfuader ce que vous dites de moi; Lorfqu'ils prennent congé d'un ami qui a diné chez eux, ils lui difent: ou man, où Tuy man; Nous ne vous avons pas traité avec aflez de diftinétion. Jamais ils n'employent dans leurs difcours la première ni la fe- conde perfonne ; à moins qu'ils ne parlent familierement à quelqu'ami. Fous & Moi pafleroient pour une incivilite grofficre. Ainfi, au-lieu de dire: Je fuis fort fenfible au fervice que vous m'avez rendu: ils diront: Le fervice ‘que le Seigneur, ou le Doéteur, a rendu au moindre de fes ferviteurs ou de fes cco- liers, l'a touché très-fenfiblement. De meme, un fils qui parle à fon pire, prendra la qualité de fon petit-fils, quoiqu'il foit l'ainé de la famille & qu'il ait lui-meme des enfans. On emploie fouvent auñi fon nom propre, pour: marquer plus de refpect; car les Chinois ont plufieurs noms, fuivant leur rang & leur age (D). Enfin, il n'y a point de Nation qui les égale pour la iul titude & la variété des titres qu'ils fe donnent dans leurs complimens; mais faute de termes équivalens, on réuiuit mal à les exprimer dans les hinages de l'Europe (c). É
U N article de la politefle Chinoife cft de rendre des Vifites le jour de la naiffance, au commencement de là nouvelle année, aux fêtes, à la naiflanee d'un fils, à l'occafion d'un mariage, d'une dignité, d'un voyage, d'une mort &c. Ces vifites, qui font autant de devoirs pour tout le monde ; ion pour les écoliers à l'égard de leurs maitres & pour les Mandarins à l'égard de leurs fupérieurs , font ordinairement accompagnées de petits prefens , & de quantité de cérémonies dont on €ft difpenfe dans les vifites communes & fa- milières..
ON
# {
{ hine dd : Le / FN b) Chine du Pére du Halde, ubi fupra, (ce) Magalhaens, pag, 102,
pag. 291, À fuiv.
ON fte dans en form rèfpeétt cére Ai fe préfe qu'a ter
u'on v don étre bla
Tou nes de € fait doi devant ! Mandar rend le te prom rin fe c: compte dre, de fienne une per a la lib grandes FECCVOIT domeitic l'un ver domefti ventail pour lu les ceré nois. quelles génuile rauche par letq tre mot gant lu ailis; C: un pan
LoR d'un ai meme vous tü
de baifl
(4) €
autant
> Xles ut dans née, le ux, en
ges que dans les iumbles prenne {t--di- fervice, s, S'ils lan, di- grande politef-
’ofe , je
preniez'
ils ré- UC vous CUX, ils rec affez ni la fe- l'ous
Je füuis ce que le {cs éco- n pére, & qu'il :, pour "ur rang Ja mul- 5 Mais, angagces
ur de la iflance e mort, fur-tout gard de , & de
cs & f1- OX
DE LA CHINE, Liv. Il. Crrar. 1" rÿ
ON commence par délivrer au portier un billet nommé Tye-tfe, qui confi- fte dans une feuille de papier rouge, légérement ornée de fleurs d'or & plice en forme d'ecran (4). Sur un des plis OL leur nom, avec quelques termes rèfpeétueux , fuivant le rang de la perfonne. Par exemple, Le tendre X fin- cére Ami de Votre Excellence, & le Difciple perpétuel de votre Doctrine, fe préfente eh cette qualité pour rendre fes devoirs & faire fa révérence juf- qu'a terre. Le mot un cheu pay exprime ce dernier fentiment. Si Ja perfonne
u'on vilite eft un ami familier, ou n'eft diftingué par aucun rang, il fuit : te du papier commun. Dans les ocçations de deuil, le papier doit étre blanc. ”
Tourrs les vilites qui fe rendent à un Gouverneur, ou à d'autres perfon- nes de diftinction, doivent fe faire avant le diner; où du moins celui qui la fait doit s'etre abflenu de vin, parce qu'il fcroit peu refpeétucux de porter devant une perfonne de qualite l'air d'un homme qui fort de table, & que ie Mandarin s’offenferoit s'il fentoit l'odeur du vin. Cependant une vilite qui fe rend le méme jour qu'on l'a reçue, peut fe faire l'après-midi , parce que cet- te promptitude à la rendre cit une marque d honneur. Quelquefois un Manda- rin fe contente de recevoir le Tye-t/e, par les mains de fon porticr, & tient compte de la vifite en faifant prier par un de fes gens celui qui la veut ren- dre, de ne pas prendre la peine de defecndre de fa chaife, Enfuite il rend la fienne le meme jour, ou l'un des trois jours fuivans. Si celui qui vifite eft une perfonne égale par le rang, ou un Mandarin du _ méme ordre, fa chaife a la liberté de traverfer les deux premicres cours du ‘Fribunai, qui font fort grandes, & de s'avancer jufqu'a l'entrée de la Salle, où le Mandarin vient ie recevoir. En entrant dans la feconde cour, vis-à-vis la Salle, il trouve deux domeitiques, avec un parafol & un grand éventail, qui s'inclinent tellement l'un versl'autre, enle conduifant, qu'il ne peut ni voir nictre vû. Ses propres domeftiques le quittent aufli-tôt qu'il et foru de fa chaife; & le grand é- ventail étant retiré, il fe trouve afléz prés di Mandarin qu'il vifite, pour lui faire fa réverence. Cet à cette diflance que doivent COMMenCCr les cérémonies, telles qu'elles font expliquées fort au long dans le Rituel Chi- nois. On apprend dans ce Livre à quel nombre de réverences on cit obligé , quelles expreflions & quels titres on doit employer, quelles doivent étre les génuilexions , les différens tours qu'on doit Eure, tantOt à droite & tantôt à rauche, car les places d'honneur varient fiivant les lieux; les geftes mucts par lefquels le maitre de la maifon vous prefie d entrer, fans prononcer d'au- ure mot que Jjfin tjin 3 le relus civil que vous en faites d'abord, en pronon- çant Pu kanÿ la falutation que le maitre doit fure à la chaife où vous allez étrè ailis ; car il doit lui faire une profonde révérence, &l'eventer légèrementavee un pan de fa robe pour en ôter la pouficre, | |
LoRsQUE vous avez pris place fur votre chaife, vous devez déclarer , d'un air grave & férieux, le füujet de votre vilite, On vous répond avec la meme gravité & quantité de réverences. Il faut foigneufement obferver de vous tenir anis fort droit, fans vous appuyer contre le dos de votre chaife; de baïifler un peu les yeux, fans tourner la vüe; de venir les mains etendues
fur
(4) Onfçait que les écrans de Ja Chine font plis comme nos éventails de femmes, R, d.F, > » P 3
Cérémonie: DES CHinois, Préparations pair lefquelles Oo! COtMeCt:
Lrs
Ce qui fe pafte dans que
vilite,
ed he
CÉRÉMONIES pD£s Cuinois.
Manière de prendre con-
gé,
Manivre dont le Pere Bou-
vet fut reçu, avec la qualité de King-chay.
14 VOYAGES DANS L'EMPIRE
fur vos genoux, & les pieds dans une éxaéte égalité l’un près de l'autre, Après un moment de converfation , un domeftique proprement vêtu, entre avec autant de tafles de ché qu'il y a de perfonnes dans l'affemblée. Ici les foins doivent recommencer pour obferver éxaétement la manière de prendre la tafle, de la porter à la bouche & de li rendre au domeftique. On fort en- fin, avec d’autres cérémonies. Le maître de la maifon vous conduit jufqu'à votre chaife ; & lorfque vous y étes entré, il s’avance un peu, pour atten- dre que vos porteurs vous ayent foulevé. Alors vous lai dites adieu, & fa réponfe confifte dans quelques expreilions polis.
LorsqUu'ux Aing-chay, ou quelqu'Envoye de la Cour (e), rend vifite fur fon pañlage , aux principaux Mandarins des Villes, 1l cit précédé d'environ trente perfonnes, qui marchent deux à deux devant fa chaife, les uns avec des bains de cuivre, fur lefquels ïls battent en mefure comme fur un tam- bour; d'autres, avec des enfcignes & de petites planches vernies, fur lefquel- les on lit en gros caraëtères d'Or, King chay ta jin, c’eft-à-dire, Seicneur (F) Envoyé de la Cour. Quelques-uns portent des fouets à la main; d'autres, des chaines ; d'autres ont fur les épaules certains inftrüimens dorés, & peints d'une grande variété de figures, dont quelques-uns ont là forme d'une grande croix, avec une tête de dragon au fommet, ou des batons qui reMemblent aux verges de nos Huifiers. On en voit aufi avec de longs bonnets de feutre rouge en forme de cylindre, d'où pendent deux groffes plumes dorces. Leur office ft d'avertir le Peuple à haute voix de fare place dans les rues. A la tète de cette cavalcade cit un porteur, Oflicier inférieur du ‘Fribunal, qui porte dans un grand ctui le 7/\e-t/e, ou lesbillets de vifite préparés pour les Mandarins & les autres perfonnes de diftinétion que le King-chay fe propofe de voir. Des deux côtés de fa chaife marchent deux ou quatre de fes domefti- ques. vecu: galamment, Le convoi cit fermé par un grand nombre d'autres perfonnes à pied. Mais cette multitude d'affiftans n'eft compofée que d'Etran- gcrs, qu'il loue pendant fon fejour dans la Ville. Il en refte quinze derrière lui, qui ne quitteat point fon logement. des haut-bois, des Bfres & des tambours, qui ne paroïffent loués que pour incommoder les voifins par l'eclat continuel de leurs Inftrumens; car il ne fort & n entre perfonne qu'ils ne faluent à grand bruit. { Les autres font occupés = au fervice du dedans. ÿ
ON fe formera une idée plus jufte de la réception que les Mandarins doi- vent faire aux Envoyes de la Cour, par celle qu'ils firent à Nan-chanr-fu au Pé- re Bouvet, Mifionaire Jéfuite. Quoiqu'on en ait deja lù le fond dans fon pro- pre récit, il ne fera pas inutile d'en rappeller deux ou trois circonttances pour ne rien omettre Ici fur ect article, 1. Avant qu'il füt entré dans la Bar- que pour traverlér la riviere, les Secretaires du Viccroi & des grands Man- darins vinrent au-devant dé lui & lui préfentérent, de la part de leurs Mai- tres, le Tye-tfe, ou les billets de compliment, 2. Après avoir pris le thé, le Viceroi & le General s tant levés, avec IC refte de 14 Compagnie, préfenté- rent à l'Envoyé le billet des prefens qu'ils devoient lui faire, & qui con-
fiftoient de 4 sa n'eft propr ment qu'un AN er chiy pour lui faire honneur. tait ais revêtu d’une: ranid ! (f) ; tL Les a nee (f) Ou Grand Homme. C, & quon quuiie d'Envuye ou de jung
Six { fe tiennent ] à fa porte, avecÿ
fftoient « mettre à fins lui er fence. Ils ple, acco tes appo réfens ; ! Dans Mandarin Pufage eft peut juge mefures © yes, qu de nerfs « font mari
Ge Me-vu, |
fens des a tre provil te fa fuite Lors( les civilite vos dome hation. À fiffez ce q ardez le Lcharer € refent, : jugé à pr de renvoy
fr, cet. à hardiefl Sr cc font ls m féns, dan: ume, & lies font remcrcimc dre que le le commu œepté un Ceux qui emplois, Les fu gant de fo Mmes. Si
t(z) C'ef ϝ cit Ccrit
de l'autre. vêtu, entre
ce. Ici les de prendre On fort en. uit Jufqu'à pour atten- licu, & fa
d vifite fur ‘ d'environ *s uns avec (Tr un tam- fur lefquel- Secneur (F) autres, des , X peints une grande refl:mblent ts de frutre recs. Leur rucs. À la ibunal, qui res pour les fc propofe fes domefti- bre d'autres que d'Etran- nze derrière
DE LA CHINE, Liv. Il. CHar. II. 15
£ftoient dans quelques provifions pour fa Barque. Enfüuite ils AA se mettre à table. 3. Lorfqu'il fut rentré dans fa Barque, les principaux ! Jan a- fins lui envoyèrent des billets de vifite, qui furent aufi-tot fuivis de leur pré- fence. Ils vinrent fucceilivement, X le Gouverneur parut au, à leur éxern- ple, accompagné des Préfidens de deux l'ribunaux ne . Se \ : ites apporterent à l'Envoyé autant de Li-tans (g) ou de nouvelles lifkes de réfens; c'eft-a-dire, de rafraichiffemens & de provifions. . ! Dans le pañlage par eau, au-lieu des tables couvertes de pue que les Mandarins de chaque Ville devoient tenir prêtes pour . le Ring-chay, Fufage cit d'envoyer la même efpèce de provilions à bord de Pass NE peut juger de la qualité de ces préfens par ceux du ne étoient ce mefures ou deux boifaux deriz blanc; deux mefures . ue | Ho @yes, quatre poules, quatre canards, deux paquets heï . M De de nerts de Cerf, qui pallent à la Chine pour un aliment € icieux pi . font marinés & féchés; deux d’entrailles d'un certain animal Marin, deux de
> Me-yu, [ou de féche,7] autre poiflon; & deux vafes remplis de vin. Les pré-
Jorte, avec
S que pour aril ne fort
nt occupés “
darins doi- fu au Pè- 18 fon pro- on'tances , ans la Bar- ands Man- leurs Mae le thé, le , préfenté- qui con-
{iftoicnr
“+
fens des autres Mandarins étoient peu différens. Un Envoyé n'a point d'au- tre provifion à faire dans fa Barque, parce qu'ils fuihfent pour lui & pour tou- D celui qui veut vous faire un prefent vient en pe na L oo Jes civilités ordinaires il vous offre le billet, que vous remettez à ner un Fe vos domeitiques, en marquant votre reconnoiffance par une profonde i- hation. Aufi-tôt que le Mandarin s'eft retiré, vous Lez le Par choi- fiffez ce qui vous convient. Si vous acceptez tout ce qui vous ct offert, vous ardez le billet, & fur le champ vous en écrivez un de remerciment, pour clurer que vous avez tout accepté. Si vous ne retenez an je parte au réfent, vous expliquez dans votre billet Ge temereinen ce que a jugé à propos de garder. Mais lorfque vous n'acceptez rien, vous PR de renvoyer le billet & le prefent, avec un autre billet qui doit contenit Je Pi fr, c'elft à-dire, que ce font des perles précieufes auxquelles vous n'avez pas ardiefle de toucher. , no. ns Me fait le préfent vous l'envoie par fes domeftiques nee ie fônt ls mêmes. Mais s'il envoie le billet avant que: d'avoir ac 1eté cs pré- féns, dans la vue d'acheter ceux qui pourront vous plaire, vous Rtente ie ume, & vous marquez par de petits cercles les piéces que vous a les font achetées autli tot. Vous les recevez, & vous Cri ee e remerciment où vous cxpliquez Ce que vous avez reçu > fans oublier AE ne dre que le refte ef une précieufe perle. Dans plufieurs pecañons à te les que lè commencement de l'annce, la cinquiéme ee Le Re _ œæpté un préfent, la bienfcance vous ee . ci SU ne à pue Ceux qui viennent d'une perfonne confiderable, ne par k ance emplois, doivent être reçus avec une profonde inc us He Les fimples Lettres, qui s'écrivent entre des Parsicuilers, cs | 1e gant de formalités, qu'elles caufent fouvent . Re a . . Mes. OI VOUS CCTIVEZ à quelque perfonne de ditinction , do
ECg) C'eft un papier, comme le Tyetfe, fens, avec leur lite à elt écrit le nom de celui qui oitre les pré. ,
” ,
Cénimoxrrs DES CHinois,
En quoi con- filtent les pré- fens qui fe font aux King-
chays,
Formalités
pour l'acccp- tation des préivns,
Autres for malités,
Manidre d'é. crire des Let: tres,
CÉRÉMONIES DES CHINOIS.
Manière de les plier & d'y mettre l’a- dretle,
Deux fortes de fetiins,
Saile & tables,
6 VOYAGES DANS L'EMPIRE
ployer du papier blanc, plié & replié dix ou douze fois comme un écran; mais il doit etre orné de petites bandes de panier rouge. Vous commencez à écrire fur le fecond pli & vous mettez votre nom au bas de la page. Le ftvle coute beaucoup, parce qu'il doit etre différent de celui de la converfa- tion. Il doit étre proportionné auiti à la perfonne & au caractère. Plus la Lettre eft courte, plus elle eft refpeétueufe. On doit obferver une certaine diftance entre les lignes. Les titres varient fuivant le rang & la qualité. Le fccau, lorfqu'on en met, eft pofé dans deux endroits; au-deflus du nom de la perfonne qui écrit, & au-deflus du premisr mot de la Lettre: mais on fe contente ordinairement de le mettre dans un petit fac de papier qui l'enve- lope. Si l'écrivain cit en deuil, il met au-deflüs de fon propre nom une petite bande de papier bleu. La Lettre fe met dans un fac, au milieu du- quel on applique une tranche de papier rouge, de la longueur de la Lettre & large de deux pouces, fur laquelle on écrit Nui han, c'elt-a-dire, la Lettre ef dedans. Enfuite on met le paquet dans un fecond fac de papier pius épais, avec une bande de papier rouge, qui porte le nom & la qualité de la perfon- ne à qui l'on écrit. La Province, la Ville & Ile lieu de fa demeure fe met- tent au revers, en plus petits caraètéres. Les ouvertures, au haut & au fommet de cette feconde bande, font cachetées proprement, & le fceau imprimé fur les deux bouts, avec ces mots: Au fong, qui fignifient , garde é feel. On écrit aufli entre les deux fccaux la date de la Lettre; c'eft-à- dire, l’année & le jour. Lorfque les Mandarins envoyent à la Cour des dé- pèches qui demandent une diligence extraordinaire, ils attachent une plume au paquet. Ce figne oblige les Couriers de marcher nuit & jour fans s'ar- réter.
$. III. létes 3 Amufemens des Chinois.
IL ny a point d'occafñon où la politeffe Chinoife ne foit fatiguante & ennuyeufe pour les Européens , elle l'eft particulitrement dans les fetes, parce que tout s'y pañle en complimens & en cérémonies. On dittingue à la Chine deux fortes de feftins; l'un ordinaire, qui confifte dans un fervice de douze ou quinze plats; l'autre, plus folemnel, où l'on fert vingt-quatre plats fur chaque table, avec beaucoup de formalités. Pour obferver ponctuelle ment le cérémonial, on envoie trois T\e-tfes, ou trois billets à ceux qu'on veut inviter. La premicre invitation fe fait un jour ou deux avant la fete; la fcconde, le matin du jour meme, pour faire fouvenir les convives de leur engagement & les prier de n'y pas manquer; la troifiéème, lorfque tout étant prépare, le maitre de la maïfon veut faire connoitre, par un troifième bil- lt, l'impatience qu'il a de les voir.
La Salle du feitin elt ordinairement parée de pots de fléurs, de peintures, de porcelaines & d'autres ornemens. Elle contient autant de tables qu'il ya de perfonnes invitces, à moins que la multitude des convives n'oblige de les placer deux à deux ; mais il eft rare de voir trois perfonnes à la même table. Ces tables font rangées fur une meme ligne, de chaque côté de la falle, & les convives places vis a-vis l’un de l'autre. Ils font aflis dans des fauteuils à
: bras
bras.
comm le ver fouvei en pr touch. me ic: 1:60: il com vin da placée cline * X sai taile d mag, il fait fur la inclina de lui fer auf maitre tes, d petits place f ment : fon pr à Dr vive in d'acce à tous barras TE cinq € toute fois la bles, | & cou Ils pre quant au pri vitacic ficme. Enfin vre,
7 (a
d'hotel
NE
un écran; commencez | page. Le la converfa- re. Plus la ne certaine qualité. Le du nom de mais on fe qui l'enve- re nom une 1 milieu du- la Lettre & la Lettre ejè plus épais , de la perfon- euré fe met- y haut & au & le fecau ifient , garde re 3 C'eft-à- Cour des dé- t une plume ur fans s'ar-
fatiguante & ans les fetes, hitingue à la n fervice de t-quatre plats
ponctuelle- h Ceux qu'on vant la fete; vives de leur le tout étant troificme bil-
e peintures, les qu'il ya oblige de les méme table. c la falle, & es fauteuils 4
bras
D E LA
pras. Le devant de chaque table ef
COLIN, Liv. Cap: Ib 17
Etendu d'une ctofe de fs Ê a l'aiguille, comme un devant d'Autcl; & quoiouciles foient fans napes & fans frvi le vernis leur donne un grand air de proorerc. fouvent couvertes de grands
i 2ETCS, Les deux extrémités font mets tout dépecis & rangés en pyramide, avec dis Ieurs Xe gros citrons 41 fommet. ; touche ï mais à Ces pyramides.
| ivre NNTOUE Irals me ic; hgures de fucre en Italie.
plats, chrrg2s de Mais on ne Eiles ne fervent que pour l'ornement, com-
Lorseue le maitre de la maifon introduit fes convives dans c il commence par les faluer Fun apres l'autre,
etre fall, E nfüite, fe faifi apporter du
in dans une tafle d'argent, ou de ee celaine, ou de quelque bois précie: ik, ph icce fur une petite LouCOUpe l'argent, 11 11 prend des deux mains, il s'in- cline vers.fes AIMER il tourne é vifage vers la grande cour de la maifon & s'avance au haut de la falle, La, Icvant les yeux au Cicl, & foutenant la tale dans fes mains, il répand le vin à terre, pour reconnoitre, par cet hoin- mage, quil ne poflide rien dont il n'ait obligation à la faveur célefte, Alors il fait remplir de vin une grande Coupe d'argent ou de porc ceküne, qu'il places fur Ja table à laquelle il doit etre añis; mais ce n'eft qu ape ès avoir fait uns inclination au principal convive , qui répond à cette civilité en s'efforçant de lui épargner une partie de la peine par l'empreffement qu'il a de faire ver- fer auf du vin dans une coupe, comme s il vouloit la porter fur la table du maire, qui cit toujours la plus baffle, Le maitre l'arrete par d'autres civili- tes, dont l'ufige prefcrit les termes. Auïli-tôc le Maitre-d'hotel apporte deux petits batons d’ yvoire, nommés OQuay-tfes, pour fervir de fourchettes, & les place fur la table devant le faut un, dans une pofition parallele. Ordinaure- ment meme ils s'y trouvent déja tout places. Enfin, le maitre (4) conduit fon es convive à fon fauteuil, qui it couvert d'une riche étofe de foie à Mrs. 1 lui fait une nouvelle révérence & l'invite à s'aflcoir. Mais le con- vive ny confent qu'après quantité de complimens, en voulant fe défendre d'accepter une place fi honorable. Le maitre veut faire la méme politefle à tous les autres. Ils ne permettent point abfolument qu’il fe donne tant d'em- barras.
Tec eft le prélude. ‘Tout le monde fe place à table. A linftant quatre où cinq Comédiens, richement vêtus, entrent dans la falle, & faluent enfemble toute l'affembiéce par de profondes inclinations, qui vont jufqu'à toucher quatre fois la terre du front, Cette cérémonie fe fait au milieu des deux rangées de ta- bles , le vifage tourné vers une autre table fort longue, qui eftau fond de la falle, & couverte “de flambeaux & de caffolettes. Enfuite les Comédiens fe ièvent. Ils préfentent un grand Livre, qui contient en lettres d'or les noms de cin- quante ou foixante Comédies qu'ils fçavent par cœur, pour en laifler le choix au princip: 1 convive. Il refufe de choifir , X les renvoye, avec un figne d'in- vitation, au Convive fuivant, qui refufe auf & les envoyc de meme au troi- fième. ls pi W'COUrCNt ainfi toutes les tables, où ils effuvent le méme refus. Enfin, retournant à la premiere avec leur Livre, le principal convive l'ou- vre, y Jette un moment les yeux & choilit la Pièce quil juge la plus agréa-
ble
ÿ7Ca) L'Original porte que c'eft le Maitre d'hotel qui conduitle convive; mais il paroît
VIII. Part. C
être confondu mal-d-propos avec le Maitre de la Mailon,
C£iuonrss DES Ci: VV C2 n qui précédent
ic oi
Maniére de s'atleoir, à table,
Entrée des Comcéuiens,
Formalités pour le choix d'une Comé-
die,
CÉRÉMONIES
DES CHinos.
Comment l'on boit & l'on mange.
Potages qui fe fervent par interinedes,
Difiance cn- tre le diner & le uciluit,
18 VOYAGES DANS L'EMPIRE
ble à l'affemblée. Les Comédiens en font voir le titre à tout le monde, & chacun donne fon approbation par un figne de tête. S'il y a quelqu'objec- tion à faire contre le choix, telle que féroit la reflemblance du nom de quel- que convive avec celui d'un perfonnage de la Piéce, les Comédiens doivent le faire remarquer à celui qui choïfit.
La Reprefentation commence par une fyÿmphonie d'Inftrumens de mufique, qui font des baflins de cuivre ou de fer, dont le fon et rude & aigu; des tambours de peau de bufle, des flutes, des fifres & des trompettes, qui ne peuvent plaire qu'aux Chinois. Ces Comcdies de feftin s'éxécutent fans déco- rations. On étend feulement un tapis fur le plancher; & pour couliffes, les Comédiens font ufage de quelques chambres près du balcon, d'où ils entrent pour jouer leur role, Les cours font ordinairement remplies d'un grnd nombre de fpcetateurs ,que les domettiques y reçoivent. Les femmes qui veulent affifter au Spectacle, font placées hors de la falle, vis-à-vis les Comédiens. Ell:s voient & entendent tout ce qui fe palle, au travers d'une jaloafie { faite de Bambous
ON commence toûjours la fete par un verre de vin pur. Le Maitre-d'hôtel prononce à haute voix, le genou à terre, Tling lau va men kyu poy; c'eft-à-di- re, fous êtes invités, Mefjieurs, à prendre la coupe. Alors chacun prend fa taff des deux mains, l'éleve d'abord jufqu'à Ja tête, la rabaiffe au-deffous de la table, la porte à fa bouche & boit lentement à trois ou quatre reprifes. Le maître prefle tout le monde de boire à fon éxemple, & 1l tourne enfuite la taffe, pour faire voir qu'elle eft vuide. Cette cérémonie recommence deux ou trois fois. ‘l'andis qu'on eft à boire, on fert au milieu de chaque table un plat de porcclaine, rempli de quelque ragoût, qui ne demande pas de couteaux. Le Maïrre-d'hôtel invite à manger. Chacun fe fert adroitement avec fes deux petits batons. Lorfqu'on a ceffe de manger d'un plat, les domefliques en ap- portent un autre, @ continuent de préfenter du vin, tandis que le Maïitre- d'hôtel excite tout le monde à manger & à boire, Vingt ou vingt-quatre plats fe fuccudent ainfi fur chaque table, avec les mimes cérémonies. On ef cbli- gé de boire auñi fouvent; mais on a là Hberte de ne pas boire beaucoup, & les tafl:s d'ailleurs font fort pstites. On ne leve point les plats à mcfure qu'on a Ccffé den manger. Ils demeurent tous fur la cable jufqu'a la fin du repas.
De fix en fix plats, ou de huit en huit, on fert des potages (h)
(er a 9
ou gras, accompagnés d'une forte de petits pains ou de pités, qu'on y tr 1m pe avec les batons d'yvoire. Jufqu'alors on n'a mangé que de la chair. Mais on commence en meme-tems à fervir le thé, qui @ft une liqueur des plus communes & qui fe prend chaude, comme les Chinois boivent au leur vin; car ils ne boivent jamais rien de froid. Ils ont fans cecile, autour d'eux, des domeftiques prêts à verfer du vin chaud dans leur coupe & à retirer celui qui s'eft réfroidi. Dans l'ordre des fervices, on obferve de placer le dernier plat fur la table au moment que la Comédie finit. Enfüaite on préfente du 2, du vin & du ché; aprés quoi les convives fe fevent & vont Fire leur compliment au maitre, qui les conduit au jardin où dans quelju'autre faille, pour y con- verfer un peu jufqu'au fruit. . |
DaANs
(2) Angl, On rt du bouil'on, R, d, E,
D: mefli de au & de
tures qui f qui V de fo lence dans pren O: plus 4
agrea
gdeire
entrelacés & de fils de foïe à rezeau,] fans qu'on puifle les voir elles-m:imes. |
gg ue | grand conv Va fes d larg pour vant fans (c). qu'ut dina la nt mon cha quef chac mer L rope autr la € toit mél Co) I qui niq
monde, & iclqu'objec- pm de quel- s doivent le
le mufique, aigu; des cs, qui nc fans déco- uliffes, les ils entrent and nombre lent atlifter £ll:s voient
Ies-miines. itre-d'hôtel , c'eft-à-di- end fa tafle ous de la prifes. Le cenfuite Ja Ice deux ou ile un plat : COUtCAUX. ec fs deux jues en ap- le Maïître-
quatre plats
aucoup, & s à mefurc a Ja fin du
), maigres on y trem- hair. Mais ir des plus ñ leur vin; d'eux, des r celui qui lernier plat du riz, du ompliment Our y CON-
DANs
le Bambous
DE LA CITINE, Liv. IL Crar. il , 19
Dans l'intervalle, on fait diner les Comédiens. D'un autre côté, les do- mefliques font employés à divers oflices, tels que de préfenter de l'eau chau- de aux convives pour fe laver les mains & le vifage, de nétoyer les tables & de préparer le deflért. Il confifle en vingt ou vingt-quatre plats, de conf. tures, de fruits, de gelées, de jambons, de canards falés & fchés au Sulcil, qui font un manger délicicux, & de petites friandifes compolces de chofes qui viennent de la Mer. Lorfque tout cit difpofé, un domeitique s'approche de fon maître & vient l'avertir, un genou en terre. Ce meflige impofe fi. lence à toute l’aflemblée. Le maiuwe fe lève, invite fes convives à retourner dans la falle du feftin, où f'on s'attroupe d’abord vers le fond; & chacun re- prend enfuite fa place, après quelques cérémonies.
ON apporte alors de plus grandes tafles, & chacun et preflé de boire à plus grands coups. La Comedie recommence ; ou, pour fe réjour plus agréablement, on redemande la lifte des Pidces, & chacun choiïtit celle qu'il
mdefire. [11 s'en repréfente de fort agréables. ] Pendant ce fervice, [de meme gé que pendant le premier ,} les bords de chaque table font couverts de cin
grands plats, qui ne paroïflent que pour l'ornement, & les domeftiques des convives paffent dans une chambre voiline pour y dîner fans ccrémonie.
Au commencement du deffert chaque convive fe fait apporter, par un de fes domeftiques, plufieurs petits facs de papier rouge, qui contiennent de l'argent pour le Cuifinier, pour le Maitre-d'hôtel, pour les Comédiens & pour tous les domeftiques qui ont fervi à table. On donne plus où moins, füi- vant la qualité du maitre. Mais l'ufage eft de ne rien donner lorfque la fete eft fans Comédie. Chaque domeltique porte ce préfent au maïtre de la maifon (c), qui confent à le recevoir après quelques diflicultés, & fait figne à quel- qu'un de fes gens de le prendre pour faire la diftribution. Ces fétes durent or- dinairement quatre ou cinq heures. Elles commencent toûjours à l'entrée de la nuit, & ne finiffent qu'a minuit. Les convives fe féparent avec les crré- monies qui font en ufage dans les vifites. Leurs gens portent devant leur chaife de grandes lanternes de papier huilé, où la qualité du maitre, & quel- quefois fon nom, eft écrit en gros caraëtéres. Le matin du jour fuivant., chacun envoie fon Te-r/e, ou fon billet, au maître de Ja fete, pour I re- mercier de fes politefles (4).
LE Père Bouvet, Milionaire Jéfuite, étant envoyé par l'Empereur en Eu- rope, fut honoré d'une de ces fêtes à Canton, avec le Tors-luu-ya & deux autres Milionaires, par le T/ong-tu de la Province (e), qui emprunta pour la cérémonie le Palais du Tfyang-kyung, parce que fa ré"<kncec ordinaire é- toit à Chau-king-fu. Quoique les formalités de ce feftin fuffint à peu prés les mêmes que celles qu'on a décrites, il fut accompagné de quelques autres cir- conilances, qui méritent une defcription particuliere.
Le lieu de la fête étoiç un vaite édifice, au fond de deux grandes cours quarrées, compolé de trois grandes falles l'une derrière l'autre, qui comnu- niquoient par de longues & larges galeries, avec des cours de chaque ge
a
(c\ Suivant le Pere Bouvet, on place ces Ce) Le fin donné aux AmbaMideurs ITol-
préfens fur une ble, qui eft ordinairement landois par le V'iceroi de Canton, n'ett point au bas de la faile, atez crconfiancié dans eur Kelation, Fuyez d) Du Hulde, ui jup, pas, 298, ci-de{jus,
/
* C2 2
CÉRÉMONIES pes Cuinois,
Deffert Chi- nois.
Préfent des convives aux domeitiques,
e Xd Tems XX «ile ! LS rée de ces iC-
tous
Fettin donné au Pere Bou: vet,
CÉRÉMONIES pes CHiNois.
Officiers in- vités,
Réception des convives.
Manière Tartare & Chinoile de prendre le
th Lit 1
Ordre des tn! |
D'vifio ê Ja IEtC.
Cérémonies
de celle du
fuir,
55 VOYAGES DANS LEMPIRE
La falle du milieu, qui étoit celle du feftin & la plus grande des trois, pa- rut remarquable aux Midionaires par fa longueur & par l'épaifleur fingulière de fes piliers, de fes folives & de tous fes ouvrages de menuiferie.
ous les Officiers de la Province ctoient invités à cette fete. On y voyoit d'abord le Viccroi, le Thang-kyung, les deux Tuctongs K le Ten-yeun (F); en- fuite les principaux Mandarins des Douanss , qui etant renouvellés tous les ans portent le titre de Aing-chays où d'Envoyés de la Cour; enfin, le Pu- chins-tfe où le ‘Fréforier gencral, le Ngan-cha-tJe & le Tan, qui, quoiqu'Of- ficiers Géncraux & d'une grande confidération, étoient adis neanmoins fur u- ne autre ligne que les autres, parce qu'ils font d'un rang inférieur, Leursfiè- ges étoient un peu plus en arricse, & la meme diftinction fut obfcrvee pen- dant le repas.
Les convives, à leur arrivée, furent reçus dans la premiére falle. Le Tfong-tu alla au-devant des principaux jufqu'a l'efcalier. Ceux qui étoient arri- vés les premiers s'avancerent au de quelques pas pour les recevoir. ‘Fous faluèrent en particulier le maitre de la fete, & l’aflemblée en général, fuivant l'uface commun des Chinois & des T'artares. Il fe fit un grand nombre de révé- rences , avec une politeffe qui parut furprenante à l'Auteur. Après cette céré- monie, chacun prit fa place, dans des fauteuils rangés fur deux lignes, l'une vis-à-vis de l'autre, pour attendre le refte des convives. Dans l'interval- le, on fervie du thé à la Fartare & à la Chinoife; c'eft-a-dire que, fuivant la première de ces deux méthodes, on prend la tafle de la main droite, & qu'on faluce le Chef de l'affemblée avant que de boire & après qu'on a bû. Pour le thé Chinois, l'ufage cit de prendre la taffe des deux mains, & de la baiffer jufqu'a terre en faifant une profonde révérence. Enfuite on avalle la liqueur à plufieurs traits, en tenant la tafie de Ja main gauche. :
LorsQuE tous les convives furent raflerablés , on paf de la pre- miére falle dans 11 feconde , qui ctoic cle du feftin. Il fe fit à cette oc- cafion quantité de nouvelles révérences, fuivant le cérémonial Chinois. Le Tfong-tu & les Mandarins à fon Cxemple, firent l'honneur au King- chay (g) de linviter à prendre placs aux premicres tables. Enfuite le Tfong- tu s'avança pour placer la coupe de vin & les batons d'yvoire fur chaque ta- ble, en commençant par celle de Bouvet. s'affit à la place qui lui etoit dti
Le
Aprés cette cérémonie, chacun ace, Ces tables, au nombre de féize ou dix-huit, étoient quarrées & revetues d'un beau vernis, placées fur deux lignes qui faifoient face l'une à l'autre, mais difpofécs de manicre que celles des perfonnes diftinguées étoient un peu plus avancées. Elles étoient toutes revétues, fur le devant, d'une piéce de fatin violet, avec une broderie d'or qui repréfentoit des dragons à quatre Les fauteuils, dont le dos & les bras formoient un demi-cerele, etoicnt placés obliquement & couverts dc la même étofe.
La fète étant divifée en deux parties, celle du matin fe fit avec peu de cérémonies. Mais celle du foir fut accompagnée de toutes les formalités Chi- noifes. Lorfque les convives fe préfentèrent pour la fecorde fete, ils trouvè. rent toutes les tables doubles; c'eft-à-dire, que devant c'que table on en a- voit placé une autre, couverte d’un fervice de parade, qui confiftoit en feize
gris.
2 | 5
pyranides (jh paroit, par la Gmifcation du mot, (z) C'etidire, le Pérc Bouvet & fus Coru- que c'étoit le Suriitendaut du fe, P'snons
pyrami
mide a
ture K( gértables,
ques ,
e bunal.
. chacun! phiole inftrum pour ci gurss pl un jm tres CO d'herbe voyoit  U ta au P & don ment € la com! vec tal que fer tres & un Eui pêcher Cu de, ot l'autre vitoier loient yo tfine ayant tchao-k nie fe appor Aufi- menc< sfes s | les m font € LE lies a lon C ge ncm
TCS, | +
trois, pa- fingulière :
n y voyoit 0 (F); on- s tous les n, le Pu- quoiqu'Of- oins fur u-
Leurs fiè. <rvce pen-
falle, Le oicnt arri- nr. ‘Tous fuivant
re de révé- cette céré- IX lignes, l'interval- ce, fuivant droite, & l'on à bi. , de la avalle la
le la pre- CCtte oc- inois. Le au King- le Tfong- haque ta- L chacun > fUize ou fur deux que celles ent toutes de rie d' or le dos &
Couverts
c peu de htés Chi- £ trouvé. on en 2- t en feize yraniides & fus Co:u-
|
ture & de fleurs. Mais auii-tot queles ç
LA CHINE, Lrv. I. Crar. Il.
pyramides de différentes Viandes, de fruits & d'autres alimens. Chaqne pyra- mide avoit un pied & demi de hauteur, & toutes fortes d'ornemens de pein- ‘onvives furent a “is, on le ‘VA LOUtCs Ces
D E
21
pémtables, dont les fervices furent dittribués [à la fin du repas] à leurs domeiti-
ques, ou piûtot à leurs porteurs de chaife & aux Officiers fübalternes du ‘Fri bunal. Les tables qui devoient fervir aux convives «avoient fur le divant chacune leur gu° nn fur lequel croit une BÈUE cafolette de cuivre, une Mphiole d'eau de fenter r, avec un tube d'agathe, [quai contenoit les peuits inftrumens dont on fe fervoit, | pour meutre l'encens dans li cufloleirs & pour en remucr la cendre. Sur les deux coins de la tab ne voyoit deux pee
gites planches vernies, que les Chinois nomment Lu i,| oi
ayant vuidé Cen jee fa coupe, ils
inc d'un cuté
un fmbleme, & de l'autre, quelques petites litees de ie. Les derx au- tres coins étoient couverts de trois petites coupes d2 Porcelain:, remplies d'herbes & de marinades pour aiguifer l'appétit. Entre cés counes, on en
voyoit une d'argent fur un pied.
Au commencement du feftin les Coméciens par dent & leur Chef préfen- ta au Père Bouvet la lifte des Piéces. Ce Mifionaire s'excufr. d'en choitr une, & donna pour raifon de fon refus, que la Comédie n'étoit point un amufe- ment convenable à fa profeilion, Le Tjs-tu & les autres Mandarins eurent la complaifance de fé contenter d'un Concert de mufique, qui fut éxécuté a- vec tant de méthode, que les intermedes fervirent à régler le temis de cha- que fervice. Pendant toute la fete, les mouvemens & les difcours des Mai- tres & des domeftiques furent fi remplis d'affectation, qu'à 1 premiere vüc un Européen auroit pris ec fpectacle pour une comédie & n'auroit pà s'em- pêcher d'en rire.
Cuaque fervic: fut donc ouvert par nne piéce de mufique. Pour prelu- de, on offroit à chaque convive deux petites coupes de vin, lune après l'autre, chacune de une cuillerée, & deux Maîtres de ct Cm nie in- vitoient, au nom du Tfong-tu, toute la compagnie à boire. Ils s agenouiT- Joint au milieu de la falle, pour prononcer gravement a haute voix, T4 lao vo tfing tfiou ; c'ett-à-dire, Aonfeignew vous invite à boire. Enfuice, chacun s'écricrent une feconde fois: T/ng- tchao-kan; ce qui fignific: Buves tout, jufques à la dernière go: ne. Cette cércmo- nie fe répète, non- “eulement lorfqu® on boit, mais encore chaque fois qu'on apporte fur la cable un nouveau verre (h), ou que les convives y touchent. Auñli-tôt que les mets font fervis, les deux Maitres de céremonies recom- mencent leurs génutiéxions, pour inviter tout Î: monde à ss ndre les Oray tes , ou les bâtons, & 1 faire | l'effai de ce qu'on préfente. Le Lfong-tu ait les m He intances. ne les convives témoignent qu'ils y confentent, & font obligés de goûter de chaque plat.
LESs principaux mèts ee des ragoûts de viandes hachées, ou bouil- lies avec diverfes fortes d'herbes ou de légumes, & fervies avec le bouil- lon dans des plats de fort belle porcelaine. ‘ous les piats font de la
geméme forme & de la même grandeur, | & prefque aufli profonds que lar-
ges.] On en place vingt fur chaq que able, rangés quatre à quaire fur u-
. ne
e ) An
(ge =, 2
#
CérimMonres
DES Cilixois,
Où retran- la Coms. di et nfaveur des Mitlionai- ICS,
0 ! . ? Ordre des
furvices,
Invitation à boire.
Qui tés des mets & des plats.
CÉRÉMONIFTS pes CHINOIS.
Comment Île
ottin fe ter-
Urages des
Lartares,
Obferva- tions fur les viandes de Ja Chine.
Chair de porc tort efti- mée à la Chi-
ne.
Nerfs de
ceris.
29 VOYAGES DANS L'EMPIRE
ne même ligne; de forte qu'à la fin du repas ils forment'un quarré afez ré- gulier. Les valets qui les fervent vont les recevoir au bas de la falle, où d'au- tres valcts, au meme nombre que les tables, les apportent l'un après l'autre fur des planches vernies & les prelencent à genoux. Mais pour diitinguer les fervices, de quatre en quatre plais, on fert une efpèce particulière de bouil- lon, & des touries de-ditférentes compofitions. Le thé forme le dernier aéte de la fete. Les convives s’épuifent enfuite en remercimens, auxquels fucci- de un quart-d'heure de converfation, Enfin tout le monde fe retire. Les Tar- tares, qui font ennemis de la contrainte, ont retranché une grande partie de ces cérémonies; & quoique leurs viandes foient coupées fort menues, fans dittinction de chair & de poiflon, elles font aflaifonnées avec tant d'art, que les Européens mémes y prennent aflez de goût (5).
L'Aureur obferve que les ‘l'artares employent au-lieu de fourchettes les nèmes bätons que les Chinois, mais que leurs tables font petites & balles com- me celles du Japon, & qu'au-licu d'etre as fur des chaifes ils fe placent fur des couttins & des tapis. Ils n'ont point d'ailleurs de ferviettes , ni de nap- pes, ni d'autres uftenciles qui ayent de la reffémblance avec les notres (4). Comme on n'a point affez expliqué la qualité de leurs viandes, il paroît nécef faire de faire quelques remarques fur les alimens communs de la Chine.
Les potages font excellens. Ils font compofés de graifle de porc, qui eft d'une bonté admirable à la Chine, ou de coulis de différentes efpèces de viandes, telles que la chair de porc, de canards, de poules &c. Leurs hachis font cuits dans ces divers jus. Chaque faifon de l'année leur fournit différen- tes fortes d'herbes & de légumes qui ne font pas connues en Europe. De la femence de ces herbes ils tirent une huile, dont ils font beaucoup d'ufage dans leurs fauces. Les Cuifinicrs François, remarque l'Auteur, qui ont porté le rafñnement fi loin fur cout ce qui regarde le palus, feroient furpris de fe voir furpaffes par les Chinois dans l'Art des potages, avec moins de peine & beau- coup moins de frais. Ils auroient peine à fe perfuader qu'avec les feules fé- ves du Pays, particulièrement celles de la Province de Chan-tong, & avec de la farine de riz &K de bled, on compofe à la Chine quantité de plats, qui ne fe refflemblent ni au goût nià lavüe. Cette varieté vient de celle des épices & des herbes fortes.
Les Chinois préfèrent la chair de porc à celle des autres animaux. C'eft comme le fondement de tous leurs féftins. ‘Tout le monde nourrit des porcs & les engraifle. L'ufage eft d'en manger toute l'année. Ils font infiniment de meilleur goût que ceux de l'Europe. & l’on auroit peine à trouver quelque chofe de plus délicat qu'un jambon de la Chine. La chair des vicilles jumens (1) y eft auffi fort eltimée. Mais les plus délicieux de tous les mets Chinois & ls plus recherchés dans les grandes fetes, font les nerfs de cerfs (m & les nids d'oifcaux. On fait fccher les nerfs de cerfs au Soleil d'Eté, pour les conferver roulés dans le poivre & la mufcade. La préparation, pour les fer- vir, eft de les faire tremper dans de l'eau de riz, de les cuire dans un coulis
de chevreau & de les ailifonner avec des épices. Les fin NT n PE fall - Fa Nu / x , a AC Chine du Pere du Halde, pige 350. nm) Les Anclois les appellent Sears pigel CC It nantes. SI ï KR 2 Nue v , ca : { DAS à : ) d ONTCWI Jury [a dans Navarctte, Vol. [, paz. 13. d'autres licux, où ils portent le nom de Juice
(1) Aagl. des Jumens fauvages. KR, d, I!
LE Fa-va rondel Mer, bec. ( lier et ployet chant tot qu preflé les coi Melé
LE tout f: convi laille , autres dans ic les Ch miner meme forte , mufan qu'on les bo foucts leurs b
Qu nérale me de pour « piens Cieux. mince taintcs gumcs fonc }
'elt
N: a met
: farine le u! OT 5° ]
ré afez ré- le, où d'au- près l'autre itingucr les re de bouil- dernier acte quels fuccé- e. Les Tar- de partie de enues, fans td'art, que
rchettes les baffes com- ° placent fur ni de nap- notres (4). Jaroît nécef- hine, orc, qui eft efpèces de Leurs hachis nit diffcren- ope. De la d'ufage dans nt porte le is de {e voir ine & beau- les foules fé- , &avec de lats, qui ne le des épices
aux. C'eft it des porcs t infniment ver quelque Îles jumeng cts Chinois, rfs (m) & té, pour les pour les fer- hs un coulis
LES it Sans pisel
EE: | EX dans
‘nom de lncù
bé Jai
: fariie ue
qu ont
DE LA CHINE, Lrv. IL Car. I, 2:
3
Les nids fe trouvent au on des Rochers, fur les Côtes du Tong-lins, de Fa-va, de la Cochinchine &c. Les oifcaux qui les bitiffen: reffemblent à l'hi- rondelle par le plumage. On fuppofe qu'ils y employent de peus poi ffons de Mer, qu'ils attachent aux rochers avec un fuc vifqueux qui di‘hil: de leur bec. On prétend avoir obfervé qu'ils prennent aufli de l'écume de Mer, pour lier enfemble les parties de ces petits édifices, comme les hirondelles y em- ployent de la boue. La matière en eft blanche dans fa fraicheur; mais en fc- chant elle devient folide, tranfparente & tirant un peu fur L verd. Aufi- vot que les petits ont quitté leurs nids, les FJabitans"des Cotcs font fort em- preflés à s’en faifir. Ils en chargent des Barques enticres. On ne peut mieux les comparer, pour la forme & la grandeur, qu'à l'écorce d’un citron confit. Melé avec d'autres mêts (»), il leur donne un excellent goût.
Les Pattes d'ours & les pieds de divers autres animaux, qu'on apporte cout fales de Siam, de Camboya & de Tartarie, font des délicateflès qui ne conviennent qu'aux tables des Seigneurs. On y fort audi toutes fortes de vo- laille, de liévres, de lapins, & Les efpéces de gibier qui fe trouvent dans les autres Pays. Quoi que toutes ces provifions foient g neralement moins chères dans ics grandes Villes de la Chine que dans les plus fertiles contrces de l'Europe, les Chinois ne luflent pas d'aimer la chair de chien & de cheval, fans éxa- miner fi ces animaux font morts de vicillffe où de maladie. Ils ne font pas méme difhculté de manger des chats, des rats & d’autres créatures de cette forte, qui fe vendent publiquement dans les ruis. C'eft un fps:tacle affez a- mufant, de voir tous les chiens d'une Ville raflémbies par les cris de ceux qu'on va tuer où par l'odeur de ceux qu'on a déja tués, fondre en corps fur les bouchers, qui n'ofent marcher fans étre armés de longs batons ou de foucts, pour fe defendre contre leurs attaques, & qui ferment foigneufement leurs boucheries pour fe mettre (o) à couvert.
Quorque la Chine produife du bled dans toutes fes parties, on y vit gc- néralement de riz, fur-tout dans les Provinces Meridionales. On en fait me- me de petits pains, qui ne demandent pas plus de vingt-quatre minutes pour cuire à la vapeur du pot (p}), & qui f: mangenc fort mous. Les ituro- p:ens les font un peu griller au feu; ce qui les rérd plus légers & très-d. l- où fait de froment une ptflerie fort
cieux. Dans la Province: de Chan te NE mince, qui n'eit pas de mauvais goût, fur-tout lorfqu «lle €? mlée de cer-
taines herbes qui excitent lanpitit(g} Outre les : . les lé- gumes & les racines, les Chinois en ont un grand nombre d'autres qui he fonc pas connues en EÉ:rops, & qui l'emportent eue fur les notres. C'eit la principale nourriture du Peuple av ee le riz (r).
NavarETTE obferve que les Chinois n'ont pas d'aliment plus commun ni a meilleur marché qu'une pate de feves qu'is appoilent Teu feu. Ms tirent la la feve, pour en faire de 5 ands gitcaux en form: de fromage, cinq ou fix pouces d'éphifleur, | L& qui font blancs comme de la neï-
5 CUMmmMmunzes,
ge J On y trouve peu de goût ri on les mange cruds; mais cuits à l'eau & {n) Du Res ubi [up pay, 302. ins d'un ‘qu art d'heure. R. d. FE. (ou) Chine au Pe ‘ Du FI . MAT, 914. 3) Chine du Père Du Halde pag, 323. (2) 2 . Qui fe culieut au lraiinure, en ur) Ibid, 518
CéRiMONIes DES CHINOIS, Nid N] d' CG -
feaux, «ali. ment fort dé licat.
Pattes d'ours.
Les Chinois aiment k chair de chien & de chev al.
Riz & pain de la Chine,
Pite de Teu- feu, en gran- de citime,
CÉu MoN! LES CiHinois.
Autres
qucurs,
|
li-
r
04 V ŒX À GES DA N°:S , MPIRE
à préparés ave ruines herbe: "LC du n & d'autres mets, c'e:
fort bon aliment. : rits au beurre, 115 font excellens. les mange auf f
chés & fumés, avec de la grailfe de Carvis X cette méthode efl la meilleure. I s'en fait une € nfommauon incroyable. Depuis l'Empereur & les Manda rins jufq qu'au dernier Payfan, tout ke monde ef pationne pour le Jeu. fe 1 & le trouve fi dulicat, qu'il ctt fouvent preferé aux poulets. La livre. qui «il de plus de vingt onces, ne Coue e null: part à is d qn demifoi. On prétend
‘ment d'air
ee CCUX qui EN ufent ne reflentent aucune altération du change me « care plus commun pour ks
& de climats & cutte raifon en rend l'ufi Voyageurs (5).
QUOIQUE le thé foit la liqueur ordinair e de la Chine, on v boit au u- ne forte de vin, comp: fé de riz, mais d'une ue. différente de celui qui fe mar: 2 Il y a diverfes m: mieres de le préparer. L'Auteur en rapporte u- ne, On fait tremper le riz dans l'eau pendant vingt ou trente jours, avec d'autres ingrédiens. Enfuite, le fafant bouillir jufqu'a difolution, on le voit au i-cot fermenter & fe couvrir d'une légere écume, qui reflemble aflz à cel le du vin nouveau. Sous cette écume elt le vin pur, qu'on tire des vafleaux bien vernis De la lie on fait une eéfpice d'eau-de-vic, qui cit quelquefois plus forte & plus inflammable que celle de l'Euro- pe. il sen vend beauc coup au Peuple. Celle dont les Grands font ufage, vient de certaines Vil les qui la ss Mes aucoup meilleure, On cftime pa articu- lièrement celle de 'u-i-hyen & de han, qui doit fa bunté à la nature des caux du Pays. Mais celle de Chau- rfi, dans la Province de Che-lyunr, eft encore plus cflimée, parce ele cit beaucoup plus fane (+). |
ENTez; les liqueurs fortes, on parle d'une diftillation de chair de mouton, dont l'Empereur Kang-hi buvoit quelquef
au clair dans
are mais qui neft gueres en ufage que parn i les L'artares, parce que le goût n'en eft point agreable & qu elle entoye bicn-tôt des vap-urs à la te te Les Chinois ont une autre cpèce de vin extraordinaire, qui fe fait dans la rovince de Cher Je, & qui fe nom- me Âao-vang-t/yveuz C'eft-à-dire, fin d'agneau. EMe eft tres-forte.& d'une o- deur d£ fgreabic ; mais les ‘Tarcares la trouvent excellente, On n'en tranfpor- te point dans les Pays étrangers (+). Les |
° , i
Xclations des Ambaflades Hollandoifes nomment plufieurs autres for- tes. de liqueurs, telies que le Sun-fu, qui et une difbllacion de lait, & Le bouillon de féves, [ qui femble étre la liqueur que Nieuhof appelle The are tar. ] Cunningham, dans fa Relation de l'Ifle de Cheu-chan (x), prétend que ce bouillon de féves n'eft qu'une émulfion, compofee d'eau chaude & de fcfame ou de bled de ‘Turc de Les ‘l artares mangent, dans leurs fetes, de la
su de Chameau & de Poulain, qu'ils rc, gardent comme des mets fort dé- iCats,
SN YAira gs ni SR f (s } > varettc , pa 7, 240, \v)} du Hal le , bi Jup. Ce yez ci-dcffus ( i-deflus l'articl
) Voyez ci-deflus, (x) Voyez ci-dellus l'article de cette Ifle.
{. IV.
L.
marie nc lai n'aur frères la fan honn confu femm avec une € tres tun2. C Gran nent Chin mand fom Chin cette pour Li té, femn font enfai grées vert C qu'a! obte les f fon d'ad me fecc Fnac nue ( d'u de
te sf Lu, Cu
ge auf: f
HO InCilicure. IR S \'urd | Tr feu, LX vre, qui cl On prétend ement d'air
in pour ks
boit au u- le celui qui rapporte u- Jours, avec
on Île voit :afluz à cel. u clair dans au de-vic,
de l'Euro. ont ufage, me particu- unature des e-kyung, eft
de mouton, es en ufage e & qu elle utre cipèce qui fe nom. & d'une o- n tranfpor-
autres for- lait, & le : Thé ‘Far. rctend que aude & de etes, de Ja ets fort dé-
de cette Ile,
{. IV.
DE LA CIIINE, Liv. IL Cuar. H :
$ I V. Mariages des Chinois. I ES Chinois ne connoiffent point d'obligation plus importante que celle
; du mariage. Un père voit fon honneur expofé à quelque tache, s'il ne marie point tous fes enfans. Un fils manque au premier de fes devoirs, s'il
nc laifle pas de poitérité pour la propagation de fa famille. Quand un fils aïiné P Eu
n'auroit rien hérite de fon père, il n'en feroit pas moins oblig: d'élever fes frères & de les marier. 11 doit leur tenir lieu du père qu'ils ont perdu, & fi la famille venoit à s'éteindre par leur faute, leurs ancetres feroisnt privés des honneurs qu'ils ont à prétendre de leurs defcendans. Sur ce principe, on ne confulte jamais l'inclination d:s enfans pour leur mariage. Le choix de leur femme appartient au père, ou au plus proche parent, qui fait les conditions avec le pére ou les parens de la fille. Ces conditions fe reduifent à leur payer une certaine fomme, qui doit étre employée à l'achat des habits & des au- tres ornemens de la jeune Marice; car les filles Chinoifes n'ont pas de for- tun:.
CET ufage eft commun entre les perfonnes de baffle condition. Mais les Grands, les Mandarins, les Lettrés & géncralemerit tous les Riches, don- nent plus pour le mariage d'une fille, qu'ils ne reçoivent de fon mari. Un Chinois fans fortune s'adreile fouvent aux Tlôpitaux des Orphclins, & de- mande une fille dont il puifle faire la femme de fon fils. Il épargne ainfi la fomme qu'il feroit obligé de donner pour s'en procurer une autre. Les filles Chinoifes font élevés dans le plus profond refpect pour leurs belles-mères; & cette raifon porte à croire qu'elles ne doivent pas être moins refpeétucufes pour leurs maris.
LEs Chinois fouhaitent avec tant de pañlion de ne pas mourir fans poftéri- té, que fi la Nature ne leur accorde point d'enfans, ils feignent que leur femme eft grofle, & vont demander fecrétement à l'Hôpital un enfant qu'ils font pafler pour leur fils. Ce petit Etranger entre dans tous les droits des enfans légitimes, fait fes études fous le nom qu'il a reçu, & parvient gux de- grés de Bachelier & de Docteur, privilége refufé aux enfans qui font pris ou- vertement à l'Hôpital.
Ceux qui n'ont pas d’héritier mäle adoptent un fils de leur frère, ou quel- qu'autre parent; quelquefois même un Etranger, & donnent de l'argent pour obtenir cette faveur d'une autre famille. L'enfant adoptif et revêtu de tous les priviléges d’un fils légitime, prend le nom de celui qui l'adopte & devient fon hcritier. S'il naît dans la fuite un autre fils dans la meme famille, l'enfant d'adopuon ne laiffe pas d'entrer en partage de la fucceflion. C’eft dans la mê- me vüe qu'il eft permis aux Chinois de prendre des concubines, ou piücôt de fecondes femmes, qui tiennent rang 2près l’époufe légitime. Cependant la Loi
KFn'accorde cette liberté [ au Peuple | que lorfque la première femme eft parve-
nue a l'age de quarante ans fans aucune marque de fécondité.
Comme les femmes ne paroiffent jamais à la vûe des hommes, le mariage d’une file ne fe conclut que par le crédit de fes parens, ou par le miniftere de quelques vieilles femmes qui en font leur profcilion, Les familles engagent
VIII. Part. D ces
Cérémonres EL Mauraces DES Cuinois,
Pal 2n ‘es Chinois pour laidlér des en fans.
À qui le choix des fcinmes ape puticnt,
Artifice pour lailter des enfans,
Adoption Chinoile.
Concubi- nes, ou fe- condes fem: ICS,
Négocil- tions, pour Les mariages,
CÉRÉMONTES LT MARIAGES pes CHINOIS.
Maniere ut on livre unes inime à celui qui l'é- poufe
}
Un marire- fufe quelque- fois de recc- voir fa fem- me,
Secondes femimes, ou Concubines.
Droits fin- suliers de la premiere,
20 VOYAGES DANS L'EMPIRE
ces vicilles Négociatrices à faire un rapport avantageux de la beauté, de l'ef. prit & des talens de leurs filles. Mais on fait peu de fonds fur leur témoigna. ge; & lorfqu'elles en impofent avec trop peu de retenue, elles font punies fé. vérement, Les articles ctant réglés, le contrat figne & les fommes payées fi- dellement, on ne penfe plus qu'aux préparatifs de la noce. Cependant il s'y méle d'autres cérémonies. La première con'iite à faire demander, de part & d'autre, les noms des deux Parties. Elle eft fuivie de prefens entre les deux familles. Plufieurs confultent les jours fortunés pour le mariage, qui font mar- ques dans le Calendrier, & cet office appartient proprement aux parens de la fille. Elle reçoit elle-meme des colliers, des bagues, des boucles d'orcilles & d'autres joyaux de cette nature. Ces détails font abandonnées : des médiateurs, & fe font par Lettres, qui s'écrivent des deux cotes. Mais on ne parle ici que du vulgaire, car les mariages des perfonnes de qualite fe ménagent avec plus de magnificence & de nobleffe.
LE jour marqué pour la nôce, la jeune fille fe met dans une chaife pom- peufement ornee, & füivie de ceux qui portent fa dot. C'eit ordinairement
[ parmi le menu peuple, j une certaine quantité de meubles que fon pére lui
donne, avec fes habits nuptiaux, qui font renfermes dans des caiffes. Un cortége d'hommes , loues, l'accompagne le flambeau à la main, meme en plein midi. Sa chaife eft précédee par des fifres, des hautbois, des tambours, & fuivie de tous les parens & les amis de fa famille. Un domeltique de con- fiance garde la clé de la chaife, & ne doit la remettre qu'au mari, qui attend fon époufe à la porte de fa maifon. Auili-toc qu'elle cit arrivée, il reçoit la clé du domeltique, & fe hatant d'ouvrir la chaife, 1! juge alors de fa bonne ou de fa mauvaife fortune. Il arrive quelquefois qu'un mari, mécontent de fon partage, referme immédiatement la chaife & renvoye la fille avec tout fon cortége, aimant mieux perdre la fomme qu'il a donnée que de tenir fon mar- ché. Mais on prend des précautions qui rendent ces accidens forc rares. Lorfque la fille eft fortic de fa chaife. elle marche [à coté de ] fon mari juf- u’à la falle d'affemblée, où elle commence par quatre révérences, qu'elle adreffe au eu. Elle en adrefle quatre autres aux parens de fon mari; après quoi elle eft remife entre les inains des femmes de la fete, avec lefquelles el- le paffe le refte du jour en réjouiffances, tandis que le mari traite les hom- mes dans un autre appartement.
Les fecondes femmes font reçües dans une maifon fans aucune formalité. Tout ce que les maris ont à faire dans œtre occafion, eft de figner un Ecrit, par lequel ils promettent aux parens, apres leur avoir payé la fomme dont on eft convenu, d'en ufer bien avec leur fille. Ces fecondes { femmes } dépendent abfolument de l'époufe légitime, & doivent la refpetter comme l'unique maitreffe de la maifon. Les enfans qui naïflent d'elles appartiennent aui à la première, qui porte feule le nom de mére. Ils ont droit à l'héritage; & fi leur véricable mère vient à mourir , ils ne font point obligés à l'obfervation du deuil ordinaire, qui cit de trois ans, ni à quitter leurs ctudes ou leurs em- plois, comme l'ufage en fait une loi à la mort d'un pere ou de fon époufe lé- gitime. Cependant peu d'enfans fe difpenfent de cette marque de tendrefle & de refpeét pour leur propre mére.
[IL fe trouve des hommes, qui, pour obferver les devoirs d'un bon mari, ne prennent point de concubines fans le confentement de leur femme, & co-
lorent
lorent
pour
pr rendei pren Su hu les on les les LE tre de feconc enfan: penda fecon roit Ct trat, veuva mort. comm le lui cent | ve, € les, S nya propr tat d de fe d'hon pA\ t ( h ) ’ re d'e vend trouv les v L: mon! à des la LA femr CCCt apré le di prer
{n à la ! la
té , de l'ef | témoigna- t punics fé. payvecs fi- dant il s’y de part & re les deux i font mar. irens de Ja l'orcilles & iédiateurs, arle ici que tavec plus
haife pom- nairement
on pére lui
iles. L in
meme en tambours, uc de con- qui attend il recoit la : fa bonne Content de °C tout fon r fon mar- fort rares. n mari juf- s, qu'elle arl; aprés quelles el- : les hom-
formalité. un Écrit, ie dont on dépendent : l'unique aufli à la ges & fi fcrvation leurs em- poufe lé- idreile &
on mari, ce, & co- lorent
DE LA CHINE, Liv. Il. Cnar. Il. 27
lorent mime Cette propofition du prétexte de lui donn:r plus de fimmc:; pour la fervir, D'autres, ne prenant une féconde fcmme que dans la vic de “procurer un héritier, la renvoyent au di-tot qu'il leur nait un fils, & lui rendent la liberté de s'engager dans un autre mariage, Souvent meme ils prennent le foin de lui procurer un mari. Les Vilks de Tang-cheu-fr & de Su-cheu-fu, dans la Province de Kvang-nan, font fameufes par l'ufage qu'el- les ont depuis long-tems de fournif un grand nombre de ces concubiues, El les les achetent en différens licux & les font élever dans cette vüûe.
Les deux féxes ont la liberté de fe remarier apres la mort de l'un ou j'au- tre des deux poux. Un homme peut mine époufer fa concubine; mais cvs fecondes noces fe font avec peu de cérémonies. Les veuves, qui ont eu des enfans , deviennent entiérement maitreiles d'elles-mêmes, fans aucune dé- pendance de leurs parens; mais hors les cas d'une bienféance reconnue, un fecond mariage leur fait peu d'honneur. Une femme de diftinction qui n'au- roit été mariée que deux heures, où qui n'auroit pas été plus loin.que le con- rat, ne s'en croiroit pas moins obligée de pañer le relte de fa vie dans le veuvage, pour marquer le refpect qu'elle doit à la mémoire de fon mari mort, ou à fon propre engagement. Il n'en eft pas de meme d'une veuve du commun. Les parens de fon mari, pour retirer une partie de la fomme qu'el- le lui a couté, peuvent la remarier fi elle n’a point d'enfant male, & la for- cent fouvent de recevoir d'eux un fecond mari. Quelquefois le mari eit trou- ve, & la fomme payée avant qu'elle en ait la moindre connoïffance. Les fil- ls, s'il en refle à marier (a), fuivent la condition de leur mère. Enfin, il n'y a aucune loi qui la mette à couvert de cette opprefion, à moins que fes propres parens ne fe chargent de fon entretien, ou qu'elle ne fe trouve en c- tat de rembourfer ceux de fon premicr mari, ou qu'elle ne prenne le parti de fe jetter parmi les Bonxef]es ; condition fi méprifable , que c’eft fe perdre d'honneur. Cette violence eit moins commune parmi les ‘l'artares.
Aussi-rûr que les veuves font vendues, on les tranfporte dans un Sec (b), à la maifon de leur nouveau mari. L'empreffement qu'on a de fe defai- re ‘d'elles eft fi vif, qu’il fait quelquefois violer la loi, qui ne permet pas de ls vendre avant que le tems de leur deuil foit expiré. Cependant lorfqu’elles trouvent le moyen de faire entendre leurs plaintes, le Mandarin qui a ferme les yeux fur cette injuftice n’échape point au chitiment.
Les mariages ne peuvent être caffés, lorfqu’il n’a rien manqué aux céré- monies de la celébration. Une femme qui abandonne fon mari eft foumife à des corrections légales, après quoi il conferve le droit de la vendre. Mais la Loi impole des chatimens févères aux maris qui vendent fecrétement leurs femmes ow qui les proftituent, & à tous ceux qui prennent quelque part à cette infamse. D'un autre côté, file mari abandonne fa femme, eile peut, après trois ts d’abfence, porter fa plainte aux Mandarins, qui lui donnent le droit de fe remarier. Elle feroit rigoureufement punie, s'il lui arrivoit de prendre un autre mari fans avoir obfervé cette formalité, Cependant il î a
es
(b} Le Traduéteura confervéici, onne fcait par quelle raifon, le mot Anglois, au-lieu de
dire une chaife à porteurs. KR. d, E.
D 2
(a) Angl. fi elle a encore une fille qui foit à la mammeile, cle éntre dans le marché de la mére, KR. d. Ji,
(
LE, Ci
— -
- TT Ja r
Les mariä ges peuvent d- trecailts dis CErTains çus,
CÉRÉMONTES ET MaAkAGES D£s CHINOIS.
Circonftan- ces quiles rendent nuls.
Autres rai- fons de nul-
jité,
Autres nulii- tés, fuivant Navarctte.
D'cifon des Cafuites dela Chine.
28 VOYAGES DANS LEMPIRE
des cas particuliers, tels que l'adultère, qui dt fort rare à la Chine, l'antipa- thie, la différence des tempéramens , l'exces de jaloufie , l'indiferétion, la ftérilité, les maladies con’ agieufes, où le divorce cit permis par la Loi. Mais on n'en voit guëres d'éxemple que parmi le Peuple.
IL yades circonftances qui empechent la cclébracion du mariage ou qui la rendent nulle. 1. Une jeune fille promife à un jeune homme & comme enga- gée par les préfens mutuels des deux famifès, ne peut devenir la femme d'un autre. 2. le mariage eft nul dans les cas de tromperie, où, par Exemple, à quelque belle perfonne qui auroit Cté Vie par les Negociateurs on fübititueroit une femme laide & défagréable ; où, pour une femme libre, on donneroitune Efclave; & où le mari ne feroit auñi qu'un Éfclave, qu'un percauroicentrepris de faire paer pour fon fils légitime. 3: Un Mandarin civil ne peut fe marier dans une Province ou dans une Ville dont il et Gouverneur. 4. Le mariage eft nul avec une fille ou un garçon qui fe marie pendant le deuil de fon pere ou de fa mére. +5. Une promefle de mariage faite pendant la vie du père, ceffe à fa mort, pourvû que le jeune-homme averüfle par un billet lés parens de la fille. Cependant ceux-ci ne fe croient point encore dégagés. Ils atten- dent que le tems du deuil foit expiré; & sexpliquant à leur tour par un bil- let, ils font fouvenir ic jeune-homme de l'ancienne promefle. Mais sil re- jette alors leur propofition , la fille eft déclarée libre & peut s'engager dans un autre mariage. Le cas eft le même s'il arrive quelque difgrace dans cette famille, telle que lemprifonnement du pére ou de quelque proche parent. Il faut du moins que le Prifonnier donne fon confentement; & fi le mariage n’eft pas rompu, il fe celebre fans fête & fans réjouiflances. 6. Enfin les maria- ges font defendus dans une meme famille, à quelqu’éloignement que foic le degré de parenté. Deux frères ne peuvent éporfer deux fœurs. Un homme veuf ne peut marier fon fils à la fille d'une veuve qu'il époufe. Toutes ces contraventions à la Loi expofent le coupable au chatiment (c).
N'AvARETTE apporte d'autres raifons qui peuvent faire cafler un mariage. 1. Une femme babillarde , qui fe rend incommode par ce défaut, eft fujerte au divorce, quoiqu'elle foit mariée depuis long-tems & qu'elle ait donne plu-
fieurs enfans à fon mari. | L’/ r croi » {ice meme ufire : * 3 fieurs en à fon mari. { L'Auteur croit que fi ce meme ufage, étoit autori-#
fé par les loix en Europe , il fcroit d'une grande uulité.T 2. Une femme qui manque de foûmiffion pour fon beau-pere & fa belle-mère (4). 3. Un: f Le me qui déroberoit quelque chofe à fon mari. 4. La lepre ett une autre in de divorce. 5. La ftcrilité. 6. La jaloufie. L'Auteur obferve, à cette oc ‘a fion, que les préfcrences d'un mari éaufent fouvent d etranges querell . A : les femmes. Les unes fe pendent. D'autres fe precipitent dans un puits il ajoûte qu'une premiere femme, lorfqu'elle n'a point d'enfans, engage fon ma- ria prendre une concubine, pour fe conferver quelque part à fon affection Parmi le Peuple, il fe trouve des maris qui louent leurs femmes dans FR foin, où qui les pretent pour un tems. Les Cafuiles moraux de la Chine, dé- cident qu'une mauvaife femme peut etre chaflce avec autant de juftice que de raifon, Zu-gu (e), fils du Phulofophe Confucius, changea plutieurs fois de femme k POSE du Père du Halde, page 353. mes past fouvent une vic fort triite, [y (4) Cette foümiflion fait que les fem- RARES
femme .nomm $ “ rerpl Î
l'exces hommd ditinci Manda nombr apres me & racont! volont: ge: dt maria autre f de fen naire leur p leur v ce qui D 4 à mari Pere A vince. le dut] que | deux « tuels, enfans de lat époux lemen cu du LE dre d’' tel àg mand de la gent , donn port par q piece diver
& a
; Fl'antipa- :retion, la Loi, Mais
> où qui la mme enga- emme dun xemple, à ibltitueroit nneroit une tentrepris ct fe marier Le mariage Ion pere où ire, cefle à s parens de Ils atten- par un bil- ais s'il re- gagcr dans dans cette arent, Il iriage n'eft les maria- que foit le n homme l'outes ces
n mariage. cit fujette donne plu-
toit autori- #
femme qui Un: fem- utre rafon CCTLE OCCa- elles entre puits. Il 0 fon ma- atfeétion. ans le be- ‘hine, dé- ice que de irs fois de femme
trile,
femme. Les Livres Chinois citent quantité d'autres éxemples 4e divorce, Is
» : PSN 4 3 . : ré r « pe » 111 ’e N
Fe des Anciens, qui chafftrent leurs femmes par la feule raifon qu'elles no nt qe |
oi 1 Le elles cfrayoient leur chien par éremplifloient leur maifon de fumée, ou qu'el'es effrayoient leur € I
l'excés de leur babil. Dans ces cas les Docteurs Chinois ou de homme du commun peut fort-bien {e remarier 3 cu Vu cs Les diftinétion, à la tete defquels ils nomment | A les no Se Mandarins, ne doivent point ufer de cette liberté, parce qu'ils o granc
. nombre de concubines, de qui ils peuventattendre des offrandes & des facrifices
après leur mort Cependant l'Empereur Chun-chi fe defit de fa a [cm - ed la renvoya dans fon Pays malgré fa groflefe. Deux Jétuites e Pexing racontérent à Navarctte , qu'un mari & une iemme l'arcares s'étant fépares lontairement, s'engagcrenc, chacun de leur côté, dans un nouveau maria- re fuivant le Lemoign ige du Pere Adam, dans une de fes Lettres, les ee: que € D'Or AA … Je | on _ È tes. des ‘J'artares durent jufqu'a cc qu'ils ayent envie de pos une titré ue & qu'entre les Grands de leur Nation, l'ufage et ne acts L \ N N , s : , e L L de femme & de fe marier l'un à celle de l'autre CF). Il eit encor À ort BE ire aux pères de fair: des conventions de mariage pour leurs cnfans , dés 4 ù nice jeuneffe, & fouvent pendant la grotféile de leurs femmes. a Re & ile, ils conviennent d'avance de les marier C'ef leur vient un garçon & une fille, chier d'av . de le ‘ils appellent Chi fi 1 iügnifie, Aiarque de ventres.e : qu'ils appelient Chi fa, qui iignifie, Aiarqu DRE à D ANS É Province de Chang-fi 1 seit établi un ridicule ufage, qui CE LL i L € . ù * A 4 ee ù * à : c ve à marier des perfonnes mortes [Auceur fait ce récit fur le temoignag du Père Michel Trigaut, Jéfuite, qui avoit paîle piutieurs années dans cette Pro- | ne * 8 ? “ à > » : a] É » < ? n y Lé ince, Deux familles qui perdent un garçon & une fille, apres avoir formé Le dettes | ic umble, conviennent de celcbrer lé mariage tandis le detlein de les marier enfemble, convienne ee que les deux cercucils font dans leurs mafons, où l'ufage it de les gui oi quelquefois davaniaz: Ils s'envoyent des prefens mu- deux ou trois ans & quelquefois davaniaz:. . LEE tuels, accompagnés de mulique & de beaucoup de formalités, comine fi leur enfans étoient encore en vice. Enfute ils placent les deux cercucils l'un pres de l'autre ils font le feltin nuptial dans le meme licu, X renferment les . époux dans un méme tombeau. Aprés cette céremonie ils fe traitent non-fc u- . \ : eds ï y, L] . à : ï * , 4 i 1 alliés, comme urs enf: TOICNC VC- lement d'amis, mais de parens ou d’alliés, comme fi leurs enfans avoit cu dans le mariage. : . use L Es cérémonies du mariage, dans la même Province, confiftent à Fe “si dre d'abord au Temple des Ancetres, pour leur déclarer que leu petit-fils, u tel age, fe propofe d'epoufer une fille, qu'ils nomment auf, & pour leur de- mand + de l'aiiftance dans une affaire qui les touche de fi pres. Les parens af : chofe. Le mari apporte à fa femme une fomme d ar- de la fille font la méme chofe, Le mari ap} ë Das nn gent, que les parens gardent pour eux-memes. Quelquefois de ils en | : à 1 . * » ee » » " D Era) “ à Pa a € ) 1 donnent une partie à leur fille. Cette fomme et portte avec toute la pe re poible. La mufique précede. Enfuite viennent les tables, portées chacune par quatre hommes. Sur l'une eft une pièce d’etofe de foie ; fur l'autre, une
piece de coton; le fruit fur la troifième, & l'argent fur la quatrième, avec
cs f riandife ais la réalité ré nal au bruit diverfes fortes de mets & de friandifes. Mais la réalité répond ma & aux apparences.
(f) Relation de la Chine par Navarette, pag. 66, & fui:
D 3
DE LA CIINE, Liv. IL Car. Il 20
CÉREMONT"S ET Marvracrs Des Cuinu.s,
Ufage de ma- ricrles Morts,
Moringes de la Province de : Chan-fi,
ULTDLMONTES ET NIARIAGES pEs Crinois, Comment une tic fe fe-
pare de fa fa- milice,
Contruinte où vivent les {fcmimes,
Secours qu'eiles de- mandent dans leur groffeite.
Noms des entans,
Divers noms, fui- vant l'âge & les rangs,
comme fuperftitieux, jetta furieufement l'œuf
VOYAGES DANS L'EMPIRE
ON fait choix d'un jour fortuné pour envoyer les préfens & pour célibrer le mariage (g). La déclaration s'en fait encore aux Ancetres; apres quoi le mari charge un de fes parens, ou queique perfonne grave, de lui amener fl femme dans un fedan bien crime. Lile prend conge de fa famille, après en avoir recu de bons confuils. Elie entre dans le fedan, où elle trouve un peu de riz, de froment & d'autres grains, pour fignilier qu clle porte quantité de biens avec elle, & que les revenus de fon mars en receÿront beaucoup d'ac- croiflement. ‘landis qu'elle entre dans fà voiture, on cafe ordinairement un œuf, quoique le céremonial n'en fafle point une loi, pour fignilier qu’elle fera féconde (} ). | | | |
LorsQu'£LLE arrive à la maifon de fon mari, qui eff richement paré pour la recevoir, le beau-pere & la belle-mcre le pretentent les premiers, & nc lui épargnent ni les honneurs ni les careffes. On rend les devoirs d'ufige, au Ciel & à la Terre, aux parens & aux amis. Enfuite la fete commence. Les hommes mangent dans la première chambre. Les femmes, dans une ch ambre intérieure. Le foir on conduit la jeune Marice dans l'appartement de fon mari, où elle trouve, fur une table, des cizcaux, du fil, du coton & d'autres matitres d'ouvrages, pour lui faire connoitre qu'elle doit aimer le travail & fuir l'oii- veté. | |
Dspuis ce jour, jamais un beau-père ne revoit le vifage de fa belle-fille,
[qu'après fa mort, fi le hazard veut quelle meure avant lui. } Quoiqu'il vive-
dans la méme maïfon, il ne met jamais le pied dans fa chambre. 1! fe ça. che lorfqu'elle en fort. Les amis & les alliés de la famille n'ont pas la liberté de lui parler fans témoins. Cette permiilion s'accorde aux coutins, lorfqu'ils font plus jeunes qu'elle, parce qu'on s'imagine qu a leur age ils ne font capa- bles d'aucune hardieffe offençante. Mais ceux qui font plus ages n'obtiennent jamais une faveur de cette nature. On craindroit qu'ils ne prilenc avantage de leur fupériorite. Il eit permis aux femmes de foruir quelquefois dans le cours de l’année , pour rendre vifite à leurs proches parens. C’elt à quoi fe bornent leurs plailirs & leurs amufemens.
LorsQuU'ELLES fe croient grofles, elles vont faire la déclaration de leur état au ‘l'emple de leurs Ancecres, & demander leur fecours pour une heu- reufe délivrance. Après l'accouchement, elles retournent au meme lieu, pour l’action de graces & pour demander la confervation de leur fruit. Quel- quefois elles y retournent encore avec leurs enfans, pour remercier les Morts de les avoir confervés & demander qu'ils parviennent à l'age de maturité (i).
Dès le moment de la naiïflance on donne aux enfans le nom de leur nil le, c'eft-à-dire, un nom commun à tous ceux qui defcendent du méme grand- père. Un mois après on y joint un diminutif, que les Chinois appellent wa nom de lait, & qui elt ordinairement celui d'une fleur, d'un animal ou de quei- qu'autre créature. Au commencement des études, un enfant reçoit de fon Maitre un nouveau nom, qui accompagne celui de fa famille, & qu'il porte
entre
(zx) On choifit ordinairement un des neuf contre un mur, en difant:,, Ma fille eft-elle
jours de la nouvelle Lune. » Une poule à qui l'on veuille faire pondre des b) Navarette remarque qu'un Chinois ,, œufs? F'aion & la remarque font égale nouvellement conveiti, refardant €Ct ufare ent pucriles.
i) Navarctte, pag. 69. & fuiv.
\
re fc d'il pc ent à ble, il
rle d
[Na
ue mé publics primé, manicr( jamais.
KE Cx)
À ] les ble din rens pe nuels de prefcris Morts, celle de feflion « prendra Nav proche que fa terre al faire cc Malade fe fcrm avec les nom & couvre donner: Milion! XCCULC : ON nom de poicr. gette fc
Lu
Jour célébrer apres quoi lc ui amencr f{ Ile, apres en rouve un peu C quantité de aUCoup d'ac- nurement un r qu'elle fera
nt paré pour rs, & nc lui fige, au Ciel Les homines re interieure. nai, où elle tres matières X fuir l'oift-
fa belle-fille,
uoiqu'il vive: c, [I fe ca-
pas la liberté ns, lorfqu'ils e font capa- n'obtiennent ünt avantage cfois dans Îe elt à quoi fe
tion de Jeur ur une heu- meme lieu, fruit. Quel- er les Morts aturité cos leur famil- 1ème grand- Ilent «x nom ou de quei- çoit de fon qu'il porte
entre
a fille eft-elle re pondre des & funt Cuale
div,
DE LA CIINÉ, Liv. IL Crar. Il dé
ftre fes condifciples. Lorfqu’il eft arrivé a l'âge viril, il en prend un autre, M'il porte entre fes amis. Cell celui qu il conferve & qu'il ligne ordinaire. lent au bas de: fes Lettres. Enfin, sil parvient à quelqu Emploi confidéra- ble, il choiit un nom convenable à fon rang ou à {on D X CA on
rle de lui, la politefle ne permet plus qu’on lui en donne d'autre, Ce feroit Mc incivilité groiticre de l'appeller de fon nom de famille , à moins qu'on y fuc autorife par la fupériorité du rang (k).
ge [Navarerre aflire que la fodomie eit aflez commune dans la Chine, &
que méme du tems des Empereurs Chinois il ÿ avoit dans Pe-king des lieux publics deltinés à cet abominable ufage. Les Empereurs ‘T'ar . les ont fupe primé, mais:1l en refte encore à Ÿong-chew. Ceux qui : pro a de cette manière font habillés comme les autres hommes, mais ils ne fe (/) marient
jamais. ]
RCA) Navarcette, uli fup. pag. 68. (4) Du Halde, pag. 294. -
f. V. + Deuil &$ Funcrailles des Chincis.
F A picté filiale étant le principal fondement du Gouvernement ne les anciens Sages de la Nation fe perfuad-rent que . LA Capa ble d'inipirer aux cntans le refpeët & la foumi ‘on qu ils Ses leurs pa- rens pendant leur vie, que de voir rendre aux Morts des PHONE do nucls de la plus profonde vencration. C'ett par cette ration que cs | Lie prefcrivent avec tant d'exactitude toutes les ceremonies qui regardent : Morts, telles que l'ufage en cit établi dan: ja Reigion ne qui el celle des Lectrés ou des Sectaicurs de ConeIes Les autres ont pro- fefion de les pratiquer au; mais avee un melange de fuperftitions, qu'on prendra foin de diftinguer dans la Deferipuion fuivante. : L Navarerre nous apprend que fuivant le Rituel, lorfqu'un homme ap- roche de la mort, on le prend dans fon lit & on le couche à terre » atin que fa vie finifle où elle à commencé. De meme, on place un enfant à terre aufli-tot qu'il elt né, comme chez les Juifs &. d'autres pa faire connoitre qu'il doit retourner dans le lieu d'où il eft se ri 1e Malade eft expiré, on met dans fa bouche un petit biton, qui empêche de fe fermer. Alors une perfonne de la faille monte au fommet de A , avec les habits du Mort, quil étend dans l'air, en appellant fon a nom & la conjurant de retourner. Enfünte il revient auprès du ca + . & ; couvre de fes habits. On le luffe trois jours dans cet état, Le nt e si donnera quelque marque de vie avant qu'on le mette au cercueil, oi 1e Mifionares ont approuvé cette cérémonie. Dans plufieurs cantons, elle s’é- ‘cute à la porte du Mort. | | We Fox on cnfuite à faire une canne, ou un bâton d Appui qul parce. le nom de Chung, afin que l'ame ait quelque foutien qui puille lui a he de ofer. Ce baton C't fufpendu dans quelque ‘F'emple des Morts. On fait auñi
gette forte de tablettes que les Müdionures nomment Tublettes des Morts, & qui
C'arMonies FUNEBRES DES Cuisots.
fondement du Gouverne- ment Chinois.
Origine des cérémonies moituaires,
Premières cérémonics qui s'ebfer- Vour & amort d'un Chinois,
ES 2 Ad age "7 —: em == es . ; _
CÉRÉMONTES FUNEBRES DES CHINOIS,
3onzcs qui aMitent les Chinois à la uort,
Ancien ufa- gc, pour les femmes, ce fe pendre à la mort du mari.
Cercucils des Chinois.
32 VOYAGES DANS L'EMPIRE
qui font nommées par les Chinois , Trûnes ou Siéges de l'Ame ÿ car ils fuppofent que les Ames de leurs amis morts y {ont leur féjour, & qu'elles s'y nourrif: fent de la vapeur des alimens qu’on leur offre. L'Auteur aflüre qu'il a vérific cette doctrine par la lciure de leurs Livres & par leur propre témoignage (a). Entroifieme lieu, on met dans la bouche du Mort une piéce de mon- noie d'or ou d'argent, du riz, du froment & quelques autres bagatelles, C'eft dans cette vüe qu'on la tient ouverte. Les perfonnes riches y mettent quelques perles. ‘l'outes ces cérémonies font preferites dans les Rituels & dan: le Livre nommé Kay-ju, qui eit l'ouvrage de Confucius.
L'usace des Chinois, lorfque la maladie met un de leurs parens en dan- ger, eft d'appeller les Bonzes pour employer le fecours de leurs prières. Ces Miniitres publics de la Religion viennent avec de petits bañlins, des fonnettes & d'autres Inftrumens, dont ils font affez de bruit pour hater la mort du Ma: lade; mais ils prétendent au contraire que c’eit un foulagement qu’ils lui pro- curent. Si la maladie augmente, ils afiürent que l'ame eft partie; & vers le foir trois ou quatre d'entr'eux courent par la Ville avec un grand bain, un tambour & une trompette, dans l'efpérance de la rappeller. Ils s'arrêtent un peu en traverfant les rues; ils font retentir leurs Inftrumens & continuent leur marche. L'Auteur fut témoin plufieurs fois de cette pratique. Ils parcourent dans la même vüe les champs voifins, en chantant, priant, & fonnant de leurs In{trumens entre les buiflons. S'ils trouvent quelque groffe mouche, ils s'efforcent de la prendre ; & retournant, avec beaucoup de bruit & de joie, au logis du Malade, ils aflürent que c'eft fon ame qu'ils rapportent. L'Auteur apprit qu'ils la lui mettent dans la bouche.
C'Esr un ufage affez commun parmi les Tartares, à la mort d'un homme, qu'une de fes femmes fe pende pour l'accompagner dans l'autre Monde. En 1668, un Tartare de diftinétion étant mort à Peking, une de fes concubines, âgce de dix-fept ans, fe difpofoit à lui donner cette preuve d'affection; mais fes parens, qui l’aimoient beaucoup, préfentérent une requete à l'Empereur, pour le fupplier d'abolir une fi odieufe coutume. Ce Prince ordonna qu’elle fût abandonnée, comme un ancien refte de barbarie. Elle étoit établie auf parmi les Chinois; mais les Exemples en ctoient plus rares & leur Philofophe ne l'avoit point approuvé. Cependant l'Auteur fut témoin qu'un Viceroi de Canton, fentant là mort approcher, pria celle de fes concubines qu'il aimoit Je plus tendrement, de fe fouvenir de l'affection qu'elle lui devoit, & de ne pas l'abandonner dans le voyage qu'il alloit entreprendre. Cette femme eut le courage de lui donner fa parole & de l'éxécuter, en fe pendant elié-méme aufli-tot qu'il fut expire.
AvanNT que de mettre le corps au cercueil, on le lave, dit Navarette, avec d'étranges ceéremonies (2). Du Flalde affüre au contraire (c) qu'on lave rarement les Morts; mais qu'après les avoir revétus de leurs plus riches habits & couverts des marques de lcur dignité, on les place dans le cercucil qu'us ont fait faire pendant leur vie. Leur inquiétude va fi loin fur cet arti- cle,
Ca) Du Halde dit (pag. 10.) que ces fan. pendant Navarette affüre qu'elles viennent de taifics ont étc introduites par les Borzes, & Confucius même. Doit licu que parmile Peuple, étant fort op- (Ch) Navarette, pag. 70. & fuiv.
poiccs à la véritable doétiinie Chinuife. Cc- (ec) Du Halde us jup. pag. 310.
cle, qi “procur fme le tou fc cucil à quefois :boutiq Ze où brûle € où l'o! des an meme comp fort K rieur, mode. En un cucil, ON
. charb hnois, n'oub conqi eft de de m prccreu pleur: cœur conn fe; à
de le
L
rent que allics de C& loign ment iCS Ô une en fl
ls fuppofent s'y nourrif lil a vérific témoignage ce de mon-
bagatelles, S y mettent
uels & dan:
ens en dan. ières. Ces les fonnettes hort du Ma. u'ils lui pro- 3 & vers le d bafin, un ‘arrétent un cinuent leur s parcourent fonnant de mouche, ils & de joie, t. L'Auteur
‘un homme, Ionde. En concubines, :ction; mais l'Empereur, onna qu'elle établie auf
Philofophe Viccroi de qu'il aimoit t, & de ne femme eut t clié-méme
Navarette, (ce) qu'on plus riches le cercucil fur cet arti- cle,
es viennent de
fuiv, 310.
Hprocur cr un cercueil plus de vingt ans avant le befoin, fme le plus précieux meuble de Icur maifon. tou fe vendre, dans la feule vüe d'amañler aflez d'argent pour acheter un cer-
pérccreucil,
DE LA CIINE,LtviL Car. IL 33
cle, que s'ils n'avoient que dix pifloles au monde, 1ls les employeroient à fe Ils à regardent com- On a vü des enfans fe louer
cucil à leur pere (d). Ils'en fait d'un bois fi recherché, us valent quel-
quefois jufqu'à cent ducats. On en trouve de toutes les grandeurs dans les ! boutiques.
Les Mandarins éxercent fouvent leur charité, en dittribuant quin- ze où vingt cercucils au Peuple. Un Chinois qui meurt fans ce meuble eft brûle comme un ‘Fartare, Auti célebre-t-on, par une fite, l'heureux jour où l'on eft parvenu à fe procurer un cercucil. On l'expofe à la vue pendant des années enticres. On prend quelquefois plaifir à s'y placer. L'Empereur meme a fon cereucii dans le Palais (e). Les planches dont Les cercucils font compofts, pour les perfonnes riches, ont un demi-piecd d'épaifleur & durent fort long-tems. Comme ils font enduits de bitume & de poix du cûté inté- rieur, & foigneufement vernis au dehors, il n'en fort point de vapeur incom- mode. On en voit de richement dorés, avec divers ornemens de fculpture. En un mot, la dépenfe des perfonnes riches, pour fe procurer un beau ecr- cucil, eft ordinairement entre trois cens & mille Ccus Sa
ON y met un peut matchs, une courtepointe & des orcillers, avec du
. charbon & de P< ICS guichets pour les lampes, dans la vüe, dif&ne les Chi-
nois, d’ empécher que l'humidité du corps n’y caufe de la corruption (£}). On n'oublie pas auff! d'y mettre des cizeaux pour fe couper les ongles. Avant la conquete des ‘Fartares, on y mettoit un pc igne pour les cheveux. L'ufage eft de couper les on: les aux Alorts, lorfqu' ils ont rendu Le dernier foupir, & de mettre ce qu'on en retranche dans de petites bourfes aux quatre coins du [apres quoi on y place le corps, & on fe répand en cris (h) & en pleurs ] Ils regardent comme uue cruauté d'ouvrir un corps, & d'en ôter le cœur & les entrailles pour les enterrer fCparément. Des os de Morts entailés, comme en Europe, les uns fur les autres, leur paroïffent une chofe monftrueu- fc; & tant de cercucil conferve fa forme, ïls fe gardent ferupuleufement de le joindre dans une méme fofe à ceux de la mème famille.
Le J'yuo, c'ett-a-dire, les devoirs folemnels qu ‘ils rendent aux Morts, du- rent ordinairement l'efpace de fept jours; à moins qu'on nc foit obligé, par quelque bonne raifon, de les réduire à crois. C’eft dans cet Férqale que les allics & les amis d'une famille, après avoir invités , viennent s'acquitter de ec qu'ils dorvent à la memoire du Mort. Les plus proches parens ne s’é- Joignent pas de la maifon. Le cercucil eft expofé dans le principal apparte- ment, qui ef} tendu d'étofe noire (i), quelquefois entremelée de bandes noi- res X violettes, & d'autres ornemens de deuil. On place devant le cercucil aunc table, fur laquelle eft la ftatue du Mort, ou du moins une piéce de bois en foilpture, avec fon nom gravé (4), & de chaque côté, des ficurs, des
" par fums (d) Chine du Père du Halde, pag. 280. (b) Defcription de la Chine par Navaret- & of. te, pag. TI. (e) Defcriptior de la Chine par Navarct- (à) «gl. d'étofe blanche, R. d. E. te, pas, 7. (&) Navarecte dit que le nom ett fur un Cf) Duflalde, ubi fup. pag. 306. petit tabernacle, placé au inilieu d'un autel (g) Du ffide dit qu'au fondon met dela qui cit fur le cercucil, chaux dans F1 méme vüe, VIII, Part, E
CErRLMONTES FUNEGKES DES CuiNois. Pation des Chinois pour fc procurer
un cercucil.
Ufage qu'ils en font pen: dant leur vie,
Ce qu'on y met avec le corps.
[0
Circonftan:
ces du deuil,
CÉRÉMONIES FUNEBRES DES CHINO!S.
Comulimens de condoican-
ra
ce.
Rafrrichife. meis qu'on préfente à l'af- femblée.
Cérémonies de l'enterre-
mont,
" VOYAGES DANS LEMPIRE
parfums & des (7) flambeaux de cire allumés. Navarette raconte qu'avar: que de pleurer le Mort, on met au milieu de la chambre un plat de table, que les Bonzes brifent en picces apres quelques cérémonies, en affurant qu'il; ont ouvert au Mort les portes du Ciel. Alors les lamentations commencent, & l'on ferme le cercueil avec une inlinité de nouvelles céremonies (m).
CEux qui viennent faire les complimens de condolcance faluent le Mort en fe profternant, & frappent plufieurs fois la terre du front » ViS-d-Vis la ta. ble a), fur laqu. lle ils mettent enfuite des lambeaux de cire & des parfums, que l'ufage les oblige d'apporter. Les amis particuliers accompagnent cette formalite de foupirs & de larmes. Pendant qu'ils s'acquittent de ces devoirs, laine des fils, fuivi de fes frères, fort de deffous un rideau , qui eft à cocc du cercucil, rampant à terre & verfant des larmes dans un filence lugubre, On le complimente avec les mêmes cérémonies qu'on vient de faire devant le cer- cucil; tandis que les femmes, qui fe tiennent cachées derriére le rideau, jet. tent par intervalles des cris lamentables. | | |
LorsQUE tous ces devoirs om: été remplis, on fe lève, & quelque parent éloigné du Mort, ou quelqu’arui en habits de deuil , qui a reçu les a liftans à leur arrivée, continue de faire les honneurs de la maïfon, & les conduit dans un autre appartement, où l’ufage eft de leur préfenter des fruits fees, da ché & d'autres rafraichiffemens, {après quoi 1l les accompagne jufqu à leur chu- 5 fe.] Ceux qui demeurent à peu de diftance de la Ville, viennent s'acquitter de toutes ces bienfeances en perfonne. Ceux qui font arr:tés par l'éloignement ou par quelqu'indifpofition, envoyent un domeltique avec leurs préfens & un billet de vifite, qui contient leur excufe. L'ufage oblige audi }:s enfans du Mort, ou du moins le fils ainé, de rendre vilite pour vyit., mais il fuffit qu'ils fe préfentent à chaque porte, où qu'ils y envoyent un billet par les mains d'un domeitique.
Aussi-ror que le jour de l'enterrement eft fixé, on en donne avis aux pargns & aux amis de la famille, qui ne doivent pas manquer de fe rendre à l'afemblée. Le convoi funébre commence par des figures de carton, qui re- prefencent des efclaves, des rygres, des lions, des chevaux, &e. & qui font portées par des hommes. autres Compagnies fuccédent, marchant deux à deux, les uns avec des étendarts, des banderolles & des caflolettes remplies de parfums; d'autres avec des Inftrumens de mufique, fur lefquels ils jouent des airs lugubres. Dans quelques Provinces, le portrait du Mort s'éleve au milieu du convoi, avec fon nom & fes titres écrits en gros caraétéres d'or.
Il
(1) Du Halde, pag. 206. au pied d'une carcaffe Payenne , dont je fuis
(Cm) Navarette, pag. 71. tres -aljüre que l'ame brule en Enfer ; E cele
(n) Navarctre fait un reproche à pluficurs immédiatement aprés avoir dit la Mel}, dans Jéfuices de s'être aœonformés à cet ufage. I dit Je tems que je crois qu'il avoit encore le faint que le Père Antoine de Gouea, Supérieur de Sacrement dans l'efhonac.] | Mais cette accufätion fi la Miffion, ne défavoua point d'avoir fait la feréduit àrien, dans un temsoù ces honneur; méme chofe, [Il ajoûte que Jules Alcin Brg@iendus aux Morts étoient regardés comme un aufli de même, mais qu'il s'en repentit bien. eule: civil; & l'on ne fe perfuadera point en tôt & voici, continue t-il, en quels termes un effet qu'aucun Miffionaire cût pul'approuver, autre Jéfuite en écrivit aux Dominiquains, s’il n'eût eu de fortes raifons pour ne pas Îe Me: Cheveux f? dre[Jent Jur ma tête, quand je croire idclatre.] berne qu'un Précre du vrai Diew s'eft prollerné
*
= ti: = 1
onte qu'avar,: lat de table affurant quil commencent,
CS (m).
uent le Mort 1S-a-vis la ta. des parfums, agnent cette ces devoirs,
eft à côté du agubre, On levant le cer- rideau, jet.
clque parent cs a liftans à conduit dans fees, du ché La leur chai-:: acquitter de éloignement réfens & un :s enfans du nais il fuffit ar les mains
ne avis aux fe rendre à on, qui re- & qui font
ant deux à es remplies Îs ils jouent tsceleve au €tères d'or. Il
, dont je fuis nfer ; ËP cela
Melle, dans . ncore le faint , tte accufation Ji
ces honneur; és Comme un era point en ll'approuver, our Ne pas ÎC
1 eft vec d machi montc frères puyan doulet grand les fill
; LE nence nent « ges, ( comp:
& ren n'eft} LE Provir Is for famille
le cerc
FEI LIL. TER d FN E forme
m';, D me:
1111 jee |
ST Y Shdeu à
ibid
dre
CHINEESSE LANDBOUN ERS, uit Niwvuor
autres auclle de la f mettre entout bre bl aufii c gures meaux de la prefi dans « les de devoi témoi par dé des S un ou leurs SU ralles lamb
Co) eit CCI Cp)
DE LA CHINE, Lrv.ll Car. il. 35
11 cit fuivi du cercucil, fous un dais de foie violette, en forme de dôme, 4 Cénémowrees vec des touffés de foie blanche & de riches broderies aux quatre coins. La rinune : DGS machine qui foutient le cercueil e!t portée par des hommes, dont le nombre CuNuis. monte quelquefois jufqu'a foixante-quatre. L'ainé des fils, à la téte de fes frères & de leurs “nfans, fuit à pied, couvert d'un fac de chanvre & s’ap-
uyant fur un baton, le corps panché, comme s'il étoit prét à s’abimer de douleur. Il cft fuivi des parens & des amis, tous en habits de deuil, & d’un grand nombre de chaifes, couvertes d’étofe blanche, où font les femmes & les filles du Mort, qui percent l'air de leurs cris.
Les tombeaux Chinois font hors des Villes (0), la plûpart fur quelqu'émi- Tombeaux nence. On y plante ordinairement des pins où des cyprès, qui les environ- ‘es Chinvis, nent de leur ombre. Chaque Ville offre, à quelque diftance (p), des Villa- ges, des Hameaux & des maifons difperfées, qui font prefque toûjours ac- compagnées de petits bois, & quantité de petites collines couvertes d'arbres & rentermées de murs, qui font autant de différens cimetières, dont la vûüe n’eft pas fans agrément.
LEs tombeaux ne fe refflemblent point par la forme, dans les différentes Leur forme Provinces de l'Empire. Cependant la plûpart repréfentent un fer à cheval. SAN ANSE Us font affez bien bâtis, & blanchis proprement, avec les noms de chaque 1 famille gravés fur la principale pierre. Les Pauvres fe contentent de couvrir
gle cercucil [ de chaume , ou ] de terre, à fix ou fept pieds de hauteur, en forme de pyramide. D’autres le renferment de brique. Mais les tombeaux des Magnificens
autres Grands font ordinairement magnifiques. On batit une voûte, fous la- Mrs AUX qe
gaquelle on place le cercueil. On élève, au-deflus, un amas de terre [battue] Grands. de la forme d'un bonnet, haut d'environ douze pieds, fur huit ou dix de dia- mettre , qu'on couvre de mortier pour empecher que l'eau n'y pénétre, & qu'on
entoure d'arbres de plufieurs efpèces. On cleve auprès une longue table de mar-
bre blanc, où l’on place une caflolette, deux vafes & deux chandeliers, qui font
aufli de marbre. Des deux côtés on range, fur plufieurs lignes, quantité de fi-
gures d'Officiers, d'Eunuques , de Soldats , de lions, de chevaux de fulle, de cha-
meaux, de tortues & d'autres animaux, en diverfes attitudes, qui expriment
de la douleur & de la vénération. Les Sculpteurs Chinois excellent dans l'ex- Apparte. preffion des fentimens. À quelques pas du tombeau on trouve des tables, Hô POUF 1e dans différentes falles, bâties exprès pour la cérémonie de l'enterrement, où éd
les domeftiques préparent un feftin, tandis que l’aflemblée eft occupce des
devoirs funebres. Après le repas, les parens & les amis fe profternent, pour
témoigner leur reconnoïifance au Chef du deuil, qui leur rend cette civilité
par des geftcs extérieurs, accompagnés d'un profond filence. Les fépultures
des Seigneurs ont plufieurs appartemens , où les parens & les amis paflent
un où deux mois apres l'inhumation du corps, pour renouveller chaque jour
leurs gémiflemens avec les fils du Mort (4).
Suivant Navarctte, les Bonzes font de grandes proceflions aux funé- ProceMone railles des perfonnes de diftinétion, fuivis de laffemblée du deuil, avec des des Bonzes. lambeaux & des parfums brûlans à la main. Ils offrent des facrifices par | Le
tervalles.
(o) Navaretie obfcrve que cette coutume (a) Chine du Père du Halde, pag. 307. et commune aux Juifs & aux Payens, & fuivantes, (Cp) À la diflance d'unc licuë, E ©
Ci ÉMOxtES
34 VOYAGES DANS LEMPIRE
à)
tervalles. Ils obfervent tous les Rits des obféques, entre lefquels ils brûlenc
PUN&BRES DES des figures d he de femmes, de chevaux, de felles & d'autres fubftan-
Cuinoits,
Ofrindes qu'on faic aux Morts.
Examen des
cadavres.
Cérémonies qui furent ob- fervécs aux fun ‘railles du
ces, avec quantité de billets de monnoie, Es ils croienc etre changés en biens
réels dans l'autre vie, pour l'ufage du Mort. Quelques Voyageurs ont au
fans fondement, que les Chinois tuent des creutures Ja pour accom- pagnc er le Mort a la forcie du corps. AMhus, en arrivant au heu de a f pultu- rc, ils font un facritice à l'E ll prit qui y pre ic, pour sporee {1 protection en faveur de fon nouvel Elote. Apr:s les fun ruiles, ils offrent, pendant plufieurs mois, devant l'image du Mort & devant fa tablette, de la char,
du riz, des légumes, des fruits, des potages d'autres alinens, dans l'opi- nion que l'Ame en fait fa nourriture. Cette ecremonic fe renouvelle un cer. tain nombre de fois (r) chaque mois & chaque jour.
Is viennent quelquefois de fort loin pour éxaminer le cadavre de leurs pa- rens ou de leurs amis. Ils obfervent particulièrement la couleur des os, pour découvrir fi leur mort eft naturelle ou violente. Mais la Loti veut qu À y «it un Mandarin préfent à l'ouverture du cereucil, Les ‘Tribunaux ont des Oih- ciers qui font chargés de cette infpection. L'avi idite des richefles fait quelque: fois ouvrir les combeaux, pour enlever les joyaux & les habits qui s'y trou- vent renfermés. Mais c'elt un crime, qui eft puni fevérement Çs
Les cérémonies qui s'obfervent aux funérailles des Grands, Re d'une ma- gnificence furprenante. A la mort du Prince Ta-vang-ye, frère de l'Empereur Kang-bi, la proceffion commença par une bande de Trompettes & de Mufi- ciens, apres lefquels on vit paro! re, deux à deux, dans l'ordre fuivant, dix Maciers, dont les males étoient de cuivre doré : ; quatre à arafols & quatre dais de drap d'or; fix chameaux caparaçonnés de peaux de Sable (r); fix autres chameaux, qui portoient des tentes & des équipages de chafle, couverts de grandes houffes rouges, qui tranoient jufqu'à terre; fix chiens en leffe; qua- torzc chevaux fans fe! ls, avec des brides jaunes & des caparaçons de Sable; fix autres chevaux, chargés de magnifiques porte-manteaux remplis d'habits, qui devoient être brûlés; fix chevaux avec des felles brodées & des étriers do- rés; quinze Gentilshommes, armés d'ares, de fléches & de carquois ; huit hommes, qui portoient chacun deux ceintures artares, d'où pendoient des bourfes remplies de perles ; dix hommes, ayant à la main des bonnets propres pour chaque faifor; une chaife ouverte, comme celle qui fert à tranfporter l'Empereur dans l'intérieur du Palais; une autre chaife à couflins jaunes.
ENSUITE venoient les deux fils du Prince mort, foutenus, par des Eu- nuques & les yeux baignés de larmes; le cercueil, fous un grand dais jaune, porté par foixante ou quatre-vingt A nés, vêtus de ES avec des plu- mets rouges à leurs bonnets ; les” Ages, en compagnies (v}), environnés de leurs domeftiques ; les ARezules é. & les autres rinces; deux autres cer- cucils, contenant Îles corps de deux concubines, qui s’étoient pendues (5) pour fervir le Prince dans l’autre Monde; les Grands de l'E mpire; les chai-
ics 2 ù L vifitent l uvent lieux dans 112 déa remarqué c'y devant. R. d. E. AUItC , HS y pieurent, is ÿ offrent des ) On vetra l'explication de c2 terme, mens, ils y bidlent des papia Navarctte, R LE | és a Den, NL x) Le Portugais ont donné ce nom à cere ) Du Halde, : / Dignités qui { et ont expliquées R. d. K,
) C'eft il: a: dire de Zib DCI line, CoimInce on | st GE On a parlé Cis dei Us de ect ui age,
{es d «CP Dani sul j: rain Jn
quitu ftrati L'Em les cx qu'on ans dé mere tinucl plus c vent : kong , par la diver! tendo le ten Tron LA Artif: botte: d'un | e éc É. I bizart colic IL les ca les fa doive
pour «
l'Enp vEruc ill é: tant! x nloi ploi, : cnaqu X SE? t con
sils brûlent res fubftan- rés en bicns ont afTire, our accuim- & la fepultu- à protection it, pendant lc la char, dans l'opi- elle un cer-
de leurs pa- -S OS, pour it qu'il y al nt des Off- ait quelque- jui s'y trou- À it d'une ma- : l'Empereur & de Mufi- fuivant, dix : quatre dais ; fix autres couverts de \lefle; qua- ns de Sable; lis d'habits, » étriers do- quois ; huit endoient des nets propres 1 traniporter jaunes.
par des Eu- | dais jaune, vec des plu- vironnés de autres cer- sendues (y) e; les chai- ies
1É CC nom à Ccre quées. R. d. &,
çct ufage,
4 DE
mais cet efpace et ordinairement réduit à vingt-fept mois, pendant lefqucls Non 1
LA CHINE, Liv. Il Crav. Il 37
fes de la femme du Prince, des Frincefles & de leurs parens; une multitude #e peuple, de Lamas, & de Bones, qui fcrmoicnt là procéïlion. Les huit
banicres, avec tous les Mandarins des différens Ordres, étoient partis devant
& s'ecoienc rangs en ordre de batalike, pour recevoir le corps à l'entrée du jordin , où il devoit etre mis en dépot julqu'a ce que la tombe fit baie, En un mot,on comptoit plus de fuize mille aëteurs pour cette cérémonie (2).
La durce ordinare du deuil, pour un pére, doit étre de trois ans (4); peut éxerecr aucun Oflice publie. Alors un Mandarin cit obligé de quitter fon Gouvernement (4); un Minittre d'Etat, de renoncer à l'admini- flration des affaires, pour vivre dans la retraite & fe livrer à fa douleur. L'Empereur, pour-de bonnes raifons, peut accorder unc difpenfe (ce); mais
gmles Cxemples en font tres-rares; [ & ce n'eft qu'après les trois ans de deuil
ET. |:
qu'on peut reprendre fon (4) emploi. J On prétend que l'ufage des trois ans de deuil eft fondé fur la reconnoitlance qu'un fils doit à fon pire & à fa mére pour les trois premicres annces de fa vie, pendant Iéfquels il a cu con- tinucllement befoin de leur afiftance. Le deuil, pour les autres parens, cit plus ou moins long, fuivant le degré du fang (ce); & ces pratiques s'obfer- vent avec tant de fcrupule, que leurs Annales ont immortalife la piété de Pure kong, Roi de Tfin, qui, ayant cte chaflé des Etats de Hien-kong, fon père, par la violence & les artifices de fa belle-mère, prit le parti de voyager dans diverfes Régions, pour foulager fon inquiétude & fe garantir des piéges qu'on tendoit à fa vie. Apprenant enfuite la mort de fon pére, il refufa, pendant le tems de fon deuil, de prendre les armes pour fe mettre en pofléïion du Trône, quoiqu'il y füc invité par la plus grande partie de fes Sujets CE
La couleur du deuil eft le blanc, pour les Princes comme pour l:s plus vils Artifans. Dans un deuil complet , le bonnet, la vefte, la robe, les bas & les bottes, doivent etre blancs. Maïs pendant le premier mois qui fuit la mort d'un pere ou d'une mère, l'habit des enfans cit un fac de chanvre, d'un rou-
e éclatant (g), qui ne difftre pas, pour la qualité, des facs de marchandi- És. Leur ceinture eft une corde lache. Leur bonnet, dont la figure eft fort bizarre, eft aufli de toile de chanvre. Cette néglisence & cet air de méian- colhce paflent pour des marques d'une profonde douleur.
IL eft permis aux Chinois de garder, au'li long-tems qu'ils le fouhaitent, les cadavres dans leurs maifons, fans que les Magiftrats ayent le pouvoir de les faire enterrer. Ainfi, pour faire éclater le refpeét & la tendreffe qu'ils doivent à leur père, ils gardent quelquefois fon corps pendant trois ou quatre
ans.
damment de fes anpointemen:.
(d) Le même Vüyascur dit qu'on lui don- neun autre Œuiploi, mais qu'il cft quelquefois expofé à l'attendre long tuims
(Ce) Du Halde, ubi Jup, pag. 306; & Nava- rette , pag 72 Mais qu'il cu couta trente (f) Les Auteurs Anslois lui reprochent ici Mandarin, Son but, en ache- d’avoir porté trop loin te ferupule, comme
a) Navarette affûre qu'il a cette durée.
(3) Du Halde, pag. 309.
(n)
|
(b) Navarette dit que les pareus préfentent
U) / pour cela une requête à l'Empcreur. ( Navarotte rte que de fon tems l'Empercur réduit à un mois le deuil du Gou- verueur de Canton, mill. ducats à
APP
tant la dipenfe, Ctoit de conferver fin Em. fit, ditentils, l'Empereur Charles VI qui ploi, qui, fans opprhacr le Peuÿle, valoit perdit Madrid pour avoir employé 1e tems à cnaque année, con Pautrcs que l'Autcur vifiter Nocre Daine dei Pillar à Sarragoit...
t CONNUS, LOIS CCD: Hiiaig ducats, indepen (g, Angl dune couicur roule fore claire.
E 3
Durée du deuil, & dit penics qui S'ACCOr UCI
Picté filicle de Van-k Roi de Tfir,
on -
Couleur des habits de de deuil,
Lescalivres fe pardent lonz-t:ms fans fcpul
ture,
CEREMONITS UNEBRES D£S Chinois,
Ils doivent 4 , C're mis au tombeau de leurs Ancè- Le
rec iLos
Deux autres cérémonies miortuaires.
Salles des morts,
35 VOYAGES DANS LEMPIRE
ans. Leur fiérc, dans tout cet cfpace, ci un tabouret revêtu de ferge bilan. chez & leur lit, une natte de rofeaux près du ccreuuil. Ts fe retranchent l'ufage du vin & de certains aliens. ls fe difpentent d alifter aux etes. 11 ne fréquentent point les affembiées publiques. S ils font obliges de fortir de la Ville, ee qui n'arrive gueres qu'apres un ceréain tems, leur chaife cit couverte de blanc. Cependant il faut enfin que le cadavre loit inhumé. Un fils qui négligcroit de placer le corps de fon pere dans le tombeau de {es An- cêtres, feroit perdu de réputation, fur-tout entre fes proches, qui refufe- roient, après fa mort, de placer fon nom dans la Salle deftince aux honneurs funèbres de {à fannile. Les perfonnes riches, ou de di‘tinction, qui meurent éloignecs de leur Province , exigent que leur corps foit, tranfportc au lieu de leur naiffance. Mais fans un ordre particulier de l'Empereur, qui leur per- mette de traverfer les Villes, ils doivent pafler hors des murs (h).
OurrE les devoirs du deuil & des funcrailles, l'ufage aflujectit les familles Chinoifes à deux autres cérémonies qui regardent leurs Ancitres. La premicre s'exécute dans le Tfe-tang, Salle que chaque famille batit dans cette vue. ‘Lou. tes les perfonnes qui fe touchent par le fang s'y aflemblent au printems A: quelquefois en automne. On en a vi monter le nombre jufqu'a fept ou huit mille. Alors les diftinétions du rang ne font point obférvées. Mandarins, Artifans, Laboureurs, tous les Membres d'une famille fe mélent & fe recon- noiflent pour parens. C'eft à l'age feul que la préférence cit accordce. Le plus vieux, qui eft quelquefois le plus pauvre, occupe la première place.
ON voit dans la faille une longue table, placée près du mur, fur une élé- vation où l’on monte par quelques drgrés. La, font expofées les ftatues des Ancêtres les plus diflingucs où du moins leurs noms. Ceux des hommes des femmes & des enfans de la méme famille, paroiffent fur des tablettes ou de petites planches, rangées des deux cotés, avec leur age, la qualité, leur em. ploi & le jour de leur mort.
Les plus riches de la famille préparent un feftin. On charge plufieurs tables de toutes fortes de mets, de riz, de fruits, de parlums, de vin & de {lambeaux de cire. Les cérémonies qui s'obfervent dans cette fete, font à peu près les mêmes que celle des enfans à l'égard de leur pére, lorfqu'ils approchent de lui pendant fa vie, ou que celles du Pugelo à l'égard des Mandarins, le jour de leur naiffance ou lorfqu'ils prennent poflefion de leurs Gouvernemens. Les gens du commun, qui ne font point afz riches pour batir des falles, fe réduifent à fufpendre les noms de leurs Ancetres dans les endroits de leurs maifons les plus expofés à la vûe (1). Navarette prétend que la fete des Morts tombe
. au premier jour de la nouvelle Lune, & que tous les parens affemblés au
Seconde cérémonie an- muclic.
Temple de leurs Ancétres, dans leurs plus riches habits, y font quantité de génuilexions, & prefentent differentes fortes de mets & de liqueurs. Il ajoû- te que les pricres & les demandes (k) s'adreflent direétement aux Morts. La feconde Cérémonie fe pratique du moins une fois l'année, au tom- beau même des Ancétres. Comme il eft ordinairement fitué dans les mon- tagnes, tous es defcendans d'une méme famille, hommes, femmes & en- fans, s'y raflemblent, Si c’cft au mois d'Avril, ils commencent par nétoyer
les (b), Du Halde, pag 396. (x) Defcription de la Caine par Navaret- (5) Ibid. pag. 309. tC, pag. 72.
bien tr 0 ON loin lc Œucius devoirs de lui, . tion pa les voi morts, L ES vivante flatucs dans to ne & | Du fait crc voit nt fouhait leurs il lontaire vement
CG) N toyer les portantes
Cm) L
ÛU(
Ci Pexige les fetes préfent vils X 1 Œas, ? jun ( (arc, {o deux c D'autre pie ah.
sent de
ferge bian- retranchent r aux fetes, es de fortir r chaife ett humé. Un de fes An- qui refufe- ax honneurs qui meurent orté au lieu jui leur per- . les familles La premicre 2 vüe. ‘T'ou. rintems , & ept ou huit Mandarins , & fe recon- çcordce. Le re place. fur une clc- ftatues des hommes des )lettes ou de té, leur em-
ifieurs tables e lambeaux peu près les chent de lui , le jour de ns. Les gens fe réduifent maifons les lorts tombe flemblés au quantité de urs. Il ajoû- x Morts. ‘e, au tom- ns les mon- mes & en- par nétoyer les
par Navaret-
D E
LA CHINE, Liv. Il Cnaer. Il 39
. fepulchres, en otant les herbes & les buiflons que la terre y à produits go Alors ils expriment leur vénération, leur reconnoïgance & Icur dou- ur avec les memes formalités que le jour de la mort. Enfuite ils placent, hr les tombes, du vin & des vivres; après quoi ils ne penfent plus qu'a fe bien craitcr eux-mémes. * ON nc peut défavouer, conclut l'Auteur, que les Chinois ne portent trop Moin leurs cérémonies, fur-tout celles qui fe font à l'honneur des Morts. Con- ucius déclare, dans fon Livre du Lu nyu, qu'on rend:aux Morts les mimes devoirs qu'on leur rendroit s'ils étoient vivans. Un de fes Difciples rapporte de lui, que dans les offrandes qu'il faifoit aux Morts, il exprimoit fon ailec-
tion par «es témoignages fort vifs; que pour s'animer davantage il s'imaginoit gmles voir & les entendre; [ & que parce qu'il ÿ avoit long teims qu'ils étoient
morts, il fe les rappelloit de cems en teims dans i clprit.]
Les anciens Chinois fe férvoient d'un petit enfant, comme d'une image vivante, pour reprefenter les Morts. Mais leurs facceffiurs ont fubititué des flatues (71) où des tablettes, parce que ct ufage @t plus limple & plus aifé dans toutes.les occa ions où leur reconnoiïffance éclate, pour la vie, la fortu- ne & l'éducation qu ils ont reçües de leurs pres (a).
Du Halde obicrve, à l'égard des Chiasis, que malzsré l'opinion qui les fait croire plus atcaches à la vie que la plupart dés autres Peuples, on les voit néanmoins afl-Z tranquilles dans les pius dangereufes maladiis, & qu'ils fouhaitent mme qu'on ne leur digaite pas l'approcus d:la mort (0). D'ail- leurs il s'en trouve un grand nombre, dans les d'‘ux féxes, qui prennent vo- lontairement le paru dé mourir, dans un cranort de colère ou par un mou- vement de jalouuie, de defefpoir, de grandeur d'ame, &ec.
foin de né. { cit utC de leuts
(i) Navarette obferve que ce toyer les fCpuichres, portantes OCCupAirons
(m) Leuis Docteurs en donnent pour rai-
n, que l'enfant lui-même a befoin d'un objet fenfoie pour le fure p nf'r aux Morts.
(n° Da Halde. pag. 309. & fuiv.
(o) lbid. pag. 280.
plus ini-
f VL
Magnificence des Chinois dans lews Poyages, dans leurs Fêtes & dans leurs Ouvrages publics.
UOIQUE les Loix de la Chine ayent banni la pompe & le luxe dans le cours de la vie privée, non-feulemenc il elt perinis d'en ufer, mais on Péxige meme dans les occafions publiques, t'Îles que les voyages, les vifites, les feres & les audiences qu'on obtient de l'Empereur. On auroit peine à re- préfencer l'air de grandeur avec lequel les Quans, eeft-à-dire, les Officiers ci- vils X militaires, que nous avons nommés Mandarins à l'éxemple des Portu- œais, parolenc dans les proce ons & dans les autres occafions d’eclar. Lorf- un Chifu, Magrtrat Civil, qui n'et qu'un Mandarin du ciuquième Or- (dre, fort de {a malon, les Oificiers de fon Tribunal march:nt en ordre, des deux cos de chaque rue. Les uns portent devant lui un parafol de foie. D'aucres frappent de tems en tems fur un baïlin de cuivre, avertiflant le Peu. ge à haute voix de rendre les refpects qu'il doit à leur Maitre. D'autres por- Sent de grands foucts; d'autres, de grands batons blancs ou des chaines . er
C£urMOoN FUNEI Cros, Doctrine
Confucius {ur le culte des
Morts,
C! Anepmeorés HAancomen
d'utige,
Les Ch'nois MOINS ICE l- chés à la vic qu'on ne pere fe,
Principe des Chinois fur la pompe & le luxe,
Marche poimpeule d'un Chi-fin'
MAGNIFICEN- CE Des CHi- NO,
Marche d'un ‘J'ionz tu ou d'un Viccroi,
40 VOYAGES DANS L'EMPIRE
fer. La vûe de tous ces inftrumens fait trembler les Flabitans d'une Ville, Dés que le Chi-fw paroït, tous les pallans ne pentent qu'a lui témoigner leur vénération; non en le faluant, çar il n'y a point de falutation qui ne pafsi pour une familiarité criminelle; mais en s'ecartant du chemin, en fe tenan: debout, les pieds ferrés & les bras pendans. Ils demeurent immobiles dans cette pofture jufqu’a ce que le Mandarin foit paité. Lorsque le Tfong-tu (a) ou le Viceroi fe montre dans la Ville, il e°: toûjours accompagné de cent hommes au moins, qui occupent quelquefo ; toute la rue. La marche commence par deux umballiers, qui battent cont. nuellement pour avertir le Peuple. Ils font fuivis de huit hommes, qui por: tent des Enfeignes [ de bois vernifilt,} fur lefquelles on lit, en gros carac? tères, les titres du Mandarin. Quatorze autres Enfeignes, qui fuccédent, : "3 repréfentent les fymboles de fon Emploi, tels que le dragon, le tygre, 1 20 Loug-cvang (D) , la tortue-volante & d'autres animaux ailés. Six Officier, viennent enfuite, avec des planches en forme de pelles, qu'ils tiennent ek: vées & fur lefquelles les qualités particulières du Mandarin font interites er or. Deux autres Officiers les fuivent; l'un, qui porte un triple ptrafol de foi: jaune; l'autre, chargé de létui qui ferc à rentermer le parafol. Deux ar chers à cheval, qui conduifenc les gardes. Le corps des gardes, fur quar. lignes, armés de lances Scythes (c), & parcs de rubans de foie. Deux au. tres files d'hommes armés, dont les uns portent des maces, foit à longs ma: ches, foit en forme de main, foit de fer, en forme de férpent; & les au. tres, de grands marteaux, ou de longues haches en forme de croiffant. Un: feconde compagnie de gardes, les uns armes de haches tranchantes ; d'au. tres, de lances (d), comme les premiers. Un corps de foldats avec des hx lebardes pointues (e}, d'arcs & de fléches. Deux porteurs, avec une fr belle caflette, qui contient les fceaux du Mandarin. Deux timballicrs, pou donner avis de fon approche. Deux Officicrs, avec des plumes d'oie à lei bonnet, armés de cannes pour contenir le Peuple. Deux maciers, avec da maces dorées, en forme de‘dragons. Un grand nombre d'Officiers de Ju‘ ce, dont quelques-uns portent des foucts; d'autres, d gaules plates p donner la baftonade; d'autres, des chaines & des c las, ou parés d: charpes de foie. Enfin, deux Porte-étendarts & le Capitiune général du conv Le Viceroi paroit ici dans une grande chaife dorée, portée par huit homme environnée de pages & de valets-de-pied. Il a près de fa Perfonne un O:. cier, qui porte un grand parafol, de la forme d'un écran. De quantité . gardes qui le fuivent, les uns font armés de maces poliedres, & d'autres, c: fabres à longues poignées. Enfuite viennent plutieurs Enfeignes , avec grand nombre de domeftiques à cheval, dont chacun porte quelque chofe pc: l'ufage du Mandarin, comme un fecond bonnet, dans un étui, par précaut! pour les changemens de tems. Si c'eft üans ls téncbres qu'il doit fortir, por:
ile Traducteur nomme ici
ces, Le Viccroi n'en commande qu'une. ces, font encore des faux redrcflécs , co (b) Efpéce de Phœnix, dont on a déja dans le paffage précédent, R. d. E.
paric. e) Angl, dés Hallcbardes à trois poire (
à SRE LS armés de faux rcedreiles, R. d. Li, A, O,
d'une Ville
moigner leur jui ne pafsi en fe tenant mobiles dans
Ville, il ce! c quelquefo: Jattent cont-: nes, qui por. 1 gros Car? i fuccédent, le tygre Pa Six Officicr tiennent Ce: t infcrites ci frafol de foi: 1. Deux ar: s, fur quat e, Deux a: à longs mar: its & les au: roiffant, Un: hantes ; d'au avec des hi avec une f ballicrs, pou es d'oie à ki iers, avec di ciers de Ju” es plates p ou parcs «: cral du conv huit homme, fonne un O!: )e quantité c. X d'autres, c nes , AVEC | que chofe pi' par précauti ! doit fortir, por:
ur nomme ici ire ficts n Co
Ru
€S d LOIS points
EP ET
RERO RS ane a AR ne Te
RER
GRAND LHRONE
Ta
il | ji il À
15.» Shéey drer .
= = = = = = E Lmmal | = = = = = = = = = == == = =.
Dr Groorr KEFIZERIY
s mm ES =
,, ZHRONE
TOUT te EAP OL See RE © TT TU TT TT TT
.. 0 OR es, #00
Su, \! (RSR APT RAA ( fl ALALTAALEEKELERLNTEREEREEEREER EAN
KEIZERLYKE THROON.
un
©
TT
|
port tés, eùs ,
1 D
Eilcs
æ fitéc
ù El ei f 7 haut
1 en p:
WW Cort d'aut fatin C paro jort piuli deux rope Man fins jours tent folda ont, hom: ces }
: dans Ÿ : voit
/ A : cicrs
/ A LA mon / & dats nn LJ de ! PIN Re kRegi
res €
l'on L bliqt nair des
4!
| \]
| | LA
( PA
1
DE LA CHINE, Lrv. IL Car. Il. at
ports de grandes & belles lanternes, fur iefquelies on lit fes titres & fes auaii- tés, pour infpirer à tous les fpectatcurs les fentimens de refpect qui lui font cüs, & pour faire arrêter les pallans ou lever ceux qui font aïis.
LE Quan militaire n'affeéte pas moins de grandeur dans toutes fes marches. Eiles fe Tont ordinairement à cheval. Les harnois Chinois font d’une fomptuo- fité extraordinaire. Les mords & les étriers font d'or ou d'argent. La fulle et fort riche, & les rénes de gros fatin cizelé, larges de deux doigts. Du haut de l'eftomac il leur pend deux grandes trefles de poil rouge, telles qu'ils en portent à leur bonnet, attachées à des anneaux dorés ou argentés. Leur cortége elt compofé d’un grand nombre de gens à cheval, les uns devant, d'autres derriere lui; fans y comprendre leurs domeftiques , qui font vétus de fatin noir ou de toile peinte, fuivant la qualité de leur Maitre Co)
Ce ne font pas feulement ies Princes & les perfonnes du plus haut rang qui paroiflent en public avec cette Majefté. Un homme de médiocre qualité ne fort dans les rues qu’à cheval ou dans un fgdan bien fermé, avec une fuite de piulieurs domeftiques à pied. Les Dames ‘T'artares ont l'ufage des caléches à deux roues; mais clles n'ont point celui des caroffes (g). Au-lieu qu'en Eu- rope on voyage avec peu de provilions , fans ordre X fans Cclat, l'ufage des Mandarins, à ia Chine, eft de ne s'cloigner jamais du lieu de leur réfidence fins beaucoup d'appareil. S'ils voyagent par eau (h), leur Barque cit tou- jours magnifique & fat voile à la tete d'un grand nombre d autres, qui por- tent les gens de leur fuite, S'ils vont par terre, outre les domeltiques & les foldats qui précédent & qui fuivent, avec des cpieux & des étendarts, ils ont, pour leur propre perfonne, une chafe portée par des mules ou par huit hommes, & piufieurs chevaux de main, pour faire alternativement ufage de ces commodités , fuivant ieur goût & la difpolition du tems (i).
Mais la magnificence Chinoiie ne paroît jamais avec plus de fplendeur que dans jes audiences Impriales, ou lorfque l'Empereur , afis fur fon trône, voit à fes pieds les principaux Seigneurs de fa Cour & tous les grands Of- ciers civils & militaires, qui viennent lui rendre hommage en habits de céré- monie. C’eft un fpeétacle véritablement augufte que cette multitude de fol- dats qui compofent fa garde, & ce nombre incroyable de Mandarins avec toutes les marques de leur dignité, placés chacun fuivant fon rang dans l'or- dre le plus éxact; les Miniftres d'Etat, ies Préfidens des Cours fuprêmes , les Reguies, les Princes du Sang, tous diflingués par quelques marques particulic- res de grandeur, & capables de donner la plus nobie idée du Monarque à qui l'on s'empreffe de rendre tant de refpcëét & de foumiflion (&).
Les Chinois affectent aufli beaucoup de pompe dans leurs réjouiffances pu- bliques , fur-tout dans deux fêtes qui fe célèbrent avec une dépenfe extraordi- naire. La premicre eff celle du commencement de l'année, &°1 autre, celle des Lanternes. Par le commencement de l'année is entendent la fin du dou- zième mois & vingt jours de la premicre Lune de l'année fuivanté; ce qui
forme
(f) Cine du Père du Halde, pag. 252. & (2) Le Comte remarque qu'ils y déployent fuivantes; & Mémoires du Père le Comte, paticulièrement | ur Grandeur. pag. 159. & fuiv. (Qi) Chine du Pere du Halde, page 265, Cg) Ménoires du Père le Comte, pag. 169. & fuivantes, & fuivantes. (k) ibid, pag. 290,
V'IIL Part. h
MacNtre CENCE DPS Cuinors.
Marche du Quan militai- re,
l'ête des gons du com- mun,
Voyages des Mandarins,
Pompe des Audiences Impériales.
Fêtes pubii. ques,
mers
MAGNIFI- “ENCE DES CHINOIS.
L'ête du coim- mencement de l'année , ou de la clôture
} = . PTE üLs Sceaux,
Superftition Chinoile.
Fête des Lan- ternes,
Forme des lanternes de cette Fête.
42 VOYAGES DANS L'EMPIRE
forme proprement le tems de leurs vacations. Alors ceffent toutes fortes d'af. faires. On fe fait des préfens mutuels. ‘Toutes les poites font arrétées, & les Lribunaux fermés dans toute l'étendue de l'Empire. Cerie fete porte le nom de Cléture des Sceaux, parce que les petits coffres où l'on renferme les fecaux de chaque Tribunal, fonc alors fermes avec beaucoup de cérémonie. Ces va- cances durent un mois entier, & font une faifon de joie, fur-tout pendant les derniers jours de la dernière année, qui fe célèbrent fort folemnellement, Les Mandarins inférieurs rendent des devoirs à leurs Supcrieurs, les enfans à leur père, les domeftiques à leurs maîtres, Ke. C'elt ce qui s'appelle, en langue Chinoife, prendre congé de l'année. Le foir, toute la famille 5 aflembie & fe réjouit dans un grand feflin. : |
L'Aureur oblerve que dans quelques Cantons, les perfonnes d'une même famille ne reccvroient point un Etranger, quelque laiton qu'il; euflent d'ail- leurs avec lui, dans la crainte qu'au premier inftant où la nouvelle Lune pa- roît, il n’enlevat touc le bonheur qr'elle peut apporter à là maifon & qu'il ne l'emportit dans la fienne. ‘l'out le monde fe tient renfermé ce jour-là, & ne veut fe réjouir qu'avec fa famille. Mais le lendemain & les jours fuivans, on fait éclater une joie extraordinaire. Les boutiques font fermées dans toute la Ville. On ne penfe qu'au plaitir. Chacun fe pare de fes meilleurs habits & vifite fes parens, fes amis & fes protecteurs. On repréfente des comédies, on fe traite les uns les autres, & l’on £ fouhaite mutuellement toutes fortes de profpérités (2).
LA fète des Lanternes tombe au quinzième jour de la premiere Lune. Tou- te la Chine eft illuminée düns ce jour. On la croiroit en feu. Les réjouiflan- ces commencent le 13 au foir, & durent jufqu'au foir du 16 ou du 17. ‘l'ous les Fabitans de l'Empire, riches & pauvres, à la campagne & dans les Vil- ies , fur les Côtes de Mer & fur les rivières, allument des lanternes peintes (m) de différentes formes (n), & les fufpendent dans leurs cours, à leurs fe- netres & dans leurs appartemens. Les perfonnes riches emplovent, dit l'Au- teur, plus de deux cens francs en lanternes. Les grands Mandarins, les Vi- cerois & l'Empereur même, y mettent trois ou quatre milles livres (0). ‘T'ou- tes les portes font ouvertes le foir, & le Peuple a ja liberté d'entrer dans les Tribunaux des Mandarins, qui font fplendidement ornés (ph).
Ces lanternes font fort grandes (4). On en voit à fix faces. Le bois en eft verni & relevé par des dorures. Les faces, ou les panneaux, font d'u- ne belle étofe de foie tranfparente; fur laquelle on a peint des fleurs, des
arbres
(1) On a déja là d’autres détails dans les Relations précédentes. R. d. T.
(m) Le Perc le Comte dit qu'ils font auf des feux de joie & des petards. Magaihaens dit qu'ils lancent des fufées, qu'on voit brà- ler en l'air fous diverfes formes, de Barques, de Tours, de Dragons, de Tygres, &c,
(n) Magalhaens dit que Yang-cheu fu, dans la Province de Kyaug-nnan, et le, plus fa- meux endroit de l'Empire pour la beauté & la richefle des lanternes.
(o) Deux inile écus, fuivant Le Comce.
(p) Magalhaens raconte une avauture qui
explique cette liberté.
(g) Le mème Auteur leur donne vingt coudées de diametre, c'eft à dire , trente pieds & quelquefois davantage, Il 1joûte qu'el- les font fufpendues dans les falles où dans les cours, fur des échaffauts qu'on éléve exprès. Le Comte dit que les lanternes font elles-mê- mes des falles ou des chambres, où l’on peut entrer & repréfenter des Comédies. Il ajoûte que leur nombre peut monter à deux cens mil- lions dans tout l'Empire. C'eft peut être une méprife du Traducieur Auglois, pour deux ceus mille,
fortes d'af. tées, X les rte le nom e les fevaux ic. Ces va- pendant les ement. Les nfans à icur , en langue allemble &
d'une même uflent d'ail- le Lune pa- 1 & quil ne ur-la, & ne fuivans, on ans toute la rs habits & comédies, ces fortes de
Lune. ‘Tou- s réjouiflan- 117. ous ans les Vil- rnes peintes , à leurs fe- t, dit l'Au- ns, les Vi- (0). Tou- rer dans les
Le bois en K, font d’u- fleurs, des
arbres
donne vingt dire , trente l'ajoûte qu'el- s où dans les éléve exprès. font celles-mé- , Où l'on peut ies. Ilajoùte lieux cens mil- peut être une , pour deux
DE LA CHINE, Lrv. IL Crnar.]ll. 4
+ J
arbres & des figures d'hommes , qui, étant difpofées avec beaucoup d'art, reçoivent une apparence de vie du grand rombre de lampes & de chandelles
dont les lanternes font éclairées.
D'autres font rondes, d'une corne bleue & tranfparente qui plait beaucoup à la vûe.
Le fommet cit orné de feulptu-
res; & de chaque coin péndent des banderolles de fatin, de diverfes cou.
leurs.
PENDANT la même féte on donne d'autres fpectacles, pour l'amufement du Peuple. La, paroiffent des Chevaux qui galopent, des Vaiffcaux a la voile, des Armées en marche, des Rois avec leur cortège, des aflémblées de danfe, & d'autres figures, qui font remuées par des reflorts. On y repréfente, par de fimples ombres, des Princes, des Princefles, des Soldats, des Bouffons & d'autres caractcres. Les mouvemens & les gefles répondent fi parfaitement aux difcours du Machinifte, qu'on s'imagincroit que chaque figure parle. D'autres portent un dragon de fnixante ou quatre-vingt pieds de long, rem- pli de lumières depuis la cête jufqu'à la queuc, qu'ils agitent & font tour-
ner comme un ferpent.
Mas rien ne donne tant d'éclat à la fête, que les feux d'artifices qui s’éxécutent dans toutes les parties de la Ville. On prétend que les Chinois ex- cellent dans cet art. Magalhaens raconte qu'il ne put voir fans admiration un de ces fpectacles, auquel il fut invité avec fon Compagnon, dans la Province
de Se-chuen, par le Tyran Chang-hyen-chung.
Le feu d'artifice repréfentoit un
cabinet couvert d’une vigne. ‘l'outes les jointures de l'ouvrage furent en feu fans fe confumer; mais la vigne, avec fes branches, fes feuilles & fes gra-
pes, fut confumée par degrés.
Les grapes paroifloient rouges, les feuilles
vertes; & la couleur de la tige étoit imitée fi naturellement, que tout le mon- de s’y feroit trompé (r). Mais on fe formcra une idée plus jufte de ces re- préfentations, fur le récit d’un feu d'artifice que l'Empereur Kang-hi donna pour amufement à toute fa Cour, & dont les Miflionaires du Palais furent
témoins.
ON commença par mettre le feu à fit cylindres, plantés en terre, d’où il s'éleva des flammes, qui retombèrent d'environ douze pieds de hauteur en
. pluie d'or ou de feu. Ce prélude fut fuivi d’une forte de chariot à bombes,
foutenu par deux poteaux, d’où il fortit une autre pluie de feu, accompa- gnce de plufieurs lanternes, für lefquelles on lifoit diverfes fentences en gros caractères couleur de fouffre enflammé, & d’une demi-douzaine de chande- liers à branches, en forme de piliers. Dans un inftant cette abondance de lu-
mières changea la nuit en un jour fort éclatant.
Enfin, l'Empereur mit lui-
même le feu au corps de la machine, qui fe couvrit tout-d'un-coup de flam-
mes, dans un efpace de quatre-vingt pieds de long fur quarante ou cinquante : La flamme s'étant communiquée à plufieurs piliers, & à diverfes
de largeur.
figures de papier qui étoient diftribuées de toutes parts, on vit s'élever dans l'air un prodigieux nombre de fufées, & quantité de lanternes & de branches
s'allumer dans toute la place.
Ce fpectacle dura près d'une demi-heure. De
tems en tems on voyoit paroître, en plufieurs endroits, des flammes bicuicres
(r) Le Comte, qui paroît copier Magal- hacns, tourne en ridicule ces Repréfentations
L
en
de fruit avec du feu. Mais il avoue qu'il n’a jamais vù de feux d'artifice à la Chine,
e) …
MaGNirI- CENCE DES CnHinors.
Cnnacl ŸYPCELAT l Gu Où lEnTe i
onte Vide
Teux d'arti fice Chinois.
Grand feu d'artifice de l'Empereur Rang-hi,
MAGN €LENCE
IF1- DES
CuiNoïs.
Cérémonie
fingulicre de
Ja fête des Lanternes,
Origine de
cette l'ête,
Aatre ori-
gine,
Fète des
Giteaux
tdires.
Lu-
4t VOYAGES DANS L'EMPIRE en forme de grapes de rain, qui pendoieni d'un cauinci couvert de vigne, Ces figures à demi-fombres, Joint aux IUMLETES qui brilloienc COMME autant d'étoiles, formérent un fpeétacie extremement agréabie,
ON obferve dans ces fetes une cérémonie fort remarquabie, Dans Li pi-
art des maifons, les Chefs de fimilie ccrivenc en gros ceracter:s, fui u- ne feuille de papicr rouge ou fur une tablette vern::, les mots fuivans : Ten-ti, San-Lyay, [ Che-fan ] Tchin-t - | v | vérneur du Ciel, dela "l'erre, des trois Limites (s) & des dix mile Inic:l:- gences (1). Ce papier eft renferme dans un quadre de bois ou dé carton. 7e la Cour, on le place fur une tabie, fur laqueiie on met uu bleu > du pin, de ja viande, ou quelqu'autre offrande de cetie nature. Enfuite on fe prof:crne à terre & l'on offre de petits batons parfumés (v).
L’oPINION commune jur l'origine de cette fec:, e% qu'eile fut ctabiie
eu de tems après la fondation de l'mpie, par un Mancarin, qui, ayant perdu fa fille fur le bord d'une rivière, fe mut à la chercher, mais inutiie- ment, avec des flambeaux & des ianternes, accompagné d'une foule de Peu- pie dont il s’étoit fait aimer par fa vertu. Cette hiftoire t quelque rcflem- biance avec celle qu'on zaconte d'une autre fete, que ies Chinois nommen: Long-chuen, c'eft-a-dire, Ecorce de Dragon, & les Portugais de Macao, Lu:h: lumba. Elle fe célèbre le cinquième jour de la cinquième iune, par des r£- jouiffances fur l'eau (x). Mais les Lettrés donnent une autre origine à là fc. te des Lanternes. Ils prétendent que l'Empereur Aye, dernier Monarque 4: la famille de Hya, fe plaignant de la divifion des nuits & des jours, qui rend une partic de la vie inutile au phaifir, fic batir un Palais fans fenêtres, où il raflembla un certain nombre de perfonnes des deux féxes, qui étoient toû- jours nues; & que pour en bannir les ténèbres, il y établit une tilumination continuelle de fambeaux & de lanternes, qui donna naïflance à cette fete (y).
Le 15 de la huiticme Lune &it célébré à la Chine par d’autres réjouiffan- ces. Depuis le coucher du Soleil & ie lever de la Lune jufqu'a minuit, tou. le monde fe promene avec fes amis & fes parens dans les rues, dans les places publiques, dans les jardins & fur les terrafles, pour attendre l'apparition du Liévre qui doit fe faire voir cette nuit dans k Lune (2). Les jours précédens on s'envoye mutuellement de petits gateaux ronds & fucrés, qui portent |: nom de Tue-nin, où Güteaux Lunaires. Les plus gros, qui ont environ dix pouces de diametre & qui repréfencent la pleine-Lune, portent au centre u- ne figure de liévre, & font compofés de pate de noix & d'amandes, de pom- mes de pin & d'autres ingrédiens. Ils fe mangent à la lueur de la Lune, avec des accompagnemens de mufique.
LE méme Auteur obferve dans un autre lieu, que les neuf premiers ‘ours de la Lune font de grandes fetes à la Chine , fur-tout le neuvième. C'eft je tems que les Chinois choïfffent pour le mariage de leurs enfans ; & leur uit- ge, pendant ces fetes, cit de fe faire fervir un plat qui repréfente un cer-
tain (s) C'eft-àdire, de tout le Monde. ja parlé, (&) Dix mille, pour inüini. 692 Magalhaens, wbi up. pag. 107. Le (y) Magalhaens, pag. 104, Le Comte, Pére le Comte, pag. 165. pag. 161. Du Halde, pag. 290, (3) Voyez ci-dellus,
(2) C'eit apparemment celle dont on a dé-
P'an-lin, Tchin-tja; ; c'ett-a-dire: Au vrai Gou-n
btain 2cun
:J'emi Font
EL les mi phe des E & lies
faires
Chaqu Xercic oit pe ojent n'eft p: aviilo 4e ar plufieu Lzss cence | lEmpi des Et les mu des PI frcens, tes, d lempo bitans
A ». * ve CS vigne,
mme auians
Dans li pii-
r2$, iui u- 25 faivans :
| vrai Gou-»
nilie Inte:l!. ‘carton. lu pain, de prof:crne à
[ut Ctabi.s qui, ayanc nais inutile. ule de Peu- que reflem- 5 nommen: Ca0 , Liurbs par des ré- ine à la fé- [onarque à: s, qui rend tres, où il toicnt toû- iuminatio1 e fete (y). rcjouiffan- inuit, tou. s les places arition du s précédens portent |: nviron dix
centre u- s, de pom- une, avec
miers jours C'eft je
: Ieur ufi- C Un cCcr- tain
L
DE LA CHINE, Lrv. Il Car. I. 45
Mtain avortement du Palais, environné de neuf Tours, qui répondent à cine Brain appirtem 5, en ui ré
Pcun ces neuf jours. ils fuppofent que le nombre &e neui cit le plus excellenc | es nombres, & qui a là vertu @2 comiérer des honneurs, des ri- : une longue vie. C'efl dans l'efoérance d'obtenir ces trois biens,
Mde ious “chefies ©
que ie neuvième jour on s'ailemble dans 25 Villes, fur ies tours & is ter-
rafles, où l'on f: réjouit avec es parens & fes amis. Les Ffabicans de là “campagne prennent pour lieu d'aflemblée les montagnes €: d'auires licux ciz- 5, L'Auteur aioûte, que les neuf Tours de: lepparicment du Pas ont
< re a
“éte bicies dans ia même vüe (4).
La mignifcence des Chinois éclate admirabiement dans ieurs Ouvrages (l iCS
, pe ieis que les fortifications des Villes, des forts & des Cateaux, * ' +: 1 A + PE à e 1 A e à + } 1 Temples, ies Sailes de leurs Ancèires, les Tours, Î25 res de triomphe, ie Fonts, ies Ciernins,
! Fac]
les Canaux & leurs autres Monumens publics.
LES ouvrages qui fe font remarquer particulitrement dans les Villes, font les murs d'enceinte G ies portes, les Teémples, les Tours, iss Ares de triom- phe & les autres cdifices publics. Lis s'attirent les regarës @ l'admiration des Etrangers. La prodigieufe quantité de Barques qui couvrent ies Canaux & les Livicres , la foule des Habitans €: le mouvement tumuïtueux d2s af- faires, n'en augmentent pas peu l'éclat. |
Dans la plüpart des Villes de la Chine, les murs d'enceinte font des quar- tés -longs, dont les angles regardent, autant qu'il et podible, ies quatre points cardinaux. ils font généraiement f' hauts (2), qu'ils cachent les cdi- fices; & fi iarges, qu'on peut marcher deflus à cheval. Ordintirement is font de brique ou de pierres quarrées, environnés d'un large foflé, foutenus d'un remparc de cerre, & flanqués à certaines diftances de ‘l'ours cuarrécs. Chaque entrée a deux portes, entre lefquelles ef: une place-d'armes pour l'é- xercice des gens de guerre. Après avoir pale la premitre porte on n'apper- oit pas la feconde, parce qu'ell: n'elt jamais à l'oppolite. Quoiqu'el:s n2 oient point ornées de bas-reliefs, comme ies autres monumens pubiics, on n'eft pas moins frappé de la hauteur prodigieufe de deux Tours, où de deux pavillons, qui font bàcis deflus, & qui fervent comme d'arfenal ou de corps
de ‘ee Dn admire aufñi la beauté de leurs arches, quf font de marbre dans plufieurs Villes, © la folidité exuravrdinaire de l'ouvrage (c).
Lrs Forts & les Chateaux de défenfe font d'autres éxemples de la magnifi- cence des Chinois; mais on en remet la defcription à l’article des l'orces de l'Empire. C'eft la multitade de ces édifices qui doit augmenter l'admiration des Etrangers. On ne compte pas moins de quinze cens quatre-vingt-une Vil- les murées dans les feize Provinces de la Chine. Le nombre des Forts & des Places fortifices, de fept différens ordres , monte à deux mille huit
frcens, [ vingt-un ] fans y comprendre les Tours, les Châteaux & is Redou-
tes, dont on compte environ trois mille au long de la grande muraille, qui l'emporte elle-même fur tous les ouvrages du Monde (d). Le tiers des Fia- bitans de l'Empire fut employé à la batir. Comme elle commence à la Mer,
on
(ec) Chine du Père Du Halde, pag. 242 & 238. .. (4) On en a donné ci-defT5s la defcription.
F3 :
Ca) Magaihaens, pag. 318. (2) Celui de Peking a quarante pieds de ULCUS.
Macnirr. CENCE DES Curxois,
NMonumens & Ouvrages publics des Cüinois,
Murailles & portes des
Villes,
Nombre des Viles & des Forts,
Grande mue. raille,
46 VOYAGES DANS L'EMPIRE
nauwtre on fut obligé, pour en jetter les fondemens de ce côté-la, de couler à fonc cexcr pes plufieurs Vafleaux charges de fer & de grofles pierres. Elle fuc élevée ave: MN Cuixois Umarc merveilleux. 11 fut défendu aux ouvriers, fous peine de mort, de lait. MS {er la moindre ouverture entre les pierres. De-là vient que ce fameux ouvra. #
ge fe conierve aufli entier que le premier jour qu'il fut bati Ce). Tours des Dans les lieux les plus fréquentés de chaque Ville, on voit une ou plu. Milles. fieurs Tours, quife font également admirer par leur hauteur & par la beauté de leur architeéture. Elles portent le nom de Pas-ta. Les unes font compofées LS de neuf étages; mais elles n'en ont jamais moins de fent, qui diminuent par "8 degrés à proportion qu'ils s'élèvent, & qui offrent des fenétres de chaque cc té, Le plus fameux édifice de ce genre eit celui de Nan-king , qui fe nom. me la grande Tour, où la Tour de porcelaine. On en a déja donné quelqu'idée: mais la meilleure defcription qu'on en puifle defirer eft celle du Pere le Com
te (f)
Temple de LE Pau-ghen-tfe, ou le Temple de la Reconnoiffance, bâti par l'Empereur t + A . . . , la Reconnoif. Tong-lo hors des murs de la meme Ville, ett élevé fur une pile de briques qu
fance, où forment un grand perron, environné de baluftrades de marbre brut & d'un. rs rampe de fept ou huit degrés. La Salle, qui fert de Temple, a cent pieds d& hauteur. Elle porte fur une petite bafe de marbre, qui ne s'élève que d'un pied, mais qui régne autour du mur à deux pieds de largeur. La façade c" ornée d'une galerie & de plufieurs colomnes. Les toits (car ces cdifices en ont ordinairement deux; l'un, qui termine les murs, & l'autre qui s'élève au- deflus du premier ,) font de tuiles vernics d’un verd luifant. L'intérieur eft re. vêtu de peintures, avec un