ANATOMIE DESPARTIES DE LA GÉNÉRATION DE L’HOMME ET DE LA FEMME, REPRÉSENTÉES AVEC LEURS COULEURS NATURELLES, SELON LE NOUVEL ART, JOINTE A L’ANGÉOLOGIE DE TOUT LE CORPS HUMAI Ns ET A CE OUI CONCERNE LA GROSSESSE ET LES ACCOUCHEMENS. JP A R M, GA U T I E R DA G 0 T Y Pere , Anatomijle Penjîonné du. Roh ImperfAus adhuc infans gmïtriàs ah alvo. ( Ovid. ) A PA RI S. Chez J. B. BRUNET, Imprimeur - Libraire de rAcadémie Fratiçoife , Sc DEMONVILLE, Libraire*, rue Saint Séverine vis-à-vis celle Zacharie ^ aux Armes de Dombes. M D C C L X X I I I. A FE C APPROBATION ET P R IFI LÉ G E DU ROI: ( I ) ANATOMIE DES PARTIES DE LA GÉNÉRATION DE L’HOMME ET DE LA FEMME, REPRÉSENTÉES AVEC LEURS COULEURS NATURELLES, SELON LE NOUVEL ART, JOINTE A LANGÉOLOGIE DE TOUT LE CORPS HUMAIN, ETA CE QUI concerne LA GROSSESSE ET LES ACCOUCHEMENS. S I les anciens Philofophes ont donné à l’Anatomie, toute imparfaite qu’elle fût de leur temps, le premier rang parmi les Sciences naturelles, à caufe de l’excellence de fon objet, quelle conlîdération ne mérite-t’ellb pas aujourd’hui, étant devenue la plus certaine de toutes les parties de la Médecine, par les utiles &c favantes découvertes qu’on y fait encore tous les jours ? Il feroit fuperflu de vouloir prouver fon excellence à fes Amateurs, & à ceux qui en font leur étude. Son objet, qui ell: le Corps Humain, ouvrage le plus parfait qu’ait pro¬ duit la main du Créateur ; fon but, qui eft la fanté, bien £ précieux, en font affez connoître l’importance. Les Anatomiftes ont beaucoup d’obligation à André Cefal- f'inus, qui découvrit la circulation du fang, dès l’année 1593; kHarvée^ qui la démontra eh l’année 1627; à Firfungus , qui a trouvé le canal pancréatique ; à Afdims, qui a fait voir les veines laftées; à Pecquet, qui le premier a démontré le canal torachique ; mais ils n’en ont pas moins aux célébrés Anatomiftes qui ont enfeigné au Jardin Royal, & defquels |e me dis Elève, avec raifon, ayant difféqué pîufieurs années avec M. Duverney , avec qui j’entrepris d’abord de donner mon premier Cours d’Anatomîe ; mais il ne vil éclore fous fes yeux que la première partie de cet Ouvrage , c’eft-à-dire, la Myologie & quelques pièces du cerveau. Après fa mort, je fuivis fon plan & fes intentions ; & les augmentations même que je donne aujourd’hui, fans fon fecours , tiennent cependant à ce plan général, qu’il avoit fi habilement imaginé , & dont il m’avoit fouvent entrete¬ nu. Le Public n’aura pas peine à croire que pour l’exécu¬ tion , il ne m’ait fallu employer pîufieurs années dans des recherches néceffaires depuis ma première Edition. La vue des Planches de cette partie ici, oh l’Angéologie eft expofée dans fon plus grand jour, fuffira pour affurer ce fait. Je n’ai rien négligé ; & pour la plus grande utilité des Etu- dians, je joins à mes Planches, & à leurs explications, des differtations courtès , qui les mettront en état de concevoir aifément les parties contenues dans chaque Planche. J’y ajoute un abrégé de la fonâion de chaque vifcere en particulier , afin que rien ne manque de tout ce qui peut faciliter la connoiffance des principales fecrétions qui fe font dans le Corps Humain. L’ANGÉOLOGIE, PLANCHES V" ET IP. Ces deux Planches repréfentent une Angéologie complette» P R M I E E E PLANCHE. Angéologie de la Tête ^ de la Poitrine , da Bas - Ventre , SC des extrémités fupérieures* FIGURE PRÉMIERE. 3 * 4 - .LeC œur. 2. Sa Pointe. 1..3. Sa Bafe. 3. L’Oreillette droite. 4. L’Artère pulmonaire. 5. L’Aorte & fa courbure. 6. Le tronc commun de la Carotide gauche. 7. La Souclaviere gauche. S. L’Artère cervicale. 9. La Mammaire externe, 10. Le, tronc commun de la Carotide droite & de la Sou¬ claviere, 11. Les troncs communs des Carotides droites. 12. La Soufdaviere. 13. La Cervicale. (Planche I. fig, /.) l’Axilaire (id. fig. //.) 15. La Carotide interne. 16. La Carotide externe. (Foycila carotide externe détachéel^ Branches antérieures. a. La , première branche. b. La Sublinguale, deuxième branche. c. La Maxilaire inférieure, troifiéme branche.’ d. La Maxilaire externe, ou antérieure. e. La Maxilaire interne. Celle-ci eft divifée en trois ra-i meaux. /. Celui qui va à la fente orbitaire. g. Le fécond qui va dans le canal de la mâchoire infé¬ rieure. A Les Muscle s." « Jï, Letroifiéme , qui monte entre la carotide externe & la carotide interne. Cette artère ainfi divifée, efï la cinquième branche antérieure de la carotide, ï. Sixième branche qui va au mufcle maffeter. Branches pojlérkures. 'k. VOccipital, feptiéme branche, première branche pof- térieure. l. l]Auriculaire, huitième branche de la carotide exter¬ ne , ôc fécondé branche poftérieure. 17. 18. La veine cave fuperieure. s 8. Sa Bifuration. ïc^. Les Soufclavieres. fto. Le tronc commun des Jugulaires gauches, 21. Le tronc de la Jugulaire externe droite,&fes rami¬ fications, 21. Celui de la Jugulaire interne. 2.3. 24. Les Vertébrales. 2,5. La Mammaire externe. 26. Les Torachiques inférieures. 27. Origine de la Céphalique gauche. 28. Celui de la ba- filique. 29. La Veine fcapulaire. 30. La Céphalique droite. 31. La Bafilique du même côté. 32. Rameau interne. 33. La Veine profonde. 34. La Médiane Céphalique. 35. La Médiane Bafilique. 36. Rameau interne & profond de l’Avant-bras. 37. L’union des Médianes. 38. La Médiane de Riolan. 39. Les Salvateles. ( Foyei pour ces veines la fig. II, ) 40. L’Artère Brachiale. 41. La Cubitale, 42. La Radiale, 43. L’Interoffeufe. 44. Les Colatérales du bras. 45. La Veine cave inférieure. 46. Les Veines hépatiques. 47. Le tronc de la Veine porte, & fes divifions dans le foie. 48. La petite Mefaraïque. 45. ( au lieu de 4p.) La grande Mefaraïque. 50. L’endroit oh part la Veine pilorique. Ji, La Veine fplénique, la Veine ciftique &Ia duodénale partent de cet endroit; l’une pour la véficule du foie, & l’autre pour le duodénum. ( On les verra ailleurs ). 54. Les Emulgentes. 55. Ses divifions fur les reins. Artères émulgentes dans le rein droit. 57. & 58. Les Sureinales du rein gauche, & les glandes fureinaîes. 59. Les veines Spermatiques. 60. Les Iliaques communes. 61. Les Iliaques externes, antérieures. 62. Les Hypogaftriques, ou Iliaques internes poftérieures. 63. Endroit d’oh partent les Epigafcrlques. ( On verra ailleurs d’autres divijîons plus détaillées ). 64. Les Veines crurales. 66. Endroit d’oh partent les Inguinales & les Honteufes, 67. La Saphene. ( Ces dernieres veines ici appartiennent aux extrémités inférieures. ) 68. L’Aorte defcendante inférieure. 69. Le tronc Cæliaque, divifé en trois, l’Artere hépathi- .que, l’fpiénique & la coronaire ftomachique. 73. La Mefenterique fupérieure , ou grande Mefenterique 74. L’Artère mefenterique inférieure. 75. Les Artères reinales & capfulaires. 76. Les Spermatiques. 77. Les Iliaques communes. 78. Les Iliaques externes. ( On voit ici les Epîgaflriques ). 77. Les Hipogaftriques. 80. Les Crurales. 81. L’honteule externe*. Les trois branches crurales. 83,, ' La grojfe veine du pénis. 83. Les Artères de i’honteufe interne qui l’accompagnent. ) A. Le Deltoïde. AA. Coupe des mufcles du bas-ventrei B. Coupe du peÛoral. C. Le Brachial. D. Portion de ce mufcle. E. L’Anconé interne. F. Le Sublime. G. Le court Supinateur. H. Le Cubital interne. I. T. Le Quarré pronateur. K. Les Tendons du fublime. L. Coupe du Diaphrague. M. Coupe du SteraomaflridienJ N. Les Occipitaux. Les Os. a. Le Coronal. b. Les Pariétaux. c. Les Temporaux. d. Le Zigomatique. e. Son Apophife. f, g. Le Maxilaire, h. L’Os conguis. i. Les Orbites. k, La Fente orbitaire. L’artère qui en fort, eft une branche de la carotide interne, qui communique avec le pre¬ mier rameau de la cinquième branche de la carotide externe. l. Le Trou optique, & l’artère qui accompagne le nerf,’ optique qui eft une branche de la carotide interne. OT. Le Trou orbitaire, avec l’artère qui en fort, qui eft une divifion de la maxilaire interne. n. Le Trou fourcilier, & le rameau qui en fort, qui eft une divifion de l’artère qui accompagne le nerf optique. O. La Mâchoire inférieure. p. La Simphife. q. La Lèvre externe de la bafe du menton. r. L’Apophife coronoïde , l’Apophife condiloïde. s eft cachée. t. Les Dents incifîves. V. Les Canines. X, Trou mentonier, & l’artère qni en fort, qui eft une, divifion de la maxilaire interne. a. Les Os pubis. b. Les bords de la cavité cotiloïde de l’os des illes. c. Coupe de la Clavicule. d. L’Os du bras, dit humérus. e. Condyle interne. f. Condyle externe. g. La tête du raion. h. La partie fupérieure de l’os du coude. i. L’Os orbicuiaire du carpe ou pififorme, & la première phalange du pouce. k. Le Fémur , ou os de la cuilTe. l . La tête de cet os. m. Son col. n. Le grand Trocanter. Les VISCERES. a. Les glandes thiroïdienes. b. La trachée artère. bb. La Véficule du ficle. c. Le Rein droit ouvert, oh l’on voit le baffinet difféqué avec l’origine des uretères. c c. Le conduit Ciftique, d d. Le conduit Cholidoque. d. L’Uretère, ou conduit du baffinet dans la veffie. e. Le Rein gauche. f. L’Uretère de ce rein. g. Portion du Péritoine. h. La Veffie. i. L’Ouraque. k. La Verge. l. Le Gland. m. Les Tefticules, dont le gauche eft dilTéqué, & les épl- didimes détachés. n. Les Epididimes. O. Les Vaifleaux déférens. SECONDE FIGURE I. Cette Figure contient VAngéologie des extrémités inférieures de la première Figure de la fécondé Planche, Les Veines éC les Arteres, 84. I_y A Saphene. £5. Sa Branche poftérieure, S6. La Veine crurale. 87. La Sciatique. S 8. La Saphene externe. %. La Poplitée. ço. La Tibiale antérieure. La Tibiale poftérieure. çx. La Veine peroniere, §3- L’Artère crurale. ç4. L’Artère poplitée. 95. Anaftomofes de la tibiale poftérieure. 96. L’Artère tibiale antérieure. 97. L’Artère tibiale poftérieure. §8. La Peroniere & l'a branche antérieure. Les Muscles.» n. Le Vafte externe. O, Le Triceps. p. Portion du Vafte interne. q. Fibres tendineufes du vafte interne. T. Le Grefle interne. f. Coupe des jumeaux. e. Attaches du Tibial poftérieur. U. Les interoflèux. Les Os. « n. Le Fémur. O O. Le petit Trocanter. r. La Rotule. s. L’Os Tibia. f. La Tête de cet Os. uv. La Baze du Tibia. V. La Maleole interne. Le Péroné. y. La Tête de cet Os. La Baze du Péroné. a. Le Calcanéum. b. L’Aftragal. c. L’Os Scaphdïche, ou Naviculaire. d. Le Cubo'ide. e. Les trois Cunéiformes. ,1. î. 3. 4. 5. Les Os du Metatarfe. FIGURE IL ( Cette Figure repréfente le Baffin , garni des Vaijfeaux du bas ventre, & des parties de la Génération de t Homme ). I K. La Crête de l’Os des Mes du côté gauche. LM. Celle du côté droit. N. L’Epine antérieure. O. Le bord de la Cavité coîiloïde. PQ. L’Os Ifchion. RS. L’Os Pubis. T. La Simphife, & le Ligament fufpenfoire. U. La Tête du Fémur. V. Le Col de cet Os. X. Le grand Trocanter. Y. Le petit Trocanter. Z. La partie Supérieure de l’Os de la cuifle. a. Le Tronc de l’Aorte defeendante inférieure. h. La coupe du Tronc coeliaque. c. Le Tronc de la Melenterique fupérieure. de. Les Reins. f. Les Uretères. g. La Bifurcation de l’Aorte, h. Les Artères émiilgentes, il. Les Glandes furéinales. PLANCHE. m n. Les Artères fpermatiques. O. La Mefenterique inférieure. a. IL La Veine cave inférieure. mm.nn. Les Veines émulgentes- oo.pp. Les Spermatiques. qq. Les Arteres iliaques. r. f s. Naiflance des hypogaftriques,' t. L’Artère facrée. hh. La Veine crurale. ■ Ce. L’Ouraque. f LaVeffie. g. La Verge & le Gland. EE. Le Tefticule coupé à tranche. F F. Le Tefticule entier. GG. HH. Les VailTeaux déférens. H. Naiffance des Veines & Artères honteufes; Q. Attaches inférieures des mufcles éreâeurs. FIGURE II I. A. B. C. D, Le Rein ouvert. A. La fubftance Corticale. B. Les intervalles des Calices, Sc la fubftance canelée. C. Les Mammelons coniques , qui raffemblent les petits caneaux excréteurs des glandes de la fubftance corti¬ cale. D. Les Calices membraneux qui font aux extrémités des Mammelons. E. Les Baftinets , au nombre de trois dans les hommes. F. Le Tronc qu’ils compofent, lequel Tronc fait le çom-, mencement des uretères. FIGURE I K C. D. Ouverture de la Veflie. F. Fond intérieur de la Veflie. G. Ouverture des Ouraques. H. Col intérieur de la Veflie. b, b. Les Orifices des glandes proftates, ce. Le Verumontanum. dd. Le Canal de l’uréthre. I. La Glande proftate. L. Coupe du Corps caverneux droit. O. Le Corps caverneux droit. P. Le Bulbe découvert par la coupe de la proftate, du côté droit. Q. L’extrémité du Canal de l’uréthre. S. Le milieu du Canal. X. Coupe des Mufcles éreéteurs du corps caverneux.' FIGURE F, Elle repréfente Vtmbrion forii du canal de turèthre, reçu dans un verre d’eau. Cette expérience a été faite avec un Etalon & une Jument. L’Etalon retiré, par le moyen d’un chantier , dans le moment de l’éjaculation ,& la femence reçue dans Ieau , avec un baquet fous le ventre de la Jument , a paru tout formé, de couleur dlambre & opaque, dans une glaire tranfparente & verdâtre , ce qui compofoit la liqueur féminale. Cette expérience répétée plujieurs fois , & que tout le monde peut faire , détruit le JÿJlême des oeufs. Il faut cependant que P éjaculation fe faffe d'un feul jet pour réujjîr t car autrement l’embrion fe déchire. Les mois de Mai & de Juin font les temps convenables. FIGURE V_L B. LaVeflTie. N. Les Mufcles éreéteurs. P. La Glande proftate. Q. Le Bulbe. R. Les Corps caverneux. S. Le Canal de l’Uréthre. MM. Coupe de la Verge. O. M. Les Véficules féminales, L. Le Canal déférent, B, Les Uretères. FIGURE riL »Q. S. La verge dépouillée des corps caverneux* S. Le canal de TUréthre. Q. Le Gland. T. La Veffie. U. L’Artère hipogaftrique* DE L’AORTE SUPÉRIEURE. L’Aorte eft divifée, par les Anatomiftes, en Aorte af- ’^cndante Ô£ defcendantt. On donne le nom A’afcendante ^ à celle qui eft comprife depuis le cœur jufqu’au haut de fa courbure, & la continuation eft appellée dcfandanu. Je la divife cependant en fupérieure & inférieure, en la parta¬ geant par le diaphragme. L’Aorte ( 5. Planche 1 . ) donne dès fa naiffance de petites artères qui vont au cœur & à fes oreillettes, qu’on appelle artères coronaires ; elle produit, de la partie fupérieure de fon arcade, trois ou quatre greffes branches affez proches les unes des autres , dont voici le détail. Si ces branches font au nombre de trois , la première fe détourne à droite , & fe divife tout aufli-tôî en deux parties-, dont l’une qui paroît la continuation du principal tronc, eft la foucla- viere ; l’autre, eft. l’artère carotide droite. La fécondé bran¬ che , eft la carotide gauche, & la troiftéme , eft la fous- claviere gauche. Il arrive très-rarement qu’il n’y ait que deux branches pour les quatre artères. Lorfqu’il fe rencontre quatre branches fur la courbure de l’Aorte, alors, les deux mitoyennes font lés carotides droites Ac gauches, & les autres les fouclavieres, de l’un & l’autre de ces côtés. Après la l'ouclaviere gauche, l’Aorte finit fa courbure , & defeend prefque d’aplomb julqu’à l’os facrum, oii elle fe fépare en deux greffes branches. Nous parlerons de ces divifions en général ; il n’eft queftion ici^ que de ce qui regarde les artères expofées dans la première & fécondé Planche ; nous réfervons pour d’autres Tables ce qui con¬ cerne la tête & les artères du col. Les artères fouclavieres fe nomment ainfi, parce qu’elles font pofées fons les clavicules, & en ont à peu près la même direétion. La fouclaviere droite eft plus longue , par la fituation de l’Aorte, que la gauche ; elle eft plus fupérieure & plus antérieure; elle produit d’abord des petites artères pour le thymus , pour le péricarde, pour le mediaftin , &c. Ces artères fortent féparément de la fouclaviere, ou par des troncs communs, & portent le nom des parties qu’elles arrofent. Après la carotide droite, qui produit ordinaire¬ ment la fouclaviere, donne quatre branches confidéra- bles, qui font, la mammaire interne^ la cervicale^ la verté¬ brale & le tronc des intercofcales fupérieures. Quelquefois ce tronc ici part de l’Aorte même. La mammaire interne fort antérieurement & un peu in¬ férieurement de la fouclaviere , defeend à côté du fter- rmm, à environ un travers de doigt de diftance de cet Os, fous les portions cartilagineufes des vraies côtes ; elle donne des rameaux au thymus, qui s’anaftomofent avec la tinii- que en plufieurs endroits, au mediaftin , au péricarde &: aux mufcles intercoftaux , où il y a auill des anaftomofes avec les petites artères particulières de ces parties dont nous parlerons ; elle s’anaftomofe auffi par plufieurs de ces rameaux avec la mammaire externe, fur-tout dans l’é- paiffeur du grand peéforal ; elle fort de la poitrine à côté du cartilage xiphoïde, fe perd dans les mufcles droits dit bas-ventre , où elle communique avec les épigaftriques. En paffant, elle donne auffi des rameaux au péritoine. La cervicale naît fupérieurement de la fouclaviere. Nous €n parlons ailleurs, ainfi de que la vertébrale , qui fort pofté- rieurement, & un peu fupérieurement de la fouclaviere. Ulntercojlale fupérieure. Quand cette artère naît de la fou¬ claviere , elle fort inférieurement de cette artère , & def¬ eend fur la face interne des deux, trois ou quatre vraies côtes fupérieures, où elle fournit autant de branches qui finvent les côtes , & fourniffent du fang aux mufcles inîer- coftaux ; donnent des rameaux aux mufcles fouclaviers, fterno-maftoïdien, vertébraux, & au grand ôc petit pefto- ral ; au corps des premières vertèbres du dos : & par l’é¬ chancrure de ces vertébrés , elles donnent des arterioIes à la moelle de l’épine & à les enveloppes. Les intercoftales fupé- îieures naiffent quelquefois de l’artère Bronchiale voifine. Toutes ces artères Te verront à leur naiffance dans d’au¬ tres figures , & n’ont pas befoin d’être expliquées. Le Ligament Artériel naît de l’Aorte après la fouclaviere gauche, & va àl’aftère pulmonaire : il eft rétréci & tout- à-fait bouché dans les Adultes ; mais il fert de canal au fang artériel dans le Fœtus.On le voit dans la huitième Planche ; il fert alors pour le paffage du fang de l’artère pulmonaire dans l’aorte , comme le conduit veineux dans le fœtus, qui fert à porter le fang dans la veine cave inférieure. UArth-e Bronchiale fort de l’Aorte fupérieure féparément pour chaque poumon, & quelquefois par un feul tronc, qui fe divife enfuite à droite & à gauche , pour entrer dans le poumon, & fuivre les branches , ou vaiffeaux aeriens, il arrive qu’on la trouve quelquefois auffi fortir de la première artère intercoftale, ou de l’artère œfophagienne. Il y a beaucoup de variété dans ces artères. Mais ce qu’iî y a d’admirable, c’eft que de quel côté qu’elles viennent, elles aboutiffent toujours aux parties qui leur font deftinées. Quelquefois elles nalffent de diverfes façons de chaque côté. Celle du côté gauche vient affez fouvent de l’Aorte, pen¬ dant que celle du côté droit vient de l’intercoftale fupérieii- re, ce qui provient de la fituation de l’Aorte , & pour la plus grande harmonie. On voit dans la nature un deffein qui ne fauroit être enfanté du hafard prétendu de nos Epi¬ curiens. Cette artère bronchiale jette fur l’oreillette du cœur la plus voifine une petite branche qui communique avec l’artère coronaire, M, Vinflow, grand Anatomifte Obfervaîeur , a remar¬ qué dans fes différions en 1719, des communications très- manifeftes entre les rameaux de la veine pulmonaire gau¬ che , & les rameaux d’une artère œfophagienne , qui ve- noit de la première artère intercoftale gauche , con-omte- ment avec une artère bronchiale du même côté. Mais ce que je trouve encore de plus particulier, c’eft ce qu’affure le même Auteur, d’avoir obfervé vers ce temps-là une com¬ munication de l’artère bronchiale gauche avec la veine azi- gos; & en lyii , au mois d’Avril, dans une diffeefion, il nous affure encore avoir trouvé un rameau de l’artère bron¬ chiale gauche s’anaftomofer dans le corps de cette veine. L’anaftomofe des artères avec des veines dans leur tronc , ou principales branches, eft difficile à croire ; elle ne peut être admife que dans les vaiffeaux capillaires ; il faut cepen¬ dant le croire, d’après M, "Winflov, & fuppofer quelques particularités qui font échappées à les obfervations. Les Artères œfophagiennes fortent d’un feul tronc, qui vient antérieurement de l’Aorte fupérieure, ou de quelques troncs réparés, & le diftribuent aux œfophages jufqu’aux diaphrag¬ mes quelquefois, comme nous verrons; la fupérieure de ces artères produit l’une des artères bronchiales. Les Artères intercofidles inférieures , font celles qui fuivent les côtes inférieures au-deffous des deux, trois ou quatre premières, félon que celles-ci.font fuivies par les intercofta- îes fupérieures dont nous avons parlé ci devant. On les verra ailleurs. Elles naiffent le long de la partie poftérieure de l’Aorte defeendante par paire, jufqu’au diaphragme, èc fe portent tranfverfalement fur le corps des vertèbres ; celles du côté droit paffent derrière la veine azigos , St vont enfuite le long du bord inférieur de chaque côté , jufqu’à l’fternum fur les mufcles intercoftaux. Ces artères jettent des rameaux aux mufcles vertébraux, aux mufcles extérieurs qui cou¬ vrent la poitrine, & en dedans, à la plevre, & s’anaftomo- ftnt avec les épigaftriques; & celles des fauffes côtes, avec les artères lombaires. Il fe trouve quelquefois dans les dif- feâions, que les intercoftales n’ont qu’un feul trope com¬ mun à chaque artère , qui fe divife enfuite à droite ôc à gauche. Ces artères jettent chacune un rameau en arriéré, qui va dans le canal de l’épine du dos, lequel fe divife enfuite pour entourrer la moëile de l’épine, &; s’anaftomo¬ fer avec l’artère voifine; ce qui forme comme ces anneaux. II faut obferver que vers le milieu de la côte, ou plus avant, les intercoftales fe bifarguent, &: donnent - deux branches, dont une perce 8f fort en dehors, ô£ l’autre refte interne , & fuit, comme nous avons dit, les branches externes des fauffes côtes, fe recourbant en bas l’une après l’autre , comme pas degrés , pour fe répandre fur les mufcles du bas-ventre, communiquant avec les lombaires, & fouvent avec les hypogaftriques. Les branches internes des fauffes çôtes vont aux mufcles du diaphragme. L’artère fouclaviere {id,i%) étant fortie de la poitrine, par récartement Cartement du mufcle fcaîene, reçoit îe mraSâxillairt. Nous parlerons des branches principales de cette artère ; il n’eft queftion ici que de fuivre les artères de la poitrine. Cette^ artère donne dans fon paffage de fa partie interne une petite branche qui va à la face interne de la première côte, après, elle jette quatre ou cinq branches principa¬ les , qu’on nomme torackique fupérieun , torachiqm inférieure ^ fcapulairc externe, fcapulaire interne SiC humérale. La torackique fupérieure s’appelle auffi mammaire externe. Cette artère ferpente fur la partie extérieure de la poi¬ trine, donne le fang aux mammelles, aux mufcles foucla- viers, grand dentelé, aux peéforaiix , au grand dorfal, & même à \a. partie fupérieure du coraco-brachial & du bi¬ ceps. Il fàut obferver dans cette artère qu’elle donné un rameau qui defcend entre le mufçle deltoïde & le grand peûoral avec la veine céphalique. Ce rameau efl: fi étroi¬ tement collé à la veine, & tend fi fort à s’infinuer dans fa propre tunique, que quelques-uns ont cru qu’il y avpit anaftomofe, ce qui fe voit auffi prefque par tous les an¬ neaux fpermatiques ; adhérence qui peut avoir fait croire l’anaftomofe de l’artère bronchiale avec la veine azigos dont nous avons parlé ci-devant. La torackique inférieure eft pour la partie poftérieure & externe de l’omoplate; elle va au mufcle foufcapulaire, grand rond, petit rond, fous-épineux , grand dorfal, grand dentelé ; elle communique avec les artères foufcapulaire & intercoftales voifines. rScapulaire interne naît de Taxillaire enfuite, & fe jette fur la partie poftérieure , pour fe diftribuer aux mufcles foufcapulaire, grand dentelé, fous-épineux, &à la partie fupérieure du grand anconé ; elle jette des rameaux aux glandes axillaires. La Soufcapulaire externe fort à côté de la précédente, paffe par l’échancrure de la côte fupérieure de l’omopla¬ te , pour fe jetter aux mufcles fus-épineux & fous-épineux, grand rond , & petit rond, & à l’articulation de l’omoplate avec l’os du bras. LJHurnérale regarde plutôt le bras que la poitrine; elle naît inférieurement, & un peu antérieurement de l’axiilaire, & fe^ jette autour de la tête de l’os du bras, pour embraf- fer l’articulation, & aller gagner la partie fupérieure du mufcle deltoïde où elle fe diftribue. Sa direaion efl; de de¬ vant en arriéré ; mais il en naît de l’axillaire une autre pe¬ tite humérale, qui a une direûion oppofée, & toutes les parties de cet endroit font principalement arrofées de ces deux artères. Les Arteres des e-xtrémités ’ _ fiipérieures. . üAxillaire, (Plane. I.fig. IL 13.) après la branches dont nous yenons de parler, paflfe immédiatement au-devant du grand peaoral , où elle change de nom, & s’appelle artère brachiale. rArtère brachiale defcend le long de la partie, interne du bras fur le mufcle coraco-brachiale , & d’anconé interne , le long du bord interne du biceps, derrière la veine bafili- que, où elle fournit de part & d’autre des rameaux aux mufi des voifins, au periofte & à l’ôs. Cette artère n’eft cou¬ verte que de la graiflè & de la peau , depuis l’aiffelle juf- qu’au milieu du bras ; elle fe cache enfuite fous le mufcle biceps, en avançant un peu jufques vers le pli du bras. Pendant ce jrajet, elle arrofe les mufcles .voifins, les tégu- •; Inens & même les nerfs. • ■ De fa partie fupérieure interne , elle-jette un rameau qui defcend en contournant en arriéré à travers les mufcles âneonés, pour venir fur le devant du’condyle externe , s’a-, naftomofeavec l’artère radiale, au-delTous de l’attache du^ grand rond; elle donne un autre rameau qui fe jette au¬ tour du bras, qui defcend entre le mufcle brachial & l’an- coné externe, auxquels il fe diftribùe & s’unit vers le condyle externe avec le rameau précédent. L’artère bra¬ chiale jette un troifiéme rameau au-delTous de celui-ci, qui defcend vers le condyle interne, & communique^ avec d’au¬ tres branches de l’avant-bras, comme on verra ci-après. Vers le milieu du bras , en s’enfonçant fous le biceps, l’artère brachiale jette un rameau qui fe diftribue au pe¬ riofte , bC s’enfonce dans l’os du bras, entre le brachial & l’anconé interne. Cette artère brachiale jette enfuite d’autres fameaux, pbur le petit anconé & l’anconé interne, & va com¬ muniquer avec îes raméauxde ï’avant bras \ ï’autfê enfuite qui fort vers la partie moyenne du bras, va derrière le condyle interne, en accompagnant un gros nerf, traverfe les mufcles attaches dans cet endroit, & communique avec un rameau de Fartère cubitale qui embrafîe le pli du brasi Quelquefois il naît de cet artere yn autre rameau plus bas que celui-ci, & qui va communiquer auffi avec un rameau qui remonte de l’artère cubitale. On nomme ces trois ra-^ meaux qui communiquent ainfi, artères collatérales. Le tronc de l’artère brachiale étant parvenu ait pli dit bras, fe gliflé avec une veine & un nerf immédiatement fous l’aponevrofe du biceps, & paiTe fous la veine médiane, en ÎQ ramifiant fur tes côtes voifines. C’eft cette artère qu’il eft aifé de percer, quand on pique la veine fans les précautions requifes. Cette artère ayant fait environ un travers de doigt de chemin au-delà du pli du bras, fe divife en deux principa¬ les branches, dont l’une eft appellée artère cubitale , & l’autre radiale. De cette bifurcation, l’artère brachiale jette des rameaux aux mufcles long fupinateur, & rond pfonateur, à la graiflfe & à la peau. L’artère cubitale s’enfonce entre l’os la partie fupérieure des mufcles rond pronateur, fublime, radial interne &: palmaire, & enfuite elle quitte l’os & fe gliflfe entre les mufcles fublimss, & cubital interne, jufqu’au poignet, pour aller gagner le ligament traverfal interne, ou gros liga¬ ment du carpe. Dans ce trajet, elle fait plufieiirs contours, 6c donne plufieurs branches. Elle produit d’abord une artère récurrente , qui gagne le condyle interne , & va communiquer avec . les artères collatérales dont nous venons de parler. Cette artère eft ac¬ compagnée d’une autre petite qui environne une partie de l’articulation , & communique également avec les collaté¬ rales. L’artère cubitale, dans fon paffage entre les’têtes de l’os du coude & du rayon, donne deux branches principa¬ les qui font les artères interoffeufes externe & interne. L’artère interoffeufe externe perce le ligament interoffeux environ trois travers de doigt au-deffous de l’articula¬ tion , 6c defcend le long de la face externe de ce ligament,' en donnant des petits rameaux recurrens, comme la cubi¬ tale ; elle fe diftribue dans fon trajet aux mufcles cubital externe, extenfeiir commun des doigts , extenleur propre du pou ce, de l’index , 6c celui du doigt annullaire ; elle communique auffi dans ce trajet avec l’interoffeufe interne ; à l’extrémité inférieure du coude , elle s’unit à une branche de l’interoffeufe interne, pour fe diftribuer à la convexité du carpe , en communiquant avec les artères radiales & cubitales. Elle forme - par ces communications, une efpece d’arcade^ irrégulière, d’où il part des rameaux pour les mufcles interoffeux externes ; & pour les parties lattérales des doigts. L’artère intetvÿèufe interne defcend fur les ligamens interof¬ feux , jufqu’au mufcle rond pronateur; entre lequel eft le quarré pronateur. Elle perce le ligament, & gagne la par¬ tie externe & convexe du poignet, & le dos de là main où elle communique ; comme je viens de dire, avec l’interof- feufe externe. L’artère cubitale paffe par-deffus le ligament traverfal inter¬ ne du poignet, à côté de l’os pififorme, jette des rameaux à la peau, au mufcle palmaire, au metacarpion,&fe jette enfuite fous l’aponevrofe palmaire, où elle arrofe l’hipothenar du petit doigt, & porte des rameaux entre les tendons des flé- chiffeurs des doigts, & les bafes des os du métacarpe. Elle produit un rameau qui fe gliffe entre les troifiéme 6c qua¬ trième os du métacarpe , & perce jufqu’au dos de la. main, où il cornmunique avec l’^artère interoffeufe externe; 6c après avoir fourni aux mufcles interoffeux, il communi¬ que avec la radiale , & fait avec elle une arcade artérielle dans le creux de la main, dont la convexité regarde les doigts 6c jette de fa convexité tî’ois ou quatre rameaux , dont le premier va à la partie kttéràle interne & pqfté- rieure du petit doigt, jufqu’à fon extrémité. Ce rameau , eft quelquefois la continuation', ou une branche de ce¬ lui qui va à rbipothenar ; les trois autres rameaux de cette arcade palmaire , yont vers les interftices des qua¬ tre os du métacarpe, & vers les têtes defquels chacun fe fend en deux rameaux , qui paffent tout le long des deux parties lattérales internes de chaque doigt. Ces artères fe communiquent par leur rencontre au bout des doigts. Quel* quefois l’arcade palniaire de l’artère cubitale fe termine par îameau Intérieur du grand doigt; pour lors, elle jette un petit rameau qui communique avec la radiale qui fup- plée à ce défaut. Cette arcade jette auffi vers la fécondé phalange du pouce un rameau vers- la partie lattérale & interne de ce doigt, & elle fs termine vers la tête du premier os du méta¬ carpe , en communiquant de nouveau avec Farètre radiale, après avoir donné un rameau au côté antérieur de l’index, & un au côté voifin du pouce , lefquels communiquent également au bout des doigts avec les autres rameaux de l’arcade palmaire. La radiale, dans fon principe, jette un rameau récurrent vers le pli du bras , qui fe tourne autour du condyie ex¬ terne en arriéré, & communique avec des rameamx voifins du tronc de l’artère brachiale , & principalement avec les artères collatérales. La radiale defcend le long de la partie interne du rayon , & glifle entre le long fupinateur , le rond pronateur & les tégumens, en arrofant ces mufcles, ainfi que les fublime, profond & court fupinateur, d’où elle paffe vers l’extrémité du rayon, en contournant & fe ramifiant dans les fléchlffeurs du pouce, & quarré prona¬ teur ; à l’extrémité du rayon, elle s’approche de la peau, vers le bord antérieur de l’os , & forme l’artère du Mé¬ decin , c’eft'à-dire, celle où l’on tâte ordinairement le pouls. Au bout du rayon, elle jette un rameau qui va au mufele thenar ; elle communique dans cet endroit avec l’arcade palmaire de l’artère cubitale', &c produit quelques ra¬ meaux cutanés au creux de la main, & en jette un tout le long de la partie lattérale interne du pouce, après quoi elle fe jette entye fes premières phalanges , & vers les tendons du même doigt, pour gagner l’interflice des bafes de la première phalange , & du premier os du mé¬ tacarpe , où elle le contourne vers le creux de la main. De ce contour, elle donne une branche à la partie lattérale ex¬ terne du pouce J au bout duquel elle communique avec celles dont nous avons parlé, par une courbure ; enfuite la ra¬ diale fe termine , en traverfant le mufele demi-interolTeux de l’index vers la bafe du premier os du métacarpe, en fe glilTant fous le tendon des fléchifTeurs des doigts , où elle s’anafiomofe de nouveau avec l’arcade palmaire de la cu¬ bitale. Cette artère, dans.ee trajet, donne auffi un rameau pour la partie lattérale interne de l’index qui fe rencontre au bout du doigt avec un rameau de l’arcade ; elle donne auffi un petit rameau qui fe croife avec les mufcles interoffeux, &c fait quelquefois une efpéce de petite arcade irrégulière qui jette des artérioles de communication à la grande arcade cu¬ bitale. Quand l’arcade palmaire de la cubitale aboutit au grand doigt, alors la radiale fe gliffe le long de la partie interne ou concave du premier os du métacarpe, pour fe divifer à la tête de cet os en deux rameaux qui remplacent les di- vifions qu’auroit fait l’arcade, comme nous avons décrit; &C pour lors l’une des divifîons du rameau de la radiale coule le long de la partie lattérale interne antérieure de l’index, &C l’autre fe gliffe entre les tendons fléchlffeurs de ce doigt, & l’os du métacarpe ; & ayant communiqué avec le ra¬ meau cubital du grand doigt, paffe le long de la partie lat¬ térale poflérieure de lindex, pour s’anaftomofer à^l’extré- mité de ce doigt avec le premier rameau de la radiale. de L’AORTE INFÉRIEURE. On donne ici la defeription de Laorte inferieure, & on verra , en divers endroits fes divifîons fur les Figures qui compofent les Planches de cette partie ici. ( 68. Plane. I.fig. I. ) L’Aorte inférieure, après avoir paffé entre les deux pjjliers du diapbr^me, pour entrer dans le ventre , fournit du côté gauche au diaphragme une artère appellée diaphragmatique inférieure. (69. Plane. I.fig. àd.) Immédiatement dprès, l’Aorte donne antérieurement un tronc affez confidérable , nommé Cœ¬ liaque , lequel , après avoir donné une ou deux autres branches au diaphragme, fe divife en trois branches prin¬ cipales , qui font l’artère hépatique, la coronaire ftomachi- que , & l’artère fplénique. L’Artère hépatique , avant que de fe diffribuer dans le foie, donne plufieurs branches. Elle en donne une au pilore, qu’on appelle pilorique , une au duodénum, appellé duo- ienale^ une à la véficuie du fiel , app’eilée cifiUque, une à l’épiplooffl , que î’< 5 n appelle la gajirique droite qui féï gne tout le long de la grande courbure de l’eftomac , & qui communique avec les branches coronaires de la ftoma- chique ; les autres- branches de l’artère hépatique vont en¬ fin fe perdre dans le foie, & fe divifent en plufieurs branches, qui accompagnent les ramifications de la veine & porte les nerfs hépatiques : le tout eft renfermé dans la capfuie de Giiffbn. , , . La fécondé branche du tronc cœliaque , éft coronaire fiomachique. Lorfqu’elle éft parvenue' entre les deux orifi¬ ces de l’eftomac, elle fe divife en deux branches ; l’anté¬ rieure fe diff ribue à toute la partie antérieure de l’eff dmac , & la branche poflérieure à toute la partie ppAérieure. Ces ramifications communiquent avec les vaiffeaux courts, & les gaftriques épiploïques, tant droits que gauches. La troifiéme branche du tronc cœliaque ,eft Iartère fple- nique , ^qui va à la rate. En fon chemin, elle donne au pancréas des artères appellées pancréatiques. Elle en four¬ nit au fond de l’eftomac , qu’on nomme vaiffeaux courts ainfi qu’à l’épiploom, qu’on appelle epiploiques , ou gaf¬ triques gauches. ' Il faut obferver que toutes ces branches partent du tronc , avant qu’il fqit arrivé à !a rate : enfuite il s'avance vers la cavité de la rate , où il fe divife en plufieurs bran¬ ches , qui s’implantent dans la fubftanéé? de la rate. (A/. 73.) Après le tronc cœliaque, l’Aorte fournit, dans la partie antérieure , mefenterique fuperieure. Cette artère fait environ un pouce & demi de chemin , & forme une petite croffe qui fe divife en fept branches renfermées entre les deux feuillets du méfentere ; ces fept branches fe divifent en plufieurs , dont deux font fiîuées dü côté droit, & vont fe rendre au cæcum & au colon ; les autres bran¬ ches qui fe portent un peu du côté gauche, fe diftribiient aux inteftins duodénum, jéjunum, ileum , & au cæcum, & elles s’anaftofflofent avec la mefenterique inférieure. Au-deffous de la mefenterique fupériesre, l’Aorte infé¬ rieure fournit de chaque côté les ancres émulgentes vont aux reins, d’où il part une branche & quelquefois deux , qui vont aux capfules attrabilaires ; fouvent ces artères partent de l’Aorte même. (75. Même Planche.) Les artères émulgemes ,foat des ar¬ cades dans la fubftance interne du rein; il fort de ces arcades quantité d’autres petits rameaux vers la circonfén rence, ou furface externe. (76 Même Planche.) Lès artères fpermatiques font deux petites artères quinaiffent de la partie antérieure de l’Aorte , un peu au-deffous des émulgentes. Elles jettent d’abord en s’écartant, tant à droite qu’à gauche, à la membrane commune des reins, de petits rameaux nommés artères adipeiifes ; enfuite, elles defeendent fur les mufcles pfoas , par-devant les uretheres , entre les deux lamés, ou feuil¬ lets du péritoine, auquel elles donnent des rameaux, & principalement aux parties voifines du mefentere, avec lefquelles elles commbiniquent, de même qu’avec les adi- peufes; elles donnent auffi des areoles aux uretheres, en- fuite elles fe diflribuent aux ovaires & à l’utérus , & elles communiquent avec des rameaux de l’artère hipogaflri- que , vers les extrémités frangées, des trompes de Fal- iope, dans les femmes , & aux teflicules dans les hommes L’Aorte inférieure jette lattéralement les artères lombaires au nombre de cinq & fix paires au plus, à peu près comme les intercoftalesi On peut les diftinguer en fiipérieures & en inférieures. Les fupérieures donnent de petits rameaux aux parties voifines du diaphragme & des mufcles intercôftaux; elles tiennent même lieu de demi-intercoftales ; quelquefois les paires viennent d’im tronc commun. Elles fe diftribuént de côté& d’autre aux mufcles pfoas aux quarrés, aux triangulaires, aux traverfals & aux obli¬ ques du bas ventre. Elles percent ces derniers, & devien¬ nent hipogaftriques externes ; elles vont aux mufcles verté¬ braux , au corps des vertèbres, & entrent dans le canal de l’épine par les échancrures latérales.des vertèbres, parles membranes, &c. & y forment des anneaux à peu près comme les intercoftales ; elles donnent auffi des artères aux nerfs. . • L’Aorte inférieure fe termine vis-à-vis la derniere ver¬ tèbre des lornbes , ôc quelquefois plus haut, où elle fe di¬ vife lattéralement en deux groffes branches ; l’ime à droite., & l’autre à gauche , appellées artères iliaques ; elles font cha¬ cune le tronc commun de même nom. ( 7 ) De leur divifion, il part une artère, & quelquefois deux, fupérieure de cét os, & enfuite cette artère defcend fur le qiron appelleyacrw, qui fe ramifient fur l’os facrum, & ligament interoffeux entre le mufcle jambier antérieur , & fur les parties voifines de l’inteftin reâum , & entrent par l’extenfeur du pouce. Cette artère fe jette après fur la par¬ les trous antérieurs de l’os facrum dans le canal de cet os, tie inférieure û antérieure du tibia, & paffe fous le liga- oii elles fe diftribuent de côté & d’autre ; elles donnent ment annulaire commun, & fous i’extenfeur du pouce, pour auffi des artérioles aux gros cordons des nerfs qui y font fe plonger dans l’articulation du pied, & donne en che- renfermés , & s’inlinuent dans le tilTu cellulaire intérieur de min faitant, depuis les divifions dont nous venons de par¬ ce même os. Chaque iliaque fe fubdivife en iliaque externe , 1 er , à droite & à gauche , des rameaux qui fe plongent dans en iliaque interne, ou , que l’on verra ci-après. les mufcles , & qui communiquent avec les artères fui- h’Artère crurale. Cette artère ell la continuation de l’i/ia- vantes, ÿwe elle fort du bas-ventre, entre le ligament tandi- Les branches inférieures de la tibiale antérieure fe glif- neux de Fallope, & le tendon du mufcle pfoas , fur l’imion fent entre Taftragal & le calcanéum , & fe diftribuent à des os des ifles avec l’os pubis ; en fortant, elle donne trois l’articulation du pied & aux os du tarfe ; ces branches com- pelits rameaux |ue l’on voit ici (8i.) Celui qui fe muniquent avec celles de la tibiale poftérieure & de la pé- J _« i*___ UÀ _4.:*^ i_ Cr___„ r t r * i r ^ voit dans la fecmide Planche , eft appellé petite hon- îeufe externe ; le fécond va au mufcle peâineus, ôc le troi- fiéme au mufcle couttîricr, & ils jettent de petites divifions aux tégumens voifins. L’Artère crurale defcend enfuite vers la tête du fémur, & roniere, & ces communications font des efpéces de frag- mens'de cercle qui environnent en partie les os du tarfe de part & d’autre. Cette artère s’avance après ces divifions le long de la convexité du pied jufqu’aux intervalles du premier & da fe contourne dans cet endroit près la veine crurale, pour fécond os du métatarfe; entre les têtes de ces petits os, aller gagner le defliis de cette veine , à quelques travers elle jette une petite branche qui perce les mufcles interof- de doigts plus bas. Dans cet efpace, ou ce trajet, depuis fa fortie du bas-ventre, elle n’eft couverte que de la graille & de la peau, étant fur le peâiné & fur la divifion du tri¬ ceps. A l’endroit de fon dépiacement ou contour ^, cette ar¬ tère produit trois branches confidérables, une externe, une tnojrenne , une interne. Nous voyons ici l’origine de ces trois branches ; elles vont fur les mufcles cruraux, vafte externe, grelle antérieure &fafcialata, ôc même l’une de ces branches remonte jufqu’au moyen feffier fur le trocan- ter ; & les rameaux de cette branche , par leurs divifions, communiquent avec le premier rameau de la grande hon- teufe Sc avec la fiatique. A l’égard de la branche moyenne , elle defcend fur la partie interne de la cuifte ,*entre les portions du mufcle tricepstpfelle perce, pour fe diftribuer au grand feffier feux fupérieurs, pafle par-deffous, & va fe joindre avec l’extrémité de la tibiale poftérieure , avec laquelle elle forme fous la plante du pied une arcade nommée plantaire. Outre cette petite branche , elle jette encore par-deflits les autres os du métatarfe deux ou trois rameaux confidérables, qui vont aux mufcles interofleux & aux tégumens, & qui fe communiquent mutuellement. Elle finit après toutes les divifions que nous venons de voir. Si qu’on apperçoit en partie dans cette figure , par deux rameaux I, dont l’un va au mufcle thenar & au côté interne du pouce, & l’aütre fe partage pour le côté externe du pouce & pour le côté interne du fécond orteil. (95. id.) La Tibialepojlirieure, qu’on nomme aufli artèrefura.‘. le , defcend entre les mufcles folaires, le jambier poftérieur . . . , ^ _ le long fléchiiTeur propre du pouce, auxquels elle fournit aux mufcles demi-nerveux, demi-membraneux, & aux té- dufang, ainfi qu’à la moelle du tibia, par un efpéce de ca- giimens voifi’ns. Elle eft vue dans,cette figure, & elle le nal offeux qtii fe trouve dans la partie moyenne & pofté- fera dans les dernieres de mon Cours Anatomique. rieiire. Cette artère ferpente derrière la malléole interne, La branche interne va en arriéré fur les quadrijumaux après avoir donné tous ces rameaux, en communiquant vers le gran4 trocanter, & après avoir donné un rameau avec l’artère antérieure, oit elle eft couverte des veines qui entre dans l’articulation du fémur, elle defcend en ar- voifines ; elle paffe fous la plante du pied entre la face con¬ cave du. calcanéum & le mufcle thenar, oh elle fe divife en deux rameaux , l’un intérieur & l’autre poftérieur td’ex- terne, que l’on nomme plantaire externe, pafle oblique¬ ment par la face concave du calcanéum , fous la plante du pied , & va jufqu’à la bafe du cinquième os du métatarfe & de-là fait une efpéce d’arcade jufques vers le pouce, oü elle communique avec la tibiale antérieure, ce que nous avons déjà dit. La convexité de cette arcade fournit aux ' here, & fe jette aux mufcles qui couvrent les os par plufieurs autres rameaux, dont l’un entre dans l’os même, à côté de la ligne âpre. L’artère crurale , après la diftribution de ces branches , defcend entre le couturier ôc le vaft'e interne & le triceps, comme l’on voit dans la cuiffe gauche , en jettant des ra¬ meaux aux environs & à la partie inférieure de la cuiffe ; elle traverfe le triceps un peu au-defîiis du condyle, où elle change de nom, oti elle prend celui de jarretière & de deux côtés de chacun ^es trois derniers orteils, & au côté poplitée, ÔC elle fe fourre dans le creux ,du jarret avec fa compagne, c’eft-à-dire, la veine du même nom. L’Artère poplitée Plane. IL) n’eft couverte que des tégumens dans cet endroit ; elle arrofe par des rameaux le condyle de part & d’autre , ôc ces rameaux communi¬ quent avec ceux des divifions inférieures de l’artère crurale dont nous venons de parler. Cette artère donne encore à l’articulation du genou des rameaux, dont un paffe entre les ligamens croifés, & en def- cendant, elle jette fes branches' aux mufcles grands jumaux ôc poplitée; enfuite elle jette deux rameaux, l’un interne & l’autre externe;le premier embraffe la tête du tibial, fur lequel il paffe en devant entre le ligament lattéral externe de l’os, & communique avec les rameaux qift embraflent le fémur; le fécond rameau paffe par-deffus la tête du pé¬ roné , & fe gliffe entre la tête du tibia & le ligament latté¬ ral externe du genou ; ce rameau embraffe l’articulation juf¬ qu’aux ligamens de la rotule. Ces rameaux communiquent encore avec les précédens. Il naît au-deffous de ces deux ra¬ meaux une arteriole fur la furface poftérieure du ligament interoffeux , attenant le tibia, dans lequel elle fe plongCi Cette artère poplitée fe termine enfin en deux branches , du fécond orteil des rameaux, qui forment enfemble fur l’extrémité , ou fur le milieu de chaque doigt, des pe¬ tits arcs de communication entr’eux. Le rameau interne s’appelle plantaire interne ; il fe jette au milieu de la plante du pied, où il fe fous-divife, pour fournir le pouce, ôc pour communiquer aux autres orteils, ôc s’anaftomofer avec les divifions dont nous avons parlé. La Peronnlere (98. îW.) defcend aucontralreie long de la face du péroné , entre le mufcle folalre & le fiéchiflèur du pouce, où elle donne des rameaux, ôc étant parvenue au bas du péroné , elle jette une branche qui fe plonge entre le tibia ôc le péroné, qui paffe fur leurs extrémités de derrière en devant, & fur le ligament interofleux, ôc fe diftribue au tarfe ôc aux tégumens ; elle defcend enfuite fur la partie poftérieure du péroné jufqu’au calcanéum , où elle forme une arcade entre l’aftragâl & le tendon d’Achille. Cette arcade communique avec la tibiale poftérieure ; elle fe jette après en dehors, où elle a de légères communica¬ tions avec la tibiale antérieure, par une arcade qui fournit plufieurs rameaux aux parties voifines. Ces arteres, ou branches inférieures de la crurale , ont que l’on nomme tibiale antérieure ôc tibiale pojîérieure ; celle- des fréquens anaftoniofes, foit dans la peau ou fur le pe- ci fe fous-divife encore , & fa divifion externe, & la plus riofte, que l’on diftinguçr encore mieux dans le fœtus, lef- petite , fe nommepéronnierepofiérieure. quels forment une efpéce de rete mirahile. La Tibiale antérieure ( 96. Plane. II. fig. I. ) paffe entre la Je vais expliquer les veines crurales ; il ne fuffit pas de ce tête du tibia, & la tête du péroné, jette des rameaux en haut, que nous en avons dit à l’explication des premières figures en bas ôc aux côtes qui communiquent avec la, poplitée, dgs deux premières Planches qui les repréfentent dans.leurs & fe jette de part ù. d’autre aux environs de la partie fituations naturelles, avec leurs divifions. td VEINE CAVE SUPÉRIEURE. XPtanche I. jig, 1 . 45.) La|veinÊ cave a deux troncs eflentiels & didinâs l’im de l’autre, qui fortent féparément de l’oreillette droite du cœur. Le tronc fupérieur, ou veine cave fupérieure , eft celle qui rapporte le fang de la tête, des extrémités fupérieures, de la poitrine & de la veine azigos dans le cœur. Celle qui defcend dans le bas-ventre , qu’on appelle veine cave inférieure , ou defcendante , après avoir percé le diaphragme, ce qu’elle fait cependant en rece¬ vant les veines hépatiques, peu après la fortie du diaphrag¬ me , va fe divifer à l’entrée du baffin, ayant donné aupa¬ ravant plulieurs branches, où, elle forme avec l’aorte les iliaques; elle accompagne les artères par fes divifîons, & fes branches fortent enfemble au bas-ventre , pour recevoir ïe fang des extrémités inférieures que les artères crurales ont arrolé ; mais nous pouvons obferver, pour éviter toute équivoque dans l’expolition que l’on fait des bleffures fur les noms que l’on donne à ces veines Safcendante & def¬ cendante , que ce n’eft qu’a caufe de leurs configurations qu’elles font ainfi nommées : car s’il falloit les défigner, par rapport à leurs fondions, la veine cave inférieure & defcendante , eft celle qui remonte le fang dans le cœur, & non pas celle qui le defcend ; au contraire , la veine cave fupérieure & afcendante efi: celle qui defcend le fang dans le cœur, & non pas celle qui le monte ; ce qui a occafionné fouvent des équivoques parmi les jeunes Chirurgiens dans le récit & l’expofé de leurs obfervations. C’eft pourquoi en fe fervant du terme de fupérieure & à’inférieure, on défi- gne mieux les divifîons appartenantes à l’une de ces veines, dans leurs proximités & leurs anaftomofes. Ces veines ont de commun avec les artères qui lesac- compagnènt, que la plupart des branches capitales & des troncs inférieurs font pairs; mais que leur divifion ou ra¬ meaux enfuite n’obfervent point de parité entre celles du côté gauche & celles du côté droit. On doit excepter les branches capitales, la veine azigos, & quelques autres pe¬ tits troncs inférieurs. Il faut obferver encore que'la veine cave inférieure n’a qu’une petite portion renfermée dans le péricarde. On n’apperçoit fur la partie antérieure de cette veine tout au plus qu’une ligne de trajet dans le péricarde, & fur fa partie poftérieure environ trois lignes. La Fline cave fupérieure^ ou afcendante , eft celle que cous voyons dans cette figure avec fes divilions ; la racine de cette veine eft dans l’oreillette droite du cœur, & ren¬ fermée dans le péricarde, ou côté droit de l’aorte , & un peu phis^ avancée, & fe trouve fous les cartillages des vraies côtes , du côté droit ; fon tronc monte prefque d’aplomb, en fuivant à-peu-près la pofition defternum; elle s’incline cependant vers l’aorte à mefure qu’elle s’élève, &: étant arrivée derrière la cartillage de la première vraie côte , elle fe partage, & forme du côté droit & du côté gauche les deux fouclavier^s, pofées effeflivement fous les clavicules ; mais auparavant ce tronc reçoit quelques peti¬ tes branches du côté droit. Ces petites branches que nous ne voyons pas ici , parce qu’on a fupprimé les côtes &; le peâoral , viennent du péricarde , du diaphragme, des glandes thimiques, des mufcles intercoftaux, du mé- diaftin , de la plevre, du grandpeftoral, de la mammelle Sc des graiffes. La V’.ine fouclaviere (19. idt) après avoir donné une partie des branches peftorales ^ paffe devant la portion antérieure du mufcle fcalene, & fe glifle entre la première côte & la cla¬ vicule, pour gagner l’aiffelle , où elle prend le nom àéaxil¬ laire; dans ce trajet, elle donne plufîeurs branches, qui font les veines mufculaires & thorachiques. Cette veine étant parvenue à la tête de l’humérus, jette uue branche confi- dérable , qu’on appelle veine céphalique , & fe continue fur le bras fous le nom de veine bajîli^ue ; quelquefois cette veine n’eft que la branche de l’axilllaire, & la céphalique en eft la continuation ; c’eft félon leurs direéiions particu¬ lières , & la groffeur plus ou moins confidérable de l’une ou de l’autre. La Veine céphalique (17. id. & 30,/g. I. & IL) s’unit un peu après fon origine avec la petite céphalique, qui vient de la fouclaviere , ou de la jugulaire externe, & fe glifle fuperfi- ciellement entre le mui'cle deltoïde & le grand peûoral, pour former cette union; il y a d’autres unions quelque-. fois avec ces veines, par des doubles rameaux qui fe ren¬ contrent autour de la jointure du bras. La veine céphali¬ que pafle entre les tendons des mufcles ci-deflus, & def¬ cend le long du bord externe de la portion externe du muf¬ cle biceps; elle communique dans ce trajet avec la bafili- que, & donne des rameaux aux mufcles voifins , à la peau &àlagraiffe. Au-deffous du condyle externe de l’os du bras , elle jette un rameau qui remonte entre le mufcle brachial antérieur , Ô£ la portion fupérieure du mufcle long fupinateur, qui va communiquer avec quelques branches de la bafilique. La céphalique étant parvenue au pli du bras , fe divife en deux brahches. La plus longue eft nommée la veine ra~ ■ diale externe ; la courte fe nomme, fi l’on veut, veine médiane céphalique, (34. iüf.) ce qui la diftingue alors d’une pareille branche de la veine bafilique. La radiale externe coule le long du rayon entre les mufcles &c les tégumens, en fe di- vifant de côté & d’autre, & s’anaftomofant avec celles de la veine bafilique; cette veine forme des veinules comme la faphene en fait fur les extrémités inférieures. La veme courte de la céphalique s’anaftomofe avec la pareille de la bafilique dont nous venons de parier , que l’on nomme aufli veines médianes laitérales, & forment à leur union une grofle branche, appellée groffe médiane, ou grande médiane, (38. id.) dite aufli médiane de riolan. De cette union part aufli une branche qui defcend fur la partie interne de l’avant- bras , vis-à-vis le ligament interofleux, qu’on appelle veine profonde (36. id.) de l’avant-bras. Cetteveine part aufli quej- quefois un peu après la naiflance delà grande médiane. La médiane céphalique dont nous avons parlé, ou médiane latté- rale céphalique , jette une branche longue qui fuit le rayon , & eft appeliéé radiale interne. Après toutes^ ces divifions, la céphalique diminue, & fuit la route à-peu-près de l’artère radiale jufqu’à l’extré¬ mité du rayon , d’où il part un rameau particulier qui va entre le pouce & le métacarpe , fous le nom de céphalique du pouce. Ces veinules fourniffenc aux mufcles interofleux des filets qui reçoivent le fang de ces parties, & des tégu¬ mens de la main. La bafilique (31. idé) que lès anciens nommoiént veine du foie , ou veine hépatique du bras , a quelquefois une double naif- fance de la veine axillaire. Elle reçoit le fang fous la tête de l’os du bras par une branche aflfez grofle qui paffe traveriale-, ment autour du col, de cet.os de dedans en arriéré ,& de derrière en dehors , en fe raniifiant fur l’omoplate. Cette branche peut fe nommer articulaire , ou fous-humérale. La bafilique enfuite reçoit le fang de deux petites veines qui, accompagnent l’artère brachiale, & l’embraffent d’efpace en efpace, par des petites communications entr’elles, ou peut appeller ces veines , félon M. Winflow, veines fa- tellites de Vartère brachiale ; car c’eft lui qui a donné le nom aufli Aç. veines articulaires à celle dont nous venons de par¬ ler, & à d’autres dont j’ai fait mention ci-deffus , les autres Anatomiftes ayant négligé de les indiquer par. quelque terme fignificatlf du lieu qu’elles occupent ; quelquefois ces- petites veines fatellites naiffent de la veine profonde fupé¬ rieure. Au-deffous du col de l’humérus, près du creux de l’aif- felle , derrière le tendon du grand peâoral, la bafilique donne une veine confidérable, qui defcend à côté de l’ar¬ tère brachiale, pour recevoir le fang de l’intérieur du bras , qu’on appelle la veine profonde fupérieure {y^.id.). La bafilique continue fa route entre les téguàtens & les mufcles, où elle communique avec la profonde &-la cé¬ phalique , & étant parvenue au pli du bras , donne la médietne bafilique (3 5.iV.) dont nous avons parié; defcend le long le l’os du coude , entre les tégumens & les mufcles, fous le nom de cubitale interne, en s’anaftomofaat toujours de part & d’autre. Elle jette au commencement de fen trajet fur l’avant-bras , une branche novaméQ cubitale interne ; .& étant parvenue à l’extrémité de fos du coude, elle jette fur.la convexité du carpe plufieurs rameaux , dont un, fous le nom de falvateüe, va gagner le petit doigt, du côté du doigt annulaire. LA VEINE CAVE INFÉRIEURE,. Cette veine ayant percé le diaphragme, paffe par la par¬ tie poftérieure de la grande feiffure du foie, entre le lobe & le lobule àQfpigellms. Dans ce trajet, elle donne ordri nairemenc naîrement trois greffes branches, appeîlées veines hépatiques^ c’eft-à-dire à’hepar^ le foye. Effeûivement, ces veines vont fe ramifier dans le foye ; (en parlant du foye en particu¬ lier, nous décrirons ces vailTeaux.) La veine reinale droite eft l’une des grolTes branches de la veine cave, qui vont de chaque côté de cette veine fe por¬ ter aux reins ; celle-ci eft plus courte, & defeend un peu obliquement pour aller joindre le rein. (54./^. L Plane I.) Les veines reinales du côté gauche font plus longues que la précédente ; & cela doit être ainli , puifque le tronc de l’aorte defeendante eft entre le rein ôc le tronc de la veine cave, qui les reçoit de ce côté, ce qui ne fe trouve pas du côté droit, où le rein eft plus proche de la veine cave. Les veines reinales du côté gauche fe trouvent placées im- tnédiatement fous l’artère mefenterique fupérieure. Il n eft cependant pas ordinaire qu’il y ait deux veines reinales d’un côté, & une de l’autre, ou deux de chaque côté ; affez fou- vent on n’en rencontre qu’une feule à droite , & une feule à gauche. Ces veines jettent en haut des veines cap- fulaires qui accompagnent les artères du même nom dont nous avons parlé, & en bas des veines adipeufes qui vont à l’enveloppe graiffeufe des reins. La veine reinale gauche fournit ordinairement la veine fpermatique du même côté, comme l’on voit dans cette figure. Les deux reinales vont gagner l’échancrure des reins par plufieurs ramifications, qui fe diftribuent dans leur fubftan- ce, ainfi qu’elles font dépeintes au côté droit(c./g. idé). Les veines fpermatiques accompagnent les artères dont flous venons de parler, & les fuivent dans leur divifion; un peu après avoir croifé les uretères, elles produifent une branche çonfidérable, qui fe divife enfuite en deux rameaux, dont l’un va communiquer avec la veine capfulaire, ou fur-rei- nale, & l’autre communique affez fouvent avec les veines reinales ou émulgentes ; elles communiquent enfuite avec la veine mefaraique ; elles fe multiplient en approchant des anneaux, &: s’anaftomofent entr’elles de diftance en diftan- ce ; les rameaux de ces veines fe tortillent & s’entrelaffent les uns avec les autres, & avec les artères qui les ac¬ compagnent , enfermées dans la gaine dont nous avons parlé, ce qui les a fait appeller des Anciens, vaiffeaux Panpini- formes. Les veines & les artères fpermatiques^ font fi adhé¬ rentes entr’elles en certains endroits, que c’eft ce qui a fait croire que les veines s’anaftoraofoient avec les artères, ce qui eft abfurde , & contredit par les Anatomiftes les plus fa vans, entr’autres par M. Winflow. (59./^. idé) DES PARTIES NATURELLES DE EHOMME. Les Tejlicules. Les anciens les appelloient Didimes, c’eft- à-dire Jumeaux. Les tefticules forment deux corps glandu¬ leux dont on voit ici la figure & le volume. ( f de nature. ) Ils font plus ou moins gros , félon l’âge & le tempérament. La partie fupérieure eft couronnée d’une appendice , que l’on nomme épididime. {m.jîg. I. Plane. 7 .) Les tefticules font fufpendus dans une enveloppe cuta¬ née & commune, appellée Scrotum ; ils font aufli enve¬ loppés de deux membranes particulières. La première , eft la gaine du cordon fpermatique , que l’on appelle tunique 'Vaginale ; mais leur tunique propre'eft une membrane affez cpaiffe antérieurement & très-mince par fa partie poftérieure, que l’on nomme tunique alhuginée , c’eft-à-dire, blanche. Les tefticules font compofés d’un nombre infini de pe¬ tits canaux , extrêmement déliés , qui font plufieurs cir¬ convolutions , & font contenus dans différens paquets fé- parés par des cloifons raembraneufes. Ces cloifons abou- tiffent au noyau du tefticule, & tiennent de l’autre côté à la partie interne de la membrane albugineufe. Le noyau du tefticule, ou la réunion de ces petits paquets, forment enfuite le commencement des épldidimes. Les épididimes font la partie faillante du tefticule, & ne font que le prolongement du noyau. La tête de l’épididime eft la partie antérieure qui fort du tefticule même, à côté des vaiffeaux fpermatiques, & la queue eft fa partie pefté- rieure qui va former les canaux déférens. {n. fig, i 7 .) Nous parlerons du ferotum & du dartos dans un autre en¬ droit. Les canaux déférens font la continuation des épididimes. Ils forment des tuyaux blancs un peu applatis, de la grof- feur du tuyau d’une plume d’aile de pigeon, quelquefois plus forts, ils vont joindre, en fe couchant furies épididi¬ mes , les vaiffeaux fpermatiques, & montent dans la gaîné commune , que l’on appelle cordon fpermatique , vers la partie jpqftérieure de ce cordon. Ils conduifent chacun de leur côté le fperme préparé par les tefticules dans le baffin à l’entrée duquel ils quittent les vaiffeaux fpermatiques , pour fe gliffer à côté de la veffie, où ils fe recourbent» & viennent fe terminer à la partie inférieure & extérieure du col de la veffie. {o.fg. id. ôc HH.fig. II. Planche II.) Dans leurs trajets, les canaux déférens paffent derrière l’artère ombilicale, en la croifant, & en croifant aufti les uretères. Ces canaux font pliffés à leur naiffance vers i’é- pididirne, 6 c plus gros que dans le refte de leurétendue ; ils diminuent vers les véficules féminales & fe tortillent; en finiffant ils deviennent très-minces. Les véfcules féminales font les réfervoirs de la femence que les canaux déférens lui portent , déjà préparée, 6 c propre à la formation animale. Ce font deux corps blanchâtres, boffelets & mollets,’ longs de trois ou quatre travers de doigts , larges d’un tra¬ vers de doigt, & épais environ d’uq tiers de cette largeur , fitués obliquement entre le reéïiim & la partie inférieure de la veffie ; de maniéré que leurs extrémités fupérieures font éloignées l’une de l’autre, 6 c que les inférieures font jointes enfemble entre les extrémités des canaux dçférens , dont elles imitent '6c l’obliquité & la courbure. Elles font inégalement arrondies par en haut, leur lar¬ geur diminue par degrés vers le bas ; elles forment par l’union de leurs extrémités inférieures une efpéce de four¬ che , dont les branches feroient larges 6 c recourbées en maniéré de cornes de Belier. Ces extrémités inférieures font fort étroites , 6 c forment par leur union une efpéce de col menu, qui fe gliffe fous la veffie vers fon orifice, 6c enfuite continue fon chemin dans la gouttière des proftates, &dans répaiffeur de la portion voifine de l’uréthre, ou en¬ fin les extrémités percent l’épaiffeur de la caroncule. Elles font pliffees en dedans, & comme diftinguées en plufieurs capfules véficulaires, par des replis tortueux. Leur furface externe eft revêtue d’une membrane fine, qui bor¬ de 6 c bride les replis. Cette membrane eft une vraie conti¬ nuation du tiffu cellulaire du péritoine. On peut débrider les replis, 6 c par ce moyen déployer les tortuofités, 6 c rendre le corps des véficules beaucoup plus long qu’il n’eft quand il eft replié. La furface interne de leur tiffu eft veloutée & glandit- jeufe, 6 c fournit continuellement un fuc particulier , qui digéré , exalte ou affine , 6 c perfedionne de plus en plus la matière féminale qu’elles reçoivent par les canaux défé¬ rens, 6 c dont elles font les réfervoirs pendant un certain temps. Le paffage des canaux déférens dans ces véficules eft très- fingulier. J’ai dit ci-deffus que les canaux déférens fe re¬ courbent derrière la veflie , & s’y rencontrent par leurs extrémités fort rétrécis. Ces deux extrémités s’uniffent en maniéré d’angle, & fe glifl'ent entre les extrémités voifi- nes des véficules féminales. Elles s’y uniffenc fi étroite¬ ment enfemble, que leurs portions adofiées ne paroiffent faire qu’une cloifon mitoyenne entre deux petits tuyaux , dont chacun eft formé en partie par l’extrémité de l’un des canaux déférens, & en partie par l’extrémité de la vëficule voifine. L’union latérale de l’extrémité du canal déférent, 6 c de l’extrémité de la véficule de chaque côté forment aufti en¬ tr’elles une efpéce de cloifon particulière très-courte, qui fe termine en croiffant, comme une petite valvule femilu- nalre. L’extrémité du canal déférent eft plus étroite que celle de la véficule feminale. » Cette méchanique , dit M. » Winflov, dans fon expofition anatomique , permet tou- » jours au liquide de chaque canal déférent de s’infinuer peu- » à-peti dans la véficule féminale du même côté, 6 c elle » empêche celui de la véficule de rentrer dans le canal dé- » férent. M Quand on fouffle par un des canaux déférens, après avoir » fermé l’uréthre, le vent gonfle la véficule féminale voifine, » 6 c le canal urinaire, fans paffer dans la véficule, ni dans » le canal de l’autre côté, à moins qu’on ne le pouffe avec » violence. Enfuite, les deux petits tuyaux , formés chacun par l’extrémité d’un canal déférent, 6 c par celle d’une véficule feminale fe gliffent entre la bafe des proftates & le canal de l’uréthre, dont ils percent obliquement l’épaiffeur, & abou- c ïîiTeiît à la eafoncule, comme il eft dit d'devant. Les Anatomiftes conviennent que la femence humaine ifijourm pendant un certain temps dans les véjîcules. Ils ont ob¬ servé ici une valvule qui fe trouve à l’ouverture & à leur communication avec les vaiffeaux déférens. Ils obfervent encore que cette valvule permet à la femence dlentrer dans la véjîcule & rempêche d'en forcir , & enfin , que la véficuie droite ne communique pas avec la véikule gauche. Cela étant, n’auroit-on pas dù, depuis fi long-temps, faire les recherches que l’on a faites depuis peu, pour lavoir ii l’animal fe formoit dans ces véficules ? Par l’admirable llruâure des véficules de l’homme, & leur fituaîion avantageufe à la produûion de la femence, ne devoit-on pas deviner leur ufage? Au lieu que les parties de la femme ne paroiffent qu’un réfervoir propre à fe dila- 4 er & à fe rétrécir félon le befoin de l’embrion ou du fœ¬ tus : elles n’ont rien de commun avec fa formation, puifque de toutes ces parties, les ovaires ôi les proftates, ou glan¬ des du vagin, font les feuls inftrumens qui fervent dans le moment de la conception à filtrer direélement des vaiffeaux fpermatiques, & des branches des hypogaftriques , une li¬ gueur qu’ils laiffent couler dans la matrice, femblables en cela à tant d’autres glandes dont le corps eft parfemé. Si les molécules organiques , ou les liqueurs prolifiques étoient partagées entre le maie & la femelle, les deux fexes n’au- roient-ils pas les mêmes organes & les mêmes femences ? Si cela n’ell pas, ii faut donc convenir que les molécules & les liqueurs prolifiques ne font pas également partagées entre les deux fexes, &. déférer au mâle les plus parfaites. La glandeproflate (f.fig. 6.) a la figure à-peu-près d’une ch⬠taigne ; elle entoure entièrement l’entrée du canal de i’iiréthre; elle fe trouve aitffi fituée entre la veffie & le bulbe, & fortifie dans cet endroit le canal auquel elle eft adhérente. Dans la fituation naturelle, cette glande fe trouve appuyée fur le rectum > & fa pointe eft fous la lèvre interne de l’arcade de l’os pubis. Son tilfu interne eft fpongieiix, très-ferré; on trouve dans chaque lobe des proftates, plufieurs follicules qui s’ouvrent dans la portion de l’uréthre vers le fond de la gouttière. Ces glandes ont leurs orifices autour de celui des véficules feminales, au commencement de i’uréthre, ainfi que l’on va l’expliquer. hQgland ( Q.fig. 7), ou le chapiteau de la verge, eft formé par la continuation du tiffu fpongieux du canal de i’uréthre, & ne communique point avec les corps caverneux ; il leur eft feulement étroitement uni. En foufflant le tiffu de l’iiréthre, on le gonfle aufll-tôt, ce qui n’arriye point lorfque l’on fouflle dans les corps caverneux ; mais ces corps commu¬ niquent au contraire de l’un à fautre. La figure démontre ici fa forme mieux que toutes les deferiptions que l’on en pourroit faire. La convexité du gland eft garnie d’un ve¬ louté extrêmement fubtii, qui eft recouvert dune membra¬ ne fine. La circonférence de fa bafe eft garnie d’houppes ner- veufes , d’un double rang de petits mammelons , que l’on peut regarder comme ,des glandes febacées qui produifent certaine liqueur vifqueufe, au moyen de petits tuyaux ex¬ crétoires , auxquelles on a donné le nom de glandes odorifé¬ rantes de tyfon. Les coï'^s caverneux font des tuyaux prefque cylindriques, ainfi qu’on les voit dépeints ; le tiffu ligamenteux qui forme leurs parois eft élaftique ; ils font compofés de fibres fines & déliées en parties tranfverfes , & en partie plus ou moins obliques . comme on le voit dans la coupe de la quatrième figure;(O. II.) leurs cavités font remplies d’un tiffu lulaire & caverneux , qui paroît être la continuation du tiffu extérieur ; les cellules communiquent enfemble, Ô£ font continuellement plus ou moins remplies de fang, à- peu-près comme le tiflli celliilaire de la ratte, avec cette dif¬ férence que les parois des cellules font ici plus épais , leurs cavités fans aucun tiffu acceffoire. On apperçoit ici de quelle façon ils font placés ; ils fe touchent à la partie fu- périeure de la verge, & à leur extrémité ; ils s’uniffent par la communication de leurs fibres & de leurs cellules ; .de forte, comme je l’ai dit, que quand on les fouffle, l’air de l’un remplit l’autre, & leur jonaion forme deux gouttières, une fupérieure & extérieure, & l’autre inté¬ rieure & inférieure, occupée par l’uréthre ; leur extrémité fur le gland eft arrondie , & le gland les emboîte dans leurs extrémités ; elles applatiffent à cet endroit le canal de ruréthre. (^Voye^ cette figure en grand, Exp. Anat. des maux Vénériens, j = ) Les racines des corps caverneux font attachées chacune en partiulier de côté & d’autre au bord de la petite bran¬ che de l’os ifehion, & à celle de l’os pubis , oii ils s’ar- rondiffenfr. Dans cet état, ils s’arc-boutent entre le gland Sc ces os , & font une efpéce d’effort élaftique , lorfque le gland eft appuyé. Le canal de l’urétkre (S.fig. 6,) eft très-adhérent aux corps caverneux. Le corps qui le forme eft une lame fpongieufe , excepté du côté de la veffie , oh cette lame eft extrêmement membraneufe. Les furfaces extérieures & intérieures de cette lame, ou pour mieux dire du canal, font aufîi mem- braneufes. La fubftance fpongieufe dont nous parlons, qui eft celle qui forme le canal, eft accumulée au commencement du canal dans la partie inférieure & poflérieure, 6c forme une efpéce de bulbe , ou d’oignon , lequel eft divifé en deux par¬ ties par une cloifon très-fine & membraneufe; dans le gonflement de ces parties, il le fait paroître double. {Foye^ lafîxiéme figure mêm^ Planche ,} Le verumontanum. C’eft une éminenœ, percée dans fa partie la plus greffe , de deux petites ouvertures de cha¬ que côté de fon fommet, quelquefois d’une feule, & ra¬ rement de trois. Ces ouvertures que l’on diftingue ici par deux points noirs, font les orifices des canaux excrétoires des véficules féminales par où fort l’embrion. Il paroît à l’extrémité de chacun de ces trois orifices, un petit corps membraneux très-fin & très-délié , fait à-peu-près comme l’orifice externe de la matrice dans les femmes. A chaque côté de ces orifices, c’eft-à-dirc aux bords inférieurs & la¬ téraux du verumontanum, il y a quatre , cinq, ou fix trous rangés en croiffans : ce font les orifices des canaux , ou conduits excrétoires des proftates, lefquels canaux vien¬ nent des follicules qui divifent intérieurement les profta¬ tes , & comme il ffy a rien d’inutile dans la nature , 6 c que le Créateur a pourvu à notre confervation dès i’inf- tant de notre formation, ces petits canaux, rangés tout proches ceux dont nous venons de parler, fourniffent par leurs petits orifices la liqueur claire & tranfparente qui en- tourre dans l’inftant l’embrion & le conferve dans fon in¬ tégrité pendant fon trajet le long du canal de l’uréthre juf- qu’au fond de la matrice où il fe dépofe. Cette liqueur peut même accélérer , par fa vifeofité, le jet de cet em- brion. (cc. bb.flg. 4. Planche IL) Les lacunes de Iurèthre. Le canal eft tapiffé intérieurement,’ comme nous l’avons dit, d’une membrane très-fine. Cette membrane eft parfemée d’une grande quantité de vaiffeaux capillaires, & percée de quantité de trous, ou de petites lacunes , dont celles du côté du gland font les plus confi- dérabies. Les lacunes font les orifices des canaux excré¬ toires de quelques petits corps glanduleux, difperfés dans la fubftance fpongieufe de la lame du canal, que l’on ap¬ pelle membrane interne. ( Foye^ cette partie dans CExpofiition. Anatomique des maux vénériens.) Le bord de ces lacunes eft fémilunaire. Ce font appa¬ remment les ouvertures des canaux qui arrofent l’embrion dans fon trajet par le canal de l’uréthre. Les antiproftates , ou petites proftates, font deux corps glanduleux, firués aux deux côtés de la convexité du tiffu Ijjongieux de l’uréthre ,-près du bulbe , de la groffeur d’un noyau de cérife, un peu oblong & applati, & tout-à-fait couvert des mufcles accélérateurs. Les fécondés proftates ont leur iffue à environ un travers de doigt au-deffous du vérurnontanum , comme je les ai repréfentées ici, & font les plus confîdérables de toutes ; elles forment même une. ef¬ péce de petite rigole, dirigée vers la fortie du canal de l’uréthre. {P.f-g. id.) L’orifice de l’uréthre finit à l’extrémité du gland, par un orifice oblong en forme de fente , dont les lèvres paroif¬ fent environnées de petites fibres charnues. Le ligament fufpenfoir fe voit ici à la première figure, ( marqué tv.). Voyez la planche quatrième , pour ce qui relie à obferver dans la démonftration des parties de l’homme. MUSCLES DES PARTIES DE L'HOMME. Pour mieux démontrer les mufcles des parties de l’hom¬ me, je vais expliquer ceux qui font repréfentés dans la fécondé figure de la quatrième Planche, & dans la fécondé , troifiéme 6 c fixiéme figure de la deuxième Planche , la même lettre indiquera les parties de ces trois figures ; & lorfqu’on voudra les étudier, on cherchera la lettre indiquée fur chacune de ces figures en particulier , ce qui évitera la confufion. Les mufcles éreSeurs (N. ). Ces mufcles que l’on voit très- diftindement dans ces figures, font appuyés obliquement fur Fos ifchion, depuis la tubérofité ; ils vont accompagner la racine des caverneux jufqu’à la fymphife de l’os pubis , en- fuite s’attachent par l’autre 'bout un peu avant fur les corps caverneux, où ils s’uniffent en s’épanouiffant réciproque¬ ment fur l’im ôc l’autre de ces corps. Les mufcles accélérateurs, (a.') Les accélérateurs forment un mufcle pyriforme, féparé par un tendon mitoyen attaché au bas du ligament interofleux des os pubis, à l’union des mufcles tranfverfes , & à l’fphinder cutané de l’anus. Ces mufcles couvrent la bulbe de l’uréthre, ainli qu’on le voit, jufqu’à la nailTance du ligament fufpenfoir; leur tendon mitoyen ( marqué X. ), répond à la cloifon du bulbe. Ces deux mufcles embralfent les deux corps caverneux vers l’extrémité des mufcles érefteurs , où ils s’attachent cha¬ cun en particulier à la partie latérale ôc extérieure de ces corps. Les mufcles tranfverfes (b^ , que l’on nomme triangulaires, font deux paquets charnus, oblongs & étroits, attachés par leurs extrémités à la naiffance de la branche de l’os ifchion , & vont fe rencontrer enfembie fous la pointe de la proftate , où ils forment une efpéce [de bifurcation dont le milieu fert d’attache commune aux mufcles de l’uréthre, & aux fphynélers cutanés de l’anus. Les rauicîes profiatiques fupérieurs (c.) font petits & fort minces, pofés à côté des attaches des mufcles obturateurs internes, & fous l’os pubis à fa partie fupérieure & interfie, d’où ils fe répandent fous les proftates , pour les refierrcr dans leurs aâions. Les profiatiques inférieurs ( i/. ) ne font que des petits {Sans tranfverfes, que l’on ne voit ici que dans la deuxième figure de la quatrième Planche, auffi-bien que les précédens, atta¬ chés d’une part à la fymphife qui tient la branche de l’os iibis avec l’ifchion, & de l’autre réciproquement enfern- le ; c’ell-à-dire, que fous les prollates les deux n’en font qu’un, & fervent de fangle & de fufpenfoir à la glande, & aident auffi avec les précédens à preffer la glande dans le befoin. Ils ont certains filets qui s’en détachent, pour s’u¬ nir avec les tranfverfes 6c les fupérieurs dont nous venons de parler. MUSCLES DE L’ANUS. Comme nous n’avons pas occafion de parler ailleurs des mufcles^ de l’anus, il eft à propos de les décrire dans cette figure à la fuite des mulcles que nous venons de dé¬ montrer. A l’extremité de l’inteftin reâum, il y a une efpéce d’o¬ rifice rétréci 6c plifle , compofé de fibres , lefquelles font environnées de plufieurs mufcles, dont les uns refferrent etroitement fon extrémité, 6c les autres lui fervent de fan- gles larges, pour le foutenir dans fa fituaîion naturelle, 6c le remettre s’il étoit dérangé. hts fphinSers cutanés {e.) de l’anus. Ces deux mufcles en- tourrent l’extrémité, Ôc forment enfembie une efpéce d’el- lipié pointue par fes deux extrémités. L’extrémité pofté- rieure de ces deux mufcles tient à la pointe du coccix, 6c à fon ligament cutané ; la pointe antérieure de ce mufcle s’atta¬ che au tendon mitoyen du mufcle tranfverfal, ôc monte avec d’autres mufcles àl’urétbre. Nous ne faifons pas mention du fphinéler inteftinaî, ou orbiculaire de l’anus, dont nous parlerons dans les autres traités. Les releveurs de tanus.(f) Ce font des portions mufculaires en forme de bandes larges 6c minces , attachées par leurs parties charnues tout autour de la concavité du petit baf- fin , depuis la fymphife des os pubis jufqu’au de-là de l’e- pine des os ifchion, 6c par leur extrémité oppofée, les fibres de ces mufcles defcendent 6c s’entrelacent vers la bafe du coccix, fous la courbure du reaum , où elles s’uniffent, 6c contourent l’anus ; elles fe portent par des filets croifés à la veffie , au bulbe, aux proftates , ôc enfin à toutes les parties contenues dans le petit balîîn elles aident à les fufpendre, 6c à leurs offices. O DESCRIPTION DE L'ARTERE HIPOGASTRIQÜE EN PARTICULIER, ET DE SES RAMEAUX. L’artère hypogaflrique. Cette artère fe plonge dans le fond du baffin, ainfi qu’on peut le voir dans la première Planche ; elle fe recourbe, 6c fe divife en plufieurs branches, à côté du fond de la veffis. Ces branches font ordinairement au nombre de quatre ou cinq principales, 6c fe divifent affez près les unes des autres. Souvent elles forment un ou deux petits troncs, qui enfuite fe fons-divifent en deux ou trois ra¬ meaux , ce qui eft fort varié dans tous les fujets; mais oiî fe fixe feulement à confidérer les endroits où ces branches vont fe terminer. (L Plane. /,) La première eft l’artère umhilical , que nous avons dit être la vraie continuation du tronc hipogaftrique, ôc dont nous donnerons la defeription dans les Tables fui vantes. La fécondé eft la petite iliaque : c’eft une branche la plus poftérieure, laquelle fouvent n’eft qu’un rameau de la branche feffiere, elle paffe entre les deux nerfs lombai¬ res , 6c fe divife en deux rameaux, dont Fun entre dans le canal de l’os facrum par les derniers de fes grands trous internes, 6c Fautt'e rameau pafle derrière le mufcle pfoas, auquel il fe ramifie ; il fe diftribne enfuite dans le mufcle iliaque, après avoir paffé derrière le nerf crural ; 6c ram¬ pant fur la face interne de l’os des ifles, il le pénétre paf un trou particulier, ôc quelquefois par plufieurs. La troifiéme, eft l’artère fifjîere-, elle eft ordinairemenr confidérable & la plus groffe branche de l’hipogaftrique ; elle produit quelquefois un petit rameau pour Fos facrum, 6c arrofe le mufcle pyriforme, les mufcles de Fanus , le bulbe & les parties voifines du reétum. Elle fort enfuite du baffin au-deffus du mufcle pyriforme avec le nerf feyati- que, par la partie fupérieure de la grande échancrure de Fos du baffin, 6c de-là fe diftribue à droite 6c à gauche dans le moyen feffier, 6c fon rameau le plus confidéra- bie accompagne le nerf feyatique jiffiqu’à une certaine dif- tance. ( Ces artères ici fe verront dans les autres traités^ La quatrième eft ïartère feyatique ; elle donne des ra¬ meaux aux mufcles pyriformes, quadrijumaux , à Fos fa¬ crum , à la face interne de Fifehion , 6c pouffe un rameau qui va à l’articulation du feffier fous le mufcle quarré. Cette branche de Fhypogaftrique croife le nerf feyatique, & le fuit, en lui donnant des artérioles, qui fe diftri- buent au dedans de ce nerf ; elle remonte à la fortie du baffin d’un côté de la furface externe des os qui le com- pofent, 6c fe ramifie même dans leur tiffu interne , 6c de Fautre côté, s’épanouit dans les mufcles feffiers, 6c ef- fentiellement dans le moyen 6c le petit. La cinquième branche de Fhipogaftrique eft l’artère hon- teufe. Cette artère eft appellée vulgairement honteufe in¬ terne ; elle naît ici avec le tronc de la feffiere, 6c pro¬ duit deux principaux rameaux. Le premier fort avec la feffiere 6c la feyatique par la grande échancrure de l’os ilion, 6c fe fous-divife en plufieurs rameaux, dont l’un va direâement à l’épine de Fifehion , 6c pafte entre les deux ligamens, qui font attachés à Fos ifchion ôc à l’os facrum ; 6c en fuivant la tubérofité de Fos ifchion, il va fe plonger dans la naiffance des corps caverneux. Les autres rameaux font des tiges qui vont au fphinder de l’anus, 8c ar- rofent le bulbe de Furéthre ; 8c enfin, cette première divifion de l’artere honteufe externe communic|ue avec unebranche de l’artère crurale par-deffus le col du fémur, (fig. z. PL 4. ) Le fécond rameau principal de cette artère fe jette dans Funion de la veffie 6c du reâum, va dans l’homme aux véficules féminales ÔC au col de la veffie, aux proftates 6c aux parties voifines du reélum, 6c par la même divifion , il paffe fous l’os pubis à côté de la groffe veine, qui eft fous la fymphife dé cet os, 6c coule le long de la verge , où il fe diftribue fur le corps caverneux. Ce rameau com¬ munique avec la petite honteufe qui vient de l’artère cru¬ rale. t^pfig. id,} Le rameau de la honteufe fort fouvent du tronc même de Fhypogaftrique , 6c fur-tout dans jes femmes, pour fé diftribuer à Furéthre, 6c communiquer avec les artères fper- matiques vers les franges de la trompe de fallope, 6c aux parties voifines du vagin , ôcc. (M. j%. 9. Plane. FI.) L’angéologie que nous venons de parcourir , eft la dif- tribution de tous les vaiffeaux , pour porter Sc rapporter le fang dans toutes les parties du corps, C’eft proprement qui conîïitue îa foufce de îa vie, l’accroiffement Sc la confervation de l’homme. Cela nous conduit à raifonner fur la nature de l’hoffinie, après avoir vu les parties mafcu- lines, ou les moules & la matricule , d’où il prend fa compofition & fa forme. DE LA COMPOSITION ET FORMATION DE l’H O M M E. Le corps humain eft compofé de parties folides , de parties molles, & de parties fluides. Les parties foH- des font îa charpente, ÔC le foutien de tout l’édifice. Les parties molles font les cordes qui meuvent cette charpente, & qui compofent les réfervoirs des liquides; ces parties molles fervent encore de cribles & de filtres , pour iéparer les efprits d’avec les liqueurs, & à fous-divifer les liqueurs entr’elles. Enfin, les parties liquides font divifées en grolïïeres & en fubtiles; les groflieres font apparentes comme le fang, les humeurs &c les férofités, &c. Ô£ les fubtiles font inlenfibles, comme les efprits animaux, &c. Toutes les mafles qui compofent notre corps ne font donc qu’un mélange de parties terreftres, dans lefqueliesje comprends les fels & les foufFres ; de parties fluides , dans lefquelles je comprends Peau, les huiles, &c. de parties efpiriteufes , dans lefquelles je comprends le feu matériel > ou les efprits animaux, les fels volatils & l’air. Ayant admis cette compofition, que l’on ne peut nier, je demande quelle eft la partie de notre corps la plus pro¬ pre à contenir dans fa compofition toutes les autres. Sans doute ce ne fera pas les es, ce ne fera pas les chairs ; ce ne fera donc que le fang, puifque nous voyons que le fang peut lui feul nourrir, entretenir, & faire croître les autres parties de notre corps. Ainfi, lui feul fournit les efprits ani¬ maux , entretient & augmente les chairs , forme les hu¬ meurs qui fe conveniffent en cole, qui fe confôlident, & enfin qui compofent les os ; de forte que pour former & pour nourrir notre corps , le fang fufiit. Par exemple, fi on lie l’artère qui arrofe une partie du corps , elle périt. Cela prouve donc que le fang efl; le feul véhi¬ cule , la feule matière première des corps animés , ôc de l’entretien continuel de la mafle fragile qui nous conftitue. Y a-t’il dans l’étendue du corps un efpace grand comme la pointe d’une épingle où le fang ne parvienne ; fi ce n’efl: aux parties dures 6c incorruptibles, qui cependant, comme je viens de dire, ont été molles auparavant, & formées par la liqueur fanguine, ëc qui font encore péné¬ trées 6c humeftées par les liqueurs que le fang produit.. Convaincu que le fang efl: le feul véhicule univerfel de l’animal, il ne faut pas aller chercher ailleurs d’autres ma¬ tériaux pour fa formation. Je demande donc quelles font les mclécuks organiques, qui nous compofent dans le moment de la conception ; fi ce n’efl: pas les molécules contenues dans le fang, & qui forment fa fubflance. Mais on peut répondre à çeci. Les parties rouges & groflieres du fang font inutiles à la conception : cela eft vrai ; c’eft aiiffi pour- quoi les tefticules les léparenî, & ne les portent aux véfi- cules féminales que lorfqu’il eft dépouillé de ce qui peut nuire à un ouvrage auffi fubtil & aufli délicat. Les véficules le reçoivent dans un état de perfeâion, ce qui eft certain; il ne s’agit plus que de féparer les parties hétérogènes de la formation animale ,'ce qui fe fait ‘dans les véficules féminales. Mais comment fe fait alors l’aflembla- ge des particules homogènes fous diflerentes figures, comme font celles des os, qui font la tête , le corps, les membres, & dans les parties molles, celles qui font le cerveau, celles qui font les mufcles , & enfin celles qui font les glandes & les vailTeaux ? Et pourquoi, m’objeaera-t’on encore, les par¬ ticules homogènes & fluides ne fe remêlent-elles pas avec les hétérogènes après leur féparation ? Je réponds à cela, cet arrangement de parties & leur intégrité, eft-il mieux prouvé dans les autres hypothèfes qu’on nous a données fur la génération, où il n’eft queftion que de fluide & de mélange ? C’eft à quoi on ne lauroif répliquer. On dira en- fuite que les œufs , tcAis formés dans la création de l’homme les uns dans les autres à l’infini, font plus propres à la gé¬ nération, n’ayant pas le même inconvénient, 6 c n’y man¬ quant que la vie. Je demande alors ; comment tafemence pourroit-efle communiquer la vie à un œuf, fi elle ne l’a pas elle-même î Et fi la femence eft animée , pourquoi fe dépouilîera-t’elle de îa vie, pour la communiquer à des œufs , contenus dans des ovaires qui n’ont aucune relation intime avec la femence dans le moment de la jonûion des parties. Mais,, dira-t’on, les œufs fe détachent, roulent dans les trompes , tombent dans la matrice, & c’eft-ià où ils reçoivent la vie que la femence leur communique. Cect n’eft que fuppofé, nous n’avons aucune preuve qu’il foit roule des œufs dans la matrice, c’eft-à-dire dans l’utérus, où fe fait la conception ; les preuves feroient cependant fré¬ quentes dans l’ecouîement ordinaire desfemences. D’ailleurs, ce feroit donc un jeufuperflu à la nature qu’après avoir donné a la femence tout ce qu’il faut pour former un être, qu’elle ne fervîtquede fimple agent à une malTe froide, infipide , féche, 6c où les fous-divifions néceflàirement infinies ex¬ cédent les bornes limitées de la nature ; & fi les œufs font contenus les uns dans les autres, comme les oviparif es font obligés de l’établir, je demande à ces Meffiçurs pour¬ quoi ils ne fe vivifient pas tous à la fois, lorfque celui qui les renferme eft tombé dans la matrice. Je ne donne ici qu’une légère idée de ce que j’ai à dire fur cette partie d’A- natomie.^ Ma découverte eft d’autant plus fenfible, qu’elle eft fondée fur l’expérience. ( Fbyei la figure cinquième de la fécondé Planche). Elle repréfente un fœtus contenu dans la femence humaine , lequel n’a befoin que d’une matrice Sc d’une nourriture propre à fon état débile , pour fe confer- ver 6c croître. En examinant la configuration des parties naturelles que fexpofe dans ces planches, fi on raifonne en Géomètre, Méchanicien, ôcen Phyficien, on fe confirmera dans l’opi¬ nion que je veux établir de la formation animale ; indé¬ pendamment de l’expérience qui eft la bafe de ma décou¬ verte , cette formation ne peut être regardée que comme l’ouvrage des véficules féminales du mâle, auxquelles la nature prépare le fang avant de le leur communiquer , au lieu que dans les ovaires prétendus de la femelle, qui ne font que des tefticules imparfaites , le fang y coule de fource avec toutes fes imperfeaions , & n’y vient encore qu’en petite quantité ; 6c les grains apparens que les ovai¬ res contiennent ne font que des glandes, 6c rien de plus. L’embrion humain eft repréfenté dans un verre plein d’eau claire. Je renvoyé d’ailleurs le Leaeur à la dilTerta- tion aux Mercures de ^i749- Je me contente ici de faire voir le deffein qui m’a été communiqué, dont l’obfervation a été inférée dans le Mercure. Après avoir obfervé la matière première qui forme l’em- brion, nous obfervons qu’il devient fœtus enfuite, au moyen des vaifleaux qui compofent fon cordon umbilical, & qui s’anaftomofent dans le fond de l’utérus à travers le pla¬ centa. Ce font ces vaifleaux qui forment les racines par lefquelles le fang de la raere pénétre par molécules, & fuc- cetîivemenî la petite veine umbilicale que porte l’embrion , dès le moment de fa formation. L’embrion eft éjaculé dans futérus avec la femence du mâle qui le contient; il eft en¬ ferme dans cette femence comme le germe des plantes dans leurs graines; ces germes portent auffi avec eux les filets quî reçoivent à travers la fubftance de la graine, qui leur fert de placenta, les liqueurs filtrées & impulfées par la terre *, ce qui arrive après qu’elles ont été femées, & que les eaux de la pluie les ont ramollies. Je donnai au Public mes obfervafions fur le fyftême de la génération en 1749, 6c je combattis dans ce temps-là les hypothèfes des ovipariftes 6c des vermiculifles. Il me paroît que le filence qui a régné depuis vingt ans fur mon fenti- ment, en eft une efpéce d’approbation. Il feroit bien flat¬ teur pour moi fi ma conjeâure avoit lieü, après de fi lon¬ gues réflexions de la part de mes Antagoniftes. Depuis lors , on ne parle que foiblement de l’exiftence des œufs dans les prétendus ovaires de la femme. Quelqu’un depuis a bien voulu dire que les femences des deux fexes étoient prolifiques, chacunes en particulier ; que celle de la femme form'qit une fille, 6c celle du mâle un garçon; que dans le coït, ces femencess’enveloppoient; que *fi c’étoit celle de la femme qui enveloppât celle de l’homme , celle - ci poufîbii une racine dans l’utérus, 6c l’aaion de la matrice *. Voyez ce que j’ai dit,dans le Mercure de lyéj , fur l’éle&icitd de la terre, & Ja végétation des plantes. en en faifoît un mâle ; & au contraire, fi celle de l’homme en- veloppoit celle de la femme. Mais pour donner quelque vraifemblance à cette idée , il faudroit prouver que le femme efl: auffi bien organitee que l’homme. Ce fyftême tient un peu à ce que je dis ; & s’il avoit été donné avant ma découverte de l’embrion tout formé dans la fe- mence du mâle, on diroit que j’ai puifé mon idée dans celle-ci. DES PARTIES DE LA GÉNÉRATION. DE LA Femme. Les parties de la génération de la femme font divifées en internes & en externes. Les internes font fituées dans le baffin , & communiquent avec les externes. Ces parties principales font l’utérus, ou la matrice, les trompes, les ovaires, les ligamens larges & ronds, les vaiffeaux fpermatfques , le conduit interne de la matrice , & une partie du vagin. Les parties externes font le pubis, ou le mont de Vé¬ nus 5 les grandes lèvres, le finus ou la grande fente , la fourchette ou la fofle naviculaire , les nymphes, le prépu¬ ce , le clitoris, le canal de l’uréthre, l’hymen , les caron¬ cules mirtiformes & l’orifice externe du vagin. ( Planchi^ III & IJ ^I ) ( r. Plancha III. jfg. i. & fig^ i. 5 " j de la ciuatriéme Planche). La matrice eftfituée entre la veffie & le reélum ; fa figure approche affez de celle d’un flacon applati, ou d’une phiole renverfée ; elle eft compofée d’un tiflu fpongieux , entrelaffé de vaiffeaux de tout genre, qui font capables de s’étendre en tout fens , & de former un volume confiderable, tant en épaiffeur qu’en grandeur ; elle eft^ plus épaiffe dans fon fond que près de fon col. Le milieu efl auffi beaucoup plus épais que les parties la¬ térales ; à fon extrémité inférieure fe trouvent deux émi¬ nences un peu applaties , qui font reçues dans la partie fupérieure du vagin , à-peu-près comme le pilore eft reçu dans l’inteftin duodepum ; c’eft ce que l’on appelle l’orifiœ interne de la matrice. {Voyeiauffi les Planches fuiv antes.) La figure de cet orifice reffemble affez au mufle d’un y eau, nom que lui ont donné d’anciens Anatomiftes. A fes parties latérales & fupérieures fe trouvent deux ouvertures très étroites ; l’une à droite & l’autre à gauche, oui font les embouchures des trompes, lefquelles trompes font deux tuyaux creux de fix ou fept travers de doigts de longueur, qui commencent par un principe fort étroit, & s’augmentent à mefure qu’ils s’éloignent du fond de la ma¬ trice , pour former par leurs extrémités un pavillon, appellé la frange, ou le morceau déchiré, à caufe qu’il eft découpé dans toute fa circonférence. ( f^oyei Us Planches & figures ci-defus. ) Les trompes font compofées de plufieurs membranes, difpofées à-peu- près comme celles du vagin ; elles font attachées au liga¬ ment des ovaires par un repli du ligament large. A côté des ouvertures des trompes, tant à droiteiqu’à gauche , on remarque deux forts ligamens, qu’on a regar¬ dé long-temps comme creux, & faifant la fonftion de ca¬ naux excrétoires. A leur extrémité fe trouvent deux maffes glandiileufes , qu’on appelle les ovaires. ( Foye^ de même. ) Les membranes qui enveloppent les prétendus ovaires, font au nombre de deux ; l’une eft la fuite du ligament large, & l’autre, qui eft cellulaire, forme plufieurs petites loges, dans lefquelles on trouve de petites véficules, que l’on croyoit être des œufs. Les trompes & les ovaires reçoivent du fang par les artères fpermatiques, & en font une légère fecrétion. Les tefticules dans l’homme ont les mêmes vaiffeaux fpermati¬ ques; mais ces vifceres, plus parfaits que ceux des fem¬ mes , donnent la vraie femence dont fe forme l’embrion. Les veines qui accompagnent les artères dont nous venons de parler, portent le même nom; les unes & les autres formant par leurs entrelacemens le corps panpiniforme. Tous ces vaiffeaux communiquent avec ceux qui fe diftri- buent à la matrice. La matrice eft compofée de trois membranes , dont la plus extérieure eft un repli du péritoine. La fécondé eft la plus confidérable ; elle forme la propre fubftance de la matrice, laquelle eft d’un tiffu fpongieux, 3 ' \ membraneux, nerveux, entrelafle de fibres charnues, 6g rempli d’une infinité de vaiffeaux. ait La troifiéme tunique eft l’interne ; quoiqu’^ paroiffe liffe, elle eft cependant mammelonnée , & garnie de plu¬ fieurs petits pelotons glanduleux, qui laiffent échapper une humeur glaireufe. On oblèrve encore que ces petits pelotons glanduleux groffiffent & deviennent très-fenfibles après là conception ; de forte que le placenta s’augmentant, il y contrafte une étroite liaifon. Les vaiffeaux llmphaüques rampent principalement dans les tuniques, qui font des continuations du péritoine , fur la matrice 6c fur les ligamens dont nous venons de par¬ ler. Les conduits laiteux fe découvrent dans Tétat d’une groffeffe avancée, & ont quelque connexion avec les pelotons des corps glanduleux dont nous venons de parler. Les trompes^ dites de Fallope font, comme nous ve¬ nons de voir, deux canaux mollaffes, coniques , vermi- formes ou^ ferpenteux, fitués plus ou moins tranfverfale- ment depuis le fond de l’utérus, jufques vers les parties latérales du baffin, 6c renfermées dans la duplicature des feuillets antérieurs des ligamens larges. La greffe extré¬ mité des trompes eft un peu recourbée ; elle eft inéga¬ lement arrondie, 6c fe termine en dehors par un orifice étroit 6c un peu pliffé, qui eft tourné vers l’ovaire, mais qui en eft^ cependant écarté ; ce qui a fait accroire que les œufs fe détachoient de l’ovaire , 6c tomboient dans le mor¬ ceau frangé qui entoure le prétendu orifice externe des ovaires, comme dans un entonnoir, pour rouler enfiiite dans le creux des trompes, 6c arriver dans l’utérus au moment de la conception : ce qui tient un peu du fabu¬ leux ; car les prétendus ovaires n’ont aucune ouverture qui réponde à celle des trompes , 6c font entièrement clofes de ce côté, comme nous avons pbfervé, n’ayant leur iffue que dans la matrice pour l’écoulement de la fe¬ mence légère, limpide ôc âcre du fexe féminin. Les ligamens larges , nommés auffi ailes de chauvesfiouris ^ forment deux duplicatures latérales , compofées de deux feuillets ou ailerons, dont l’antérieur eft plus élevé que le poftérieur; ils font lâches 6c flottans, 6c les lames qui les corapofent, tiennent enfemble par un tiffu cellulaire , comme les duplicatures du péritoine, 6c renferment, comme nous avons dit, les trompes ôc les ovaires , une partie des vaiffeaux fpermatiques 6c les ligamens ronds. Lss ovaires font des corps blanchâtres, ovales, applatis, longuets, fitués chacuns latéralement fur les angles de la partie fupérieure de la matrice ; ils font fufpendus par les vaiffeaux fpermatiques, comme les tefticules dans les hom¬ mes , 6c attachés à un efpéce de ligament rond 6c court ainfi que les tefticules le font aux vaiffeaux déférens » 6c enveloppés, comme nous avons dit, par la duplicature du feuillet , ou aileron poftérieur du ligament large ; ils font compofés d’un tiffu fpongieux très-ierré , dans lequel on trouve de petits globules forts clairs ôc tranfparens, auxquels on a donné le nom d’œufs. Le tiffu l'pongieux environne chacunes de ces véficules, les ferre très-étroi¬ tement, 6c paroît fournir à chaque globule une écorce adhérente 6c particulière. Il faut cependant diftinguer ces globules, félon M. Winflow , d’autres véficules contre nature, appellées hydatides. Les hydatides font des pullules ou véficules pleines d’eau qui viennent en plufieurs parties du corps ; mais les globules dont il s’agit font de vérita¬ bles glandes pour la filtration de la femence féminine ; les mêmes glandes dans le tefticule mâle font moins apparen¬ tes , plus compafles Ôc plus folides, ôc filtrent une femence plus parfaite, comme nous avons expliqué ailleurs. Les ligamens des ovaires qui tiennent à l’extrémité voifine de l’utérus font renfermés dans le bord des ailerons, ou feuil¬ lets poftérieurs des ligamens larges, à-peu-près comme la veine ombilicale l’eft dans le bord du ligament ombilical du foye. Ils font faits comme des cordons ronds , 6c d’un tiffu filamenteux, attachés, comme on a obfervé , au fond de la matrice , un peu au-deffus de l’angle fupérieur 6c laté¬ ral de ce vifeere, 6c un peu poftérieurement ; leur cavité eft infenfible dans les fujets difféqués ; ils peuvent 6c doi¬ vent être creux dans leur dilatation pour l’écoulement de la femence intérieure que l’on connaît, 6c qui ne peut pro¬ venir que d’un pareil vifeere. D Les vaifeaux fanguins des parties de la génération de îa femme font de plufieurs fortes 11”. les ramifications des artères & des veines hypogaftriques qui vont au corps de Futérus ; les vaiffeaux fpermatiques qui fe jettent fur les ovaires & fur les trompes; 3°. les vaiffeaux qui for¬ ment les cordons vafctilaires. Les branches hypogajlriques nailTent de côté & d’autre de l’artère & de la veine de même nom , pour gagner les bords & la portion latérale de rutérus, & fe diûribuent à toutes les parties, tant internes qu’externes. Ces branches font par-tout des contours & des entrelacemens extrême- ' ment multipliés. Les artères d’un côté communiquent en- femble par leurs ramifications, & s’anaftomofent for l’uté¬ rus Si. dans l’épaiffeur de ce vlfcere avec celles de l’autre côté, ce que font aiifli les divifions de ces ramifications. Les veines qui accompagnent les artères , forment égale¬ ment une très-grande quantité d’anaftomofes, & tous ces vaiffeaux communiquent auffi avec les artères & les veines fpermatiques , avec les bandes vafculaires des ligamens lar¬ ges , & avec les hemorrhoïdaux. On démontre clairement les anaftomofes, en faifant des injedions, & en foiifllant dans les hypogaftriques, après avoir fait les ligatures convenables, pour empêcher l’ex- travafion des liqueurs ou du vent. Ce font les extrémi¬ tés de plufieurs de ces artères qui aboutiffent & s’ouvrent dans la cavité de l’utérus, & occafionnent le fang menf- truel, ce qui caufe quelquefois les pertes. Les veines ont de particulier leur communication avec les hemorrhoïdaîes in¬ ternes , & par conféquent avec la veine porte. Les vaiffeaux fpermatiques, dans le fexe féminin , ont le même entrelacement, la même origine que dans les hom¬ mes ; ils ne fortent pas du bas-ventre, mais ils fe jettent fur les ovaires & les trompes, & communiquent avec les bypogaftriques & les cordons vafculaires des ligamens lar¬ ges. Les veines font fort nombreufes , à proportion des artères. Ces vaiffeaux fe ramifient auffi latéralement, & paroiffent communiquer avec les mefaraïques de la veine porte. Les cordons vafculaires , ou ligamens ronds, font deux longs trouffeaux d’artères & de veines fort menues, entre¬ lacées & liées enfemble par un tiffu cellulaire très-fin , qui gliffent dans l’épaiffeur de la grande duplicature des ligamens larges ; ils partent des angles fopérieurs & latéraux de l’utérus, & vont jufqu’aux ouvertures annulaires du bas-ventre. Ces vaiffeaux dans leur trajet forment une faillie for la furface antérieure de la duplicature de l’un & de l’autre ligament large , & la lame antérieure fournit au trouffeau vafculaire une efpéce de tunique , & le fait paroître comme un cor¬ don particulier , appliqué à la face antérieure de la duplica¬ ture. Ces cordons prennent leur origine de la communication des vaiffeaux fpermatiques avec les artères & les veines hypogaftriques , & peuvent être regardés comme une con¬ tinuation des vaiffeaux fpermatiques. L’attache de ces vaif¬ feaux vafculaires aux coins de l’utérus , par rapport à celle des trompes & des ligamens des ovaires, eft ainfi dif- pofée. L’attache des trompes eft la plus élevée; l’attache des ligamens des ovaires eft plus en arriéré; & celle des cordons dont nous parlons, eft en devant plus baffe que les autres. Ces cordons prennent une route à-peu-près femblabîe à celle des vaiffeaux fpermatiques dans l’homme , fortent du baffin par les ouvertures des mufcles du bas-ventre, juf- qu’à la partie fopérieure & prefque moyenne des lèvres du vagin, oh ils difparoiffent dans la graiffe. On pourroit croire que ces vaiffeaux fourniflènt la matière des lacunes; en fortant du bas-ventre, iis font accompagnés d’une con¬ tinuation du tiffu cellulaire du péritoine, à-peu-près comme les cordons fpermatiques dans l’homme, & d’un trouffeau de fibres charnues qui compofent une efpéce. de cre- mafter. Les/acanej. On trouve vers les bords internes, à cha¬ que côté de l’orifice du vagin, des ouvertures plus fenfi- bles que toutes les autres qui aboutiffent vers le même endroit. Ces ouvertures répondent par deux tuyaux à deux corps folliciileux, fitiiés dans l’épaiffeur interne des lèvres, & font regardés comme des proftates, à-peu-près femblables aux petites proftates dans l’homme. Quand on preffe ces glandes, il en fort une liqueur vifqueufe. Le fnus des livres du vagin. On appelle fnus la cavité longitudinale qui defcend direftement depuis la partie moyenne & intérieime du pubis, jufqu’à environ un pouce de diftance de l’anus. On donne aux parties latérales de cette cavité le nom de livres , que M. Winflow appelle ailes, & la jointure des lèvres, s’appelle commiff'eure. Les lèvres font plus faillantes & plus épaiffes, & plus appro¬ chées dans leur partie fupérieure; elles font compofées de peau , de tiffu fpongieux & de graiffe. La peau qui les couvre extérieurement n’eft que la continuation de celle du pubis ; elle eft plus pu moins égale & parfemée de plufieurs petits grains glanduleux, dont on peut exprimer une ma¬ tière' cérufineufe blanchâtre ; & dans un âge avancé, elle fe couvre comme le pubis. La face interne des lèvres eft: comme la partie rouge de la bouche , & eft féparée de la peau externe par une ligne plus marquée que celle qui fé- pare le rouge des lèvres de la peau du vifage. On obferve dans la peau interne des lèvres du vagin, un grand nombre de pores, & dans fon épaiffeur, quantité de petits grains glanduleux, qui fourniflènt une liqueur plus ou moins fe- bacée. Ces grains font plus marqués fur les bords exté¬ rieurs , que plus avant dans le vagin. Le pubis eft l’éminence qui eft au bas de l’hypogaftre dans l’intervalle des deux aines , auquel endroit, & à l’âge de puberté, croît un efpéce de poil, nommé pubes , un peu laineux, comme celui qui croît fous les aiffelles. Cette éminence n’eft qu’une épaiffeur particulière de la membrane adipeiife, plus ou moins remplie de graiffe, qui couvre la partie antérieure de l’os pubis, ôc quelques petites por¬ tions des mufcles voifins. Le clitoris eft fitué intérieurement après la commiffeu- re des lèvres extérieures du vagin. Il paroît d’abord fans diffeûion , comme un petit gland, excepté qu’il n’eft pas percé ; il eft recouvert en deffus , & latéralement d’un prépuce formé par un repii particulier d’une portion de la face interne des lèvres du vagin. Ce repli ou prépuce pa¬ roît glanduleux, & fointe une humidité ; il eft grenu à fa face interne. En difféquant ces parties, on y découvre un tronc, ou corps caverneux, & deux branches à-peu-près comme celles du pénis; le tout pareillement compofé d’un tiffu fpongieux ou caverneux, comme nous venons de dire, & de tuniques ou membranes fort élaftiques, mais fans urè¬ thre. Ce tiffu fe gonfle, ce qui arrive de même dans la diffçaion, quand on l’entend par le fouffle ou par l’in- jeâiop anatomique de l’artère. L’épaiffeur du tronc du clitoris eft partagée en parties latérales par une cloifon mi¬ toyenne, depuis fa bifurcation jufqu’au gland, oii elle s’ef¬ face infenfiblement. La bifurcation du tronc eft attachée for le bord de l’arca¬ de cartilagineux des os pubis, comme dans l’homme, 8 c les branches qui font auffi comme les racines des corps ca¬ verneux , font de même attachées chacune au bord de la branche inférieure de l’os pubis voifin, ôc s’étendent inté¬ rieurement for la petite branche de Fifchion, 6 c fe termi¬ nent enfin infenfiblement ; & quelquefois en certains fu- jets, elles vont jufqu’à la tubérofité de cef os. Ce qui rend ces parties fi femblables à celles de l’homme , comme nous avons obfervé dans la table précédente , c’eft: que, jufqu’aux moindres particularités , la conformité des fexes eft exaûement obfervée. Le ligament fofpenibir, at¬ taché à la fymphife de l’os pubis , proportionné à la gran¬ deur du clitoris , & qui renferme Je tronc de fa duplicature, n’eft point oublié. Les mufcles du clitoris. îi y a quatre trouffeaux de fibres charnues attachés au tronc du clitoris , deux à chaque côté; l’un de ces mufcles defcend le long du corps caverneux qui lui eft voifin , & le couvre entièrement, & s’attache enfoite par une portion tendineufe & aponevrotique en-partie à l’ex¬ trémité de ce corps caverneux , & en partie plus bas à la tubé¬ rofité de l’os ifchlon. On donne à ce mufcle le nom dderec- leur comme dans l’homme. Le fécond mufcle du même côté defcend à côté de l’uréthre, & du grand conduit ou vagin, en s’élargiffant jufqu’au fphinder de l’anus, auquel il fe termine en partie, à-peu-près comme celui qu’on appelle accélirateur dans l’homme. Ce mufcle & fon femblabîe du côté oppofé, embraffent enfemble latéralemeat, & fort près de l’uréthre une portion du grand conduit ; ils de¬ viennent fort larges en defcendant, & fe répandent juf- qu’au deflbus fous les parties latérales du v^gin, comme dans l’homme fous le canal de Furéthre. Plutieurs anato- miftes ont regardé ces deux mufcles comme une efpéce de fphinâer ou ceinture mufculaire ; tous ces mufcies font gar¬ nis de beaucoup de graiffe. Les vaijfeaux du clitoris viennent principalement des vaif- feaux hypogaftriques ; les nerfs font fournis par la fécondé & troifiéme paire des nerfs facrés, & par ce moyen, com¬ munique avec le plexus méfentérique inférieur, Sc avec les grands nerfs fympatiques, ce qui donne une extrême fenfi- Bilité. Les nymphes font naturellement les crêtes, ou les babi¬ nes du clitoris ; ce font deux replis fort faillans de la peau interne des lèvres intérieures du vagin, qui s’éten¬ dent depuis le prépuce du clitoris, jufques vers lès deux côtés inférieurs de l’orifice du vagin ; elles commencent par des petits filets- en pointe, & s’élargifîent & groffiffent en- fuite ; & fe refferrant de nouveau, prennent la forme d’un fiifeau. Leur tiflii eft fpongieux ; elles font glanduleufes ; leur fituation efi: oblique ; étant rapprochées par leur ex¬ trémité fupérieure, & néceflairement écartées par leur at¬ tache inférieure , elles font plus ou moins colorées & plus ou moins flétries, félon l’âge & le tempérament. Vurèthre , ou le conduit urinaire, a fon orifice dans l’inter¬ valle des nymphes, fous le tronc du clitoris ; & on peut confidérer cet orifice fous la bifurcation de fes branches, formant un anneau ride & picoté de plufieurs petites la¬ cunes , dont on peut exprimer un fuc plus ou moins vif- queux ou mucilagineux. Cet orifice fe retire un peu inté¬ rieurement dans le temps de la groflTelTe. Le corps de ce canal efi un conduit fpongieux, à-peu-près comme dans l’homme, mais fort court, & n’efl pas autre chofe que le col de la vefïïe dans le fexe mafeulin ; il paflfe fous l’arcade cartilagineufe des os pubis, & fe courbe vers fon extrémité. La membrane interne de ce conduit efl un peu plilTée & percée de petits trous qui répondent à des follicules enfer¬ mées dans Ibn épaiffeur comme dans l’homme. La continua¬ tion de cette membrane interne qui couvre la cavité interne de la veflie, eft inégalement ridée, quand la veflie efl vuide. Le vagin eft pofé obliquement de bas en haut entre le reftum & la veflie ; fon extrémité antérieure qui forme fon orifice, eft bordée de nymphes & de grandes lèvres ex¬ ternes dont nous avons parlé, qui par leurs commifTeures, forment une ouverture ovale & anguleufe. L’extrémité poftérieure s’unit avec le corps de l’utérus, & embraffe fon orifice, à peu-près comme l’inteftin duodénum s’atta¬ che autour du pylore , ou comme l’inteftin cæcum avec le colon, s’attachent autour des extrémités de l'ileum. Le corps du vagin eft principalement compofé d’un tilTu fpon¬ gieux, entrelacé de quantité de vaifTeaux fanguins dans les filles; il eft beaucoup plus allongé, & a béaucoup plus de diamètre dans les femmes ; il eft plus ou moins dilaté ; il eft plus on moins court; fa furface interne ou concavité eft plus ou moins ridée tranfverfaîement , félon fon ex- tention ou fon diamètre. Cette furface eft revêtue d’une membrane particulière; les rides internes de ce conduit for¬ ment des portions d’arcades, pofées fort près les unes des au¬ tres , rangées de maniéré qu’elles divifent la concavité de l’utérus en deux feces,l’une fupérieure & l’autre inférieure. La rencontre de ces rides ou arcades fupérieures & infé¬ rieures forme une efpéce de raphé, ou couture irrégu¬ lière & latérale, tant d’un côté que de l’autre ;| ces arca¬ des, font fouvent entrecoupées par le milieu, & divifées en demi - arcades, ce qui varie feloa^es ufages plus ou moins fréquens. L’extrémité poftérieure du vagin environne l’orifice de l’utérus obliquement, c’eft-à-dire, que dans la partie fupé¬ rieure, l’orifice de l’utérus s’attache au fond du vagin * mais dans la partie inférieure, cet orifice avance , & le fond du vagin eft plus reculé , &L forme un cul-de-fac. ^ Vhymen eft un cercle membraneux vers l’extrémité an¬ térieure du vagin; on ne l’apperçoit que dans le bas âge, & avant les régies menftruelles. Il a exifté quelquefois dans les vieilles filles, mais fort rarement. Ce cercle eft ordi¬ nairement bordé d’un repli membraneux plus ou moins circulaire, qui forme une ouverture ou lucarne plus ou moins large, & quelquefois femi-lunaire. Ce cercle reflTerre le vagin, & le rend plus étroit, & femble vouloir le fer¬ mer & le garantir ; mais s’il eft rompu, c’eft pour tou¬ jours; il^forme le caraaere & le fceaii de l’hymen ; fes traces même n’exiftent plus après l’accouchement. Les caroncules font la partie la plus folide de ce cercle membraneux, dont nous venons de parler ; on les nomme Myrtiformes, parce que les lambeaux qu’elles retiennent, lui donnent la forme d’une feuille de myrthe. Mais ces ref- tes de virginité s’effacent, & ne lailTent que des foibles traces de leur première exiftence. Plufieurs Anatomiftes prétendent que le cercle membraneux peut fouffrir quelque dérangement par les régies abondantes, par des accidens particuliers , par imprudence ou par légéreté. Les plexus rétiformes recouvrent extérieurement le vagin dans fa portion antérieure, & forment deux plans vafculaires & caverneux, minces &: larges, qui defeendent de côté & d’autre du clitoris, derrière les nymphes, & dans leur continuation, recouvrent le canal de Furéthre en maniéré de col, &; avant de fe répandre fur le vagin, le tiffu du plexus fe gonfle par le fouflie comme une rate mollaffe, & à-peu-près comme le corps caverneux du clitoris, avec lefquels il paroît même communiquer ; ce qui a donné lieu d’appeller ce plexus rétiforme, les jambes internes du cli¬ toris: c’eft une efpéce de rete admirable, qui vient princi¬ palement des vaifl'eaux hypogaftriques. Je crois que la defeription exafte & anatomique des parties naturelles de la femme que l’on vient de voir, confirme bien ce que j’ai dit de la conformité & du paral¬ lèle des fexes dans Fhomme, ce qui eft de même dans les animaux. LA FEMME DISSÉQUÉE Dans h commencement de fa Grojfejfe , & ï Anatomie du Sein. PLANCHE TROISIÈME. 'Dans cette Vlanche, on reprèfente le Corps SCles extrémités fupérieures dé une jeune Femme difféquée au commencement de fa Groffeffe, de laquelle la peau ne couvre que la tête SC le col. A. B Oæ v voit le Sein ^ découvert avec fes glandes éC fes vaiffeaux ; les Parties naturelles font en fituation i ^ la Matrice fe trouve déjà groffie. Dans le Bas-rentre, on voit en fituation l’eflomac.le foye, epancréas ^ le duodénum^ les reins^ âC les gros vaiffeaux de cette partie du corps humain. S. Le grand dentelé dont on ne voit que les digitations.’ F. Portion du grand Dorfal. I. Le grand Feflier ( fon attache inférieure. ) K. Le moyen Feflier. L. Le Peélineus. M. Portion du Triceps, W. Celle du côté droit. H. Attache fupérieure du Vafte externe. Le corps & le haut des extrémités inférieures. Les Muscles, aa, o u P E de l’Oblique externe. di. Le même Mufcle dans fes digitations avec le grand den- A. B. Coupe de la peau. T. Le Couturier, coupé du côté fupérieure. V. Portion du Fafciaîata. te. Le haut de Mufcîe crural. ff. Le Peéèineus du côté droit. Coupe du Mufcle grefle antérieur. hh. Portion inférieure des Mufcies iliaque & pfoas, g. Le haut du Grefle antérieur du côté droit. Les Os. !A. Le haut du Sternum, a. La Crête antérieure de l’os des îles, g. La fourchette de l'Sternum, f. Le bord desfauffes Côtes. Les Arteres et les Veines. k. La Véficuleduflel. j. L’Eftomac fous lequel on voit une portion de la ratei m. Le Pilore. l . Le Duodénum. II. Le Pancréas. m. Portion de la Rate. n. Les Reins. O, Les Glandes furéinales. p. Les Uretères. q. Le Reâum. r. rUtérus dans le commencement de la sroffelTe. 1. Les Ovaires & les Trompes. t.u. Le Morceau frangé. V. Les Ljgamens ronds. larges, ou ailes de chauve-fouris. y. LaVelïïede l’urine. Les Extrémités fupérieures. ( ) gauche vers fon attache ^4. Branches de la Mammaire interne. 6. Coupe de la Veine porte. .7. La naiflhnce des Artères fpermatiques. 10. L’Aorte inférieure. ïi. La veine cave inférieure. i l. La Veine & artère émulgente. 1.3. Les Suréinales. 14. Les Artères & Veines fpermatiques. 3(0* & ZI. Coupe des Veines &c Artères mammaires in¬ ternes qui vont s’anaftomofer avec les épigaftriques. az. Les Iliaques internes. Et 17. du côté gauche. 23. La fortie du Baffin de la Veine iliaque. 24. Le Veine crurale. 25. La Saphene. ( Et 17. du côté gauche. ) 26. Les Veines & Artères honteufes externes. Les VISCERES. a. b. Le Sein découvert, qui repréfente les vaiffeaux & les glandes du lait. ^ Mammelon, avec les points blancs pour I iffue du lait. c. d. e. Le Sein gauche couvert des ramifications des ar¬ tères & des veines mammaires, i. Les bords du grand Lobe du foye. C. Le Deltoïde. D. Le Biceps. E. Le grand peftoral. F. Extrémité du grand Dorfal. G. Portion du grand rond. H. Portion du Coraco brachial. I. Le grand Anconé. L. L’Anconé interne. M. Portion du Brachial. N. Portion du long Supinateur. O. Le Cubital externe. P. Le Radial interne. Q. Le rond Pronateur. R. Le Cubital interne. S. Le long Palmaire. T. Le Radial externe, V. L’Extenfeur commun. X. Les premiers Extenfeurs du pouce. a. Le fécond Extenfeur. b. LeThenar. C. Les Tendons de l’Extenfeur commun." Les Veines. 15. La Céphalique. 16. La Bazilique, 17. La Médiane. PLANCHE QUATRIÈME. yî a la Flanche précédente, pour former la Figure entière éC la iémonllratk Baffin ^ ^ W ‘fi itt coupe o figure I. Les Muscles. A. Le Tibial antérieur. B. L’Extenfeur propre du pouce. C. Le long Peronier. D. Le long Extenfeur commun des’doigts du pied, & fa coupe. E. Le Peduim du court Extenfeur. ^ F. Tendon du Tibial poftérieur. ^ ^côtld”^? gauche, & marqué k. au g. La peau qui couvre le Calcanéum. h. Tendon du grand fléchiffeur des orteils. 1. Celui du pouce. k. Le Ligament qui les contient avec celui du Tibial pofté- rieur. » ^ L E s O s. a. La Rotule. b. Les Tubérofités de la tête du Tibia. c. Le corps du Tibia. d. Le Condile externe du Fémur , & la partie externe de la tete du Tibia. e. La Maléole interne de cet os. ' £ La Maléole externe où s’attache le ligament. Les Arteres. iS7. Les Anaftomofes des Artères de la jambe. ï8. La Tibiale antérieure de la jambe droite. 19. La Poftérieure de la même partie. 28. Branche de la Peroniere qui va fur la convexité en pied. FIGURE IL La Verge tronçonnée & les Mufcies de tAnus. A. L’Os pubis. B. L’Os Ifchion. C. L Artère obturatrice qui fort par la partie fupérieure du ligament du trou ovalaire, qui efl: un rameau de l’hy- pogaftrique, & va aux Mufcies voifins , aux Glandes inguinales. D. Coupe de la Verge. E. Coupe du Canal de l’Uréthfe. N, Les Mufcies érefteurs. a. Les Accélérateurs, b. Les Tranfverfes. c. Les Protaftiques fupérieurs. af.Les Protaftiques inférieurs," e. Les Sphinrier de l’Anus. /. Les Releveurs de l’Anus. FIGURE III. Cette Figure repréfente la coupe du Baffin y & de la Matrice dilatéel A. La première Vertebre des Lombes. B. L’Os Sacrum. C. Les Os des Ifles. D. L’Os Pubis. E. Les Os Ifchion. F. La partie fupérieure du Fémur. G. Coupe de la Matrice dilatée. H. L’entrée du Vagin. U ■LA FEMME E N C E I N T E> SUR LA FIN DE SA GROSSESSE, Cem Figure ejl compofée des Flanches cinquième êC Jixiéme ; elle repréfente une Femme vers fom neuvième mois , éC les parties du Sexe féminin détachées^ PLANCHE C JLe Corjis & les Extrémités fupérieures. Les Muscles. 'A. L E Deltoïde. B. Le Grand Dorfal. C. L’Scapulaire ou Trapeze. D. Le grand Rond. Æ. Le petit rond, E. Le Sous-épineux. F. Digitations du grand Dentelé. G. Le grand Anconé. H. L’Anconé externe. I . Le long Supinateur. K. Portion du Biceps. L. M. Coupe des Mufcles du bas-ventre.’ PLANCHE Les Extrémités inférieures FIGURE L Les Muscles. A. L’Extrémité inférieure du feffier. B. Le Fafcialata. C. Le Jartier. D. Le Vafte externe. E, Le Biceps, F. Les Jumeaux. G. Commencement du Tendon d’Achille. H, Le Peronier antérieur, ou moyen Peronier. I. Le long Peronier , ou Peronier pollérieur. K. Le long Ext enfeur commun des orteils. L. Le court Extenfeur, ou Pedieux. M. Le petit Peronier. N. Le demi-Membraneux. O. Le demi-Nerveux. P. Le Grefle interne. FIGURE IL & III. La Femme en travail £ enfant, A, Le Mont de Vénus, B. Les Cuiffes écartées. C. La Fourchette. D. L’Anus. E. Les grandes Lèvres. F, Les Caroncules. G. Les Nimphes. P. Lfe Clitoris. L. Le Méat urinaire. . M. Coupe du Bas-ventre. N. Coupe de la Matrice. O. Portion des Inteftins , & de l’Epiploon. P. L’Amios ouvert. Q. Le Fœtus culbuté, & fa tête fur le baffin. FIGURE IV. Lès Parties extérieures fune Fille, E. Le Méat urinaire. F. Le Clitoris. G. Les Nimphes. I N Q U I É M E. N. Le grand Feffier, qui fe joint aux extrémités inférieures,’ O. Le Grefle antérieur des mêmes parties. P. Portion du Couturier des extrémités inférieures. Le Bas-Ventre, a a. LaPIevre. b. Coupe de la Matrice. c. Coupe du Placenta, d. Le Foetus dans fa lîtuatiôn naturelle, au terme de huit mois ou environ. e. Le Cordon ombilical. f. Les Trompes recourbées par l’élévation de-îa Matrice.’ ÿ. Les Ovaires. h. La Veffie de Turiné comprimée. SIXIEME & îa Femme en travail, H. L’Hymen & la petite Ouverture pour le paflage des ordinaires. I. Les Caroncules. L, Les grandes Lèvres. M. La Foife naviculaire. FIGURE V. La Matrice d’une jeune Fille ^ vue de côté, A. Le M mt de Vénus. B. C. Les CiiilTes tronçonnées. D. Les bords des grandes Lèvres. E. F. Coupe des chairs & des graiffes de la Cuiffe. G. La Veffie de l’urine. H. Coupe de l’Os des ifles. I. La bifurcation de l’Aorte. K. L. Les Iliaques internes. L. Nailfance des Hypogaflrriques. M. L’Iliaque externe. O. Le Redum. P. Les Ligamens ronds, Q. Les Trompes de Fallope. R. L’Uterus. S. Le Vagin. T. Les Ligamens larges, & leur produaion vers le rec¬ tum. X. Les Ovaires. FIGURE VL Cette Figure eji une Matrice vue pqflérieure- ment ^ & une coupe du B afin. A. Le Reaum. B. Coupe de la Peau &: des GrailTes. C. L’Anus. D. Les Felfes. E. Coupe des Mufcles. M. Les Vaifleaux hypogaftriques, N. Les Ligamens larges, p. Les Ovaires, E i8 P, Q. Les Trompes.' ■R. L’Uterus. # 5, Les Uretères. DES REINS. (c , PlancheJig. I. ) Les reins font deux corps glandu- î eux, un peu fermes, que l’on met au rang des glandes con¬ glomérées. Leur figure ovalaire eft à-peu-près comme celle d’une groffe fève d’aricot, leur couleur eîl d’un rouge qui tire af- iéz fur le brun. Ils font litués hors du fac du péritoine, dans la cavité du bas-ventre, de chaque côté des vertèbres lombaires, entre la derniere des fauITes côtes ôc les os des îles, dans îajrégion appellée lombaire. La rein droit eft fous le gros lobe du foye, & par confé- quent plus bas que le rein gauche, qui eft fous la rate. Quelquefois les reins font parallèles, & de la même hauteur, & quelquefois il n’y en a qu’un ; alors il eft fitué tranfver- faleraent fur le corps des vertèbres. On remarque à chaque rein une face antérieure, & une face poftérieure. Une extrémité fupérieure & une inférieure. Une grande courbure & une petite courbure , ou une convexité & une concavité. La poftérieure eft plus large que la face antérieure. , L’extrémité fupérieure eft aulîi plus large & un peu plus courbée que l’inférieure. Les Reins font enveloppés d’un tifTu membraneux & cel¬ lulaire , fort large, qiie l’on appelle membrane adipeufe, ou graiffeufe. Ce tifTu s’étend aufli fur les artères & fur les veines émul- gentes. La tunique, ou membrane propre des reins , eft com- pofée de deux lames, entre lefquelles il y a un tifTu cellu¬ laire, extrêmement fin, que l’on peut rendre fenfible , en foufflant entre ces deux lames avec un tuyau très-delié. La lame externe eft lifTe & polie, & rend toute la fur- face des reins très-unie & égaie dans les adultes ; mais dans les enfans , cette convexité eft comme divifée en plufieurs bofTes , ou lobes, à-peu-près comme le font ceux du veau. La lame interne fe plonge de tous côtés dans la fubf- tance des reins ; de forte que l’on ne peut l’ert féparer fans déchirement ; elle forme des cloifons , qui s’infinuant dans la iubftance des reins, contribuent à former les calices & le baffinet, que l’on appelle entonnoir. On verra en parties plus détaillées dans les figures fiuivantes. Ufage des Glandes du Rein. On diftingue trois fubftances dans les reins, une corticale ou glanftuleùfe , une canelée ou rayonnée , & la troifiéme mammelonnée, qui eft la réunion de tous les petits canaux excréteurs. ^ La fubftance corticale, ou glanduleufe, qui eft l’exté¬ rieure , n’eft autre chofe que l’amas de tous les petits grains glanduleux qui doivent filtrer Turine. La fécondé canelée, ou rayonnée, eft formée de tous les canaux excréteurs des glandes qui compofent la fubf- tance corticale ou glanduleufe. La troifiéme fubftance des reins, eft la mammelonnée ; . elle réunit les ouvertures de tous les petits canaux excré¬ teurs; de forte que plufieurs de ces canaux fe réunilTant en- femble, forment des mammelons de figure conique. Ces mammelons font au nombre de dix ou douze ; ils font li¬ bres , & pendent dans leur calice, qui quelquefois font doubles. Ces calices font de petits entonnoirs membraneux , qui fe réunilTant enfemble, forment trois branches principales ; fayoir une fupérieure & une inférieure , que l’on peut voir fans détruire le rein.. Ce font ces trois branches que l’on appelle le baftinet du rein, lefquelles réunies enfemble, forment le commencem.ent de l’uréthre, qui eft le conduit des urines. Les vaifTeaux des reins font artères, veines, nerfs, & vaifTeaux lymphatiques. Les artères qui vont aux reins font nommées émulgen- tes, ou artères reinales; elles viennent de Taorte inférieure, 6, en partent latéralement. Quelquefois elles font doubles, & fur-tout du côté gauche. Les veines qui rapportent le réfîdu du fang, portent le même nom, Sc vont s’ouvrir dans la veine cave infé¬ rieure. Les nerfs viennent des intercoftaux & des lombaires ; ils forment des plexus affez confiderables, qui accompagnent les vaifTeaux qu’on appelle plexus émulgens , ou reinaux. Les vaifTeaux limpbatiques vont fe rendre dans les vei¬ nes laÛées, & au canal thorachique. Des Cap fuies attrabilaires , ou Reins Juccemuriaux. {Voyei la même Planche.') Lescapfules attrabilaires font deux glandes un peu jaunâtres, applaties & couchées fur la partie fupérieure de chaque rein ; leur figure reflémble affez à une crête de coq, ou à la partie lupérienre d’un cafque , la bafe en eft un peu large, concave, & pofée fur l’extrémité fupérieure du’rein. Leur grolTeur eft différente félon les âges ; elles font fort confidérables dans le fœtus, ôc trqs-petites dans les adultes. Leur fubftance eft mollaffe , fpongieufe 8 c glanduleufe; & leur couleur eft encore différente , à proportion des âges. Dans les jeunes fujets, elles font d’un jaune tirant fur le rouge, & dans les adultes, d’un jaune plus bnm. Les capfüles attrabilaires ont une petite cavité qui con¬ tient une humeur épaiffe , qui eft pour l’ordinaire de la couleur de la glande. Quand on fouffle dans la capfule attrabilaire, l’air entre dans la veine capfuiaire, ce qui n’arrive point lorfqu’on foufSe par l’artère, & ce qui a fait croire à plufieurs auteurs que la veine attrabilaire faifoit la fqnéfion de veine & de canal excréteur. Leur ufage n’eft pas encore connii. Les capfüles font recouvertes par la membrane adipeufe commune, hors du péritoine, de même que les reins. Oti trouve une membrane au-deflbus de la première, qui eft: la membrane propre de la capfule. Les arteres qui s’y diftribuent viennent de l’artère émul- gente, & quelquefois de Taorte ; fes veines s’ouvrent dans les émulgentes, & fes nerfs fortent du Plexus rénal. D E S U R E T E R E S. ( Voyei la même Planche.) Les uretères font les canaux ex¬ créteurs des reins; ils fervent à expulferla liqueur que Ton nomme urine , après qu’elle a été filtrée & féparée du fang par ces mêmes vifeeres. L’origine des uretères provient des petits calices , ou petits entonnoirs membraneux; qui fe réuniffant enfem¬ ble , forment trois branches principales, comme nous avons dit, qui forment ce que nous appelions baffinet , &c font le commencement de TuréthrCi Les Uretères fortent enfuite par Técbancrure des reins à leur bord intérieur, au-deffous de Tartère ôc de la veine émulgente; ils paffent quelquefois deriere leur bord infé¬ rieur; chaque uretère defeend obliquement fur le mufcîe pfoas, étant entourés de la portion externe & cellulaire du péritoine ; ils paffent enfuite derrière le cordon des vaif- feaux fpermatiques ôc devant les vaifTeaux iliaques, pour entrer dans le balfin ; e’eft-là qu’ils s’entrelaffent avec Tar¬ tère ombilicale, pour s’implanter enfuite à la partie pofté¬ rieure ôc inférieure de la veifie, proche fon col. Les uretères rentrent dans la veifie obliquement, en per¬ çant les membranes, de façon que Tune de ces membranes bouche l’ouverture que Turetère a fait à Tautre , ôc par ce moyen empêchent Turine de fortir de la veffie, ôc de rétrogader, quoique dans les fiippreffions d’urine cela ne laiffe pas d’arriver ; mais il faut pour cela que la veffie foit extrêmement pleine , ôc que Turine ne puiffe fortir par fon ouverture ordinaire. Les uretères font des canaux très-élaftiques, qui fe prê¬ tent en tout fens, ôc reprennent bientôt après leur étendue naturelle, pourvu qu’ils n’ayent pas trop long-temps fouffert une tenfion forcée , leur groffeur eft à-peu-près comme celle d’un tuyaii de plume à écrire, plus large en haut, pro¬ che le rein, que par-tout ailleurs ; ils fe contournent en forme d’ô" Romaine, dans le trajet qu’ils font pour aller du rein à la veffie. On en trouve dans de certains fujets qui reffemblent à de petits inteftins ; tant par leur groffeur , que par leur courbure. Ils font compofés de trois tuniques propres, dont la pre¬ mière qui environne les autres, eft blanchâtre, d’un tiffu filamenteux, très-forré ,& cependant fort facile à s'étendre, & qui paroît comme un tiffu celluleux ordinaire. La deuxième tunique eft rougeâtre vjclle eft plus forte, & formée de différentes couches de fibres qui fe croifont, &il eft difficile de difcerner fi elles font mufculeufes, ou fimplement membraneufes. La troifiéme eft légèrement grainue, comme un velouté très-ras , & mouillé par-tout d’une liqueur mucilagineufe ; elle efl pliffée par des rides longitudinales, & par quantité de petites rides trahfverfales. C rp ) nés du tiffu cellulaire du péritoine. On peut mieux voir le velouté & les rides des uretè¬ res, en les faifant floter dans l’eau claire. Il y a des fujets oii l’on trouve deux viretères à chaque rein. Les artères & les veines qui s’y diftribuent, font de pe¬ tits rameaux des branches fpermatiques & des lombaires j fes nerfs viennent des plexus méfenterlques & rénaux. DE LA VESSIE. \Voyei la II Planche.^ La veffie eft un fac membra¬ neux & mufculeux, dont la figure imite affez celle d’une bouteille rénverfée ; elle eft fituée à la partie inférieure & antérieure du balfin, devant l’intettin redum , hors de la lame du péritoine. Par fa pofition externe & cellulaire , elle fe tient attachée aux furfaces fupérieures & pofté- xicures desqs pubis, & principalement à leur fimphife. On la divife en fond, en col, en parties antérieures & en partie latérales. On donne le nom de fond à la partie fupérieure, & ce¬ lui de col à la partie inférieure., 'Elle eft compofée de quatre tuniques, à peu près comme leftomac, *à la réforve ^que la tunique externe n’eft en partie que la vraie lame péritoine qui la recouvre ; fa- voir en haut, en arriéré , & un peu fur les côtés. Le refte de la veffie eft entièrement enveloppé du tiffu cel- ulaire nar fa ’oiU Au fommet de la veffie, on voit un cordon liwamett* teux, quon appelle l’ouraque, qui monte entre le péri¬ toine & la ligne blanche jufqu’au nombril, & diminue d’é- paifleur a mefure, & il n’eft d’aucun ufage dans les adultes» DES ma MMELLE S. ^ p’'^miere. Les Marnmelles ne font pas confiderables dans les hommes & ffaucun ufage ; celles des femmes font les plus apparentes, ce font les réfervoirs de notre première nourriture. Elles fe gonflent, & elles croiffent à l’âge de quatorze ans dans les filles; ce gonflement s’exprime en latin par Mammiz foronantur. Elles diminuent dans un âge avancé n.; .r ^ . Mamm^zfororiantur. Elles diminuent dans un âce avancé Outre ces tuniques propres les ureteres font environ- lorfqu’elles deviennent inutiles. Le bout des mammelfor ou es du tiffu cellulaire du peritoine._ fo„ embouchure , s’apnelle mammelinn lulaireparfaportfotrex-fe^e^ml^^^^^^ Tort leur furfaceinterne, comme le Fai déia dit - - rj ' ui ^» eiaitique , K plus r r t /t « ^ ^ - ... OU nîoin:> coniidéraDie en rip rprtamc Ltuotc tî leur furface interne, comme Je Tai déjà dit. -- La fécondé eft la mufciileufe ; elle eft compofée de plu- Ceurs couches de fibres charnues, dont les externes font pour la^ plupart longitudinales, & les internes plus inclinées de cote Si d’autre , de plus en plus obliques, 6c enfin pref- que tranfverfales. Tontes ces fibres fe croifent différem¬ ment , 6c tiennent enfemble par un tiffu cellulaire très-fin. La troifiéme tunique eft appellée la nerveufe, 6c eft à- peu-pres d une ftruâure femblable à celle de la tunique nerveufe de l’eftomac. La quatrième eft la veloutée ; les rides qu’on y remar¬ que font irrégulières , quand elle eft vuide, 6c elle eft na fon embouchure , s’appelle mammellon. _ La fubftance des teions eft compofée d’une grande quan¬ tité de graiffe , d’une fubftance blanche , qui paroît être glanduleufe, d’une quantité de corps globuleux, qu’on appelle les glandes de Nuk. Plufîeurs veulent que ces corps ne foient feulement qu’une efpéce de graiffe plus épurée. Verrhejen foutient le contraire. On trouve parmi cet amas de diverfes parties fines , un entrelacement d’une portion de la membrane adipeufe, ou graiffeufe, dont les pellicules cellulaires foutiennent un grand nombre de vaiffeaux tant arteres que veines , nerfs, vaiffeaux limphatiques,'con¬ duits féreux, ou laiteux, 6c un grand nombre de petites grappes glanduleufes , qui dépendent de cette membrane ; le tout en fe rétréciffant, fait un efpéce de cercle , que l’on nomme Aréole. Les mammeiles font fortement arrêtées entre deux membranes, qui font la continuation des pelli¬ cules graiffeufes; la plus interne de ces deux membranes qui fait le fond, 6c qui eft comme la bafe du corps de la mammeile , eft épaiffe, 6c attachée au mufeie grand pefto- ral. L’externe eft plus fine, ÔC forme au corps de la mammeile une eipece de tégument particulier, plus ou moins convexe , 6c tres-adhérent à la peau. L’aréoje, ou cercle coloré, eft garni de corps glandu¬ leux, quis eleventd’efpace enefpace, comme des monti¬ cules autour de ce cercle. Le mammellon où aboutit le foin dont nous avons parlé ft" rîi, Aa V A r _*_ /ï rt* îT . ® /•I V , , 1 J , C5C puis OU moins confiderable en de certains fujets. Il a ordinaire¬ ment plus de volume dans les nourrices que dans toute autre performe.Tl change de couleur fuivant les différens âges. Les conduits laiteux fe rendent à la fommité du n^amme- lon, 6c s’y ouvrent par autant de petits trous, ou orifices qui font prefque imperceptibles. Le corps du mammelon eft enveloppé d’une produdion cutanee, extrêmement mince, 6c de l’épiderme. Quantité de petites éminences 6c de rugofités rendent fa furface exter¬ ne fort inégale. Les arteres 5c les veines qui fe diftribuent dans les mam- melles, font des ramifications de celles qui portent les noms u;;eWntdi:s Û; étrd; co;;S uniqueIfi -“->^-^,f-famifications decdlesquip^ les noms légèrement grainue, 8c comme ' glanduleufe ; il en trlnfpire Lt'dèrbmn def la lurtace interne, 6c fert à la defendre contre 1 acrimonie & font nommées mammaîrpQ p-vtprnAc, r'Ac -- r r r -*****^iiw iiiLiwiiagiiiCLliC , qui CUUUIL LUUtC fa furface interne, 6c fert à la défendre contre l’acrimonie ée l’urine. La partie inferieure de la veffie eft percée par trois ou¬ vertures; l’une antérieure , ôc deux latérales un peu pofté- «ieures. L anterieure , qu’on appelle le col de la veffie, eft formée par le prolongement de toutes les tuniques propres, en maniéré de goulot ; les deux autres ouvertures font faites par l’extrémité inférieure des uretères qui y aboutiffent, comme je l’ai dit. Le col de la veffie forme en fe prolongeant le canal de 1 urethre, tant aux hommes qu’aux femmes. L ufage de la vejjîe efi de recevoir l'urine , de la contenir pendant quelque temps. ■—..uL/vc, usa jjujuucLjuiii. ucs axiuaires, 6c font nommées mammaires externes. Ces vaiffeaux com¬ muniquent entr’eux avec ceux des environs, 6c avec les épigaftriques. Les nerfs viennent principalement des nerfs cauftaux, 8c par leur moyen communiquent avec les grands fymphati- ques. Ufage des Mammeiles. L’ufage des mammeiles dans les femmes , eft de féparer du fang le fuc laiteux qui fert à la nourriture des enfans. Ce qui paroît un prodige dans la nature, c’eft que ces parties^ qui ne faifoient point cette fécrétion avant l’accou¬ chement , & qui ne la font jamais dans les vierges, ayent en deux fois vingt-quatre heures la faculté de fournir affez de lait pour nourrir le nouveau né. (^o) LA FEMME EN COUCHE ET LE FŒTUS. On peut ajjemhler les deux Planches, fuivantes. PLANCHE SEPTIÈME. %a tête renverfée pour voir les Mufcles da Col SC la Carotide mieux développée ,*• la Plevre à dé-^ couvert SC les Mammaires ; les Mufcles da bas-ventre ^ SC les Épigajlriciues^ FIGURE I. Les diverfes Parties. T ^ A Mâchoire inférieure. b. L’Os maxillaire avec les Dents molaires, €. La Foffe zigomatique. é. L’Apophife zigomatique. «. La portion fupérieure ciè la mâchoire inférieure fciée ^ où fe voit le diploé & la derniere dent mollaire. L’Apophife coronoïJe , que l’on diftingue aifément. L’Apophife condiloïde , l’échancrure qui eft entre ces î deux apophifes, & l’angle de la mâchoire fe voient auffi. L’Oreille un peu tirée en arriéré , où le lobe eft emporté. L’Apophife ftyloïde entre la coupe de la mâchoire & l’o¬ reille. L L’Apophife maftoide. 1. Le Mufcle crotaphite en racourci avec fon tendon tire en bas, & fon infertion à l’Apophife coronoïde. l. Le Pterigoïdien externe. а. Le Pterigoïdien interne. m. Portion du Palais.n. La Langue.o. Portion du Digaftrique. Mufcles de tOs hyoïde. 3 . Le Mylohyoïdien. 4 . Le Geniohyoïdien. 5 . L’Stylohyoidien, б . Le Sternohyoidien. 7 . Le Coftohyoïdien. Mufcles de la langue S.Le Genyoglofîe. 9 . Le Bafioglofte; le KeratoglolTe eft à côté,’ L’StyloglolTefe voit ici entre l’Apophite ftiioïde &c la bafe de la langue, p. L’Sternomaftoîdien. q. L’Os hyoïde, r. Le centre du cartilage thyroïde, s. Portion du cricoïde. t. La glande thyroïde, v. La trachée; artère.A. Le Thyroïdien, L’Sternohyoïdien. La Plevre à découvert. a. Les Clavicules, h. Coupes du Sternum, c. Les faulTes Côtes, d. L’Artère mammaire interne, e. La Mammaire externe, /. L’entrelaflement de ces Artères qui forment le Sein. Lç B as-Ventre. g. Coupe de l’Oblique externe, h. Le Mufcle droit. i. L’Oblique interne, k. Le Piramidal ou Triangulaire. I. Les Artères épigaftriqiics qui vont s’anaftomofer avec les Mammaires. A. La tête du Fœtus qui eft prête à déboif- cher, 6c qui appuie fur la fourchette. FIGURE II. La partît fupirkurc dt la femme.,en- couche.- PLANCHE HUITIEME. La Partie inférieure de la Femme en couche, éf Vanatomie du Fœtus^ FIGURE L a. CZ/OÜPE des Mufcles du bas-ventre & du Péritoine. b. La Matrice ouverte après l’accouchement. c. Le Placenta en lituation ; les Membranes déchirées, & le cordon forti du vagin par l’une de fes extrémités, d. Son attache fur l’Ombilic, e. La Veffie du fœtus avec les hypogaftriques qui vont au cordon. a. La Veine ombilicale./. Les Poumons. g.Le Cœur 6c le Thymus ; la Poitrine étant ouverte. h. Le Bas-ventre ouvert ; où l’on voit les reirts, le foie, &c. i. La Veffie de la mere , comprimée par la Matrice. FIGURE IL a. La Ma.trice détachée & ouverte poftérieurement par le vagin , après l’accouchement. b. Les Ovaires, c. Les Trompes, d. Les Ligamens ronds. e. Les Ligamens larges, ou Ailes de chauve - fouris. f. Le Vagin ouvert par fa partie poftérteure 6c inférieure , où l’on voit toutes fes rigofités , 6c l’iflùe de fes glandes. g. L’entrée de l’Uterus , ou Mufle de veau. h. Les Nymphes, i. Le Clitoris, k. Le Méat urinaire & les Lacunes, l. La Veffie ôdes Uretères. FIGURE III. L’Angéologie du Fœtus. 'A, Le Placenta détaché, Le Placenta vu poftérieurement. b. L’Amnios. C; Le Chorion. d. Le Cordon, e. La Veine ombilicale qui fe plonge dans le ftnus de la veine porte. > f. Le Conduit veineux. g. La'Veine cave inférieure. h. Le Cœur & l’Oreillette droite. i. La Veine Cave fupérieure 6c les fouclavieres. k. L’Aorte 6c fa crolTe ou contour. L L’Artère pulmonaire. m. La Veffie & les hypogaftriques'qui vont joindre le cordon; n. Les Iliaques, o. La petite verge qui tient à la veffie. l. X. 3 . L’Oreillette droite ouverte. ' I. Le haut de l’Oreillette, x. L’iflùe des veines coronaires.’ 3 . Le Trou oval. FIGURE IF. Le Cœur & h Thymus. a. Le Thymus. b. L’Oreillette droite. c. La veine cave inférieure.’ d. Le conduit conduit veineux.’ e. La veine porte. f. La Veine ombilicale. F I G U R E F. Le Cœur vu poftérieurement, aa. Les Veines caves. b c. Le Canal artériel. b. L’Aorte. c. L’Artère pulmonaire. d. Les Veines pulmonaires.’ 4 ( 2 LES ARTERES DU BAS - VEiLTRE. Les aràrcs rcinalcs ne font ordinairement qu’au nombre de deux ; elles fortent latéralement de l’aorte defcendante inférieure , & vont fe porter dans les reins ; l’une au côté gauche, & l’autre au côté droit, par une ligne droite &C horifontale. (Anat.tom. i, pag. i4i.)obferve qu’elles font quelquefois doubles. Pour judilier fon opinion &c celle de Riolan , au fujet des artères & des veines émulgentes doubles, je montre ici deux veines & deux artères reinales du côté gauche, ainfi que je les ai trouvées dans le fujet qui a fervi à ma démondration ( Planche. /. jiÿ. IL ) Plufieurs branches des artères reinales du côté gauche s’enîrelaffent avec la branche de la veine adbciee, ôc for¬ ment enfemble des arcades dans la fubdance interne des reins , defquelles il fort de petits rameaux, qui vont vers leur circonférence, ou furface externe* Ces rameaux fe Voyent ici fur le rein droit ( Planche Lfig. /• ) _ L’artère reinala droite prend fon origine derrière la veine cave , & vers l’embouchure du côté gauche de la branche émulgente de cette veine. Celle du côté gauche s’adbcie avec la veine émulgente du même côté ; elle prend Ion origine au-delTous de cette veine ; mais elle vient la recouvrir à fûn entrée dans les reins {^mime Planche ,jig. /.) Les artères capfulaires des deux côtés naiflent quelque-, fois de l’aorte defcendante même , & quelquefois des artè¬ res émulgentes. Dans cette figure 11 , elles prennent leur ori¬ gine du côté droit de f émulgente , & du côté gauche de l’aorte. M. Winflow oblerve qu’elles naiflent quelquefois du tronc de la cœliaque. Ces arteres fournilTent des rameaux adipeux , qui le répandent à la graillé des reins. Les arteres fpermatiques ont été décrites ci-delTus, en par¬ lant des parties de la femme. L’on voit ici les artérioles qu’elles fournilTeni à la membrane commune des reins ; celles qu’elles fournilfent aux uretères, &c. Il faut exami¬ ner prélentement leur rapport avec les parties de l’homme. Ces "artères dans l’homme vont gagner les allongernens de la portion cellulaire du péritoine , par les ouvertures ou anneaux des deux mufcles du bas ventre ; elles s’entre- laflent, & paffent à travers les mailles des veines qui les accompagnent, & le divifent à la lortie du bas-ventre en des rameaux très-fins , parallèles entr’eux , & plus au moins tortillés , enveloppés dans une gaine formée de feuillets membraneux très minces , qui lont une continuation du tilTu cellulaire du péritoine. Le canal déférent dont nous par¬ lerons eft renfermé dans la même gaine. Ces artères vont enfin fe jetter fur l’épydid me 6l le tefticule , ce que nous expliquerons aiifii ( voye^ fig. IL Planche IL ) a b. Le tronc de l’Aorte cieicendante , ou inférieure, a. Le Tronc de l’artère cœliaque, c. Coupe de la Mélenterique l'upérieure. g. La Reinale du côté droit. h. Celle du côté gauche. il. Les Artères capfuiaires des deux côtés. mn. Les Artères fpermatiques. O. Coupe de la branche Mélenterique inférieure. g. La bifurcation de l’Aorte, placée à gauche, & au devant de la Veine cave. q q. La Branche iliaque droite & gauche. On répété ici l’explication que l’on a déjà donné de cette fécondé figure de la deuxième planche , pour rappeller la dé- monlirafion des artères du bas-ventre , dont il s’agit. Ces deux branches s’écartent dans le baffin , chacune de leur côté, & vont forrir entre le ligament tendineux de fallope &c le tendon du pfoas , fur l’union de i’os des ifles avec l’os pubis , oh elles changent de nom, &c prennent celui d’artères crurales. Il faut obferver ici que les Anatomiftes ayant apperçu que dans le fœtus & dans les jeunes enfans la partie an¬ térieure des iliaques ( marquée S. r. du côté gauche & du côté droit,) elt beaucoup plus petite que la branche que cette artère poulie dans le fond du baifin , que l’on appelle hipogajlrique , ou iliaque interne ; & comme alors la partie externe de cette artère paroît plutôt une bran¬ che de rhipogalirique , que le tronc m-ême de l’artère , ils l’appellent par cette raifon iliaque externe. Moyennant cette remarque, on entendra par l’iliaque externe la continuation extérieure de l’iliaque jufqu’à la lortie du bafiin. Ces artères jettent quelques artérioles dans leur naiffance, qui vont à î’os facrum , &: dont quelques-unes entrent paf les trous fiipérieurs de cet os; elles fournilfent aulTi dans cet endroit des artérioles au péritoine, aux tuniques des veines , aux artères & aux grailles qu’elles rencontrent. Les iliaques, à environ quelques travers de doigt de leur ori* gine, pouffent l’hipogaltrique ; la nailfance ell marquée ici. J’en ai donné une plus grande defeription dans les ex¬ plications précédentes , en parlant des parties de la généra¬ tion de l’homme & de la femme. Le tronc de l’iliaque externe pouffe fur fon extrémité an¬ térieure avant de changer de nom, ôc de fortir du baffin deux branches , favoir ; Les arteres épiga(lriques internes. Par le mot épigaftrlque « il faut entendre les arùres du dejfus du ventre ; car épi en grec, veut dire deffus, & gtifiri le ventre. 79. (^fig. /. Planche 1 . ) L’Hipogaftrique de chaque côté, 22. (^fig. I. Planche IlL ) Les épigallriques internes, î- CfiS' Pi^nche VIL ) Les externes. Il ell néceffaire de connoître ici ces artères ; nous n'au¬ rons peut-être pas occafion d’en parler davantage. La branche interne des artères du deffus du ventre ( oU épigaftrique , fi l’on veut, ) fort antérieurement de l’extré¬ mité de l’iliaque, & immédiatement avant le paffage du tronc de cette artère fous le ligament tendineux ; elle re¬ monte enfuite obliquement à travers l’aponevrofe du muf- cle tranlverfe ; elle fe continue vers la partie poltérieure du mufcle droit du bas-ventre , & gagne même par fes branches jufqu’à deux ou trois travers de doigt au-deffus de l’os pubis; elle monte le long de la face poltérieure & interne du mufcle droit, en fe ramifiant fur les apone- vrofes des mufcles voifins, & à la fin fe perd en s’anafto- mofant réellement par plufieurs petites ramifications avec la mammaire interne ; elle communique auffi avec les artères intercoftales inférieures, qui fe répandent fur les mufcles du bas-ventre. Il étoit impolTible de faire voir ici toutes les ramifications de cette artère ; il fuffit d’en démontrer la coupe, puifque les mufcles dont nous parlons font enlevés. ( Je prie ceux qui ne fe connoiffent pas en peinture de ne pas croire que ces branches font collées fur les parties qui leur paroiffent pofférieures. ) La branche externe des épigaffriqiies fort latéralement fur l’extrémité antérieure & externe de l’iliaque , à environ un demi-travers de doigt de diftance de la première branche; elle va à la lèvre interne de l’os des îles, oh elle fe partage ordinairement , & fe ramifie fur le mufcle tranfverfe & l’oblique du bas-ventre, en joignant l’artère des Lombes. L’iliaque externe , en paffant lotis le ligament tendineux, outre ces deux branches, donne encore deux petits rameaux ; l’un à la partie interne qui va gagner la gaine des vaiffeaux fpermatiques, &c quelquefois il en jette un autre petit du côté externe qui fe porte à l’os des îles. V. (^PlancheLfig.VII.') Branches de rhipogalirique. T. ( id.fig. VIL ) Les Artères de ces branches qui forment l’ombilicale. Vartire ombilicale, que l’on peut regarder comme la vraie continuation de l’artère hipogajlrique. Cette artère de quel fens qu’on la confidere , eft une branche de l’hipogaftrique ; elle remonte à côté de la velfie, fur laquelle elle jette des rameaux, & en donne aux parties du péritoine les plus voifines. Dans les adultes, elle eft petite , & fe termine à la partie moyenne de la velfie, quoiqu’elle iaiffe plus haut des vertiges de fon pre¬ mier état julqu’à l’ombilic, oh elle lé joint avec la veine ombilicale en forme de cordon. On a vu fon ufage en par¬ lant du fœtus. ii. II. {jig. IL Planche I. ) La veine cave inférieure. mm. La Veine reinale droite. nn. Celles du côté gauche. O O. L’Spermatique gauche. pp. La droite. g Z- hh. L’Artère & veines crurales dont nous avons parlé dans les précédentes tables. 21 & 23. {Jig-L Planche II 1 .) Ces chiffres renferment la Coupe des branches externes ôc internes de la Veine & de l’artèreîcrurale. LA VEINE CAVE INFÉRIEURE. ( Nous avons parlé de; fon oririne dans les tables précédentes. ) Cette veine ayant percé le diaphragme, parte par la partie poftérieure de la grande fciffure du foye , entre îe lobe & le lobule de Spi- gelUus. Dans ce trajet, elle donne ordinairement trois grof- ies branches , appellées veines hépatiques , c’eft-à-dire, à'hepar, le foie. Effeaivement ces veines vont fe ramifier dans le foie. ( En parlant du foie en particulier, dans un autre endroit, nous décrirons ces vaiffeaux. ) La veine reinale droite eft l’une des greffes branches de la veine cave , qui vont de chacfue côté de cette veine fe porter aux reins ; celle-ci eft plus courte, & defeend un peu obliquement pour aller joindre le rein. Les veines reinaîes du côté gauche font plus longues que la précédente ; & cela doit être ainfi , puilque le tronc de l’aorte defeendante eft entre le rein & le tronc de la veine cave qui les reçoit de ce côté, ce qui ne fe trouve pas du côté droit où le rein eft plus proche de la veine cave. Les veines reinaîes du côté gauche fe trouvent placées immédiatement fous l’artère méfenterique fupérieure. Il n’eft cependant pas ordinaire qu’il y ait deux veines rei- nales d’un côté , & une de l’autre, ou deux de chaque côté ; affez fouvent, on n’en rencontre qu’une feule à droite, ôc une feule à gauche. Ces veines jettent en haut des veines capilaires , qui accompagnent les artères du même nom dont nous avons parié, & en bas des veines adipeufes qui vont à l’enveloppe graiffeufe des reins. La veine reinale gauche fournit ordinairement la veine fperma^ tique du même côté, comme l’on voit dans cette figure. Les deux reinaîes vont gagner l’échancrure des reins par plufieurs ramifications, qui fe diftribueht dans leur lùbftance, ainfi qu’elles font dépeintes au côté droit. Les veines fpermatiques accompagnent les artères dont nous venons de parler, & les fuivent dans leur divifion ; un peu après avoir croifé les uretères , elles produii'ent une branche confidérable , qui fe divife enfulte en deux ra¬ meaux, dont l’un va communiquer avec la veine capfulaire, ou furreinale, & l’autre communique affez fouvent avec les veines reinaîes ou éraulgentes j elles communiquent en- fuite avec la veine mefardique ; elles fe multiplient en ap¬ prochant des anneaux, & s’anaftomofent entr’elles de dif- tance en diftance; les rameaux de ces veines fe tortillent & s’entrelaffent les uns avec les autres, & avec les artè¬ res qui les accompagnent, enfermées dans la gaîne dont nous avons parlé ; ce qui les a fait appeller des Anciens . vaiffeaux panpiniformes. Les veines & les artères fpermati¬ ques font fi adhérentes entr’elles en certains endroits , que c’eft ce qui a fait croire que les veines s’anaftomofoient avec les artères, ce qui eft abfurde & contredit par les Anato- tomiftes les plus favans, entr’autres per M. 'Winflo'w. DE LA GROSSESSE ET DE L'ACCOUCHEMENT. T . A conception & l’accouchement font les aftes indifpen- fables de la génération de tous les êtres animés. Ceux même qui génèrent feuls, comme font plufieurs infeâes, .conçoivent Ô£ accouchent. La génération animale eft confiée à tout ce qui eft organifé , mouvant & indépendant de, l’ac¬ tion de la Terre : c’efl: en quoi confifte la vie animale. Pour donner la vie, il faut être vivant, nemo dut quod non habet. La terre n’a jamais conçu des hommes , & les mon¬ tagnes n’ont jamais enfanté de fouris. L’homme, les qua¬ drupèdes , les oifeaux, les poiffons & les infeftes font ces êtres animés qui conçoivent & qui accouchent ; les uns par la copulation, & les autres d’eux-mêmes. Tout prouve un méchanifme univerfel, qui tient à une fource, à un commencement. L’éternité des accouche- mens eft une chimere ; il a fallu de tout teTnps, pour met¬ tre au monde, des hommes &C des animaux , des mâles & des femelles. La copulation, le coït, la conception & l’accouchement font des aêles néceffaires , non-feulement pour produire naturellement, mais encore pour forcer les êtres vivans à perpétuer leurs efpéces, fouvent malgré leur volonté. Le défir les attendrit & les force à fe joindre. Les femelles conçoivent avec plaifir , & la douleur les fait accoucher. L’amour les oblige à élever leurs progénitures, & fouvent à fe priver de leurs befoins. En un mot, le phy- fique & le moral, tout concourt à accomplir l’ordre établi par l’Auteur de la nature. Nous allons confidérer d’abord les vices de conformation qui peuvent s’oppofer à l’accouchement naturel ; nous dif- ferterons enfuite fur la groffeffe & fes maladies , fur la nourriture du fœtus, Sc enfin fur les divers accouchemens, & la maniéré de délivrer les femmes dans l’enfantement. Des vices de conformation dans les femmes , au fujet de la Grojfejfe & des Accouche¬ mens, Les vices de conformation dans les femmes font effen- tiellement attachés à la forme & aux dimenfions du baflîn. Le baflin foutient les inteftins 8c la matrice ( Voyer^ Plane, IV ,fig, III , ) 8c dans l’accouchement le fœtus appuie def- fus , & cherche à franchir l’ouverture faite par l’affemblage de l’os facrum, des os des îles, & de l’os pubis ; & l’arcade inférieure formée par les os ifehion ôc l’os pubis, C’eft tout ce qui forme les plus grandes difficultés de l’accouchement. Dans l’ordre naturel, le grand diamètre du baflin doit avoir un cinquième de plus que le petit diamètre ; c’efl: un .vice quand cette proportion manque. Lorfqu’il n’y a pas entre les crêtes des os des îles la dif¬ tance néceffaire, il n’en réfulte aucun accident pour l’accou¬ chement ; mais vers la fin de la-groffeffe, la matrice fe gon¬ fle , les vifeeres du bas-ventre ne trouvant plus à fe loger commodément, fe jettent en devant, la matrice fe dévie ; la femme a le ventre en pointe. Dans l’ordre de la nature, l’axe de la matrice doit ré¬ pondre à l’axe du petit baflin , c’eft-à-dire , que la ligne qu’on imagine paffer en travers par le centre de la matrice , doit être parallèle à l’axe du petit baflin. Toutes les fois que cela n’arrive pas , on dit , la matrice efl deviée. On comprend facilement que la matrice ne trouvant point à fe loger, fe porte en devant, ô£ que l’enfant , au lieu d’être pouffé vers l’orifice du petit baflin, l’eft vers le facrum. Ce vice, qui eft très-commun dans nos Villes, chez les femmes délicates, demande beaucoup d’attention de la part de l’Accoucheur , pour mettre la femme en pofition. Lorfque la fymphife du pubis a plus d’étendue qu’elle ne doit avoir , elle diminue l’ouverture du petit baflîn , quelquefois même le ferme en partie. On donne à ce dé¬ faut le nom de barre , parce que quand on veut toucher une femme, cet os fe préfente au doigt comme Une barre. Ce vice a fouvent Heu dans les perfonnes les plus fortes. L’épine du pubis eft viciée quelquefois, lorfque faifant peu de faillie en dehors, elle rentre en dedans. Ce vice eft rare. Quand il exifte, & que l’enfant prend une bonne route, il eft de peu de conféquence ; mais fi l’enfant s’ar¬ rête à cette faillie , l’accouchement eft difficile, & a des fuites facheufes. Lorfque l’arc formé par les deux branches de l’ifchion n’eft pas affez grand , fon refferrement offre de grandes difficultés à la fortie de l’enfant, qui, à caiife de la petite efpace, ne peut y engager fa tête. Ce défaut eft aufli dan¬ gereux que l’excès de la longeur de la fymphife du pubis, qui eft fouvent caufe de ce rétréciffement. Les deux tubérofités de l’os ifehion font quelquefois mal difpofées & rapprochées en dedans. Lorfque ce défaut, qui eft très-rare, exifte feul, il n’eft d’aucune conféquence; il caufe feulement quelque retardement à la fortie de l’en¬ fant. Les épines des os ifehion rentrent quelquefois en de¬ dans, Ce vice ne s’oppofe pas à la fortie de l’enfant, car quelque rentrées qu’elles puiffent être, il y a toujours une ouverture affez confidérable, pour que la tête de Fenfant puiffe fe dégager. Il y a quelquefois fi peu de diftance entre le pubis & le facrum, foit par l’alongement de la fymphife, ou du fa¬ crum , qu’il n’y a pas d’autre moyen de faire fortir l’en¬ fant , que par l’opération céfarienne. Le facrum peut être vicié de plufieurs façons, foit que fa partie fuperieure vienne trop en devant , vers îa fym- phife , ou qu’il en foit trop écarté. Le premier défaut empêche que l’enfant ne puiffe defcendre dans le petit balîin. Quelquefois le facriim eft excavé , au point que le petit diamètre eft plus long d’un cinquième , que celui de l’ou¬ verture du petit baffin ; &C iorfque la tête de l’enfant a paf- fé le premier détroit, elle fe trouve aufli au large qu’elle étoit dans le grand baffin ; & fe gonflant dans cette grande cavité , fenfant ne peut plus fortir par les voies ordinaires. Il arrive auffi quelquefois que le facrum n’efl: point excavé du tout, ce qui eft encore un autre défaut pour le paflage de l’enfant. L’enclavement eft cet état, oit la tête de l’enfant ayant paffé le petit détroit, ne peut plus ni monter ni defcendre. C’eft à quoi expofe le vice du trop grand refferrement des branches de l’ifchion. Cette trifle circonftance n’eft pas auffi commune que bien des Accoucheurs le difent. Signes diagnojiîcs avec lefquels on peut re- ccnnoitre les défauts de conformation du bajjim Quelquefois les Accoucbeurs font appellés pour exami¬ ner fi une jeune perfonne eft bien conformée , fi elle eft dans le cas de concevoir, & de mettre un enfant au monde heureufement. Je trouve cette cérémonie bien ridicule ; elle eft contre la pudeur &c les régies naturelles. C’eft alors s’alfujettir à des jugemens très-fouvent bien incertains ; mais Ku cas que cela arrive, voici à-peu-près comme il faut s’y prendre. Il faut faire tenir la jeune perfonne debout, & examiner enfuite fi l’épine tombe d’aplomb fur le facrum , parce qu’un des grands vices du baffin vient de la torfion plus ou moins grande de l’épine. On ne doit pas fe contenter de toucher la partie lombaire , il faut examiner la thora- chique. Il arrive fouvent qù^tme perfonne qui a cette partie torle, a une crête du baffin pKis élevée que l’autre , ce que l’on connoît facilement par le loucher. Ce défaut ne préjudicie pas à l’accoucbement. Cet examen fait, on paffe au toucher des épines anté¬ rieures & fupérieures des os desîles; on confidere, fi elles font à une diftance convenable. La plus naturelle eft de huit à dix pouces. Il n’eft aucune perfonne gralfe ou maigre qui ne prélénte les épines antérieures & fupérieures, de ma¬ niéré qu’on ne puifle les toucher. On examine enfuite fi le grand baffin a la capacité qu’il doit avoir , fi le facrum eft bien placé. 11 faut pour cela porter la main au-deffus des feffes, toucher le facrum, pour favoir s’il eft courbé en ar¬ riéré , pour évaluer la grandeur du diamètre du petit baffin. Il faut faire tourner la jeune perfonne de côté, por¬ ter la main au coccix , & l’autre fur l’épine de l’os pubis, te juger de leur diftance. Si on veut favoir s’il y a barre j il faut prendre toutes les précautions néceffaires pour ne pas défleurer la perfonne qu’on examine. Ainfi , il faut pofer le pouce fur la crête de l’os pubis , & le doigt index à la partie fupérieure de la vulve, ce qu’on peut faire auffi fur les perfonnes graffes. On juge par la diftance qu’il y a entre les deux doigts, s’il y a barre. Lorfque ce défaut exifte feul, il ne luffit pas , pour défendre le mariage , & pour empêcher que la femme ne fafle d’heureufes couches , à moins que la barre ne tombe trop bas, & diminue trop confidérablement l’ou¬ verture inférieure du petit baffin. Il eft facile de toucher les tubérofités de l’os ifehion, & de favoir fi elles font à une diftance convenable. On peut faire les mêmes obfervaticns fur les femmes grofîes, pour favoir fi l’accouchement fera laborieux. Après avoir examiné tous les défauts du baffin , & la maniéré de les reconnoître , il eft bon de parler des vices des parties molles , U de leur diagnoftic. 'Des vices des parties naturelles , & des fignes auxquels on peut les reconnoitre. Nous n’avons point de fignes pour connoître fi un liga- .ment eft vicie. La diffefl:ion en a fait voir qui étoient telle¬ ment accourcis & rapetiftes d'un côté , que l’angle fupérieur de la matrice étoit ramené vers les anneaux dubas-ventre; de forte qu’elle étoit de côté & en travers. On ne peut pas non plus connoître les vices des ligamens larges, des trom¬ pes de fallope, des ovaires ; on les devine quelquefois par les marques extérieures; c’eft tout ce qu’on peut faire. A l’égard des parties extérieures il eft facile de décider de leur defaut de conformation. On voit par exemple fi les grandes lèvres font couvertes de cicatrices. Les cicatri¬ ces empêchent qu’elles ne puiffent fe diftendre, & s’oppo- fent par là au palTage de la tête de l’enfant. On dit que les femmes qui ont ce défaut font bridées. Les brides font quelquefois la fuite d’un accouchement contre nature qui aura occafionné des efears gangreneux , avec mauvaife fuppuration , & alors les cicatrices fe feront mal fermées. Pins communément elles font l’effet des chan¬ cres bénins, ou malins, ou vénériens. Quelquefois une fille a des chancres à la vulve, elle conçoit cependant , mais les brides s’oppofent alors à la fortie de l’enfant. L’orifice eft quelquefois tellement bridé , qu’on peut à peine y in¬ troduire un ftilet. Il arrive de même qu’un chancre, un fquirre au col de la matrice, n’empêchent pas une femme de concevoir, pourvu que le corps n’en foit pas offenlé. On a toujours cru le contraire juiqu’ici, mais alors le col de la matrice fe trouve raccourci & racorni, & ne fouffre aucune dilatation. Le corps de l’enfant s’effile comme s’il paftbit à la fîUere, & fa tête s’allonge, & meurt par le tiraillement ; de même comme il arrive aux enfans qui naiffent lorfque le facrum eft vicié , comme nous venons d’obl'erver , & qu’il eft droit ik. applati, Sc approché du pubis. La longueur exceflive du clitoris , & des petites lèvres ou nymphes, eft auffi un défaut. L’allongement de ces lè¬ vres n’eft-pas toujours un obftacle à la génération, ni à la fortie ^e 1 enfant. Car quelquefois, loin de s’oppofer à l’ac- couebément , elles le favorifent beaucoup ; elles nuifent cependant quand elles font arrondies , fermes & dures , poul^ 4 qrs fe déchirent. Ce qifil faut prévoir par des huiles & des ÿapeurs émolientes. Si les lèvres font molles, leur longueur , bien loin de nuire , aident à la fortie de l’enfant , car comme elles font deftinées à s’étendre & fe développer, il eft clair que plus elles feront étendues , moins on doit craindre que ces parties fe déchirent. 11 arrive quelquefois que les petites lèvres font attaquées de tumeurs cancereufes^ il faut les traiter Scies guérir. Quel¬ ques accoucheurs difent qu’il faut pour lors les enlever, fi ce vice exifte dans le temps de la groffeffe. On fait cette opération dans le huitième mois. On rifque autrement d’ex- pofer la perfonne enceinte dans des douleurs inouies dans l’accouchement. Quoique cette maladie foit pour l’ordinaire la fuite d’un mauvais commerce, on voit cependant quel¬ quefois des perfonnes très - fages qiii en font attaquées. Si les grandes lèvres font abfolument trop grandes, qu’elles defeendent entre les cuiffes, il faut les faire ren¬ trer par des aftringens, ce qui m’a réuffi quelquefois , & félon quelques Auteiirs, il faut les couper; mais, difent-ils ^ il ne faut pas les enlever entièrement. Le remède feroit pire que le mal ; il ne faut ôter que l’excédent. Je crois cet opé¬ ration inutile. La membrane de l’hymen mérite auffi l’attention du Mé¬ decin : elle peut être viciée comme les autres parties. On ne lui connoît cependant point d’autre défaut que celui d’être quelquefois trop épaiffe. Il y a des filles imperforées qui ont quelquefois la membrane de l’hymen fi épaiffe & tel¬ lement clofe, qu’il faut alors avoir recours aux cifeaux , ou biftouri. Ce font ici tous les vices à - peu - près des parties mol¬ les de la génération , qui environnent le baffin. Les vices de la matrice font fi rares , qu’il eft inutile de s’y arrêter. Des fignes de la Virginité. Les Médecins, les Accoucheurs & les Sage -Femmes, font quelquefois appellés en Juftice pour favoir fi une fille a été déflorée , fi elle eft greffe. Dans ce cas, il ne faut point porter fon jugement avec légèreté, parce que les fuites font de la derniere conféquence. Il faut pour cela être inftruit des principes pour ne point former des faux rapports. On doit donc favoir qu’il y a deux fortes de virginité , une morale ôc une phyûque. La virginitémorale tft ce que j’appelle la virginité abfoliie; c’eft-à-clire celle où les hommes n’ont jamais approché. La virginité phyfi- que eft la virginité apparente. Elle confifte en ce que dans îes parties naturelles il n’y foiî rien entré qui ait été ca¬ pable de caufer des déchirures, ce qui arrive par la con¬ jonction ou par rattouchement. La virginité s’annonce par l’exiftence de l’hymen, l’ab- fence des caroncules mirtiformes, l’intégrité de la fourchette, & le peu d’étendue de l’orifice externe du vagin. Lorfque ces parties fe trouvent meurtries ,, contufes, pleines de fang, on croit alors que la virginité manque, & d’après' ces principes on juge du fort des accufés, quelquefois contre la vérité. Voilà en général quels font les Lignes de la virginité. Examinons - les en détail. Si une fille n’a point, ou peu de fourchette, qu’en peut- on conclure ? Elle a l’intérieur des lèvres pâle, ou d’un rouge foncé; qu’en conclure encore? Toutes ces cbofes fe rencontrent fouvent chez les brunes foncées les plus fages. Elles ont même quelquefois des marques femblables à celles qu’auroient formées des contufions. Jufqu’à préfent ces li¬ gnes ne fuffifent pas pour décider de la virginité abfolue. Ceux dont nous allons parler ne font pas plus certains. Le clitoris peut être un peu plus gros qu’à l’ordinaire, l’hymen peut être rompu. Il s’agira de conllater de quelle maniéré il aura été déchiré. Il eft cependant certain que de telle façon qu’il ait été rompu, une fille perd le droit qu’elle peut prétendre à la virginité phyfique , & ne peut fe re¬ plier que fur la virginité morale. Elle laiffe fur fon état «n doute, qui peut contenter les uns & décider les autres contre la pureté qu’on doit fuppofer à une fille , en lui con- fervant le caraâere de vierge abfolue. On peut dire qu’il y a des filles, qui dans le temps de leurs régies, ont des humeurs fi âcres , qu’elles rongent entièrement la membrane de l’hymen. Ce font des raifons palliatives &c bonnes à dire dans l’occafion. Il arrive quel¬ quefois que l’hymen a la forme d’un demi-cercle ou d’un croiffant ; mais il doit toujours exifter dans la virginité. Je l’ai trouvé dans une fille de foixante ans que j’ai difle- uée à rHôtel-Dieu : mais cela ne dit pas que dans les jeunes lies ce caraftere fe foit effacé par l’approche d’un homme j il peut fe perdre de toute autre façon. Il faut donc dire que puifque cette membrane eft fujette àtousces diverfes acci- dens, & qu’il n’y a que celui de la copulation qui foit l’objet des recherches de la Juttice & des hommes inté- reffés à ces recherches ; qu’il feroit imprudent de décider fur ces Lignes de l’abfence ou de l’exiftence de la virginité morale & abfolue. ■ De % Groffejfe. On appelle du nom de groffeffe l’état dans lequel la matrice renferme un ou plufieurs enfans. Il y a de deux fortes de groffeffe. La bonne groffeffe eft celle où le fœtus eft bien conformé , & qui fe termine vers les neuf mois, quelques jours avant ou après, quelquefois elle fe pro¬ longe ou s’abrége. Mais c’eft-là le temps ordinaire. La mauvaife groffeffe eft celle d’un enfant mal fitué, mal nourri & mal conformé, qui va rarement au terme. Elle finit vers fix femaines ou trois mois. II y en a qu’on peut appeller mauvaife groffeffe, Si qui fe prolongent ; mais ces cas font rares. Dans la bonne groffeffe, voici comme elle fe forme Si comme elle fe continue. Dans le temps de la conception, la femme reffent une volupté extraordinaire qui fir.it par un engour.diffement. L’homme participe un peu de cet engourdiffement, après le coït, Si dans le motnent de la conception , par contre¬ coup. Pour concevoir, il faut que la femme ait toutes les conditions requifes. 11 faut qu’elle foit , omnibus ahfolutum numeris. Après la conception il arrive que la femme a dès le même jour ou le lendemain mal au cœur, des naufées qui durent environ trois mois. Le fein fe gonfle, la phyfiono- mie s’altere. Dans les premiers temps les femmes perdent l’appetit, elles ont un goût dépravé ; elles voudroient manger de mauvais alimens qu’elles déteftent dans un autre état. Vers le milieu de la groffeffe le ventre commence à s’arrondir , le nombril pouflè en dehors, alors le vomiffement ceffe , la femme recouvre, l’appétit ; le fein devient plus gonflé, plus brûlant, l’aréole devient plus brune, les glandes fe- bacées s’élèvent, le corps du téton devient comme inégal & noueux. Vers les derniers temps’de la groffeffe la femme marche difficilement, refpire avec peine, a les jambes engourdies, enflées ; lés parties naturelles font auffi quelquefois enflées ; elle a l’eftômac bon, mange beaucoup : mais le dernier mois elle éprouve des pefanteurs fur le liège, urine diffi¬ cilement, quelquefois point du tout: elle a peine à aller à la garde - robe , d’autre fois il lui arrive un bénéfice de ven¬ tre. Au bout de fept à huit mois & demi ou neuf mois or¬ dinairement, l’accouchement arrive. Il s’annonce par des douleurs qui naiffent aux reins, au nombril. Ces douleurs’ font appellées mouches. -Les matières glaireufes deviennent plus abondantes, elles fe teignent de fang. Si on porte le doigt , on trouve que l’orifice s’étend. On dit alors qiiei les eaux fe forment ; les membranes qui les contiennent fe déchirent ; les eaux s’écoulent, & dans l’ordre naturel la tête de l’enfant prend la place des eaux, preffé dans le petit baffin la face en arriéré, & gliffe en cet état. Voilà tout ce que l’on peut remarquer extérieurement. Examinons maintenant les parties intérieures. Dans leS premiers temps de la groffeffe le mufeau de la matrice s’allonge, enforte que la bafe fe trouve du côté du pubis, le fond fur le reftum. A mefure que la matrice s’élève , Yofenfœ s’amincit, le fond qui s’appuyoit en arriéré fe jette en devant. La pofition de la matrice fur la fin de la grof¬ feffe eft le contraire de celle des premiers temps. Quand on examine une femme vers la fin de la grof¬ feffe , comme alors l’orifice de la matrice , qui au com¬ mencement étoit au devant, fe trouve en arriéré, il faut procéder d’une maniéré bien différente. Le col de la matrice diminue & s’amincit dans la pro¬ portion que la matrice fe développe. Plufieurs Auteurs ont cru que ce développement fe faiibit par le fond, parce que les ligamens longs & les ligamens larges femblent fortir du corps de la matrice, & ne fe dégagent que vers le col, ce qui prouve au contraire que quand la matrice fe déve¬ loppe, ce n’eft point par le fond, mais par le bas. (O^r- vation de M. Petit'). L’intérieur de la matrice s’amincit à melure qu’elle fe diftend , elle paroît cependant un peu plus épaiffe vers l’at¬ tache du placenta. On voit dans les premiers temps de la groffeffe le fœtus . nageant au milieu des eaux, ayant un énorme placenta avec un très-petit corps. Tout eft en végétation vafeu- laire. Les vaiffeaux s’éclairciffent, une coque fe forme, dans laquelle on apperçoit l’enfant, & fon petit cordon qui fort du nombril attaché au placenta. Si une femme accou¬ che au bout de trois mois, & que l’enfant forte le pre¬ mier , on aura beaucoup de peine à la délivrer du placenta. C’eft le contraire au bout de huit mois, parce que le pla¬ centa & l’enfant ne croiffent pas dans la même proportion. A trois mois le placenta eft plus confidérable que l’enfant, à huit mois il a plus de volume que le placenta; de forte qu’il eft plus facile de tirer le placenta quand l’enfant eft fort! dans le huitième mois, & au contraire dans le troi- fiéme, où l’enfant vient plus aifément, quand le placenta fort le premier, i Dans les premiers temps de la groffeffe , le fœtus n’a pas defituatlon conftante. Le plus ordinairement il eft debout, la face en devant. Dans les derniers temps il a la tête en devant un peu penchée, les genoux pliés, les talons vers les feffes, ou les cuiffes & les jambes relevées, comme nous avons repréfenté, les bras pliés vers la poitrine & vers le vifage. C’eft la fituation conftante. Quelquefois cepen¬ dant , mais rarement, il eft différemment pofé. De quelle maniéré on peut reconnoître qiiune Femme a conçu. Il y a plufieurs cas où il eft abfolument néceffaire de de‘Lavoir fi une femme eft greffe. Eft - elle prife d’une maladie gravé , l’émétique & les remèdes aûifs font inter¬ dits. Une femme a mérité la mort , prefque toutes, dans ces triftes conjeriures , fe difent groffes. Il faut Lavoir la vérité , afin que le Juge ne faffe pas périr avec la mere cri¬ minelle l’innocent qu’elle porte dans fon fein. Il y a encore plufieurs autres circonftances où cet examen eft encore né¬ ceffaire. On Çîn difllngoe deux fortes de fignes pottr connoître la gfoffeffe, les rationels & les fenftbks. . Les rationels fe déduifent de la maniéré d’être de la femme , & de faire fes fondions. Les fenfibles fe dêdui- fent du toucher. Premier Jigne rationel. On obferve dans les femmes noU'» vellement groffes un appétit dévorant, pu un dégoût , des naufées , des vomiflémens. Ce ligne ell très-éqüivo- que ; car les filles qui ont les pâles couleurs ont auffi des îiaufées, & le même défaut dans le manger. Second Jignc rationel. On obferve le gonflement dit fein, le dérangement des régies, mais le fqiiirre produit les mêmes effets. Troijîéme figne rationel. Ce ligne fe tire de la fiippreffion totale des régies; il eli moins équivoque que les autres; mais il peut cependant induire à erreur. Il y a des femmes qui ont leurs régies tout le temps de leur groffelfe comme auparavant, & d’autres qui ne les ont précifément que dans ce temps - là. Ce cas eft rare. Cependant les femmes qui n’ont point leurS régies ne deviennent point meres ; mais on a vu quelquefois le contraire. La lûppreffion totale eft quel¬ quefois accidentelle, fans qu’il y ait groliélTe, de forte que ce ligne eft auffi incertain. On regarde encore comme ligne rationel une certaine al- térition au vifage , une groffeur au col. Ces fignes font également fiuix , & ne peuvent donner que des Ibupçons. Cm peut donc conclure que les figues rationels léuls ne fuffiiciU pas pour juger ü une femme elt greffe. La jignes jcnjibles, on le toucher ^ ne peut pas avoir lieu dans ics trois premiers mois de la groffelTe , les femmes n’ont pas i’onfice de la matrice autrement difpofé. On ne peut d’tiiileurs iien conclure pour !a groffelTe que l’orifice îoii béant ou refferré. Hippocrate s’eft trompé , & plu- fîeurs autres apres lui, en prétendant qu’on tiroit un figne certain du rellerrement de i’orifice pour aftûrer la groffelTe : des femmes voïuptueui'es ne peuvent être touchées, fans que i’orifice de la matrice le refferre. Celles qui ont les fleurs blanches l’ont béant & très-ouvert. Au troiliéme mois , on a un ligné plus certain en touchant l’orifice de ia matrice avec l’index de la main droite, por¬ tant en même temps la gauche au - deffiis du pubis , il ar¬ rive que la matrice vient toucher l’index. Si vous Tentez alors un corps arrondi, foyez certain que la femme eft groffe, parce qu’il n’y a que la groffelTe qui pullTe donner une tumeur arrondie au - delTus du piibis. Si c’étoit un fquirre,on fentiroit diverfes inégalités. Il n’y a que la ma¬ trice qui puiflé venir choquer le doigt qui eft alors dans le vagin , & toucher la main gailche lorfqu’on le repoiilTe. Il eft très ■ difficile de confondre Thydropifie avec la grofléffe , les fignes font entièrement différens. Pendant- Thydropifie la matrice eft flafque , ferrée , diftendue ; elle vient fourdement, donne une pâle couleur fur le vifage. La groffelTe au contraire fouvent embellit le vifage des femmes. Si Ton craint que ce figne Toit équivoque, on peut en¬ core attendre quelque temps, & on ne tardera pas à en avoir d’autres plus certains. Quelque temps après la conception , Tenfiint Te meut dans le léin de la mere, lorfqiie la circu¬ lation du fang eft totale; mais fes mouvemens ne font pas fenfibles, parce qu’il nage dans une quantité d’eau, très- confidérable par rapport à ia petitelfe de fon corps. A trois mois & demi, ou quatre mois, Tenfant prend un corps plus confidérable, les eaux diminuent à proportion , alors les mouvemens le font lentir. Les femmes difent qu’elles fentent comme des fourmis qui grouillent, & grimpent dans îeiirlein, 6 c d’autres croyent entendre des battenlens Ô£ des bruits, comme ceux que font les araignées avec leurs pattes loriqu’eües font leurs toiles , & d’autres mouvemens ; d’où Ton peut conclure que les lignes fenfibles font les feuls d’après lelquds on puiflé porter un jugement certain. 'jDe la maniéré dont la Femme nourrit fon fruit , (S* de la circulation du fang dans le fœtus. Nous avons obfervé que dans le moment de la concep¬ tion Tutérus fe ferme & embraffe la lémence qui contient Tembrion. C’eft alors l’amande, ou le pépin, dont le germé tout formé eft l’animai fon cordon , amfi que dans iesgrai- ) nés, où fe trouvent !a plantefes racines , qui fe deVe-'' loppent infenfiblement par Taâion de la terre, comme j’ai dit dans mon Syfteme fur TÈleai-icité continuelle de notre globe (en 1763 ). L’amande fort de première nourriture au germe, &^la glaire qui entoure Tembrion dans* la fe- mence de Thomme Thumeae &c l’entretient julqu’au mo¬ ment que ia circulation foit établie. La racine du germe avec fa barbe fe prolonge & s’at¬ tache a la terre, & le cordon de Tembrion, avec Ion tomen- tum, s’étend & s’attache au fond de Tutérus , & s’abouche avec les artérioles , les veinules, ou les capillaires infem- fibles de la mere. On connpît ces artérioles & ces vei¬ nules du fond de Tutérus, & leurs épanchemens dans le temps des menftrues. C’eft dans cette pofition qu’il fe forme avec le tomentum du cordon & les capillaires de la mere , un plexus valculaire qui devient le placenta. Pour ne lailTer rien à défirer fur ce méchanifme, il faut néceffairement fuppofer que quantité de filets des artères du cordon qui forment une partie du tomentum , s’abou¬ chent avec des veines 6 i des artères, ainfi que ceux des veines, mais les leules veines du fœtus peuvent recevoir l’impulfion des arteres de la mere , la ftruciure des vei¬ nes étau; leiile propre à porter ie fang dans-le cœur, as celle des arteres à le rapporter. Les capillaires des veines delà mere, non plus que les vei¬ nes , n’ont aucune aaion , & font incapables de porter la vie dans le fœtus ; les artères au contraire portent leur aftion jufi. ques dans les plus fines de leurs divifions, & charient le fans le plus pur delà mere. Cette aâion Te porte juTques dans les glandes , qui ne laiffent palTer que les parties convenables de la malle du fang ; de Ibrte que par la même railbn le fang des capillaires artérieles du fond de Tutérus fur lefq’iel- les font abouchés les filets du cordon qui partent delà veiné ombilicale, font les feuls capables de lailTer continuer fon irnpiilfion. Ces filets ne laiffent d’abord palTer que la partie lymphatique du fang , qui fuffit alors à Tembrion ; & à force de mbuvemens, agrandilTent ces filets, & en forment des veines qui portent le fang en fon entier. L’embrion plits fort eft dans cet état plus capable de recevoir la vie de croître, &c. ’ Le lang porté, & circulant dans Tembrion , comme Toti fait, retourne par les artères , dont les hypogaftriques vont fe plonger dans le cordon, s’ouvrent infen°fiblemen't le paffage , & fe déchargent dans le placenta , qui crüîr& s’agrandit, & peut encore , dans un excès & furabondance de fang, refluer par les veines de la mere , par Tabouche'- ment dont nous venons de parler des filets des artères qui s’adaptent de la même façon , avec les veines de la mere à travers le placenta. C’eft ce reflux qui caufe les incommodités de la mere dans la groffeflé, & les maux de cœur & fouvent les per¬ tes. Avec ce méchanifme, que plufieurs Auteurs Ont mal expliqué, on donne railbn des divers accidens qui arrivent dans la conception, dans le cours de la groffellé , 6 c dans l’accouchement. La circulation particulière du fœtus eft remarquable, parce qu’il ne fiiit aucun ufiige de fes poumons , ni déS ventricules du cœur ; par conlcquent, il eft diipenfé de ref- pirer & de mouvoir. Le cerveau de Tcmbiion eft le feul vifeere en aftion, qui foit propre au fœtus; fon mouve¬ ment de piillion eft indépendant de la mere ; c’eft ce vifeere qui donne des mouvemens au fœtus en certains momèns . qui le fait changer d’attitude & de place , & qui lui donne les convulfions auxquelles il eft fujet. Si les ventricules du cœur reçoivent auffi quelque mouvement ils le tiennent de ce vilcere, par le mëehanifme dés nerfs, comme dans Tadulte, & la queftion de favoir ^ui vit le premier dans Tembrion, eft par-là bientôt décidée. Le cœur ne tient fos mouvemens que de Taâion des nerfs, & les nerfs déri¬ vent du cerveau. Le principe de Taftion des nerfs eft la vie, & la vie n’eft point dans les nerfs, ni dans Te fluide qui les pénétre, mais dans le principe qui les fait agir. Ce principe n’eft plus Taâion de la circulation du fœtus , dépendante de celle de la mere, püifque le fluide nerveux ne tient plus au mouvement du fang, & qu’il en eft fépafé par le cerveau; il faut donc qu’il ait une ame 6 t un prin¬ cipe aâif dans Tembrion , lôrfqiî’il commence à fe mouvoir Iiri-nTême ; ce qui n’eft pas dans les premiers temps, mais lorfque la groffeffe eft un peu avancée, & que le farfg circule en entier dans le foetus, ' R Dans le foetus, la route du farig eft totalement oppofée à celle de l’adulte. Dans celui-ci , le lang veinai vient au cœur, chargé de toute forte d’imperfeûions, par le dépouil¬ lement qu’il a fouffert dans fa route, au moyen des glandes ôc des vifceres ; il a befoin d’entrer dans les poumons, pour y recevoir de nouvelles parties d’air & de feu, qui changent fa couleur livide en écarlate le plus pur; il re- loiirne au cœur dans un nouvel état de perfeâion, & alors il eft impulfé de nouveau dans les artères, pour conti¬ nuer les fonûions animales. Au contraire, dans le fœtus, le fang artériel de la mere purifié par fes propres poumons arrive au cœur du fœtus par les veines, fans befoin d’ê¬ tre de nouveau purifié par fes poumons, La refpiration de la mere eft celle de l’enfant, & voici de quelle façon le fang circule en lui. Après que le fang de la veine ombilicale eft arrivé dans le finus de la veine porte, comme on a déjà dit ailleurs, ce fluide pafle du finus, au moyen du conduit veineux, dans la veine cave inférieure, fous le diaphragme, pour fe dégorger dans l’oreillette droite du cœur, & pafler par le trou oval. Une portion de ce fang , en arrivant dans le finus de la veine porte , ainfi que je viens de dire , fuit les branches de cette veine, pour entrer dans le,foie, au moyen de leurs ramifications. Il y a des Auteurs qui pré¬ tendent que dans le foie ce fang dépofe une certaine bile , Jatjuelle forme le méconium des inteftins dans le fœtus, en s’écoulant par les conduits cholidoques, ce qui doit être ainfi ; le réfîdu de ce fang dans le foie gagne les artères hépatiques , qui vont fe dégorger dans l’aorte inférieure, pour retour¬ ner dans le placenta, & une autre portion du même fang fuit les anaftomofes des ramifications des veines hépatiques, pour entrer aulfi dans la veine cave inférieure, comme celui du conduit veineux , avec lequel il fe mêle, pour ga¬ gner le trou oval. Les autres branches extérieures du finus de la veine porte, qui vont aux inteftins , à la rate & au pancréas , &c. portent la nourriture de tous ces vifceres .& le réfidu de cette portion de fang fe jette dans l’aorte par leurs artères ; & comme la veine cave inférieure au- deftbus de l’embouchure du conduit veineux, n’a aucune Valvule , ni foupape qui retienne le fang impulfé de la mere • il gagne par-là les parties inférieures du corps qui ont leurs artères qui vont fe joindre à l’aorte inférieure, aux illiaques , & enfin aux hypogaftriques, pour laiffer couler le réfidu dans le placenta, au moyen des artères ombilicales. . A la fortie du trou oval, il y a une grande valvule , qui eft fixée du côté des poulmons, qui fert pour empêcher le fang de revenir vers fa fource, & pour le conduire dans le tronc des veines pulmonaires, d’où il pafle dans les pou¬ mons , & revient par les branches de l’artère pulmonaire dans le tronc de cette artère, où eft le canal artériel qui fe jette au bas de la croffe ded’aorte dans fa portion defcendante; & la partie du fang qui entre dans le ventricule droit ’ avant de paffer par le trou oval, eft poufTée dans le même tronc pour gagner le même canal artériel, & les veines coro¬ naires qui s’abouchent dans l’oreillette droite, vont auflî fe dégorger dans les artères coronaires qui gagnent aulfi le tronc de l’aorte ; de même d’un autre part le fang qui palTe du trou oval dans l’oreillette gauche , pour gagner, comme nous avons dit, les veines pulmonaires, gagne aulfi le ven¬ tricule gauche ,_d’où il eft pulTé dans l’aorte. Cette circulation du fang jufqu’ici ne regarde que le cœur, le bas-ventre du fœtus & fes extrémités inférieures. La cir¬ culation de la tête & des extrémités lupérieures & de la poitrine, fe fait ainli. Le fang pouffé dans l’oreillette droite, par la veine cave inférieure, gagne, comme nous avons dit, le trou oval, le ventricule droit, & les veines coronaires ; mais il fe porte aulfi dans la veine cave fupérieure , pour fe diftribuer à la veine azigos, aux thimiques, aux mediafti- ties, pericardines, &c. aux foufclavieres & aux jugulaires. La veine azigos qui part du tronc de la veine cave fupérieu¬ re, fe répand fur la poitrine & aux mufcles intercoftaux, .avec les veines du bas-ventre. Les jugulaires portent le fan à la tête, pour toutes les fondions néceffaires de cette par*^ tie; & celui des foufclavieres , pour les bras & tout l’inté- , rieur & l’extérieur de la poitrine, jointes aux thimiques , &c. dont nous venons de parler; toute laquelle maffe de . fang délaiffe fon réfidu dans les carotides & dans les artères foufclavieres & les intercoftales, pour être portée dans l’aorte, &c. C’eft là h détail de toute la cîrculatîôndu fairg dans le foeths*’ fi oppolee à celle de l’adulte, comme nous avons dit, elle eft néceffaire dans un cœur comme celui du fœtus, fans aâion, 6c dont le mouvement du fang qui le pénétre dépend de la nierez Ici , 1 e fang arrivant naturellement dans les ventricules par le» oreillettes, comme à l’ordinaire dans les adultes , n’eft point arrête, & les valvules ne s’y oppofent point ; il fort égale-* ment des ventricules, pour entrer dans les troncs de l’artère pulmonaire & de l’aorte, 6c les valvules cèdent également, parce qffii n’y a aucun retour de part ni d’autre ; mais le lang ceffant d’être porté par l’impülfion de la mere , 6c le cœur fe mettant alors en contraâion , applique la valvule lur le trou oval ôc la bouche. Les valvules qui font entre le^s oreillettes ôc les ventricules s’appliquent aulfi , ÔC em¬ pêchent le fang dans ce mouvement d’entrer dans les ven- tncules , pendant qu’il fort toujours par le trou des artère» ci-deffus ; mais le cœur ceffant fa contraftion, il fe relâche ; alors les valvules des oreillettes s’ouvrent, ÔC le fang des veines remplit de nouveau le cœur du fœtus, ce qui éta- bht dans le nouveau né les mouvemens de diaftole ôc de liltole dans le cœur , qui durent jufqu’à la fin de fa vie. La valvule du trou oval, qui dans cet état de nouvelle circu-* lation , eft attaquée de deux côtés, par le fang des veines, refte adaptée, ôc fe fixe pour toujours. Ce méchanifme nous prouve la main admirable d’ua Créateur. Quelle belle fimplicité ! ÔC quelle infinie pré¬ voyance pour former , croître ôc faire vivre des créatures paffiyes , ôc les préferver de tous les accidens que le hafard leroit naître. II y a des Accoucheurs qui croyent que les enfans dans le ventre de leur mere fe nourriffent par la bouche, par le nez ôc par les pores abforbans de leur peau , de l’eau dans laquelle ils font plongés, ôc difent que le méconium que 1 on trouve dans les inteftins des enftns nouveau nés ôc la grandeur de leur eftomac, prouve que ce vifcere eft ac¬ coutume à travailler, ôc que fans cela on le trouveroit vuide comme la velfie , ôc ajoutent que les enfans digèrent les eaux qui paffent dans l’eftomac, comme nous digérons nos bouillons. Si on met cette liqueur au feu , on la con¬ vertit en gelée , difent-ils, encore. Il fe peut que les eaux entrent dans l’eftomac par la bou¬ che ôc par le nez du fœtus , en paffant par l’œfophage ; que ces eaux fe joignent à la bile qui doit le former dans le toie, & couler dans les inteftins, pour former le mé¬ conium ; mais cet excrément n’auroit jamais la couleur ÔS Ja qualité du méconium , fans la bile dont je viens de par¬ ler. il manquoit cette réflexion aux Accoucheurs dont je fais mention. A l’egard des pores abforbans qui fervent anffi a tormer le méconium ; je ne comprends rien à cette idée. Des maladies du Fœtus, Il eft certain que les enfans peuvent être malades dans e lem de leur mere ; ils y meurent même ; mais connoît-on ^en les elpeces de maladies auxquelles ils font fujets? Oa ait quils éprouvent celles àferofa colluvk ; l’hydrocephalie le prouve. Je ne crois pas qu’ils foient llijets aux inflam¬ mations; lis font toujours dans l’eau; d’ailleurs, leur crue , ÔC qui prouve la molleffe de leur fibres. Cependant, les acrimonies de la mere paffent dans l’enfant, comme dans l’fcorbut la vé¬ role &c. Dans la petite vérole , la mere la communique à ion fruit, ôc elle accouche prefque toujours dans cette maladie. Les convulfions des meres paflent aux enfans, les épilepfies occafionnent aux enfans des convulfions qui les font pérk dans les dix premiers mois de naiffance. Les femmes fe plaignent quelquefois de ce que leurs en^ fans fe remuent fingulierement ; ils les font même crier ' ce qui peut faire croire que les enfans font fujets à des convulfions En traitant la mere, on traite le fœtus dans quelque maladie que cefoit. On a vu des femmes greffes de lixmois ayoïrla petite vérole, étant guéries, accoucher à huit mois d un enfant guéri ôc taché de la peffte vérole. Il ny a aucun moyen de diagnoftic pour l’enfant; Ôc quand meme nous en aurions, cela ne ferviroit de rien, puifau’on traite toujours la mere. ^ q on Cependant, par rapport aux convulfions, il faut bien diftinguerlefpece de ce mouvement. S’il fe fait d’une ma™ mere reglee, fur-tout la nuit, ils peuvent être naturels; on iSonr&f ^ V?*cefrîhcïile,ta.faifonMrafîlUrfiiré Vo!fSi*» aigrir,l^^|roftffe,™ais po»te acddens don.«asparte»,ai- ,te"k,‘*“' I" a® ‘u.“'’'f “ ‘'“"“P® i O" a TU même Quand k matrice eft petite, elle eft fort à (cm aife daH dea foetu, rompre & déchtmr la matrice, & fe répandre lebaflin; elle ne gêne point le, «r.ie7voifin« Lt à • Les qui n eft pas fi rare .que l’on penfe, mefure que l’enfant augmente* elle s’amplifie toufours au es femmes en ce cas meurent en tres-peu de temps. Ces dépens du vagin. M. Petit a donné fur cela des mémoire^ convulfifs du fœtus paroiffent d abord peu de très-intéreffans. La matrice ne peut s’accroître ni s'élever * ÿhahbiS ils deviennent de confequence : il faut un peu fans preffer les parties voifinel Dans (on accroiffement! Sk reconnoitre^ les prévenir, s’il eft le fond fe porte fïr le devant ,& fon orifice en a r^rT^lo reaum alors , & les vaiffeaux hypogaftriques fouffrent une Des Membranes ^ui emiraffent le fcetus. cinq mots " ^ relTource* le fang auroit monté au cerveau en plus grando On a voulu dirp do rt.ro to f/. • f J » • "°udance ,& fait de terribles ravages dans les femmes dé^ & 1 Vvtorn, 1 ; ' Gccafionne des vertiles & des oppreffions r &1 externe du placenta etoient ckamgre/iees , chargées de pe- malgré cette reflburce , par la trop grande prelïiL il i-o* Sî Ie?o.S?/o f > Àue'dans une femme fofte; mais^cefacSrns ne^^nt pas f ^ faifoient Iadhérence. Ceft une erreur. La tant à craindre; le reflux leur caiife tout au plus quelques t aLfi o.Tl> V' tête, & quelques faignemens de neztqrn^S ^a’ ‘11* placenta ; mais le tomentum qui aucune fuite. ° les Lref’ accomode fes radicules avec On doit partir de la caufe de tous les maux, pour y appof^' :Ltt^ri!geriig„éf:/‘ ^ rfpais^fLï - rsi: -.t: œ"s Surlesd-fférens effets de la Groffeffe. •n J t ‘l** pfoas. Ce ne font pas encore là les feuls maux- loc Pendant tout le temps ou 1 enfant fait peu de confomma- nerfs ne peuvent fe dégorger du fluide qu’ils charient- il lion , ou le placenta attire peu , es réglés doivent s’accu- fe fait un reflux dans la moële de l’épine. Ce reflux ici dé- deviennent pléthoriques ; quelquefois montré eft une preuve de ce que j’ai dit ci-devant en i7?o , fiu i?o"n par des faignemens de nez, qu’il fe au fujet de la circulation des efprits animaux, du cer'vlleî faut bien donner de garde d arrêter. Ce neft donc point dans toutes les parties du corps , & dq toutes les parties un mal, fi on voit arriver les régies quelquefois ; car dans du corps dans le cerveau ; ce reflux, dis-je , alors fe jette les premiers mois , le fang eft plus abondant. dans la moële de l’épine, & dans tout le fyftême nerveux.’ _ La nature eft admirable en tout ce quelle opéré; rien Ce que les parties inférieures reçoivent de moins, les Il eft mutile ; les ÿgoutsôc les vomifTemens au commence- parties fupérieures le reçoivent de trop. Aufll les femmes ment de la groflefle font avantageux. Par le moyen de ces fur la fin de leur grolTeffe éprouvent-elles dans les parties ^égouts, elles mangent peu, & diminuent les effets de la fupérieures une fenfibllité qu’elles ne connoilToient pasaupa- plethore, qui feroit capable , par 1 abondance du fang., de ravant, & des infomnies , des feux dans la tête , &c. C» détacher le placenta, & de caufer d’autres^ accidens à la reflux eft cependant une reffource ; il fournit un réfervoir mere. Lorfque la confommation du foetus eft plus grande, de force, pour aider au moment de l’accouchement, dans 1 appétit renaît, & on voit alors des femmes qui mangent Tinflant où les femmes doivent agir avec plus de vif’ueur beaucoup plus qu’avant leur groffeffe. ° ^ vi^^ucur. Vers le milieu de la groffeffe, l’enfant confume à-peu- Des ImprefJzons de la Tcmmc enceinte lires ce qui pourroit etre emporte par les régies , & par t dJ fiic, l’humidité qui tranfue par les pores de la matrice ; de forte Marie Stuart, Reine d’Ecoffe, étoit vive, douce ffunè que les femmes ne feroient pas dans letat convenable, complexion amoureufe; elle aimoit auffi les Arts,’& leS fl dans le premier mois i ne s etoit fait une conjeaion fan- favorifoit. Cette Princeffe avoit une intrigue avec un Mufi- guine. Mais comme dans les quatre premiers mois l’enfant cien Italien. Le Roi en ayant été inftruit, entra dans la n a oas confomme l emiiva ent dp rp mi, c’pfl- ..i, _j. , . , ’ . . ** ne s augmente pas ; au contraire, elle diminue . parce que malgré la réfiftance de la Reine , qui pour le défendre le J enfant & le placenta croiffent inferifiblement. Si la nature cachoit fous fa robe. Elle ne put foutenir k vue d’un fi fan- prévoyante n eut fait ce magafin, 1 enfant, dans les der- glant fpeûacle fans fe trouver mal: elle étoit pour lorS mers mois, auroit affame la mere; alors il vit aux dépens groffe de Jacques qui fut Roi d’Angleterre, qui ne de la mere; il confomme au-delà de ce qui fe feroit con- pouvoit voir une épée nue fans s’évanouir , de quelle fa- fomme par les réglés, & 1 état de pléthore fe change en çon qu’on la lui préfentât. Les Phyficiens de ce temps at- ^ ^ maigreur de la mere, fa tribuent cette foibleffe à la cataftrophe dont la mereWoit foibleffe & fa voracité, §cc. été frappée dans fa groffeffe. _ îî ne s’enfuit pas deJâ que l’imagination foit affez forte pour changer l’enfant; de forte qu’une mere qui aura été frappée à la vue d’un monftre en mette un au monde , ou qu’une femme qui aura vu rouer un homme accouche Æun enfant qui aura les membres rompus ; il faut borner le pouvoir de rimagination; elle peut bien influer fur le caraûere de l’enfant, & non fur fes membres; & jamais aun monflre ne fut l’effet de l’imagination-. Quelques-uns difent cependant-qu’on a vu des femmes, qui, après avoir afltfté à de cruelles expéditions ; celle, par exemple , qui avoit vu rompre à Paris un homme , & qu’on a prétendu qu’elle avoit fait un enfant , dont les -înembres étoient rompus. Ce fait a été démenti dans le temps par la plupart des Accoucheurs. M. Petit n’en croit rien avec raifbn. Il eft cependant vrai que j’ai vu à Roque- vaire en Provence, une fille âgée alors de fept ans , qui avoit fur le milieu du front la tete du gland du pénil bien formée & bien caraétériféc , avec toutes fes couleurs & dimenfions, même avec une efpéce de marque à l’extrémité qui dénotoit l’ouverture du canal de l’uréthre. Cette fille d’ailleurs étoit belle & bien faite ; elle appartenoit à un Aubergifte; on lui cachoit le front avec un bandeau de moulTeline. Je ne fais ce qu’elle eft devenue, & fi on lui a fait l’emputation d’une excroiffance fi extraordinaire. La mere qui eut la complaifance de me montrer cette curiofité, convenoit avoir été aflêâée dans le commencement de fa grofTeffe, de cette partie du corps humain ; qu’elle l’avoit -toujours préfente à l’imagination. Il eft certain que l’on voit de ces fortes d’impreffions des meres portées fur les -enfans; mais ces effets extraordinaires, où il eft queftion ■d’idée , me font pas fufceptibles de raifonnement; ils prou¬ vent feulement l’aâivlté des idées, & leur force fur les ■fCorps qui leur font fournis. Concernant les faignées des Femmes enceintes , & l'effet des Remedes, Les remedes de précaution dans les femmes groffes font les laignées , les .purgations , quelquefois les confortàtifs & les ftomachiques. Il eft prudent de faigner les femmes au terme de trois ou quatre mois. Les femmes du peuple n’en -ont pas befoin, à moins qu’elles ne foient trop pléthoriques, iparce qu’ordinairement leur grand exercice les garantit des effets de la pléthore. Les faignées doivent être petites. L’expérience a fait voir que les grandes faignées étoient nuifibles ; elles expofent iouvcnt à avoir‘de faufles couches. Toute grande évacua¬ tion du fang eft contraire aux femmes grofles ; même en «tat de pléthore. II faut que cette évacuation fe fafîé par degrés. Par exemple, àxtne femme délicate, ne tirer d’a¬ bord qu’une palette &-demie de fang, & le lendemain reité¬ rer la faignéede la même quantité. Dans une femme forte, On peut tirer deux palettes de fang le matin & autant le foir; elle s’en porte mieux, & ne court aucun rifque, en partageant ajnfi la quantité de fang qu’on veut lui tirer. •M. Petit afTure s’être très-bien trouvé de cette pratique. Il eft facile de donner la raifon pourquoi une trop grande éracuation eft nuifible. La circulation de la mere à- l’enfant «’établit par des vaifTeaux très-petits, dans lefquels le mou¬ vement eft infenfible. Cette circulation fe fait avec une kqteur extraordinaire. Quand on fait des faignées trop co- pieufes, la femme tombe en fincope , le fang ne circule plus, &c la vie eft prefque éteinte. Cela, pofé , il eft clair que le fang celTant de circuler , comme à l’ordinaire, étant beaucoup ralenti dans les gros vailleaux , le mouve¬ ment celfe dans les capillaires , & l’enfant melirt. Quand «ne femme eft attaquée de convulfion, l’Accoucheur doit fur le champ y porter remede en diligence avec des boif- fons adouciffantes. La faignée eft alors dangereufe j les con- Vulfions arrêtent la circulation de la mere à l’enfant. Dans tout autre cas, la faignée tient le premier rang, parmi les remedes généraux. C’eft'une fage précaution , comme l’on vient de dire, de l’employer après' le troifiéme mois de la fuppreffion des régies, parce que la, pléthore occafionnant «ne gratte plénitude , la faignée enleve le furabondant. Elle eft évacuatoire. On en tire encore un autre eflet non moins avantageux ; c’eft qu’elle diminue de la fenfibilité des «erfs, en les fliftendant. Ainfi, la faignée du bras eft bonne pans le temps de la groftèfife. ( 28 ) ^ Toutes les femmes cependant n’en ont pas befoin; maïs c’eft un ufage en France de faigner après le troifiéme mois révolu. Avant ce temps, la faignée ferolt inutile 6 c même dangereufe , parce qu’une femme peut fupporter deux fois la fuppreflion de fes régies, fans être incommodée. Elle peut être dangereufe, en ce que l’embrion eft fi foible , & la cohérence du placenta à la matrice eft fi délicate , qu’elle pourroit_ en rompre les liens , déranger la circulation de communication , ôc déforganifer les fibres du fœtus. Le fincope peut encore furvenir, décoler le placenta , & cau- fer d’autres défordres. Le troifiéme mois révolu, on n’a rien à craindre de ces accidens. La faignée ne convient pas à toutes les femmes ; il y en a qui font pléthoriques; d’autres qui ne le font pas. Il eft évi¬ dent qu il ne faut pas faigner celles-ci ; il y a auffi des fem¬ mes fluettes, délicates, qui ont peu de fang ; il leroit dan¬ gereux de les faigner ; mais ces femmes qui ont un beau teint, qui fe portent bien , qui mangent à-peu-près autant qu’à leur ordinaire, on doit les faigner. II n’eft_ pas étonnant de voir des femmes fortes qui fe portent bien , faire des enfans foibles & délicats. II y a des femmes qui avortent autant de fois qu’elles conçoivent, 6 c fouvent la caufe de ces accidens fâcheux vient de la pléthore, fi confidéfable , que la colonne de fang qui va heurter les couloirs du placenta, empêche que les vaifîeaux ne s’anaf- tomofent, ce qui caufe l’avortement. Si on diminue la mafle du fang , on remédie à tous ces inconvéniens. Dans ce cas, on doit faigner, même avant le troifiéme mois, &c réitérer lafaignee defixen fix femaines. M. Petit dit avoir confervé par ce fecret, connu de -peu de monde , mais cependant frès-fimple & très-efficace, la vie à plus de trente enfans. _ L habitude de faigner fur la fin de la groffefle , à caufe, dit-on, que la faignée, quelques femaines avant le terme , eft une bonne précaution, pour éviter l’abondance des pertes , lorfque le placenta fe détache. Ce raifoauemént porte a faux , parce que dans ce temps il n’y a plus de plé¬ thore generale j la femme l’épuife , par la quantité de fuc que l’enfant abforbe. Ainfi , il ne faut pas faigner ; ce feroit faire un grand mal, pour en retirer un bien petit avantage , à moins qu’il n’y ait des cas particuliers , comme nous avons obfervé. L’expérience prouve que dans ce temps ,elle accé¬ léré 1 accouchement, ce qui eft dangereux ,- parce que l’en-^ fant ne fera pas peut-être placé comme il convient ; la matri¬ ce prêté à fe contrafter, il y a moins de danger de retarder l’accouchement, que de l’accélérer. Les Anciens ont cru la faignée du pied mortelle pour les enfans dans le fein de leurs meres ; elle fait plutôt tomber en fincope que celle du bras. Les emétiques peuvent être coniptés parmi les remedes généraux; mais dans la grolTelTe, dans quelque point qu’elle puilTe être, foit au commencement , au milieu, ou à la fin , pour quelque maladie qu’il furvienne, on ne doit ja¬ mais s’en fervir. II n’y a pas de meilleur moyen pour procurer 1 avortement. Ces remedes violens ne manquent jamais de faire mourir l’enfant. Ainfi, ils doivent être profcrlts, fur* tout ceux qui agiflent ayec trop de puiffance, comme le tartre Jiibié^ le quinquina, tartre vitridlique, &c. Ceux qui ne donnent que quelques naufées, font moins dange¬ reux; mais généralement il faut les profcrire. Les purgatifs ordinaires conviennent dans prefque tous les temps de la grofTeflè. Après les deux premiers mois, dans le temps que les femmes ont perdu l’appétit 6 c digèrent mal, il fe fait iabufre dans les premières voies; l’eftomac ne faifant pas fes fonÛions, les purgatifs peuvent les répa¬ rer. Dans les derniers temps, les femmes font voraces ; iî fe fait des amas de mauvaife matière ; les purgatifs la diffi- pent. Ceux qu’on doit employer, font la rhubarbe , le féné , le jus des pruneaux , les tamarins , les amers, les modé- fes , les moyens ; mais jamais , comme nous avons dlf^ les remedes violens, les réfineux, les draftiques, qui font autant de ravage que l’émétique. „ Toutes les femmes n’ont pas befoin d’être purgées, comme toutes n’ont pas befoin de faignées., Celles qui font bieq toutes leurs fonélions, qui n’ont poirit de faburre, n’ont pas befoin de purgatifs; il ne faut jamais purger dans les premiers mois de la grolTeffe, comme je viens de dire , mais Vers le troifieme, au plutôt; il ne faut pas auffi purger dans la derniere quipzaine , parce que dans ce temps les purgatifs feroient les rnem.es effets que la faignée ; ils accéléreroient 1 accouchement, a caufe de l’irritation qui fe communique desinteftins à la matrice. Il faut donc alprs s’en abftenir, à moins. moins qu’il n’y ait néceilité abfoîue. Ce précepte eft con¬ traire à celui que fuivent piufieurs praticiens ; mais il n’en eft pas moins vrai que la méthode oppofée eft très-nuifi- ble. La maniéré la plus commode de purger eft avec les eaux minérales ; elles agiftent plus doucement, en les ani¬ mant avec un peu de mane, ou de fel de feignette, un demi-gros dans chaque verre. Il ne faut point en prendre beaucoup, parce qu’elles occafionnent pléthore ; le befoin doit décider la quantité. Les bains font généralement en ufage ; je fuis d’avis qu’il faut s’en abftenir. Ceux du fentiment contr'aire difent *> qu’ils » rendent la fibre plus fouple , dilatent la matrice , & fa- » vorifent l’accroiffement du fœtus ». Pour mieux appuyer leur fentiment, ils ont imaginé » que la matrice a tant de » difficulté à fe prêter à fon accroiffement, & à celui del’en- ’ » fant, qu’on ne faiiroit trop& trop tôt employer les médica- » mens propres à obvier à tous ces maux », .qui font, félon ces Auteurs , les bains. L’expérience a fait voir, & prouve encore tous les jours la fauffeté de ce raifonnement. Pour s’en convaincre , ii fuffit de confidérer la matrice en l’état de fanté. C’eft un défaut, & même très confidérable , lorfque la matrice n’eft pas fermement attachée au placenta, quandfes attaches ne font pas affez fermes. Or , c’eft ce que font les bains ; l’enfant alors croît trop tôt, les pertes font confidé- rables ; parce que toutlefang eft refoulé en dedans , comme nous le verrons dans la fuite, & l’avortement en eft fou- vent le fruit. Ce n’eft pas encore le feul inconvénient qui réfulte de la méthode des bains , dans les quatre premiers mois de la grofléffe. Or, la pléthore eft une contre-in¬ dication pour les bains , ce qu’il eft facile de démontrer. ^ L’eau pefe confidérablement plus que l’air qui nous en¬ vironne , de forte qu’un corps plongé dans ce premier fluide eft piufieurs milliers de fois plus preffé que dans Iq dernier. La preffion que font les bains fur la fuperflcie du corps, diminue le volume & la capacité detoutes les veines à l’extérieur; le fang eft refoulé à l’intérieur, oîi il fuit la foute qui lui offre moins de réfiftance. La tête étant hors de l’eau &; ne recevant d’autre preffion que celle de l’air, reçoit tout le fang des parties inférieures , & devient le fiége de la pléthore , qui y fait d’autant plus de ravage , que i’affluence du fang dans les femmes grolTes y eft déjaaflez con- ftdérable ,par les raifons que nous avons dites auffijdes bains : arrive les éioiirdiffemens , le gonflement & la rougeur des yeux, le tintement des oreilles , l’abattement, la ftupidité & quelquefois la mort même. Les bains font donc nuifibles aux femmes grolTes? Au commencement de la groflfeffe , ils expofent à de fauffes couches , à caillé de la piethore univerfelle, qui fait que le fang qui eft refoulé dans le bas ventre, fe porte dans la matrice , & la frappe d’autant plus fort, que la quantité eft plus grande à la fin de la groflélTe ; ils expofent à des coups de fang, à l’apoplexie. Les bains font même très-nuifibles aux perfonnes faines qui y relient trop long-temps. Que doit-on donc en attendre pour les femmes groffes. Les narcotiques ne conviennent pas non plus aux femmes greffes; il faut les éloigner abfolument. Il y a cependant quelques cas particuliers oh on peut les employer pour em¬ pêcher les fauffes couches; pour lors l’opium eft très-bon. On l’emploie auffi , félon quelques Auteurs, fur la fin de la groffeffe en petite dofe, pour diftendre les nerfs, & dimi¬ nuer la fenfibilité ; mais auffi, fi la dofe eft un peu trop forte, ils fufpendenî la communication de la mere à l’enfant, & font l’effet de la vapeur du charbon , c'eft-à-dire , qu’ils procurent l’avortement. L’ufage de ce remede eft donc dan¬ gereux; & dans la néceffité de s’en fervir, comme nous venons de dire , ce qui eft rare , hormis que l’on ne foiip- çonne une trop grande aclivité dans la circulation entre la mere & l’enfant, il faut y apporter toute l’attention polTi- ble. Les appéritifs doivent être également fufpendus pendant la grolTeffe. Il eft très-difficile , quand on y a recours, de rencontrer le point d’un certain milieu entre le trop & le trop peu, & encore plus difficile de conferver ce milieu fi néceffaire. Si on adminiftre en trop grande quantité les ap- péritifs, ils corrompent la lymphe qui doit fervir de princi¬ pale nourriture à l’enfant. £n trop petite quantité ils ne font aucun effet. iorfqu’une femme greffe a des glandes, des ohftruélions, &c. ilfaut fufpendre les remedes, parce qu’on ne peut les donner qu’à petites dofes; pour lors ils ne font rien, &t lorlqu’oa les donne en affez grande'quantité pour agir, ils font beaucoup de mal. On voit des femmes groffes qui fe portent mieux qu’avant leur groffelTe. A la campagne, le nombre en eft confidérable ; dans les villes, il y en a quelques-unes parmi le peuple ; mais à peine en trouve-t’on parmi les Grands. Quelques- unes même font guéries pendant ce temps de piufieurs ma¬ ladies , de rhiteriime , &c. Celles qui font fiijettes au cra-^ chement de fang doivent fe modérer fur les plaifirs de l’a¬ mour & le nombre des enfans. De V Avortement ,& les régies qu'il faut Julvre pour éviter les accidens. Une femme peut avorter pendant tout le temps de fa groffeffe; mais dans quelque temps que ce foit, fi l’enfant vit, ce ne fera pas un avortement. L’expérience a démontré qu’à fept mois l enfant peut vivre. Ainfi, il n’y a avorte¬ ment que depuis le premier mois jufqu’au feptiéme. C’eft ce que nous allons voir. Les fauflés couches ; c’eft ce que lés anciens, appelloient avortement. On les diftingue maintenant en , engêr^ me avorté , & enfaujfes couches. On appelle fluxion cette eff péce de glu fans organifation , qui reffemble à un mucilage, épais qui fort du premier au feptiéme ou huitième jour, ce qui fe fait fans douleur & fans perte de fang. Quand une femme avorte les fix premières fémaines, & que ce qu’elle rend reffemble à un gefier, revêtu d’une efpéce de poche polie, qui contient un peu d’eau , & qu’on apperçoit à peine les traces d’un enfant, on appelle cet avortement avorté , ou faux germe. On dit alors par ignorance , ou pouc tranquillifer la conIcienCe des femmes, parla faute defquelles arrivent ordinairement ces avorîemens , qu’au commence¬ ment de la conception il ne s’eft formé qu’une maffe char¬ nue. Cela eft faux. La conception eft toujours régulière y mais les exercices violens , qui procurent la déforganiiation en font le pins foiivent la caufe. Le placenta abforbe le fang de l’enfant, fa fubftance le change en eam La nutrition ne fe fait point, fes principes fe confondent, & ne forment plus qu’une maffe informe, & c’eft alors qu’on dit avoir fait un faux germe. _On diftingue encore différentes efpéces d’avortemens , à raifondes temps oh ils fe font, & de la maniéré dont ilsfe font» Les uns fe font quafi fpontanè, fans pfefqiie aucune douleur, d’autres plus violemment. L’avortement eft toujours plus dangereux que l’accouchement. Les accidens fe tirent des caufes.qui les occafionent. La première eft la confiniez tion de la matrice. Lorfqu’un enfant vient au monde avant le terme fixé par la nature , il ne peut pas jouir du reffort de Tair , fes poul- mons font trop foibles ; ils font trop affailTés ; s’il refpire , il n’a pa5 la force de têter , & fi on lui donne du lait , foa eftomac ne peut le digérer. De quelque maniéré qu’on's’y prenne, on ne peut lui prolonger la vie. Les caufes qui peuvent procurer l’avortement font dlfpo- fantes ou déterminantes. Les difjtofantes font la ténuité des fibres de la matrice, Hyppocrate le remarque ; la trop grande fenfibilité ; la trop grande humidité de la matrice, ou fa trop grande féchereffe ; l’excès du piethore, ou la trop grande plénitude des vaiffeaux fanguins de la m.atrice. Tou¬ tes ceschofes nuifent au germe; Thumidité de la matrice empêche l’adhérence du placenta , & la féchereffe empêche les fibres de fe diftendre ; la plénitude des vaiffeaux produit l’engorgement, & la trop grande quantité de fang qui paffe par la matrice, la déforganiïàtion. L’hydropifie, les obftruélions de la matrice , la chaleur des entrailles , les coups donnés fur le ventre , & générale¬ ment tout ce qui peut faire contraéler la matrice, foit de la part de la mere ou de Tenfant, caufe l’avortement. Tout ce qui épuife la mere, comme le dévouement, l’abondance de la falîvation, l’hémorrhagie; une faignée trop copieufe eft auffi caufe de l’avortement. Si fanguis mulieri gravidm mit- catur qui deficiunt abortiunt. Par ce deficiunt , il entend la fincope. Quand l’enfant meurt, la mere avorte ; la circulation de la mere à l’enfant eft arrêtée ; le placenta reçoit &C abforbe tous les fucs i iis fe gonfle èi. s’obftrue. Le fang qui ne par- vient plus jufqu’à l’enfant refte dans le paranchime ; les fen- timens de mal-aife que relient la matrice l’obligent à ie con- trafter , pour chaffer le corps qui lui nuit, qui eft alors pour elle un corps étranger. On voit donc que ce qui con- traûera trop fort la matrice caufera l’avortement. La caufe '( 3 °) foit au lit, les reins un peu élevés, de façon que la tête ne foit pas trop en arriéré, les cuifles collées l’une contre l’autre, & un peu pliées. On doit avoir le plus grand foin , lorfque la femme eft ainfi dans le repos, d’éloigner tout ce qui pourroit émouvoir fa fenfibiliîé , ne lui pas faire foup-> déterminante eft donc la contraûionde la matrice. Les coups çonner qu’elle eft expofée à l’avortement. Souvent la colere , donnés fur le ventre, la prefTe où fe trouve quelquefois une femme, la colere à laquelle elle s’abandonne , toutes les grandes pallions de l’ame ; les fièvres intermittentes procu¬ rent aufli l’avortement. Lesbonnes femmescroyent alors que c’eft la chaleur de la fièvre qui fait boullir l’eau contenue dans la matrice, & cuit pour ainfi dire l’enfant. La vraie caufe alors de l’avortement, c’eft l’érétifme. La chaleur des fièvres ne tue jamais; c’eft le friffon , parce que dans ce temps, la circulation eft fi lente, qu’a peine exifte-t’elle dans les capilaires , qui joignent le placenta à la matrice. On qu’on peut l’eftimer par la grofleur de la femme.’ voit quelquefois des hommes très-robuftes périr dans le Dans le fécond , il ne fe préfente l’orifice de la friffon. On ne doit donc pas être furpris des terribles effets qu’une petite maffe en forme de crête. ^ qu’il opéré fur les femmes greffes. Certaines vapeurs en- Le troifiéme cas eft lorfqu’il ne fe préfente rien, & que l’impatience, les menaces, ont fait plus de mal que toutes les caufes phyfiques. L’orifice de la matrice étant ouvert, & les caillots arri-, vant, lorfqu'on fent le corps de l’enfant qui s’avance, & le jugeant mort, il ne faut plus penfer qu’à la confervation de la mere, qui peut fe trouver dans trois cas, auxquels il faut avoir égard. Le premier eft celui où la maffe contenue dans la matri¬ ce fort d’un tiers, ou de moitié de fon volume , autant gourdiffantes caufent aufli quelquefois l’avortement. On des exemples qui ne font que trop communs dans la vapeur du charbon. Les fymptômes de l’avortement font les douleurs de reins plus ou moins aigues qui fe font fentir. Les parties na- les douleurs font toujours vives, & les pei'tes abondantes. Dans le premier cas, il faut profiter de l’inftant où la femme fent une douleur ; il faut porter la main fous le vagin, paffer l’autre fous la cuiffe. Si la douleur tarde, ou la fait naître par une légère irritation ; on profite du mo- turelles deviennent humides ; il fort d’abord quelque matière ment. L’effort que fait la mere pour chaffer l’enfant, & l’a- glaireufe, enfuite du fang ; des douleurs cuifantes furvien- dreffe de l’Accoucheur qui a^fes trois doigts dans le vagin , nent; le pouls s’élève; la chaleur de la peau augmente ; les achèvent l’avortement; il n’y a rien à craindre. On traite mammelles fe gonflent ; la matrice s’ouvre, & l’enfant fort : enfuite la femme avec autant & même plus de foin qu’une auffi-tôt les douleurs ceffent; les douleurs difcontinuent ; il en refte ieulement un petit fentiment pendant dix jours. Les douleurs de reins viennent de la contraftion de la ma¬ trice , à caufe des ligamens qui y font attachés. Les per¬ les viennent de ce que par la contraftion de la matrice, le femme nouvellement accouchée. Dans le fécond cas, comme ce qui avance hors de la matrice eft peu de chofe , que les douleurs font vives, que la femme eft réduite à Vanimi ddiquian , il ne faut, ni porter ____, -- la main, ni employer les narcotiques qui engourdiffent. placenta s’en détache, les vaiffeaux reftent ouverts. Sou- Suffit quelques cordiaux douJt, quelques légers aftringens , vent le fang coule tout clair, & d’autres fois par caillots, pour réveiller & augmenter l’irritation de la matrice. Si on 11 fort clair , quand la matrice eft très-ouverte , &c lors qu’elle ne l’eft pas, il ne fort que goutte à goutte, & le fang fe coagule en dedans. On voit alors le pouls s’élever, la peau s’échauffer, & un grand défordre dans tout le corps ; le gonflement des mammelles ceffe , à caufe des grandes pertes. On connoît qu’une femme eft prête d’avorter, par tout ce que nous venons de dire, & par le toucher. C’eft par¬ la qu’on diftingue fi le fang qui coule eft le fang des régies prenoit ce qui fort, on le dechireroit ; les petites portions ôtées romproient des vaiffeaux, l’hémorrhagie furviendroit ; d’ailleurs ce qui fortoit tenoit la matrice ouverte ; elle fe fermera , & il faudra attendre par force d’autres douleurs. Il eft donc plus prudent d’attendre un travail plus avancé que de rompre d’abord les petites portions qui paroiffent. Enfin , dans le troifiéme cas, il ne fort plus rien ; on a déchiré ce qui fortoit. Ce cas eft terrible , à caufe de la hau¬ teur de l’orifice. 11 faut avoir recours aux faignées, aux nar- ou le fang qui précédé l’avortement. Une femme a perdu cotiques. On porte un doigt, enfuite un fécond ; on tâche fes régies depuis un mois & demi ou deux; elle fent des d’arriver au fond, & de faifir avec les deux doig'ts cette douleurs de reins, fa peau s’échauffe, &c. Si l’orifice fe di- maffe, & on la fait fortir par l’orifice que les deux_ doigts -r-oiit dilsté. Cclu oo réuflît pss toujouts. Cette opération eft même très-difficile. On a imaginé une petite pince , mais je ne parle pas ici des accouchemens forcés, au moyen des inftrumens. On connoît les Auteurs qui ont traité cette ma¬ tière , & on peut y avoir recours. Mon plan ne confifte qu’à définir, en Anatomifte Phyficien, tout ce qui peut re¬ late au toucher, foyez perfuadé de l’avortement, parce que dans les régies il ne fe dilate point du tout, ou du moins irès-peu. Si l’avortement fe fait au commencement de la groffeffe, àl n’y a rien à craindre ; mais fi elle eft déjà avancée, il y a plus de danger, parce que les pertes font plus confidéra- ^ , .. . . blés. Quand c’eft au commencement de la groffeffe, il eft à garder la groffeffe ôc l’accouchement , Sc les moyens défirer que ce plancetaforte le premier, parce qu’étant plus de fecourir les femmes dans leur travail avec les gros que l’entant, il lui frayera la route, & c’eft tout le inftrumens des premiers Accoucheurs , qui font les doigts, contraire, lorfque l’enfant approche de fon terme. C’eft ce De dix femmes que l’on accouche avec le fer, il en périt que nous avons déjà dit. neuf. Pour peu qu’il y ait jour de délivrer la perfonne d’une autre façon , en excitant plus fortement la contraétion de la matrice , & la dilation de l’orifice, il faut le faire. Cela m’a réuffi à Nice fur une femme qui ne voulut pas entendre parler de ferrement. Il faut enfuite avoir beaucoup de foin d’une femme qui fort d’un travail fi dangereux. Il y a un quatrième cas dans ces avortemens ; c’eft celui qui ne Ve rétablit pas. Ces malheurs ne manquent jamais de où le germe eft fort! de la matrice, & tombé darts le vagin. Le produire ces mauvais effets dans les femmes d'un tempéram- placenta s’y eft altéré , le faux germe qui s’ell confondu ment délicat. Les femmes qui ont déjà fait plufieurs enfans s’eft pourri, & a formé un tampon. Il faut faifir ce corps Ce qu’il y a à craindre ne fe borne pas à ce que l’enfant perde la vie ; il la perd toujours ; mais il y a aufli à crain. dre pour la mere. Si c’eft pour la première fois qu’elle con¬ çoit , il eft prefque fûr qu’elle reftera ftérile , ou que fi elle conçoit elle avortera. On en donne facilement la raifon , en difant que la trop grande contraftion déforganife la matrice, avec deux ou trois doigts, &c le tirer dehors. Ce cas n’offre aucune difficulté , quand on eft inftruit. On met alors la femme à un petit régime doux, & on lui donne un peu de repos , &c. moyennant ce que nous venons de dire de ce m’ont pas la même chofe à craindre, parce que l’organifa- tion de la matrice eft affurée , plus ferme, & pour ainfi dire aguérie , qu’aucun avortement ne peut la déranger. Lorfque l’avortement eft décidé, il faut d’abord avoir , . y foin de placer la malade dans un lieu qui ne foit ni trop quatrième cas , il faut obferver , que quand on a fait met- chaud, ni trop froid. Une trop grande chaleur dilate les tre au lit une femme menacée d’avortement, il faut avoir vaiffeaux, augmente les pertes, 6c caufe l’hémorrhagie ; le foin , vingt-quatre heures après, 6c plufieurs fois de temps froid au contraire caufe un faifilfement qui donne aux fibres en temps , d’examiner fi la ceffation des fymptôtncs ne douleurs 5 i l’occiput du côté oppofé, que jufqu’au point où la tête trou- font fortes , ÔC 1 enfant gagne peu. On font avec le doigt ve à paffer ce détroit^^elle n’eft point obligée de fo détourner des inégalités, qui font celles de la face. Avant 1 ecoule- entierement, fuivant le grand axe de l’ouverture du baffin. ment des eaux , il n y a pas de diagnoftic ; on peut le pre- Dans cette fituation, l’enfant paffe le détroit, fans changer fumer feulement entre deux douleurs, par ces inegffites de pofition. Cependant fa tête fe détourne encore un peu dont je viens de parler. Chaque fois que les eaux fe forment plu? tranfverfalement, s’il eft néceffaire, ôc avance en s’ap- avec peine ôc d’une façon mreguliere, on a droit de foup- puyant fur le reaum, ce qui occafionne ce fentiment de pefan- çonner qu’il y a quelque chofe qui ” ^ . * teiîr ôc d’envie d’aller à la garde-robe. La tête gagne enfiute mais on ne peut lavoir queUft vn devant , pour s’engager fous le pubis , par les douleurs; & à mefure qu’elle avance, elle reprend fa direaion droite & primitive, comme elle étoit avant de s’engager dans le grand détroit ; e» forte que l’occipital eft plus ou moins percées ; c’eft le taa qui indique que c’eft la face.. ^ _ Cet accouchement, quoique naturel, a des inconveniens fâcheux ; on a été obligé quelquefois dans cette pofition d’avoir recours au forceps. On verra, comme j’ai dit pour , . \ ( 34 ) les pinces, dans Pavortement, les Auteurs qui traitent de Si le menton s’accroche, après avoir glliTé fa main , le 'xes inftrumens dangereux ; mais autrement, l’enfant ne menton étant retenu fur le facrura , & l’occiput fur le pu- "coiirt pas grand rifque , & la mere n’en ell pas plus malade, bis , on met le doigt dans la bouche , empoignant le men- Si on s^apperçoit que la face fe préfente, ou qu’on le ton. On tourne à droite, à gauche , en abaiflant un peu, foupçonne, on ne quitte point la mere. Si la matrice eft & aux premières douleurs, l’enfant vient. Il ne faut point fiiffifamment ouverte par les eaux, il ne faut pas héfiter. tirer avec le doigt dans la bouche ; on rifqueroit de déchk On perce les eaux ; on foutient la tête contre les douleurs rer la mâchoire de l’enfant ; èc ceux qui confeilient de le afin de faire enforte que la tête s’engage d’une meilleure ma- faire, ont bien tort. mere, au moins en partie ; ou ce qui eil plutôt fait &c plus Si le corps de l’enfant eft mal tourné, on paffe une main fur, c’eft d’aller chercher l’enfantpar les pieds, fi la face eft déjà en devant & une en arriéré dans leur longueur ; autrement, engagée ; ce qui eft l’ufage le plus commun , en repouf- le demi-tour ne porte que fur l’épine , qu’on bleffe foii- ’fant Ta tête avec affez peu de violence , ce qui peut fe faire vent. On peut donner ce petit tour de corps entre les fans chercher à le retourner, comme vouloientles Anciens ; douleurs ; mais il réuffit mieux dans le temps' de la douleur, ce qui feroit difficile.,& dangereux. La tête fe remet, fi l’en- Quand on en vient à ie tête , s’il eft befoin, on fe com- fant eft petit & le baffm affez grand, la nature aide tou- porte de la maniéré qu’il eft dit ci-deffus. La main étant fours ; alors il eft inutile d’aller chercher les pieds. avancée , cela fe fait avec aifance. Accouchement par les pieds. Cet acçouchement^eft Accouchement par les -genoux. L’enfant préfen- «ncore naturel, parce qu’il peut fe faire dans l’ordre d’un tant les genoux ou les feffes , l’accouchement eft natu- accoucliement naturel. Les Accoucheurs font bien revenus rel;il eft un peu plus long &c un peu plus difficile; mais de l’ancienne idée fur cet accouchement ; car dans tous le,s il fe termine fans ie fecours de l’art. Il eft cependdm rare «ccquchemens laborieux, on tâche de les ramener tous à que l’enfant fe préfente p^ar les genoux. Quand cela eft, il y celui qu’on fait par les pieds, parce qu’ils donnent moins de en a toujours un qui avance plus que l’autre , lequel ce- peine , qu’on a plus de facilité. Toutes les fauffes pofitions pendant n’eft pas bien loin, la matrice oblique ou non, &c.. font réduites à celles-ci. Cet Art eft un Art tout nouveau. Avant, la fortie des eaux , il n’y a que des fignes éqiiivo- Xes Anciens accouchoient bien par les pieds ; mais ils ne ques. Les eaux s’alongent quelquefois dans l’intervalle des connoiffoient pas ce principe de réduâion. douleurs; on apperçoit un corps, qu’on préfume être ie L’enfant peut ne préfenter qu’un pied, La pointe des pieds genou. Il faut beaucoup d’habitude pour en bien juger, peut être retournée de tous côtés. Dans ces pofitions , on Si les eaux font écoulées, on apperçoit une tumeur anf^u- obferve que les eaux ne fe forment pas bien régulièrement, leufe. C’eft par la rotule que l’on diftingue le genouiI*du L’accouchement languit entre les douleurs; on touche avec coude. Le volume aide auffi à le reconnoître. Le coude eft affez de peine de petites parties inégales, qu’on ne fait être pointu; & en remontant la main , quand c’eft le genou les pieds ou les mains. Les eaux écoulées, on fe décide alors on rencontre la cuiffe & les parties naturelles. ° * avec fureté. _ _ Le pronoftic n’a rien de fâcheux dans cette fitüation;Ie ■ On ne quitte jamais la femme , quand on foupçonne quel- travail n’eft pas plus long. D’ailleurs, l’accouchement peut ’qu’accoLichement difficile. L’orifice affez dilaté , on perce les être plus prompt que celui qui fe fait par la tête, eaux; les pieds fe préfentent , ayant leur pointe en arriéré. Si l’on veut laiffer venir l’enfant ■ par-là , il faut mettre Onlesfaifitavecunlinge, Sconicstirebiendoucement. Ileft les deux genoux au niveau l’im de l’autre; mais fi les mieux alors que la femme folt fur le bord de fonlit, les eaux font coulées , & que les genoux foient avancés ils feffes élevées ; on tire en dégageant un peu bien doucement, bouchent tellement l’orifice , & font tellement pouffés’par Point de ces grands mouveraens en fronde, comme quel- la contradion, qu’on ne peut faire de travail. 11 faut alors ques-uns font. On fe repofe entre les douleurs; on ne doit les laiffer venir ainfi. L’on aide , en portant les doigts en tirer que dans le temps de la contraûion. Si f’accouchement forme de crochets dans les plis , derrière les genoux. Si etoit un peu long, on porte un peu le doigt, pour amener l’enfant ne préfente qu’un genou, &c qu’il foft grandement ie cordon de façon à faire l’anfe, pour qu’il ne foit point & fortement engagé , il faut aufli le laiffer venir ; mais ferré & erraflé. Quand il y a un peu de difficulté, on appuyé comme il eft à préfumer que l’autre genou eft accroché une main fur fon ventre, & l’autre fous les reins ; on ménage on pofe la main pour le dégager, & on l’amene au paffa^e de la forte le cordon , l’enfant parvenu aux épaules, fi on que s’il eft trop difficile de l’amener, il faut le laiffer venir dégagé les bras, on peut meurtrir la mere, pour une- il fo pliera fur le ventre, tandis qu’on tirera par une cuiffe. choie inutile; des Sagesffemmes les caffent quelquefois en voulant les dégager. Si les bras fo tournent en l’air du côté Nota. Ce que je viens de donner ejl pris de tout ce que j'ai de la tête , _ cela n’empêche rien. Si l’enfant paffe ; on avance vu pratiquer dans mes études par les meilleurs Accoucheurs de les doigts jufques fur les clavicules on fait des petits re que /ai vu de leurs leçons publiques \ & de ce que j'ai pra~ mouvemens.^ C’eft l’indufirie & l’adreffe des Accoucheurs tiqué moi-même avecfucch dans les différens endroits où je me qui doit régler alors de quelle façon on doit faire ces fuis trouvé, ù où mon fecours a été utile à des Sa%es-femmes mouvemens. On examine la fituation de la tête. Sicile n’eft peu inflruites, & embarajfées dans des cas particuliers ce qui pas bien, on l’arrange avec les doigts. arrive àflifouvent. Je nui cité perfonne , & n'ai point Lnné la _ Si nya qnun pied, il n en faut pas davantage; il eft partie hifiorique de T Art d'accoucher, parce que tous les habiles mutile de chercher l’autre. Par ce mo^n , il importe peu Accoucheurs font connus , ainji que leurs ouvrages & que ie qu il y ait deux enfans. Après avoir tiré un peu , fi le fe- n ai rien À dire de nouveau fur fHifhire de fArt d'accLcher. eoiid pied vient , on le faifit ; s’il eft ployé , ou la jambe Je n'di pu m'empêcher de citer M. Petit , par l'accord qui fe vers la cuiffe , on fait un crochet avec fon doigt, & on trouve entre fes opinions & les miennes. Si je ne me fuis pas accroche le pli de la jointure. Il faut obferver dans cet ac- afei étendu fur la variété des Accouchem.ens , & que fàe oublié couchement de tenir la jambe , ou la aiiffe ferrée , & le quelque chofe , ce fera par apoftilk dans un autre endroit de plus proche du tronc c|u il eft poffibj|. mes Ouvrages qmj en parlerai. FIN, TABLE GÉNÉRALE ET DÉTACHÉE^ Pour la commodité des Emdians ; on ajoute cette Table ici , qlie l’on peut couper & déta¬ cher du Livre , pour parcourir les Planches ■& les Figures , ce qui'ma déjà été demandé plusieurs fois. A N G E Ù LO G I Les Artères. L e QmvK {Plane. I.fig. I.) i. z. 3.4, Z fa pointe, 1.3. fa bafe, 3 rore-illette droi¬ te. (Plane. FUI, /^///) i. z. 3. Loreil- . lette droite ouverte; i.Hçhaut de l’oreillette; Z l’ilTue des veines coronaires ; 3 le trou ovai. fg. F. b: e. Le canal artériel ; ( Plane. FUI. jig. IF) le Timus a. L’Aorte Sopérieure. ( Plane. I.fig. I.) Sa Courbure; [Plane. Vxll.fig. IlL)k. Sa xrofle ijîg. F. b., LesCaTotiies ( Plane. I.fig. L) 6. Le Tronc commun gauche ; 15 l’interne; 16 l’Extetne ; ■îo le Tronc commun avec la Soûclaviere. Les Soûclavieres ( Plane. I.fig. I.) 7 , 11. La Cervicale (id.) 8 , 15. La Mammaire interne { Plane. III. fig. l.) 4. ■%o. Z1.( Plane. FIL flg.I.) d. La Mammaire externe ( Plane. I. fig. I.gy. (Plane. FIL fig. De. La Thyroïdienne ( id. ) a. La Sublinguale. ( id. ) b. La Maxilaire inf. ( id. ) e.La Maxilahe ext. (id.)d. La Maxilaire int. ( id. ) e. Ses rameau-T. f. g. h. ' Branche du Mulcle MalTeter L L’Occifitale (id.) k. VAuriculaire (id.) L L’axilaire. Plane. I.fig. IL 13. La Brachiale _( id. ) ^o. fig. IL 40.' La Cubitale (id.) i!,i, fig IL La Radiale ( id. ) 4Z ,fig. II, ^z. Uinrérofiiufe. (id. ) 43. fig. IL 43. Les Collatérales du bras { id. ) 44 ,fig. II. 44. L’Aorte inrÉRiEUKE ( Plane. I.fig. I. ) 68 { Plane. IL fig. IL ) g. [Plane. LU. fig. I.) 10, [Plane. VI.fig. F.)L Le Tronc cœliaque ( Plane. I.fig. I. 6p. { Phîric. U. fig, IL ) Sa Coupe, b. La Mefenteriquefupérieurc ( Plane. I.fig. I.) 73 ( Planche ILfi-g. IL) c. La Mefenterique inf. (Plane. I.fig.I.) 74. ( Plane. II. fig. II. ) 0. Les Reinales £,'■ Capfulaires. (Plane. I. fig. I. ). 75 ( Plane. IL fig IL ) h fur le rein droit. (Plane. Lfig- L) j 6 lu, le gauche, &c. y 7 & 3 8. Les Spermatiqnes (Plane. I. fig. I. )' 76.. (Plane. IL fig. IL) in. n. (Plane, lll.fig. I.) 14. Les Iliiaqües communes (Plane. I.fig. I.), 77' (Plane. III. fig. I. ) zz les internes ( Plane. VL fig. Y) K A Les.Iliaques externes {Plane. I.fig.I.) 78 (Plane H.) qq. (Plane. VL fig. V.)M. L Artere facrée ( Plane. II. fig. II. t. Les hj-pogafiriques ( Plane. I. fig. I. ) 75. (Plane. IL fig. U.) r.f. s.Plmc.Vl.fig.Yl.) M. [Plane. Yl.fig.V ) L.fi-g.V.lLv. [Plane. Vill. fig. III. ) m; celles qui vont joindre le cordon. L’Obturatrice. [Plane. IV. fg. II.) c. L’Honteufe interne (Plane; I. fig. L ) 83. ( Plane. IL fig. L)H.( Plane. llLJig. I. ) z6. Les Epigaftriques. [ Plane. VU. fig. I. ) 1. Les Crurales. ( Plane. I. fig. î.)To. [Plane. II..fe. I.)P3. L’Honteufe externe. (Plane. Ife. I. ) 81. ■(P/mc.II 1 ./^.I.)z 6 . La Poplitée ( Plane. IL fig. L. ) 94. La tibiale pefiérieure fes anaftomofes (Plane, II-fig- I-) 5Î , 97 [Plane. IV.fig, L) i^, La Tibiale antérieure ( Plane. II. fig. I. 06, [Plane.IV ,fig:L)ii. La Peroniere. ( Plane. U. fig. I.) ÿS. [Plane. IV.jt^.I.) zS. L’Artere pülmonaike Plane. I. fig. I..) 4. (Plane. Vm ,fig. III.) I.fig. F. c. Les Deines. La Veine cave supérieure ( Plane. I.fig. î.) 17. 18. Sa Bifurcation i8 ( Plane. III. fig. ï.) Il (Planc.VlU.fig. IIL) 7. i. Les Soufclavieres, (Plane. I.fig. I.) 19. Les Jugulaires. (Plane. ï. fig. I.) Le 'tronc commun des jugulaires gauches» zo Le tronc delà droite ZI. Celui de la jugulaire interne zz. Les Fertébrales (id.) z^. 24. ' La Mammaire, externe (ifi. ) zj,. Les Therachiques inf. ( id. i 6.. L’Scapulaire ( id. ) z9. ' Les diaphragmatiques. ( id. ) i. Les Mtdiaftines{ id.) k. Les Mammaires internes ( id. ) L Les Thimiques ( id. ) m. Les Pericardines ( id. ). n. Les Guturales , ou Trackeales. ( id, ) 0, L’Axilaire ( Plane. I.fig. I. ) zj. La Céphalique ( id, ) 30. ir fig. II. (Plane. ni.) 13. La Bafih qus ■( lâ. ) . 31 ; G fig. IL So n ra¬ meau interne, 32 (Plane. lil.) té. La Feineprofonde (id.) 35, G fig, H. La Médiane céphalique {id. ) 3 4 G- fig. il La Médiane bafdique (id. ) 33 &• figé U. Les Rameau internes de F avant-bras (id.)z6. L Union des Médianes, [id,) 37. (pjaiwïuTi'r ^^^"' Les Sdvàteles.{id.)^p ; &• fig, Les.FànespuMoitmres'iPîanc.VIlI.fig.V )â. La Veine cave inférieure ( Plane. L fiL [Plane. Il,fig. H.) j). ü, yfpi fi- III ) g. fig, IV. c. Jig. V. aa. Les Veines hépatiques (Plane. I.fig. I, ) 44. L es Emulgemes (fig. L Plane. 1 ) 44 Ses divifions 33. (Plane. U. fig. H.) nn ( Plane. III. fig, l. ) i z 3 les Sureinales 13.. Les Spermatiques (Plane, I.fig. L) co ( Plane. IL fig. II. ) olpp, (.piaTe. lllfig. I ) Leur naiiïance 7. Les Iliaques commukeI ( Plane. I fia- I. 60. ■ •' Les Iliaques externes antérieures ( id )-6i ■ endroit d’oA partent les Hypogaftriques 634 leur foïtie du baffin ( Plane. Uï.fig. I. z. Les Hjpogafiriques ^ ou iliaques internes pofterieures. ( Pîàhc, I. fig. I, ) éz. La Sciatique , ( Plane. IL fig J,) gy La grofi'e veine-du Pénis (Plane. I. fig.'l.) g,- LaFeine ombilicale. (Planc.VlU fia F. F. Les Crurales (Plane. I.fig. L) 64.%ndroic d oii partent les Inguinales & les Konteufes 66 (Plane, II.fig. I.) S6 ; (Plane. IIL fig. I.-3,, La Saphene ( Plane. U. fig. l, ) 67 ; ( Plané IL. fig. I) 84; {Plane. IlFfig. I. ///, jj.! La Saphene externe ( Plane, II, fisr i 1 8S La poplitée (id:)Ss>. La Tibiale antérieure ( id, ) ^o. La Tibiale poftérîeure (id. ) ; h p^j.^. niere ( id. )9z. La Veine porte (Plane. L fig. î. ) .7,. (Plane. IIL) Co'iijte 6i.(Plsnc.Vill. fig.lV.] e. Le Conduit veineux ( id. ) d;fig. III,/ La petite Mefaraïque ({Plane. I.fig. L) La grande Mejaraïgue ( id.) 48; l’endroic d ou part la Veinepilorique (id. ) 50. L’Splenique { id. ) 31, Za Cijiique, la Dua- denale (id, ) LES MUSCLES. Les Mufcles de la tête SC. du col. I,es Occipitaux [ Plane. I..fig. I. ) N. 'Le Crotapkite ( Plane. VÎI.fig. I.) l. L’Sternemqftoïdien ( Plane. I. fig. I. M, ) (Plane. VU,fig.'î.) P. Le Pterigoïdien externe (Plane.VU.fig. I.)i,. Le Pterigoïdien interne ( id. ) z. Portion du Digaftrique ( id. ) 0. Le Milokyéïdïen (id.) 3. Le Genihjeïdien ( id. ) 4. L’Stylohyoïàien (id.) ^. L'Stérnohyoïdien ( id, ) 6. Le Coflohyoïàitn ( id. ) 7. Le Genyoglùffe ( id. )-S. Le Bajioglofie (id. )ÿ ; à côté , le Kerato- glojje & l’Stybglofie, Mufcles du Corps SC deJ extré¬ mités fupérieures. 7. Coupe de l’Oblique externe ( Plane. lîl. fig. I. ) aa. & dd. ( Plane. V.fig I. ) coupe L. M. ( Plane. Vil. fig. I. ) h. L’oblique interne ( Plane. VU. Jig. I.) k. Le Muficle droit ( id, ) k. Le Piramidal. ( ii, ) l. Le grand Dentelé en partie (Plane. III. fig. L) S (PlancV.Jig.I.)F. Le Deltoïde ( Plane, I. fig. I. ) A. f Plane, Ul.fig.I.) c.( Plane V.fig. L) A. Le PeBoral. (Plane. 1. fig. I.) Coupe B (Planc.IU.fig.) E. Le grand Dorfal (Plane.V.fig, I.) B. (Plane. III. 1 extrémité F. L’Scapulaire (id. ) C. Le grand rond. ( id.) D. ( Plane, III. ) G, Le petit Rond.(id. ) a. Le fous-Epineux ( id. ) E. Le grand'Anconé. ( id. ) G. (Plane. III) I. L’Anconé externe [ id. ) H. L’Anconé interne (Plane, I.Jig, I.) E. (Plane, Le Brachial (Plane I.fig. î.) C. ( Plane. IIL) Portion M. Le CoracoBraehial. (Plane. IIL) Portion H. Le Biceps. ( id. ) D. ( Plane, V. / Portion. K. Le long Supinateur. (Plane.; (Plane. V.)I. Le court Supinateur. ( Plane. I. fig. I. ) G. Le Cubhd interne, ( id. ) H. (Pknc, III.) R. LeCuMtal externe (Plane. III. O. Le Radial externe {id.) T. Le Radial interne ( ii. ) P. Le rond Pronateur..( id. ) Q. Le quarré Pronateur. (Plane, I, fig.I.) D. Le Sublime (id.) F. Le long Palmaire ( Plane III. ) S. L’Extenfiewcommun (id.)Vi fes tendons c Les premiers Extenfieurs du pouce '( id. ) X., les fécondés a. Le Tkenar ( id. ) b. Mujcles des extrémités injé- ’ rieures. Le moyen Fefiier. {Plane. IIL) K. Le grand Fefiier. ( Plane... V. ) N ; fon ex¬ trémité inférieure (Plane. III. ) I ; [Plane. Vf /^■L)A. Le Fafcîalata [id.) B. Portion [Plane. IIL)V L.ePeéiïneus (Plane. III.) L, du côté droit /f", Le Vafte excnneXPlmc. IL fig.I.) n.[Plün.c IV. fig. J. ) H. ( Plaire. VL fig.' L) D. attache (Flanc. IIL) H. Le vajie interne ( Plunc, IL fig. I. ) Poicion ÿ. Xes Fibres tenélineufes. ç. ( Plane IV.jïg. I. ) Le Triceps (Plane, lî.fig. I.) e. (Plane. IV. Jig. I. ) M. portion du côté droit. W. Le Grejle antérieur. (Plane. IV. jt^. I. ) K. fon attache ( Plane. III. ) s>- 9- i Plane. V. ) portion P. Le Crural ( Plane. III. ) Son attache e. e. (Plane.IV. Jig.I.)G. Le Couturier ( Plane. III. ) attaches fupé- *ieures T. ( Plane. V. ) portion P. Le Grejle interne ( Plane. II. Jig I. ) r. Les Os de la Tête. .Le Coronal (Plane. Ï.Jig. I.) a. Les Pariétaux ( id. ) b. LApophife Majloïde (Plane. VII. j%. I.) h. Le Zigomanque. (id.) d. fon apophife e. (Plane. VIL I. ) laFofTeZigoinatique. c. Le Maxilaire jig. g. ( id.) ( Plane. VU. Jig. Vbs Unguis {id.jh. Les Orbites (id. j i. La Fente orbitaire k; le trou optique l. le Trou orbitraire m; le trou fourcilier n. La Mâchoire inférieure (Plane, i. Jig. I.) o. la Syinphife p ; la Bafe du Menton q -, l’Apo- ^ife coronoide r; le Troumentonier. x(Plane. Les Dents ineijîves ( id. ) t. Les Dents eanines ( id. ) v. L’Apophife eondiîoïde (Plane. VII.)e. Les Os dii Tronc. L Sternum ( Plane. III. Jig. I. ) A ; la Four- Les glandes Thiroides (fig. I. Plane. I. ) a. La Trachée artère ( id. ) b. Les Poumons ( Plane. VIII. fig. I. )/. Le Sein (Plane. 111.) a.b. rAreo!e& le Mam- melon b. leSein ouvert& fes Ramifications e. d. e. •L’Eflomac (id.) j. la Rate & le Pilote m. Le Duodénum ( id. ) l. LePanereas II. (id.) Vortion de la Rate ( id. ) m Le Reâum (id.) q Le Foie ( id. ) fes bords i. ( Plane. I. fig. I. ) le Conduit ciftique. cc. le Cholidoque dd. la Veficule du fiel. bb. (Plane. III.) i. la Veficule K. Le Rein (Plane. I. Jig. I. ) e. le gauche e. l’uretère (id.) d. f. (Plane. II. fig. U.)d.e. les Uretères/, le Rein ouvert/^. III. A. B. C. D.Ia Subftance corticale A. le. Intetvales des calices B. les Mammelon D. les Baffinets E. le 'Tronc de l’Uretère F. Les Glandes Sureinales i. l. La Vejfe ( Plane. I.fig. I. ) k. l’Ouraque i. (Plane. U. fig. IL)/. TOuraque cc. (P/flnc.III.) 7. la Veffie comprimée (Piarte.V. ) ft. le Méat urinaire(PitMC.VI./g. IL m. Ê> IV.) L.E. (id.) V. G. la Veille comprimée (Plane. VlU.fig.I. (Plane.VL) z.J’ouveituredé laVelfie'(Piflnc. IL Jig.IV.) C. D: le fond intérieur(id.) F. ouvertu¬ re des Uretères (id.) G. le col intérieur de la ^effie ( id.) H. (id. fig. VL) la velTie B. & les Uretères. Les Parties de t Homme. La Verge. (Planç. I.Jig. L) k. la Verge & ( Plane. III. ) N. ( Plane. VI. fig. I. ) P. Le Biceps ( Plane. VI. Jig. L ) E. Le demi-Nerveux ( id.-) 0. Le demi-Membraneux ( id. ) N. Le Jartier (Plane. Vl.Jig. L )• C. Les Jumeaux ( Plane. II. fiV. L 1 Coupe s.- Plane. VI.fig. l.) F. ^ ' Le Tibial antérieur ( Plane. IV. fig. I. ) A. Le Tibialpofiérieur ( Plane. U-fig. L ) Atta¬ ches £ y fon Tendon (Plane. VI.) F. Le long Peronier (id.) C. (Plane.Vl.Jig. L)I. Le court Peronier ( Plane. VL Jig. I. ) M. LES OS. chette de ces Os g. (Plane. VIL fig. I.) La Clavicule ((Rlane. I, fig, L ) Coupe C. (Plane. VIL fig. L) a. Les Faujfes côtes (Plane. VU. fig. 1.) c. le bord de ces côtes f. DOspubis (Plane. I.fig. I.) a. (Plane. IV. fig-IU.)D. DOs des ijles (Plane. IV.fig. III.) c. le bord de la Cavité condiloïdc b. (Plane. I.fig. L ) la Crête antérieure a. ( Plane. III. ) DOs facrum (Plane. IV. fig. III. ) B. DOs ifchionlid.) E. Première Vertebre des Lombes ( id. ) A. Les Os des extrémifès fupérieures. Les Os du bras , dit humérus ( Plane. L fig. I. ) le Condyle interne e. le Condyle externe/. DOs du Coude ( id. ) fa partie fupérieure, A. Le ( id. ) la tête de cet Os. Les Orhiculaires du Carpe ( id. ) i. r. la pre¬ mière Phalange du pouce. ES VISCERES Le mojteti Peronier ( id. ) H. ’ ' ■ Le lo‘ng Extenfeur commun (id.)K. (Planei IV. fig. LD. (Plane. Vl.Jig. I. ) L. ^ LePe^eux , ou court Extenfeur (Plane IV. Le grand Fléchijfeur des Orteils (Plane. IV; Jig. L ) A. Son Tendon h. DExtenfeur propre du pouce ( id. ) B. ■ Le grand Fléchijjeur du pouce. ( id. ) fon Tendon i. Les Interofieux ( Plane. U.fi.g. 1. ) u. Coupe du Tendon d’Ackiie. G. Hes Os des extrémités inférieures. Le Fémur. (Plane. I.fig. L) K. la tète de cet Os/, l. m. col. ni. le grand Trocanter n. (Plane. II. fig. L) nn. le petit Trocanter oo. La Rotule (Plane, lî.fig. I.) r. ( Plane. IV. /k* I'-) ‘t- La partie fupérieure du Fémur. (Plane. IV.fig. ISF) F., Le Tibia,(Plane. IL fig. L ) S. la tête de cet Os. t. la bafe u. v. la Maléole interne u. les Tubérofités de la tête du Tibia (Plane. IV.fig. I.) b. le Corps du Tibia c. fa partie externe d. la Maléole interne e. Le Péroné { Plane. lî.fig. I. ) «. la tête de cet Os y. fa bafe 7. la Maleole externe f, ( Plane. IV. fig. I.) Le Calcanéum ( Plane. IL fe. I. ) a. DAftragal.(id:)b. DOs Naviculaireou feaphoïde (id.) c. Le Cuboïde ( id. ) d. Les trois Cunéiformes a. ( id. ) e. Les Os du Metatarfe (id.) i. z. 3. 4. y. le gland g. (Plane. IL /|f. IL) coupe de'la Verge D. (Plane. IV. fig. IL) Coupe des Corps caverneux. L. ( id. fi.g. IV. ) le Corps caverneux O. le Bulbe à découvert P. (Plane. VL) Q. les Corps caverneux R. Le Canal de l’Urétlite ( Plane. IL fg. IV. ) dd. fon extrémité Q. le milieu S. le Vrnimon- tanum cc. les Orifices des Proftates AA.& .VL S. Les Tefiicules (Plane. I.fig.l.)mJie.sEp\- didinies n. les VailTeaux déferens o^(P/anc. IL fig. VL) les VcficulesO. M.le Canal déférent L.fig. Il.Je Tefticule coupé. E. E. leTeftkale entier id. F. F. Ib Canal déférent. G. G. Mufcles de la Verge cC. de t Anus, f Les EreSleurs. N. (Plane. IV.fig.II.) Les Accélérateurs a. ( id. ) Les Tranfverfes b. (id.) Les Protafiiquesfupérieurs. e. (id.) Les Prptafliques inférieurs d. ( id. ) Le Spincler de l’Anus e. ( id. ) Parties de la Perrime. L’Utérus (Plane. lîL ) r. les Ovaires S. & les Trompes, le morceau frangé t. u. les ligamens ronds V. les ligamens larges. X. (Plane. IV. fig. III. ) coupe de la Matrke dilatée G. leurrée du Vagin. H.'(P/anc. V. ) coupe de la Matrice b. les Trompes recourbées/ les Ovaires g. ( Plane. VL ) fig. III. ) coupe de la Matrice N. Jxg-. V. l’Uterus R. les ligamens rends P. les Trompes Q. les Ovaires X, les Ligamens larges T./g. VL les Ligamens lar¬ ges N. les Ovaires O. (Plane. Vlllfig. IL) la Matrice ouverte a. les Ovaires, b. les Trom¬ pes c. les Ligamens ronds d. les Ligamens l&s- ges e. Le Vagin (Plane. VI. fig. V.) S. le Mont de Vénus A. le tord des grandes levres D. fig. IL C"* lil. le Mont de Venus A. la Four¬ chette C. l’Anus D. les grandes Lèvres E. les Caroncules F. les Nymphes G. le Clitoris P. ( Plane. VIL figg. ) la Fourchette diûendue L (Plane. Ylîï.fig. IL) le Vagin ouvert par Ea partie poftérieure/. l’entrée de l’Urérus g. les Nymphes, h. le Clitoris i. le Méat Urinaire k. les Lacunes L Le Fœtus, Le Festas (Plane. V.fig. L ) d. dans fa fi tua- tion naturelle au huitième mek, ou, environ, le Cordon Ombilicale. (Plane.'Vl. fig. IL) le Fœtus culbuté & la »êt.e dans le baflîn Q. rAinnios ouvert p. (Plane. VU. fig. L) la tête du. Fœtus prête, à déboucher , qui appuie fur la Fourchette A./g. III. le Placenta A. vii po-ftérieurement a. l’Amnios b. le Chorion c. le Cordon d. la Veine ombilicale qui fe plonge dans le fînus de la Veine porte e. Voje’^pour l’Angéologie du Fœtus, Vexpli-, cation ei-dejfus, où elle ejè comprift. Fin de la Table. ERRA TA. T . ES Soufclavures . XiÎqz Soàclavieres, Page 2 , colonne 2 , lign. 11 , Diaphrague^ Vikz DlaphragmeUigü. 2ï, conguis , lifez tltiguls, Lîgn. <^Ç),fick ^ îifez fieL Pag. 3 , col. 2 , lign. 3.^ , ouraques , lifez uraeres. Lign. 52, aparu tout formé ,[\ki a paru Vcmbrion de iagrofftur d'un gros maron , tout formé. Pag. 4, col. I, lign. 43 , qui produit ordinairement la foufclaviere , &c. iifez la foûclaviere produit ordinairement^ &c. Lig. 63 , ainfide que ,X\kz ainjî que de. Col. 2, lign. 71 , hifurguent, Xxi&z bifurquent. Pag. 5 , col. 1 , lign. 45 , branche , lifez les branches. Lig. 49 , coraco-bracbiale, lifez coraco-brachial. Col. 2 , lig. 52 , entre- lequel efl le quarrépronareur. Elle, &c. XiÎQZ entre lequel ef le quarré pronateur ^ elle^&c, Lig. ymétacarpion .y lifez méta- ^ carpien. Pag. 6, col. 2, lign. j , de la veine & porte , lifez de la veine porte. Lign. 39, C£î artères , lifez ces branches. Lign. 5 5 , aréoles lifez artérioles. Pag. 7 , col. I , lign. <^3 , tibial, lifez tibia. Col. 2, lign. 34, ( 95 ) > lifez ( 90 * Pag. 8 ,* lign. Zyfig.l.qS, lifez ip & /d.. Pag. 9 , lign. 49 , (^deux tiers de nature") , lifez (a« tiers de nature). Pag. 10 , col. I , lign. 63 , {_Planc. IL) , ajoutez fig, IF. Lig. 64 , lulaàre. , lifez celulaire. Col. 2 , ligne 19 , Planche^ ajoutez Q. Pag. 11 , coi. I , lign. 3 2 , fupérieure , lifez inférieure. Col. 2 , lig. 70 , ( ^3 ,fig. id. ) , lifez ( 8 g ,fig- 1 . Plane. I. ) Lign. 75, ( M.fig. III. Plane. FI) iifez ( M. fig. FL Plane. FL ) Pag. 13 , col. I , lign. 3 , /e femme, liiez la femme. Lig. 23 ( n. Planche III. fig, &c. ) lifez {r.fig. j G& y de la quatrième Plane. & X de la huitième P lanc.) Lign. 36, {Foye\_auffi les Plane, fuiv antes), ajoutez de lExpoJîtion Anatomique deS maux Fénériens. Pag. 165 col. I , lig. 41 , de la onzième , lifez de la deuxième. Lig. 49, le pedium du , lifez lepedieux ou. \ Pag. 20 , col. 15 lig. 21, tire , lifez tiré. Col. 2 , lign. 47 , retranchez conduit. Pag. 21 , col. I , lig. 2 , reinaks , ajoutez dont on a déjà parlé. Lig. 2 , ( Plane. I. fig. II. ) lifez ( Plane 1 . fig, I.) Lign. 26 »’ fig. IL lifez fig. I. Col. 2 , lig. 17,22 , ajoutez & 23. Même ligne , les hypogafiriques, lifez coupe des hypogaftriques. Lig. 18, , lifez /. Lign. 5 3 , {Plane. 1 . fig. FIL ) lifez {Plane. II. fig. FIL ) Lign. 67 , ( fig. IL Plane. 1 . ) lifez ( Plane. U. fig. //.) APPROBATIONS. J’A I lu par ordre de Monfeigneur le Chancelier un Ouvrage manuferit, ayant pour titre : Dijfertatlons &* Tables indïca-i tins Gr explicatives des Planches d'Anatomie ùr de Botanique, Grc. par M. d’AgoXï pere , &C je crois qu’on peut en permettre i’impreffion J à Paris, ce P Mars 1775. G ARD ANE. J’ A I lu, par ordre de Monfeigneur le Chancelier , VExpofition Anatomique desmaux^ Vénériens, &c. & je crois qu’on peut en permettre l’impreffion^ à Paris , ce i r Septembre 1773- MARIN. PRIVILÈGE DU RO L L OUIS, par la grâce de Dieu, Roi de France & de Navarre: A nos amés & féaux Confeillers, les Gens tenans,* nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand Confeil, Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenans Civils, & autres nos Jufticiers qu’il appartiendra ; SaluT- Notre anié A. E. Gautier, Nous a fait expofer qu’il défireroit faire imprimer & donner au Public un Cours d’Anatomie, Chirurgie, Botanique fÿ d’Hifioire naturelle , en Planches, gravées en couleur , de fa compojitiàa ,, s’il Nous plaifoit lui accorder nos Lettres de privilège pour ce nécelfaires. A ces caufes, voulant favorablement traiter l’Expofant, Nous lui avons permis & permettons par ces Préfenîes, de faire imprimer ledit Ouvrage autant de fois que bon lui femblera, de le faire vendre & débiter par - tout notre Royaume pendant le temps de fix années confécutives, à compter du jour de la date des Préfentes. Faifons défenfes à tous Imprimeurs, Libraires , & autres perfonnes , de quelque qualité & condition qu’elles foient, d’en introduire d’ira- preflîon étranger® dans aucun lieu de notre obéiiTance; commeauffi d’imprimer, oufair^imprimer, vendre, faire vendre &C débiter , ni contrefaire ledit Ouvrage, ni d’en faire aucuns extraits, fôus quelque prétexte que ce puilTe être , fans la permif- fion expreffe Sc par écrit dudit Expofant, ou de ceux qui auront droit de lui, à peine de confifcaîion des exemplaires con¬ trefaits , de trois mille livres d’amende contre chacun des contrevenans, dont un tiers à Nous, un tiers à l’Hôtel-Dieu de Paris , & l’autre tiers audit Expofant, ou à celui qui aura droit de lui, & de tpus dépens , dommages & intérêts ; à la charge que ces Préfentes feront enfegiftrées tout au long fur le regiflre de la 'Communauté dés Imprimeurs & Libraires de Paris, dans trois mois de la date d’icelles ; & que l’impreffion dudit Ouvrage fera faite dans notre Royaume, & non ailleurs, en bon papier & beaux carafteres ; que l’Impétrant fe conformera en tout aux Régleraens de la Librairie, Sc notam¬ ment à celui du 10 Avril 1727 , à peine de déchéance de la préfente PermilGon, qu’avant de Pexpofer en vente, le manuferit qui aura fervi de copie à Pimpreffion dudit Ouvrage, fera remis dans le même état où l’Approbation y aura été donnée, ès mains de notre très-cher & féal Chevalier, Chancelier , Garde des Sceaux de France, le Sieur de M A U P E O U ; qu’il en fera enfuite remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque publique , un dans celle de notre Château du Louvre, & un dans celle dudit Sieur de MAUPEOU;Ie tout à peine de nullité des Préfentes. Du contenu, defquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Expofant ou fes ayans caufe, pleinement & paifiblement , fans fou&ir qu’il leur foit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons qu’à la copie des Préfentes, qui fera imprimée tout au long au commencement ou à la fin dudit Ouvrage, foi foit ajoutée comme à l’original. Commandons au premier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis, de faire pour l’éxecution d’icelles , toits Ades requis Sç nécelfaires, fans demander autre per- milfion, & nonobflant clameur de Haro, Charte Normande, Sc Lettres à ce contraires ; Car tel eft notre plaifir. Donné à Paris le vingt-fixiéme jour du mois de Mars, l’an de grâce mil fept cent foixante Sc douze, & de notre Régné le cinquante-feptiéme. Par le Roi en fon Confeil. L E B E G U E. Regïjlré fur le Regtflre XFÎIl de la Chambre Royale Cf Syndicale des Libraires Cf Imprimeurs de Paris, N° 201^ ,foL S68 , conformément au Réglement de 1723. qui fait défenfes Art, 48, à toutes perfonnes de quelque qualité Cf condition quelles foient, mtres que les Libraires Cf Imprimeurs, de vendre, débiter, faire afficher' aucuns livres, pour les vendre en leurs noms, fait qu ils s en difent les Auteurs ou autrement, Cf à la charge de fournir à la fufdite Chambre huit Exemplaires prefcrits par Vartick io8, duwJème Réglement. A Paris, ce 11 Ami i']']2, J. HERISSANT, Syndic. I O P Ë R A T I O DE LA SYMPHISE DANS LES ACCOUCHEMENS IMPOSSIBLES, AVEC L’ANATOMIE DES PARTIES EXPOSÉES DANS CETTE OPÉRATION^ ET QUAL EST ESSENTIEL DE MÉNAGER. Par M. Gau TI SR D a goty , Anatomip P entonné du Roi. L a coupe de la Symphife, de'couverte par M. Sigault, a trouvé des Antagoniftes. Quelques habiles Artiftes l’ont combattue Jamais ce qui a été dit n’a pas détourné la con¬ fiance que"!on a dans cette Opération, qui fera ue plus en plus perfeélionnée , & mife au rang des fecours les plus eflèntiels de la Chirurgie. ^ Quelques Chirurgiens, & fur-tout AI. Lhéritier, Chirur¬ gien interne de l’Hôtel-Dieu , n’approuvent pas cette Opé¬ ration. ^ M. Lhéritier dit que U hut qu'il ft propofi m la difapprou- vaut ejl dêtre utile au Public. Il foutient qu’elle eü inutile & mcine dangereufe. Avant de prouver ces deux affertions il combat celles deM. Pr., qui a fait paroître plufîeurs écrits en faveur de cette heureufè découverte; & pour remplir Ion deflein, voici de quelle façon il s’y prend. M.Pr., ditM. Uiénùct, foutient que toutes les fois qu'aux termes de taccouchement l'enfant ne peut franchir Us voies natu¬ relles ^ l Art ne preferite que deux moyens. favoir, de rnafacrer Penfant defang-froid , ou de recourir à l Operation Céfcrienne, & que le nomfeul de cette opération fait frifonner l'humanité. « Lorfque^l enfant ne peut franchir les voies naturelles , »>dit M. Lhéritier, on ne le maflac>e point de fang-froid. » On ne porte, & on ne doit porter d’inftrument tranchant » fur le corps des enfans pour les extraire, que q-iand on » eu certain de leur mort Et comment eft-on certain de pendant le travail ? « Avant leur mort, continue » M. Lhéritier, on a recours à l’Opération Céfarienne, qui » nefl ni barbare ni meurtrière, & dont l’exécution n’eft » pas il difficile ni le fuccès fi rare ». ^ M. Lhéritier trouve que cette Opération n’efl: pas diffi¬ cile t I . il ne 1 a jamais pratiquée ; 2.^. il trouve qu’elle n’efl: pas barbare. Que peut-on de plus cruel & de plus dangereux que d ouvrir les flancs d’une femme & le corps de la matrice ! Il avoue lui-même que de cinq Opérations Céfariennes pra¬ tiquées dans Paris dans l’efpace de cinq à fix ans, quatre meres font mortes; & il ne nous nomme pas la cinquième, qui efl échappée félon lui. Voilà cinq différentes opérations de la coupe de la Symphife qu’on nous cite, & defquelles on nous nomme les perfonnes ; cependant il n’y a eu qu’une feule femme de morte au bout de plufieurs iours après l’opération. Cela feul prouve au contraire l’utilité de la nouvelle opéra¬ tion.^ La preuve efl fimple, je le répété: Quatre de mortes par 1 Opération Céfarienne fur cinq, & quatre de vivantes par la coime de la Symphife furie même nombre, c’eft-à- dire, une feule de morte. M. Lhéritier dit encore: Af. Pr, ajoute que F Auteur ayant conçu le projet de la divifon de la Symphife, qui efl une par¬ tie prefque morte , penfa que cela procureroit un icdrtement dune grande reffource ; qu il napoint été trompé, & qtüil a obtenu au moyen de cette feciion un écartement de deux pouces & demi, & que F operation & F accouchement rFont duré que quatre minutes & demie. Pour détruire ce fait de l’écartement de la Symphife, qui efl prouvé par l’accouchement naturel d’un enfant vi¬ vant de la femme Souchot, qui n’avoit accouché aupara¬ vant pendant quatre fois que par le fecours des inftrumens avec lefquels on avoit mis les enfans en pièces pour les tirer à mefure par morceaux, il dit : « J’ai répété un grand nom- »> bre de fois cette expérience en préfence de perfonnes éclai- » rées, fur des^ femmes mortes en couche ou peu de temps » apres; je nai jamais obtenu qu’un écartement de fix à dix- » nuit l'gnes, & le diamètre antérieur du détroit fupérieur » n’étoit augmenté par cette feêfion que d’une à deux lignes; *> le traverfai ne l’étoit que de fix à douze. On ne pourra » pas me reprocher que la différence de nos réfultats pro- » vienne de ce que nos expériences ont été faites fur des » cadavres : on fit que l'aHinn vitale ne peut produire dans ce ^ cas aucune diference >». Une augmentation du diamètre antérieur du détroit fupé¬ rieur de deux lignes, & le traverfai d’un pouce, feroient ca¬ pables de faciliter un accouchement où la tête de l’enfant fe- roit engagée dans le détroit. Cela n’efl pas difficile à com¬ prendre: un pouce d’augmenté dans l’un de ces diamètres peut fuffire; la tête de l’enfant étant dans fa coupe tranfver- fale compofée de deux diamètres. Un pouce feroit beaucoup pour le paflage du grand diamètre. Mais M. Lhéritier ne rai- fonne pas . lorf.ju’i! compare des os du baffin . par la coupe de la Symphife fur des cadavres, avec celui qui s’opère furie fujet vivant dans le travail de la mere, & lorfque tou¬ tes les parties font plus flexibles, plus élafl'ques & plus en aéfion. Ainfi on peut conclure de ces réflexions que le rai- fonnement de M. Lhéritier efl faux, & que la découverte de M. Sigault efl digne de tous les honneurs qu’elle a re¬ çus de la Faculté de Médecine, & qu’elle recevra un jour de 1 Ecole de Chirurgie, lorfqu’eile fera bien connue. ^ Cette opération n’eft pas fi douloureufe que l’on peut s’imaginer : elle efl facile & prelque fûre entre les mains d’un Accoucheur bon Anatomifle. Je ne puis mieux en démon¬ trer l’utilité, qu’en donnant ici le rapport de la Faculté. Rapport de la F.-iculté de Médecine. <* La femme Souchot s’eft préfentée le 5 Décembre à la Faculté, accompagnée de fon mari & de fon fils. Elle a monté feule environ une vingtaine de marches pour fe rendre à la falle d’aflemblée. Là elle a marché en préfence de la Faculté, a fait tous les mouvemens qu’on a paru exi¬ ger d’elle , & fatisfait à toutes les queftions qu’une curiofité naturelle & éclairée pouvoir defirer. L’enfant a été mis fur le bureau de l’Affemblée, & a été environné de tous les Alédecins, qui l’ont accueilli comme un enfant bien pré¬ cieux aux Arts. AI. Sigault a lu enfuite fon Alémoire, dans, lequel il a ex- pofé les raifons qui l’ont déterminé à faire l’Opération de la Symphife fur la femme Souchot; 2°. fes procédés pour faire l’Opération, & enfin le réfultat de cette Opération, Ce Mémoire, écrit avec beaucoup de chaleur, a été fore applaudi. MAI. Grandeias & Defcemet ont enfuite fait leurs rapports, defquels il réfuhe que la femme Souchot a fubi l’Opération de la fedion de la Symphife, que fon enfant pft venu au monde en parfaite fanté, que la mere efl par¬ faitement guérie, quelle marche librement, fait tous les mouvemens poffibles qu’elle faifoit auparavant. Ce rapport, dinfi que le difeours de AI. Sigault, & encore plus la préfence de la femme Souchot & de fon fils; la péroraifon de M. Sigault , par laquelle il fupplioit la Fa¬ culté, & par elle toutes les âmes généreufes & fenfibles, de contribuer au fort de la mere & de l’eniant (feule récom- penfe qu’il deliroit de fes travaux) ; fa modeftie, fa ienfibi- lité lui ont attiré les plus grands éloges. La Faculté n’étant pas alors réunie en Corps , on indiqua une Affemblée générale le 6 Décembre, dans laquelle la Faculté a arrêté qu’il feroit rendu un décret dans les termes les plus honorables pour M. Sigault ; qu’il feroit frappé des médailles, fur l’exergue defquelles on fixeroit l’époque de cette découverte, & l’Opération du premier Odobre 1777; que la Faculté feroit une penfion à la femme Souchot de 300 liv., & que le Mémoire de cette Opération feroit ré¬ pandu avec la plus grande profufioa aux Grands du Royaume & aux principaux Citoyens, &c. C’eft ici un fait irrévocable qui fait honneur au Corps de MM. les Médecins. Il démontre leur zels pour le bien public. La femme Souchot n’a éprouvé que trois efpeces d’acci- dens : favoir, une douleur à la cuiflè, un dépôt laiteux, & un écoulement involontaire des urines. Les deux premiers font abfolument étrangers à l’Opération : le troîfieme feul paroît en dépendre. On peut voir ici de combien le col de la veffie eft éloigné de la Symphife des ds pubis. MM. les CommilTaires obfervent que cette incontinence eft très-ordinaire dans les accouchemens laborieux, & qu il n’eftpas étonnant qu’elle ait eu lieu dans celui-ci, ou une partie des attaches de la veflîe èc fon col ont été fort affoi- blis ou endommagés ; mais qu’elle diminue tous les jours, & qu’elle ceflèra vraifemblablement, lorfque les parties léfées auront repris leur reffbrt & leur réunion. MM. les CommilTaires concluent que l’Opération de M.Si- gault eft fans danger pour la vie des malades ; que la fépa- ration des os pubis n’entraîne aucun accident, & n’eft pas très-douloureufe , au rapport de la femme Souchot ; que cette femme eft parfaitement guérie , puifqu’elle^ marche feule & fans bandage; que l’Opération en elle-même n’eft pas difficile à faire, &c qu’elle eft préférable à l’Opération Céfarienne dans bien des circonftances , & fur-tout quand l’enfant peut fortir par les voies naturelles. M. Rei^, Dofteur en Médecine de laïjaculté de Douay, & le S" Lefcarde fils , Maître en Chirurgie, ont fait l’Opération de la feftion de la Symphife des os pubis fur une perfonne qui fe trouvoit en danger de perdre la vie parl’impoffibilité d’accoucher. Par ce moyen ils ont procuré le bapteme a l’enfant, qui étoit prêt à périr dans le travail, & fauvé la mere de la mort que les accidens avoient fait juger inévitable fens ce fecours. Cette Opération n’a été fuivie d’abord d’au¬ cun accident. L’Accouchée Ta trouvée peu douloureufe; mais elle eft morte comme toute femme peut mourir a la fuite de couches , après un travail long & laborieux. En effet, dans le Mémoire qu’ont donné MM. Ret^ & Lefcarde, ils difent : << Nous n’attribuons pas à cette Opération la mort » de ces deux malheureux individus, mais aux tourmens » inouis qu’a foufferts la femme deux jours avant 1 Opérq- » tion». Cet accident eft le point d’appui fur lequel poc-: tent les Critiques de cette Opération. M. Louis, Secré¬ taire perpétuel de l’Académie de Chirurgie, a fait voir dans la Séance publique de la rentrée de Pâques de Tannée 1777, fur des baffins décharnés, l’inutilité de cette Opéra¬ tion , comme fi la nature fecha & morte, dénuée du tra¬ vail de la mere & de l’enfant, pouvoit être encore flexible & élaftique. Mais M. Gambon, Chirurgien à Mons , a écrit au Frere Cofme, le 27 Mars 1778, que la femme fur laquelle il a opéré la fedion de la Symphife, après trois jours de travail pénible , a accouché heuréufement ; que la coupe a procuré Técartement defiré, fans lequel il étoit impolïible de mettre l’enfant au monde. La femme opérée n’a reffend aucun» efpèce d’accidens. Il y a huit jours quelle fe tient aflife fur fon lit, difoit M. Gambon dans fa lettre, & quelle me tour¬ mente de fe lever. Il a écrit enfuite le 2 Mai fuivant : J’ai enlevé aujourd’hui le bandage & l’appareil de la malade ; tout eft bien cicatrifé. Elle marche comme à l’ordinaire, fans plus d’accidens que fi elle n’eût jamais été opérée. ^ M. Nagel, Chirurgien-Accoucheur, attaché au Prince Evêque de Spire, a accouché, au commencement d’Avril 1778 , la nommée Anne-Marie Schenidriune, âgée de 52 ans, & en travail depuis trois jours. Ayant reconnu par les recherches néceffaires que la furface interne de Tos facrum portoit une excroiffance affreufe contre nature, qui rétré- ciffoit le diamètre du baffin au point de rendre toute ma¬ nœuvre inutile & l’accouchement impoflible ; il fit, du con- fentement de la malade & de fes parens, en préfence de M. Beirnflier ,lAéàQàn, & de M. Albert, Chirurgien, l’Opé¬ ration de la fedion de la Symphife avec un tel fuccès, qu’en moins d’un quart d’heure, non-feulement elle accoucha faci¬ lement d’un enfant vivant, mais que jufqu’au 8 fuivant elle n’avoit éprouvé aucun autre accident que ceux qui fuivent ordinairement un accouchement long & laborieux. Je crois que ces exemples fuffifent pour autorifer cette Opération, & combler d’honneur & de gloire celui qui Ta imaginée. Je joins ici, à la relation de tout ce qui eft arrivé au fujet de cette Opératiom la Planche en couleur gravée d’après mes diffedions, pour fcrvir dans la pratique, contenter les Amateurs, & encourager les perfonnes du fexe qui fe trou¬ veront dans le cas d’y avoir recours pour fauver leur vie & celle de leur fruit. PLANCHE Elle repréfente la coupe de la Symphife , pour faciliter les accouchemens mpojfibles , dans lefiuels on a pratiqué jufquà préfcnt l’opération céfarienne. figure r^‘. Le bas-ventre difféqué, G* l'os pubis découvert ^ réduits au tiers de nature. a. Coupe des chairs de la cuifle, & les cuiffes écartées. b. L’os pubis découvert, c. La branche de Tos if- chion. d. La fymphife dans fon état naturel, e. Le mufcle grand oblique. /. L’oblique interne, g. Sa gaine. A. Le mufcle droit, i. Le triangulaire du bas-ventre. A. La ligne blanche, l. Les ligamens des mufcles droits du bas-ventre, m. La tête de Tenfant au paffage, arrêtée par les os du baffin. n. Le clitoris. 0. Ses mufcles. p. Les nymphes, les grandes levres étant emportées, q. Coupe des ligamens ronds, r. troncs des nerfs & des vaif- feaux des cuiffes qui fortent du bas ventre, f. Por¬ tion du triceps, t. Extrémité de l’iliaque. figure il L’opération faite de la coupe de la fymphife, réduite^à demi-nature. A. Les os pubis féparés. c. L’os ifch^n. La fymphife coupee. e. La tubérofité de Tifchion. /. Les os des cuiffes dépouillés. g. Les os du baffin à nud. h. La veffie de Turine & fon col. j. L’ouraque. i. Les ureteres. l. La matrice, m. Le vagin dilaté. n. Les trompes d Euftache. o. Les ovaires, p. Les ligamens ronds, q. Les ligamens larges, r. Le ligament qui tient au reâum.yi La tête de Tenfant. figure III. L’os pubis de grandeur naturelle dépouille, avec une portion du vagin, a. La fymphife. b. Les os pubis, c. Coupe des branches de Tif¬ chion. d. Le clitoris, e. Le corps du clitoris &c fon prépuce. f. Les branches du clitoris, g. Les nymphes, h. La foffe na- viculaire, la fourchette &c les caroncules. ^ i. Les rides du vagin. A. Coupe des grandes levres. /. Leperiné. Tw.Lanus, Cette Flanche fe diftribue féparément du Cours d’Accouchement ù de /''Anatomie des Parties de la Génération de l’Homme & de la Femme, ù fe vend cher^ D E m onv i lle , Imprimeur- Libraire ^ rue Saint - Severin. Le prix eft de 6 liv. Avec /e Cours d’Accouchement, édc. 2 q- liv. On donnera dans quelque ternes une 11‘ Planche^ qui repréfentera l’opération faite fur un fujet vivant. OPÉRATION DE LA S Y M P H I S E, Par M. Gautier Dagoty, Anantomifte Penfionné du Roî. DEUXIÈME PLANCHE* D J ^ O N l’Expérience faite par M. Dagoty , fur le Baffin d’une femme bien conformée, deéînd- «bfJc a?dans cette Opération, & les dimenfions des dia- métrés du détroit fupeneur & inferieur, avant & apres Topération , 5cc* Bas s i n ; grand diamètre , quatre pouces Jix lig. petit diamètre , quatre pouces trois lig. Ecartement^ produit par la coupe de la Symphife des os pubis : àeux pouces Jix lignes. CaiiTila.ges de l’os facrum joints aux os des iles ; EpailTeur, deux lig. & demie : dans les femmes mortes en couches,, ces Cartilages font plus épais & plus humedés. Ecartement des Cartilages ; fur le devant, après la coupe Les nouvelles découvertes & les plus utiles, ne font jamais généralement approuvées ; elles trouvent toujours des Contradideurs. La circulation du fang, par Cefalpin , fut d’abord^ raife au rang des vifions du premier ordre ; elle fait aufoord’hui le fondement de la Phyfiologie. Il ei> fera de même de l’Opération de la Symphife dans les accouchemt-ns impoflîblcs ; on la combat, aujourd’hui lesefprits font fufpendus , on ne fçait à quoi s’en tenir. Mais enfin fon utilité une fois reconnue change! a fon fort ; elle fera univerfellement adoptée . c’eft ce que l’on peut prédire avec une forte de certitude. Nous alloiis en détaib 1 er les raifons, auxquelles nous ajoutons une nouvelle Planche , où il eft queflion des parties internes du Baffin , fur lefquelles tombent toutes les ciitiques des Auteurs oppofésà cette découverte. M. Jumelin,Dod:em en Médetinc.adonnc dans le Jour¬ nal de M. l’Abbé Rozier , le Précis hifloiique de cette Opé¬ ration-. il met dans fon difeours beaucoupd’Algébre,ce qui n’eft pas à la portée de tout le n.onde;nüus ftiivons ici ce qu’il dit de bon ; nous y ajouterons nos remartiues, pour concourir à la pratique de cette découverte , qui ne tend , comme nous difons, qu’à fauver la vie de la mere & de l’enfant dans le cas de mauvaife conformation. La coupe de la Symphife, dans fon écartement, agrandit les diamètres du détroit fupérieur du Baffin , comme j’ai démontré, & facilite le paiTage de la tête de l’enfant fans nuire, par l’écartement qu’il fe fait alors avec violence,'aux ligamens ni aux cartilages qui unifient les os des iles avec l’os facrum ; car , je le répété, c’efi fur la rupture de ces ligamens &le déchirement des cartilages prétendus , que rouie tout ce que l'on peut dire contre cette Opération". L’expérience preuve afiez que l’écartement des os pubis peut fe faire fans endommager le corps de la veffie ; que l’on peut la détacher fans danger. D’une autre part, que le clitoris foitcoupc,que lesbranches l'oient déchirées, cela peut être fans porter aucun préjudice à là vie ni à la fauté de la mere ' ni à la réunion des os pubis après l’Opération. On peut voir dans la Planche précédente l'écartement de ces os & l’état du clitoris dans cette Opération. Il eft même poflible que les branches du clitoris fe déchirent, êc qu’elles ne fuient pas capables de fupporterun allonge¬ ment alTez confidérable fans léfion ; mais pour peu que l’on connoilfe la Nature & l’ufage de ces parties , on con¬ viendra que leur fuppreflion , ou leur rupture , n’a rien de commun avec la vie & la fanté des meres , comme nous venons de dire : de même que la fupprefiion des parties qui caraftérifent les Eunuques, n’empêche pas ceux-ci de digérer, de fe mouvoir , de croître & de faire toutes les fciiélions anipiales , hors celles 4 e I?- génération. Bien mieux,lafu.ppre{fio)ii du clitoris n’empêcheroit pas les fem¬ mes de concevoir : on ait que cette partie de ieur corps efl; feulement propre à certaines fenfations ; qu’il s’allonge quelquefois, mais raremenc;qu’il devient monltrueux dans les Hermaphrodites , & a certaine roideur : mais aufli il n’en découle aucune liqueur fil efl: imperforc; il ne com- iHuiiique, ni avec l’ucerus, ni avec les ovaires, & par con¬ fie la Symphife, quatre lig. & demie , & par conféquent élargis de deux lig. de plus; dans leur milieu étendus d’une ligne de plus, & dans leur partie pofiérieure dé demi -Ug. de plus. Ligamens facro-illiaques -, leur étendue , 2 pouces , de puis l’apophyfe tranfverfale de la derniere vertebre du dos, & depuis l’os facrum, jufqu’à leur origine fous le rebord de l’os des iles : après l’Opération,allongés de 3 1. féquent, il n’a aucun ufage, À rélTembie aux fourcils fis à la barbe, il ne fert qu’à la décoration des parties. ■ On peut juger de la facilité de la coupe dont il efl quef- tion , en faifint attention au rapport de M. Sigauk , qué voici : » J’ai incife, die-il, la peau & la graifl'e un peu au- jîdellus du pubis, jufqu’à la commilfure des grandes lèvres j ** la Symphife fe trouvant à découvert , j’ai pénétré les » mufcles piramidaux & la ligne blanche, & j ai introduit »par cette ouverture,l’index de la main gauche , le lonty »de la partie interne de la Symphife. J’ai continué la fec- s^tion du ligament &du cartilage , qui fe trouvent très- »épais au dernier terme de la grofi'effc, &c. 35 L’Opération jutques-là,comme l’on voit, n’efl: pas difficile,pour peu que 1 on foit Anatomifle:mais elle a fes difiicuitcsfil faut enfuite ménager le corpe delà veffie & fonrneat-urinaire : le doigt & le fcapelle, ou le biiln fait que cette femime a trois pieds huit pouces de haut ; les cuiffes & les jambes arquées & le petit diamètre du baffin de ^ pouces & demi, fuivant le rapport des plus habiles Artiftes. ( M. Jumelin donne la façon de mefur-er for une femme vivante le diamètre du baffinj, 11 eft aéluellement queftion de venit au fait, & deté- pojidre à ceux qui prétendent que l’Opération de la coupe de k Symphife qu’alôrs on déchire les ligamens, ainfî que le tiffii cellu. aviaire qui unit la veffie aux os pubis ; que le clitoris lui- amtême -eft déchiré , fi le fer a refpcété fes deux jambes ; 33que l’écartement devenant confidérable , les ligamens 5s fticr&-itiaque’s fe rompent ainfi que le périolle : accident, s>ajoute-t’il,d’où doit s’enfoivre une fupuration abondante , 35qui, gagnant 'de proche en proche , infeélera le baffin , JJ& conduira 4 e malade -à i’épuifeulent •& à la_ mort. Le tilTu cellulaire qui unit la veffie aux os pubis , peut être écarté dans l'Opération ào M. Sigault, commQ nous venons de faire appercevoir , fans aucun danger ; & le cli¬ toris être auffi déchiré fans aucune forte d’inconvénient ; ainfi ces diffieulcés font écartées, & l’expérience en aprou- vé la vérité dans les femmes qui ont été opérées,. A l’égard du déchirement des ligamens facro-iliaques , lefquels nous repréfentons ici pour démontrer notre raifonnement , nous nous appuyons de l’expérience; ce qui eft encore pro-u- vé.q)ar les 4 fem.mes qui ont fouffert la coupe de la Symphife des os pubis, qui ont accouché heureufement , & qui font encore en-vie ; elles prouvent que ces prétendus dangers n’ont pas eu lieu. Mais nous ajouterons à tout c«la, qu’il n’eft pas poffibie qu’il y ait des ruptures. P^ns la femme d’Arras que l’on a ouverte,quatre jou»'® a:pres l’operation dont il s’agit, on n’a point appérçu qu’il y eût aucun déchi¬ rement dans les cartilages qui unifTent les os des iles à l'os facrum , ni. dans les ligamens facto-iliaques, & par conféquent aucune forte de fupuration ; voilà le fait. On a obfervé que la tête d^uù enfant qui fe préfente au pafl'age,agic comme un coin qui tendroit à ouvrir le baffia îorfque le détroit n’eft pas alTez large ; l’effort de la tête de l’enfant eft quelquefois fi grand , dans un baffin mal con* formé, que les cartilages des trois Symphifes fe prêtent & les ligamens qui les avoifinenc & qui les couvrent s’é¬ cartent confidérabiement. On' a obfervé qu’en devant, cet allongement avoir été quelquefois porté à 8 ou 10 li¬ gnes fans aucune rupture. Si telle chofe arrive quand le mouvement eft diftribué fur les trois Symphifes, il eft cer¬ tain que fi on ouvre celle du pubis , il faudra nécef- fairement que les cartilages &; les ligamens facro-iliaques prêtent; mais il n’eft pas dit qu’ils foient forcés de rompre, n’ayant que quelques lignes de tenfion à fupporter, puif- qu’on a obfervé : » que les ligamens qui uniffent les 3>os du baffin , font abreuvés de férofités, au point ijde fe gonfler & de fe ramollir confidérabiement. Ne voie- on pas ces Baladins fe pencher en arriéré, & prendre avec leur bouche une pièce de monnoie pofée à leur talon? (ÿiei écartement ne fe fait-il pas alors des ligamens, desearr- tilages , des vertebres , des lombes ? &c. Plufieurs Chirurgiens difent aujourd’hui que l’Opéra¬ tion dont il s’agit -eft inutile ; que lorfqu’une femme eft m.al conformée , & que l’os facrum avance trop dans Ifc baffin, l’écartement des os pubis ne fauroit agrandir Je petit diamètie ; & qiï'il faut toujours dans ce cas avoir recours ■àPOpération Céfarienne pour fauver l’enfant.^.* Je réponds que l’Opération de la Symphife eft toujours nécelTaire., parce que l’on ne peut pas- juger de la diffor¬ mité de l’os facrum , de la forme du détr ic , de l’étendue "de fes diamètres , Sce. Si, malgré cela* le paffage du 'dé¬ troit n’eft pas encore, aftez- t^nvert, il faut alors en venic à l’Opéraoo» Oéràrieîine , .j’en conviens, parce quel* eft, dans ce cas , condamnée à la mort, & qu’il faut iàuver l’enfant : fi au contraire on veut fauver la mere & facrifier l’enfant , le baffin étant toujours plus ouvert, oa peut arracher l’enfant par morceaux, enfaifant fervir avec plus de facilité les inftrumens déjà inventes pour cela. P L A xN C H E I ï. . T IG tr R E lere. •'Ü£ Bqfln avec fes ligamens, vu en face , & dépouillé dejes mufcles. Les or des îles. b. La crête de ces os. c. Le coude pofté- rieur d’où, part le ligament faero-iiiaque. d.L’épine anté¬ rieure. e. L’or pubis, f Le corps de l’or ifehion. g, La tu- béroficé de cet os. h. La branche de l’ifchion. i*. La ca¬ vité cotiloïde.-Sj ^f jjf, g. Le trou ovalaire. k. 'L’os faemm. l.Les apophifes articulaires de l’os facrum. ’k , /. La bafe de l’os facrum. ffz ,n,à. Les trous antérieurs de l’os facrum par où paffent les nerfs qui vont former le merf feiatique. o. Le coceix. p. Le corps de là derniere vertebre des lombes, f. Son , apophife tranfverfe. r. Le cartilage qui unit la derniere Vertebre des lombes avec l’us facrum. s- Les cartilages qui uniffent l’os facrum àl’os 'des iles. t. le cartilage ou Symphife qui .unit les os pubis. Le ligament fetcro îliaque, ©u ligaraent antérieur, infé¬ rieur. V, Le petit ligament qui attache l’apophife traiif- verle de la derniere vertebre avec l’os facrum, auquel s’unit le précédent, qui fe porte à cette apophife , & à celle de la première vertebre de l’os facrum. x. Le li¬ gament ifehiatique imerne , dont les filets fe convergent pour fe porter à l’épine ou apophife épineufe du corps de l’ifchion. y. Extrémité du grand ligament ifehiatique , ■ou facro-ifehiatique externe, & la petite ouverture feia- tique inférieure, w. La grande ouverture feiatique fa- périeure. FIGURE IL Renverfée & couchée fur l’os facrum pour appercevpir les ' diamètres du détroitfupérieur, a. La derniere vertebre du dos.i. L’os facrum vu en ra’courci. c. d. Les os des iles. ie. L’os pubis./.L’osifehion. e, e, d, d. Le détroit fupérieur. g. Le coceix. g, h, h ,/. Le’ dtftrdic •inférieur. Z. La Symphife des os pubis, k. Celle de l’os fa¬ crum & des os des iles. h, L’extremice inférieure du grand ligament facro-ifehiatique, ou facro ifehiatique. 1. Le petit ligament facro-ifehiatique. m. Le ligament fa- cro-iliaque antérieur, n. Filets ligamenteux, ou liga¬ ment de l’apophife tranfverfe des lombes atec l’os lâ- erum. 0. Ouverture feiatique fuperieure. />. Petite ou¬ verture feiatique inférieure. F I G V R E 11 L La mime Figure que la précédente, vue après la coupe, & Vécartement des os pubis. Ces Figures font réduites d. demi-nature. 2. p. 6.1. ; écartement des pubis.r, r.q-.l.&demi; écarte¬ ment de la Symphife de l’os facrum avec l’os ifehipn. s t. Le ligament facro-iliaque , allongé de 3 lignes. F L G U R E IF, Le Baffin renverfé pour voir le détroit inférieur, a. La tête de l’Enfant au paffage , fa face tournée versl’os pubis, b. La Symphife coupée des os pubis, c. Les os if¬ ehion. d. L’extrémité de l’os facrum & le coccix..e* F I G U R E F. E Enfant font du détroit fupérieur & inférieur par U mayeti de la coupe delà Symphife des os pubis. Cette Planche fe dijlribue , comme la frécédente, che:^ VAuteür, rue Saint Honoré, vîs'i â-’vis V Oratoire ; 65’ che 7 ^ Va lleyre lamé ^ rue de la vieilk-Bouclerie. Prix 6 liv, €omm fe firemkre.