BULLETIN /
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
2* SÉRIE — TOME IV
IM° 5 — J u i n 1 932
RÉUNION MENSUELLE DES NATURALISTES DU MUSÉUM
ANNÉE 1932
Président : R. Anthony.
Secrétaire : Ed. Lamy.
MASSON ET Cie, ÉDITEURS
LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS-VI»
Publication périodique mensuelle.
AVIS
Le Bulletin du Muséum est réservé à la publication des travaux faits dans les Labo - ratoires ou à l’aide des Collections du Muséum national d’histoire naturelle.
Ce recueil étant mensuel et destiné essentiellement à de courtes notes permettant des prises de date, son impression doit être rapide : MM. les Auteurs sont donc ins- tamment priés, dans l’intérêt général, de vouloir bien accepter la réglementation sui- vante :
L’ensemble des notes de chaque Auteur ne peut excéder, par an, trente-deux pages, Toutefois des pages supplémentaires pourront être accordées aux Auteurs qui s’enga- geront à en payer les frais.
De plus, chaque volume annuel ne comprendra au maximum que quarante-deux feuilles (de seize pages) et, en tout cas, aucun numéro ne devra dépasser huit feuilles.
Les Auteurs désirant faire des communications sont priés de se faire inscrire avant la séance (x).
Toute remarque verbale faite en séance à propos d’une communication devra, si son Auteur désire qu’il en soit tenu compte au Bulletin, être remise par écrit dans les vingt-quatre heures.
Les manuscrits doivent être définitifs pour éviter les remaniements et écrits tria lisi- blement, ou, de préférence, dactylographiés, seulement au recto de feuilles isolées.
Ils ne porteront d’autres indications typographiques que celles conformes aux carac- tères et signes conventionnels généralement adoptés, par exemple :
Mots à imprimer en italique (notamment tous les mots latins) : soulignés une fois dans le manuscrit.
Mots en petites capitales : soulignés deux fois.
Mots en caractères gras (en particulier noms d’espèces nouvelles) : soulignés d’un trait tremblé.
Il est recommandé d’éviter les blancs dus à l’introduction de caractères de différente valeurs (notamment dans les listes énumératives d’espèces).
Les frais de corrections supplémentaires entraînés par les remaniements ou par l’état des manuscrits seront à la charge des Auteurs.
Pour chaque référence bibliographique, on est prié d’indiquer le titre du périodique, la tomaison, Vannée de publication, la pagination.
Il est désirable que, dans les titre des notes, le nom du groupe ou embranchement auquel appartient l’animal ou la plante dont il est question soit indiqué entre paren- thèses.
Les Auteurs reçoivent gratuitement 25 tirés à part de leurs articles. Ils sont priés d’inscrire sur leur manuscrit le nombre des tirés à part supplémentaires qu’ils pour- raient désirer (à leurs frais).
Les clichés des figures dans le texte accompagnant les communications doivent être remis en même temps que le manuscrit, le jour de la séance; faute de quoi la publica- tion sera renvoyée au Bulletin suivant.
En raison des frais supplémentaires qu’elles entraînent, les planches hors texte ne seront acceptées que dans des cas tout à fait exceptionnels et après décision du Bureau.
Il ne sera envoyé qu’une seule épreuve aux Auteurs, qui sont priés de la retourner dans les quatre jours. Passé ce délai et dans le cas de corrections trop nombreuses ou d’ordre technique, l’article sera ajourné à un numéro ultérieur.
(l) Pour tout ce qui concerne 3a rédaction, s'adresser à M. Ed. Lamy, 55, rue de Buf- fon. Paris (Ve).
BULLETIN
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ANNÉE 1932. — N° 5.
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271e RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM
30 juin 1932.
PRÉSIDENCE DE M. R. ANTHONY,
PROFESSEUR AU MUSÉUM.
ACTES ADMINISTRATIFS
M. le Président donne connaissance des faits suivants :
M. Souny, Assistant, a été admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite, à dater du 4 avril 1932 (Arrêté du 5 avril 1932).
M. Gravat, Gardien de Ménagerie, a été nommé Garçon de Labo- ratoire stagiaire (Arrêté du 25 juin 1932).
Un congé d’un mois a été accordé à M. Gravouil, Jardinier (Arrêté du 7 juin 1932).
M. Belot, Jardinier, a donné sa démission.
Un arrêté du 20 mai 1932 a fixé la composition du Comité du Zoo. Bulletin du Muséum , 2" s., t. IV, 1932. 30
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Ont été nommés Correspondants du Muséum (Assemblée des Professeurs du 19 mai 1932) :
Sur la proposition de M. le Professeur R. Jeannel :
M. Henri Clavareau, de Bruxelles : a fait don au Muséum de sa collection de Chrysomélides. Cette collection est de première im- portance, non seulement par la richesse considérable en matériaux de tous les pays du monde, mais aussi par l’abondance des types ou des exemplaires comparés au type.
Sur la proposition de M. le Professeur J. Costantin :
Mlle Valérie Jaudel, Professeur au Lycée Molière, ancienne Élève de l’École Normale supérieure de Sèvres, Agrégée des Sciences physiques et naturelles : réserve pour le Laboratoire d’Orgaiio- graphie végétale les heures libres que lui laisse le lycée. Avec abnégation elle s’est transformée en agent technique et aide l’Assistant M. Lebard pour les préparations anatomiques, travail long, minutieux, exigeant du soin et de l’intelligence. En 1924, elle a été au jardin alpin italien de la Chanousia, au Petit St-Bernard (qui est le premier jardin montagnard d’Europe et du monde) et elle a rapporté des documents précieux. M. Costantin et elle ont publié en collaboration un mémoire intitulé : Influence de la cul- ture sur les plantes à mycorhïzes [avec MM. Magrou et Lebard] [Ann. Sc. nal. Bot., 10e s.,, 1929).
M. le Président a le regret de faire part de deux décès :
Mme Petit-Renaud, ancienne chargée de mission du Muséum ;
M. Alfred Baudon, Administrateur des Colonies, Correspondant du Muséum, décédé à Marseille le 27 mai 1932 : il avait adressé de l’Afrique équatoriale au Muséum d’importantes collections bota- niques et zoologiques, principalement de Poissons.
DONS D’OU NR AGES
M. le Professeur Louis Roule présente, pour en faire don à la Bibliothèque du Muséum, deux ouvrages qu’il vient de publier :
1° Manuel de pisciculture. Hachette, Paris (Encyclopédie des connaissances agricoles) : 158 pages, 45 dessins.
2° Les Poissons et le monde vivant des eaux, Tome V, Larves et
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Métamorphoses. Delagrave, Paris : 308 pages, 16 planches hors texte en couleurs, et 74 dessins.
M. le Professeur H. Humbert dépose, au nom de l’auteur, l’ouvrage suivant :
La flore des Montagnes de la Saletie ( Haut-Dauphiné ), par A. Cuny, Grenoble, 1.932,
La Bibliothèque a reçu les ouvrages suivants :
Arnaud (Gabriel) : Traité de pathologie végétale, par (Gabriel Arnaud et Madeleine Arnaud. T. I, vol. 2 : Maladies du poirier, du cognassier, des pomacées diverses, des arbres à noyau, des ar- bustes fruitiers, du fraisier et des cultures méditerranéennes. Paris, P. Lechevalier et fis, 1931, In-8°, paginé 995 à 1831, fig. ( Encyclo- pédie mycologique, T. IV).
Benedict (Francis Gano) : The Physiology of large Reptiles, with spécial reference io the heat production of snakes, lortoises, lizards and alligators, Washington, Carnegie Institution, 193.2. Gr. in-8°, x-539 p. et fig. ( Carneqie Institution of Washington, Public. N° 425).
Berg (Kaj) : Sludies on the genus « Daphnia » O. F. Muller, with especial reference to the mode of reproduction. Copenhagen, printed by B. Luno, 1931. In-8°, n-222 p. et pl. (Reprinted from Videns- kabelige Meddelelser fra Dansk naturhistorisk forening, Vol. 92).
Blondel (F.) : La Géologie et les mines de V Indochine française. Paris, Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, 1932. In-fol., 148 p. et cartes (Extrait du Tome V des Annales de F Académie des Sciences coloniales ).
Blondel (F.) : La Géologie et les mines à V Exposition coloniale de Paris, 1931. Saint-Étienne, Société anonyme de l’impr. Théo- lier, 1932. In-4°, 20 p. et fig. (Publications du Comité d’études mi- nières pour la France d’outre-mer : Extrait de la Revue de l'indus- trie minérale, n° du 15 déc. 1931).
Dalloni (Marius) : Élude géologique des Pyrénées catalanes, Alger, J. Carbonel, 1930. In-4°, 373 p., carte en coul., fig. et pl. (Extrait des Annales de la Faculté des Sciences de Marseille, T. XXVI, fasc. III).
Henry (Yves) : Économie agricole de V Indochine. Hanoï [Impr. d’Extrême-Orient], 1932. In-4°, 696 p., cartes et graphiques en noir et en coul. (Gouvernement général de l’Indochine. Inspection générale de l’agriculture, de l’élevage et des forêts).
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Jensen (C.) : Danmarks mosser, eller beskriuelse af de i Danmark med faeroerne fundne Bryofyler II. Andreaeales og Bryales. Koben- havn, Nordisk Forlag, 1923. In-8°, xix-569 p., et pl. avec texte explicatif en ^regard.
Maire (Dr René) : Les Progrès des connaissances botaniques en Algérie depuis 1830. Paris, Masson, 1931. Petit in-4°, 235 p., portr. et fac-similé (1830-1930. Collection du Centenaire de l’Al- gérie. Études scientifiques).
Vernier (Louis) : Contribution à l'étude hydrologique du Jura méridional. Lyon, Bosc frères, M. et L. Riou. 1931. In-8°, 219 p. et l’errata. (Lyon, Th. Pharm. (Univ.) 1931).
Exposition bronzes et ivoires du Bénin au Musée d'ethnographie, Palais du Trocadéro : Bénin, par le Dr Hermann Baumann; Les Bronzes à cire perdue du Bénin, le déclin d'un art et d'une technique, par Henri Labourot; Les Bronzes du Bénin, par Charles Ratton. Paris, éditions « Cahiers d’art », 1932. In-fol., 20 p. et fig. ( Cahiers d'art, numéro spécial).
L'Université de Neuchâtel en Suisse. Küssnacht am Rigi, F. Lindner [1932] In-4°, 55 p. illus., front, en coul.
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COMMUNICATIONS
Supplément a l’Inventaire des Manuscrits de Risso
CONSERVÉS A LA BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉUM D’HlSTOIRE NATURELLE
(Risso an a IV), par M. Théodore Monod.
Depuis la publication de l’Inventaire ( Arch . Mus. Hist. Nat., (6), VII, 1931, pp. 101-133, 10 figs.). M. Joseph Risso a bien voulu remettre à la Bibliothèque du ;Muséum les quelques documents qui demeuraient en sa possession et dont l’existence avait été brièvement signalée (loc. cit., p. 133). Ils ont pris place, à la Bibliothèque, sous la cote Ms. 2064 I-VII.
I. — Généralités et travaux d'ensemble concernant à la fois plu- sieurs groupes. [Ms 2064 I].
a) 1 cahier (350 x 230 mm.), « Époques naturelles des environs de Nice », 43 p. et div. pièces. [Calendrier, incomplet, des appari- tions de plantes et d’animaux].
II. — Botanique. [Ms 2064 II].
b) 1 cahier (190 x 150 mm.), « Histoire naturelle des Orangers », 1840, 150 + 102 p. et div. pièces.
c ) 1 cahier fl 75 x 135 mm.), « Plantes indigènes & exotiques acclimatées & naturalisées aux environs de Nice », 1840, 103 p.
d ) 1 cahier (290 x 185 mm.), « Discours sur la Botanique, pro- noncé le 1er mai 1803 dans la salle d’hist. ne des écoles centrales de Nice, Dép1. des Alps-Mars » et listes de plantes, 178 [p. et div. pièces.
III. — Zoologie [Ms 2064 III].
e) 1 cahier (240 x 190 mm.), « Échinidés vivants, fossiles et pétrifiés observés dans les Alpes-Maritimes & aux environs de Nice », 1841, 97 + 90 + 116 (170 x 120 mm.) p. et div. pièces, 1 atlas de 50 pis. (noires et col.).
Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, n° 5, 1 932.
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1. Scutella gibbosa; 2. Sculella diluviana, Sc. umbrella; 3. Scutella festiva; 4. Fibularia birecessus, F. Lamarckii, Discoidea glabrella; 5. Discoidea depressa, D. telraslriolala, D. crassaciculata ; 6. Dis- coidea agaricus, D. praealla, D. Goldfussi; 7. Discoidea dilalala ,
D. Valenlinii, D. subuculum ; 8. Discoidea Parkinsonii, D. magna; 9. Discoidea clypeus; 10. Clypeaster scilla, Cl. gibbifer, Cl. Buc- klandii, Cl. squamulosus ; 11. Globalor Gray, Gl. Tholus, Gl. apen- ninus; 12. Clypeus slella, Cl. crux mallæ; 13. Echinus brevispina,
E. purpureus [les 2 spp. col.]; 14. Echinus miliaris [col.]; 15. Echi-
nus coralinus [2 figs. 1 col.]; 16. Pedina peresia, P. bifrons, P. gra- nulosa; 17. Echinopsis corona, Cidarites dèpressus, C. AUioni; 18. Hemicidaris longiradiaius, H. judaicus, H. granulalus, Cydci- rites hislrix [col.]; 19. Cidarites anomalus, Echinolampas prisma- ticus; 20. Echinolampas pyramidalis, Hiboclypus cordalus ; 21. Gale- rites mamma; 22. Galerites Smolini ; 23. Cassidulus chloriteus, C. Agassis; C. castanea ; 24. Gatopygus stellatus, Cassidulus acu- minatus, Nucleolites limbatus ; 25. Schizaster lagunosus ; 26. Schi- zaster bilunulatus. Sch. veluslus; 27. Schizaster ventricosus ; 28. Schi- zaster Æoclus; 29'. Spatangus Breynius , Sp. sphericus, Sp. chronos ; 30. Spatangus laovetar Sp. præallus, Sp. carinalus; 31. Spatangus pumiius, Sp. stellatus, Sp. Bonani, Sp. Phillips, Sp. paieloides, Sp. Duvernoi ; 32. Spatangus canaliferus, Sp. cor, Sp. Duvali; 33. Spa- tangus tulipiformis, Sp. caliciformis ; 34. Spatangus glaucanius; Sp. fauvonius, Sp. bullosus, Sp. inclinatus ; 35. Spatangus elegans, Sp. ambulacralus, Sp. Michelini ; 36. Spaganîus fea, Sp. bigibosus, Sp. pyramidalus ; 37. Spatangus Mazzii, Sp. Nestii [au crayon : nes- tianus\; 38. Ftolaster Agassis, H. ventricosus, H. g aléa ; 39. Holaster globosus, H. subalpinus ; 40. Brissus pelagicus ; 41. Micraster meri- dionalis [col.]; 42. Micraster meridionalis [col.]; 43. Amphinetus triaculeatus ; 44. Micraster placenta, M.cristalus; 45. Micraster Gra- lelupi, M. aslreinum ; 46. Ananchites pistacia, A. carinalus : 47. Ananchites bilobalus, A. rolundaius ; 48. Ananchites foveolalus, A. salurninus, A. [Hemineustes] Gualtieri ; 49. Prolerostoma
rostrata, P. oleifolia ; 50. Prolerostoma Huoli ;
f ) 1 carnet (280 x 100 mm.), listes et diagnoses d’insectes, 132 p . et div. pièces.
g) 1 cahier (340 x. 210 mm.),. « Lépidoptères du département des Alpes-Maritimes avec l’indication des époques & endroits où on les trouve, disposé d’après les familles de P. A. Latreille ». 1807, 20 p.
IV. — Géologie et Minéralogie [Ms 2064 IV].
h) 1 cahier (220 x 140 mm. ), « Aperçu géologique sur les Alpes- Maritimes », 1837, 418 p. [Quelques listes d’espèces concernant la faune et la flore actuelles].
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i) 1 cahier (280 x 200 mm.), « Aperçu géologique sur les Alpes- Maritimes divisé en faits & en idées », 1837, 459 p. et div. pièces. [Quelques listes d’espèces concernant la faune et la flore actuelles].'
/') 1 cahier (300 x 190 mm.), « Notice de faits d’histoire natu- relle des environs de Nice », 36 p.
k) 1 cahier (190 x 115 mm.), « Notes de l’Essai sur la géographie mi- néralogique desenvirons de Paris, par Cuvier & Broun1, 1811 », 24 p.
l) I cahier (286 x 190 mm.), « Tableau méthodique des miné- raux suivant leurs différentes natures & avec des caractères dis- tinctifs apparens ou faciles à recconoitre, par Daubenton», 88 p.
V. — Météorologie et Climatologie [Ms 2064 VJ.
. m) 1 liasse d’observations à Nice et de divers documents météo- rologiques et hypsométriques.
VI. — Technologie, Astronomie [Ms 2064 VI].
n) 1 cahier (300 x 180 mm), « Notice sur l’époque présumable de la correction de l’année », 2 copies, 18 et 22 p.
o) 1 cahier (310 x 195 mm), « Cours de bibliographie », 81 p.
p) 1 cahier (230 x 185 mm), « Dissertation sur l’origine et l’an- tiquité du verre », 18 p. [Lettre qui n’est pas de la main de Risso, datée d’Altona, 1763, avec quelques annotations de Risso].
VII. — Archéologie , Régionalisme . [Ms 2061 VII].
q) 1 cahier (295 x 190 mm), « Scursion de Nice à Gènes par la nouvelle route littorale des Alpes maritimes & des Apennins liguriens », 70 p. et div. pièces. [Quelques documents épigra- phiques].
r) 1 cahier (295 x 190 mm.), 43 p. et div. pièces. [Suite du pré- cédent].
s) 1 cahier (295 x 190 mm.), 36 + 20 p. et div. pièces [Notes sur la côte ligure, sa faune, etc.].
t ) 1 cahier (295 x 190 mm), 60 p. et nombreuses pièces [Notes sur Nice : origines, population, langue, archéologie (documents épigraphiques), hommes illustres, etc.].
u ) 1 cahier (295 x 190 mm.), 8 p. et div. pièces [plan d’un ou- vrage sur les Alpes-Maritimes].
v) 1 dossier (295 x 190 mm.), [Notes sur les industries et le commerce de Nice].
w) 1 cahier (300 x 190 mm), « Notices historiques sur les Alpes Maritimes », 78 p. et div. pièces [Documents épigraphiques].
x) 1 cahier (185 x 145 mm.), « Notices historiques surles'Alpes Maritimes. Époque aborigène », 27 p. [Documents épigraphiques].
y) 1 cahier (200 x 150 mm.), « Osservazioni sulle tre prime lettere del Viaggio nella Liguria maritima di Davide Bertelotti. Turino 1834 », 8 p. [Pas de la main de Rtsso].
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z) 1 cahier (245 x 165 p.), « Observations sur les deux premières lettres du Viaggio nella Liguria maritima di Davide Bertolotti. 3 vol. Turin 1834. », 38 p.
aa ) 1 cahier (205 x 145 p.), « Observations sur les trois premières lettres du Viaggio nella Liguria maritima di Davide Bertelotti »,
61 p.
bb) 1 cahier (290 x 185 mm.), « Voyage de Nice à Gènes & à la Spezzia où (sic) des frontières méridionales de France à celles de la Toscane par la nouvelle route litorale des Alpes maritimes & des Apennins liguriens » (faux-titre : « Scursion de Nice à Gènes & à la Spezzia. Itinéraire géographique & descriptif des frontières de France à celles de la Toscane, par la route litorale des Alpes mari- times & des Apennins Liguriens », 1840, 284 p. [Documents épi- graphiques, monographie de Nice].
Mission de S. A. R. Mgr. le Prince Sixte de BOURBON. dans le Sahara, Tibesti, Borkou, Wadaï.
Notes sur la faune, par le Prince Sixte de Bourbon.
La Mission était ainsi composée :
S. A. R. Mgr le Prince Sixte de Bourbon, chef de Mission;
M. le Comte Hector de Bearn, capitaine de corvette de réserve;
M. le comte Jean de Neufbourg, lieutenant pilote aviateur de réserve ;
M. le capitaine Firmin Bruneaux, du 61e bataillon de chars d’assaut, de Bizerte;
M. Laufear Norrie.
Un cinéaste et un mécanicien.
Le but de la Mission était d’explorer le parcours Méditerranée- Tchad, en partant de Tunis, par Fort-Saint, Fort-Flatters, Amguid, In Afelalah, Djado, Bilma. De ce point, obliquant vers l’est, elle devait contourner le Tchad en un vaste demi-cercle, par le Tibesti,. le Borkou et le Wadaï, descendre jusqu’à Fort-Archambault, et remonter ensuite à Fort-Lamy, la Nigéria Anglaise, le Niger Fran- çais, l’Aïr, le Hoggar et la piste du Gassi Touil jusqu’à Ouargla, d’où elle devait rejoindre Alger et Tunis.
D’In Afelahah jusqu’à Bilma, la Mission s’était réunie à celle du commandant Carbillet, commandant le Territoire des Oasis. De Bilma à Oum Chalouba, elle explorait un pays dans lequel aucune automobile n’avait encore pénétré.
Les principaux points d’arrêt sont Sherda, dans le Tibesti, d’où une reconnaissance fut poussée à méhari dans les montagnes du Tibesti, Aïn Galaka et Faya dans le Borkou, Oum Chalouba dans l’Ennedi, Abéché dans le Wadaï.
Pendant ce parcours, la Mission s’est attachée à recueillir toutes les indications utiles au sujet de la faune et de son habitat, dont nous donnons ici un aperçu général.
Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, n° 5, 1932.
I
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. — Le Sud Tunisien et Algérien.
Dans le tout Sud Tunisien et Sud Algérien, de Gabès à Fort- Saint, Fort Flatters, In Afelalah jusqu’à Bilma, nous avons vu extrê- mement peu de gibier, huit Gazelles Dorcas en tout, sur un parcours
de plus de 2.000 kilomètres. Dans les dunes de Tihodaïne, entre Amguid et Djanet, nous avons poursuivi vainement deux Addax. Dans le Tassili d’Amguid et celui des Azgueurs, il y a beaucoup de
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Mouflons, évidemment, d’après les descriptions verbales des rési- dents, le Mouflon à manchettes ( Ammotragus lervia ). Les sous- ofïîciers méharistes ont souvent l’occasion de le chasser. Il est facile à approcher, pourvu que l’on fasse attention au vent, car, disent- ils, il voit très mal.
Très peu d’oiseaux.
II. — Le Tibesti et le Borkou.
Mammifères.
Les renseignements suivants recueillis au Tibesti sont dus à nos observations personnelles et à celles de M. le capitaine Vicaire, de l’infanterie coloniale, commandant le Tibesti, qui connaît mieux que personne, et de longue date, ce pays.
Dans tout le Tibesti, le Mouflon à manchettes est fréquent. On le trouve à toutes les altitudes jusqu’au delà de 2.000 mètres. Plus bas, c’est-à-dire depuis le pied de la montagne, qui est à 800 mètres d’altitude, jusqu’aux premiers contreforts du massif central, on trouve de nombreuses Gazelles Dorcas, très claires, de taille moyenne, sans raies noires sur les flancs, où les poils prennent seu- lement une teinte un peu plus brune. L’ Ariel ( Gaz. dama permis-la ) est plus rare que la Dorcas; on la trouve mêlée aux Dorcas dans les oueds appelés, en langue toubou, « Enneris », où poussent, entre autres arbres, de nombreux épineux.
Anes sauvages. — Appelés localement « Onagres ». Nous en avons vu des traces à l’est de Sherda où il y a, paraît-il, plusieurs troupeaux qui s’abreuvent dans les « Guettas », trous d’eau dans les rochers. D’autres troupeaux sont connus à Zouar. Le capitaine Vicaire en a tué dans cette région, sur le plateau de Daski. Il mi les décrit comme ayant la taille d’un fort Ane domestique, le sabot d’un Mulet, le pelage plus foncé que celui d’un Ane domestique, la crinière fournie, une ligne noire dorsale de la tête à la queue et une autre ligne noire descendant des épaules aux pattes antérieures jusqu’au paturon. Le capitaine en a vu dans tout le Tibesti aux demi-altitudes, à Ogou, près de Bardai, dans l’Enneri Bardaïgué, à Yebbi, Souma, au Zoumeri, entre Wour et Bardai.
Des Lièvres, de très petite taille ( Lepus ægyptius Aud. et Geoffr. ) sont fréquents ainsi que les Fennecs, Chacals et Hyènes tachetées.
Chiens sauvages ( Canis sp.?j. — - La question de l’identité des Chiens sauvages du Tibesti reste encore difficile à élucider, bien qu’il semble certain qu’il existe dans la région au moins une espèce de Canidé sauvage autre que le Chacal ordinaire et le Cynhyène. Voici ce que me communique à leur sujet le capitaine Vicaire :
Ce sont des animaux de 1 mètre de haut, avec une tête forte et ramassée, une mâchoire courte comme celle de la Hyène, des oreilles longues et nettes, sans plumets de poils, et la queue longue, basse et fournie, les griffes développées, le poil gris noir. Ils attrapent à la course les Gazelles Dorcas et même les Ariels, et s’attaquent vo- lontiers aux troupeaux d’Anes domestiques. Dernièrement, ils ont causé de véritables ravages parmi les troupeaux d’Anes du Zouar, à 25 kilomètres au nord de Sherda, sur la route de Bapdaï. Généra- lement un seul Chien est en chasse; il attire les autres en aboyant lorsqu’il poursuit un animal. Toute la bande arrive alors très rapi- dement et entoure sa proie en lui coupant la route. Ces Chiens très féroces ne sont par contre pas nécrophages. Il ne paraît pas que l’on puisse les domestiquer ou tout au moins ne l’a-t-on jamais essayé. Le capitaine ne connaît pour le moment aucun croise- ment entre eux et les Chiens domestiques. Ces derniers sont du reste très rares au Tibesti, pays extrêmement pauvre où la nourriture fait souvent défaut aux indigènes.
Damans ( Procavia sp.). — Appelé en langue toubou « Njii », cet animal qui rappelle un peu par ses allures la Marmotte, vit par bandes dans les rochers, loin de l’eau. Il est herbivore et a la cu- rieuse particularité de déposer ses excréments toujours au même endroit. Sa taille est aussi celle de la Marmotte, mais l’extrême brièveté de la queue l’en distingue aisément de loin. Il est très timide et difficile à approcher. Nous avons été, mais en vain, à la chasse de cet animal à Kayougué, à 30 kilomètres dans le N.-N.-E. de Sherda, à l’endroit où l’Enneri Yoo descend des montagnes à travers des canons impressionnants. Les indigènes m’avaient indi- qué cet endroit m’assurant que j’v trouverais des « Njii ». Mais bien que, à quatre chasseurs et pendant trois jours, nous ayons battu le pays et grimpé à travers les rochers, nous n’avons pu en voir. Notre chasse fut d’ailleurs très infructueuse en cette région. L’es- poir que nous avions eu de tirer au moins des Mouflons, à défaut de Damans, fut également déçu. Seul le squelette d’un jeune mou- flon a été trouvé.
Par contre, dans le Baguirmi (colonie du Tchad), entre Abéché et le Chari, nous avons vu une trentaine de ces Damans qui cou- raient dans les rochers et disparurent immédiatement dans des trous sans que nous puissions les observer plus de quelques secondes. Un village de noirs se trouvait à proximité de ce rocher. Nous avons vainement exploré tous les recoins; les animaux s’étaient terrés dans des fissures profondes et n’en sortirent plus. Nous n’avions pas d’interprète avec nous à ce moment pour poser des questions aux noirs. Us me lirent comprendre par signes qu’il y avait beau- coup de Damans et qu’ils étaient bons à manger. Je ne puis affir-
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mer, n’ayant pas vu les Damans du Tibesti, s’il s’agit exactement de la même forme que ceux du Baguirmi. Ces derniers, que j’ai vus, étaient brun rougeâtre, quelques-uns un peu plus foncés; ils cou- raient également comme des Marmottes dont ils avaient la taille.
Les seuls Singes qui existent au Tibesti sont les Cynocéphales ( Papio sphinx Geofïr.) Il y en a un peu partout, mais ils affec- tionnent surtout le versant ouest du massif où nous en avons vu, notamment à Kayougué.
Chameaux. — Les Chameaux- Dromadaires du Tibesti pro- viennent en grande partie du Fezzan. Ils sont petits, poilus et ont la particularité d’être coprophages.
Rongeurs. — Comme partout dans le désert, on trouve égale- ment dans le Tibesti de petites Gerbilles à longue queue.
Oiseaux.
Nous avons vu des Pigeons ( Columbia livia targia Geyr.) par bandes dans les Enneris, analogues apparemment à ceux du Hoggar, de même que les Tourterelles à teintes roses (probablement Streptopelia lurtur hoggara. Geyr.), des Charognards, les adultes blancs et les jeunes bruns, des Gangas ou Perdrix du désert, des Traquets noirs et blancs ( Oenanthe leicopyga ægra Hart.) dits «marabouts», très respectés par les indigènes, et qui, en conséquence, sont très familiers, des Hirondelles cendrées des rochers (probable- ment Ptyonoproggre ohsoleta Buchanani (Hart.), des Traquets de différentes espèces qu’on trouve également partout dans le désert. Les Corbeaux noirs ( Corvus corax ruficollis (Less.) sont très nom- breux. Je n’ai vu par contre nulle part le Corbeau à collerette blanche ( Corvus albus Mull.). Celui-ci ne paraît que plus au sud, dans le Wadaï, alors que dans P Air on le voit à partir d’In Gall et Agadès. Dans les montagnes où les Enneris forment de nombreuses gueltas pleines de poissons, il y a des Hérons cendrés ( Ardea cine- rea. L.).
Nous avons encore vu fréquemment des Outardes grandes et petites, dans le Tibesti. Ces dernières ne semblent pas monter à plus de 800 ou 1.000 mètres d’altitude. Dans l’oued Berdaïgué, où il y a quelques petits étangs, près de Bardai, des Canards et Sar- celles viennent tous les ans de la mi-octobre à la mi-janvier.
Reptiles.
On trouve dans le Tibesti des Varans, grands Sauriens avec une queue dans le genre de celle du Crocodile, le ventre jaune et la tête plate. Nous avons vu partout des Lézards, même dans les endroits
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les plus désertiques. Ceux que j’ai rapportés pour le Muséum pro- viennent du désert de sable entre In Afelalah et Djado et entre le Kaouar et le Tibesti.
Entre Tibesti et Borkou, les difficultés pour trouver notre che- min en pays pratiquement inconnu et d’en faire un levé d’itiné- raire ne nous ont pas permis de nous occuper de chasse ou d’étude d’animaux. Sur tout ce parcours, nous n’avons du reste pas rencon- tré âme vivante, et les officiers méharistes du Borkou n’ont eux- mêmes pu me donner que des indications extrêmement vagues sur la faune.. Nous avons vu des troupeaux de Dorcas, toujours du même type et les mêmes oiseaux qu’au Tibesti. Entre Borkou et Wadaï, l’amoncellement des dunes et l’immense désert sablon- neux ne sont pas propices au développement de la vie animale. Ce n’est qu’à une centaine de kilomètres au nord et nord-ouest de Oum Chalouba (limite de l’Ennedi et du Wadaï) que la végétation recommence et forme savane, puis brousse, cette fois sous un aspect nettement tropical, caractérisé par les Palmiers-Doums. Nous y avons tiré deux Addax parmi un troupeau d’une dizaine de têtes. Les Gazelles vivent par grands troupeaux. Nous avons également vu des Autruches, des Chacals, et en général tous les animaux qui peuplent les régions que nous venions de traverser.
A Oum Chalouba, commence la brousse et le pays des grandes chasses. Près du Chari, nous avons vu, la nuit, aux phares de l’auto > deux Cynhyènes tout proches.
Crocodiles. — La présence de Crocodiles dans les oasis du Sahara Oriental est une question particulièrement intéressante pour l’étude de la faune de cette région. Nous avons pu vérifier l’exacti- tude des renseignements qui ont été donnés sur l’existence de ces Reptiles dans le Tassili des Azgueurs, au nord de Dider„ Le temps nous a manqué pour nous y rendre. Il eut fallu une véritable expé- dition à Chameau et à pied d’une dizaine de jours au moins. Le Crocodile dont la dépouille a été rapportée à la Faculté des Sciences d’Alger provient véritablement de là. Il a été tué non par le lieu- tenant qui l’a rapporté à Alger, mais par un de ses brigadiers méha- ristes français.
Le même phénomène de faune résiduelle se trouve dans l’Ennedi où il y a des Crocodiles dans les montagnes entre Fada et Oum Chalouba; ils vivent dans les trous d’eau bien connus sous le nom de « grottes aux Crocodiles ».
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Il nous paraît que dans ces deux massifs montagneux ces reptiles ou plutôt leurs lointains ancêtres doivent bien être venus du Tchad, car ils se trouvent dans la zone d’affluents du Tchad. Cela était connu pour les Crocodiles de l’Ennedi, puisque les eaux de ce massif se déversaient dans le lac. C’était par contre ignoré pour les cro- codiles Azgueurs. Jusqu’ici en effet on croyait que l’oued Tafa- sasset, qui prend sa source dans le grand massif du Tassili des Azgueurs, passait à In Azaoua entre Hoggar et Air pour continuer sous le nom de Timmersoï, de Tessalaman, puis d’In Azaouak et se jeter dans l’actuelle vallée du Niger près de Boumba. La reconnais- sance que le capitaine Duprez a faite à méhari d’In Afelalah à Djado, en décembre 1931, a prouvé ce que le lieutenant Toubeau avait deviné l’année précédente, et ce que nous pûmes vérifier à notre tour en janvier 1932, à savoir que le Tafasasset ne s’incline pas vers le S. -O. mais descend en direction générale S.^-E. et sud, c’est-à-dire en direction du Tchad. On en perd la trace à quelques 250 kilomètres au sud d’In Afelalah, lorsqu’il disparaît dans le Ténéré, désert de sable absolu et total qu’il a probablement formé jadis.
Il apparait aussi comme fort peu vraisemblable que les Croco- diles Azgueurs soient remontés du nord vers le sud par l’oued fmiroh. Dans l'état actuel des connaissances que nous avons de la structure du Tassili des Azgueurs, de son passé géologique et même de sa topographie exacte, un prudent scepticisme est tout indiqué sur ce point.
Poissons.
Dans les gueltas, trous d’eau souvent temporaires au milieu des rochers, on trouve des Silures pesant jusqu’à 6 kilogrammes et des Tilapia borkuana Pellegrin, dont deux exemplaires ont été rap- portés au Muséum. Même faune dans le Tassili d’Amguid (Sud Algérien).
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Notes a propos d’un jeune Orang (Pongo pygmæus Hoppius ) né a la Ménagerie du Jardin des Plantes,
par MM. E. Bourdelle,
Professeur,
et P. Rode,
Assistant au Muséum d’Histoire naturelle.
Les observations relatives aux jeunes Anthropomorphes nés en captivité de parents eux-mêmes captifs depuis un certain temps sont rares. Leur rôle est cependant des plus importants car elles permettent d’intéressantes précisions biologiques et morpholo- giques. Outre les conditions de la gestation et de la naissance, de telles observations permettent en effet de noter les particula- rités relatives au comportement du jeune et de la mère pendant les premiers mois ou les premières années de la vie, d’enregistrer le rythme de la croissance, de préciser les formes et les dimensions organiques relatives aux différents âges.
A ces titres divers nous avons pensé que la relation de l’histoire d’un jeune Orang ayant vécu à la Ménagerie du Jardin des Plantes devait être rapportée.
Le sujet qui en fait l’observation naquit le 14 juillet 1930 d’un mâle et d’une femelle capturés dans la forêt de Bornéo en 1926 et vivant en captivité à la Ménagerie du Jardin des Plantes depuis janvier 1928.
La femelle possédait déjà un fds de deux ans environ, dont le mâle n’était pas le père; mais celui-ci se comporta très vite vis-à- vis de ce jeune en véritable père adoptif. Peut-être y eut-il là de sa part une attitude très consciente qui devait lui permettre de conquérir les faveurs de la femelle farouchement jalouse de son enfant, au début.
Assez rapidement d’ailleurs la famille fut très unie, les trois animaux vivant dans la même cage, le mâle jouant volontiers avec le jeune, lui abandonnant et lui offrant même certains élé- ments de sa nourriture.
Le mâle, d’abord arrivé à Paris en mauvais état, se refit assez vite et dès 1928 fut plus étroitement associé à la femelle. Une pre- mière période d’amour resta cette année-là sans résultats. En Bulletin du Muséum , 2e s., t. IV, n° 5, 1932.
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1929, le mâle étant dans un état physique splendide, eut lieu une deuxième période d’amour des plus actives au cours de la belle saison. On dut d’ailleurs interrompre la vie commune des ani- maux fin octobre, afin de soulager la femelle qui paraissait vouloir se soustraire au mâle et dans le but de ménager aussi celui-ci. Assez rapidement la femelle présenta des signes de grossesse cer- tains : disparition de toute période de chaleur et de règles, aug- mentation de volume du ventre et mouvements du fœtus, accrois- sement des mamelles et, même, émission précoce de lait. Une issue à cette situation fut cependant longue à venir et pendant un certain temps on douta que cette issue fût heureuse.
Cependant les signes précédents ne faisaient que s’accuser, la femelle préparait, semblait-il, avec un soin tout particulier, le lit de paille dans lequel elle vivait. Le 14 juillet naissait enfin un jeune Orang qui paraissait en excellent état sous tous les rapports. La mère, absolument farouche, s’opposa dès le début à se laisser sépa- rer de son enfant et, à vouloir prendre celui-ci de force, on eût certainement risqué d’en compromettre l’existence. A notre grand regret nous dûmes renoncer à tout examen de détail du jeune sujet, à toute pesée ou mensuration, aux vaccinations que nous nous proposions de pratiquer, en particulier à celle du B. C. G. du Dr Calmette. Par la suite cette femelle d’Orang conserva la même attitude intransigeante vis-à-vis de sa progéniture et le désir que nous avions de conserver celle-ci nous priva ainsi de constata- tions qui auraient cependant été très précieuses.
Le jeune Orang s’éleva donc exclusivement sous les soins ja- loux de sa mère. Pendant les dix à douze premiers mois de son existence, il vécut littéralement accroché au corps de celle-ci qui ne l’abandonna pas un instant, même dans les évolutions les plus risquées qu’elle pouvait faire à l’intérieur de sa cage. En dehors de la position d’attache aux mamelles dans laquelle le jeune se trouvait d’ailleurs plus soutenu par lui-même que par les bras de sa mère, la position la plus ordinaire occupée par le jeune est celle du pli inguinal. Il est maintenu là tantôt d’un côté, tantôt de l’autre entre la paroi abdominale et la face antéro-interne de la cuisse de la mère d’une façon qui paraît très naturelle et très sûre, qui ne semble en tout cas nécessiter aucun effort spécial de la mère, ni la gêner en quoi que ce soit dans ses mouvements. Ce n’est guère que vers un an que le jeune a commencé à se séparer de sa mère, pour faire, semble-t-il, en même temps quelques tenta- tives par une alimentation autre que le lait maternel. La mère paraît cependant avoir conscience du danger que court son nour- risson. Souvent elle le reprend, très brusquement même et elle s’oppose à ce qu’il mange quoi que ce soit. On a même l’impres- sion sous ce dernier rapport d’une certaine inconscience de la mère Bulletin du Muséum , 2e s., t. IV, 1932.
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qui, dans une période où certainement la sécrétion lactée était amoindrie et insuffisante, s’opposait vivement à toute tentative autre d’alimentation que faisait son fils.
Y a-t-il eu ainsi un acte volontaire et délibéré de la part de la mère, qui a amoindri le développement et la résistance physique du jeune et cela a-t-il été pour quelque chose dans l’accident dont fut victime le jeune Orang par la suite?
Ayant échappé à sa mère du haut de la cage, le jeune animal tomba malheureusement sur la planche inférieure de repos et s’assomma littéralement, la tête ayant seule porté par la face dans cette chute. L’animal avait vécu dix-huit mois d’une vie parfai- tement normale et tout nous faisait augurer une plus longue exis- tence.
La naissance d’Orangs en captivité a été relatée une dizaine de fois et nous devons à notre collègue, le Dr Brandès, ^directeur du Jardin zoologique de Dresde que nous sommes heureux de re- mercier ici, d’intéressantes précisions à ce sujet. Cependant, à une ou deux exceptions près, les observations connues se rapportent à des naissances chez des femelles d’Orang au cours d’importa- tion ou récemment importées. Très rares sont les observations relatives à des naissances dans des familles d’Orangs en capti- vité depuis une ou plusieurs années, ce qui est le cas de celle que nous relatons aujourd’hui. Nos Orangs étaient en captivité depuis deux ans et demi au Muséum d’Histoire Naturelle quand l’évé- nement s’est produit : il n’y a donc aucun doute quant à sa signi- fication. Cela nous permet donc d’affirmer que la captivité, même en cage dans des conditions assez étroites, n’est pas un empêche- ment absolu à la reproduction dans de bonnes conditions des Primates et même de certains Anthropomorphes. Il apparaît que l’état physique des animaux, résultat des conditions alimen- taires,"domine de telles possibilités'et que la reproduction reste ainsi essentiellement fonction de l’alimentation.
L’observation que nous avons faite nous permet d’apporter ainsi une indication sur la durée de gestation chez les Orangs. Le mâle ayant été séparé de la femelle fin octobre et la naissance ayant eu lieu le 14 juillet, on doit estimer que la durée de gestation n’est pas inférieure à huit mois et demi (255 jours) et qu’elle est probablement de neuf mois (270 jours) comme chez l’Homme et sans doute la plupart des Anthropomorphes. Sous ce rapport nous ne sommes pas d’accord avec Jennisson qui attribue 218 jours seulement à la gestation des Orangs.)
Au moment de la naissance le jeune est dans un état avancé de constitution. Il a les yeux ouverts, il est couvert de poils et il manifeste déjà une activité qui lui permet de se déplacer sur le corps de la mère et sans l’aide de celle-ci.
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Bien que n’ayant pu faire, à notre grand regret, aucune pesée ni aucune mensuration sur le jeune Orang, nous avons pu noter la lenteur de son développement et de sa croissance après la naissance. Contrairement à ce que nous pensions, l’animal était en excellent état au moment de la mort accidentelle dont il a été victime. Nous pouvons donc considérer qu’à l’âge de dix-huit mois son poids, ses dimensions, son état organique (dentition, squelette, etc...) étaient normaux.
A ce titre, les précisions que nous donnons ci-dessous ont donc une valeur documentaire indéniable.
Mesure s prises sur le jeune Orang le 23 octobre 1931, jour de sa mort.
A. Poids : 2 kg. 130.
B. Dimensions générales.
Longueur totale (du vertex ou sommet du crâne à l’ongle du majeur du pied) : 0m,53.
Longueur du corps (du vertex à l’anus qui se trouve exactement à l’extrémité de l’abdomen) : 0m,32.
Circonférence thoracique au niveau des mamelons : 0m,24. Circonférence abdominale au niveau de l’ombilic : 0m,28.
C. Tête :
Hauteur faciale totale (du vertex au point mentonnier) : 0m,14. Circonférence de la tête (mesure prise au-dessus des yeux et des oreilles : 0m,305.
Longueur du vertex à la base des narines : 8 cm.
Intervalle interorbitaire externe : 5 cm.
Intervalle interorbitaire interne : lcm,6.
Hauteur naso-labiale supérieure : 2cm,5.
Largeur de la bouche : 4cm,5.
Hauteur "maximum de l’oreille : 3 cm.
Largeur maximum de l’oreille : 2cm,5.
Largeur des narines : lcm,8.
Longueur : du trou auditif à l’œil (angle externe) : 6 cm. Longueur : du trou auditif à la mâchoire supérieure : 7cm,7.
D. Dentition.
Formule dentaire : I : —■ C : PM : = 20 dents.
2.2 1.1 2.2
Mâchoire supérieure : les deux incisives médianes sont très dé- veloppées : largeur: 9 mm; hauteur de la partie libre : 6 mm.
Les deux autres incisives sont à peine sorties et leur partie libre ne dépasse pas 2 à 3 mm. de hauteur.
Les canines sont très bien développées : largeur au bord de l’ai-
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véole : 5 mm. Hauteur de la partie libre : 8 mm. Les molaires sont encore peu sorties. Leur diamètre est de 7 mm.
Mâchoire inférieure. Les quatre incisives sont également pous- sées, mais elles sont plus petites que celles de la mâchoire supé- rieure.
Largeur : 5 mm. Hauteur libre : 4 mm.
Les canines ont une largeur de 5mm,5 au bord alvéolaire.
Leur hauteur est de 6 mm.
Les molaires sont semblables aux supérieures.
E. Membre antérieur.
Bras. De l’acromion à la cupule radiale : 11 cm.
Avant-bras. De la cupule radiale à l’apophyse styloïde du radius: 11 cm.
Main : De l’apophyse styloïde du radius à l’extrémité du majeur : 10 cm.
Doigts : pouce : 2cm,5.
index : 5cm,5. majeur : 6cm,5. annulaire : 6 cm. auriculaire : 5cm,3.
F. Membre postérieur.
Cuisse : de la tête du fémur au plateau tibial : 8 cm.
Jambe : du plateau tibial à l’extrémité du péroné : 8 cm.
Pied : 12cm,5.
Doigts : pouce : lcm,8.
index : 5 cm. majeur : 5cm,6. annulaire : 5Gm,2. auriculaire : 4cm,5.
G. Poils et Ongles.
Le système pileux est très développé sur le crâne, le dos et au niveau du coude et du genou. Sur le reste du corps les poils sont beaucoup moins longs.
Longueur des poils (maxima).
Sur le sommet de la tête :1 1 cm.
Au niveau du coude : 13 cm.
Au niveau du genou : 13 cm.
Sur le dos : 13 à 14 cm.
La plus grande longueur se trouve dans la région dorsale au niveau des omoplates : 15 cm.
Favoris : 3Cm,5 à 4 cm.
Sur le ventre : 4 à 5 cm.
Au pubis : 3cm,5.
Dos de la main : 3Cm,5.
Dessus du pied : 3Cm,5 à 4 cm.
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Coloration. — La teinte générale du pelage varie entre le brun acajou et le roux vif. Toutefois les poils du ventre sont dorés et ceux du pubis jaune.
La face nue est légèrement bleuâtre, la paume des mains et la plante des pieds sont jaunes.
Les ongles sont bien développés, sauf ceux des pouces qui ne sont pas encore apparents.
Ces ongles sont très recourbés. Leur longueur totale est de 10 à 12 cm. et leur diamètre de 4 à 5 mm.
H. Appareil génital externe et mamelles.
La verge a une longueur de 7 mm. Les testicules ne sont pas des- cendus.
Les mamelles sont très peu développées. Chacune d’elles a la forme d’un petit bouton de 2 cm. de diamètre à peine saillant, blanc, sur le fond jaunâtre de la peau du thorax.
Chaque mamelle est située à lcm,5 de l’aisselle et l’intervalle entre les deux mamelles est de 6cm,5.
Ménagerie et Laboratoire de Marmnalogie du Muséum.
Faits nouveaux concernant les Damans de ijAhaggar,
par MM. H. Heim de Balsac et Max Bégouen.
L’existence de Damans dans les massifs du Sahara central a été soupçonnée depuis déjà longtemps : Duveyrier j1) avait signalé dès 1864 l’existence d’un petit animal appelé par les indigènes « Akaoka » et que les Naturalistes supposaient être un Daman. Ce n’est cependant qu’en 1912 que Kollmann put décrire sous le nom de Procavia bounhioli (2), et comme forme nouvelle, un Hyracidé que lui avait adressé le professeur Bounhiol. Celui-ci le tenait du Père de Foucauld et le massif de l’Ahaggar fut assigné à ce mam- mifère comme lieu de capture. Nous verrons plus loin qu’il n’est pas impossible que ce Daman provienne d’un autre massif saharien.
Depuis la description de Kollmann ce type de Daman saharien était resté unique, et partant peu connu.
Nous venons d’avoir la bonne fortune de pouvoir grouper, grâce à l’obligeance de collègues et de correspondants dévoués, une petite série ^5) de Damans, provenant avec certitude du massif de l’Ahag- gar,et dont voici l’histoire chronologique :
En 1931, l’un de nous (Bégouen) recevait pour le Muséum de Toulouse une peau et un crâne de Daman envoyé de Tamanrasset (Ahaggar) par le Ll Darque.
Au printemps 1932, le professeur Seurat communiquait à H. Heim de Balsac un spécimen en chair, conservé en formol, qu’il venait de recevoir de la Station météorologique de Tamanrasset.
Enfin, peu de temps après, notre infatigable Collègue, Th. Mo- nod, apprenait l’existence de trois Damans (peaux et crânes) au Musée de Nîmes et obtenait de les recevoir en communication aux fins d’étude. Ces animaux proviennent également de l’ Ahaggar.
Cette série s’est- révélée tout à fait intéressante en ce qu’elle montre l’existence d’une forme nouvelle, différente de Procavia bounhioli, forme représentée par des spécimens d’âges et de sexes différents, et affectant deux types de coloration. Nous proposons de la dénommer :
P) Les Touareg du Nord, 1864.
(2) Bull, du Muséum, t. 18, p. 281, 1912.
Bulletin du Muséum, 2e t. n° 5, 1932.
Procavia (Heterohyrax) antineæ sp. nov. (x).
Diagnose. — Forme d’assez petite taille, appartenant par ses caractères crâniens au groupe des « Heterohyrax », caractérisée par une teinte foncée assez uniforme, et surtout par l’absence de « tache » dorsale. Présente un dichroïsme individuel marqué.
Type : Ç adulte (croissance des dents définitives achevée) mais encore jeune. Nous prenons pour type un individu dont la colora- tion est du type « clair », coloration qui nous semble être la plus normale chez les Hyracidés. Provenance ; Ahaggar, Sahara central.
Caractères externes : Tête. — Sur la face et le front poils courts, gris brun à la base, jaunâtres au sommet. Menton et gorge un peu plus clairs, plus gris. La coloration générale ne diffère pas sensi- blement de celle du dos et en tout cas ne tranche pas avec elle. Oreilles peu velues, bordées de poils courts brun foncé ou noirs.
Face supérieure. — Les poils les plus longs se trouvent sur la nuque et diminuent ensuite régulièrement de taille jusqu’à la région lombaire. La nuque et la région dorsale sont couvertes de poils brun jaunâtre et brun, entremêlés. Région lombaire unique- ment recouverte de poils courts brun jaunâtre. Il en résulte une teinte générale un peu plus claire sur cette partie du corps.
« Tache » dorsale. — Pr. ( Heterohyrax ) antineæ ne présente aucune trace de « tache » dorsale,
La « tache » dorsale des Damans est constituée de la façon sui- vante :■ dans la région dorso-lombaire et sur la ligne médiane existe une petite surface cutanée, glabre, qui correspond à une glande. Autour de cette surface glabre les poils prennent une coloration très différente de celle du reste du pelage, généralement claire (blanche,, crème, jaune, orangée, parfois noire), formant une tache ovoïde ou oblongue. Ce caractère est considéré comme très impor- tant au point de vue systématique. De fait, il constitue un critère commode et apparent pour différencier les formes très variées d’ Hyracidés. Cette « tache » existe dans presque toutes- les- espèces. Cependant Procavia erlangeri Neumann- des régions Abyssines, n’en possède pas. Procavia burfoni Gray de la Haute-Égypte serait dans le même cas d’après Bonhote (2). Cependant Gray, dans sa description originale, à laquelle nous nous sommes référés, men- tionne l’existence d’une petite tache.
P) Le professeur Maire a déjà désigné sous ce nom légendaire une espèce végétale nouvelle de f Ahaggar.
(2) P. Z. S., II, 1909, p. 788.
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Dans nos cinq spécimens de Pr. ( Helerohyrax ) anlineæ, nous voyons une surface cutanée glabre, de petite taille, ovoïde à grand axe antéro-postérieur (adulte, environ 2 centimètres de long sur 1 centimètre de large). Mais autour de cette plage, les poils ont les mêmes caractères chromiques que ceux du dos; il n’apparaît, donc pas de tache.
Face inférieure. — De la gorge à l’anus poils courts, réguliers et fins, d’une teinte générale brun clair avec un léger reflet soyeux.
Membres. — Velus et de la couleur du dos sur leurs faces externes, fortement dénudés sur leurs faces internes et dans les régions ingui- nale et axillaire. Face supérieure des phalanges donnant insertion à des poils brun noir entourant et dépassant les ongles.
Dichroïsme. — Bien que le type que nous venons de décrire pré- sente une coloration foncée et uniforme dans l’ensemble, il existe des spécimens encore beaucoup plus foncés, que l’on pourrait qua- lifier de « mélaniques ».
De tels sujets montrent une teinte presque uniforme brun chocolat, à peine plus claire sur la poitrine, le ventre et la face. Semblables individus ne montrent pas non plus de « tache ». Il existe une grande différence d’aspect entre ces Damans de type « foncé » et ceux que nous appellerons par opposition : type « clair ».
Ce dichroïsme n’a pas été nettement signalé par les auteurs dans les diagnoses d’Hyracidés. Peut-être s’agit-il là d’un cas rare. Cependant Thomas f1), dans sa description de la sous-espèce Pro- cavia ruficeps marrensis du Dj. Marra (Darfour), parle de spéci- mens très variables quant à la teinte du pelage. J. Aharoni (2) indique avec précision que Procavia syriacus des rives de la Mer Morte, apparaît sous deux « phases » : l’une grise, l’autre plus ou moins jaune.
Chez Pr. ( Helerohyrax ) anlineæ, le type « clair » et le type « foncé » semblent exister à peu près en nombre égal : Nous avons sous les yeux deux sujets « foncés » et deux autres « clairs ». Le cinquième (qui est monté à Toulouse) paraît bien se rapporter au type « foncé ». Ce dichroïsme est indépendant du sexe et de l’âge; nous avons une $ jeune et un <$ presque adulte du type « foncé »; deux $ $ l’une adulte et l’autre un peu plus jeune du type « clair ».
Mamelles. — Deux adulte et sub-adulte, montrent deux paires de mamelles inguinales et une paire pectorale, soit six mamelles.
(1) P. Z. S., 1923, p. 271.
(2) Zeits. /. Saügetierkunde, t. 5, 1930, p. 330.
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Dimensions externes. — Trois individus en peau sèche
PIED OREILLE
Adulte type 65 millimètres 22 millimètres
Subadulte 63 — 21 —
Subadulte 63 — 21 —
Ostéologie. — Côtes. — Le squelette de l’individu jeune, envoyé en chair par M. le professeur Seurat, montre vingt côtes.
Crâne. — La morphologie du crâne et les caractères dentaires montrent que Pr. antineæ se place dans le sous-genre ou section : Heterohyrax. Les anciens auteurs et encore Lataste avaient réparti les différentes espèces du genre unique Procauia en trois sous-genres, caractérisés comme suit :
Procavia, sensu stricto : Dents hypsodontes, ressemblant à celles des Rhinocéros. Interpariétal apparent toute la vie, par persistance des sutures. Orbites non fermées en arrière. Mamelles 6.
Heterohyrax : Dents brachyodontes, ressemblant à celles de Paloplolherium ou de Anchilopus. Chute des prémolaires de lait postérieure au plein développement de la deuxième molaire vraie. Interpariétal disparaissant de bonne heure par effacement des sutures. Orbite non fermée en arrière, les apophyses restant toutefois très rapprochées. Mamelles 6.
Dendrohyrax : ïnterpariétal et dentition comme Heterohyrax. Mais orbites fermées en arrière de très bonne heure. Crâne géné- ralement déprimé. Mamelles 2 (dans tous les cas ?)
Thomas (1) a préconisé le rejet de ces sous-ge ires, étant. donné qu’il existe des formes plus ou moins intermédiaires et que Hete- rohyrax forme transition entre les extrêmes. Il a sans doute raison au point de vue strictement anatomique et nous ne sommes pas per- sonnellement partisans des coupures subgénériques. Mais dans un groupe comme celui-ci, qui s’enrichit sans cesse de formes nou- velles, et où l’on en a décrit une soixantaine, il est commode, pour fixer les idées, de se servir de coupures et de distinguer des sections.
Notre Procavia antineæ se place dans la section Heterohyrax. Les mensurations du crâne sont données dans le tableau ci-dessous.
Le crâne a un aspect relativement gracile, son profil est à peu près plan depuis la pointe des nasaux jusqu’à la région interpa- riétale, les crêtes temporales sont très rapprochées chez la $ adulte (presque comme chez les Procavia, s. stricto), l’orbite montre, en arrière, un hiatus d’environ 2 millimètres (cependant plus accusé
0) P. Z. S., 1892, p. 50.
r
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au stade de croissance qui correspond à l’éruption des incisives supérieures définitives), les bulles tympaniques sont relativement développées, les prémolaires (sup. et inf.) ne subissent pas de réduc- tion.
Comparaisons. Comparé à Procavia bounhioli, son plus proche voisin géographique, Pr. ( Hel .) antineæ en est aisément distin- guable. Les teintes de Pr. bounhioli sont en effet claires (sable) et il montre une large « tache » dorsale jaune. De plus, Pr. bounhioli rentre dans la section des Dendrohyrax, à orbite complètement fer- mée. Son crâne est un peu plus long, bien plus large, assez déprimé et d’aspect massif. Ses incisives supérieures sont beaucoup plus développées, les premières prémolaires (sup. et inf.) semblent ré- duites (chez le type elles sont très usées et les inférieures n’ont plus que la racine).
Pr. (Hel.) anlineæ se rapproche peut-être de Pr. burloni, si, toutefois, l’absence de « tache » est bien réelle chez celui-ci. En tout cas, la coloration est assez différente Q). L’aire de répartition de bur- loni (Haute Égypte) et celle de antineæ (Ahaggar) sont séparées par une distance de l’ordre de 3.000 kilomètres.
Considérations générales. — L’un de nous (Bégouen), a pu ob- tenir des naturels de l’ Ahaggar quelques renseignements sur la biologie des Damans : Ils vivent par petites troupes ou familles dans les vallées rocheuses, à proximité des arbres (Acacias). Ils grimpent sur ceux-ci et se nourrissent de leurs feuilles. Ils seraient partiellement carnassiers. Cette surprenante assertion a déjà été rapportée par Kollmann à propos de Pr. bounhioli, et doit avoir même origine.
Diurnes et très craintifs, les Damans se cachent dans les fentes de rochers à la moindre tentative d’approche de l’homme. Les Touaregs ont bien remarqué qu’il existait dans [une (même troupe des indi- vidus de couleurs différentes (dichroïsme), mais ils prennent, à tort, ce dichroïsme pour un caractère sexuel.
Pr. antineæ est évidemment 1’ « Akaoka » que Duveyrier a si- gnalé comme étant de couleur noire, car ce caractère ne cadre nulle- ment avec ceux de Pr. bounhioli..
Le fait que Pr. bounhioli est resté jusqu’ici unique, et que nos cinq sujets de l’Ahaggar appartiennent à une forme différente, nous laisse supposer que le sujet transmis par le Père de Foucauld, pouvait peut-être provenird’unautre massif (Tassili ou Iforas encore mal connus au point de vue zoologique). Quoi qu’il en soit, ces deux formes sahariennes appartiennent, par leur dentition, à des groupes que l’on peut considérer comme plus archaïques que les
P) P. burtoni appartient du reste à la section Procavia s. stricto.
483 —
Procavia s. stricto. Peut-être l’absence de « tache » chez Pr. antineæ est-elle également un caractère ancestral des Hyracidés. Den- drohyrax et Heterohyrax présentent moins de formes que Procavia et ont une répartition géographique plus nettement résiduelle. Le caractère relicte des Damans ne peut du reste faire de doute dans les massifs sahariens centraux. Mais il s’agit là de reliques essen- tiellement éthiopiennes, comme d’ailleurs la plupart des autres Mammifères actuellement connus de ces régions.
TABLEAU
Mensurations en mm. des crânes de Pr. antineæ et de Pr. bounhioli.
(Grâce à l’obligeance de M. le professeur Bourdelle, nous avons eu la possibilité d’examiner le type unique de Pr. bounhioli et de le mesurer nous-mêmes. Nous l’en remercions bien vivement.)
|
Z O |
3 H 3 O |
NASAUX ilieu) |
P |
DES DENTS incisive |
CL CO O S |
S Q |
s CL a |
I |
Cb Z O a |
||
|
a o |
u b ; |
< 5 |
S g |
CS |
a |
Z < |
-w Z |
||||
|
o |
CD < ■J |
Z o |
o 5 o CS |
•J |
cS J |
Z O | |
J |
< J |
|||
|
Pr. antineæ. |
|||||||||||
|
$ adulte type. . |
83 |
47 |
22 |
10,1 |
48 |
34 |
6,4 |
2,8 |
72 |
33,5 |
Dents définitives |
|
non usée s. Stade VIII de Tho- |
|||||||||||
|
MAS. |
|||||||||||
|
Ç subadulte . . . |
77 |
43,5 |
21,7 |
9,5 |
6,4 |
2,8 |
67,3 |
3e et dernière mol. |
|||
|
sup. à demi-sor- tie. Stade VII |
|||||||||||
|
de Thomas. |
|||||||||||
|
(J subadulte . . . |
74,5 |
41,5 |
19,5 |
9 |
6,5 |
63 |
3e et dernière mol. |
||||
|
sup. apparais- sant. Stade VI |
|||||||||||
|
de Thomas. |
|||||||||||
|
Sex. ? jeune. . . |
36 |
15 |
6,3 |
52,5 |
lre molaire sup. |
||||||
|
vraie sortie. In- cisives sup. défi- nitives en crois- sance. Stade III. |
|||||||||||
|
Ç jeune |
;57 |
33,5 |
13,2 |
48,2 |
Dentition de lait seulement. |
||||||
|
Stade 11. |
|||||||||||
|
Pr. bounhioli. type |
88 |
53 |
25 |
12 |
50,3 |
33,6 |
7 |
brisées |
75,7. |
38,8 |
Dents définitives usées. |
Laboratoire de Mammàlogie et Ornithologie du Muséum, ■
Remarques sur la note de M. Rode ‘ A PROPOS DES NOCTULES DE FRANCE ” (r),
PAR M. H. Heim de Balsac.
Dans la séance du 25 février 1932, de cette Réunion, nous avons présenté une note sur : « Un Chiroptère nouveau pour la faune française ( Nyclalus maximus Fatio) ». Une note de M. Rode « A propos des Noctules de France » (Séance du 28 avril 1932) semble tendre à démontrer que : la forme maximus distinguée par Fatio, élevée au rang d’espèce par Miller, n’est pas une espèce valable, et que, par suite, nous n’étions pas autorisé à parler d’un Chiroptère nouveau pour la faune française. Nous avons, dès la séance du 28 avril, formulé nos réserves sur les conclusions de M. Rode, nous promettant, à la parution du texte de sa note, de vérifier le bien-fondé et la portée de son argumentation.
Le Bulletin du Muséum, contenant compte rendu de la séance du 28 avril, a été distribué vers le 30 mai.
M. Rode prétend établir qu’il existe une série continue de formes entre les deux Chiroptères : Nyclalus noctula Schreber. et Nyclalus maximus (Fatio). Chiffres et arguments sont en réalité inacceptables.
M. Rode fournit, d’une part, un tableau de treize individus comportant certaines mensurations extérieures, et, d’autre part, un tableau de certaines dimensions de cinq crânes pris parmi les sujets précités. Dans chacun de ces tableaux, deux spécimens (nos 9 et 10) constitueraient, précisément, selon les mensurations données par l’auteur, des spécimens intermédiaires. Or, ces spéci- mens ne peuvent être pris en considération pour les raisons sui- vantes :
Le n° 9 est représenté par un squelette seulement. Les dimen- sions de son crâne sont intermédiaires entre celles de N. noctula et de N. maximus ; mais la longueur de l’avant-bras ne dépasse que de 1 millimètre les maxima, constatés jusqu’ici chez N. noctula. Le spécimen qui a fourni ce squelette est de provenance géogra- phique inconnue; or on sait que la détermination des formes du
0) Bull, du Muséum, 2e série, t. IV, n° 3, avril 1932, p. 222. Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, n° 5, 1932.
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genre Nyclalus ne peut se faire avec le seul secours de l’ostéologie en l’absence de caractères externes ou de provenance géographique certaine. Ainsi ce spécimen n° 9 peut très bien appartenir à une des espèces asiatiques du genre Nyclalus et n’a, vraisemblablement, rien de commun ni avec N. noctula, ni avec N. maximus. Il est donc interdit d’en faire état dans une discussion de ce genre.
Le n° 10, lui, est un - des trois spécimens que nous avons pu exa- miner, antérieurement au dépôt de notre note. Ces tfois spécimens ont été mentionnés par nous avec indication de leur sexe, numéro d’entrée au registre du laboratoire, longueur de l’avant-bras, de la façon suivante :
Ç n° 2.431, avant-bras 65mm,5.
$ n° 2.432, avant-bras brisés, mesurant néanmoins plus de 60 millimètres.
$ n° 2.430, avant-bras 65 millimètres.
Le (n° 2.430) était seul dans un flacon portant sur l’étiquette le n° 2.430, et exposé dans les galeries publiques où, depuis long- temps, sa dénomination « noctula » nous avait semblé peu con- forme à sa grande taille.
Les deux $$ se trouvaient ensemble, dans un flacon, au labora- toire de Mammalogie, flacon portant sur l’étiquette les deux nos 2.431 et 2.432; nous avons attribué à la $ dont les avant-bras étaient brisés le n° 2.432 et à l’autre $ le n° 2.431; les trois spéci- mens étaient ainsi parfaitement déterminés par leurs numéros d’inscription, les numéros correspondant à un sexe déterminé ou à une particularité (avant-bras brisés). M. Rode, dans ses tableaux, n’indique pas de sexe, et surtout ne mentionne pas qu’un des spé- cimens a les ailes brisées et ne peut prêter, de ce fait, à mensuration (les fractures sont esquilleuses; il est impossible de rétablir la con- tinuité de l’avant-bras d’autant plus que les tissus sont rétractés par l’alcool ; nous avions eu la précaution de l’indiquer dans notre note). Néanmoins, M. Rode donne, pour chaque sujet, une mesure précise sans autre explication.
L’une des mensurations de ces trois sujets est donc illusoire; le spécimen indiqué par nous sous le n° 2.432 dont les avant-bras sont brisés, se voit attribuer par M. Rode une longueur d’avant- bras de 65 millimètres. Le spécimen indiqué par nous sous le n° 2.431 ( $ en bon état), sur lequel nous avions mesuré un avant- bras long de 65mm,5, ne donne à M. Rode, comme longueur de ce même avant-bras, que le chiffre de 60 millimètres. Or ce spécimen constitue, en dernière analyse, la seule forme de passage entre noctula et maximus.
De ce qui précède, nous sommes en droit de n’accorder aux men- surations de M. Rode qu’une valeur très relative et de considérer notre propre mensuration comme plus proche de la réalité. Nous
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attribuons ce spécimen à la forme maximas; d’ailleurs les men- surations de son crâne (en prenant les chiffres mêmes de M. Rode) entraînent, à 5 dixièmes de millimètres près, le spécimen dans le groupe maximus.
La sériation, imaginée par M. Rode entre noclula et maximus, repose donc sur la mensuration :
a) D’un spécimen qui rentre dans le groùpe maximus ;
b) D’un spécimen sans provenance établie, donc inutilisable.
Le hiatus entre le groupe des Noctules de grande taille ( maximus ) et des Noctules de petite taille ! noclula ) reste parfaitement carac- térisé jusqu’à plus ample informé.
Nous sommes donc autorisé à maintenir notre point de vue : à savoir que les trois spécimens, recueillis par Mazet dans la France centrale, appartiennent bien à la grande forme de Noctule, que, N. nortula et N. maximus, dans l’état actuel de nos connaissances et de nos conceptions systématiques, constituent de ux espèces dis- tinctes, non reliées par des intermédiaires. Ce en quoi, du reste, nous sommes d’accord avec des Mammalogistes des plus autorisés, tels que Miller, l’homme connaissant le mieux les mammifères d’Europe, au surplus spécialiste en Chiroptères et systématicien d’une grande prudence. Wettstein (que cite M. Rode dans sa bibliographie, mais dont il a sans doute négligé de lire le texte) se range à l’avis de Miller comme nous-même.
Il est regrettable que M. Rode ne nous ait pas, au Laboratoire de Mammalogie, fait part de ses objections, avant de provoquer , devant la Réunion, la présente discussion. La seule chose à retenir de sa note est l’existence effective d’un spécimen de Nyclalus maxi- mus, dans la collection Rollinat (n° 12 du tableau de M. Rode); ce qui porte à quatre le nombre des spécimens de cette espèce cap - turés en France à ce jour.
Nous étions donc parfaitement autorisé à parler d’une espèce nouvelle pour notre faune.
P. -S. — Désireux de corriger nos erreurs, M. Rode aurait pu et même dû relever que dans le texte de notre note du 25 février 1932, le chiffre « 23 « donné comme étant le nombre des espèces de Chi- roptères authentiquement capturés en France (y compris nos addenda) était inexact. Nous avons en effet oublié de corriger cette faute d’impression, et les spécialistes de la faune française savent que le chiffre réel est de 25 (y compris N. maximus), à l’heure présente.
- 487 —
Note sur le sympathique abdomino-pel vien de la Civette
du Congo,
par J. Botar D. M. de l’Université de Szeged (Hongrie).
La littérature du système nerveux sympathique ne contient qu’un seul travail apportant des données relatives aux plexus sympathiques abdomino-pelviens de la Civette ( Viverra civella Schreb) : c’est le mémoire important que mon Maître, M. le Pro- fesseur Kiss, a consacré à l’étude des rapports qui existent entre le pneumogastrique et le sympathique (').
Au cours de mes recherches que je poursuis dans le Labora- toire d’Anatomie comparée du Muséum et qui ont pour but une meilleure connaissance de la morphologie de cette partie si impor- tante du système nerveux, j’ai eu l’occasion de travailler sur une Civette (n° 1.923-489) etremarquer plusieurs particularités intéres- santes dans la partie abdominale et pelvienne de son système sym- pathique qui m’ont paru dignes d’être décrites.
La chaîne latéro-vertébrale (fig. 1 et 2 -n), très forte dans sa par- tie thoracique, devient plus mince à partir de la région où le nerf grand splanchnique se sépare d’elle, c’est-à-dire du XII. segment thoracique. Plus bas elle s’épaissit de nouveau jusqu’à la hauteur du promontoire environ, pour s’amincir encore une fois à partir de cette région. Dans les régions lombaires supérieure et moyenne la chaîne descend appuyée contre le muscle 'psoas, près du bord interne de celui-ci, alors que dans la partie lombaire inférieure elle se place contre la colonne vertébrale, en dedans du muscle ; cepen- dant si elle s’appuie directement contre les disques interverté- braux, elle n’est pas en contact avec les corps mêmes des vertèbres. Dans la région sacro-coccygienne elle se place derrière les deux bords de l’artère sacro-coccygienne médiane et s’appuie contre la colonne vertébrale. L’unique rapport entre les chaînes des deux côtés se trouve dans le V. segment coccygien à l’endroit où elles se réunissent pour se terminer avec quelques fins filets le long de
f) F. Kiss. Le rapport entre le pneumogastrique et le grand sympathique. Archives du Muséum d’Histoire naturelle, 6e série, t. VII, p. 147-172, 1931.
Bulletin du Muséum. 2e s., t.. IV. n° 5. 1932.
— 489 —
l’artère coccygienne médiane. La chaîne est unie dans tout son trajet, excepté une petite partie au niveau du promontoire où l’on voit une bifurcation.
Les ganglions sont bien séparés aussi bien dans la partie lom- baire que dans la région sacro-coccygienne ; ils sont triangulaires, quadrangulaires ou pentagonaux, fusiformes dans la partie coc- cygienne. Dans les derniers segments thoraciques l’on voit des fusions ganglionnaires, notamment entre les 11 et 12 et les 13 et 14 (flg. l-g). Le ganglion est absent dans quelques-uns des segments coccygiens.
Les deux groupes bien distincts des rameaux communicants que j’ai décrits dans plusieurs de mes travaux D), rameaux com- municants transversaux et obliques, se retrouvent chez la Civette avec leurs particularités bien caractéristiques. Le rameau com- municant transversal (flg. 1 et 2-1) existe dans tous les segments; il prend son origine du ganglion de la chaîne et chemine en arrière dans la concavité des vertèbres, sous le muscle psoas dans la région lombaire, sous le muscle sacro-coccygien inférieur dans la région sacro-coccygienne, toujours accompagné de l’artère et de la veine correspondante ; il se fond ensuite dans le nerf spinal du même
(P J. Botàr : Die Anatomie des lumbosacxalen und coccygealen Abschnittes des Truncus sympathicus bei Haussâugetieren. Zeitschrift für die gesamte Anatomie, Bd. 97. H. 3-4. S. 382-424. 1932.
— : Recherches anatomiques sur les rameaux communicants et les rameaux vis- céraux et sur leurs rapports réciproques chez les Vertébrés. Bulletin du Muséum nat. d: Histoire naturelle, 2e série, t. III, n° 8, p. 727-736, 1931.
— : Etudes sur les rapports des rameaux communicants thoraco-lombaires avec les nerfs viscéraux chez l’Homme et chez l’Animal. Annales d’Anat. path. et d’Anat. norm. méd.-chir. t. IX, n° 1, p. 88-100, 1932.
— : Études anatomiques sur le système nerveux sympathique de l’Éléphant des Indes. Bulletin du Muséum nat. d’ Histoire naturelle, 2e série, t. III, n° 8, p. 722-726, 1931.
— : A hasi és medencei truncus sympathicus morpliologiaja. Magyar Orvos Hetilap. 75 évf. 13 z. 1931. (hongr.).
— : Sur la classification des rameaux communicants du sympathique. Comptes Rendus de l’Association des Anatomistes, 27e Réunion, Nancy, 1932.
Fig. 1. — Partie thoracique inférieure et lombaire supérieure de la chaîne latéro-verté- brale; côté gauche. — X., XII., XIV., dixième, douzième et quatorzième nerfs tho- raciques. — II., IV., deuxième et quatrième nerfs lombaires. — a., nerf grand splanchnique avec un ganglion splanchnique. — &., nerf petit splanchnique avec un petit ganglion. — c., nerfs splanchniques lombaires supérieurs. — d., nerfs splan- chniques lombaires inférieurs. — g., ganglions thoraciques fusionnés. — n., chaîne latéro-vertébrale. — o., rameaux communicants obliques. — t., rameaux communi- cants transversaux.
Fig. 2. — Partie lombaire inférieure, sacrée et coccygienne de la chaîne latéro-verté- brale; côté gauche. — VI., sixième nerf lombaire. — I., III., premier et troisième nerfs sacrés. — II., IV., deuxième et quatrième nerfs coccygiens. — n., chaîne latéro- vertébrale. — t., rameaux communicants transversaux.
Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, 1932.
32
— m
segment. Sa couleur est gris rosâtre, sa substance homogène, sa forme arrondie, son épaisseur plus ou moins proportionnelle à celle des nerfs spinaux. Le rameau communicant oblique (fîg. l-o) n’existe que dans les segments thoraciques et les segments lom- baires supérieurs, le dermer partant du IV. nerf lombaire; nais- sant du nerf spinal, il chemine en bas et en avant, soit entre les faisceaux du muscle psoas, soit — en partie au moins — sur la sur- face du muscle, indépendamment des vaisseaux, et atteint la chaîne par son bord externe, à peu près au niveau du ganglion suivant. Sa couleur est blanche, sa forme aplatie, sa structure est quelquefois flbrillaire.
En ce qui concerne les rapports réciproques des rameaux com- municants obliques et des nerfs splanchniques, nous voyons chez la Civette — ainsi comme c’est le cas chez d’autres Mammifères — une grande partie des fascicules des rameaux se continuer directe* ment dans les nerfs splanchniques ; le fait est particulièrement net pour le nerf petit splanchnique (fig. 1-6) qui se compose de fasci- cules des rameaux obliques des XII. et XIII. nerfs thoraciques, ainsi que pour le premier nerf splanchnique lombaire inférieur (fig. 1-d) qui est la continuation du rameau oblique issu du III. nerf lombaire.
Les nerfs splanchniques thoraco-lombaires forment deux groupes. Le groupe supérieur se compose du nerf grand splanch- nique (fîg. 1-a) qui reçoit ses fibres jusqu’au niveau du IX. seg- ment thoracique (mais prend également un petit fascicule du nerf petit splanchnique), du nerf petit splanchnique (fig. 1-6) et des deux nerfs splanchniques lombaires supérieurs (fig. 1-c); ces derniers prennent leurs fibres des rameaux obliques du XIV. nerf thora- cique et du I. nerf lombaire. Le nerf petit splanchnique quitte la chaîne au-dessous du 14. ganglion thoracique, les splanchniques lombaires supérieurs plus bas, au niveau des I. et 2 ganglions lombaires. C’est entre le muscle psoas et l’aile lombo-costale du diaphragme que les splanchniques gagnent la cavité abdominale,
Fig. 3. — Le ganglion semilunaire et ses plexus périphériques; l’innervation de l’es- tomac (face postérieure), de la rate, du pancréas et de la glande surrénale; côté gauche. L’estomac est attiré en haut et à droite, la rate en haut et à gauche. — A., aorte abdominale. — B ., diaphragme. — C., cardia. — D., duodénum. — E., esto- mac. — L., rate. — N., pancréas. — O., œsophage. — P., pylore. — <S., glande surrénale. — V., vésicule biliaire. — a., nerf grand splanchnique. — b., nerf petit splanchnique. — c., nerfs splanchniques lombaires supérieurs. — d., nerf pneumo- gastrique droit. — e., plexus coronaire stomachique. — g., ganglion semilunaire. — h., plexus hépatique. — i., vaisseaux courts. — &., plexus aortique abdominal. — l., plexus splénique. — m., plexus mésentérique supérieur. — n., rameaux pancréa- tiques. — o., rameaux cardio-gastriques du pneumogastrique postérieur. — p., pneu- mogastrique postérieur. — q., plexus gastro-duodénal. — r., plexus rénal gauche — s., ganglion triangulaire. — u., veine cave inférieure. — veine porte.
exception faite toutefois pour le dernier qui, lui, nait dans l’abdo- men ; quant à leur disposition, le nerf grand splanchnique se trouve le plus en dehors (fig. 3 -a), le petit splanchnique étant au
Fig. 4. — L’innervation de l’estomac; face antérieure. — C., cardia. — E., estomac. — O., œsophage. — P., pylore. — a., pneumogastrique antérieur. — b., anastomose entre les deux pneumogastriques. — c., rameaux cardiaques du pneumogastrique antérieur. — d., pneumogastrique droit. — p., rameaux gastriques du pneumogas- trique antérieur. — p., pneumogastrique postérieur. — s., pneumogastrique gauche. — t., rameaux terminaux du pneumogastrique antérieur.
milieu (fig. 3 -b), et le lombaire supérieur en dedans (fig. 3-c). Au niveau du bord externe du grand et du petit splanchnique on voit de petits ganglions, situés directement sous le diaphragme. Les
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splanchniques du groupe supérieur se fondent dans le ganglion semi-lunaire ainsi que dans les ganglions rénaux et surrénaux. Le groupe inférieur contient trois ou quatre nerfs splanchniques lombaires (flg. 2 -d) qui reçoivent leurs fibres par l’intermédiaire des rameaux communicants obliques des IL III. et IV. nerfs lombaires; ils quittent la chaîne au niveau de 4. et 5. ganglions et se terminent dans le ganglion mésentérique inférieur (fig. 5 -d).
Le nerf grand splanchnique en s’élargissant forme un ganglion triangulaire (fig. 3-s) au côté de l’aorte; ce ganglion a une doubla connexion avec le ganglion semi-lunaire (fig. 3 -g) comportant une partie fibrillaire supérieure et une partie ganglionnaire inférieure, les deux dirigées en haut et en avant. Le ganglion semi-lunaire entoure par en bas l’artère mésentérique supérieure et — au côté droit — s’allonge jusqu’au tronc cœliaque; il donne naissance à de forts faisceaux longeant l’artère mésentérique supérieure et le tronc cœliaque et forme, par de multiples divisions et anasto- moses, un riche plexus entourant les deux artères sous forme d’un réseau commun ; de petits ganglions se trouvent là où les filets du plexus s’entre-croisent. Ces faisceaux extrêmement abondants sont à l’origine du plexus cœliaque en haut et du plexus mésenté- rique supérieur un peu plus bas (fig. 3-m). Le plexus cœliaque reçoit la branche terminale du pneumogastrique postérieur (fig. 3-p).
Au niveau du tiers inférieur de l’œsophage les pneumogastriques des deux côtés se trouvent reliés par une forte connexion (fig. 4-6} qui transporte plus de la moitié des fibres du pneumogastrique gauche (fig. 4 -s) au pneumogastrique droit (fig. 4-cf). En consé- quence le pneumogastrique postérieur (fig. 3 et 4-p) dans la cavité abdominale est presque trois fois plus gros que le pneumogastrique antérieur (fig. 4-a). Ce dernier nerf, très mince, donne plusieurs branches antérieures et postérieures pour le cardia et le fond de l’estomac (fig. 4-c) et se ramifie ensuite sur la petite courbure ainsi que sur la partie voisine de la face antérieure de l’estomac (fig. A-g) ; ses branches terminales (fig. A-l) n’atteignent pas le pylore. Le gros pneumogastrique postérieur donne quelques faibles branches pour le cardia et le fond de l’estomac (fig. 3-o) ; il se joint ensuite à l’artère coronaire stomachique et donne plusieurs branches, de dimensions variables, au plexus coronaire stomachique (fig. 3-e) qui entoure ce vaisseau; enfin près de l’origine du plexus coronaire il se fond dans le plexus cœliaque; ses rameaux se perdant com- plètement dans le plexus, ils ne peuvent pas être suivis plus loin.
La partie supérieure du plexus cœliaque donne naissance au grêle plexus coronaire stomachique (fig. 3-e) qui, renforcé par les rameaux du pneumogastrique postérieur, innerve la partie voisine de la petite courbure de la face postérieure de l’estomac. Il est
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également à l’origine du plexus splénique (fig. 3-1) qui se dirige au hile de la rate entourant l’artère splénique; quelques-uns de ses rameaux (fig. 3 -i) suivent l’artère gastro-épiploïque gauche et les vaisseaux courts jusqu’à la grande courbure de l’estomac. La plus
Fig. 5. — L’innervation du côlon; côté gauche. Le côlon est attiré à droite. — A., aorte abdominale. — B., côlon. — C., cæcum. — G., intestin grêle. — veine mésenté- rique supérieure. — a., plexus aortique abdominal. — b., petits ganglions du plexus aortique abdominal : ganglions aortiques et aortico-spermatiques. — c., nerf splan- nique lombaire supérieur. — d., nerfs splanchniques lombaires inférieurs. — g., ganglion mésentérique inférieur. — h., nerfs hypogastriques. — i., plexus intermé- sentérique. — l., plexus colique inférieur. — m., plexus mésentérique inférieur. — n., plexus colique supérieur. — o., plexus iléo-cæco-colique. — q., anastomose entre les plexus coliques. — s., plexus spermatique gauehe.
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grande partie des fibres du plexus cœliaque participent à la forma- tion du plexus hépatique (fig. 3 -6); ce plexus donne, près de son origine, plusieurs branches indépendantes pour la tête de pan- créas (fig. 3-n) ; plus loin on voit quelques filets se grouper 'autour de l’artère gastro-duodénale et, longeant les branches de celle-ci, innerver la région pylorique, une partie de la grande courbure et du duodénum et la tête du pancréas (fig. 3-g) ; quant au plexus hépatique lui-même, il s’enforce, en suivant les ramifications de l’artère, dans le hile du foie; quelques-uns de ses minces filets se terminent autour du canal cholédoque et à la vésicule biliaire.
La première portion du plexus mésentérique supérieur donne également quelques filets (fig. 3-n) qui vont soit seuls, soit le long de l’artère duodéno-pancréatique gauche au pancréas et au duo- dénum ; cependant la plus grande partie du plexus est destinée à l’innervation de l’intestin grêle ; des filets accompagnant l’artère ilio-cæco-colique se rendent au cæcum (fig. 5-o), d’autres, avec l’artère colique supérieure, à la partie supérieure du côlon (fig. 5-n). Ces derniers filets le mettent en rapport, par l’intermédiaire du plexus colique inférieur (fig. 5-/), avec le plexus mésentérique infé- rieur (fig. 5-m) ; d’autres rapports analogues sont représentés par le plexus intermésentérique (fig. 5 -i) situé le long de la veine mé- sentérique inférieure.
Le nerf petit splanchnique (fig. 3-6) et le premier nerf splanch- nique lombaire (fig. 3-c) cheminent derrière la glande surrénale, sous forme d’un arc, dirigé en avant et en dedans, et se fondent dans l’anastomose ganglionnaire qui relie le ganglion triangulaire (fig. 3-s) du grand splanchnique avec le ganglion semi-lunaire (fig. 3-g). Au cours de leur trajet derrière la glande surrénale ils donnent plusieurs courtes branches à cet organe ; des rameaux à destination analogue naissent également des anastomoses ganglion- naires et fibrillaires que nous avons décrites plus haut.
Le ganglion semi-lunaire (fig. 3-g) forme au-dessous de l’artère mésentérique supérieure un prolongement ganglionnaire assez important qui se continue par en bas en deux faisceaux nerveux (fig. 3 -k et fig. 5-a). Le faisceau gauche faible envoie des rameaux assez bien développés au rein gauche (fig. 3-a), un rameau plus faible à la glande surrénale et se continue vers en bas le long de l’aorte abdominale jusqu’au ganglion mésentérique inférieur. Dans son trajet on trouve plusieurs petits ganglions (fig. 5-6); le dernier est plus gros et reçoit des nerfs splanchniques lombaires inférieurs (fig. 5 -d), alors que dans le ganglion le plus haut situé se fond le deuxième nerf splanchnique lombaire supérieur (fig. 3 et 5-c). De minuscules fascicules vont des ganglions à la paroi de l’aorte et de la veine cave ; plusieurs filets se rendent au plexus spermatique gauche (fig. 5-s). Le faisceau droit du prolongement
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ganglionnaire, plus gros, se compose de plusieurs fascicules; il chemine dans la gouttière entre l’aorte et la veine cave inférieure et relie directement le ganglion sémi-lunaire (flg. 3 -g) au ganglion
Fig. 6. — Les plexus sympathiques pelviens; côté droit. La vessie et l’urètre sont attirés en avant. — A., anus. — B ., urètre. — D., canal déférent. — O., prostate. R., rectum. — U., uretère. — V., vessie. — II., racine supérieure du nerf honteux interne, née du deuxième nerf sacré. — III., racine inférieure du nerf honteux interne, née du troisième nerf sacré. — a., rameaux hémorroïdaux du nerf hypogastrique. — b., rameaux hémorroïdaux du plexus pelvien. — c., rameaux urétraux du ntrf dorsal de la verge. — d., rameaux au canal déférent. — e., plexus urétral. — g., gan- glions pelviens. — h., nerf hypogastrique. — m., nerf dorsal de la verge. — n., ra- meaux moteurs et sensitifs du nerf honteux interne. — o., plexus prostatique. — p., nerf pelvien. — «., rameaux urétériques. — v., plexus vésical.
mésentérique inférieur (flg. 5 -g). Pendant son trajet il reçoit les nerfs splanchniques lombaires droits et envoie des filets à l’aorte et à la veine cave inférieure, ainsi qu’au plexus spermatique droit. Le plexus rénal droit prend son origine directement du ganglion semi-lunaire.
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Le ganglion mésentérique inférieur impair (fig. 5 -g), de forme rectangulaire, situé au-dessus de l’origine de l’artère mésentérique inférieure, réunit les deux faisceaux du plexus aortique abdominal (fig. 5-a) et reçoit par l’intermédiaire de ces faisceaux les nerfs splanchniques lombaires inférieurs (fig. 1 et 5 -d), exception faite pour le dernier nerf qui se fond directement dans le ganglion. Le ganglion donne naissance à un gros plexus contenant plusieurs petits ganglions. Une partie de ce plexus se joint à l’artère mésen- térique inférieur (fig. 5-m) pour former le plexus colique inférieur (fig. 5-/) et le plexus hémorroïdal supérieur (fig. 5-/2) ; le premier innerve la partie inférieure du côlon et est en rapport avec le plexus mésentérique supérieur aussi bien par l’intermédiaire des plexus coliques (fig. 5 -g) que par celui du plexus intermésentérique (fig. 5-/); le dernier se ramifie à la partie supérieure du rectum. L’autre partie du plexus descend et forme — en se divisant — les deux nerfs hypogastriques (fig. h-h) qu’on voit sous le péritoine pariétal se rendre dans le bassin.
Le nerf hypogastrique (fig. 6-/2 ) donne plusieurs branches hé- morroïdales (fig. 6-a) ; une partie de ces branches atteint directe- ment le rectum, une autre partie croise d’abord le plexus pelvien. Il envoie également une forte branche (fig. 6 -u) à la vessie qui suit l’uretère et possède, à son embouchure dans la vessie, des rapports avec les branches vésicales (fig. 6-1») du plexus pelvien. Le nerf hypogastrique se divise ensuite en plusieurs branches terminales qui se fondent dans le plexus pelvien.
La racine principale du plexus pelvien (ou plexus hypogas- trique) est, de toute évidence, le nerf pelvien (nerf érecteur d’Eckhard) (fig. 6-p) qui se détache de la racine supérieure du nerf honteux interne (fig. 6-1 1) et se rendant en avant, sous le péritoine pariétal, se divise en plusieurs branches; ses branches s’anasto- mosent entre elles et avec les branches terminales du nerf hypo- gastrique pour former le plexus pelvien. Les petits ganglions (fig. 6 -g) que nous trouvons aux points où les filets du plexus s’entre-croisent (ganglions pelviens) envoient leurs branches à la vessie (fig. 6-11), au rectum (fig. 6-6), à l’urètre (fig. 6-e) et à la pros- tate (fig. 6-0). Le plexus envoie en outre des filets à l’urètre (fig. 6 -u) et au canal déférent (fig. 6 -d).
Les filets ascendants (fig. 6-c) issus du nerf dorsal de la verge (fig. 6-m) participent également à l’innervation de l’urètre; ils peuvent être suivis jusqu’à la prostate.
La chaîne sacro-coccygienne ne donne pas naissance à des branches viscérales ; la dernière quitte la chaîne au niveau du V. segment lombaire : c’est le nerf splanchnique lombaire inférieur.
(. Recherches faites au Laboratoire d’ Anatomie comparée du Muséum national d' Histoire naturelle.)
L’ACCROISSEMENT DES COLLECTIONS ORNITHOLOGIQUES DU M USÉUM AU COURS DE L’ANNÉE 1931-1932,
par M. J. Berlioz.
• L’année scolaire 1931-1932 a été pour le laboratoire d’Ornitho- logie du Muséum de Paris une année particulièrement favorable par l’importance des collections et le nombre de sujets rares qui sont venus l’enrichir. Il nous semble utile d’en notifier ici les plus remarquables.
En tout premier lieu, il faut mentionner la collection très consi- dérable d’Oiseaux de Madagascar, rapportée par la Mission franco- anglo-américaine de M. J. Delacour et remarquable tant par le nombre des spécimens que par leur qualité. Cette collection ayant déjà fait l’objet de plusieurs autres communications, il suffit de rappeler ici que non seulement elle a procuré au Muséum une série à peu près complète de tous les Oiseaux indigènes dans l’île, mais elle a permis en outre de réaliser des échanges particulièrement intéressants avec d’autres Musées Ornithologiques, médiocrement dotés quant à la faune malgache. C’est ainsi qu’ont été acquis :
— du Muséum de Berlin, une collection d’Oiseaux de l’ile Célèbes, provenant de la récente Mission Heinrich et comprenant quelques types très particuliers à cette île, qui ne figuraient pas encore dans les collections du Muséum de Paris, comme les Malia, le Centropus celebensis Q. et G., des Meliphagidés, etc. ;
— du Musée de Francfort, une petite série de Tanagridés et de Trochilidés particulièrement précieux (dont un couple d’Oreonym- pha nobilis Gould), provenant de l’ancienne collection vonBerlepsch, une des plus célèbres collections privées d’Oiseaux néotropicaux ;
— du Musée de Stockholm, une série d’Oiseaux de l’Afrique équatoriale, provenant de la mission suédoise de 1921 en Ouganda et au Kivu;
— • du Musée de Cambridge (E. U.), uncouple de Colinus Ridgwayi Brewst., un des plus rares Phasianidés de l’Amérique du Nord, et un spécimen d’un Drépanididé éteint des îles Sandwich, YHima- tione Faithii Roths., qui est venu allonger la liste déjà notable des Oiseaux hawaïens éteints ou presque éteints, dont le Muséum de Paris a le privilège.
Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, n° 5, 1932.
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A M. Delacour, voyageur et collecteur infatigable, le Muséum doit encore cette année une série remarquable d’Oiseaux du Laos, provenant de son dernier voyage en Indochine, au cours de l’hiver 1931-1932, et comprenant entre autres un spécimen du très rare Turdidé, Cochoa Rothschildi St-Bak.
D’autre part, le laboratoire s’est aussi rendu acquéreur de plu- sieurs collections également importantes :
— de l’Ecuador, une collection réunie par Messieurs Olalla dans les provinces de Los Rios et de l’Oriente et dont l’étude dé- taillée a été( publiée ici même (Bull. Mus., 1932, p. 228), ainsi qu’une autre collection provenant de diverses localités des environs de Quito et de Sarayacu et comprenant entre autres un spécimen du rare Trochilidé Topaza pyra Gould ;
— une partie de l’ancienne collection Bouvier, collection d’Orni- thologie générale, qui fut, à l’époque de sa constitution (fin du xixe siècle), très réputée pour sa richesse; parmi elles se trou- vaient encore, entre autres, de longues séries d’espèces aus- traliennes, difficiles à obtenir à l’heure actuelle (Meliphagidés, Dicœidés, etc.) et des Oiseaux du Congo appartenant à des espèces assez rares ou localisées, rapportés par la Mission Lucan et Petit en 1876 ( Chlorophoneus Viridis (Vieill.), Lagonoslicia Landanæ Sharpe, Meropogon Breweri Cassin, etc.) ;
— la collection Baër, constituée presque entièrement par des Oiseaux de l’Amérique centrale et méridionale (Perro- quets, Trachéophones, Tyrannidés, Tanagridés, etc.), provenant entre autres de l’isthme de Chiriqui, du Brésil central, du nord de l’Argentine (Tucuman) et du nord du Pérou (Tumbez). De cette dernière région, que le naturaliste Baër visita lui-même alors qu’elle n’était encore que peu explorée, il ne restait malheureusement qu’une petite part de la collection rapportée par lui et acquise en grande partie vers cette époque (1901) par le Musée de Tring, d’où elle est passée tout récemment, avec le reste des collections orni- thologiques, au Musée de New-York.
Grâce à ces divers apports, il résulte donc que, pour les faunes coloniales françaises, celle de Madagascar et de l’Indo-Chine, et, pour l’ornithologie générale, la faune néotropicale sont particuliè- rement bien représentées dans les Collections du Muséum de Paris, qui tient, sur ces points, une des premières places, après le British Muséum, parmi les collections scientifiques d’Europe.
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Notice préliminaire
SUR UN NOUVEAU GENRE DE POISSON ABYSSAL PROVENANT DES COLLECTIONS DU MUSÉE OCÉANOGRAPHIQUE DE MONACO,
par MM. L. Roule et F. Angel.
Ce genre, voisin de Caulophryne, appartient comme lui au sous- ordre des Cératioïdes. Nous lui donnons le nom de Ceratocaulo- phryne, destiné à exprimer ses affinités immédiates et ses carac- tères distinctifs. (Étymologie : Caulophryne cornu.)
Diagnose. — Corps court, trapu. Prémaxillaires protractiles. Maxillaires longs, s’étendant en arrière et en bas pour former une pointe dépassant le profil ventral (comme cela existe dans les genres Acentrophryne et Lophodolus). Bouche très ample, peu oblique. Dents très fortes, nombreuses, aux deux mâchoires. Pala- tius et vomer dentés. Ilicium allongé, portant des filaments sur ses côtés, et sur son extrémité libre où ils forment une pelote à fils enchevêtrés. Dorsale, anale, caudale, longues et largement étalées. Anale montée sur une base d’insertion volumineuse et saillante. Une corne de chaque côté du front, au-dessus et en avant de l’œil. Ouverture branchiale étroite, sous l’insertion de la pectorale. Peau nue. Appendices trichoïdes nombreux sur la tête et sur le corps.
L’unique espèce du genre, Ceratocaulophryne Regain, est dédiée à l’itchhyologiste anglais C. Tate Regan.
L’échantillon, en bon état, a été pris, le 23 août 1912, à l’ouest des Açores, par filet vertical, de 0 à 3.000 mètres. Sa longueur to- tale est de 59 millimètres.
Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, n° 5, 1932.
Sur les Poissons de v Étang de T h au,
par M. Paul Mathias.
L’étang de Thau, situé au voisinage immédiat de la ville de Sète (Hérault), se compose de deux parties :
1°) Le grand étang ou étang de Thau proprement dit, qui s’étend parallèlement à la côte, depuis Les Onglous jusqu’à Balaruc-le- Vieux, sur 19 kilomètres de long environ, avec une largeur moyenne de 5 kilomètres.
2°) L’étang des Eaux-Blanches, qui se trouve au nord de la ville de Sète; son petit axe est sensiblement perpendiculaire à la côte et à la direction du grand axe de l’étang de Thau proprement dit.
Le grand étang ne présente aucune communication directe avec la mer, mais il communique largement avec l’étang des Eaux- Blanches, au niveau de la pointe deBalaruc et de la pointe de Bar- rou, par un détroit au milieu duquel se dresse le rocher de Ro- querols.
L’étang des Eaux-Blanches est en relation directe avec la mer par le canal des Bordigues qui débouche dans cet étang près de la station zoologique de Sète. Il présente d’autre part une comihuni- cation indirecte avec la mer, par le canal des étangs qui prend nais- sance sur la rive nord, non loin des usines de produits chimiques. Si l’on excepte l’Abysse, fosse de 200 mètres de diamètre environ et de 30 mètres de profondeur, au large de Balaruc-les-Bains, au début de la crique de l’Angle, la profondeur du grand étang ne dépasse pas sensiblement 10 mètres suivant l’axe longitudinal et elle va en décroissant progressivement et rapidement jusque sur les bords, qui sont partout très plats. Dans l’étang des Eaux-Blanches, la profondeur est moins forte et ne dépasse nulle part 7m,80.
•Suivant les endroits, comme l’a montré Sudry (1), les fonds de l’étang de Thau sont formés par des vases plus ou moins putrides, des sables coquilliers, des herbiers d’ Algues et de Zostères.
Somme toute, dans son ensemble, l’étang de Thau représente une vaste nappe d’eau saumâtre peu profonde, qui ne présente que de faibles communications avec la mer et qui reçoit d’importants
i}) Sudry. L’étang de Thau. Ann. Institut Océanographique, 1910.
Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, n° 5, 1932.
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apports d’eaux douces soit par les pluies, soit par les rivières qui s’y jettent. Cependant, au cours de ces toutes dernières années, les communications avec la mer ont été bien facilitées, car le canal des Bordigues, entre la station zoologique et le pont du chemin de fer, a été creusé jusqu’à 7m,80 de profondeur. De plus un chenal de 7m,80 de profondeur et de 70 mètres de large environ a été creusé à travers l’étang des Eaux-Blanches depuis l’entrée du canal des Bordigues jusqu’aux usines de la Cle Bordelaise des produits chimiques et de la Société des ciments Pavin-Lafarge, etc., situées sur la rive nord. Ce chenal remonte ensuite, en longeant la côte nord, jusqu’aux réservoirs à mazout près de Balaruc-les-Bains, permettant ainsi aux navires d’assez fort tonnage d’accéder jus- qu’à ce point.
En 1896-97, Gourret f1) fit une étude de la faune de l’étang de Thau et en particulier de la faune ichtyologique. La population animale de l’étang de Thau étant considérée comme s’appauvris- sant rapidement depuis quelques années, j’ai cherché à faire l’in- ventaire de cette faune et j’ai été ainsi amené à voir quels étaient les Poissons que l’on capture actuellement dans cet étang.
Par suite de la faible profondeur des eaux, on ne peut s’attendre à y rencontrer que des Poissons côtiers ou de surface, susceptibles de vivre dans les eaux saumâtres.
Les Poissons de l’étang de Thau appartiennent à des familles très variées et peuvent être groupés en trois catégories distinctes, comme Gourret l’a du reste déjà indiqué.
1° Les Poissons sédentaires;
2° Les Poissons migrateurs;
3° Les Poissons accidentels ou exceptionnels.
POISSONS SÉDENTAIRES
Ces Poissons, que l’on pêche toute l’année dans l’étang de Thau, s’y reproduisent normalement et y passent ou peuvent y passer toute leur existence. Parmi ceux-ci, j’ai trouvé :
Fam. des Syngnathidés
Syngnalhus rubescens Risso. — Très commun partout où il y a des herbiers d’Algues et de Zostères, principalement dans la crique de l’Angle où on recueille des individus de 10 à 15 cm. de long.
(1) Gourret (P.). Documents zoologiques sur l’étang de Thau. Travaux de l’Institut de Zoologie de Montpellier , 1896, mémoire n° 5.
Gourret (P.). Les étangs saumâtres du midi de la France et leurs pêcheries. Annales du Musée Hist. Nat. Marseille, t. V, Mémoire n° 1, 1897.
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Typhle Rondelelii Del. — Très commun dans les herbiers d’Al- gues et de Zostères.
Hippocampus gutlulalus Guv. — Assez commun, surtout dans la crique de l’Angle où on les prend fixés après les ülets des pê- cheurs. Leur abondance varie suivant les années. Quelques-uns peuvent atteindre une taille très forte.
Fam. des Labridés.
Crenilabrus massa Risso. — - Très commun partout où il y a des plantes marines.
Crenilabrus chlorosochrus Risso. - — Très commun; se rencontre avec Cr. massa principalement dans la crique de l’Angle; — se reconnaît facilement à sa coloration vert jaune très vif.
Crenilabrus mediterraneus L. — Assez commun mais cependant moins abondant que les deux espèces précédentes.
Fam. des Blenniidés
Blennius pauo Risso. — Très commun sur toutes les rives de l’étang.
Je n’ai jamais rencontré Bl. ocellaris L. signalé par Moreau ( 1 ) comme très commun dans l’étang de Thau. Gourret n’y avait pas non plus constaté sa présence.
Fam. des Gobiidés.
Gobius capito Guv., Val. — - Très commun partout; se tient sur les bords pierreux.
Gobius niger L. — Assez commun sur les bords pierreux.
Gobius lola Cuv. Val. — Assez fréquent dans les herbiers d’Al- gues et de Zostères.
Gobius paganellus L. — Très commun dans les herbiers d’Algues et de Zostères et sur les fonds de sable.
Gobius jozo L. — Assez rare dans l’étang de Thau.
Fam. des Pleuronectidés.
Solea variegata Donov. — - Assez commune un peu partout sur les fonds vaseux mais principalement dans l’étang des Eaux- Blanches.
Rhombus lævis Gott. — Assez commun aux mêmes endroits que Solea variegata Donov.
(x) Moreau (Dr E.). Histoire naturelle des Poissons de la France, Paris, Masson,
1881.
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Flesus italicus Gunt. ( = Pleuronecles passer Risso). — Assez commun comme les deux précédents.
Fam. des Athérinidés.
Atherina Rissoi Cuv., Val. var. lacuslris Bonap. — Très com- mune partout.
POISSONS MIGRATEURS
Ces Poissons pénètrent dans l’étang, soit pour y pondre, soit pour s’y engraisser, puis, après quelques mois de séjour, retournent à la mer. La montée dans l’étang et la descente à la mer se produisent à époques fixes pour une espèce donnée.
Parmi ces Poissons migrateurs, relativement nombreux, j’ai constaté la présence de :
Fam. des Mustélidés.
Galeus canis Bonap. — Il pénètre dans l’étang de mars à mai à la suite des bancs de sardines et d’athérines dont il fait sa nourriture puis redescend à la mer de juillet à septembre. Bien que sa présence ne soit pas constatée tous les ans, c’est le seul Sélacien que l’on trouve à peu près régulièrement dans l’étang de Thau.
Fam. des Mugilidés.
Mugil cephalus Risso. — - Commun partout.
Mugil auratus Risso. — Assez commun partout.
Mugil ramacla Risso. ( = M. capito Cuv., Val). — Très com- mun partout.
Mugil chelo Cuv. — Assez commun.
Mugil saliens Risso. — Commun; contrairement à ce que dit Gourret (1896), ce Muge n’est pas rare actuellement dans l’étang de Thau.
Les Muges ou Mulets forment une partie très importante de la faune ichtyologique de l’étang de Thau et donnent lieu à une pêche très active. Ils descendent à la mer, pour pondre, d’octobre à dé- cembre. Les jeunes alevins remontent dans l’étang de mars à mai. Cependant un certain nombre de Muges adultes semblent séjourner toute l’année dans l’étang et au moment des grands froids ils se rassemblent par bandes dans les fonds les plus importants, en par- ticulier près de l’Abysse. D’une façon générale les Muges sont très abondants dans tout l’étang de Thau.
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Fam. des Athérinidés.
Atherina hepselus L. — Très commune; remonte dans l’étang de mars à mai et redescend à la mer de juillet à septembre en for- mant des bancs, très nombreux. Ces Poissons sont la proie de quel- ques Poissons carnassiers.
Fam. des Clupéidés.
Alosa pilchardus Walb. ( = A. sardina Cuv.). — Très abondante. Les adultes et les jeunes alevins opèrent leur montée de mars à mai en bancs très nombreux et se répandent dans toute l’étendue de l’étang. Les sardines redescendent à la mer depuis août jusqu’à octobre.
Engraulis encrasicholus L. — Pas très commun; la montée s’effectue de mars à mai et la descente à la mer a lieu en fin sep- tembre, octobre.
Clupea phalerica Risso (Melette). — Commune par moments; ces dernières années, a été particulièrement peu abondante; monte dans l’étang avec les athérines et redescend un peu après celles-ci :
Fam. des Combrésocidés.
Belone bellone L. — Assez commun; la montée a lieu depuis le début de mars jusqu’à la fin avril et la descente se produit en sep- tembre-octobre. Dans ses déplacements ce poisson longe les bords et se pêche beaucoup à la roumagniola, principalement le long des quais du canal des Bordigues à son entrée dans l’étang des Eaux- Blanches. La roumagniola est formée de quatre gros hameçons liés ensemble et attachés à une corde fixée à une canne à pêche. La roumagniola est déposée au fond de l’eau et lorsque le Belone passe à portée, elle est retirée vivement. Le poisson peut être ainsi accroché par une partie quelconque du corps.
Fam. des Mullidés.
Mullus barbatus surmuletus L. — Peu commun; la montée se produit de mars à fin mai et la descente à la mer a lieu en octobre- novembre.
Fam. des Scombridés.
Scomber scombrus L. — Relativement peu commun mais son abondance varie avec les années. Monte de mars à mai à la suite des bancs de sardines et d’anchois et le retour à la mer a lieu de juillet à septembre.
Bulhlin du Muséum , 2* s., t. IV, ^932.
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Fam. des Carangidés.
Caranx trachurus L. (= Trachurus trachurus L.) (Gaseon). Jamais abondant; pénètre dans l’étang à la poursuite des sar- dines et des anchois et retourne à la mer en août-septembre.
Fam. des Triglidés.
Trigla lucerna L. (= T. corax Bonap.). — Très peu abondant; quelques spécimens seulement de temps à autre dans l’étang des Eaux-Blanches.
Fam. des Percidés.
Labrax lupus Cuv., Val. — Très commun; montée de mars à fin mai, descente à la mer en novembre-décembre, mais certains indi- vidus peuvent séjourner dans l’étang pendant tout l’hiver. Bien que beaucoup moins abondants que les Muges, ils forment avec ceux-ci les principales ressources de la pêche dans l’étang de Thau.
Fam. des Ménidés.
Mæna vomerina Cuv., Val. — Assez rare.
Fam. des Sparidés.
Diplodus vulgaris Geof. St-Hil. ( = Sargus vulgaris G. St-Hil.), (Sarguet négré). — Peu commun; montée de mars à mai et des- cente à la mer en août-septembre.
Diplodus- sargus L. ( = Sargus Rondelelii Cuv., Val.) (Sarguet). — Assez commun; montée de mars à mai et descente à la mer de septembre à octobre.
Diplodus annularis L. ( = Sargus annularis L.), (Pataclet). — Assez commun; montée de mars à mai et descente à la mer en septembre-octobre. C’est le plus commun des sargues de l’étang de Thau.
Diplodus vetulus Cuv., Val. ( = Sargus velulus Cuv., Val.). — Relativement assez commun.
Boops vulgaris Risso ( = Box boops Bonap.), (Bogue). — Assez rare; montée de mars à mai et descente à la mer en septembre- octobre.
Boops salpa L. (= Box salpa Cuv., Val.), (Saupe). — Relative- ment assez commun; montée de mars à mai, descente à la mer de septembre à octobre.
Chrysophrys aurata L. (Dorade). — Très abondante; montée en mars-avril et descente à la mer de septembre à octobre. Elle fait
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l’objet d’une pêche active, surtout au moment de la descente à la mer.
Dentex vulgaris Cuv. (Denté). — Assez rare.
Pagellus mormyrus L. — Peu commun; son abondance varie avec les années (abondant en 1932). La montée a lieu en mai-juin et la descente à la mer s’effectue en novembre-décembre.
Fam. des Anguillidés.
Anguilla vulgaris Turton. — Assez abondante; montée de jan- vier à avril et descente à la mer d’octobre à décembre.
POISSONS ACCIDENTELS OU EXCEPTIONNELS
Ce sont des Poissons que l’on ne rencontre que très rarement dans l’étang de Thau, toujours en petite quantité et souvent même à un seul exemplaire. C’est en général après une période de mau- vais temps qu’on les trouve dans l’étang de Thau où ils ont été chassés par les tempêtes.
— Moreau signale parmi ces Poissons : Pristipoma Bennetii Lowe et Clupea pontica Eichwald.
Gourret cite : Scorpæna porcus L., Naucraies duclor Cuv.,
Pagellus erythrinus Cuv., Val.; Alosa vulgaris Cuv.; Petro- myzon marinus L.
Les Poissons exceptionnels capturés ces dernières années dans l’étang de Thau sont :
Fam. des Spinacidés.
Acanlhias vulgaris Risso. — Très rare; un exemplaire pêché en mars 1932 dans la crique de l’Angle après un coup de mer.
Centrina vulpecula Cuv. — Très rare; un exemplaire capturé en février 1930 dans l’étang des Eaux-Blanches, en face de la Station zoologique.
Il est intéressant de constater la présence de ces deux Sélaciens dans l’étang de Thau.
Fam. des Labridés.
Crenilabrus pavo Brunn. — Relativement rare; ce poisson, très abondant dans les rochers à l’entrée du port de Sète, peut se ren- contrer dans l’étang de Thau pendant les périodes de mauvais temps.
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Fam. des Scombridés.
Thynnus vulgaris Cuv., Val. — Très rare; un exemplaire cap- turé en 1926, après un coup de mer, dans l’étang des Eaux-Blanches, à l’entrée du canal des Bordigues.
Fam. des Scorpénidés.
Scorpæna porcus L. — Rare; tous les ans, quelques spécimens sont pris çà et là par les pêcheurs.
Fam. des Cyprinidés.
A côté de ces Poissons marins, il y a lieu de signaler la rencontre dans l’étang de Thau d’un Poisson qui normalement habite les eaux douces.
Phoxinus phoxinus L. — Un seul exemplaire (*) de 10 centimètres de long recueilli dans les fdets des pêcheurs à la fin d’avril 1932.
11 est très remarquable de constater la présence d’un vairon dans l’étang de Thau. L’unique exemplaire observé jusqu’à présent provient de la crique de l’Angle où les herbes marines sont abon- dantes et où la salure des eaux est plus faible que dans le reste de l’étang de Thau. Il sera intéressant de voir si de nouveaux spé- cimens de Phoxinus phoxinus L. peuvent être récoltés dans les mêmes parages. Il est possible que le vairon soit susceptible de vivre dans les eaux saumâtres, mais il se peut aussi que l’exemplaire re- cueilli ait tout simplement été entraîné par les crues de printemps des rivières tributaires de l’étang et qu’il ait survécu quelque temps dans l’eau salée.
En résumé, la faune des Poissons de l’étang de Thau ne semble pas avoir varié beaucoup depuis le travail de Gourret. J’ai re- trouvé la plupart des formes signalées par cet auteur et j’ai ren- contré en plus des Sélaciens dont il ne fait aucunement mention et un Cyprinidé.
La pêche est pratiquée avec activité, dans l’étang de Thau, par un certain nombre de pêcheurs. Cependant, depuis le creu- sement du chenal à travers l’étang des Eaux-Blanches et l’appro- fondissement du canal des Bordigues, la pêche semble être moins productive. C’est principalement au moment des périodes de mau- vais temps et lors de la descente vers la mer des Poissons migra- teurs que les pêcheurs font leurs meilleures récoltes. Or la plupart des Poissons, lorsqu’ils redescendent vers la mer ou lorsqu’il fait
(9 Ce poisson a été déterminé par M. le Dr J. Pellegrin, Sous-Directeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
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du mauvais temps, recherchent les profondeurs les plus importantes; ils suivent donc tout naturellement le fond du chenal, dans lequel les pêcheurs ne peuvent disposer leurs engins.
En terminant ce travail, je tiens à adresser mes meilleurs re- merciements à M. le Dr J. Pellegrin, sous-Directeur au Muséum national d’ Histoire naturelle qui a vérifié certaines de mes déter- minations, ainsi qu’à M. Cielle, gardien de la Station zoologique de Sète, dont le concours m’a été particulièrement précieux pour la récolte du matériel et les renseignements auprès des pêcheurs.
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Lépidoptères nouveaux du Moyen Atlas (Noctuidae, Lasiocampidae),
par M. F. le Cerf.
Euxoa liouvillei n. sp.
<J. Ailes antérieures blanc ocracé, avec tous les dessins vigou- reusement marqués en noir. Ligne basale indiquée par deux points, un à la côte, l’autre sous la base de la cellule ; extrabasilaire oblique à la côte, très incurvée en dessous, non dentée, légèrement con- vexe sous la cellule, sa partie terminale, sous 1 6, moins nette et un peu rejetée vers l’extérieur; extramédiane commençant à la côte par un fort point noir, fine, régulièrement dentée sur les nervures entre lesquelles elle se divise en chevrons, le dernier, au bord in- terne, prolongé en pointe dans la direction de la base, elle est dou- blée extérieurement d’une étroite ombre maculaire, graduellement atténuée du bord dorsal vers la côte; traits sagittés en forme de chevrons presque égaux placés dans tous les intervalles internervu- raux de 16 à 8; un dernier, linéaire, se trouve sous l’extrémité de 16, ligne marginale formée de lunules à peine séparées; tache orbiculaire ronde, à centre brunâtre entouré d’ocracé; réniforme brun foncé, divisée et bordée en haut d’un peu plus clair; clavi- forme allongée, à centre ocracé sombre ; aire basale et espace ter- minal saupoudrés de noirâtre, plus densément sur le second. Franges gris foncé, à base blanc ocracé. Dessous gris ocracé pâle, éclairci vers la base, avec une large ombre centrale commençant à la côte, couvrant les discocellulaires et descendant en s’effaçant jusqu’au-dessous de 2; en arrière de l’origine de cette ombre la côte est blanc ocracé sur 2,5 mm. de large.
Ailes postérieures blanc sale, un peu lavées de grisâtre très pâle vers la marge qui est bordée de gris ocracé clair. Dessous du même ton, avec une forte ombre extramédiane, formée d’un semi d’écailles noirâtres descendant sur 6 et se prolongeant vers la base en sau- poudré plus léger. Franges blanches.
Tête ocracé roussâtre; antennes fortement pectinées, à tige blanc ocracé; palpes à second article brun; collier gris ocracé, divisé transversalement par une ligne noire surmontée d’un éclair- Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, n° 5, 1982.
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cissement blanchâtre; thorax, en dessus, de la couleur des ailes; face antérieure du prosternum et hanches antérieures gris noirâtre ; sommet des fémurs et des tibias gris brunâtre, tarses gris noirâtre annelés d’ocracé.
Envergure : 29 à 33 mm.
Types : 7 (1 H. T.), Maroc, Moyen Atlas, ich bou Naçeur,
3.100-3.200 m., 18 au 20-VIII, 1930.
Dédiée en témoignage de haute estime au Dr J. Liouville, Di- recteur de l’Institut scientifique chérifien, cette remarquable espèce est très variable. La description ci-dessus ne s’applique bien qu’à l’holotype, qui est seul à présenter le maximum de dessins. Les autres individus manifestent une tendance graduelle à l’efface- ment de l’ombre linéaire doublant en dehors la ligne extramédiane, puis de cette ligne elle-même, et de l’extrabasilaire. Chez l’un d’eux les traits sagittés, quoique tous présents, sont réduits et moins nets; chez un autre la ligne extramédiane, modifiée dans son parcours, monte en droite ligne du bord dorsal à l’angle inférieur de la réniforme sur lequel elle se termine. Il n’y a que les taches orbiculaire, réniforme et claviforme [qui, chez tous, restent aussi fortement marquées.
Cet Agrolis n’est voisin d’aucun de ceux qui me sont connus en nature. Par la forte pectination des antennes, le nombre et la dispo- sition des traits sagittés, la forme et le développement de la réni- forme et de la claviforme, il rappelle quelque peu Rhyacia uestigia- lis-albidior Stg. i. L, de Russie méridionale, mais il en diffère trop par tous les autres caractères pour qu’on puisse évoquer l’idée d’une parenté des deux espèces.
J’avais découvert, sous des pierres entre lesquelles croissaient quelques touffes minuscules d’une petite Graminée (? Fesluca), une chrysalide de cette espèce qui a donné naissance à une femelle. Malheureusement celle-ci, éclose dans mes bagages au cours du voyage de retour à la côte, fut complètement abîmée. J’ai pu cependant reconnaître qu’elle a les dessins du mâle, mais qu’elle est bien plus grande et que son abdomen est très volumineux. Il est possible qu’elle ne vole pas, à l’inverse du mâle qui est extrême- ment vigoureux et résiste parfaitement, dans son vol, au vent vio- lent qui règne presque en permanence sur les cimes dénudées où cette Noctuelle est localisée.
Euxoa theryi n. sp.
cj. — Ailes antérieures gris rougeâtre avec une aire costale bien tranchée blanc rosé dépassant un peu la réniforme, et une fine ligne de même couleur sur le bord inférieur de la cellule; pas de lignes transversales, l’emplacement de l’extrabasilaire seulement
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indiqué sous la cellule par l’écart séparant le trait longitudinal basal noir, existant à cet endroit, de la base de la claviforme; celui de l’extramédiane par la limite externe sinuée d’un léger obscurcissement du fond en arrière de la réniforme et sous la cel- lule qui est noirâtre ; sur ce fond obscur se détachent l’orbiculaire, arrondie, finement cerclée de noir, à centre gris rougeâtre ; réni- forme également bordée de noir, avec le centre gris brunâtre et la partie inférieure blanc grisâtre ; claviforme assez longue, à centre grisâtre et contour noir ; pli de 1 c. et nervure 2 écaillés de noirâtre jusqu’à l’emplacement de l’extramédiane ; espace terminal obscurci de gris noirâtre, sauf à l’apex où existe une petite tache carrée claire, précédée du côté proximal par une ombre grisâtre ; sur cet obscurcissement sont inscrits les traits sagittés, noirâtres, inégale- ment développés, assez rapprochés du bord externe auquel ils sont parallèles, chacun étant appuyé distalement d’un très petit point gris rougeâtre ; lunules marginales petites, noires, bien séparées. Dessous gris clair, layé d’ocracé rougeâtre à la côte et à l’apex, saupoudré de gris noirâtre sur le disque et l’espace terminal, avec les lunules marginales aussi nettes qu’en dessus et une légère indi- cation de point discocellulaire. Franges, en dessus, gris ocracé rougeâtre, plus claires à l’extrémité et précédées à la base d’une ligne jaune ocracé; en dessous gris ocracé clair uniforme.
Ailes postérieures blanc ocracé, un peu obscurcies à la côte et sur l’espace terminal par un semis grisâtre qui remonte un peu vers la cellule entre 4-2 ; ligne marginale gris clair. Dessous blanc, légère- ment saupoudré de gris roussâtre sur le champ costal ; point dis- cocellulaire vertiginal. Franges blanc grisâtre à base ocracée, en dessus, monochromes en dessous.
Tête et thorax brunâtres, angles inférieurs du front ocracé clair; antennes moyennement pectinées, à tige blanc ocracé; prothorax avec une ligne transversale noire précédée d’une mince ligne ocra- cée; abdomen blanc ocracé; pattes mêlées de brunâtre et d’ocracé pâle; prosternum et hanches antérieures gris brun; tarses blanc ocracé annelés de gris noirâtre à la base.
Envergure : 31 à 35 mm.
Types : 4 <$ (1 H. T.).
id. f. ahmed nova.
c?. — Fond uniformément gris argileux ocracé, sans éclaircie costale, avec les mêmes dessins que chez le type, mais avec l’inté- rieur de la cellule gris brunâtre seulement entre la réniforme et l’orbiculaire.
Envergure : 33,5 mm.
Type (H. T.) : 1 <?.
Maroc, Moyen Atlas, massif du bou Iblane, Afraou des béni Abdallah, 2,500-2.600 m., 22 et 23-VIII-1930.
Cette espèce, qui est dédiée amicalement à M. A. Théry, Adjoint au Directeur de l’Institut scientifique chérifien, est aussi instable que la plupart des espèces du groupe d ' Euxoa tritici L., dans lequel elle se place. Comme ses congénères : tritici, aquilina, disiincla, dis- tinguenda, etc., elle se présente sous deux formes principales, l’une à coloris vif et tranché — type décrit en détail ci-dessus — , l’autre homochrome, grisâtre (f. ahmed), entre lesquelles il existe des transitions.
Parmi les espèces contenues dans la collection du Muséum, c’est apparemment d'E. vilia Esp., des Alpes de France, Suisse, et Eu- rope centrale, et d'E. christophi Stg., de Russie méridionale et du Turkestan, qu’elle se rapproche le plus. Toutes deux sont en effet dépourvues de l’éclaircie longitudinale, qui, en dessous des ailes antérieures, se détache sur le fond en arrière des discocellulaires, et possèdent le même champ terminal obscurci et les traits sagit- tés appuyés sur une antéterminale peu sinueuse et plus rappro- chée du bord externe, les lignes extrabasilaires et extramédiane obsolètes. Toutefois, c’est avec vitla que Théryi a le plus de res- semblance par la forme des ailes, des dessins et aussi la pectination des antennes, pectination qui est notablement plus longue chez christophi.
Epipsilia helvetina B., ssp. lhassen nova.
2. — Diffère de la race typique par la coloration générale gris ocracé, sur laquelle se détachent plus nettement, en jaune ocracé, la réniforme, l’orbiculaire, la ligne marginale des deux paires d’ailes, et moins distinctement l’extrabasilaire. Le dessous des ailes et du corps est aussi plus clair, lavé d’ocracé pâle ; enfin les angles infé- rieurs du front et l’extrémité des palpes sont jaunes d’ocre clair.
Envergure : 41,5-45 mm., Ç 43,5 mm.
Types : 4 $ (1 $ H. T.) 1 $ Maroc, Moyen Atlas, ich bou Nageur, 3.100-3.200 m., 18 au 20-VIII-1930.
E. helvetina B. n’était jusqu’ici connu que des Alpes, des Pyré- nées (ssp. pyrenaica Brsn.) et d’Arménie. C’est le premier Lépidop- tère de caractère purement alpin qui ait été trouvé jusqu’ici dans l’Afrique du Nord.
Epipsilia turbeti n. sp.
<J. — Ailes antérieures d’un gris cendré, uniforme, assez foncé et légèrement ocracé, sur lequel les lignes ordinaires se distinguent à peine en un plus obscur. Extrabasilaire oblique de la côte au pli de 1 c, un peu rentrante de ce point au bord dorsal ; extramédiane
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brièvement denticulée de la côte à 3, formant au-dessous une dent saillante sur 16; elle est bien écartée de la réniforme, qui n’est indi- quée que par un léger obscurcissement diffus, avec une petite éclaircie linéaire centrale ; ombre médiane située à égale distance des deux lignes principales ; espace terminal uniformément de la couleur du fond, sans trace de ligne antéterminale ni de traits sagit- tés ; lunules marginales très petites, à peine distinctes ; marge bordée de jaune ocracé clair. Franges gris foncé à sommet plus clair. Dessous blanc ocracé grisâtre, avec une légère indication de ligne extramédiane.
Ailes postérieures grises, un peu éclaircies vers la base et au bord abdominal. Dessous blanc ocracé. Franges blanches, légèrement lavées d’ocracé pâle à la base. Tête et corps de la couleur des ailes.
Envergure 40 mm.
Type (FL T.) : 1 Maroc, Moyen Atlas, ieh bou Naçeu-r, 3.100- 3.200 m., 18-20- VI II- 1930.
Cette espèce est dédiée à mon ami le Capitaine Turbet, à qui je suis redevable de toutes les facilités qui m’ont permis d’accéder aux grands massifs du Moyen Atlas et d’y séjourner.
Elle se place au voisinage d ' E. simulairix Hb. ( = nyctymera B.) de France centrale et méridionale, Espagne, Dalmatie et Taurus. Elle s’en distingue par la forme plus étroite des ailes, surtout des antérieures qui ont aussi le bord externe coupé plus droit, la colora- tion plus grise et plus uniforme, les lignes moins fortement dentées et non bordées de clair, la tache réniforme encore moins marquée, l’orbiculaire complètement absente, le dessous beaucoup plus blanc, et sans obscurcissement terminal.
Dendrolimus fini L., ssp. atlantica nova.
c?. — Ailes antérieures à fonc blanc grisâtre fortement saupou- dré de brun noirâtre ; ligne médiane fine et peu nette ; extramédiane presque aussi mince mais mieux marquée ; discale fortement fes- tonnée sur les nervures, épaissie en macules noires entre 4-5 et entre le bord dorsal et 2; espace compris entre cette ligne et la précédente faiblement lavé de brun chocolat au-dessous et au-des- sus de la saillie rentrante maculaire de la ligne discale ; un trait longitudinal noir, continu, large de 1,5 à 2 mm., part de la base, passe sur le point blanc discocellulaire, et rejoint l’extramédiane entre 4-5; marge lavée de brun noirâtre. C’est dans l’espace com- pris entre la médiane et l’extramédiane que le fond blanc grisâtre apparaît le plus nettement, sur toute cette aire il est divisé longi- tudinalement par de minces traits brun noir peu définis marquant remplacement des nervures. Dessous brun, éclairci de grisâtre sur le disque, avec une ombre basale et trois lignes transversales macu-
laires brun foncé. Franges concolores. Ailes postérieures en dessus brun rougeâtre foncé, un peu éclairci vers la base. Dessous brun, lavé de grisâtre vers la base, avec la côte et deux bandes discales diffuses et maculaires brun foncé. Franges concolores.
Corps de la couleur des ailes ; antennes brun noir, à tige blanche ; tarses de toutes les pattes noirâtres, largement annelés de blanc à l’extrémité de chaque article.
Envergure : 68 mm.
Type (H. T.) : 1 Maroc, Moyen Atlas, Forêt de Timelilt, 1.600-1.750 m., 23-VI-1928.
Cette espèce, nouvelle pour l’Afrique, qui vit exclusivement en Europe et dans toute l’Asie paléarctique (y compris le Japon) sur les Pins, s’est adaptée dans le Moyen Atlas au Cèdre, seul Conifère de la région où je l’ai découverte.
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Notes sur les Fourmis du Sahara , PAR M. LE Dr F. Santschi.
I. — Fourmis de Touggourt, Reggan et de l’Aïr récoltées
par MM. Auguste Chevalier et Leclercq, 1931 a 1932.
Les Fourmis constituent un des organismes le plus répandu dans le désert et leur importance est d’autant plus grande que la végé- tation est plus restreinte. D’une part, les Messor si nombreux, diurnes ou nocturnes, moissonnent les graines de beaucoup de plantes, disséminant les plus mauvaises mais diminuant le rende- ment des bonnes; d’autre part, les Cataglyphis, non moins com- muns, sont les plus grands chasseurs du Sahara et détruisent une quantité de vermine plus ou moins nuisible à l’agriculture. Il im- porte donc que ces petites bestioles soient plus attentivement observées par les explorateurs et colons sahariens. Il serait inté- ressant de suivre les Messor dans leurs nids pour en retirer les graines et les déterminer. La détermination des captures faites par les Cataglyphis réserve aussi quelques surprises et démontrera leur utilité. Mais nous sommes loin de connaître suffisamment les Fourmis du Sahara. Les formes diurnes, assez grandes pour at- tirer l’attention, sont presque toujours les mêmes que rapportent les explorateurs, et si l’on s’en tenait à celles-là, on pourrait consi- dérer sa faune myrmécologique comme très pauvre en espèces alors qu’au contraire les recherches des fourmis nocturnes et des petites espèces me paraît devoir démontrer une richesse insoup- çonnée. Il ne faut pas oublier non plus que les espèces des Oasis sont pour la plupart introduites par les caravanes et les cultures et ne présentent pas l’intérêt des faunes réellement déserticoles qu’il faut capturer aussi loin que possible des agglomérations humaines.
Messor subl/eviceps, Sants. st. posfcquadratus n. st.
Çg long : 4,5 à 7,5 mm. Thorax, parfois le pédoncule et le bord terminal des mandibules d’un rouge plus ou moins sombre; les bas côtés du thorax souvent noirâtres. Funicule (surtout la massue), articulations des pattes et petits tarses d’un roux brunâtre. Reste des antennes et tibias d’un brun noirâtre. Dessous de la tête, Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, n° 5, 1932
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tempes, face occipitale hanches et gastre lisses et très luisants. Le reste est mat ou submat très finement et densément ponctué cha- griné, mais, suivant les individus, cette sculpture s’efface en partie et devient plus luisante, par exemple sur les côtés du front, les épaules pronotales et le dessus des nœuds. En outre, des rides très fines et irrégulières font un faisceau entre les crêtes frontales mais ne dépassent pas le milieu du front; d’autres s’étendent transver- salement sur le devant du pronotum et les côtés du thorax. L’épi- notum est fortement ridé en travers. Psammophore bien déve- loppé. Quelques poils sur la tête et dessous le gastre, parfois un ou deux sur le mesonotum, le reste du corps glabre. Une pubes- cence espacée sur les cuisses, plus dense sur les tibias.
Tête carrée, les angles postérieurs arrondis, comme chez su - blæviceps, les yeux un peu plus grands. L’aire frontale peu im- primée, lisse ou finement striolée. Le scape dépasse le bord basal. Convexité promesonotale un peu plus allongée. L’épinotum est plus allongé, sa face basale plus de deux fois plus longue que la déclive, toutes deux font un angle droit très apparent, la déclive étant verticale dans sa moitié ou ses trois quarts supérieurs, selon les exemplaires. Parfois la face basale un peu arquée derrière, chez les petites ouvrières. Pétiole plus haut que le postpétiole, mais un peu moins que chez sublæviceps. Le bord antérieur droit, le posté- rieur en angle plus ou moins arrondi, le sommet entier. Post- pétiole une demi à deux tiers plus large que le pétiole.
Voisin de la race hoggarensis Sants, par son épinotum carré, mais cette dernière est plus fortement ridée, son pétiole plus bas et plus épais. Chez sublæviceps et ses variétés l’angle épinotal est nettement obtus, ainsi que chez medioruber For.
Tougourt : 11 XII, 1932 (A. Leclercq) plusieurs ? communiquées par le Muséum de Paris et portant la mention : (Fourmis des dunes) (x).
Crematogaster (Acrocœlia) auberti Em. st. oasium Sants.
v. aïrensis n. var.
Long : 4mm,2. Noire; antennes, mandibules, col, pédicule du pédoncule et articulations des pattes d’un brun rougeâtre; tarses brun jaunâtre; reste des pattes brun noir. Tête lisse et luisante. Joues striées. Aire frontale et côtés des crêtes frontales striolés. Pronotum lisse et luisant au milieu, ses côtés et le mésonotum espacément et faiblement ridés. Épinotum et mésépisternum striés avec des réticulations dans le fond des stries de ce dernier. Abdomen lisse. Pilosité dressée clairsemée. Pattes seulement pu-
f) Messor semirufus André v. nigricans n. nov. = M. semirufus v. nigriceps Santschi 1929 (n. praec. Santschi, 1925).
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bescentes. Tête près d’un tiers plus large que longue (comme chez oasium). Le scape dépasse de 1/6 à 1/5 le bord postérieur de la tête. Épinotum très brièvement denté, bien plus que chez oasium. Le trapèze du pétiole aussi large devant que de côté, plat dessus. Du reste comme oasium, mais plus petit et autrement coloré.
cj Long : 4mm,6. Brun foncé; tête noirâtre; appendices brun de poix. Lisse et luisant avec une assez forte ponctuation plus ou moins espacée, sur la tête et le mésonotum. Tête un peu plus large, plus anguleuse derrière et articles du funicule distinctement plus longs que chez auberti. Ailes hyalines, pour le reste comme chez auberti, mais plus grand.
Sahara nigérien Aïr, Tasolé. (A. Chevalier).
Émery, 1922, fait de oasium une simple variété de la race antaris, dont la tête est carrée, les yeux plus petits et l’habitat montagneux. Je considère oasium comme race ou sous-espèce distincte en raison de sa tête beaucoup plus large que longue, ses yeux relativement grands et son habitat déserticole.
Cataglyphis (Cataglyphis) bicolor F. st. lævior Stitz
v. rufidens n. var.
<£. Couleurs tranchées rouge et noir comme chez le type læuior dont cette variété diffère par le gastre moins luisant, presque aussi mat que chez oasium Sants. et desertorum For. Outre sa vive coloration, rufidens diffère de ces deux dernières variétés par ses dents rouges, concolores à la tête et au thorax. Les scapes n’ont que rarement un ou deux poils dressés.
$. Long : 11 millimètres. Tête et ses appendices, dessus du thorax, dessous du pétiole, articulations des pattes rouge assez vif. Tarses roussâtres. Reste des pattes et de l’abdomen noir, côtés du pronotum et mésépisternum noirâtres. Occiput et côtés du gastre lisses et luisants, le reste mat ou submat comme chez l’ouvrière. L’écaille est plus haute que chez celle-ci et plus mince que chez desertorum $. L’épinotum plus convexe que chez cette dernière, le reste semblable.
Reggan (x) (= en arabe Halebou) 26 I 1932. (A. Leglerco), plusieurs et Ç au Muséum de Paris et dans ma collection.
Cataglyphis (Cataglyphis) albicans Roger st. livida André v. arenaria Forel 1909, Santschi 1929.
Reggan 26, 1, 1932. Plusieurs Ç>.
Cataglyphis (Machæromyrma) bombycina Roger.
Aïr : Tasolé, plusieurs Ç. Cette espèce se montre ainsi répandue dans tout le Sahara.
Z1) Reggan ss trouve par 26,40 lat. N. à l’entrée du grand désert Tanezrouft.
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II. - — Fourmis du Tibesti récoltées PAR LA MISSION ÜALLONI, 1931.
Messor ægyptiacus Em. v. foreli Sants.
Région de Bardai, Alt. 1.000 mètres Tibesti nord. <£. — - D’Eni Bou à Guezenti, Tibesti est. Janvier Ç>.
Pheidole jordanica Saule.
Entre Goumeur et Aozi, ait. : 1.200 mètres. Tibesti est. Ç>.
Camponotus (Myrmoturba) maculatus F. variété voisine de lohieri Sants.
Environs d’Ouri, Tibesti est. <£, Ç. — Entre Gouneur et Aozi 1.200 mètres.
Entre Guezenti et Bardai, Tibesti nord. <£. — Région de Bardai
Cette variété n’est pas déterminable sans les ouvrières major.
Camponotus (Myrmoturba) magister Sants. v. tibestiensis n. var.
Ç>-. Long : 15 millimètres. Noire; funicule, hanches, moitié basale des cuisses et tarses roussâtres; souvent l’écaille et une ou deux petites taches superposées de chaque côté des bords latéraux de la face basale du gastre d’un brun plus ou moins roussâtre; ces taches sont parfois indistinctes. Bord postérieur des segments du gastre jaunâtre. Mate, côtés du gastre assez luisants. Tête longue de 4mm,6 (de l’angle postérieur à l’angle antérieur), large de 3mm,9. Scapelong de3mm,6. Tibias postérieurs 5mœ,3. Du reste, comme chez laharensis Sants. du Hoggar, mais celui-ci a les cuisses entièrement roussâtres, ainsi que les bas côtés du thorax; les taches de la base du gastre plus développées. L’impression transversale des côtés de la tête est encore moins fréquente chez tibestiensis .
Ressemble aussi à la var. fellah Em. d’Éypte, mais celle-ci a la tête relativement plus large et les pattes plus courtes. Le tho- rax est aussi un peu plus court.
D’Eni Bou à Guenenti 3 (types). — Vallée de Yebbi 2 Ç. — - Région de Boudai, 1.000 mètres, <?.
Il est intéressant de retrouver dans le Tibesti cette forme du Hoggar. La légère modification de couleur qui distingue celle de chaque massif montagneux indique que le désert qui les sépare comme une mer est suffisant pour intercepter tous passages actuels de cette fourmi monticole et leur permet une évolution indépen- dante. M. W. Wheeler a relevé le même phénomène chez le Cam- ponotus macilentus Sm. des îles Galapagos qui, pour huit îles dif- férentes, donne autant de variétés distinctes.
J’ai réuni autrefois le C. magister comme sous-espèce au C. eri- gens Forel en raison de plusieurs caractères communs (longueurs
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des pattes, impressions transversales des joues); mais je pense actuellement pouvoir en faire deux espèces distinctes caractérisées par la pilosité du dessous de la tête, abondante chez erigens, nulle chez magisler.
Camponotus (Myrmotrema) galla Forel.
De Bardai à Verbi 1 Cette espèce provient de l’Afrique orien- tale.
Cataglyphis (Cataglypuis) bicolor F. st. nodus Brui. v. oasium Sants.
Vallée de Yebbi, Tibesti nord, une $ un peu plus foncée sur le thorax que oasium, d’ailleurs semblable.
Cataglyphis (Machæromyrma) bombycinus Roger.
Entre Guezenti et Bardai, Région de Bardai. Vallée de Misky, Tibesti est Ç>. Espèce essentiellement arénicole, habite tout le Sahara.
C’est la première fois que la faune myrmécologique du Tibesti peut être étudiée. Malgré le matériel encore restreint, on peut cons- tater quatre espèces sahariennes, deux d’Égypte et Afrique Orien- tale, une de l’Afrique Occidentale et Soudan. Pas trace de formes de l’Afrique mineure alors que celles-ci sont bien représentées dans le Hoggar.
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Compte rendu d une mission dans le Sud-Algérien (mai 1932 ) POUR L’ÉTUDE D’UN ACARIEN NUISIBLE AU DATTIER,
par M. Marc André.
Le Dattier ( Phœnix dadylifera L.) fait la base de l’alimentation des populations sahariennes et, d’autre part, l’exportation de ses produits dans le monde entier représente pour l’Algérie une ri- chesse des plus appréciables.
Des trois principales variétés les plus courantes, deux donnent les dattes communes, qui servent à la nourriture des indigènes résidant dans le Sud- Algérien.
C’est d’abord la variété à dattes très molles, la Rhars, datte des caravanes par excellence. Sa production moyenne annuelle est de 600000 quintaux environ.
En second lieu vient la variété à dattes très sèches, la Degla- Beïda, utilisée sur place comme la précédente, mais offrant, en plus, des facilités d’exportation. Sa production moyenne est de 400000 quintaux.
Ensemble, ces deux variétés ont donc une production de 1000000 de quintaux, d’une valeur de 70 millions de francs.
Enfin les dattes fines constituent une troisième variété, celle à dattes demi-molles : c’est la Deglet-Nour, datte de luxe du Sahara Sud-Constantinois, qui fait l’objet d’une exportation grandissante vers l’Europe et l’Amérique. Sa production annuelle se monte à 110000 quintaux, dont la valeur est approximativement de 30 mil- lions de francs.
Au total, le revenu annuel général brut des palmeraies du Sud Algérien s’élève donc à la somme de 100 millions de francs et la valeur foncière de l’ensemble des plantations de dattiers repré- sente, dès lors, un milliard de francs au minimum (1).
On voit combien il est important de maintenir le rendement des palmiers-dattiers et de prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre leurs maladies et leurs parasites.
(0 Cf. J. Lemmet, Le Sud- Algérien au point de vue agricole et économique (Alger, 1931), p. 7.
Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, 1932
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En Algérie, au cours de ces dernières années, l’attention a été particulièrement attirée sur de sérieuses attaques causées aux dat- tiers par les invasions d’un Acarien du groupe des Tétranyques tisserands et on a donné le nom de « Bou-Faroua » à la maladie (4) provoquée par ce parasite, puis à l’animal lui-même.
Il commit en 1927 de graves dégâts à Biskra, Sidi-Okba (2), Aïn Naga, Zeribet-el-Oued.
Depuis, il s’est chaque année multiplié, parfois d’une façon inquié- tante, en des points variables : El Arfiane, Touggourt, Ourh- lana, etc.
Voici le résumé des observations faites sur ce parasite par M. Ro- ger Pasquier, Professeur à l’Institut Agricole d’Algérie (Maison Carrée) (3).
Ce Tétranyque (fîg. 1), de couleur jaune ou verdâtre, est à peine visible à l’œil nu et apparaît comme un petit grain de sable sur l’épiderme du jeune fruit. Mais son existence est révélée par la présence de toiles soyeuses blanches ou grisâtres, dont les fds assez lâches relient les dattes ou leurs pédoncules entre eux (fîg. 2 et 3) et auxquelles restent attachées les nombreuses exuvies abandon- nées par les Acariens lors de leurs mues (4).
On sait que, d’une manière générale, la reproduction et le déve- loppement des Tétranyques sont favorisés et hâtés par une saison chaude et sèche; ils sont, au contraire, retardés par un temps froid et humide.
L’influence dominante étant celle de l’état hygrométrique, les conditions favorables pour le parasite se trouvent donc réalisées par l’absence de pluies et une chaleur excessive.
Aussi les invasions se développent-elles pendant la saison chaude, à une date variant de mai à juillet, ou bien lors d’une période de vent et particulièrement de sirocco venant des contrées brûlantes du Sud. Elles attaquent généralement en premier lieu les palme- raies pauvrement irriguées et les arbres du pourtour des planta- tions, sans atteindre ordinairement le centre des peuplements, qui jouit d’une humidité relativement élevée.
La maladie paraît débuter dès que les dattes viennent de nouer et elle se développe avant leur maturation.
Les Tétranyques et leurs toiles, qui retiennent les poussières soulevées par le vent, forment autour du fruit une sorte d’enve-
(9 L. Trabut, La défense contre les Cochenilles et autres Insectes fixés (1910), p. 93.
(2) Le Cheik de Sidi Okba aurait observé le Bou-Faroua deux ans auparavant et se rappellerait une attaque remontant à une trentaine d’années.
(3) Cf. Delassus et Pasquier, Les ennemis du Dattier, 1931.
(4) Ces toiles elles-mêmes semblent être désignées sous les noms de « Ranna » et « Seddada » (ou « Seddaïa »).
loppe (fig. 4) (x) qui s’oppose au développement normal de ceux-ci.
De plus, ces animaux percent de leur rostre l’épiderme de ces fruits pour se nourrir de leurs sucs et les blessures répétées qu’ils provoquent ainsi déterminent des dégâts variables suivant le nombre des parasites.
Si l’attaque est très intense, la totalité de l’inflorescence peut se dessécher. Certaines dattes tombent, leurs pédoncules ayant noirci et s’étant détachés. D’autres restent sur le régime, mais on constate que, sur leur épiderme, vert et lisse à l’état normal, appa- raissent des zones rugueuses rougeâtres, parsemées d’exsudats globuleux brunâtres (2), et le fruit, vers la maturité, prend une teinte grisâtre et une apparence papyracée. Parfois il se ride et se crevasse, ce qui détermine sa pourriture par les agents de décompo- sition.
Dans l’alternative la plus favorable, le fruit mûrit, mais il ac- quiert un vilain aspect, qui le rend impropre à la vente pour l’expor- tation. Certains indigènes se refusent même à le consommer, sous prétexte qu’il est susceptible de rendre malade.
La multiplication abondante du parasite s’arrête avant l’époque de la maturité des dattes et, dès la fin d’août, on ne retrouve sur celles-ci que peu d’Acariens vivants.
On suppose que les Tétranyques passeraient l’hiver à l’état adulte soit sur les Palmiers eux-mêmes, à l’abri du tissu feutré des feuilles encore jeunes, dans la fibre (lif des indigènes) qui garnit toujours la partie supérieure des stipes, soit sur certaines autres plantes ou dans les débris végétaux du voisinage.
Il est probable que seules les femelles hiverneraient et, au prin- temps, quand cessent les grands froids nocturnes, elles repren- draient leur vie active, monteraient sur les arbres et produiraient de nouvelles colonies.
Comme ennemis naturels du Bou-Farouaona signalé des Insectes, Sur les dattes attaquées se rencontre un Coléoptère Nitidulide, le Cybocephalus semilunum Baudi, qui est précieux dans la lutte contre la Cochenille du dattier ( Parlaloria Blanchardi Targ.-Tozz.), mais qui doit faire sa nourriture également des Tétranyques. Ceux-ci sont aussi pourchassés activement par les larves d’un> Névroptère Hémérobiide.
Ils doivent être encore détruits par des Acariens prédateurs,, comme VAnystis baccarum L. = Actineda vilis Schr.
j1) D’où le nom de « Bou-Faroua » : « bou », celui qui produit; « faroua » (mot ber- bère), enveloppe, revêtement.
(2) Au mois d’août, sur des dattes non encore mûres, on voit sortir du fruit une- espèce de sirop, de consistance mielleuse, qui colle aux mains et se présente sous forma de petites boules grosses comme des têtes d’épingles.
524 —
Le remède curatif qui, à la suite d’une série d’expériences, est préconisé par M. R. Pasquier contre la maladie, est, dès l’appari- ion des premiers parasites sur les régimes, l’emploi du soufre en fleur, qui agit, à petite distance, par ses émanations : par mesure d’éco- nomie on le mélange, dans la proportion d’un tiers, à une poudre inerte, chaux ou plâtre, suffisamment fine pour être d’une adhé- rence parfaite.
Dans les plantations encore jeunes, où la plupart des régimes se trouvent à hauteur d’homme, ce procédé peut être appliqué aisé- ment et dans les palmeraies âgées les indigènes grimpent facile- ment au sommet des dattiers élevés.
Le traitement doit être effectué dès le début de l’attaque des Acariens, mais, comme leurs œufs ne sont pas détruits par le soufre et qu’ils ont une période d’évolution variant de sept à douze jours (suivant la température), on devra faire, à cet intervalle de temps, un second soufrage.
M. Pasquier, qui avait reconnu qu’il s’agissait d’un Tétranyque, a cru pouvoir le rapporter au Paratetranychus heteronychus Ewing (1922, Proc. Entom. Soc. Washington, XXIV, p. 105), découvert sur des dattiers en Californie, où il aurait été introduit avec des rejets ou drageons (djebars) de provenance Nord- Africaine (*).
Mais il était désirable que la détermination du Bou-Faroua pût être précisée et, sur l’intervention bienveillante de M. le Profes- seur J.-L. Dantan, de la Faculté des Sciences d’Alger, le Gouverne- ment Général de l’Algérie m’a chargé d’une mission pour faire des recherches sur ce parasite si redoutable pour les palmeraies du Sud- Algérien, où toutes les variétés de dattiers sont attaquées sans dis- tinction et dont les récoltes peuvent se trouver réduites de moitié, ou même des trois quarts (2).
En compagnie de guides aussi compétents que M. R. Pasquier et M. A. Dubuis, Expert Principal de la défense des cultures, j’ai, pendant le mois de mai, pu, grâce à leur obligeance, voir les princi- pales palmeraies de l’Oued Rhir et de l’Oued Souf.
Partis le 16 mai d’Alger, nous avons passé par Bou-Saada et nous sommes arrivés le 17 à Biskra, après avoir visité, à 8 kilomètres
(1) Un autre Tétranyque a été signalé sur le palmier à dattes en Mésopotamie : le Tetranychus simplex Banks (1914, Journ. Entom. Zool. Claremont , Cal., VI, p. 57; 1920, St. Hirst, Proc. Zool. Soc. London, p. 60), qui a été identifié par Mc Gregor (1920, Proc. TJ. S. Nat. Mus., LVI, p. 672) au Paratetranychus viridis Banks (1894, Trans. Amer. Entom. Soc., XXI, p. 218), dont les types avaient été recueillis au Texas sur les feuilles du pécan ( Carya olivæformis Nutt.), grand arbre fruitier de la famille des Juglandacées.
(2) En 1927, un propriétaire d’Ain Benoui a vu le prix de sa réeolte baisser à 12000 francs, alors qu’elle avait valu 35000 francs l’année précédente.
T K M AC / t\ A
Palmeraies visitées dans le Sud-Algérien,
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de cette ville, à Ain-Benoui, la station pour la défense des cultures.
Nous partions ensuite le 18 pour Sidi-Okba, en traversant Ou- mach.
Le 19, nous arrivâmes à El Arflane où se trouve la Station Agri- cole et Expérimentale « Louis Trabut », dirigée par M. Marcel Schlaich.
De cette localité nous sommes allés, du 20 au 27 mai, inspecter diverses palmeraies : d’abord celles de l’Oued Rhir : Ourir, Mrhaier, El Berd, Tenedla, El Arflane, El Melah, Zaouiet Riab, Ourhlana, Tiguedidine, Djamâa, Sidi Yatiia, Sidi Amrane, Ain Sahra, Ghamra, Megarine, Schmourra, Touggourt, Témacine; puis, dans l’Oued Souf, celles d’El Oued.
Nous avons ensuite, du 28 au 30, effectué notre retour par El Arflane, Djamâa, Sidi Yahia, Sidi Okba, Ain Benoui.
Voici les principales observations que j’ai pu faire au cours de •cette brève randonnée.
Sidi Okba (18 mai [matinée]).
Dans la palmeraie du Cheick, assez mal entretenue, sans être cependant sèche, se trouvent des figuiers, grenadiers, citronniers, .sur lesquels il n’y avait pas d’Acariens.
Sur les dattiers, qui sont en majeure partie des Deglet-Nour, •avec quelques Rhars, je n’ai observé aucun Tétranyque, pas plus sur les djérids (palmes), les cornafs (gaines) et le lif (flbrillium) que •sur les djebars (rejets) ou les régimes de dattes, qui, à cette époque de l’année, étaient seulement grosses comme des pois.
Au pied des palmiers, sur des feuilles de Chiendent pied de poule (Cynodon daclylon L.), j’ai recueilli quelques rares Tétranyques.
Sur les autres plantes basses, je n’ai rien découvert, sauf, au milieu du chiendent, sur une Ombellifère ( Daucus ?) où se trou- vaient trois ou quatre de ces Acariens, dont la présence était peut- être accidentelle.
Dans une autre palmeraie de la même localité qui, appartenant à un propriétaire nommé Boukhalfallah Larbi Ben Mustapha, est extrêmement mal irriguée et dont le sol sec est envahi par le chien- dent, les quelques rares grenadiers et figuiers qui s’y trouvent ne montraient pas trace de parasites, mais au pied d’un palmier Ha- loua (d’une cinquantaine d’années environ), dont le tronc ne pré- sentait aucun Acarien, j’ai observé, sur les feuilles de chiendent, une grande quantité de Tétranyques avec de très petites toiles. Sur le sol circulaient d’assez nombreux Anystis ( = Adineda).
Toujours à Sidi Okba, dans le jardin de l’Instituteur, j’ai recueilli quelques Bou-Farouas à la face inférieure des feuilles d’un Mûrier .( Morus alba L.) et d’autres sur un Figuier ( Ficus carica L.).
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Ce jardin ne renferme qu’une dizaine de palmiers sur lesquels je n’ai rencontré aucun Acarien ni sur les djérids, ni sur les régimes de dattes.
L’année dernière, dans ce jardin, comme dans la palmeraie du Cheick et celle de Boukhalfallah, les dattiers ont été fortement bou-faroués.
M’ Cid (18 mai [après midi]).
Dans cette localité, qui est un faubourg du vieux Biskra, nous avons visité la palmeraie de M. Toureng : j’y ai récolté un petit nombre de Tétranyques sur le chiendent et quelques-uns sur les dattiers où ces Acariens avaient formé de très petites toiles à la base des fruits.
El Arfiane (19 mai).
Dans la Station « Louis Trabut », sur un dattier, qui est bou- faroué tous les ans, je n’ai rien trouvé ni sous les cornafs, ni dans le lif ; mais, par contre, j’ai recueilli sur les dattes quelques Tétra- nyques et il en existait une grande qnantité, la plupart à l’état larvaire, dans les rares touffes de chiendent, au pied même de ce palmier.
Touggourt, Ourhlana, Tiguedidine, Sidi Amran (20 mai).
De rares Tétranyques ont été rencontrés, par places, particulière- ment dans les palmeraies indigènes, parmi les touffes de chiendent.
Ain Sahra et Sidi Yahia (21 mai [matinée]).
Pas plus à Aïn-Sahra, dans la propriété de la Société Agricole du Sud-Algérien, qu’à Sidi Yahia, je n’ai observé aucun Acarien ni sur les dattes d’arbres bou-faroués l’an dernier, ni dans le chiendent à leur pied. .
El Melah et Zaouiet Riab (21 mai [après midi]).
Dans la propriété Paul Gaillard, à El Melah, localité située à 1 kilomètre N. -O. d’Ourhlana, et dans un vieux jardin, à Zaouiet Riab, j’ai recueilli quelques Tétranyques toujours au milieu du chiendent.
Tinedla, El Berd, Mrhaier, Ourir (22 mai [matinée]).
A Ourir, dans la palmeraie appartenant à la Société Agricole du Sud Algérien, d’après un colon, M. Bonhoure, l’infestation serait toujours beaucoup plus forte sur les palmiers situés près de l’eau.
528
Dans cette propriété, près du Bordj, se trouve un jardin contenant de nombreux pieds de violettes au bas des palmiers : M. Bonhoure affirme qu’elles dépérissaient par suite des attaques d’une grande multitude d’Acariens tissant des toiles sous leurs feuilles et qu’il se serait débarrassé de ces animaux par des arrosages abondants. En effet, je n’ai pu trouver un seul parasite sur ces violettes, pas plus que sur aucune des plantes qui garnissaient ce même jardin : œillets, luzerne, rosiers, lauriers-roses, vigne (grimpant sur les palmiers), abricotiers, figuiers. Cependant j’ai découvert quelques rares Tétranyques au pied d’un palmier, dans un endroit relati- vement sec.
Djamaa (22 mai [après midi]).
Aux environs de Djamâa on ne rencontre guère sur le terrain salé (chlorures de sodium et de magnésium) que des touffes de sali- cornes et quelques tamarins : aucune de ces plantes ne présentait trace d’Acariens.
El Oued (23 mai).
Les indigènes d’El Oued, dans l’Oued Souf, m’ont dit avoir connu de tout temps le Bou-Faroua, mais les infestations n’avaient jamais eu la virulence de celles qui ont été constatées en 1927 et 1931 (x).
Mais, même ces deux années, l’invasion a été beaucoup moins forte à El Oued que dans l’Oued Rhir.
Alors que, dans l’Oued Rhir, les dattiers, grands ou petits, sont également attaqués, les petits palmiers (djebars), dans l’Oued Souf, sont particulièrement atteints : cela tient sans doute à ce que, dans cette dernière région, où les palmeraies occupent le fond de dépres- sions creusées au milieu des dunes de sable, les petits dattiers sont soumis à une chaleur presque constante, tandis que les grands ont leur sommet plus ou moins rafraîchi pendant la nuit, ce qui peut retarder le développement de l’Acarien.
Au dire des indigènes (Bachaga, Aga) et du chef d’annexe, le Capitaine Mariaud, le Bou-Faroua envahit surtout les Deglet-Nour, tandis que les Rhars restent presque indemnes.
Bien que les arbres soient, par suite du mode de culture, abrités de tous côtés, l’invasion commence toujours par le Sud. L’année dernière, elle a débuté par le Sud-Ouest, point d’où vient le si- rocco, et est apparue le 20 juin (arrivée de ce vent) : elle s’est con- tinuée jusqu’en septembre.
Les indigènes affirment que, dans le désert, la même maladie
P) Il n’en a pas été signalé en 1929.
529 —
s’observe sur le Tarfa [Tamaris), l’Arta ( Ephedra ) et le Baguel ( Anabasis arliculala Ch.) : j’ai vainement recherché l’Acarien sur ces plantes et n’y ai rencontré que quelques toiles d’Araignées : il y a certainement confusion de la part des habitants.
Dans les palmeraies d’El Oued on cultive de la luzerne, du sorgho, des poivrons, des figuiers, des grenadiers : je n’ai pas trouvé de Bou-Faroua sur ces végétaux, sauf un individu sur une feuille de sorgho.
Sur les dattes elles-mêmes je n’en ai recueilli aucun : c’est seule- ment sur de jeunes feuilles de dattier qu’il existait quelques très jeunes Tétranyques.
El Oued : retour par Chega (24 mai) .
El Arfiane et Djamaa (25 mai).
A El Arfiane, le 25 mai, sur un palmier Deglet Nour j’ai observé, courant librement et ne tissant pas de toiles, des Tétranyques sur les toutes jeunes feuilles non encore épanouies (à leur face infé- rieure et non dans le feutre) et aussi entre les pinnules, de même que sur les régimes de dattes.
Touggourt, Megarine, Ghamra (26 mai).
A Ghamra, dans le caïdat de Megarine, à 9 kilomètres de Toug- gourt, on trouve, sur des dunes, des palmeraies dont une partie est complètement détruite par suite de manque d’eau souterraine : il n’y a aucune végétation à la base de ces arbres, qui sont bou- faroués tous les ans. Je n’y ai observé d’Acariens ni sur les régimes, ni dans le lif : il en existait seulement quelques très rares et très jeunes individus à la base des jeunes feuilles.
Schmourra et Temacine (27 mai).
Près de Touggourt, à Schmourra-Est, il y a une palmeraie assez sèche dont le bord a été bou-faroué l’an dernier et qui est envahie par le chiendent. Je n’ai pas rencontré de Tétranyques sur cette dernière plante, mais ces Acariens étaient assez nombreux sur un dokar (dattier mâle) dans les jeunes feuilles et surtout dans les fleurs.
Dans la palmeraie de l’Aga de Temacine, au sud de Touggourt, tous les dattiers, même les Rhars, ont été bou-faroués l’année der- nière et, selon cet Aga, le parasite apparaît lorsque s’élèvent les vents qui viennent ici du S. -S. -Est. Dans cette palmeraie, j’ai ré- colté des Tétranyques seulement sur te chiendent, près du lac.
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El Arfiane (28 mai).
Ce jour-là, comme déjà le 25, à la Station Expérimentale, je n’ai plus trouvé de Tétranyques sur le chiendent, mais, par contre, j’en ai recueilli, au cœur des dattiers, entre les pinnules des jeunes, feuilles.
Djamaa et Sidi-Yahia (29 mai).
Dans les palmeraies visitées, je n’ai observé cette fois-ci aucun Acarien.
Ain Bénoui, Sidi-Okba, M’Cid (30 mai).
Bien que les années précédentes quelques Dattiers fussent bou- faroués à la Station d’A. Bénoui, et qu’une invasion importante ait été signalée l’an dernier dans une palmeraie indigène voisine, je n’ai découvert de Tétranyques ni sur le chiendent, ni sur les dattes. Par contre, à Sidi Okba, aux points déjà visités le 18 mai, j’ai retrouvé, mais en moins grand nombre, le Bou-Faroua parmi les feuilles de chiendent et quelques rares individus de ce parasite couraient sur les dattes. A M’Cid, les dattiers, sur lesquels j’avais trouvé (le 18 mai) des Tétranyques ayant tissé leur toile à la base des fruits, ne portaient plus aucun Acarien.
A la suite de ces observations, je crois pouvoir présenter deux remarques générales.
I. — Pour tous les Tétranyques, en général, on a constaté que, quand la plante nourricière habituelle est morte ou épuisée, il se produit un exode pour trouver d’autres végétaux sauvages ou cultivés offrant des ressources alimentaires abondantes.
En particulier pour le Tetranychus bimaculatus Harvey, qui at- taque le coton aux États-Unis, Mc Gregor (1913, The Red Spider on Cotton, U. S. Dept. Agric., Bull. 172, p. 6; 1917 [en collabora- tion avec Mc Donough], ibid., Bull. 416, p. 23 et 24) a constaté que la violette est une de ces plantes sur lesquelles l’Acarien passe l’hiver, soit autour des racines, soit sur les feuilles qui, pendant cette mauvaise saison, restent quelque peu vertes, mais sont cou- chées sur le sol, ce qui les rend facilement accessibles aux Té- tranyques errant à la recherche de nourriture (]).
Or, nous avons vu précisément qu’à Ourir M. Bonhoure m’a affirmé que, dans un jardin, des violettes, au pied des palmiers, avaient été attaquées par une multitude d’ Acariens.
P) Ce fait offre un intérêt pratique, car il montre la nécessité de détruire dans le voisinage des cultures toutes les plantes sauvages qui, pendant l’hiver ou au début du .printemps, pourraient servir d’hôtes au parasite.
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D’autre part, dans les palmeraies dont le sol sec est envahi par le chiendent (Cynodon daclylon L.), j’ai constaté que l’on rencontre un certain nombre de Tétranyques dans les touffes de cette plante au bas des dattiers.
Notamment, à El Arfiane, lors de mes premières recherches le 19 mai, c’était au pied d’un palmier, sur les feuilles de ce chiendent, que j’avais trouvé une grande quantité de jeunes Tétranyques. Au contraire, à la fin de mai, les Acariens étaient devenus très rares sur cette plante et se rencontraient alors au cœur des dattiers, à la base des jeunes feuilles.
On serait donc tenté d’admettre que le Bou-Faroua hivernerait sur le chiendent (ou sur d’autres plantes basses, comme la vio- lette).
Mais il y a des localités (par exemple Ghamra, près Megarine), où il n’y a aucune végétation à la base des dattiers qui se déve- loppent sur le sable de la dune, et on observe cependant des Té- tranyques au cœur des palmiers entre les pinnules des jeunes feuilles. Peut-être, dans ce cas, le parasite aurait-il hiverné sur l’arbre ou bien aurait-il été apporté par le vent (x) ?
Il me paraît également admissible qu’il puisse simplement passer l’hiver dans le sable, au pied des dattiers.
Une question reste d’ailleurs ouverte au sujet du Bou-Faroua : l’hivernation est-elle le fait de femelles adultes (cas des Telrany- chus s. str. : T. telarius L., T. bimaculatus Harv.) ou bien est-elle assurée par des œufs d’hiver (cas des Paratetranychus : P. unun- guis Jac., P. pilosus Can. et Fanz.)?
II. — Gomme il a été déjà dit plus haut, la reproduction et le développement de tous les Tétranyques, en général, sont favo- risés par la chaleur et la sécheresse, tandis qu’ils sont retardés par le froid et l’humidité.
Or nous avons vu qu’au contraire, à Ourir, d’après M. Bon- houre, les palmiers poussant auprès de l’eau seraient toujours plus fortement infestés.
De même, à Touggourt, au centre de la palmeraie, il y a, près d’un puits, un dattier qui serait bou-faroué tous les ans, malgré la grande humidité de l’endroit. (*)
(*) Il est à rappeler que l’invasion du Bou-Faroua dans les palmeraies commence toujours par le Sud, c’est-à-dire du côté d’où vient le sirocco.
Des observations ont montré que, d’une manière générale, les Tétranyques peuvent être convoyés à des distances considérables par les grands vents et, comme on a remar- qué que, pendant les périodes de sécheresse ou de pénurie alimentaire, ces Acariens gagnent l’extrémité des plus hautes branches, on a pensé que cette habitude pouvait être en relation avec le mode de dispersion par le vent (1917, Mc Gregor et Mc Donough, The Red Spider on Cotton, U. S. Dept. Agric., Bull., 416, p. 32).
— 532
Cependant, en admettant que certains arbres se développant ainsi dans des lieux humides puissent être attaqués par les Aca- riens, il est à croire que cette humidité doit provoquer un retard dans l’évolution des parasites : car, en fait, toujours là où j’ai ren- contré le plus de Tétranyques, il s’agissait de palmeraies sèches ou mal entretenues, c’est-à-dire de celles où l’irrigation est insuffisante et où on laisse pousser le chiendent.
Dans les plantations bien arroséesje développement du Bou- Faroua est sans doute empêché ou du moins retardé par l’humi- dité et aussi par la présence du sel déposé par l’eau.
Ce m’est un devoir agréable que d’exprimer toute ma gratitude à M. le Professeur J.-L. Dantan pour l’amabilité de l’accueil qu’il a bien voulu me réserver.
Qu’il me soit permis d’adresser mes respectueux remerciements à MM. le Général Meynier, Directeur des Territoires du Sud, A. Rozis, Sous-Directeur, le Colonel Gauthier, commandant militaire du territoire de Touggourt, le Commandant Texeire, de Biskra, le Capitaine Pinon, de Touggourt, et le Capitaine Mariaud, d’El Oued, pour l’appui bienveillant qu’ils ont accordé à mes recherches.
Je remercie également MM. Delassus, Chef du Service de l’Ins- pection de la Défense des Cultures (Gouvernement Général de l’Algérie), J. Lemmet, Chef du Service Agricole des Territoires du Sud, R. Pasquier, Professeur à l’Institut Agricole de Maison Carrée, A. Dubuis, Expert Principal au Service de la Défense des Cul- tures et M. Schlaich, Chef de Culture à la Station Expérimentale « Louis Trabut » à El Arfiane, qui ont obligeamment mis à ma dis- position un ensemble de précieux renseignements, pour lesquels je les prie d’agréer l’assurance de ma vive reconnaissance.
L’étude zoologique du Bou-Faroua fera l’objet d’un travail ultérieur.
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Pêches nocturnes a la lumière dans la baie d’Alger.
III. — Isopodes (x) lTe partie Valvifera.
PAR Mme H. Mazoué.
Nous remercions vivement M. le professeur Gravier qui nous a confié le soin de déterminer les Isopodes recueillis au cours des Pêches nocturnes à la lumière faites dans la baie d’Alger de 1923 à 1927.
Nous sommes heureux de pouvoir ainsi apporter notre modeste contribution à l’établissement de la liste des Isopodes du littoral méditerranéen de l’Afrique du Nord, Faune qui, en dehors de Lucas (2) (1849) et Th. Monod (3) (1925) n’a jamais été étudiée.
Cette première partie concerne uniquement les espèces du groupe des Valvifera (G. O. Sars) caractérisé surtout par le déve- loppement particulier des uropodes qui, repliés sous le telson, re- couvrent les pléopodes comme des valves.
Les Valvifera sont représentés dans cette collection par trois espèces du seul genre Idotea (4) (Fabricius), ce sont : Idotea linearis (Pennant), Idotea baltica (Pallas) et Idotea metallica (Bosc), toutes trois ayant déjà été trouvées dans la Méditerranée.
Ordre ISOPODA
Tribu Valvifera (G. O. Sars)
Fam Idoteidæ
Genre Idotea (Fabricius)
(*) Voir : I. Annélides Polychètes, par Ch. Gravier et J.-L. Dantan, Annales de rinstitut océanographique, tome V, fasc. I, août 1928.
II. Mysidacés et Euphausiacés, par Mme H. Mazoué, Bull, du Muséum, 2e série, t. III, n° 5, 1931, p. 459.
(2) H. Lucas, Hist. Nat. des An. artic. Explor. Scient, de l’Algérie, 1840-41-42, Zool., I, pp. 59-88, 1849.
(3) Th. Monod, Tanaïdacés et Isopodes aquatiques de l’Afrique occidentale et sep- tentrionale. Bull. Sciences Nat. Maroc, T. V, 1925, p. 61.
(4) L’orthographe du terme ( Idotea ou Idothea) est très discutée, nous adoptons la forme la plus simple.
Bulletin du Muséum , 2e s., t. IV, n° 5, 1932.
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Idotea lineakis Pennant.
1777. Oniscus linearis, Pennant, Brit. Zool. IV, pl. XVIII, fig. 2.
1867. Idotea linearis , Bâte et Westwood, Brit. Sessile eyed Oust., pp. 388-390 (fig.).
1911. — — Tattersall, Nord. Plank. Isop., p. 229, fig. 117.
1916. Idothea — Dahl, Isop. Dcutschl., pp. 23-24, fig. 60.
1917. Idotea — Collinge, Rev. Brit. Idot. trans. Roy. Soc. Edimb., vol. LI,
pp. 747, 748, planche IX.
Un exemplaire 12 millimètres, 21 février 1924 à Saint-Eugène.
Un exemplaire 9 millimètres, 17 février 1925 à la Pointe Pescade. Ces exemplaires sont des jeunes individus, la taille normale de cette espèce est de 25 à 35 millimètres.
Th. Monod en signale de 40 millimètres recueillis en juin sur la côte Marocaine (1).
Distribution : Côtes du Danemark, d’Allemagne, d’Ëcosse, d’Irlande, d’Angleterre, de France (Manche, Océan, Méditerranée) Naples, Algérie, Maroc.
Idotea baltica Pallas.
1772. Oniscus balticus, Pallas, Spic. Zool. vol. IX, p. 67, pl. IV.
1868. Idotea tricuspidata, Bâte etWESTwooD. Brit. Sessile eyed Oust., pp. 379-383 (fig.)
1897. Idothea baltica , Sars, Account of the Crust. of Norway. II, Isop., p. 80,
pl. XXXII.
1905. — — Richardson, Monogr. Isop. of North Amer., pp. 364-365 (fig.)
1911. Idotea — Tattersall, Nord Plank Isop. pp. 219-220 (fig.).
1916. Idothea — Dahl, Isop. Deutschl. pp. 24-26-27 (fig.).
1917. Idotea — Collinge, Rev. Brit. Idot. Trans. Roy. Soc. Edimb. vol. LI,
pp. 737-739, pl. I.
Le 19/janvier 1924, une $ ovif. dans le port d’Alger.
Le 23 avril 1925, une $ ovif. dans le port d’Alger.
Le 3 ''juin 1924, un g adulte dans le port d’Alger.
Le 29 juin 1925, douze jeunes dans le port d’Alger.
Distribution : Cette espèce très répandue a été trouvée sur les côtes de la Baltique, de Norvège, d’Angleterre, d’Irlande, d’Es- pagne, la Méditerranée, la mer Noire, la côte est d’Amérique, la mer Rouge, l’Océan Indien.
Idotea Metallica Bosc.
1802. Idotea metallica, Bosc, Hist. Nat. Crust. II, p. 179, pl. XV.
1881. — — Miers, Journ. Linn. Soc. London, XVI, p. 35-38.
1895. — — Hansen, Isop. Plank Exp. p. 14, pl. I.
1905. Idothea — ' Richardson, Monogr. Isop. N. Amer., p. 362-363 (fig.).
1911. — — Tattersall, Nord. Plank. Isop., pp. 227-228 (fig.).
1917. — — Collinge, Rev. Brit. Idot. Trans. Roy. Soc. Edimb., vol. LI,
pp. 746-747, pl. VIII.
(q Tanaïdacés et Isop. aquatiques de l’Afrique occidentale et septentrionale, Bull. Soc. Sci. Nat. Maroc, T. V, 1925. p. 61.
535
|
Dates |
Lieux de pêche |
Nombre et nature des exemplaires recueillis |
|
|
1924 |
19-12 et 4-1 |
Saint-Eugène |
3 ad. dont 1 $ ovif. + 12 juv, |
|
i 9 et 30 avril. Cap Matifou, Pointe Pescade |
2 adultes |
||
|
1925 |
29 juin |
Port d’Alger |
12 juv. |
|
' 17 novembre . |
Port d’Alger |
3 adultes |
|
|
1 26 janvier |
Au large |
3 adultes |
|
|
1926 |
' 5 février |
Pointe Pescade |
5 ad. dont 2 Ç ovif. + 2 juv. |
|
J 6 avril |
Port d’Alger |
1 ad. + 1 juv. |
|
|
( 24 septembre . |
Pointe Pescade |
2 adultes |
Distribution. — Cette espèce vraiment pélagique a été rencontrée sur les côtes d’Écosse, d’Irlande, dans l’Adriatique, la Méditerranée,. l’Amérique du Nord (côte Atlantique), le Groenland, l’Islande, la Patagonie, le Japon, en Australie et à Bornéo.
POLYCHÈTES NOUVELLES DE CHE-FOO (CHINE), par M. Pierre Fauvel.
Les deux Polychètes nouvelles dont, nous donnons ci-dessous la description préliminaire ont été recueillies à Che-Foo par le R. P. Pierre Leroy.
Nephthys sinensis n*. sp.
Diagnose. — Corps subtétragone, peu effilé. — Prostomium rec- tangulaire, à bord antérieur rectiligne ou légèrement arqué. Pas d’yeux visibles. Quatre antennes coniques subégales. Au 1er séti- gère, un cirre ventral aussi long que la 2e antenne. Pas de cirre dorsal ni de lamelles. — Trompe cylindrique, à 14 rangées longitudinales de papilles diminuant de taille et devenant, à la base, très petites et très nombreuses, formant des groupes à 3-5 rangs serrés, irré- guliers (flg. 1, a). En outre, 12 à 14 courtes rangées de 1 à 3 grandes papilles alternant avec les autres et formant ainsi, en tout, 26 à 28 rangées. Pas de grande papille antérieure impaire. A l’embouchure de la trompe, 22 papilles bifurquées réparties sur 2 lèvres latérales, soit 11 de chaque côté. — Parapodes à rames écartées, de longueur peu différente (fig. 1, b, c ). Mamelons pédieux coniques, aplatis. A la rame dorsale, lamelle antérieure très courte, bilobée, lamelle postérieure plus grande, à 2 lobes, le supérieur arrondi, l’inférieur lancéolé, dépassant peu le mamelon sétigère. A la rame ventrale, lamelle antérieure très réduite, à deux lobes allongés. Une papille cirriforme au bord dorsal de la rame. Lamelle postérieure assez grande, lancéolée, redressée. Cirre ventral lancéolé, foliacé (fig. 1, b, c). — Branchies à partir du 2e sétigère jusqu’aux avant-derniers pieds; elles sont cylindriques, enroulées en dedans, à cirre foliacé, lancéolé. Aux pieds antérieurs ce cirre est large, mucroné. Petite et dépourvue de cirre au 2e sétigère, la bran- chie est déjà bien développée au 3e. — Un long urite filiforme impair. — Soies semblables aux deux rames, les antérieures sont courtes, droites, à plaquettes ; les postérieures, beaucoup plus longues, foncées, arquées, un peu aplaties, sont complètement lisses. Elles sont croisées obliquement par quelques soies plus fines, Bulletin du Muséum, 2e s., t. TV, n° 5, 1932.
— 537
mais semblables. Pas de soies bifurquées en forme de lyre. — A la face ventrale, à la base des parapodes, des lamelles bien marquées.
L. = 8 à 10 centimètres, sur 6 à 8 millimètres de large, soies
face postérieure. X 15; c, parapode, face antérieure X 15, les soies ne sont pas figu- rées. — Nicolea sinensis. — d, fragment de branchie X 60; e, soie capillaire X 150; /, g, uncini thoraciques $, face et profil X 380; h , i, k, uncini thoraciques <$, profil, trois quart et face X 380.
comprises. — Coloration, dans l’alcool; blanc nacré, une large tache de pigment sur le prostomium, soies jaunes ou brun assez foncé.
Localité. — Che-Foo, dans le sable à marée basse.
Nicolea sinensis n. sp.
Diagnose. — Corps mou, fragile, 40 à 70 segments, 17 sé- tigères thoraciques. — Lobe céphalique à gros bourrelet tentacu- lifère. Lèvre supérieure concave. Une bande transversale de nom- breuses petites taches oculaires. Tentacules nombreux, inégaux, Bulletin du Muséum , 2” s., t. IV, 1932.
35
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peu caduques. Segment buccal formant lèvre inférieure épaisse. Pas de lobes latéraux aux segments suivants. — 13 à 17 écussons ven- traux, d’abord larges, ensuite étroits, carrés ou rectangulaires. Des glandes ventrales bien développées. — 2 paires de branchies fortement ramifiées en dichotomie plus ou moins régulière, à rameaux terminaux nombreux et grêles (flg. 1, d). La première paire est nettement plus grande que la seconde. — Papilles néphri- diennes très petites au 3e segment; puis, du 6e au 9e, quatre paires, peu marquées chez la femelle, longues et cylindriques chez le mâle à malurilé. — Pygidium avec anus terminal entouré de quelques courtes papilles arrondies. — Soies dorsales capillaires, à limbe étroit, à pointe unie (flg. 1, e). Uncini en rangée simple aux premiers segments uncinigères, alternante aux suivants (du 6e au 16e). Uncini à base ramassée, avec 2 à 3 dents au-dessus du rostre, un éperon sous-rostral et ligament fixateur (flg. 1, f-k). Des soies de soutien abdominales. Les tores uncinigères se transfor- ment en pinnules saillantes dans la région abdominale. — Tube membraneux, assez mince, plus ou moins incrusté de vase.
L. = 20 à 40 millimètres sur 3 à 4 millimètres de large. — Colo- ration dans l’alcool, blanc jaunâtre piqueté de blanc avec traces de minces bandes transversales rougeâtres au dos des premiers seg- ments. Chez la femelle, une bande d’un blanc crayeux de chaque côté du thorax, dans la région des néphridies. Branchies brun rou- geâtre.
Localité. — Che-Foo, dragage, 4 juillet 1931.
Nota. - — Cette espèce, qui ressemble beaucoup à la Nicolea venus- lula Montagu, s’en distingue surtout par ses quatre paires de né- phridies postérieures à longues papilles, chez le mâle, aulieude deux. Ce caractère est même exceptionnel dans le genre.
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Mission saharienne Augiéras Draper. 1927-1928. Cestodes de Reptiles,
Par M. Robert Ph. Dollfus.
Deux reptiles seulement, un Agama et un Cerastes, ont fourni des Cestodes adultes, dans leur intestin; ce sont des Oochoristica (Famille des Anoplocephalidæ. Sous-famille des Linslowinæ ).
Oochoristica agamæ H. A. Baylis 1919.
(Fig. 1-5)
Le matériel consiste en plusieurs spécimens dont le plus long,
Fig. 1. — 0. agamæ H.-A. Baylis, d’ Agama inermis Reuss. Habitus d’un scolex (Exemplaire récolté par Théodore Monod).
paraissant presque complet, atteint 45 millimètres, et de nombreux fragments de chaîne et proglottis isolés.
Le scolex est arrondi antérieurement (flg. 1), sans rostellum, les ventouses, orbiculaires, ont un diamètre de 0mm,14 environ, Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, n° 5, 1932.
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pour une largeur du scolex d’environ 0mm,43. Lestrobile, au début, a même largeur que le scolex, sa largeur s’accroît lentement. Les proglottis sont d’abord beaucoup plus larges que longs (flg. 2), ils deviennent carrés, puis plus longs que larges lorsqu’ils sont gra-
Fig. 2. — O. agamæ H. -A. Baylis (même provenance). Fragment de chaîne.
vides (fig. 3). Les pores génitaux sont irrégulièrement alternes, à l’union des deux premiers tiers de chaque proglottis.
L’ovaire, à deux ailes lobées, est à peu près exactement au centre du proglottis; immédiatement en arrière et au milieu se trouve la glande vitellogène, globuleuse, non lobée. Entre l’isthme de l’ovaire et le bord antérieur de la glande vitellogène se trouve, un peu dorsa- lement, la glande coquillière, très petite.
Les testicules, ovales, sont peu nombreux; j’en ai compté de vingt-huit à trente-six, tous dans la partie du proglottis posté-
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rieure à l’ovaire et dans le tiers moyen de la largeur du pro- glottis.
La poche du cirre, pour un proglottis large de lmm,58 et long
de 0mm,94, est longue de 210^ environ, avec un diamètre de 55jx en- viron; elle s’ouvre dans l’atrium génital un peu en avant du vagin, son axe longitudinal est perpendiculaire aux bords latéraux du proglottis. Le vagin part à peu près du milieu du proglottis, s’in-
Fig. 3. — O. agamæ H.-A. Baylis (même provenance). Proglottis gravide.
Fig. 4. — O. agamæ H.-A. Baylis (même provenance), oncosphères avec leur enveloppe chitinoïde irrégulièrement déformée.
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fléchit aussitôt en dehors et son trajet devient rectiligne, il suit, un peu ventrale ment, le bord postérieur de la poche du cirre, jus.qu’à l’atrium.
Le vaisseau excrét eur longitudinal dorsal, de chaque côté, croise les poches du cirre tout près de leur extrémité proximale.
L’atrium génital est pourvu d’un très fort appareil musculaire qui peut produire son occlusion complète; cet appareil (flg. 5) forme une masse globuleuse, dont le diamètre atteint environ 0,2 à 0,25, mais qui n’est pas nettement séparée du parenchyme cortical environnant.
La première ébauche de l’utérus que j’aie pu observer était située en avant de l’ovaire, transversalement et ventralement; elle se présentait sous forme de noyaux dispersés (Fig. 2 u ), la paroi du sac utérin n’était pas visible.
Dans les proglottis gravides, les embryons hexacanthes avaient un diamètre de 30 à 32 g, les crochets étaient longs de 17 à 19 g, environ; chaque embryon était inclus dans une enveloppe chiti- noïde de 50 à 60 g environ de diamètre. Cette enveloppe chitinoïde, vraisemblablement par suite de la fixation était très déformée et ratatinée dans les derniers proglottis, présentant des prolongements irréguliers spiniformes et arqués, rappelant les appareils piri- formes de certains œufs d'Anoplocephala. Entourant l’enveloppe chitinoïde -se trouvait une autre enveloppe, d‘un diamètre d’en- viron 100 g, paraissant correspondre à la loge du parenchyme occu- pée par l’œuf.
Hôte : Agama inermis Reuss, dans l’intestin.
Localité : Tin Aberda, lisière méridionale du Tanezrouft (Sahara méridional).
Date : 29.11.1927 (Théodore Monod, leg. N° Z. 375).
Remarques. — Le matériel à ma disposition ne m’a pas semblé exactement conforme, en tous points, à la description originale d’O. agamæ Raylis; cependant je ne crois pas qu’il s’agisse d’une espèce différente, étant donné ce que l’on sait actuellement de la variabilité des caractères des Oochoristica.
Le matériel de Baylis (1919, p. 409-412, 414, pl. XXI, Fig. 6-7) provenait pour une part d’un Agama sp. de l’Est Africain Portu- gais, pour une autre part d’un Agama sp. présumé d’Afrique. Baylis a compté trente-neuf à quarante-six testicules, a indiqué 0,15 sur 0,08 pour la poche du cirre, 37 g pour l’oncosphère, 60g de diamètre pour la membrane externe de l’œuf. Ces chiffres, évi- demment, ne correspondent pas aux miens, mais la morphologie interne, dans l’ensemble, est la même et le caractère principal de l’espèce : le puissant appareil musculaire de l’atrium génital
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est parfaitement net chez tous les proglottis que j’ai examinés (1).
Meggitt (1926, p. 230) a rapporté à agamæ Baylis un Oochoristica d 'Hemidadylus gleadovi Murray, de Rangoon (Burma), malheureu- sement sans donner de description.
Meggitt (1927 p. 320) a identifié agamæ Baylis chez plusieurs
Fig. 5. — O. agamæ H. -A. Baylis (même provenance), atrium génital.
reptiles d’Égypte : Dendropus sp., Agama sp., Cerasles vipera L.; les spécimens provenant de ce dernier hôte étaient longs de 80 milli- mètres, larges de 1 millimètre; dans les segments mûrs, la poche du cirre mesurait 0,14 — 0,2 sur 0,27 — 0,4 et dans trois segments adjacents : 0,25 sur 0,027, 0,14 sur 0,04, 0,145 sur 0,031, elle s’éten- dait jusqu’aux vaisseaux excréteurs longitudinaux, les dépassant tout juste ou pas tout à fait selon son degré d’expansion; il y avait de 35 à 40 testicules.
(9 Jean G. Baer (1927, p. 181) indique que, chez O. zonuri Baylis 1919, l’atrium génital est entouré de fibres musculaires permettent de le fermer complètement. J’ignore d’où Jean G. Baer a tiré ce renseignement, car il ne dit pas avoir examiné personnellement zonuri et Baylis, dans la description originale de l’espèce, n’a fait aucune allusion à l’existence d’un tel appareil musculaire chez zonuri. Cet appareil musculaire atrial a été observé par Fuhrmann (1924, p. 506, fig. 1 A-l B) chez O. theileri Fubrm., mais .J.- G. Baer (1927, p. 179, fig. 41), quia pourtant examiné personnellement fMfcrè, n’en a pas fait mention.
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OoCHORISTICA TUBERCULATA (Rudolphi 1819).
(Fig. 6-8)
Le matériel consiste en une dizaine de fragments en médiocre état mais dont plusieurs ont leur scolex; quelques fragments de chaînes, sans scolex, atteignent 10 à 12 millimètres de long sur 2 à 2,5 de large.
Le scolex, arrondi antérieurement, est dépourvu de vrai jrostel- lum; les ventouses, en ellipse, mesurent 190-200 g sur 140 g pour
Fig. 6 a-b. — O. tuberculata (Rud..), de Cerastes ripera L. Habitus de deux scolex (Exemplaires récoltés par Théodore Monod).
un spécimen à scolex large de 0,42 (fig. 6a) et 225 g sur 160-180 g pour un spécimen à scolex large de 0,65 environ à sa base (fig. 6 b) .
Les proglottis, d’abord plus larges que longs, deviennent carrés puis plus longs que larges, deux proglottis gravides mesurent res- pectivement lmm,8 de long sur 1 millimètre et lmm, 7 de long sur 1,05.
L’état de conservation des fragments de chaînes ne m’a pas permis une étude détaillée de la morphologie interne; autant qu’il m’a été possible de les compter, les testicules étaient au nombre d’environ 22-25, en un seul groupe, en arrière de l’ovaire, dans le champ mé- dian.
L’atrium génital, situé vers l’union des deux premiers tiers de la longueur du proglottis, est dépourvu d’appareil musculaire parti- culier; il y a bien quelques éléments musculaires dans sa paroi, mais rien qui rappelle la puissante musculature caractéristique de l’es-
545
pèce précédente. La poche du cirre, relativement petite, est longue d’environ 165 g avec un diamètre d’environ 45 g pour un proglottis gravide large de 1 millimètre.
Le vagin ne paraît pas se dilater en un réceptacle séminal.
Les embryons hexacanthes ont un diamètre moyen de 20 à 32 g environ, le plus souvent 28 p., quelques-uns cependant, beaucoup plus gros, mesurent jusqu’à 36 et 38 p; ils sont entourés d’une enve-
0.3
Fig. 7. — O. tuberculata (Ruâ.) (même provenance), atrium génital; remarquer l’absence d’appareil musculaire de fermeture.
loppe chitinoïde dont le diamètre varie beaucoup selon qu’elle est plus ou moins irrégulièrement déformée et ratatinée; elle est alors presque en contact avec l’embryon et présente une surface à aspect échinulé avec prolongements gros et courts; normalement, lors- qu’il n’y a pas de déformation, cette enveloppe chitinoïde a un dia- mètre moyen de 33 à 36 p. Chaque oncosphère est en outre pour- vue d’une enveloppe périphérique très nette dont le diamètre moyen varie de 60 à 68 p. La longueur des crochets varie de 12 à 18 p selon la taille de l’embryon, elle est le plus souvent de 16-17 p.
Hôte : Cerastes vipera L., dans l’intestin.
Localité : In Azaoua, tassili de Timissao (Sahara central).
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Date : 20.11.1927 (Théodore Monod leg. N° Z 295 pars).
Remarques. — C’est tout à fait provisoirement et en attendant d’avoir à ma disposition des spécimens bien conservés et des maté- riaux de comparaison suffisants, que je rapporte les fragments ci-dessus décrits à O. luberculata (Rud.). — La distinction entre les espèces ou formes appartenant au groupe « luberculata » est délicate, c’est pourquoi, dans beaucoup de cas, les auteurs ont simplement
1 I U L
4 ÎOp- ,
Fig. 8. — O. tuberculata (Rud.) (même provenance), oncosphères avec leur enveloppe chitinoïde irrégulièrement déformée.
mentionné sous le nom d ' Oochorislica sp. des spécimens provenant de reptiles d’Afrique, faute de pouvoir identifier l’espèce avec quelque certitude.
Si nous considérons les Oochorislica trouvés chez des reptiles d’Europe méridionale, d’Afrique et Asie méridionale (Turkestan, Inde, Ceylan, Birmanie, Indochine, Malaisie), nous pouvons tout de suite distinguer quatre groupes :
Groupes A-B.
Atrium génital pourvu d’un puissant appareil occlusif à musculature radiaire.
A. Moins de 50 testicules. — Ce sont : O. agarnæ Baylis et O. iheikri Fuhrmann. Chez agamœ les testicules ne forment pas deux groupes distincts, alors que chez theileri ils sont en deux groupes complètement séparés G).
B. Plus de 50 testicules. C’est- O. lagrangei Joyeux et Houdemer.
(') Cette disposition des testicules en deux groupes bien séparés se retrouve par exemple chez O. trachysauri (G. A. Mac Callum 1921), mais chez cette dernière espèce il y a 56-60 testicules et l’atrium génital ne présente pas d’appareil musculaire occlusif à musculature radiaire.
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Groupes C-D.
Atrium génital complètement dépourvu de puissant appareil musculaire occlusif à musculature radiaire, ou ne présentant qu’un très faible sphincter.
C. De 50 à 60 testicules. — Ce sont : O. rostellata Zschokke 1905, de Naples et O. cryptobothrium (von Linstow 1906), de Ceylan — qui ont été réunis en une seule espèce par Jean G. Baer (1927, p. 176) — et O. zonuri Baylis 1919.
D. De 15 à 50 testicules (environ), généralement de 20 à 40. — Ce sont : O. tuberculata (Rud. 1819), O. rotundata (Molin 1859) (1), O. pseudopodis (Krabbe 1879), O. truncata (Krabbe 1879). Ces quatre espèces ont été réunies en une seule par Jean G. Baer (1927, p. 161). O. fusca F. J. Meggitt 1927, O. crassiceps Baylis 1920, O. sigmoïdes Moghe 1926. (Cette espèce a été réunie à la précédente par Baer, 1927, p. 169), O. fibrata Meggitt 1927, O. parva Baylis 1929.
Plusieurs des formes de ce groupe D ont été incomplètement décrites, n’ont pas été figurées ou l’ont été insuffisamment.
Le matériel de la mission Augiéras-Draper provenant de Cerastes vipera appartient évidemment au groupe D et présente des carac- tères communs avec tuberculata et crassiceps; mais entre les diverses formes du groupe, c’est-à-dire celles qui ont été rapportées à tuber- culata [Baer sensu], à crassiceps [Baer sensu], à fusca, fibrata et parva, il semble y avoir tous les passages; les différences deviennent minimes et très difficiles à préciser dès que l’on cesse de s’appuyer sur les dimensions des individus décrits ou de comparer des formes extrêmes; l’on sait en outre que la même espèce peut exister sous une forme major et une forme minor.
Le nombre des testicules a évidemment son importance, mais nous n’avons pas une idée bien précise de la mesure dans laquelle il peut normale ment varier chez une même espèce. Pour pseudopodis, Krabbe a figuré treize testicules, mais pour truncata, Joyeux en a compté jusqu’à quarante (chez la variété major ) et, d’après J. G. Baer, pseudopodis et truncata sont tous deux synonymes de tuberculata !
Les dimensions de l’oncosphère et des crochets ne semblent pas peuveir fournir de caractères discriminatifs des espèces, tout au moins dans la généralité des cas, car deux oncosphères voisines du même segment gravide n’ont pas obligatoirement le même dia- mètre et des crochets de même longueur.
Peut-être certaines dispositions de l’appareil excréteur sont-elles des caractéristiques d’espèces, mais cela ne ressort pas clairement des descriptions et, bien souvent, une partie ou la totalité des ca- naux excréteurs échappe à l’observation.
Une révision des diverses formes composant le groupe D (groupe tuberculata-crassiceps) est donc désirable et l’on peut espérer que, lorsqu’elle aura été effectuée, elle permettra de rectifier ou de con- firmer l’identification proposée ici pour V Oochorislica de Cerastes rapporté par la mission Augiéras-Draper.
(x) À. Cerutti (1902, p. 311) considérait tuberculata et rotundata comme très proba- blement une même espèce.
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Hôtes et Répartition géographique
NOM soirs LEQUEL LE PARASITE A ETE DESIGNE
REFÉRE'CE BIBLIOGRAPHIQUE
Taenia tuberculata Rudolphi 1819 id.
Rudolphi 1819. p. 150, 496-497, 692. Diesing 1850, p. 511-512
Oochoristicatuberculata (Rudolphi 1819) . Max Lühe 1898, p. 650-652
Taenia tuberculata Rud C. Parona 1887. p. 306-307, pl. V,
fïg. 18-20.. . .'
T. ( Oochoristica) tuberculata Rud C. Paroua 1900, p. 3; 1912 p. 101 .
Oochoristica tuberculata (Rud.) P. Barbagallo 1901, p. 545
Tœnia tuberculata Rud A. Rizzo 1902, p. 30
Oochorist ica tuberculata (Rud.) A. Cerutti 1902, p. 311
id. Fr. Zschokke 1905, p. 59, 65
id. Jean G. Baer 1927, p. 161-163 fig. 37-
38
id. Jean G. Baer 1928, p. 35
. , Joyeux et Baer in Joyeux. Gendre
a> et Baer 1928, p. 24
Tœnia rotundata Molin 1859 R. Molin 1859, p. 12-13, pl. I fig. 1.
id. Rizzo 1902, p. 30
id. E. Ficalbi 1890, p. 212 (x)
Oochoristica rotundata (Molin) C. Parona 1900. p. 3
Tœnia pseudopodes Krabbc 1879 H. Krabbe 1879, p. 18 fig. 88
« Lacerta n. sp. »
= Chrysolamprus ocellatus Fit-
zinger
= Chrysolamprus ocellatus Fit- zinger
Chalcides ocellatus (Forsk.). id. id. id.
Lacerta muralis (Laurenti) .
Oochoristica pseudopodis (Krabbe 1879). Fr. Zschokke 1905, p. 60-65
Tœnia truncata Krabbe 1879 Krabbe 1879, p. 17-18, fig. 82-87 .
Oochoristica truncata (Krabbe 1879) .... Fr. Zschokke 1905, p. 60, 65. . . .
id. .... Rudin 1916, p .75-78, 81-85, fig. 1-3
id. .... Ch. Joyeux 1923, p. 160
id. .... Ch. Joyeux 1923, p. 161
Oochoristica truncata major Ch. Joyeux
1923 Ch. Joyeux 1923, p. 161-162
Oochoristica sp. (cf . truncata major J oyeux
1923) Ch. Joyeux 1923, p. 159-162
Oochoristica tuberculata (Rud.) R. Ph. Dollfus 1932, p. 00, fig. 6-8
Oochoristica truncata (Krabbe 1879). ... F. J. Meggitt 1927, p. 321
Oochoristica sp. Ch. Joyeux 1923 Ch. Joyeux 1923, p. 162 ; 1927, p.510
Oochoristica fusca F. J. Meggitt 1927 ... F. J. Meggitt 1927, p. 320-321.. . . Oochoristica sp. Max Lühe 1898 Max Lühe 1898, p. 650
Eumeces schneideri Daudin
Psammophis sibilans (L.) ...... .
Serpent indéterm
Agama colonorum Daudin
Lacerta muralis (Laurenti)
Lacerta agilis Linné
Lacerta viridis (Laurenti)
Lacerta muralis (Laurenti)
Lacerta viridis (Laurenti)
Ophisaurus apus (Pallas)
= Pseudopus pallasi Gray.
Agama sanguinolenta (Pallas) . . .
Agama sanguinolenta (Pallas) . . .
Uromastix acanthinums Bell. . . . A canthodadylus pardalis (Licht.) .
Ch. Joyeux 1923, p. 161-162.
\ Agama colonorum Daudin.
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id |
id |
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id. |
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id. |
F. J. Meggitt 1927 |
F. J. Meggitt 1927, p. 321 |
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id. |
Max Lühe 1898 |
Max Lühe 1898. p.'650. . . . |
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id. |
F. J. Meggitt 1927 |
F. J. Meggitt 1927, p. 321. |
1923) Ch. Joyeux 1923, p. 159-162 Varanus griseus (Daudin)
Oochoristica tuberculata (Rud.) R. Ph. Dollfus 1932, p. 00, fig. 6-8. Cerastes ripera L
Oochoristica truncata (Krabbe 1879). ... F. J. Meggitt 1927, p. 321 Eryx jaculus (L.)
Oochoristica sp. Ch. Joyeux 1923 Ch. Joyeuxl923,p.l62;1927,p.510. Cerastes cornutus (L.)
Oochoristica fusca F. J. Meggitt 1927 ... F. J. Meggitt 1927, p. 320-321 Eryx jaculus (L.)
Oochoristica sp. Max Lühe 1898 Max Lühe 1898, p. 650 Acanthodactylus pardalis (Licht.)
forma deserti (Günther)
id. id. id. Stenodadylus guttatus Cuvier . . . .
id. id. id. Chalcides ocellatus (Forsk.)
= Scincus ocellatus (Forsk).
ici. id. id. Agama stellio (L.)
= Stellio vulgaris Latreille.
id. F. J. Meggitt 1927 F. J. Meggitt 1927, p. 321 Agama stellio (L.)
= Stellio vulgaris Latreille.
id. Max Lühe 1898 Max Lühe 1898. p.'650 Agama imrmis Reuss
id. F. J. Meggitt 1927 F. J. Meggitt 1927, p. 321 Agama sp.
Oochoristica crassiceps H. A. Baylis 1920. H. A.Baylis 1920, p. 292-295, fig. 8-9 . Psammophis subtœniatus Peters .
id. " . F.- J. Meggitt 1927, p. 320 Agama stellio (L.)
= Stellio vulgaris Latreille.
C) Ficalbi (1890, p. 212) chez un Oniscus murarius Cuvier, qui avait ingéré des excréments de Lacerta muralis à ce cestode, d’où l’hypothèse que les Oniscides qui, d’une part, sont mangés par les Lacerta et, d’autre part, L’hypothèse de Ficalbi n’a pas, à ma connaissance, été vérifiée et les expériences n’ont pas été reprises. Ac-
Oochoristica crassiceps H. A. Baylis 1920. H. A.Baylis 1920, p. 292-295, fig. 8-9.
F.- J. Meggitt 1927, p. 320.
549
des Oochoristica de Reptiles.
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LOCALITÉ |
Testictihs |
NOM ACTUEL |
OBSERVATIONS |
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Algésiras (Espagne) |
- |
O.tuber culata (Huà. 1819) Lühel898 |
Musée de Vienne. |
|
Espagne |
id. |
id. |
|
|
id |
15-20 |
id. |
Types de Rudolphi. |
|
Cagliari |
id. |
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|
Cagliari, Naples, Catane, Sicile |
id. |
||
|
Catane |
id. |
||
|
Catane |
id. |
||
|
Italie |
id. |
fîde Ceruttisyn. avec rotundata. |
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|
15-20 |
id. |
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20-40 |
id. |
||
|
Egypte (Musée de Genève) |
id. |
||
|
Labé (Guinée) |
id. |
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|
Abomey (Dahomey) |
id. |
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|
Dakar (Sénégal) |
id. |
||
|
Padoue |
id. |
syn. Me Baerl927. |
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|
Catane |
id. |
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|
Catane |
id. |
||
|
Suisse |
id. |
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|
Turkestan |
[13] |
id. |
13 testic. d’après la fig. 88. |
|
15-20 |
id. |
syn. fide Baer 1927. |
|
|
Turkestan |
[20 ?1 |
id. |
env. 20 testic. d’après la fig. 84. |
|
id. |
syn. fide Baer 1927. |
||
|
Molla-Kary (Transcaspie) |
20-30 -40 |
id. |
|
|
Gafsa |
id. |
||
|
Mac-Mahon (Constantine) |
id. |
||
|
Dakar (Sénégal) |
35-40 |
id. |
|
|
Sfax |
id. |
cf. Joyeux et Baer 1928, p. 24. |
|
|
In Azaoua (Sahara central) |
22-25 |
id. |
identification provisoire. |
|
Sahara |
32-38 |
id. |
|
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20-23 |
0. sp |
||
|
Sahara |
30-38 |
0. fusca F. J. Meggitt 1927 |
|
|
15-20 |
0. sp |
||
|
15-20 |
0. sp |
||
|
15-20 |
0. sp |
||
|
? |
15-20 |
0. sp |
Collection Max Braun. |
|
? |
0. sp |
||
|
15-20 |
0. sp |
||
|
25-30 |
0. sp |
||
|
Mombasa |
20-30 |
0. crassiceps H. A. Baylis 1920 |
|
|
Égypte |
id. |
(Laurenti) parasité par 0. rotundaia (Molin), a trouvé un cysticercoïde qu’il a supposé pouvoir correspondre mangent les excréments de ceux-ci, seraient hôte intermédiaire dans le cycle évolutif d’O. rotundata (Molin). tuellement, on ne sait donc absolument rien encore du cycle évolutif des Oochoristica.
550
Hôtes et Répartition géographique
NOM SOUS LEQUEL LE PARASITE A ETE DESIGNE
REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE
Oochoristica crassiceps H.A.Baylisl920. id.
Oochoristica sigmoïdes M. A. Moghe 1926 . Oochoristica agamæ H. A. Baylis 1919. .
Oochoristica pana H. A. Baylis. . . Oochoristica theileri O. Fuhrmann .
Oochoristica rostellata F. Zschokke 1905.
Ichthyotœnia cryptobothrium v. Linstow. Oochoristica cryptobothrium (y. Linstow) .
Oochoristica Lagrangei Ch. Joyeux et
E. Houdemer 1927
Oochoristica fibrata F. J. Meggitt 1927. .
F. J. Meggitt 1927, p. 320
F. J. Meggitt 1926, p. 231; 1927.
p. 208
Jean G. Baer 1927, p. 169-170 .... M. A. Moghe 1926, p. 53-55, fig. 1-3. H. A. Baylis 1919, p. 409-412, 414,
pl. XXI, fig. 6-7
F. J. Meggitt 1927, p. 320
id.
id.
F. J. Meggitt 1926, p. 230; 1927,
p. 208
R. Ph. Dollfus 1932, p. 00, fig. 1-5.
H. A. Baylis 1929, p. 262-263
O. Fuhrmann 1924. p. 505-509.
fig. 1 A-l B
Jean G. Baer 1927, p. 178-179, fig. 41 . Fr. Zschokke 1905, p. 53-59, 67.
pl. I, fig. 1-4
Jean G. Baer 1927, p. 176-177
Ch. Joyeux 1927, p. 510, 518
O. von Linstow 1906, p. 185, pl. III, fig. 41-42
G. R. La Rue 1911, p. 481; 1914.
p. 268
O. Fuhrmann 1927, p. 396-398,
fig. 11-12
Ch. Joyeux et E. Houdemer 1927,
p. 291-294, fig. 1
F. J. Meggitt 1927, p. 141-142, pl. VIII, fig. 4
Gongijlus
Calotes versicolor (Daudin) .
Calotes versicolor (Daudin) .
Agama sp
Agama sp
Dendropus sp. . . . Cerastes viper a L
Hemidactylus gleadovi Murray. .
Agama inermis Reuss
Lygosoma chalcides (L.)
Agama hispida (L.) var. distans. .
Zamenis genionensis (Laurenti) var. viridiftavus (Lacépède). . .
Cerastes cornutus (L.
Chrysopetala ornata (Shaw).
Liolepis belli Gray.
F. J. Meggitt 1927, p. 208 F. J. Meggitt 1927, p. 209
Oochoristica zonuri H. A. Baylis 1919. . .
Tænia trachysauri G. A . Mae Callum 1921 .
Oochoristica trachysauri (G. A. Mac Cal- lum 1921)
Oochoristica Bresslaui Fuhrmann 1927 . .
H. A. Baylis 1919, p. 406-409. 412.
414. pl. XXI, fig. 1-5
H. A. Baylis 1920, p. 291
Jean G. Baer 1927, p. 180-181 .... G. A. Mac Callum 1921, p. 229-231, fig. 118
Dipsadomorpha cyaneus (Dum.
Bib.)
= Boiga cyaneus (Dum.Bibron) . Dipsadomorpha multimaculata (Boie)
Zonurus tropidosternum Cope. . . . id.
Trachysaurus rugosus Gray.
Linstowia ameivœ Beddard 1914
Oochoristica ameivœ (Beddard 1914) .
Oochoristica brasiliensis Fuhrmannl927 .
Tænia amphisbœnœ Rud. 1819
Oochoristica amphisbœnœ (Rud.) Lühe. id.
Jean G. Baer 1927, p. 180
O. Fuhrmann 1927, p. 393-395,
fig. 6-8 Tropidurus hispidus (Spix)
Jean G. Baer 1927. p. 169
Beddard 1914, p. 263-269, fig. 1-3,
4 B Ameiva surinamensis (Laurenti). .
Jean G. Baer 1925. p. 25 (ef. 1924.
p. 244)
Jean G. Baer 1927, p. 164-165
O. Fuhrmann 1927, p. 395-396,
fig. 9-10 Ameiva ameiva (L.) lœta Cope. . .
Jean G. Baer 1927, p. 168
Rudolphi 1819, p. 175 Amphisbœna alba L
Lühe 1898, p. 651 id.
Jean G. Baer 1927, p. 165-166,
«g. 39
551
des Oochoristica de Reptiles (Suite).
Égypte
19-28
Rangoon 25-32
20-30
Nagpur (G. P., India) 22-24
Est Africain Portugais et Afrique. 39-46
Égypte
Egypte
Égypte 35-40
Rangoon
Tin Aberda (Sahara méridional) . . 28-36 Samarang (Java) 14-16
Prétoria 26-30
26-30
plus de
Naples 100
86-100
Bou-Saâda (Algérie)
Kurunegala (Ceylan) ?
O. crassicaps H. A. Baylis 1920. . , id.
.... Synon. fide Baer 1927.
O. agamœ H. A. Baylis 1919 . id. id. id.
O. pana H. A. Baylis 1929 . . .
O. theileri O. Fuhrmann 1924. id.
O. rosteïïata F. Zschokke 1905
cf. Baer, 1927, p. 163-164.
Syn. fide Baer 1927.
Nha’Trang (Indochine) .
types de v. Linstow.
O. Lagrangei Ch. Joyeux et E. Houdemer 1927
Rangoon (Burma) 35-36
id.
O. fibrata F. J. Meggitt 1927. id.
Est Africain Portugais 60-70
Dodoma 80-90
60-90
O. zonuri H. A. Baylis 1919 id. id.
Australie (Jardin zool. New-York). [56] \0 .trachysauri 6. A. Mac Callum 1921 56_testic. d’après la figure 118.
Penha (Brésil) 60
60
O. Bresslaui O. Fuhrmann 1927 . id.
Surinam 200 O. ameivæ (Beddard 1914).
Dois Irmâos (Brésil) 40-50
' 40-50
Musée de Vienne ?
Amérique du Sud ?
O. brasiliensis O. Fuhrmann 1927 . . id.
0.amp/jîsi>œnœ(Rud.l319)Lühcl898
id.
70-80
id.
Types de Rudolphi. id.
552
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE (Q
1924. Baer (Jean G.). — Contribution à la faune helminthologique sud-africaine. Note préliminaire. Annales de Parasitologie. Paris, II, n° 3, juillet 1924, p. 239- 247.
1925. Baer (Jean G.). — Contribution to the Helminth-Fauna of South Africa. Thèse Fac. Sc. TJniv. Neuchâtel. Prétoria. The Government Printing and Stationery Office, p. 1-79, fig. 1-43, carte.
1927. Baer (Jean G.). — Monographie des Cestodes de la famille des Anoplocephalidæ. Suppléments au Bulletin biolog. France et de la Belgique. Suppl. X. VI + 241 p. + explic. pl., 43 fig. texte, pl. I-IV, fig. 1-24.
1928. Baer (Jean G.). — Contributions à la faune helminthologique de la Suisse. Revue suisse de Zoologie, XXXV, n° 3, mai 1928, p. 27-41, fig. 1-5.
1901. Barbagallo (Pietro). — Richerche sperimentali sulla durata délia vitalita degli endoparassiti animali racchiusi entro gli organi dopo la morte dei loro ospiti.
Arch. Parasitol. Paris. IV, n° 4, 15 sept. 1901, p. 531-549, Tableaux I-V.
1919. Baylis (Henry A.). — On two new species of the cestode genus Oochoristica from lizards. Parasitology, vol. XI, n08 3-4. Oct. 31, 1919, p. 405-414, pl. XXI, fig. 1-7.
1920. Baylis (Henry A.). — Note on some parasitic worms from East Africa. Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 9, VI, sept. 1920, p. 283-295, fig. 1-9.
1929. Baylis (Henry A.). — Some new parasitic Nematodes and Cestodes from Java. Parasitology , XXI, n° 3, 30 sept. 1929, p. 256-265, fig. 1-9.
1914. Beddard (Frank E.). — Contributions to the Anatomy and Systematic Arran- gement of the Cestoidea XIII. On two new species belonging to the généra Oochoristica and Linstowia, with remarks upon those généra.
Proc. Zool. Soc. London, 1914. Part. II. N° XVIII-XIX, June, p. 263-283, fig. 1-8.
1902. Cerutti (A.). — Sull’ Oochoristica (Tænia) tuberculata Rud. Bull. Soc. Natu- ralisa Napoli, ser. 1, vol. XVI, p. 311.
1850. Diesing (Cari Moritz). — Systema helminthum. Vol. I. XIII + 679 p. + 1 p. corrig.-Vindobonæ 1850.
1890. Ficalbi (Eugenio). — La Tænia rotundata Molin, e il suo ciclo vitale. Breve cenno preventivo. Monitore Zoologico Italiano, I, n° 10, 30 ottobre 1890, p. 211- 212.
1924. Fuiirmann (Otto). — Two new Species of Reptilian Cestodes. Ann. Trop. Med. and Parasitology, XVIII, n° 4. Dec. 30, p. 505-513, fig. 1-2.
1927. Fuhrmann (Otto). — Brasilianische Cestoden aus Reptilien und Vogeln. Abhandl. der Senkenberg. Naturforsch. Gesellsch. XL, Hc-ft 3, p. 389-401, fig. 1-21.
1923. Joyeux (Charles). — Recherches sur la faune helminthologique africaine. Archives Institut Pasteur Tunis , t. XII, fasc. 2, juillet 1923, p. 119-167, fig. 1-17.
(’) La présente liste ne concerne que les ouvrages cités à propos des Oochoristica de Reptiles.
N’ayant pu consulter un ouvrage où il est question d’O. tuberculata Rud., je ne l’ai pas cité à propos de cette espèce, il s’agit de : Pio Mingazzini. Ricerche sul vario modo di fissazione delle tenie alla parete intestinale e sul loro assorbimento. Ricerche fatte nel laboratorio di anatomia normale délia R. Vniv. di Roma. Vol. X, fasc. 1, 1904, p. 5-24, :pl. I-II.
553 —
1927. Joyeux (Charles). — Recherches sur la faune helminthologique algérienne (Cestodes et Trématodes), Archives Institut Pasteur Algérie, t. V, fasc. 4, dé- cembre 1927, p. 509-528, fig. 1.
1927-1928. Joyeux (Charles) et Houdemer (E.). — Recherches sur la faune helmin- thologique de l’Indochine (Cestodes et Trématodes). Ann. Parasitologie. Paris, V, n° 4, oct. 1927, p. 289-309, fig. 1-6; VI, n° 1, janv. 1928, p. 27-58, fig. 7-14.
1928. Joyeux (Charles) et Baer (Jean G.). — Cestodes, p. 17-54, fig. 5-44.
In : Joyeux (Ch.), Gendre (E.) et Baer ( J.-G.). Recherches sur les helminthes de l’Afrique occidentale française. Collection de la Société de Pathologie exotique. Monographie II.
1879 Krabbe (Harald). — JleHToniiwe (Cestodes). — üy remecTBie bt> TypuecTairb. Au. <I>e4'ieuko. Tomt> III. 3ooreorp. ii3CJilmOBaHin. HacTb II, Vernies. Terpaas 1 lïserbcmn ÜMnep. Oôtgecm. Jlioôum. Ecmecm. T. XXXIV. 1. p. 1-23, fig. 1-88.
1911. La Rue (George R.). — A Révision of the Cestode family Proteocephalidæ. Zoolog. Am. XXXVIII. Nr. 22/23. 21 nov. 1911, p. 473-482.
1914. La Rue (George R.). — A Révision of the Cestode family Proteocephalidæ. Illinois biological Monographs, vol. I, nos 1-2, july-oct. 1914, p. 1-351, pl. I-XVI, fig. 1-199.
1906. Linstow (Otto von). — Helminthes îrom the collection of the Colombo Muséum. Spolia zeylanica. Pt. XI, vol. III, janv. 1906, p. 163-188, pl. I-III, fig. 1-55.
1898. Lühe (Max). — Oochoristica nov. gen. Tæniadarum. Zoolog. Anz. XXI, n° 576, 29 déc. 1898, p. 650-652.
1921. Mac Callum (G. A.). — Studies in Helminthology. Zoopathologica, New-York, vol. I, n° 6, Aug. 1921, p. 135-284, fig. 69-151.
1926. Meggitt (F.-J.). — On a collection of Burmese Cestodes. Parasitology, XVIII, n° 2, 16 july 1926, p. 230-237, fig. texte 1, pl. X, fig. 1-7.
1927. Meggitt (F.-J.). — On cestodes collected in Burma. Parasitology. XIX, n° 2,
26 Aug. 1927, p. 141-153, fig. texte 1-5, pl. VIII, fig. 1-8.
1927. Meggitt (F.-J.). — Report on a collection of Cestoda, mainly from Egypt. Part I. Families Anoploeephalidæ, Davaineidæ. Parasitology, XIX, n° 3, 30 sept. 1927, p. 314-327, fig. 1-6.
1926. Moghe (M.-A.). — Two new species of Cestodes from Indian Lizards. Records of Indian Mus. Calcutta. XXVIII. Part I. March 31 st 1926, p. 53-60, fig. 1-10.
1859. Molin (Raffaele). — Cepbalocotylea e nematoïdea. Sitzungsher. K. Akad. Wis- sensch. Wien. Math.-Naturw. Classe, XXXVIII, n° 23, p. 7-38, pl. fig. 1-7.
1887. Parona (Corrado). — 'Elmintologia Sarda. Ann. Mus. Civ. Genova (2 a ser.), IV, janv.-fév. 1887, p. 275-382, pl. V-VII, fig. 1-58.
1900. Parona (Corrado). — Ilelminthum ex Conradi Paronæ Museo Catalogus. Sect. II. Cestodes; oct. 1900, p. 1-6.
1912. Parona (Corrado). — L’Elmintologia italiana da’suoi primi tempi all’anno 1910. Vol. IL Sistematica-corologia-storia. Novara in-8°, 540 pages.
1902. Rizzo (Agostino). La fauna elmintologica dei rettili nella provincia di Catania. Archives Parasitol. Paris, VI, n° 1, 25 juillet, p. 26-41, fig. 1-12.
1916. Rudin (Eduard). — Oochoristica truncata Krabbe. Zoolog. Anz. XLVII, 2-3 (11 April), 4 (18 April), 1916, p. 75-78, 81-85, fig. 1-3.
Bulletin du Muséum, 2e s., t. IV, 1932.
36
— 554 —
1819. Kudolphi (Cari Asmund). — Entozoorum Synopsis. X + 812 p., p].I-III. Berolini, 1819.
1905. Zschokke (Fritz). — Das Genus Oochoristiea Liihe. Zeitschr. /. wiss. Zoologie. LXXXIII (Fcstschrift E. Ehlcrs IL), p. 53-67, Taf. I, fig. 1-4.
( Muséum national d’ Histoire naturelle. Laboratoire de, M. le professeur Abel Gruvel).
— 555 —
Missiom saharienne Au giéras-D râper, 1927-1928.
T RÉMAT ODES DE MAMMIFÈRES, OlSEAUX ET POISSONS pah M. Robert Ph. Dollfus.
Les Trématodes de Mammifères, Oiseaux et Poissons, récoltés au cours de la mission saharienne Augiéras-Draper, appartiennent à six espèces. L’intérêt de cette petite collection est surtout biogéc- graphique, elle montre que les mêmes espèces se retrouvent dans les bassins du Nil et du Niger. L’exemple d’ Acanihochasmus spi- niceps (Looss) est particulièrement significatif.
P AR AMPHIST OMAT IDÆ Fischœder 1901.
Paramphistomatinæ Fischœder 1901.
Paramphistoma cervi (Zeder 1790) Fischœder 1901 (x).
Hôte : Ovis aries L., dans la panse .
Localité : vallée du Niger, entre le lac Débo et Bamako.
Date : 12-2-1928 (Théodore Monod leg. N° Z 939).
Remarques. — Trois cent trente-quatre individus furent récoltés dans la panse du même mouton.
La forme générale du corps, l’absence de poche du cirre, l’absence
(9 Plusieurs, auteurs écrivent P. cervi (Schrank 1790), au lieu de : (Zeder 1790). La priorité du nom spécifique appartient-elle à Zeder ou à Schrank?
Fasciola cervi Schrank et Festucaria cervi Zeder ont été publiés tous deux en 1790 et il est difficile de savoir si le fascicule pour avril juin 1790 de l’Académie de Stockholm a été mis en distribution avant le fascicule pour 1790 du tome X des Schriften der Gesellschaft naturf. Freunde zu Berlin. Néanmoins nous admettons Zeder comme l’auteur de l’espèce, car si Schrank (1790, p. 123) l’a signalée en quelques lignes dans son « Verzeichniss », c’est d’après des exemplaires qu’il avait reçus de son élève Zeder (cf. Zeder 1800, p. 150, note) et provenant du même lot que ceux utilisés par Zeder (1790, p. 66-74, pl. III, fig. 8-11) pour la description morphologique et anatomique.
Rappelons que la première mention et les premières figures publiées de ce parasite sont dues à Daubenton (1753, p. 492, pl. XVI, fig. 3 et 1766, p. 189, pl. XVI, fig. 3), qui l’observa « dans la panse et le bonnet» de tous les bœufs dont il avait fait ouvrir l’estomac. Malheureusement Daubenton ne proposa pas de nom pour ces « vers courbés et de couleur rougeâtre» dont il trouva « jusqu’à près de cent dans un seul bœuf» et dont il donna la description.
Bulletin du Muséum, 2e s. ,t. IV, n° 5, 1932.
de diverticules buccaux, l’absence de poche ventrale, permettent immédiatement de reconnaître qu’il s’agit d’une espèce du genre Paramphistoma.
L’absence d’une vraie ventouse génitale permet d’éliminer le sous-genre Cotylophorum (T. Fukui 1929 sensu) [= genre Cotylo- pliorum Stiles et Goldberger 1910]. Les testicules n’étant pas glo- buleux à bords entiers et l’un à côté de l’autre presque au même niveau « diagonally one.slightly behind the other » (Leiper), il ne s’agit pas du sous-genre Buxifrons Fukui 1929 (créé pour Param- phistoma buxifrons Leiper 1910, d’ Hippopotamus de l’Uganda). La position en « tandem » des testicules montre qu’il ne s’agit pas du sous-genre Explanatum Fukui 1929 (créé pour Paramphistoma explanatum (Greplin 1847) de Bos taurus L., Buffelus indicus (L.), Ovis aries L.), chez qui les testicules sont toujours « diagonally situated on overlapping the other, both laterally and anterio- posteriorly, in fully grown worms » (Maplestone). Il s’agit donc d’une espèce du sous-genre Paramphistoma [ T. Fukui 1929 sensu]. La forme irrégulièrement lobée des testicules, l’absence d’épines à la ventouse orale, la petitesse de l’atrium génital, la papille géni- tale simple (non hermaphrodite) et très petite (fig. 1), montrent qu’il s’agit de P. cervi (Zeder) (2).
On aurait pu penser à P. orlhocœlium Fischœder 1901 (connu de Bos Kérabau Sundervall [ = Bubatus bubalis (L.)], Buffelus indi- cus (L.), Cervus eldi Guthrie. Ovis aries L.) qui diffère de cervi prin- cipalement par son canal de Laurer s’ouvrant en avant du pore excréteur, alors que, chez cervi, le canal de Laurer croise le canal évacuateur de la vessie pour s’ouvrir en arrière du pore excréteur. Même sur de bonnes- coupes, il n’est pas toujours facile de recon- naître l’emplacement respectif du pore excréteur et de l’orifice du canal de Laurer; l’on doit faire appel à d’autres caractères, en particulier à ceux des vitellogènes.
P. A. Maplestone (1923, p. 145, note) a indiqué que, chez cervi, les vitellogènes sont formés de très nombreux groupes de follicules, comparativement petits, ne dépassant jamais un diamètre d’envi- ron 300 g, et montrant une tendance marquée à empiéter sur les faces dorsale et ventrale du ver, alors que, chez orlhocœlium, les groupes de follicules sont beaucoup moins nombreux, les follicules sont considérablement plus grands, dépassant un diamètre d’en-
(2) Ainsi que l’a fait remarquer Maplestone (1923, p. 116, note), chez les jeunes cervi, les testicules sont un peu en diagonale, mais l’axe longitudinal du corps coupe toujours les deux testicules, alors que chez les jeunes explanatum les testicules en diagonale sont assez éloignés de l’axe longitudinal du corps pour que celui-ci puisse passer entre eux sans les couper, mais une ligne transversale les coupe tous les deux, alors que, chez circi, elle peut passer entre eux deux sans les toucher.
— 557
viron 700 p, et cantonnis presque exclusivement dans les champs latéraux extérieurs aux cæea intestinaux.
Fig. 1. — Paramphistoma cervi (Zeder). (Th. Monod leg. 12-2-1928).
Coupe passant par l’orifice génital. A, atrium génitahinvaginé. D, duetusRermaphro- diticus. É, canal éjaeulateur, PP, parsprostatica, M, métraterme, U, utérus avec œuf. La papille génitale est rétractée; lorsque l’atrium est évaginé, le ductus herma- phroditicus disparaît et les’deux orifices de la papille s’ouvrent séparément à l’exté- rieur, alors que dans le cas d’une papille hermaphrodite, il y a un seul orifice, à la fois $ et s’ouvrant à l’extérieur.
BIBLIOGRAPHIE
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